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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 3 décembre 2020 24 min

Gérard Larcher : "On a raté “masquer”, modérément réussi “tester”, il faut réussir la vaccination"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, 8h22. France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin, dans le grand entretien du 7-9, le président du Sénat. Vos questions 01, 45, 24, 7000, passées autrement par les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Gérard Larcher, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. Nous avons donc appris dans la nuit la disparition de l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, à l'âge de 94 ans et des suites du Covid. Vous avez observé cette nuit au Sénat une minute de silence avec sa disparition. Une page d'histoire de la vie politique française devient une page d'histoire tout court.

Alors dites-nous, pour commencer Gérard Larcher, quelles images, quels souvenirs vous traversent ce matin, quels sentiments aussi ?

0:53
Gérard Larcher

D'abord, Valéry Giscard d'Estaing, il a changé quelque part la gouvernance de ce pays. On vient d'évoquer son rôle dans la construction européenne, et je dois dire que je partage les propos qui viennent d'être tenus. Parce que Giscard, c'est aussi Simone Veil, première présidente du Parlement européen. Une avancée démocratique majeure, lui qui disait qu'il avait deux références, Jean Monnet et Charles de Gaulle. Lui qui avait été aussi engagé à 18 ans dans la première armée française. Mais Valéry Giscard d'Estaing, c'est aussi une modernisation de nos rapports en société.

18 ans le droit de vote, l'interruption volontaire de grossesse, et on en parle moins, mais un renforcement des droits des parlementaires. La saisine du Conseil constitutionnel, par 60 députés ou 60 sénateurs, c'est quelque part le renforcement des droits des parlementaires, et notamment des parlementaires minoritaires. Mais aussi, un sujet qu'on évoque moins, mais dont on va parler peut-être dans les semaines qui viennent, la Commission nationale, informatique et liberté. Donc préoccupation de défense des libertés. C'est aussi ça, Valéry Giscard d'Estaing. Moi, je le voyais à peu près chaque année. C'était une intelligence fulgurante, tout le monde le sait.

Et je me souviens encore de notre dernière rencontre. Nous avions évoqué pourquoi une réforme constitutionnelle ne pouvait pas être faite dans la pulsion.

2:33
Présentateur

Emmanuel Macron, Gérard Larcher, a repris à Valéry Giscard d'Estaing le titre de plus jeune président de la République jamais élu. Giscard rentre à l'Élysée à 48 ans, Emmanuel Macron y rentre à 39 ans. L'un voulait présider, soutenu par deux Français sur trois, c'était la grande phrase de Giscard. L'autre, pour les Français, est de gauche et en même temps de droite. Diriez-vous que le macronisme est le giscardisme de 2020 ?

2:58
Gérard Larcher

Pas du tout. Je pense que Valéry Giscard d'Estaing avait le rêve de gouverner la France au centre. Il l'avait dit alors qu'il était ministre et du général de Gaulle et de Georges Pompidou. Il n'a pas totalement réussi ces deux Français sur trois. On l'a vu en 1981. Je pense que le macronisme, c'est autre chose. C'est la définition du en même temps, alors qu'avec Valéry Giscard d'Estaing, nous avions une vision, une vision européenne, une vision d'une France au centre, qui parfois a pu faire discordance avec la famille gaulliste.

Mais je n'oublie pas que Valéry Giscard d'Estaing, fait avec les républicains et indépendants, dans les différentes configurations, ils ont participé à la construction de la Ve République.

3:44
Présentateur

Dites-nous, dernière question, et puis les auditeurs de France Inter en ont déjà de nombreuses à vous poser sur VGE. Quel sera son héritage, Gérard Larcher ? Que restera-t-il de lui ? Le président moderne et réformateur ? Ou alors la fin de règne pénible et crépusculaire ?

4:01
Gérard Larcher

Je pense que c'est le président réformateur. Et notamment aussi le président qui se préoccupe de sujets qui, aujourd'hui, sont dans nos rendez-vous quotidiens. Par exemple, la condition féminine. Sujet dont on parlait assez peu auparavant. Il fait donc, dans le domaine des libertés, beaucoup d'avancées, beaucoup plus qu'on ne l'a dit et imaginé.

