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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 14 août 2016 13 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéSolidarités & famille

Avec Natacha Bouchart, maire de Calais

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que la situation à Calais, comme l'a dit un officier des CRS au Figaro vendredi, est pire que jamais ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Pour bien comprendre, on est aux alentours de 7 000 personnes dans la jungle et dans le centre ?

  • 1:47OuverteRéponse directe

    L'afflux de migrants a entraîné une montée de la violence. Comment exactement ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Vous trouvez qu'il n'y a pas assez de forces de l'ordre pour assurer la sécurité ?

  • 3:21OuverteRéponse directe

    On vous sent excédée ?

  • 5:15OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous pensez, comme Xavier Bertrand, qu'il faut instaurer une interdiction de sortir la nuit de la jungle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28Invité politiqueFait
    « depuis maintenant début juillet, on a à nouveau une montée en puissance du nombre d'arrivées des migrants avec des attaques régulières la nuit sur la rocade portuaire »
  • 1:11Invité politiqueChiffre
    « on est vraiment sur cette jauge qui voit arriver entre 50 et 80 migrants par jour depuis maintenant 10-15 jours »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « Il est contesté par l'État et peut-être un peu surelisé par rapport aux associatifs »
  • 2:06Invité politiqueChiffre
    « ces migrants font des attaques quasi militaires chaque nuit. Environ 200 migrants qui attaquent les forces de l'ordre »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas suffisamment de forces de l'ordre, même si on peut considérer qu'elles sont très nombreuses »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « depuis l'euro et, malheureusement, les attentats terroristes, des forces ont été retirées »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « ce démantèlement aurait dû être effectué dans la foulée du démantèlement de la zone sud qui a lieu en mars »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, c'est quasi des opérations militaires qu'ils ont créées. C'est comme une armée, en fait, qui s'est constituée »
  • 6:58Invité politiqueFait
    « pour un démantèlement, il faut que l'on puisse organiser en France des camps de réfugiés encadrés, ce qui n'existe pas aujourd'hui »
  • 7:18Invité politiqueFait
    « on peut constater que la majorité sont des migrants économiques »
  • 11:43Invité politiqueChiffre
    « nous sommes la seule ville en France à avoir un centre humanitaire. Et vous allez avoir un centre pour mineurs. De 2500 migrants »

Temps de parole

  • Natacha Bouchart80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

8h17 sur France Inter. En ligne avec nous ce matin, Natacha Bouchard, maire Les Républicains de Calais. Bonjour Natacha Bouchard. Bonjour. Natacha Bouchard, est-ce que la situation à Calais, comme l'a dit un officier des CRS au Figaro vendredi, est, je cite, pire que jamais ?

0:22
Natacha Bouchart

Oui, clairement, nous sommes dans une nouvelle phase où les événements s'accélèrent. Et depuis maintenant début juillet, on a à nouveau une montée en puissance du nombre d'arrivées des migrants avec des attaques régulières la nuit sur la rocade portuaire et un périmètre anarchique que l'on appelle la zone nord de la jungle qui, en fait, est encadrée par des passeurs, des no-bordeurs, des activistes. Et voilà, c'est une zone de non-droit qui regroupe aujourd'hui environ 5 000 personnes à côté du centre humanitaire qui a été créé, qui, lui, accueille de façon correcte 2 500 migrants.

1:11
Présentateur

Alors, pour bien comprendre, Natacha Bouchard, et si on fait les calculs entre ce que disent les associations, ce que vous dites, en gros, on est aux alentours de 7 000 personnes, 7 à 8 000 personnes dans la jungle et dans le centre qui est à côté ?

1:24
Natacha Bouchart

Oui, tout à fait. On peut très clairement afficher ce chiffre. Il est contesté par l'État et peut-être un peu surelisé par rapport aux associatifs. Mais on est vraiment sur cette jauge qui voit arriver entre 50 et 80 migrants par jour depuis maintenant 10-15 jours.

1:47
Présentateur

Et vous dites donc que l'afflux de migrants a entraîné une montée de la violence. Comment exactement ? À l'intérieur ou c'est plutôt à l'extérieur, c'est ça ?

1:55
Natacha Bouchart

Alors, techniquement, l'ensemble du périmètre se trouve à l'extérieur de la ville de Calais qui, donc, se trouve face à la rocade portuaire. Et ces migrants font des attaques quasi militaires chaque nuit. Environ 200 migrants qui attaquent les forces de l'ordre pour essayer, en fait, de s'accaparer des places dans les camions pour pouvoir traverser en Angleterre.

2:26
Présentateur

Vous trouvez, Natacha Bouchard, qu'il n'y a pas assez de forces de l'ordre pour assurer la sécurité ?

