La batailles des oppositions pour les législatives et les sanctions européennes contre la Russie... Le 8h30 franceinfo de Jordan Bardella
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jordan Bardella. Est-ce que vous avez des nouvelles de Marine Le Pen ?
Oui, nous nous sommes vus hier pour préparer son retour et pour préparer le début de la campagne des élections législatives. Nous entrons petit à petit dans cette campagne et nous comptons bien faire élire un maximum de députés à l'Assemblée Nationale pour d'abord continuer ce combat que nous avons mené à l'élection présidentielle, entamer ce troisième tour et affirmer au effort à l'Assemblée Nationale la première opposition à Emmanuel Macron que nous sommes devenus.
Mais pourquoi elle n'a fait aucune apparition depuis le soir du second tour ? Elle a fait, même le 1er mai en général, on la voit, présidente de l'Assemblée Nationale. Je suis heureux d'apprendre qu'elle vous manque. Non mais elle a eu du mal à encaisser cette détail peut-être ?
Je suis heureux de savoir que Marine Le Pen vous manque. Marine a sorti d'une campagne présidentielle qui a été très longue, qui a été une campagne éprouvante aussi. Elle avait besoin de prendre quelques jours pour se reposer. La différence avec Emmanuel Macron c'est qu'elle n'est pas entrée en campagne il y a 15 jours de l'élection et que donc elle a pris quelques jours pour se reposer, pour penser à la suite et pour réfléchir à la stratégie que nous allons mettre en oeuvre. Mais elle sera de retour dans quelques jours, rassurez-vous.
Quand ? Ça sera quand son retour ?
Probablement début de semaine prochaine. Début de semaine prochaine pour d'abord se présenter aux Français et présenter aux Français les axes que nous allons mettre en oeuvre durant cette campagne législative. Et puis surtout elle va être amenée à faire une tournée, une grande tournée partout en France pour soutenir nos candidats. Je vous rappelle que nous dépassons les 40% dans plus de 340 circonscriptions au second tour. Ce qui veut donc dire que nous pouvons avoir un groupe puissant à l'Assemblée nationale pour éviter qu'Emmanuel Macron ait plein pouvoir. Je pense que si Emmanuel Macron ait plein pouvoir, ça va être cataclysmique pour la démocratie.
Donc on peut encore empêcher la retraite à 65 ans, le saccage social et la submersion migratoire qui va se poursuivre.
Donc vous nous dites ce matin, Jordan Bardella, qu'elle va bien prendre la tête de la campagne des législatives, si on comprend bien. Vous avez aujourd'hui 6 députés sur 577. Quelles sont vos ambitions pour le prochain scrutin ?
Le plus possible. C'est quoi le plus possible ? Le plus possible. Il y a une aberration aujourd'hui, c'est qu'un parti comme le nôtre qui a fait, alors on est sur la base de l'élection de 2017, 11 millions de voix, n'a que 6 députés sur 577 à l'Assemblée nationale. On a vu ce que ça a donné pendant 5 ans. Ça a donné les gilets jaunes. Ça a donné des mobilisations extrêmement fortes, extrêmement violentes contre la réforme des retraites. Parce que les Français ont eu pendant 5 ans le sentiment que, par les institutions, ils n'arrivaient pas à exprimer leurs idées.
Et moi, je viens leur dire, imaginez qu'Emmanuel Macron, pendant les 5 années qui viennent, ait les mains libres, ait les pleins pouvoirs, et puisse avoir une Assemblée nationale totalement à sa boîte, sans la moindre opposition pour défendre l'intérêt des Français et pour protéger les Français. Mais l'objectif, encore une fois, c'est quoi ? Plus il y aura des députés du Rassemblement national, plus les Français seront protégés et défendus.
Le groupe, c'est vraiment le minimum, 15 députés. C'est plutôt une centaine que vous visez.
Là, c'est de la cuisine politicienne de savoir si on a 15, 20, 30, 40, 50 députés. Ça, c'est le peuple français qui le décidera dans quelques jours.
Mais ce qui est peut-être le plus surprenant, Jordan Bardella, c'est que vous ne visiez pas 289 députés, autrement dit la majorité. Ce n'est pas votre objectif.
