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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 24 septembre 2025 65 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

"Bloquons tout", dette… La France entre dans le dur - C dans l’air - 25.08.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Tous les voyants sont au rouge. Comment analysez-vous la situation actuelle ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le Premier ministre a évoqué un risque de surendettement. Qu'en pensez-vous ?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    F.Bayrou joue le quitte ou double avec le vote de confiance. Est-ce une stratégie risquée ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Les partis de gauche menacent de censure. Comment réagissez-vous ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Le RN a annoncé qu'il ne voterait pas la confiance. Pourquoi cette position ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Le mouvement 'Bloquons tout' est-il une menace réelle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00F.BayrouFait
    « Notre pays est en danger parce que nous sommes en risque de surendettement. »
  • 4:00F.BayrouFait
    « La dette, c'est chacun d'entre nous. »
  • 5:00F.BayrouChiffre
    « Depuis 20 ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit augmente la dette de 12 millions d'euros. »
  • 17:00F.BayrouFait
    « J'ai demandé au président de la République, qui l'a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre. »
  • 18:00F.BayrouFait
    « J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement. »
  • 19:00F.BayrouFait
    « Cette déclaration de politique générale aura pour objet de poser explicitement la question centrale: savoir s'il y a bien gravité du danger pour la nation, s'il y a urgence ou pas. »
  • 20:00S.BinetFait
    « Il n'y a rien à négocier. Le gouvernement nous dit qu'on supprime les 2 jours fériés et que l'on peut juste choisir de quels jours il s'agit. »
  • 21:00J.-L.MélenchonFait
    « Il faut que le 10 septembre convergent dans un même effort nos forces politiques rassemblées au côté de ceux qui sont dans l'action, le peuple lui-même et la classe salariale. »
  • 22:00F.BayrouFait
    « Tout le monde devra faire des efforts, même les représentants politiques. »
  • 24:00P.DessertineChiffre
    « 44 milliards sur 1700 milliards. Le but, c'est de faire revenir petit à petit... Passer sous les 5 % l'an prochain et arriver à moins de 3 % en 2029. »
  • 25:00P.DessertineChiffre
    « On est les moins bons élèves de la classe euro, et de loin, cette année. On va être à 5,4. »
  • 27:00P.DessertineChiffre
    « La charge de la dette, en pourcentage de PIB, même dans des prévisions jusqu'à 2030, on est autour de 3 %. »
  • 28:00F.BayrouFait
    « La dette, ce n'est pas simplement l'État, les politiques, c'est aussi les citoyens. »
  • 29:00T.PorcherFait
    « Le déficit s'explique par des choix politiques. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

avec sa microfibre lavable. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Tous les voyants sont au rouge. Les Français reprennent doucement le chemin de la rentrée.

Rarement le climat n'aura été aussi incertain sur le plan social, avec des mouvements de grève annoncés en cascade et une nébuleuse qui promet de bloquer le 10 septembre. Incertitude également sur le plan économique, avec la crainte d'un budget retoqué et des patrons qui mettent les pieds sur le frein des investissements. Incertitudes politiques, enfin, avec des partis de gauche qui promettent déjà la censure.

Le Premier ministre est en sursis, à la recherche de 44 milliards. Cet après-midi, lors d'une conférence de presse, il a appelé les Français à prendre en compte le danger immédiat de l'endettement du pays. Il annonce engager sa responsabilité lors d'un vote de confiance le 8 septembre.

Nous en parlons longuement ce soir. P.Dessertine, vous êtes directeur de l'Institut de haute finance, économiste, professeur à la Sorbonne.

C.Michel-Aguirre, vous êtes grand reporter au magazine "L'Obs". On peut lire votre article sur le feuilleton de l'été avec F.Bayrou sur YouTube.

Votre livre va paraître le 11 septembre. L.de Nervaux, vous êtes directrice générale de Destin commun.

Votre dernière étude sur la rentrée politique est publié aujourd'hui. Vous nous en parlerez. T.Porcher, vous êtes économiste et professeur à la Paris School of Business.

Votre dernier ouvrage: "Le Vacataire". Merci à tous d'être là. On débute par un extrait de la conférence de presse de F.Bayrou, il y a un peu plus d'une heure.

Un Premier ministre grave. - F.Bayrou: Notre pays est en danger parce que nous sommes en risque de surendettement.

Notre pays est en danger. J'entends très bien ceux, nombreux, parmi nos compatriotes, qui disent: "Mais il n'y a aucune raison que ce soit à nous qu'on demande des efforts. Ce n'est pas notre faute.

C'est la faute du gouvernement. C'est donc aux gouvernements qui se sont succédé qu'il faut demander des comptes, pas à nous." La vérité, c'est que la dette, c'est chacun d'entre nous. - C.Roux: Un Premier ministre qui tente désespérément, peut-être dans un dernier souffle, d'en appeler à la responsabilité des Français. - C.Michel-Aguirre: Il abat son va-tout.

Le 8 septembre, clairement, sur la date, il joue le quitte ou double avant la mobilisation du 10 septembre. - C.Roux: On peut peut-être rappeler ce qu'il a annoncé cet après-midi. - C.Michel-Aguirre: Pardon.

Je vais vite. Il y a le conseil extraordinaire de l'Assemblée nationale qui aura lieu en septembre. La France insoumise devrait présenter une censure.

F.Bayrou présentera une déclaration de politique générale devant l'Assemblée le 8 septembre en demandant le vote de confiance. Soit une majorité vote pour et il est maintenu, soit une majorité vote contre et le gouvernement tombe. - C.Roux: Le RN vient d'annoncer qu'il ne voterait pas la confiance, dit J.Bardella, qui prédit la fin du gouvernement. - C.Michel-Aguirre: Les insoumis aussi ont tout de suite dit non. - C.Roux: On entre dans le scénario catastrophe de l'instabilité politique.

La gravité du Premier ministre était sans doute une façon d'anticiper ce qui nous attend. - P.Dessertine: Quand on regarde la manière dont se sont déroulés les événements, on voit bien qu'on va vers quelque chose qui était un quitte ou double, mais avec infiniment plus de risques...

Le terme "kamikaze" a été utilisé pendant la conférence de presse. Le Premier ministre a dit qu'il n'était pas kamikaze. Dans cette séquence où il annonce le budget...

Il a dit que l'on disait que son but était de durer. Quand il présente son budget en juillet, avec des mesures qu'il veut soumettre au vote du Parlement...

Ce sont des mesures invotable avec ce Parlement. La seule solution est de passer par un 49-3. Là, c'est un 49-1.

L'article 49 a beaucoup de ressources dans la Constitution. C'était de dire: "Vous ne voulez pas voter le budget, mais si une motion de censure est votée, je démissionne. Si elle n'est pas votée, je reste et le budget est accepté entièrement." Il part dans une approche encore plus forte, de dire qu'il demande la confiance. "Je vous ai présenté un budget.

