Procès RN / Marine Le Pen : les magistrats menacés
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le Grand Matin Sud Radio 7h9h, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité euh Ludovic Fria qui est président de l'Union syndical des magistrats. Bonjour et merci d'être avec nous ce matin.
Bonjour. Je vous remercie. Sur l'antenne de Sud Radio.
Alors précisons bien les choses. L'Union syndicale des magistrats est le premier syndicat de magistrat en France. Absolument. 63 % aux dernières élections professionnelles.
Voilà. 63 % dernières élections professionnelles, vous êtes un syndicat àolitique. À politique ou à partisan et on y tient.
C'est-à-dire que on ne considère pas les sujets que nous abordons sous un angle politique mais sous un angle professionnel. Bien Ludovic Fria, la magistrate Bénédicte de Pertui qui a présidé les débats dans l'affaire des de Marine Le Pen et de ce détournement de de fonds public est menacé. Elle a été même menacée physiquement.
C'est bien cela hein, on est bien d'accord. C'est c'est cela. C'est effectivement un un dévoiement du débat public où on tend à transformer le juge en un ennemi politique.
C'est plus l'arbitre, l'arbitre démocratique qui devrait être, mais un ennemi politique. Ce qui permet d'ailleurs à on va dire de disqualifier sa décision par avance. N'est-ce pas une atteinte grave à notre démocratie, à l'état de droit ?
Ces menaces, elle est obligée d'être elle est protégée aujourd'hui. Vous la connaissez ? Je la connais pas personnellement, mais bien évidemment, j'ai une pensée pour elle, pour les collègues qu'on siégé avec elle, mais aussi pour les parquetiers, hein.
Rappelons-nous lors des réquisitions sur la toile, il y a eu des mots d'une violence inoui qui ont été prononcés. On a parlé de balles dans la nuque, on a parlé de de de charrettes dans lesquelles il devaient être mise. Enfin, je veux dire, on en est là aujourd'hui en France du débat public.
Du débat public. Et qui est responsable de cela ? La classe politique dans son ensemble.
Ludovic Freya. Je pense que la classe politique a une certaine responsabilité puisque depuis quelques années, il faut bien le reconnaître, la parole publique sur le judiciaire, c'est on va dire décomplexé. Alors, je dis pas que le politique bien évidemment appelle à s'en prendre physiquement au magistrat.
Je dis que en décomplexant sa parole, il a autorisé certains qui n'attendaient que ça à avoir une parole beaucoup plus violente, beaucoup plus radicale. On en récolte aujourd'hui malheureusement malheureusement les fruits. L'inéégibilité, l'inibilité.
Eric Setier en a parlé hier. Il demande à ce que le l'exécution provisoire soit supprimé. Eroti qui je le rappelle fait l'objet d'une enquête pour détournement de fonds public.
François Beou dit "Ah bah lui qui lui aussi toujours poursuivi pour détournement de fond public dit qu'il faut y réfléchir. Est-ce que vous pensez que les politiques aujourd'hui ont envie de devenir injusticiables ? Je vais jusqu'au bout de ma question.
Je pense que vous mettez monsieur Bourdin le doigt sur une difficulté. Moi, je vois deux choses. Effectivement, si on lit le jugement qui a été rendu en début de semaine et et j'invite tout le monde à le lire, il est très intéressant ce jugement.
Le premier raxe de défense des personnes qui étaient prévenues, c'était de dire "Nous sommes injusticiables cette justice. Nous politiques qui agissons dans un cadre politique, nous ne relevons pas de la justice et de la justice du quotidien, de la justice commune à l'ensemble de nos concitoyens." C'est quand même lourd de conséquence.
C'est leur axe de défense, j'ai pas le critiqué mais le tribunal y a répondu. D'autre part, la difficulté de ce type de défense, c'est se dire "Nous sommes pas tout à fait comme tous nos concitoyens." C'est ça finalement.
Et nous sommes élus, donc nous ne devons pas être jugés comme les autres. C'est ça fondamentalement. C'est ça.
Alors après moi je suis juge, j'applique la loi. Le juge ne fait pas la loi. Il faut le rappeler.
J'applique la loi. Donc si les politique veulent changer la loi pour avoir soit une procédure qui soit spécifique aux politiques, soit avoir un régime de fond, des peines, des jugements qui soient différents de nos considers particulier. J'aurais tendance à dire soyons joueurs, qu'il le fassent mais après qu'ils en assument la responsabilité devant leurs électeurs et qu'ils arrêtent de se cacher quelque part derrière un fantasmé gouvernement des juges ou un état profond judiciaire.
Est-ce que les juges sont politiques ? Est-ce que la justice est politisée dans notre pays ? Que répondez-vous à cette accusation ?
La justice n'est pas politique. Je pense que c'est c'est une insulte qui est faite à nos institutions. Clairement, madame Le Pen, il faut le dire, et les autres prévenus de ce dossier n'ont pas été jugés pour leurs idées, n'ont pas été jugés pour qui ils sont, ils ont été jugés pour les faits qu'ils auraient commis.
Je dis qu'ils auraient commis puisqu'il y a eu un appel. Mais lorsqu'on lit le dossier, lorsqu'on lit le jugement, on s'aperçoit qu'on porte quand même sur 414 millions d'euros de fonds publics qui auraient été utilisés à des fins pour lesquelles ils n'ont pas été distribués à ces élus. Normalement, c'était pour appliquer, aider les députés parlementaires européens à faire leur travail.
En fait, on s'aperçoit que ça a été utilisé, ça aurait été utilisé, pardon, pour payer un garde du corps, pour payer d'autres choses. Majord d'homme, major d'homme. Donc, on voit bien la difficulté qu'il y a dans comme disait Philippe Segin quand même qui était pas un gauchiste, hein, je crois me rappeler, il l'a dit lorsqu'il était président de la Cour des comptes.
L'argent public ce n'est pas l'argent de personne, c'est l'argent de tout le monde. Ça c'est une belle formule. L'argent public, ce n'est pas l'argent de personne, c'est l'argent de tout le monde.
Appel appel et si j'ai bien compris, la cour d'appel a précisé que le procès en appel aurait lieu à l'été 2026. C'est vite, c'est rapide ça. Je m'en réjouis à titre personnel, je m'en réjouis.
Alors moi ce que je vois comme intérêt quand même à cette exécution provisoire qui a été tant critiquée, c'est qu'elle a pour effet d'accélérer le tempo de la justice. C'est une bonne chose parce que la réalité là encore, on va dire que les élus du Rassembl national bénéficient quelque part d'un traitement d'un traitement particulier. Je veux pas dire privilégié mais particulier.
Normalement, en appel pour qu'une affaire soit jugée lorsqu'il n'y a pas de détenu, on est plutôt sur 2 à 3 ans d'audiencement du fait du fait des moyens limités de la justice. Là, pour le coup, la justice fait tous les efforts possibles pour que ce dossier soit jugé rapidement. Et j'espère quelque part aussi que ça va dégonfler un peu l'hystérisation du débat politique à laquelle on assiste et qu'on va arrêter d'appeler à nos concitoyens à défiler dans la rue contre une décision de justice.
J'espère qu'effectivement les choses vont reprendre le cours normal de nos institutions démocratiques qui sont les nôtres. Merci Ludovic Fria, vous êtes président de l'Union syndicale des magistrats. Merci d'être venu de radir le matin.
Merci. Yeah.
Marine Le Pen