On a toujours dit, et d'ailleurs les Français le savent très bien, et c'est là que Mélenchon, premier opposant, c'est une fable. Ce n'est pas premier opposant, c'est premier ministre qui est écrit sur les affiches de campagne de la gauche. Ça, c'est une fable. On a toujours dit, et les Français le savent, vous êtes élu président de la République, vous avez la majorité derrière. Alors, j'entends bien qu'il y a une forme de cohérence là-dedans, puisque M. Mélenchon a fait élire Emmanuel Macron.
Il lui a apporté son soutien, il lui a apporté ses voix au second tour, il a appelé à voter pour lui, et il s'allie avec des partis politiques, le Parti Socialiste, les Verts, qui ont ouvertement appelé à voter pour Emmanuel Macron.
Lui, il n'a pas appelé à voter pour Emmanuel Macron, je le précise tout de même.
Enfin, il y a deux bulletins de vote. À partir du moment où il ne dit pas une voix pour Marine Le Pen, a priori... Ça peut être blanc ou nul. À ce moment-là, il ne dit pas une voix pour Marine Le Pen, pas une voix pour Emmanuel Macron. Quand il dit pas une voix pour Marine Le Pen, il apporte donc son soutien, il apporte donc son quitus au président de la République, et donc on ne peut pas être l'opposant de la personne qu'on a précisément fait élire. Et ceux qui doutaient du système en ont là une preuve flagrante.
Quand on voit que de la CGT à la CFDT, en passant par le PS, les Verts, la France Insoumise, ont soutenu et ont fait lire Emmanuel Macron, les Français voient bien que la seule opposition qui peut, pendant 5 ans, l'Assemblée nationale, les défendre, défendre leurs préoccupations, parler du pouvoir d'achat, lutter contre l'immigration massive, ce sont les députés du Rassemblement national. Donc, on saura, au-delà du 12 et 19 juin prochains, si la France est, oui ou non, toujours une démocratie.
Mais néanmoins, Jordan Bardella, pourquoi ne pas effectivement, dans cette campagne législative, vouloir porter Marine Le Pen à Matignon, l'inscrire effectivement sur cette affiche de campagne que vous avez dévoilée cette semaine et simplement vouloir être l'opposition à Emmanuel Macron ? C'est un manque d'ambition du Rassemblement national ?
Non, parce que Marine Le Pen ne veut pas être Premier ministre d'Emmanuel Macron. Je veux dire, Marine Le Pen, nous ne souhaitons pas être des ministres d'Emmanuel Macron. On ne souhaite pas participer du saccage social, de l'explosion de la fiscalité sur l'essence, de l'implosion de la sécurité partout dans notre pays. Oui, mais vous savez très bien, et en me disant cela, vous ne croyez même pas vous-même qu'Emmanuel Macron n'aura pas la majorité. Donc, je vous le dis, Emmanuel Macron va avoir sa majorité. Si Marine Le Pen avait été élue président de la République, elle aurait eu sa majorité. À cinq semaines d'intervalle, le président, il a sa majorité.
La question, ce n'est pas celle-là, si je peux me permettre. La question, c'est quelle opposition va avoir Emmanuel Macron pendant cinq ans ? Et que de porter aujourd'hui dans l'opposition un bloc de gauche qui a fait élire Emmanuel Macron, je trouve que c'est incohérent et ça disqualifie totalement M. Mélenchon pour incarner. Mais je pense qu'en fait, ce qui habite ce bloc de gauche, c'est la volonté de détruire l'État. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ils veulent gouverner avec Macron et s'ils n'y arrivent pas, ils veulent descendre dans les rues. Donc, c'est très dangereux ce qui est en train de se passer.
Et la seule opposition qui permettrait de défendre l'international, de maintenir l'ordre dans le pays et d'assurer la représentativité des Français, c'est le Rassemblement.
En un mot, pardon, Saveria, mais si Marine Le Pen remportait tout de même les législatives, est-ce qu'elle serait la première ministre de la France ?
Elle accepterait d'être la première ministre d'Emmanuel Macron ? Mais vous savez très bien que ce scénario n'est pas crédible. C'est juste pour clarifier. Bien sûr.
Pourquoi néanmoins ne pas dire aller chercher une majorité, notamment en faisant des alliances avec des partis comme Reconquête, Éric Zemmour, Nicolas Déponté, Néan ? Pourquoi vous n'allez pas chercher cette majorité avec des alliances ?