Vous n'en voulez pas. Vous allez dire confiance ou pas confiance." L'important, c'est qu'il ne tombera pas sur le budget.

Il tombera sur la motion de confiance. "Je ne vous ai rien caché", il en appelle au pays. - C.Roux: Il dit qu'il n'a pas le choix, que la situation des finances publiques est telle qu'il ne prendra pas la responsabilité de reporter l'effort que nous devons faire collectivement.

Il dit aux responsables politiques que de toute façon, le débat est biaisé, qu'ils commentent des mesures les uns et les autres. Il dit que la vraie question, c'est s'ils sont pour le rétablissement des comptes publics. - P.Dessertine: Dans la présentation, son introduction, son liminaire expliquant le côté dramatique...

C'est extrêmement long. Plus d'une demi-heure. Les journalistes devaient piaffer, en se demandant quand ils allaient pouvoir poser leurs questions.

On savait que ça ne durerait pas plus d'une heure. Il insiste pendant une demi-heure...

Ca a été coupé, mais il répète comme une incantation que nous sommes en danger de surendettement. On a bien cette prise à témoin du pays, en disant qu'il n'y a plus le choix. - C.Roux: Il leur dit aussi, et il ne l'avait peut-être pas dit comme ça précédemment, que la dette, ce n'est pas simplement l'Etat, les politiques, c'est aussi les citoyens. "C'est aussi votre problème." - T.Porcher: Il a pointé du doigt un certain nombre de problèmes.

Le fait que l'industrie ne produisait plus de produits ménagers pour les familles, par exemple, et qu'on n'était que sur le haut niveau de la production. On avait l'impression que tous ces déséquilibres, y compris ceux des déficits publics, n'étaient pas le fait de choix politiques. Or, c'est le fait de choix politiques.

Se concentrer sur les industries à forte valeur ajoutée, de délocaliser les industries que l'on jugeait extraordinaires et que l'on pouvait produire ailleurs, ça a été un choix politique. Le fait de baisser la fiscalité aussi fortement sur un quinquennat, ce qui n'avait jamais été fait avant, ça a été un choix politique. Le déficit s'explique par des choix politiques.

Il faudra réduire ce déficit, on est tous d'accord. Sur là d'où provient ce déficit, il y a des désaccords, mais une politique a été appliquée. C'est la façon de réguler qui fait aussi l'objet de désaccords aujourd'hui.

Il a été moins alarmiste que le précédent discours. Il n'a pas dit que la France était en danger de mort. Il a parlé de danger de surendettement.

Il a fait un discours alarmiste. Il a voulu être dans la pédagogie. - C.Roux: Les chiffres sont évocateurs. "Depuis 20 ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit augmente la dette de 12 millions d'euros." - T.Porcher: Il a aussi sorti la charge de l'intérêt de la dette, qui serait très élevée en 2030.

Il faut faire attention à l'effet Dracula, l'effet film d'horreur. Ce sont des chiffres qui font peur. Il faut toujours mettre en pourcentage du PIB.

La charge de la dette, en pourcentage de PIB, même dans des prévisions jusqu'à 2030, on est autour de 3 %. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas l'explosion dont on nous donne l'impression. Il y a un vrai problème quand même, mais la solution qu'il propose...

Il y a un manque d'horizon. Le seul horizon, c'est la réduction des déficits. Ce qu'il propose pourrait être plus doux et mieux ciblé. - C.Roux: Ca, c'est sur la partie budgétaire.

Sur la partie politique, il propose une échéance au 8 septembre. Certains commentateurs estiment que c'est l'annonce d'une démission, que fait F.Bayrou.

Lors de cette conférence de presse, il a beaucoup parlé aux Français. Il a envoyé quelques tacles aux responsables politiques, mais son message était dirigé vers les Français. Il a dit ce week-end que seule l'adhésion des Français pouvait changer les choses.

Est-ce qu'il l'a, lorsqu'il annonce des jours fériés travaillés et des économies? - L.de Nervaux: F.Bayrou, ce soir, a mis les Français devant un choix quasiment binaire: "Etes-vous responsables ou pas." Mais ce ne sont pas les Français qui vont décider, ce sont les parlementaires.

Dans les enquêtes d'opinion, on voit se dessiner un petit décalage entre ce qu'expriment les politiques et ce qu'expriment les Français. Sur la dette, la première question que F.Bayrou pose aux Français, c'est: "Etes-vous conscients des problèmes?

Où en est le degré de compréhension des Français du problème?" L'exercice pédagogique qu'il a fait en faisant le parallèle avec l'endettement des ménages est assez juste et bien amené. Au lieu de parler de dizaines de milliards, il présente des situations concrètes et difficiles par lesquelles les Français peuvent se sentir étranglés.

C'est une pédagogie nécessaire. Mais si on regarde où en est l'opinion sur la dette et le déficit, les choses ont beaucoup bougé. La dette et le déficit, ce n'est pas la même chose, mais si on les regroupe en un item que l'on peut imaginer comme une priorité du pays, c'est la 4e priorité des Français aujourd'hui.

Ce n'était pas du tout dans le top 5 il y a quelques mois. F.Bayrou, en arrivant, disait que les Français n'avaient aucune idée à quel point c'est important.

Mais il y a de gros écarts entre les électorats. Le seul électorat qui place la dette et le déficit en priorité numéro 1, c'est l'électorat centriste, Renaissance. Pour LFI et l'électorat du PS, c'est le pouvoir d'achat.

Pour EELV, c'est le climat. Pour l'électorat de droite et d'extrême droite, c'est l'insécurité et l'immigration. Il reste 2 gros décalages.

Il y a une forme de consensus chez les Français. - C.Roux: Ils ont compris qu'il y avait un sujet et une urgence? - L.de Nervaux: Absolument.

Là où il n'y a pas de consensus, c'est là où les efforts doivent être partagés s'ils sont équitables. 88 % des Français disent que les efforts ne sont pas répartis équitablement. - C.Roux: F.Bayrou a tenté d'alerter les Français à nouveau sur le péril qui pèse sur le pays.

Une façon de réveiller les consciences et appeler les citoyens à soutenir l'effort. Ses adversaires ont lancé la seule charge et menacé de censurer le gouvernement, dans un débat qu'ils jugent dévoyé. Le Premier ministre espère une clarification avec un vote de confiance le 8 septembre. - F.Bayrou au pied du mur.

A la une de la presse, ce matin, un Premier ministre sous pression, impopulaire et sans majorité, pour faire adopter son plan budgétaire. 44 milliards d'euros à trouver. Cet après-midi, en conférence de presse, F.Bayrou joue son va-tout. - F.Bayrou: J'ai demandé au président de la République, qui l'a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre, dans 15 jours.