2:31
Natacha Bouchart

Oui, c'est clair. Il n'y a pas suffisamment de forces de l'ordre, même si on peut considérer qu'elles sont très nombreuses. Mais il faut savoir que depuis l'euro et, malheureusement, les attentats terroristes, des forces ont été retirées. Et puis, il y a aussi ces attaques régulières qui font que les forces de l'ordre sont un peu aussi démobilisées et se font attaquer assez fortement avec divers moyens qui sont devenus des armes pour pouvoir les attaquer. Et donc, ça crée vraiment des tensions très fortes. Les forces de l'ordre sont elles-mêmes en danger.

3:12
Présentateur

Vous dites, Natacha Bouchard, on l'a entendu, les policiers, on l'a entendu sur nos antennes sur France Inter, sont fatigués, excédés de la violence qu'il y a à la jungle. On vous sent, vous aussi, excédés ?

3:24
Natacha Bouchart

Oui, parce qu'on a des contacts, et j'ai des contacts réguliers avec les membres du gouvernement et des services de l'État qui, donc, nous expliquent qu'ils sont en train de préparer ce démantèlement. Ceci étant, ce démantèlement aurait dû être effectué dans la foulée du démantèlement de la zone sud qui a lieu en mars. Donc, tout le monde, en fait, s'est regroupé dans une zone complètement incontrôlée, anarchique, dont on ne sait pas, d'ailleurs, qui sont ces personnes. Et donc, voilà, à force d'entendre, oui, oui, on va faire, et puis, très concrètement, sur le terrain, nous, ce qu'on constate, c'est que les migrants arrivent de plus en plus, qu'ils sont de plus en plus violents.

Et donc, qu'ils se sont très bien organisés, de fait, pendant la période des JO et de l'Europe, JO 2012, déjà, et de l'Europe, de la Coupe d'Europe, là, il y a quelques semaines. Et donc, aujourd'hui, c'est quasi des opérations militaires qu'ils ont créées. C'est comme une armée, en fait, qui s'est constituée avec des actions très bien rodées. Et on a cette impression que, eh bien, les services de l'État nuisent, en fait, l'effet, qu'ils sont impuissants face à ce qui se passe ici, qu'ils affichent, voilà, une volonté d'énémentairement, mais ils ne savent pas très bien comment ils vont s'y prendre, puisque, aujourd'hui, eh bien, on est passé de 2 500 à 5 000 migrants.

Et comment on va les sortir de ce périmètre ? Dans quelles conditions ? Où on va les mettre ? Comment vont-ils être conduits ou pas ? On a des outils judiciaires qui n'existent pas, qui ne sont pas adaptés à notre situation.

5:15
Présentateur

Natacha Bouchard, est-ce que vous pensez, comme Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, que pour éviter les problèmes de sécurité dont vous parlez, il faut instaurer une interdiction, par exemple, de sortir la nuit de la jungle ?

5:27
Natacha Bouchart

Il y a une nuance près avec ce que demande Xavier Bertrand, mais moi, ce que je réclame depuis plusieurs mois, vous le savez, c'est l'armée pour pouvoir encadrer, en fait, ce périmètre. C'est l'urgence, selon vous ? C'est l'urgence, oui, c'est l'urgence, parce qu'on ne peut pas continuer, en fait, à laisser d'abord ce campement s'agrandir. Et on doit absolument savoir comment ça fonctionne à l'intérieur. Et je pense que l'armée est utile pour, justement, éviter des débordements et préparer ce démantèlement afin de pouvoir sécuriser le périmètre et protéger aussi l'outil économique, le port, la rocade, mais aussi les riverains qui se trouvent, en fait, à proximité de ce campement.

6:21
Présentateur

On va y venir, aux riverains. Mais Natacha Bouchard, un démantèlement, et vous l'avez vu avec le démantèlement de la zone sud, le démantèlement, les migrants se sont déplacés dans l'autre zone. Donc, qu'est-ce qu'on en fait à ce moment-là ? On démantèle un camp et ils vont où, ces migrants ?

6:39
Natacha Bouchart

Eh bien, en fait, quand il y a eu le démantèlement de la zone sud, moi, j'avais demandé à ce qu'on engage tout de suite le démantèlement de la zone nord pour que, justement, ils évitent d'aller se réfugier et s'organiser dans l'autre périmètre. Ce n'a pas été fait. Aujourd'hui, très clairement, pour un démantèlement, il faut que l'on puisse organiser en France des camps de réfugiés encadrés, ce qui n'existe pas aujourd'hui, mais des camps de réfugiés qui sont en capacité d'accueillir 1 500 à 2 000 migrants pour pouvoir, en fait, traiter leur situation, voir ceux qui relèvent de l'asile. Et puis, on peut constater que la majorité sont des migrants économiques.

Et dans ce cas-là, il faut que les lois de la République s'appliquent et que ceux qui ne veulent pas rester dans des conditions normales d'accueil en France puissent être reconduits, en fait, dans un autre pays.