Pour une raison très simple, c'est que nous avons regardé la carte électorale. Le Rassemblement national est arrivé, en tout cas Marine Le Pen au premier tour, devant par exemple Éric Zemmour, de Reconquête dans 96% des circonscriptions. Éric Zemmour, aujourd'hui, avec 7% à l'élection présidentielle, vous le savez là encore, vous faites généralement 2, 3, 4% aux élections législatives, vous avez toujours une très grosse déperdition. Et en vérité, Éric Zemmour est en mesure de se qualifier dans aucune circonscription au second tour. Donc ce rassemblement, il doit avoir lieu avec les électeurs.
Et moi, je dis aux électeurs patriotes sincères de LR, qui ne croient plus dans Valérie Pécresse, qui ne croient plus dans les Républicains, je dis aux électeurs de Reconquête, venez avec nous, donnez de la force à l'opposition, donnez-nous la possibilité de vous défendre et de porter vos idées à l'Assemblée nationale. On n'est pas, d'ailleurs, je pense qu'au premier tour, nous on présente 577 candidats partout, mais on n'exclut pas au second tour, si on ne devait pas être qualifié dans des triangulaires, par exemple, ou en capacité de l'emporter, et bien d'apporter notre soutien au candidat du camp patriote le mieux placé pour l'emporter. C'est encore le vote utile. Pardon ?
C'est encore le vote utile. Mais bien sûr que c'est une forme de vote utile. Parce que cette élection législative, c'est la dernière sortie d'autoroute avant la ligne droite. C'est-à-dire que les Français doivent savoir qu'au-delà du 12 et 19 juin, ils ne pourront plus limiter les pleins pouvoirs d'Emmanuel Macron. S'il n'y a pas une majorité très forte pour rééquilibrer les pouvoirs, pour défendre l'intérêt des Français, alors vous allez en prendre plein pot pendant 5 ans. Vous allez subir la violence, la brutalité d'Emmanuel Macron pendant 5 ans.
Or, moi, je pense que c'est sain pour la démocratie qu'il y ait une opposition qui porte, par exemple, dès le mois de juin, et c'est ce que nous ferons, la suppression de la TVA sur l'ensemble, sur un panier de 100 produits de première nécessité, pour redonner du pouvoir d'achat aux Français et aux familles françaises, ou par exemple, pour baisser la TVA de 20% à 5,5%. On a défendu cette mesure pendant la potentielle sur les énergies et notamment sur le carburant.
Mais c'est un programme que vous estimez que vous n'arriverez pas à appliquer. Vous partez en campagne en disant voilà nos propositions, mais en fait, elles n'arriveront pas au pouvoir.
Non, monsieur, enfin, je veux bien que vous nous reprochiez tout et le contraire de tout, mais le président qui est élu a une majorité. C'est ça le sujet. La question ensuite, c'est quelle opposition on a en face pendant 5 ans ? Est-ce qu'on veut dans l'opposition quelqu'un qui a fait élire M. Macron et qui ne sera donc pas l'opposant qui est en réalité la béquille de La République En Marche et du système Macron ? Bon, on a bien compris sur ce point-là. Et les Français le savent bien.
Je veux dire, il n'y a pas un Français qui pense que Jean-Luc Mélenchon peut être Premier ministre. Jordan Bardella, invité du 830 France Info. Le fil info à 8h41, Margot Karoff.
En Isère, une spéléologue de 55 ans est morte dans une grotte, hier, piégée par une soudaine montée des eaux. Elle accompagnait une classe de collégiens qui ont pu sortir à temps. L'enseignante et un autre moniteur se sont aussi retrouvés bloqués, mais les secours ont pu les faire sortir sains et saufs. Le parquet de Grenoble ouvre une enquête. L'accord du PS avec les insoumis, finalement, enterriné hier soir. Le Conseil national des socialistes a voté à 62% en faveur de l'Alliance pour les législatives. Un rassemblement de la gauche historique qui rend la politique vraiment plus belle, se félicite sur France Info, Pierre Jouvet, le porte-parole du PS.