J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement. Cette déclaration de politique générale aura pour objet de poser explicitement la question centrale: savoir s'il y a bien gravité du danger pour la nation, s'il y a urgence ou pas. - Le Premier ministre joue sa survie, quelques semaines après avoir présenté ses pistes pour le budget 2026: suppression de 2 jours fériés, nouvelle réforme de l'assurance-chômage ou gel des retraites des fonctionnaires.

F.Bayrou tente la pédagogie. Sept vidéos en 2 semaines sur sa nouvelle chaîne YouTube.

Une communication directe et des promesses: tout le monde devra faire des efforts, même les représentants politiques. ... - Alors, que vont faire les oppositions?

La gauche a déjà promis la censure. - M.Tondelier: Si j'étais dans une pièce toute seule avec un député et qu'on me demandait de le convaincre de ne pas voter la censure de Bayrou, je n'aurais aucun argument à lui présenter.

Que voulez-vous que je vous dise? On va censurer, pas par plaisir, mais parce qu'on n'a pas le choix. - Le RN non plus ne votera pas la confiance. - J.Odoul: Si F.Bayrou persiste et signe dans ses orientations désastreuses, s'il ne souhaite pas la rupture avec le macronisme, la chute est inévitable. - Mais la pression viendra aussi de la rue.

Les syndicats sont vent debout. La CGT refuse même de participer aux négociations. - S.Binet: Il n'y a rien à négocier.

Le gouvernement nous dit qu'on supprime les 2 jours fériés et que l'on peut juste choisir de quels jours il s'agit. Ce n'est pas ça, la négociation. Nous voulons négocier pour augmenter les salaires.

C'est le sujet de préoccupation numéro 1. Ces annonces sont indécentes. La réalité, c'est que 40 % des Françaises et des Français ne sont pas partis en vacances cette année. - Surtout, il y a "Bloquons tout", ces appels sur les réseaux sociaux à bloquer le pays le 10 septembre.

J.-L.Mélenchon soutient, encourage, même. - J.-L.Mélenchon: Il faut que le 10 septembre convergent dans un même effort nos forces politiques rassemblées au côté de ceux qui sont dans l'action, le peuple lui-même et la classe salariale.

Que le 10 septembre soit un jour de blocage général, c'est-à-dire, en ce qui concerne le salariat, la grève générale. - F.Bayrou demandera aux partis politiques de se positionner le 8 septembre, 2 jours seulement avant le mouvement de blocage annoncé. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce mouvement du 10 septembre pour savoir qui se cache derrière l'organisation de ce que certains qualifient de nébuleuse, et qui a le soutien de J.-L.Mélenchon.

Question. Le scénario: le Premier ministre engage sa confiance le 8. A priori, les écologistes, le RN et LFI ne voteront pas la confiance.

On s'achemine vers la chute du gouvernement Bayrou. Qu'est-ce qui suit? Une incertitude économique et budgétaire? - P.Dessertine: Du point de vue technique, on aura un scénario proche de l'année dernière.

Il faut très vite se lancer dans la discussion budgétaire. On peut à nouveau se retrouver comme l'année dernière, où la censure est arrivée en décembre. On avait déjà commencé les discussions budgétaires.

Là, ce n'est même pas commencé. Vous avez tout l'appareil d'Etat français, dans lequel on doit proposer un budget pour la Sécurité sociale, pour la santé, tout cela avec un certain nombre de délais pendant lesquels des institutions doivent examiner obligatoirement, comme le Conseil des Finances Publiques. Vous devez avoir le budget.

Normalement, ils sont déjà réunis pour regarder le budget. Là, vous n'avez plus rien. Ils sont dans le vide total.

Il n'y a plus de gouvernement, plus de projet de budget et une échéance en fin d'année. - C.Roux: C'est la 2e fois que ça se produirait pour la France à court terme.

Ca ajoute à l'incertitude sur les marchés? C'est ça que tout le monde redoute. Le money time, où on dira que l'instabilité est devenue un problème pour les créanciers. - P.Dessertine: Bon jeu de mots.

La seule chose, c'est que la conjoncture est plutôt plus favorable que l'an dernier. Les taux ont plutôt tendance à baisser. Les taux et l'inflation reculent à cause de l'effondrement des prix du pétrole.

Ca veut dire du pouvoir d'achat pour tout le monde. On est plus que jamais dépendants du pétrole et de l'énergie fossile. Ca pourrait être une chance, mais c'est aussi une chance pour les politiques.

Ils peuvent dire qu'ils ont moins de risque de catastrophe totale, et que si on n'est pas dans une envolée des taux, qui commencent à avoisiner les taux italiens...

On avait 400 points de différence. On n'en a plus que 10. On est considérés quasiment comme la dette italienne.

Il y a longtemps qu'on ne nous compare plus à la dette allemande. On n'est pas à la catastrophe qu'a connue l'Italie, avec 6 % de taux d'intérêt. - C.Roux: On a un Premier ministre qui a fait 20 minutes d'introduction en disant que la France est au pied du mur, que l'heure est grave, qu'on est en danger d'endettement.

Avec quelques calculs, ça ressemble à une démission, considèrent déjà certains. Le 8 septembre, on repart à zéro. Cette instabilité politique ajoute-t-elle à nos difficultés? - T.Porcher: L'instabilité politique n'est jamais bonne.

Nous l'avons connue l'année dernière. On s'en est bien sorti. Il n'y a pas eu la catastrophe que beaucoup avaient annoncée.

Les taux ont légèrement augmenté, au-dessus de la Grèce, mais ils sont revenus à des taux parfaitement acceptables. Les comparaisons que l'on fait dans la zone euro sont des comparaisons entre pays que nous qualifions de sûrs. La Grèce, aujourd'hui, est qualifiée comme un pays sûr.

Ce n'est pas la Grèce et 2015, avec des taux à 30 %. - C.Roux: A partir du 9 septembre, il faudra reprendre à zéro avec une nouvelle équipe? - T.Porcher: Ce qui est prévu chez nous, contrairement aux Etats-Unis, c'est que quand il n'y a pas de budget, on reprend le précédent.

Ce n'est pas idéal, mais ça ne veut pas dire qu'il y aura ce qu'avait annoncé madame Borne, que la carte Vitale ne fonctionnerait pas, etc. Mais il y aura une instabilité politique qui n'est pas bonne, y compris pour les acteurs économiques qui ne peuvent pas voir l'avenir. Ils ne peuvent pas investir sans savoir quelle sera la fiscalité. - C.Michel-Aguirre: Je repensais à l'un des premiers termes employés par F.Bayrou.

Il a parlé du moment d'une clarification. C'était les mots d'E.Macron le soir de la dissolution.

Il a au contraire précipité le pays dans une grande confusion. Le parallèle est saisissant. - C.Roux: C'est ce qu'annonce M.Le Pen, qui considère qu'aujourd'hui, la dissolution est le seul chemin possible, la seule issue.