4:26
Présentateur

Gérard Larcher, venons-en à l'actualité à présent, avec les présidents de groupes parlementaires du Sénat. Vous étiez invité hier à déjeuner à l'Elysée par Emmanuel Macron. Quel était l'enjeu de ce déjeuner d'abord ? C'était de resserrer des liens peut-être distendus avec le Sénat ? Il y avait des sujets qui fâchent que vous avez abordés ? Un besoin de calinothérapie, c'était quoi ?

4:45
Gérard Larcher

Depuis, nous nous étions vus, le Président de la République et moi-même, on était à tête le 6 novembre. Et je lui avais dit, Monsieur le Président, il faut qu'on se parle. Et les présidents de groupes du Sénat souhaitaient parler au Président de la République. Et je partageais leurs souhaits.

4:59
Présentateur

Donc c'est à votre demande ?

5:01
Gérard Larcher

C'est à notre demande, et j'allais dire, à notre demande collective que le Président nous a reçue. Alors bien sûr, se parler, c'est parler de choses concrètes. Et bien sûr, on ne pouvait pas ne pas parler de l'article 24. Mais de l'article 24 de la Constitution. Et oui, l'article 24 de la Constitution, c'est quoi ? Le Parlement vote la loi. Il fallait mettre fin à une forme de confusion. Et je dois dire que sur ce point, nos échanges ont été clairs, francs, directs. Mais le Président a reconnu qu'il fallait laisser faire le travail du Parlement sur la loi sécurité globale, comme sur tous les textes.

5:40
Présentateur

Et sur l'autre article 24, celui de la loi sécurité globale, dont l'exécutif reconnaît aujourd'hui qu'il était mal formulé, pas assez clair, trop flou, qui va le réécrire finalement ? C'est le Sénat ou la Commission indépendante qui a été nommée pour le faire ? Qui va tenir le stylo ?

5:56
Gérard Larcher

D'abord, qu'est-ce qu'il y a dans cette loi ? Il y a 65 articles avec des propositions très importantes pour ce qu'on appelle le continuum de sécurité. Depuis la police municipale jusqu'à la justice. Alors il y a cet article 24 et il appartient à la Commission des lois du Sénat d'analyser l'ensemble de ces 65 articles, dont l'article 24, mais aussi d'autres articles qui peuvent poser interrogation. Je pense notamment à l'utilisation de drones, l'utilisation de caméras. Et la Commission des lois proposera au vote du Sénat un ensemble d'amendements.

Je ne doute pas sur l'article 24, puisque le président François-Noël Buffet s'est déjà exprimé sur ce sujet, que sans doute on ne touchera pas à la loi sur la presse de 1880, mais qu'il faut aussi renforcer la sécurité des policiers, des gendarmes, des forces de sécurité. En 15 ans, le nombre d'agressions contre les policiers, c'est plus 80%. Il faut que dans un État de droit, ceux qui assument le respect de l'État de droit soient protégés, mais que s'ils se comportent mal, ce qui est le cas d'une infime minorité, ils puissent être aussi sanctionnés, mais ça c'est un autre sujet.

7:12
Présentateur

Pardon de vous refaire préciser la question institutionnelle, puisque Jean Castex, encore hier, précise qu'il y aura cette Commission indépendante qui sera chargée de réécrire cet article 24, cette Commission dont vous ne voulez pas, vous lui avez demandé de retirer ça en disant C'est le Parlement qui... Non, mais pour qu'on comprenne...

7:27
Gérard Larcher

C'est très simple, il faut lire la Constitution, et Jean Castex doit bien la connaître, l'article 24, c'est le droit d'amendement du Parlement, c'est donc au Sénat...

7:38
Présentateur

Oui, mais il vous dit...

7:39
Gérard Larcher

Au Sénat, et à lui seul, de réécrire, d'amender les articles...

7:45
Présentateur

Je ne suis pas Jean Castex.

7:46
Gérard Larcher

...de la loi de Jean Castex. ...sécurité globale. Ensuite, le texte repartira à l'Assemblée nationale. Nos collègues de l'Assemblée nationale pourront l'amender. Et ça s'appelle la navette. Ça s'appelle le bicamérisme.