Une situation toujours confuse à Mariupol en Ukraine, Moscou assure que le cessez-le-feu promis autour de l'usine Azovstal est respecté, ce que démentent les combattants ukrainiens sur place. L'ONU envoie aujourd'hui un nouveau convoi humanitaire. Près de 500 civils ont déjà été évacués, déclare ce matin la présidence ukrainienne. Pas de sixième finale européenne pour l'OM. Les footballeurs marseillais tenus en échec, zéro partout par les néerlandais de Rotterdam hier soir. Une soirée marquée aussi par des incidents du côté des supporters. Les forces de l'ordre ont interpellé dix personnes aux abords du stade Vélodrome.
France Info Jordan Bardella, la gauche se rassemble donc derrière Jean-Luc Mélenchon. On l'a vu hier soir avec cet accord validé par le Parti Socialiste. La majorité présidentielle également se rassemble avec une confédération qui comprend d'ailleurs l'horizon du Parti de Jean-Philippe. Pourquoi le Rassemblement National a choisi justement de ne pas faire alliance avec Éric Zemmour ? Est-ce que Reconquête, c'est un parti ami ? C'est un concurrent ? Qu'est-ce que c'est ?
Je pense qu'Éric Zemmour a été un obstacle. En tout cas, ses volontés de parler ou de discuter avec les éléments les plus modérés de Reconquête.
Mais est-ce qu'aujourd'hui, il ne faut pas avancer justement ?
C'est très difficile parce que les Français savent bien qu'Éric Zemmour pendant huit mois a tout fait pour essayer de tuer le Rassemblement National, pour nous empêcher d'accéder au second tour, quitte même à prendre le risque de faire qualifier Jean-Luc Mélenchon au second tour à notre place. Deuxièmement, il a eu des déclarations extrêmement rudes à l'égard de Marine Le Pen.
Souvenez-vous, au soir du second tour de l'élection présidentielle, il attaque le nom de Marine Le Pen en expliquant que c'est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen, alors qu'on sait que c'est peut-être l'un des noms qui, dans la vie politique française, a fait le plus pour défendre les idées nationales depuis 50 ans. Il a eu une insulte par Marine Le Pen. C'est extrêmement injurieux, c'est profondément inélégant, c'est assez injurieux. Et surtout, Éric Zemmour est en mesure de se qualifier dans aucune circonscription. Donc, si vous voulez, quand Éric Zemmour dit RN plus reconquête, ça fait, j'ai entendu, 200 ou 300 députés, c'est totalement faux. C'est totalement faux.
Donc, nous, on a vocation à rassembler les électeurs parce que je crois profondément que ces alliances de partis, ces alliances d'appareils font quand même très vieilles boutiques politiciennes. Et moi, je veux juste dire aux électeurs de reconquête qu'il est important de ne pas disperser les voix parce que les seuls qui peuvent défendre les modes de vie, qui peuvent lutter contre l'explosion de la fiscalité, qui lutteront contre le saccage social que va promouvoir Emmanuel Macron, ce sont les députés du Rassemblement National. Enfin, pardon, on raisonne là sur des histoires de politique politicienne, mais ce sont les Français qui ont fait de nous la première force d'opposition.
Non, mais les alliances sont importants qu'on le voit justement à gauche dans la majorité présidentielle. Je ne vais pas vous dire que je n'ai pas été déçu du résultat de l'élection présidentielle, mais nous réunissons 13,5 millions de voix, c'est-à-dire un nombre de voix que nous n'avons jamais réunies dans l'histoire de notre mouvement politique et je pense que c'est un socle solide pour aborder les législatives.
Néanmoins, quand Éric Zemmour affirme que le Rassemblement National veut la mort de reconquête, est-ce qu'il a complètement tort ?
Non, mais les Français qui écoutent ça rigolent parce qu'ils ont vu pendant huit mois Éric Zemmour tout faire pour empêcher Marine Le Pen de se qualifier au second tour. Donc, moi, on ne va pas refaire l'histoire de l'élection présidentielle. Il y a des élections législatives dans quelques semaines qui vont être capitales pour l'avenir du pays.
Et moi, je veux juste dire à tous les Français qui nous écoutent que c'est essentiel d'aller voter à ces élections législatives parce qu'ils ont vu un Emmanuel Macron violent, brutal, autoritaire pendant cinq ans et si Emmanuel Macron devait être confirmé et avoir les pleins pouvoirs à partir du mois de juin, alors je pense que ça serait des temps très difficiles pour le pays.