C'est une surprise, cette manière de faire de F.Bayrou? Il aurait pu dire que ça coince sur les jours fériés, qu'il négocie.

Que ça coince sur telle ou telle mesure, on ouvre un débat et on s'entend. Il a décidé d'une autre méthode. - C.Michel-Aguirre: Il a vraiment pris tout le monde de court.

Personne n'était au courant. Il est resté cet été à Matignon à faire ses petites vidéos où il semblait que rien n'avançait. Pas de discussion, notamment avec le PS.

Il y a un saut dans le vide. Il s'interdit toute négociation avec le PS. Aujourd'hui, le PS est le parti pivot.

Eux seuls ont la possibilité de faire basculer et de pouvoir raccrocher quelque chose qui n'a pas été essayé avec le socle commun, pour faire un gouvernement du centre qui tangue plus à gauche. Tout le monde voyait le gouvernement de F.Bayrou chuter, mais plutôt mi-octobre.

Rentrée parlementaire le 22 septembre, motion de censure début octobre...

On aurait perdu 2 mois. De cette façon, le coup est bien joué. D'abord, il s'évite peut-être une explosion sociale le 10 septembre.

D'autre part, il met les socialistes au pied du mur. Mais les socialistes, pour l'instant, on n'a pas de réaction officielle d'O.Faure.

P.Brun a dit non. Il y a fort à parier que le PS dise non aussi. - C.Roux: Donc chute du gouvernement Bayrou le 8 septembre? - C.Michel-Aguirre: Après, on entrerait dans une nouvelle séquence dont on a l'habitude, la recherche d'un nouveau Premier ministre.

On a éclusé toutes les formules sur le socle commun. Je n'aime pas l'expression, mais soit on nous rejoue la carte du "technicien"...

Tout est politique, donc un technicien, ça ne veut pas dire grand-chose. En tout cas, une personnalité qui n'aurait pas de passé politique. Soit E.Macron fait ce qu'il a refusé de faire jusqu'à maintenant, c'est-à-dire qu'il nomme un Premier ministre de centre gauche et le PS s'y prépare.

Ils n'ont pas beaucoup de députés, mais dans l'opposition de gauche, c'est les seuls qui peuvent éventuellement raccrocher des gens du MoDem et de Renaissance. - C.Roux: En tout cas, nos équipes ont fait les calculs. 315 députés ne voteraient pas la confiance, en l'état, par rapport aux forces politiques qui se sont exprimées aujourd'hui.

Ca veut dire une chute du gouvernement Bayrou. Il y a assez peu de suspense. Le porte-parole du PS vient de s'exprimer, disant qu'il ne voyait pas comment ils pourraient voter la confiance. - C.Michel-Aguirre: F.Bayrou joue la sortie avec le panache. "Je vous aurais prévenus", il aimait beaucoup dire ça. "Vous n'avez pas voulu." Il renvoie la faute aux partis et aux Français. - C.Roux: J'aimerais votre réaction.

Il a dit ce week-end dans "Le Parisien" qu'il était toujours plus facile d'être contre...

On sent qu'il est un peu à bout de nerfs, en essayant de trouver 44 milliards. - L.de Nervaux: Il s'est souvent mis en scène comme "seul contre tous".

Même dans son discours de prise de fonctions, il avait dit que son seul ami était Henri IV. Il y a quelque chose de "je me drape dans une distance et je suis le seul à avoir cette vision et cette capacité à savoir ce qu'il faut pour le pays". - P.Dessertine: Il a rappelé qu'il avait déjà donné les exemples des autres pays européens confrontés aux mêmes problèmes.

Il l'avait longuement développé en juillet. Pour l'Espagne et le Portugal, des pays très proches de nous avec une croissance spectaculaire, même s'ils ont encore un taux de chômage élevé...

Il y a d'abord un consensus national. C'est ça, qu'il cherche et qu'il a cherché par cette communication par vidéos. Il espérait certainement plus d'audience.

C'est l'idée qu'il faut que les gens veuillent pour qu'on arrive à inverser une tendance. Il faut une sorte de consensus, que tout le monde dise qu'on ne peut pas continuer mais qu'on est tous prêts à faire des efforts. On n'est pas content, mais on ne veut pas que ce soit le voisin. - C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: Ce qui a manqué de bout en bout, Thomas le disait, dans cette séquence, à F.Bayrou pour emporter l'adhésion, c'est le diagnostic.

C'est ahurissant qu'une fois encore, il se présente aux Français en disant que la dette tombe du ciel. On a eu 1000 milliards entre 2005 et 2015, plus 1000 milliards entre 2015 et 2025. Mais il n'y a pas de diagnostic.

Il faut dire D'où ça vient, quels sont les problèmes et comment on entend les corriger. Quand il fait cette liste en disant qu'il y a eu le covid, qu'ils nous ont bien aidés, qu'il y a les retraités qui en ont bien profité, les fonctionnaires... - C.Roux: C'est faux? - C.Michel-Aguirre: Sur les fonctionnaires, c'est faux.

Sur le covid, ça n'explique pas tout. Il y a des décisions politiques qui ont abouti à ça. - C.Roux: Il aurait dû faire un mea culpa? - C.Michel-Aguirre: En tout cas, il faut faire un diagnostic.

Quand on veut mobiliser, emmener les gens avec soi, il faut faire un diagnostic. "On a compris les erreurs et l'on va les corriger et aller quelque part." Là, il leur promet juste du sang et des larmes.

C'est normal que les gens disent non et renvoient la faute vers les autres. La consommation est au plus bas. Le niveau de pauvreté est au plus haut.

Tout le monde n'a pas bénéficié de ces largesses comme il semble le dire. Il y a une absence de vision de l'état du pays actuel qui explique pour partie le manque d'adhésion de l'opinion publique. - C.Roux: Il a donné le sentiment, sur ses vidéos de l'été, de vouloir faire un effort, que les politiques devaient faire un effort.

Il sait sans doute que c'est populaire dans l'opinion. Il a même convoqué un ancien député pour évoquer les avantages des politiques. ... - C.Roux: C'était un effort de la part de la classe politique? - C.Michel-Aguirre: C'est une réponse directe à ce que demandent Les Essentiels, ce groupe sur Internet à l'origine...

On sait que c'est une nébuleuse. Pardon d'anticiper. Si vous allez sur la page Les Essentiels pour voir les revendications, cette question des privilèges des élus arrive en 3.

Il a vu la page et s'est dit qu'il allait répondre. - L.de Nervaux: Au-delà de ce petit groupe Qui est en grande partie à l'origine de ce mouvement du 10 septembre, c'est aussi largement ce qu'on retrouve dans l'opinion.