8:00
Présentateur

Ça prend du temps. Et ce que répond Jean Castex, c'est que ça prend trop de temps. Il ne veut pas laisser vivre l'ambiguïté, dit-il, sur l'article 24, il faut aller plus vite, dont Commission indépendante.

8:08
Gérard Larcher

Écoutez, le respect du Parlement fait partie des principes fondamentaux. Je ne céderai jamais sur le respect des droits du Parlement.

8:17
Présentateur

Donc vous lui dites quoi sur sa commission ? Retirez-la.

8:18
Gérard Larcher

Écoutez, j'ai entendu le Président de la République hier, chef de l'État, garant de la Constitution. Et il a compris, il a partagé, qu'il fallait tout simplement laisser la navette parlementaire se faire. Et que, était le temps du Sénat, aujourd'hui, le Sénat qui, traditionnellement, est très attentif avec les libertés. Liberté, sécurité, c'est cet équilibre-là. Très tranquillement. sans polémique. Mais pardonnez-moi, il n'y a pas d'autre voie que cela. La lenteur est une qualité à vos yeux. Non, la sagesse est une qualité. Très bien.

8:54
Présentateur

L'article 25 du projet de loi sur le séparatisme, article 25, d'une autre loi, celle sur le séparatisme, vise également à protéger l'ensemble des agents publics, et non plus seulement les policiers, contre, évidemment, la diffusion d'informations relatives à leur vie privée. Un article qui vient après l'assassinat de Samuel Paty. Est-ce qu'à vos yeux, ce texte-là, Gérard Larcher, est mieux rédigé ? Est-ce que vous le soutiendrez ?

9:22
Gérard Larcher

D'abord, un texte qui va être au Conseil des ministres la semaine prochaine. Il sera intéressant d'avoir l'avis du Conseil d'État, puisque l'ensemble du texte est soumis à l'avis du Conseil d'État. Ce qui n'a pas été le cas de la proposition de loi sur la sécurité globale. Je rappelle qu'elle aurait pu être soumise le Conseil d'État et ne l'a point été. C'est d'abord une loi qui, en quelque sorte, éclaire la loi de 1905 sur la laïcité. Et n'oublions pas le discours des Mureaux, auquel j'ai adhéré personnellement, globalement, et qui vise tout simplement à réaffirmer un certain nombre de points sur la laïcité.

Service public, la question de l'école, la laïcité dans le cadre de la vie associative, et, j'allais dire, au-delà de ça, la dissolution d'associations qui, pas simplement sur la question de l'islam radical, mais sur les pressions collectives. Et là, il y a eu beaucoup de rapports du Sénat. Et puis, il y a cet article que vous évoquez. Mais le deuxième titre, je le rappelle, c'est les rapports avec les cultes. Avec tous les cultes. Et naturellement, la question de l'organisation de l'islam en France n'est pas traitée par la loi. C'est une affaire qui appartient à l'islam lui-même de s'organiser.

Mais il y a un certain nombre de règles qu'on connaît bien, qui s'appelle la loi de 1905, la loi de 1907. Tout ça, nous allons l'aborder. Alors, protection. Protection, d'ailleurs, sur un sujet majeur. Contre la haine qui est déversée, les menaces. Et nous n'avons pas, jusqu'à ce jour, trouvé vraiment la vraie réponse. Soufflez-vous, la loi est sanctionnée par le Conseil constitutionnel. Je dis à juste titre. Car on ne peut pas laisser à des plateformes le soin de réguler. Mais c'est une question. Et je pense que l'article 25, nous verrons son sort, méritera une étude attentive comme l'ensemble de la loi.

11:25
Présentateur

Très bien. Alors, si je retiens ce que vous dites, puisque ça va être le grand sujet de la semaine prochaine, on prévient déjà nos auditeurs, cet article 25 avec la création de ce délire.

11:32
Gérard Larcher

Mais il n'y a pas que ça dans le texte. Oui, j'entends bien.

11:35
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire.