Néanmoins, il y a des discussions avec les lieutenants de reconquête, notamment Mario Maréchal. Vous lui parlez ?
Non, il n'y a pas de discussion. Vous avez tendu la main aussi à Stanislas. C'est ce que je voulais vous dire. C'est le président génération Z
mais qui a refusé par loyauté envers Éric Zemmour.
En revanche, il y aura parmi les candidats du Rassemblement National, on a 567 candidats, il y a des gens qui viennent du RN, il y a des gens qui sont investis par le RN et parmi les gens qui sont soutenus par le RN et parmi les gens qui sont soutenus par le RN, vous avez des gens qui viennent de reconquête, qui ont pu à un moment donné être proches d'Éric Zemmour, qui se sont aperçus que sa démarche politique était une voie sans issue et qui ont fait le choix de revenir au Rassemblement National, de mener campagne à nos côtés, qui ont voté pour Marine Le Pen au premier tour, il y aura des gens qui ont eu un parcours à l'UMP, aux Républicains et qui nous rejoignent et qui voient que les Républicains aujourd'hui avec un score de 4% à la présidentielle vont dans le mur.
Donc le RN est aujourd'hui un pôle majeur dans la recomposition de la vie politique et nous avons vocation encore une fois à rassembler tous les amoureux de la France et tous ceux qui ne veulent pas laisser les pleins pouvoirs à Macron pendant 5 ans.
Qui chez les Républicains ? Est-ce que par exemple vous allez mettre un candidat face à Éric Ciotti dans les attes maritimes ?
Mais Éric Ciotti n'a pas appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. En tout cas, il n'a pas appelé
à voter pour Emmanuel Macron. Bien sûr, mais on peut avoir
des points d'accord avec des gens qui sont dans d'autres familles politiques. Mais encore une fois, le RN aura des candidats partout parce que les Français ont fait de nous la première force d'opposition. Le parti que représente M. Ciotti a fait 4,7% des voix à l'élection présidentielle. Donc voilà, il y a une recomposition aujourd'hui entre ces trois grands blocs que sont le bloc des partisans de la dérégulation qui est bien incarné par Macron, les patriotes que nous représentons et une extrême gauche extrêmement violente, extrêmement brutale qui est aujourd'hui portée par M.
Mélenchon et qui prône le désarmement de la police, qui prône le désordre, qui veut faire descendre les Français dans la rue si Emmanuel Macron devait avoir sa majorité au mois de juin, qui défend le Burkini, qui investit des candidats qui sont condamnés pour un juge racial. Donc on voit bien aujourd'hui que le bloc de Mélenchon est un danger pour la République. Ça n'avait rien rejeté.
Justement, vous évoquez le Burkini, le maire de Grenoble, Éric Piolle, a récemment relancé la polémique. Il dit que c'est un non-sujet. Il compte l'autoriser dans les pistes municipales. Il explique que c'est pour favoriser l'égalité d'accès aux services publics. Ce n'est pas un sujet identitaire mais un sujet d'accès aux services publics. Est-ce qu'il se trompe,
Éric Piolle ? On voile les femmes au nom de la liberté des femmes. Ça, c'est la logique de la gauche aujourd'hui. La gauche veut pas voiler les femmes. La gauche constate que les femmes sont voilées et leur ont l'accès On autorise le Burkini comme on autorise le voile ou quasiment même le voile intégral toujours au nom des droits des femmes et toujours au nom de l'égalité entre les hommes et les femmes. La vérité, c'est que la gauche aujourd'hui, s'est totalement soumise au communautarisme et aux islamistes. Et que le Burkini... Mais quelle gauche ? Et que le Burkini...
Manifestement, toute la gauche puisque toute la gauche a choisi de se rassembler derrière des gens qui défendent le Burkini, qui veulent désarmer la police... Jean-Luc Mélenchon, il ne défend pas du tout le Burkini. Ses dernières déclarations sur le sujet, c'est en 2016
quand il y avait eu la polémique avec ces femmes en Burkini en Corse. Jean-Luc Mélenchon disait alors le Burkini n'est pas une tenue religieuse. Je doute que le prophète ait jamais donné la moindre consigne concernant les bains de mer. L'instrumentalisation communautariste du corps des femmes est odieuse. Voilà ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
Eric Chol, lui, il est écologiste. Oui, mais après, les écologistes et la France insoumise sont main dans la main pour ces élections législatives. Donc, la vérité, c'est que le Burkini est devenu aujourd'hui un outil militant des fondamentalistes islamistes qui doit être purement et simplement interdit dans l'espace public. Or, cette gauche, aujourd'hui, c'est totalement soumise aux revendications politico-religieuses parce qu'elle est là dans une forme d'électorat de substitution et elle pense qu'elle va avoir les voix des islamistes en leur faisant ce genre de cadeau.