On a dit que 88 % des Français considéraient que les mesures du plan budgétaire n'étaient pas équitables. Quand on demande qui devrait contribuer plus, les actionnaires arrivent en premiers, suivis des parlementaires et de l'Etat. Il y a une vision profondément ancrée chez les Français que les politiques, globalement, s'en mettent plein les poches et sont responsables.

En volume, la contribution pour avoir une réduction des salaires des parlementaires ou des frais associés ne pèserait pas très lourd budgétairement. A côté de ça, il y a une demande d'exemplarité très forte, de réduire les dépenses de l'Etat et des ministères, on a le sentiment qu'il faut encore dégrossir. - C.Roux: Sur la méthode spectaculaire du Premier ministre, avec un vote de confiance et un gouvernement qui pourrait chuter, avec une nouvelle phase d'instabilité politique...

Il y avait une marge de négociation? Ce budget présenté en juillet était amendable? - T.Porcher: La grande inconnue en juillet...

Il disait qu'il allait creuser cette piste sans être très précis. C'est la taxation des plus riches. Il en a très peu parlé, sauf à la fin de son discours.

Il l'a évoqué. "Tout le monde doit contribuer, y compris les plus riches." Mais les réformes fiscales d'E.Macron ont profité aux plus riches.

Leur patrimoine s'est envolé sur les 15 dernières années. Les classements "Challenges", on y voit un facteur 6 sur 15 ans. La taxe Zucman avait beaucoup fait débat dans les émissions et au Parlement.

On estimait récupérer jusqu'à 20 milliards, une grande partie du plan d'économies mis en place. Cette taxe a été mise de côté. Le président l'a refusée.

Le ministre de l'Economie a dit qu'il ne fallait pas taxer les plus riches. - C.Roux: C'est là qu'il peut y avoir une négociation avec le PS.

On a entendu ce matin F.Hollande pas très ouvert à l'idée de voter une censure, plutôt enclin à trouver des points de passage. - T.Porcher: Le PS tenait à cette mesure mais s'est fait avoir sur la question des retraites.

Il avait accepté de voter la confiance de F.Bayrou à partir du moment où il y avait une vraie négociation sur les retraites. Au sens du PS et d'une partie des syndicats, cette négociation n'a pas eu lieu. - C.Roux: Sur les 44 milliards, on aura le temps d'en reparler, mais il faudra les trouver quoi qu'il arrive? - P.Dessertine: Et plus. 44 milliards sur 1700 milliards.

Le but, c'est de faire revenir petit à petit...

Passer sous les 5 % l'an prochain et arriver à moins de 3 % en 2029. Depuis les années, que l'on voit les trajectoires budgétaires que nous présentons à Bruxelles avec beaucoup de sérieux, sans arrêt, on explique qu'on sera en dessous des 3 % "dans 5 ans". On n'y est jamais arrivés.

On est les moins bons élèves de la classe euro, et de loin, cette année. On va être à 5,4. On veut absolument passer en dessous de 5, 4,6, l'année prochaine. 44 milliards, c'est un minimum.

Il y a aussi les 4 en plus pour l'armement. La guerre est toujours là. Les tensions sont toujours plus fortes.

Les mesures qu'annonce monsieur Trump pour le commerce mondial ne sont pas bonnes pour l'économie française. Quand vous touchez à l'économie française, vous touchez au dénominateur. A quoi on touche? - C.Roux: S'il y a dissolution, on oublie le budget?

Il se passe quoi? - C.Michel-Aguirre: On cherche un nouveau Premier ministre, de nouveau, qui pourrait avoir la confiance. - C.Roux: Dissolution, ce n'est pas exactement le même scénario. - C.Michel-Aguirre: S'il y a une dissolution, on revoit tout. - C.Roux: Et au niveau budgétaire?

Un gel? - C.Michel-Aguirre: On vote, mais ça veut dire année blanche.

Les barèmes, les minima sociaux, les retraites ne bougent pas. Tout ce qui était prévu dans les ministères est gelé. Vous parliez de l'interview de F.Hollande ce matin sur France Inter.

Il ouvre 2 portes. Il disait qu'il faudrait revenir sur la fiscalité du patrimoine, la flat tax qui a été baissée à 30 % par E.Macron, et prolonger au moins la surtaxe pour les grandes entreprises qui gagnent beaucoup d'argent.

Vu comme ça, ce n'était pas non plus une marge complètement irraisonnable de discussion. C'est très étonnant, la façon dont F.Bayrou dit: "D'abord, vous m'accordez votre confiance et après, on discute." Il y a un côté "démission avec panache".

La discussion sur ce sujet, on pouvait y aller. Le MoDem était pour remonter la flat tax depuis longtemps. Un député de F.Bayrou, depuis 2022, J.-P.Matteï, il était pour que l'on surtaxe depuis longtemps.

Ce n'est pas hors d'atteinte. - L.de Nervaux: Et sur les questions, F.Bayrou a dit que tout était discutable, que toutes les questions pourraient être mises sur la table.

C'est un peu mettre la charrue avant les boeufs. Sur la taxation des plus aisés, dans l'opinion, il y avait un consensus qui aurait pu être trouvé. Même les électorats de droite y sont très largement favorables, y compris à la fameuse taxe Zucman pour les très grandes fortunes. 77 % sont favorables.

Les 3/4 pour les électorats de droite. Ce sont des marges de négociation qui n'ont pas vraiment été poussées jusqu'au bout. - C.Roux: L'impopularité de F.Bayrou était un sujet dans le moment où il fallait trouver des soutiens?

Il est faible dans l'opinion? - L.de Nervaux: C'est certain qu'il n'est pas le plus populaire des Premiers ministres de la Ve République. - C.Roux: On a titré "La France entre dans le dur".

C'est plutôt "la France saute dans le vide"? C'est le moment auquel on assiste? - P.Dessertine: Imaginons qu'il y ait un vote de confiance.

On l'écarte. Si on ne dissout pas tout de suite, on a un Premier ministre, T.Breton, B.Cazeneuve...

Des noms vont être proposés. Pendant tout ce temps, on ne travaille pas sur le budget. Imaginez le temps que ça prend, il faut former un gouvernement...

Il tombe à nouveau et on est en novembre. A la fin, il n'y a pas de solution et on entre dans une dissolution. En réalité, on n'aura pas de budget avant juin, tel qu'on est partis.

Vous avez une situation super tendue du point de vue international. Du point de vue de nos textes, rien ne peut se passer sauf avec une seule solution: le président de la République prend les pleins pouvoirs le temps que l'on puisse prendre des décisions. Imaginez que l'on ait une crise financière gravissime.

On n'a plus de gouvernement, plus personne. On va vers quelque chose d'incroyable. L'année dernière, jusqu'en décembre, on disait que le gouvernement allait tomber.

Il a fini par tomber. On en a renommé un autre et ça a tenu. Là, c'est différent.

