Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 14 mars 2025 2 min

Mettez un budget sur la table pour faire des AESH un vrai métier !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
François Ruffin

Madame la ministre, je vous écoute sur les accompagnants et accompagnantes d'enfants en situation de handicap. Vous dites que vous allez réfléchir, qu'il nous faut réfléchir à l'organisation du travail des AESH, que nous devons poursuivre la réflexion sur leur salaire. Mais ça fait des années, madame la ministre, ça fait des années que sur vos bancs vous réfléchissez. Ça fait des années que nous menons des missions, que nous produisons des rapports, le mien sur les métiers du lien parmi d'autres, celui de mon collègue Sébastien Jumel. Ça fait 7 ans que vous faites de l'école inclusive low cost, à bas coût, à bas coût, mais avec une grande souffrance.

Avec une grande souffrance pour les enfants qui ne sont pas suivis ou mal suivis. Avec une grande souffrance pour les parents qui attendent. Avec une grande souffrance pour les enseignants qui se débrouillent comme ils peuvent dans leur classe. Et avec une grande souffrance, bien sûr, pour les AESH elles-mêmes. Parce que, à 800 euros, évidemment, en moyenne, on est sous le seuil de pauvreté. Mais il y a surtout le sens du métier qui est cassé. On n'accompagne pas dans la durée, me dit Valérie, en voyant les élèves progrès fessés. On fait du saute-mouton, on saute d'un élève à l'autre, d'une classe à l'autre, d'un établissement à l'autre. Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a trop d'élèves avec des dys, des dysgraphies, des dyslexies, des troubles de l'autisme qui affluent dans les écoles. Du coup, quelles solutions vous avez trouvées ? Comment vous alliez garantir aux accompagnantes pour les attirer un salaire, des horaires, une carrière ? Non, vous avez décidé de leur faire suivre non plus un, deux enfants, mais quatre, cinq, six, sept, jusque onze enfants. Vous avez explosé les emplois du temps des AESH. Ce saucissonnage, vous l'avez rebaptisé d'un noble nom, mutualisation. Ça faisait solidaire, progressisme, mutualisation, mais c'est bidon. C'est juste une politique du chiffre, une politique d'affichage.

Cette mutualisation n'est pas seulement un échec, je vous l'ai dit, c'est une maltraitance de tout le monde. Alors, quel bilan tirez-vous des piales et de la mutualisation ? Quand déciderez-vous de mettre les milliards de budget pour sortir du bricolage, du bidouillage et pour faire des AESH un vrai métier ?