Donc, vous voyez ce qui se joue les 12 et 19 juin prochains, ce n'est pas uniquement la violence de Macron, c'est aussi les délires toujours plus communautaristes d'une partie importante de la gauche qui s'est aujourd'hui mise ensemble et avance maintenant.
Vous venez dire que vous voulez interdire le Burkini, interdire totalement le Burkini. Comment vous allez faire appliquer cette mesure ? Concrètement, ça se passe comment dans une piscine ? C'est le maître nageur qui fait sortir les femmes qui leur interdit l'accès au bassin. Vous allez faire comment ? Vous n'allez pas retomber dans les mêmes difficultés que pendant la campagne présidentielle sur la question du voile
et l'interdiction du voile ? Il y a des lois, il y a un règlement intérieur. Oui, mais justement, il y a des lois. Vous avez bien vu
pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen, sur l'interdiction du voile, s'est heurté justement à une mesure qui serait inconstitutionnelle, inapplicable.
Sauf à nous expliquer qu'on n'est plus en mesure en France d'appliquer la loi, alors c'est extrêmement grave. La loi n'interdit pas le voile dans les espaces publics ou le Burkini dans les espaces publics. Il y a un règlement intérieur dans les piscines. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas vous baigner avec un short de bain. Il vous faut un maillot de bain. Avec le Burkini, c'est pareil. Le Burkini, il est interdit, donc vous ne pouvez pas vous baigner avec un Burkini. Et si vous faites le choix de venir avec un Burkini, c'est une entrave au règlement intérieur ou une entrave à la loi. Donc, il n'y a pas de difficulté là-dessus. Il faut toujours interdire
le voile dans les espaces publics,
Jordan Bardella ? Oui. C'est ce que réclame toujours le RN ? C'est ce que réclame une majorité de Français. Il y a un sondage qui a été fait par vos confrères de France Télévisions qui disait que 62% des Français disaient que le voile n'était pas souhaitable dans l'espace public et dans notre société. Ça ne veut pas dire qu'on l'interdit partout dans les espaces publics. 62% c'était pour l'interdiction. En 2004, lorsque nous prenons, en tout cas la France prend une loi d'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'école, le voile, notamment en 2004 à l'école, on applique la loi, il y a un règlement antérieur, il y a une loi qui est votée, ça se passe très bien.
Donc, je veux juste dire que nous avons trop reculé aujourd'hui et que nous avons reculé face aux revendications islamistes du fait de la soumission d'une partie de la gauche et du gouvernement qui pendant 5 ans a eu la main molle à l'égard de ces questions.
Jordan Bardella, président du Rassemblement National, invité du 8h30 France Info. On se retrouve juste après le Fininfo. 8h51, Margot Karoff.
L'épidémie de Covid recule encore, un peu moins de 44 000 cas positifs par jour. En moyenne, cette semaine, la France et l'Europe sont en train de sortir de la cinquième vague d'Omicron, assure Jean-François Delfraissy, invité de France Info ce matin. Le président du Conseil scientifique prévoit 5 à 6 000 cas par jour d'ici la fin du mois de mai. Le parti d'Emmanuel Macron change de nom, finit La République En Marche, place à Renaissance. 10 membres du gouvernement ne sont candidats aux législatives, dont Gabriel Attal, Jean-Michel Blanquer ou encore Elisabeth Borne.
Manuel Valls est lui aussi investi par la majorité présidentielle, mais le député LREM sortant affirme qu'il maintiendra malgré tout sa candidature. Le scandale des pizzas contaminées par la bactérie, E. coli, continue. Deux nouvelles gammes de la marque Butoni sont mises en cause par des consommateurs qui portent plainte. Une mère de famille et un enfant de 7 ans ont été hospitalisés après avoir mangé ces produits. La police est encore à la recherche de 4 braqueurs après un vol, hier, à la boutique Chanel de la place Vendôme à Paris. Les suspects étaient armés, ils sont repartis avec des motos, avec des bijoux et des montres de luxe. La scène a été filmée par des passants.