Ce n'est pas en décembre, c'est dès septembre, au début du processus budgétaire, que l'on dit que l'on risque de ne plus rien avoir, et on ne sait pas pendant combien de temps. Pire, on risque de dissoudre avec des élections municipales en mars. Comment on rentre tout ça dans un calendrier électoral?

Ca ne passe pas. On ne voit pas comment ça va passer. Cette motion de censure...

Non, ce vote de confiance. C'est inversé. C'est lui qui demande la confiance.

Si la motion de confiance n'est pas votée, c'est le saut dans l'inconnu. - C.Roux: Ca va couper l'herbe sous le pied de la contestation sociale?

Pour l'instant, c'est une nébuleuse qui rassemble des groupes avec des revendications multiples. "Bloquons tout" est né sur les réseaux sociaux et agglomère des acteurs allant de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par d'anciennes figures des "gilets jaunes". Pour l'instant, ni structure ni leader identifié, mais un mouvement surveillé comme le lait sur le feu par l'exécutif. - Le mot d'ordre est devenu viral sur les réseaux sociaux.

Sur Telegram, Facebook, TikTok, les appels à la mobilisation le 10 septembre se multiplient. - Il faut que le pays tout entier soit bloqué. - Je ne veux pas expliquer à ma fille dans quelques années qu'elle n'a pas ses 5 semaines de vacances parce que je ne me suis pas bougé. - Grève, confinement volontaire, manifestation, arrêt de la consommation...

Des modes d'action multiples pour un mouvement nébuleuse qui fédère des acteurs d'horizons divers. A Besançon, c'est autour d'un groupe d'irréductibles "gilets jaunes" que la mobilisation se prépare. - MEME SI MACRON NE VEUT PAS, NOUS, ON EST LA. - C'est clair que le 10, c'est un moment à saisir pour se battre contre les mesures inacceptables du gouvernement.

On va encore nous faire travailler 2 jours supplémentaires. - Dans le groupe, de nouveaux venus ont répondu à l'appel lancé sur les réseaux sociaux. - Macron, Bayrou et toute la bande sont au service des grands capitalistes. - Exactement! - Je ne me suis jamais mobilisée jusqu'à présent.

Je sature de ces mensonges du gouvernement où on nous dit qu'on va faire passer des politiques austéritaires alors que ce sont toujours les mêmes qui payent. On pourrait avoir de la justice sociale, des écosystèmes luxuriants, mais tout est mal dirigé. Les flux financiers sont toujours dirigés vers les mêmes. - 211 milliards d'euros sont donnés aux grands patrons sans contrepartie, sans étude d'impact.

C'est scandaleux. Il n'y a pas de rapport de force nécessaire. S'il y en a un, on pourra arriver à changer les choses. - Parmi les participants, Pierre, soutien de la gauche.

Il n'a toujours pas digéré que le NFP n'ait pas eu la possibilité de créer un gouvernement après les législatives. - Si le résultat des élections n'est pas respecté, c'est compliqué. D'autant qu'on a un responsable politique qui se permet de dire qu'il n'y a pas de gagnant à une élection.

Ca pose question. - Mais comment est né ce mouvement? Tout serait parti d'un café associatif du Nord, présent en ligne sous le nom des Essentiels.

Un compte relayant des idées souverainistes et même complotistes. - Antisystèmes, méfiants vis-à-vis des médias, ils se rêvent en bon porte-voix d'une France écoeurée par les politiques. - Comment ces gens ont pu croire qu'ils allaient pouvoir, en toute impunité, voler la population?

La seule richesse du pays, c'est la main et la tête de ses travailleurs. - Alors, quel accueil dans l'opinion publique? Retour à Besançon.

Opération tractage pour les militants du rond-point. - Le monarque Macron et son gouvernement illégitime et corrompu... - Le flou sur l'origine de la mobilisation interroge. - On ne sait pas qui est derrière. - Même si beaucoup se reconnaissent dans les revendications.

Ici, "stop à la vie chère". - Vous avez raison. On est tous concernés. - Le pouvoir d'achat à nouveau moteur de la contestation. - Avec nos salaires, on n'arrive plus à vivre correctement.

On se serre la ceinture alors qu'on a beaucoup de travail. Imaginez ceux qui ne travaillent pas. Maintenant, en retraite... - Depuis le covid, on n'a pas été augmentés. - Vous craignez de voir une récupération politique? - On ne les laissera pas faire, quel que soit le parti. - Selon un sondage, deux tiers des Français disent soutenir la mobilisation.

Un soutien qui ne vaut pas participation. - C.Roux: C'est difficile de savoir ce qui va se passer le 10 septembre, avec l'annonce de F.Bayrou encore plus.

On entend dans ce reportage des mots qu'on entendait sur les ronds-points, sur le pouvoir d'achat, "c'est toujours les mêmes qui payent"...

C'est le même discours. - L.de Nervaux: Bien sûr.

Dès qu'il y a un mouvement social, la référence, c'est les "gilets jaunes". On cherche les points communs, les références. Il y a des points communs.

Le fait que la mobilisation parte de revendications économiques et sociales...

Un certain nombre de mots d'ordre sont les mêmes. Mais il y a des différences. La mobilisation est partie sur les réseaux sociaux.

On peut dire que c'est l'époque. Il y a eu 6 ans depuis les "gilets jaunes". Mais il y a quelque chose de plus spontané et incarné dans les "gilets jaunes".

Même physiquement. C'était manifester sur les ronds-points. Là, ça a avant tout été un mouvement des réseaux sociaux, amplifié par certains comptes, notamment par des comptes liés à des mouvances complotistes et prorusses.

Il ne s'agit pas de dire ici que les Français qui se reconnaissent dans ces messages sont complotistes ou de mettre une étiquette. Quand on analyse les mouvances complotistes, on voit que l'adhésion à des théories complotistes est souvent liée à un ressenti d'humiliation, de mépris, d'incompréhension. C'est important de le rappeler.

Il faut être lucide sur la façon dont ces messages ont été amplifiés. Une société a même très précisément documenté l'origine des principaux hashtags du gouvernement sur les réseaux sociaux et a montré que certains des hashtags les plus gros avaient été créés par des comptes prorusses, notamment Camille Moscow. - C.Roux: Ca permet de relativiser le souffle de ce mouvement? - L.de Nervaux: Du coup, compte tenu de ce contexte, les partis politiques manquent peut-être de prudence.

Il y a un parallèle à faire avec les "gilets jaunes". Pour les "gilets jaunes", les partis de gauche en particulier avaient la sensation d'avoir raté le coche. Là, on a l'impression qu'ils se sont précipités de façon imprudente pour emboîter le pas du mouvement.

C'est nébuleux. - C.Roux: "Il faut que le 10 septembre soit un jour de blocage général", a dit J.-L.Mélenchon.

Côté RN, c'est intéressant aussi par rapport aux "gilets jaunes". E.Diaz, vice-présidente du RN, estime qu'on n'a pas vocation à être l'instigateur ni l'organisateur des manifestations.