11:36
Gérard Larcher

Lutter contre la fracture dans ce pays, lutter contre les communautarismes, lutter contre l'islamisme radical. Et j'insiste avec le mot radical parce qu'il ne s'agit pas de lutter contre l'islam qui est une religion qui a sa place dans la République. Ça, ça va être un enjeu qui nécessite un examen en profondeur, un examen aussi qui nécessitera la sérénité parce qu'on est sur des sujets qui touchent à l'intime et le principe d'Aristide Briand. C'est quoi ? La loi doit protéger la foi tant que la foi n'entend pas dicter la loi. Eh bien, autour de ça, je suis certain que nous aurons de vrais débats.

12:14
Présentateur

Gérard Larcher très en forme ce matin. Venons-en à la campagne de vaccination contre le Covid, Nicolas. Oui, on a une question d'un auditeur de Colmar sur le sujet. Bonjour Christophe. Oui,

12:27
Auditeur

bonjour et merci de prendre ma question. Tu vous en prie. Oui, alors, vu la défiance aujourd'hui des Français vis-à-vis du vaccin contre la Covid, pourquoi les politiques et entre autres le Sénat ne montreraient-ils pas l'exemple en se vaccinant en premier ?

12:42
Présentateur

Merci Christophe. Pour cette question, les sénateurs, comme on n'ose pas dire cobaye, mais disons, premier récipiendaire du vaccin, Gérard Larcher, vous signez pour ça ou pas ? D'abord,

12:55
Gérard Larcher

nous allons avoir un débat au Sénat à la fois sur la sortie progressive du confinement, sur la question de l'isolement. Nous allons avoir un débat sur le vaccin. J'ai vu ce qu'a dit la Haute Autorité de Santé qui a défini des priorités d'ailleurs, des priorités qui vont être éclairées par un certain nombre d'avis qui vont être donnés par les autorités européennes et françaises sur le vaccin. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques de l'Assemblée nationale et du Sénat qui travaillent ensemble rendra un rapport à la mi-janvier. Je dois dire que sur la question de la vaccination, moi je n'ai pas de prévention. Vous êtes même

13:47
Présentateur

favorable à la vaccination obligatoire. Si nécessaire. L'ancien vétérinaire que vous êtes n'a pas peur du vaccin.

13:52
Gérard Larcher

Non, pas du tout.

13:53
Présentateur

Vous êtes prêt à faire...

13:54
Gérard Larcher

Et je rappelle ce qu'a dit la responsable de la commission des techniques de la vaccination. Il ne fera pas se priver de s'interroger sur l'obligation vaccinale si on n'avait pas un taux de protection suffisante dans le pays. Mais tout ça, faisons confiance à ceux qui ont la responsabilité au plan médical. La responsabilité du gouvernement, ça a été notre échange lors de ce déjeuner avec le président. Il vous a dit quoi ? C'est l'organisation de la vaccination en fonction des recommandations de la Haute Autorité de Santé et la logistique, le rôle des collectivités territoriales sur le terrain, cette organisation-là, mais aussi la pédagogie.

Nous sortons, j'espère, de crise sanitaire qui ont vraiment érodé la confiance. Et on a raté masquer, on a modérément réussi tester, il faut qu'on réussisse ensemble la vaccination et qu'elle atteigne l'objectif qu'elle s'est fixé. Je rappelle que le vaccin, c'est pas que pour moi, Gérard Larcher, ou pour que nous, les sénateurs, pour répondre à l'auditeur. c'est aussi une protection collective et c'est aussi une citoyenneté partagée.

15:10
Présentateur

Président Larcher, la Grande-Bretagne a été le premier pays à autoriser le vaccin, on l'a appris hier matin, la campagne de vaccination va démarrer chez eux dès la semaine prochaine. Est-ce que, selon vous, la France est en retard ou avons-nous raison de prendre notre temps pour un démarrage début d'année prochaine, on n'est pas à trois semaines près ?

15:29
Gérard Larcher

La vaccination, ce n'est pas une course, ce n'est pas une course contre la montre. C'est un processus médical qui doit être sérieux, réfléchi, partagé. Nous aurons ce débat. Je dois vous dire que moi, j'accueille les recommandations de la Haute Autorité de Santé comme un apport positif. Nous en débattrons au Parlement, c'est ce que le Président de la République nous a dit hier au Président de groupe du Sénat. Nous avons beaucoup parlé sanitaire, nous avons aussi parlé économique, sociale et sociétale.

16:03
Présentateur

Et que vous a-t-il dit sur ce sujet ?