France Info Jardin et Bernalé, on va évoquer la guerre en Ukraine et les nouvelles sanctions proposées par la Commission européenne qui doivent encore être validées. Notamment, ces sanctions prévoient un embargo sur le pétrole russe d'ici la fin de l'année. Je vais vous donner quelques chiffres. Depuis le début de la guerre, l'Europe a payé 46 milliards d'euros à Moscou en hydrocarbures. La France seule sur ces 46 milliards, elle a payé 4 milliards d'euros. Est-ce qu'étrangler financièrement Vladimir Poutine, ce n'est pas la seule façon de le faire plier ?
Le problème, c'est que nous avons essayé cela depuis plusieurs semaines et que ça ne marche pas. Parce que ce qu'on enlève à la Russie...
On n'a pas complètement essayé ça parce qu'on n'a pas touché au gaz qui est la première source de financement.
Ce qu'on enlève à la Russie, la Russie le récupère ailleurs. Et je note, moi, qu'en matière énergétique, pour l'instant, les sanctions sont en échec. C'est-à-dire que le rouble a atteint un niveau historique qu'il n'avait jamais atteint depuis deux ans. La Banque centrale de Russie, la Banque de Russie, a baissé son taux directeur à 14% en guise de marque de confiance.
14% en tout cas.
Exactement. Et surtout...
Et l'inflation est 17% en Russie.
Exactement. Et surtout que, par exemple, la Russie se tourne vers l'Inde ou vers l'Egypte, vers de nouveaux partenaires économiques. L'Inde a acheté deux fois plus de pétrole à la Russie depuis le début de la guerre que sur toute l'année 2021. Donc, on voit bien que ces sanctions économiques sont aujourd'hui en train d'enrichir massivement la Russie parce que la Russie profite de cette guerre. D'enrichir la Russie ? Bien sûr, la Russie profite. La Russie fait des hyper-profits. Elle profite du fait que l'embargo a amené une explosion des prix. Et donc, en plus de déclencher la guerre, la Russie s'enrichit sur cette affaire. Et ce sont les peuples européens qui...
Mais la Russie, quand j'entends la présidente de la Commission européenne...
Il n'y a pas une inflation galopante en Russie ?
Moi, quand j'entends la présidente de la Commission européenne venir expliquer au Parlement européen avant-hier que les peuples européens vont deux fois faire des efforts supplémentaires, parce que quand on demande aux Français de faire des efforts, ça veut dire quoi ? Se faire des efforts sur le gaz. Ça veut dire se chauffer à la bougie. Faire des efforts sur l'essence, ça veut dire quoi ? Ça veut dire moins se déplacer. Ça veut dire ne plus emmener ses enfants à l'école. Ça veut dire ne plus aller faire les cours. Ça veut dire ne faire que trois quarts du coin de sa voiture. Mais on fait quoi, Jordan Bardella ?
Alors, on laisse Vladimir Poutine terminer sa guerre tranquillement.
Je pense qu'il faut, d'abord en matière de matière première, je pense qu'il faut un accord entre tous les pays exportateurs de gaz, l'Algérie, le Pays-Bas, le Qatar, les Etats-Unis, l'Angleterre, la Norvège, de se mettre autour de la table et de décider collectivement de vendre le gaz au prix qu'il ait vendu moyen depuis deux ans, sur les deux dernières années. C'est aux autres producteurs de faire un naissance financière. Ce mécanisme va permettre, en tout cas, de casser les hyper-profits de la Russie et d'empêcher que la Russie ne continue de s'enrichir. Mais je veux juste vous dire par là qu'il faut à un moment donné s'interroger sur le coût de ces sanctions pour les Français.