Quant aux syndicats, ils sont un peu en retrait aussi. - C.Michel-Aguirre: La gauche, vous l'avez dit, ne veut pas rater le coche d'un mouvement qui ne s'est jamais tari.

Même si on a du mal à le mesurer, depuis les "gilets jaunes", certains Français ne se sentent pas écoutés. Ils ont l'impression qu'on leur demande toujours des efforts. Ca n'a pas bougé.

C'est sinusoïdal. Il y a des pics de crise. Pour M.Le Pen et le RN, ils poursuivent la politique de la cravate.

Ils se posent en parti de recours, de gouvernement par rapport à la "bordélisation" que seraient censés incarner J.-L.Mélenchon et les insoumis.

Pour les syndicats, c'est comme pour les partis politiques. Ils ne sont pas à l'origine, donc ils ne veulent pas perdre du crédit en embrayant derrière, mais ils ne peuvent pas laisser ça s'échapper. L'intersyndicale a prévu de se retrouver le 1er septembre pour décider quoi faire.

Vu le contexte, ça va être encore plus compliqué. - C.Roux: Question. - T.Porcher: Ca s'ajoutera aux incertitudes que P.Dessertine a énoncées.

Si on a une incertitude politique, une incertitude sur un trimestre avec des mouvements de grève qui pourraient avoir un impact négatif, ça va être difficile. Une grosse partie des entrepreneurs ont du mal à y voir clair sur les 6 prochains mois. Le contexte international est mauvais.

Ca va être dur pour embaucher, investir. La somme des incertitudes fait que ça pourrait être compliqué. Je ne dis pas que ça va être un scénario catastrophe, mais ça peut être compliqué.

Quelque chose sur le mouvement et le lien avec les "gilets jaunes". Les "gilets jaunes", le mouvement s'est fait via une pétition et a été très actif sur les réseaux sociaux. Là, pareil, même si c'est préparé en amont.

Ca date de juillet. Le seul mouvement qui a réussi à faire reculer E.Macron sur la réforme, c'est le mouvement des "gilets jaunes".

Il a laissé 10 milliards. - C.Roux: Contrairement au mouvement sur les retraites? - T.Porcher: Voilà.

Les syndicats, bien qu'ils aient une utilité très forte, n'ont pas eu de victoire depuis 95. Le mouvement des "gilets jaunes", il n'y avait pas d'interlocuteur. Ils ont réussi à avoir une forme de "victoire politique". - P.Dessertine: Ce qui est intéressant par rapport à ce mouvement, c'est que personne n'a vu venir les "gilets jaunes" et tout le monde s'en souvient.

Avant 16h, tout à l'heure, quand on interrogeait les responsables syndicaux, tout le monde vous disait: "On ne sait pas ce qui va se passer le 10 septembre." Comme avec les "gilets jaunes", on ne l'a pas vu venir, mais là, il y a une sorte de mécontentement qui est pire, de désespoir d'une dizaine de millions de gens pauvres ou qui vont aller dans la précarité. Maintenant, c'est dirigé contre qui?

Le 8 septembre, il risque de n'y avoir plus personne. Il peut ne plus y avoir de gouvernement. On va bloquer, mais pourquoi?

On est là-dessus depuis 16h30. "Le 8 septembre, je risque de ne plus être là. On ne sait pas s'il y aura une dissolution.

On ne sait pas qui peut être Premier ministre." On peut avoir un mouvement qui va devenir quoi? - C.Roux: Qui va se retourner vers E.Macron? - P.Dessertine: C'est une vraie question.

Quelle va être la réaction des Français? Un peu comme l'an dernier. "Je n'ai même plus quelqu'un contre qui être." Il n'y a plus de gouvernement, pas de budget, rien.

Il y a ce côté néant qui est angoissant. - C.Roux: On va en entendre parler encore.

L'Etat promet de faire des efforts en faisant le ménage dans son organisation. Le sujet est récurrent. Dans le viseur: les agences de l'Etat. 180 000 postes et une rationalisation qui pourrait permettre de dégager, selon Bercy, 2 à 3 milliards d'euros. 8 milliards, selon le RN.

Ce sont des sujets qu'on entendait dans les revendications à l'époque des "gilets jaunes" et de "Bloquons tout". Qu'en est-il réellement? - Le Premier ministre promet de révéler ses cartes.

Parmi les idées évoquées, une réforme des agences de l'Etat. *-On nous demande de nous serrer la ceinture. On voit une liste non exhaustive de comités, d'observatoires. - Ces structures aux périmètres flous se sont empilées.

L'Etat a créé un monstre administratif. - Elles sont la cible de toutes les critiques, les agences de l'Etat. Elles seraient trop nombreuses, trop coûteuses et inutiles.

La sénatrice LR Christine Lavarde s'est penchée sur la question. 5 mois de commission d'enquête et un rapport qui souligne la complexité du système. - Ces organismes consultatifs, on retrace leur activité.

Ce qui est aussi problématique, c'est qu'on est incapables de donner leur coût de fonctionnement. Souvent, ils n'ont pas d'agents dédiés. Si on imagine qu'on est une entreprise, c'est comme si l'Etat était la maison-mère.

Les agences sont des filiales. La maison-mère n'exerce ni un rôle de direction financière ni un rôle de management des ressources humaines sur les agents des filiales. Elle ne les connaît pas. - Face à la commission, le ministre de la Fonction publique admet ne pas avoir toutes les réponses. - Est-ce que vous pensez pouvoir être en capacité de dire où se trouvent l'ensemble des agents publics? - Bien sûr que non.

Il y a beaucoup de complexité dans ce système. - De France Travail au Crous, en passant par l'Agence de l'environnement Ademe, mais aussi les ARS, ces 40 dernières années, le nombre d'organismes publics a bondi pour atteindre plus de 1900 agences. A la clé: de nombreux doublons. - Dernier exemple en date: l'établissement public créé pour faciliter la reconstruction de Notre-Dame alors qu'il existait déjà 2 autres établissements dans le giron du ministère de la Culture qui auraient pu remplir les mêmes missions. - Un millefeuille administratif donnant parfois lieu à des situations ubuesques. - Les petites communes n'arrivent plus à faire des dossiers.

On va financer les départements pour qu'ils embauchent des agents pour aider les petites communes à monter les dossiers. Vous vous rendez compte où on est... - La commission d'enquête propose de fusionner les doublons et de supprimer certaines agences. - Nous recommandons que les agences soient réexaminées tous les 5 ans pour vérifier que les politiques publiques qu'elles mettent en oeuvre font toujours sens.

Après, il y a le flux. Même si nous invitons à faire un moratoire sur la création des agences, sauf dans des cas particuliers où on aurait des agences ciblées, il faudrait prévoir leur date d'arrêt. Ca s'est passé avec la dernière agence créée qui va permettre le partage des installations pour les Jeux olympiques d'hiver.