16:05
Gérard Larcher

Eh bien, et ça nous renvoie que la priorité aujourd'hui, c'est de sortir de la crise économique, sociale et sociétale. Nous avons beaucoup évoqué la question des jeunes et de la pauvreté. Ce sont des sujets qui ont occupé beaucoup de temps dans nos échanges.

16:22
Présentateur

Sur la réforme des retraites, il vous a confirmé qu'il n'y aura pas de réforme des retraites d'ici la fin du quinquennat ?

16:26
Gérard Larcher

Non, il nous a dit que ce n'était pas la priorité, que la priorité, c'était la gestion sanitaire, économique et sociale. Nous savons qu'il y aura un rendez-vous sur la réforme des retraites parce que les régimes sont totalement déséquilibrés. c'est ce que d'ailleurs le Sénat a rappelé à l'occasion de l'examen du projet de loi de financement sur la sécurité sociale. La majorité du Sénat a rappelé qu'entre, j'allais dire, durée de cotisation et âge, il y avait des réalités qu'il fallait regarder en face. Mais ça n'est pas, j'allais dire, l'objet aujourd'hui. Ça n'est pas la priorité.

Ça, le président de la République l'a dit clairement, répondant à des questions des sénateurs de, j'allais dire, quasiment de chacun des groupes.

17:10
Présentateur

Et il vous a donné un calendrier pour la réforme des retraites ?

17:12
Gérard Larcher

Non, il n'y a pas de calendrier. Sentons-nous d'abord et retrouvons la confiance et nous avons de sacrés défis économiques et sociaux à relever.

17:22
Présentateur

Il y a plusieurs questions sur le thème que vous souhaitez aborder. Marie, bonjour, vous nous appelez de Rouen.

17:30
Invité

Bonjour, bonjour à tous. Bonjour chers confrères, je suis vétérinaire. Bonjour ma chère confrère. Bonjour chers confrères, je souhaite vous interpeller sur la pertinence de la création d'une école vétérinaire privée dans un contexte épidémiologique majeur avec l'émergence de maladies d'origine animale. Pensez-vous qu'il soit pertinent de remettre en question l'indépendance de notre profession avec l'intrusion des lobbies agricoles dans ces écoles vétérinaires privées ? Et ne pensez-vous pas qu'il soit judicieux que l'État, dans un contexte de reprise économique, investisse massivement justement dans la formation de nos futurs confrères et consoeurs ?

18:07
Présentateur

Et vous demandez Marie au président Larcher de vous soutenir ?

18:11
Invité

Ah évidemment, évidemment. La loi qui a été passée en commission mixte paritaire sans l'inter... sans le... qu'on ait pu donner notre avis nous vétérinaires est engluée dans les conflits d'intérêts et nous aimerions vraiment avoir l'avis de notre confrère sur ce sujet.

18:28
Présentateur

Merci Marie. Fabien pose grosso modo la même question. Gérard Larcher, quid du conflit d'intérêts violents ? Le maillage vétérinaire mérite mieux ? Ça c'est sur l'application d'Inter. Que répondez-vous à nos auditeurs ?

18:42
Gérard Larcher

Nous avons un problème de démographie vétérinaire et notamment dans le secteur rural et qu'il faut le relever. Et ça c'est le premier des objectifs. Et il y a d'ailleurs une très intéressante étude de l'ordre national des vétérinaires et des syndicats des vétérinaires sur cette réalité-là. Soit l'État se donne les moyens de relever ce défi au travers de nos écoles vétérinaires. Je n'oublie pas les responsabilités que j'ai eues comme étudiant à l'école de Lyon et ensuite à l'école nationale d'Alfort en représentant la région Île-de-France. Mais ça c'est le défi.

L'alternative qui est proposée par une école issue d'une école célèbre à Beauvais agricole il faut appeler les choses telles qu'elles sont c'est une alternative il n'est pas anormal et me semble utile pour les vétérinaires qu'il y ait un débat parce qu'il faut qu'on sorte du non-dit sur le déficit démographique en nombre de vétérinaires dans le secteur rural indispensable à l'élevage indispensable au bien-être animal.