7:37
Présentateur

Vous vous sentez isolée, Nathalie Bouchard, au regard des autres régions dans la situation des migrants ? Vous vous sentez en première ligne isolée ? En première ligne, oui, je le suis jour et nuit,

7:48
Natacha Bouchart

puisque je dois gérer, en fait, la problématique qui se passe directement avec les riverains. On va sur place, on les accompagne. Encore hier, je suis allée en avoir une dizaine. On voit comment on peut les aider pour les sécuriser au fond du jardin. On informe les forces de police. C'est vrai que le rôle du maire de Calais est unique et que par rapport à d'autres collectivités ou d'autres régions, ce problème est le seul en France. Et donc, on considère peut-être que, de fait, depuis 20 ans, on gère la problématique et qu'on va continuer à savoir la gérer comme on le fait du mieux possible.

Mais ce qu'il faut savoir aussi, c'est que ce problème qui est concentré, en fait, sur le périmètre de Calais a certainement des répercussions nationales. Il ne faudrait pas qu'au niveau national, eh bien, on se dise que tous les migrants de France, eh bien, puisqu'on a su faire à un moment donné à Calais, c'est assez simple de leur dire, mais remontez à Calais, là-bas, vous allez être accueillis, ils savent gérer, il y a des organismes, etc. Donc, je pense que le problème n'est pas pris suffisamment globalement en France et en Europe.

Et on se sent souvent, effectivement, seul par rapport à cette difficulté où, de temps en temps, des membres du gouvernement ou d'autres élus, voilà, viennent constater ce qu'il se passe et puis repartent, en fait, à leurs affaires deux heures après.

9:30
Présentateur

Natacha Bouchard, vous l'avez évoqué tout à l'heure, vous dites qu'il y a urgence, vous parlez aussi de la population qui habite autour de la jungle de Calais. Là aussi, vous sentez aussi l'urgence ? C'est épuisant pour eux, c'est épuisant,

9:47
Natacha Bouchart

c'est psychologiquement insupportable et ces riverains ne sont pas protégés. On a beau interpeller les services de l'État, leur demander de venir avec nous constater, en fait, les faits, puisque chaque nuit, ils voient traverser dans leur bien entre 20, 30 ou 80 migrants et, de fait, il y a des dégradations sur leurs biens personnels et puis, ils se sentent en insécurité très forte et là, psychologiquement, ils sont dans un État où ils n'arrivent plus, en fait, à absorber ces choses au quotidien.

10:29
Présentateur

Vous redoutez le fait qu'ils mettent en place des groupes d'autodéfense ? Certains ont parlé même de milices. Vous l'avez même d'ailleurs évoqué dans le Figaro.

10:37
Natacha Bouchart

Oui, tout à fait. Il y a des groupes qui se sont organisés, qui font de la surveillance jusqu'à maintenant et donc, ça n'est pas bon parce que ça veut dire que l'État n'assume pas, en fait, ses responsabilités. Pour ma part, pour soulager aussi, eh bien, quelques riverains, nous avons, la Ville de Calais a payé une société privée pour, eh bien, rester dans les jardins pendant quelques nuits pour qu'ils puissent se reposer, ces riverains. Et donc, vous voyez bien que là, il y a un manque aussi, eh bien, de force en présence parce que ce ne sont pas les forces de l'ordre qui peuvent effectuer, en fait, ce travail

11:24
Présentateur

parce qu'elles ne sont pas suffisamment nombreuses. Alors, ça, j'ai bien entendu, Natacha Bouchard, mais en même temps, j'ai envie de poser aussi cette question. On parle de l'urgence, de la violence, de certains migrants qui ne sont pas tous les migrants. Il faut aussi, certains migrants, il faut les aider aussi. On ne peut pas les laisser, comme dit, on ne peut pas les laisser. L'insécurité, c'est de les laisser à la rue aussi.

11:42
Natacha Bouchart

Oui, très clairement. C'est pour ça qu'il a été organisé un centre humanitaire. Nous sommes la seule ville en France à avoir un centre humanitaire. Et vous allez avoir un centre pour mineurs. De 2500 migrants. Nous protégeons les femmes et les enfants. Donc, nous apportons fortement notre contribution à la partie humanitaire. Ce que nous refusons et ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est qu'une partie de ces migrants qui sont encadrés par des passeurs, eh bien, puissent continuer, en fait, à venir semer le trouble public et à s'attaquer aux forces de l'ordre, ainsi qu'à notre outil économique, le port, et en termes d'images aussi touristiques, que c'est très difficile.

12:26
Présentateur

Merci beaucoup, Natacha Bouchard, maire Les Républicains de Calais, d'avoir été en ligne et d'avoir répondu à nos questions ce matin sur France Inter.