Il est prévu qu'au 31 décembre 2034, cette structure n'existera plus. - La sénatrice estime que cette organisation éliminera les coquilles vides. Une opération qui rapporterait 540 millions d'euros, loin des milliards espérés par la droite et l'extrême droite. - En regardant ce qui s'est passé outre-Atlantique, en Argentine, avec la tronçonneuse du président Milei, ou aux Etats-Unis avec le Doge du président Trump, certains en France ont eu des velléités de reproduire les mêmes schémas.

Si on faisait la même chose, ce sont des milliards de subventions en moins qui seront versés aux collectivités, aux entreprises et aux particuliers. - F.Bayrou dit vouloir s'attaquer aux agences d'Etat.

Il vise bien au-delà des estimations des rapporteurs du Sénat: 3 milliards d'économies. - C.Roux: C'est sans doute un sujet dont on entendra à nouveau parler.

Ce n'est pas les 8 milliards annoncés par le RN. - P.Dessertine: A.de Montchalin a dit 5 milliards.

Avec des calculs, vous pouvez faire ce que vous voulez. On passe de 500 millions à 8 milliards, quand même...

Derrière, il y a cette nécessité de remise à plat de tout, de l'Etat, de la façon dont il fonctionne. Ce qui est intéressant avec les agences, c'est que ce sont des éléments de la fonction publique qui se sont peu à peu dissociés du contrôle politique, donc du contrôle du peuple. Normalement, le fonctionnaire met en place une politique votée lors des élections.

Plus vous êtes avec des agences, des trucs, des choses dans lesquelles on sent qu'il y a plus de contrôle réel, qu'il y a une autonomie, plus vous créez une révolte globale. Il n'y a plus rien qui marche et tout le monde fait ce qu'il veut. - C.Roux: Tout remettre à plat, ça fait longtemps qu'on entend ça.

Il y a des velléités à Bercy de faire des revues générales des politiques publiques. Avec le succès qu'on sait. Question. - C.Michel-Aguirre: On est au coeur du sujet.

Qu'est-ce qui ne va pas en France? L'efficacité de la dépense publique. Je parlais de diagnostic.

Le diagnostic n'est pas fait. Toutes ces agences ont été créées à partir des années 90 car on considérait que les fonctionnaires étaient d'affreux corporatistes qui ne savaient rien mettre en oeuvre, qui n'étaient pas agiles, qu'on allait faire des agences et qu'on allait voir ce qu'on allait voir pour les politiques publiques. 20 ans plus tard, on nous explique que toutes ces agences sont des doublons.

Tant qu'on ne pose pas de diagnostic, la question de comment on fait une dépense publique plus efficace, personne n'y arrivera. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

Question. Qui veut répondre à cette question? - L.de Nervaux: C'est ce qu'a dit F.Bayrou.

On a discuté ensemble de cette sensation d'être au bord du gouffre. On serait dans une encore plus grande incertitude avec un blocage. On verra s'il a lieu.

Peut-être que le mouvement du 10 septembre sera atténué par cette décision. On verra dans 2 semaines. - P.Dessertine: Les révolutions, c'est ça.

On a une catharsis... "Ce n'est pas possible, donc on casse tout." Derrière, il va sortir quelque chose.

On dit qu'il n'y a pas d'issue. Les gens deviennent...

Catherine, est-ce qu'elle va participer au blocage? S'il n'y a plus de gouvernement, on fait quoi? - C.Roux: Question.

Si les gens sont révoltés, c'est qu'ils ont l'impression qu'une partie des Français ont fait sécession. Des choix politiques ont été faits en leur faveur et ils en profitent plus que le reste. C'est ce sentiment d'injustice qui alimente cette volonté de bloquer le pays. - C.Roux: Question.

Il a évoqué les entreprises, F.Bayrou. - C.Michel-Aguirre: Il a aussi contesté le chiffre.

C'est toujours la question du diagnostic. On ajoute des choux et des carottes...

Il n'avait pas prévu de regarder. - P.Dessertine: C'était des sèche-cheveux... - C.Michel-Aguirre: Ils disent toujours oui et ils ne le font pas. - P.Dessertine: La problématique qu'on a évoquée, c'est que les entreprises françaises sont de moins en moins performantes à l'international, parce qu'on prélève.

Les aides sont la contrepartie du prélèvement. On est dans la folie française. Vous prélevez de plus en plus et vous redonnez pour essayer de compenser.

Sans cesse, vous compensez par quelque chose que vous redonnez, mais qui ne marche pas. - C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: Question piège.

Le PS, mais je ne vois pas pourquoi il ferait ça. - P.Dessertine: O.Faure. - C.Roux: Question. - P.Dessertine: Oui...

Ce que disait F.Bayrou n'est pas totalement faux. Les politiques sont élus par des citoyens. - C.Roux: "C'est vous qui en avez profité." - T.Porcher: La dette a augmenté.

F.Bayrou L'a reconnu. C'est à cause de chocs exogènes, à cause des subprimes et à cause de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. - C.Roux: Question.

C'est un scénario crédible? - T.Porcher: Je ne crois pas. - P.Dessertine: Le FMI intervient quand il y a un risque sur des financeurs externes.

Notre dette est de plus en plus détenue par des gens à l'extérieur. Le FMI intervient s'il y a un risque de contamination. Que la France soit en crise, le FMI laisse la France en crise. que ça fait une crise qui s'étend, il intervient.

Ca s'était passé avec L.Truss. C'est pour ça que le FMI était intervenu. - C.Roux: Elle était Première ministre britannique. - T.Porcher: Avant que le FMI intervienne, il faut que la BCE refuse d'intervenir.

Là, c'est arrivé car le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Europe. Il faudrait que la BCE refuse d'intervenir. Ce serait un choc.

Une grosse partie de la dette appartient aussi à des Européens, à nos voisins. Il ne faudrait pas qu'il y ait un effet domino à la Lehman Brothers. Je ne vois pas la BCE se suicider.

Mais bon... - C.Roux: Mais tout est possible?

Question. La réponse est non. Question.

Remarque. Cette question est toujours présente. - L.de Nervaux: On avait chiffré une étude sur la confiance dans les parlementaires.

Elle a chuté. Seulement un quart des Français ont confiance dans leurs parlementaires. Globalement, la défiance vis-à-vis de la classe politique est monumentale. - C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: Réponse le 8 septembre.

Voire le 10. On peut espérer que les députés reflètent l'avis de leurs administrés. - C.Roux: Question.

On va finir sur cette question. Où irons-nous? Je pense que personne n'a la réponse.

Merci. Fin de cette émission. N'oubliez pas de reprendre vos bonnes habitudes pour retrouver "C dans l'air" en replay et en podcast.

Belle soirée. A demain, en direct.