Je veux dire, est-ce que vous voulez qu'on se retrouve dans quelques semaines, avec un plein de litres d'essence à 3 euros ou 3,50 euros ? Est-ce que vous voulez qu'on se retrouve à 2,60 euros, 2,80 euros comme ça a été le cas il y a quelques semaines dans les rues de Paris ? Le coût de la guerre, est-ce qu'il n'est pas déjà là pour les Français
avec l'inflation et justement, on le voit dans la vie de tous les jours ? Néanmoins, est-ce que ce n'est pas curieux pour le souverainiste que vous êtes, Jordan Bardella, de juger qu'il n'y a pas d'autre choix aujourd'hui que d'être dépendant de la Russie, du gaz et du pétrole ? C'est un peu curieux.
Non, c'est précisément le contraire et c'est d'ailleurs ce que j'ai défendu au Parlement européen hier, c'est qu'en vérité, cette guerre, elle pose la question de notre dépendance, notre dépendance énergétique et notre dépendance alimentaire et en tout cas, en matière énergétique, nous payons aujourd'hui les choix complètement hasardeux et les en même temps d'Emmanuel Macron sur le nucléaire. Il faut renforcer notre filière nucléaire parce que le nucléaire nous permet aujourd'hui d'être parmi les pays les plus propres au monde et c'est surtout un gage d'autonomie industrielle et d'autonomie énergétique. Donc il faut renforcer
le nucléaire.
Non, parce qu'on ne peut pas en même temps... Il a lancé des projets
de construction de réacteurs de nouvelle génération. Oui, mais on ne peut pas en même temps,
si vous voulez, en appeler à la construction de PR2 et en même temps fermer Fessenheim et en même temps fermer le projet Astrid qui avait promouvé de promouvoir de nouvelles formes d'énergie. On fait quoi maintenant
pour tordre le bras à Vladimir Poutine ? Il faut livrer des armes à l'Ukraine ?
Je pense que d'abord, un, il faut livrer du matériel défensif et pas du matériel offensif. Parce que je ne crois pas qu'en accélérant la guerre, en accélérant la guerre, eh bien, on s'éloigne évidemment de la paix et on renforce aujourd'hui les tensions dans cette région. Je pense qu'il faut garder en tête que notre objectif à long terme doit être de mettre les acteurs autour de la table. Je pense que la Russie doit participer au G20 de la même manière que l'Ukraine pour qu'on puisse, avec l'ensemble de ces pays, réfléchir aux moyens de trouver la paix. Mais encore une fois, je veux juste dire que... Vous savez bien qu'on ne peut pas regarder
la Russie, on ne peut pas regarder les moscous, écraser l'Ukraine sans rien faire sur cette question de livraison d'armes. Justement, Emmanuel Macron, cette semaine, a repris les échanges avec le Diyamil Poutine. Il y a eu un échange de deux heures.
C'est une bonne chose que de maintenir le lien diplomatique.
Est-ce que ça sert à quelque chose, ces coups de fil ?
Oui, je pense que de parler, c'est toujours mieux. Je pense que se parler, c'est toujours mieux que de faire la guerre. Mais je veux juste dire que ce n'est pas la France qui est en guerre. Je veux dire, on raisonne comme si cette guerre était une guerre française. Nous avons un devoir de solidarité à l'égard du peuple ukrainien. Nous avons un devoir diplomatique, de pression diplomatique à l'égard de la Russie. Et on peut prendre des sanctions contre les dirigeants russes et contre les gens qui ont déclenché cette guerre.
Mais je veux juste dire qu'à un moment donné, si les sanctions économiques et énergétiques sont plus lourdes pour le peuple français et pour les peuples européens, pour le pouvoir d'achat des Français qui n'arrivent plus à payer les factures de gaz, qui n'arrivent plus à payer les factures d'électricité, qui n'arrivent plus à faire le plein de leurs voitures que pour les Russes qui, quoi qu'on en dise, se tournent de toute manière si l'Europe ne veut plus travailler avec eux vers la Chine, vers l'Inde, vers l'Égypte, alors effectivement c'est un puits sans fond. Donc attention à ne pas faire n'importe quoi sous le coup de la morale ou de l'unanimisme général.
Moi je ne voudrais pas que les Français se réveillent avec la gueule de bois et pardon de penser d'abord et avant tout à l'intérêt du peuple français et au portefeuille des familles françaises qui aujourd'hui sont de plus en plus nombreuses à ne pas réussir à boucler leur fin de mois.
Et ça sera le mot de la fin sur ce sujet. Merci beaucoup Jordan Bardella, président du Rassemblement National, invité de France Info ce matin.
Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr
Jordan Bardella