19:45
Présentateur

Pour répondre aux auditeurs Marie et Fabien ça ne vous choque pas qu'il y ait des écoles privées un maillage vétérinaire

19:52
Gérard Larcher

Aucun débat ne me choque si c'est l'occasion de rappeler à l'État qu'il y a une priorité qui s'appelle la santé vétérinaire et que ce n'est pas simplement au bénéfice des animaux c'est au bénéfice de notre système agroalimentaire de notre alimentation

20:09
Présentateur

Gérard Larcher une question politique vous l'entendez la fronde qui monte dans votre parti contre Christian Jacob écoutez

20:19
Gérard Larcher

Christian Jacob il a il a le mérite d'avoir réunifié notre famille politique d'avoir repris des contacts et simplement nous devons aujourd'hui trouver une solution parce que

20:31
Présentateur

alors vous n'avez pas la solution

20:32
Gérard Larcher

attendez

20:33
Présentateur

attendez on va expliquer aux auditeurs pourquoi la fronde monte elle monte parce que Christian Jacob veut attendre les régionales en juin prochain pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle Bruno Retailleau lui dit c'est pas possible c'est trop tard ça va laisser un avantage décisif à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen juin ça fait tard il nous faut un candidat avant septembre un parti doit en avoir un sinon c'est un club de réflexion dit Nadine Morano vous êtes d'accord avec eux il faut plutôt que les régionales

20:59
Gérard Larcher

moi j'ai un seul objectif c'est que les françaises et les français aient une alternative à Emmanuel Macron et que ces alternatives ne se résument pas à Marine Le Pen d'un côté Jean-Luc Mélenchon et j'oeuvre pour cela j'oeuvre pour cela auprès des candidats potentiels de ma famille politique mais aussi des familles politiques du centre parce que l'élection présidentielle c'est pas j'allais dire un machin partisan j'y travaille et j'irai au bout de la volonté de trouver une solution

21:33
Présentateur

de la mettre

21:35
Gérard Larcher

sur la table au printemps pour le moment venu faire le choix d'une candidate ou d'un candidat qui puisse tout simplement proposer aux français une alternative c'est de la démocratie

21:47
Présentateur

est-ce que c'est trop tard après les régionales

21:49
Gérard Larcher

écoutez travaillons maintenant et faisons le choix quand nous avons un système de départage j'oeuvre tranquillement mais avec détermination je peux vous assurer parce que pour moi c'est une responsabilité majeure que d'offrir une alternative démocratique

22:10
Présentateur

alors que le procès dans l'affaire Bismuth se poursuit avec Nicolas Sarkozy deux syndicats de magistrats ont dénoncé les attaques de Nicolas Sarkozy contre les juges d'instruction du PNF qui enquête sur les soupçons d'un financement libyen de sa campagne et ils écrivent dans une lettre bien plus grave encore est la reprise de cet argumentaire insultant par deux personnalités politiques le président du Sénat Gérard Larcher deuxième personnage de l'Etat et le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale Christian Jacob il dénonce une atteinte à la justice de la part du deuxième personnage de l'Etat que vous êtes Gérard Larcher vous leur répondez quoi ?

22:46
Gérard Larcher

Je leur réponds que moi je crois à l'autorité de justice mais que l'autorité de justice aussi doit accepter un certain nombre d'interrogations je ne suis pas sans me poser des questions et je l'ai dit d'ailleurs très directement je leur redirai à la première présidente de la cour de cassation et au procureur général conseil supérieur de la magistrature plus de mille plaintes seulement deux plaintes instruites allant jusqu'au bout donc je pense que moi j'ai confiance en l'autorité de justice mais je ne serai pas muet devant un certain nombre d'interrogations qui sont d'ailleurs portées au-delà des politiques par nombre de nos concitoyens je pense que la justice manque de moyens que nous l'avons laissé sur le bas côté de la route et que la justice c'est aussi la question de la condition pénitentiaire et je vous rappelle que c'est Valéry Giscard d'Estaing qui avait créé l'idée d'un secrétariat d'Etat à la condition pénitentiaire vous voyez que le sujet était déjà posé

23:48
Présentateur

vous nous faites la transition merci beaucoup

23:50
Gérard Larcher

Gérard Larcher président du Sénat

23:53
Présentateur

d'avoir été au micro d'Inter