Le prix des carburants, la progression de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et la guerre en Ukraine... Le 8h30 franceinfo de Marine Le Pen
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Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Le gouvernement multiplie les annonces pour soulager le portefeuille des Français face à la hausse des prix de l'énergie et pourtant vous martelez depuis plusieurs jours que ça ne suffit pas selon vous. Pourquoi ?
Multiplier les annonces, on n'exagère en rien. Il a proposé une baisse de 15 centimes du litre au 1er avril d'ailleurs. On ne sait pas pourquoi il y a autant de temps entre la prise de décision et la mise en œuvre au moment où les Français n'arrivent plus à mettre juste du carburant dans leur voiture tellement le prix a explosé. Je vous rappelle que les 15 centimes d'ailleurs c'est une forme quand même d'escroquerie parce que les 15 centimes correspondent en fait à peine aux bénéfices que fait l'État quand le carburant monte puisque vous savez que 60% du prix du carburant ce sont des taxes donc ça va dans les poches de l'État. Donc plus a été le carburant monte et plus l'État s'enrichit.
Pardon mais il n'y a pas que sur l'essence que le gouvernement a fait un geste. Il y a également eu l'indemnité inflation de 100 euros pour les Français qui gagnaient moins de 2000 euros par mois. Il y a eu l'indemnisation kilométrique qui a été revalorisée. Il y a eu des mesures spécifiques pour certaines...
Pardon mais le chèque inflation, vous voyez typiquement c'est une mesure qui a été mise en oeuvre n'importe comment. C'est-à-dire que des gens qui n'avaient pas de voiture l'ont reçu. Ça veut dire que des détenus en prison l'ont reçu. Et en revanche, beaucoup de gens qui étaient à la limite du seuil ne l'ont pas reçu. Moi je veux dire, je pense qu'il faut oeuvrer massivement dans le domaine du pouvoir d'achat et de l'énergie, pas seulement du carburant. Carburant, fuel, électricité, gaz, c'est la raison pour laquelle depuis le mois de septembre, donc j'avais déjà anticipé, car le prix avait déjà augmenté de manière importante dans les derniers mois.
J'avais anticipé une mesure qui est une mesure pour tout le monde, qui est la baisse de la TVA de 20% à 5,5%. Ça coûte 12 milliards, oui, je les assume totalement, parce que je considère que l'énergie est un bien de première nécessité. Je ne veux pas que les Français aient le choix entre manger et se chauffer, ce qui est pour beaucoup le cas aujourd'hui. Et ça n'est pas suffisant compte tenu de l'explosion récente des prix. J'ai donc ajouté la suppression des hausses de carburant qui avait été décidée par Emmanuel Macron. Souvenez-vous en 2017, en 2018, c'est ce qui avait entraîné la crise des gilets jaunes.
Qui était gelée depuis.
Toutes ces mesures, mais on va en parler d'ailleurs de ce gel, toutes ces mesures permettent de faire baisser le prix du litre de 35 centimes à 50 centimes. Voilà quelque chose qui est susceptible de donner de l'air aux Français. Je vous signale que moi, je vais sur le terrain en permanence et vraiment, la situation est dramatique. Je rencontrais des infirmières libérales hier. Eh bien, trois infirmières libérales, dans leur cabinet, elles dépensent 250 euros de carburant par jour. 250 euros par jour.
Parce que dans la ruralité, eh bien, ce sont des centaines de kilomètres qui peuvent être faits par les gens qui travaillent et qui sont bien souvent éloignés de 30, 50, voire 70 kilomètres de leur travail.
Vous, vous proposez d'agir sur la fiscalité, sur la baisse de la TVA, sauf que Jean Castex, il dit, si vous baissez la fiscalité, vous ne la remonterez jamais.
Je n'entends pas la remontée. Ça n'est pas la mesure que je propose. Ça n'est pas une mesure provisoire. C'est une mesure structurelle. C'est une mesure pérenne. C'est pour le long terme. Et parallèlement à ça...
Ça veut dire qu'il y a beaucoup moins que 12 milliards que vous promettez en moins pour... Je veux dire, dans les caisses de l'État, pardon, il va manquer beaucoup moins que 12 milliards d'euros que vous promettez aujourd'hui. Mais pas du tout. Alors comment vous compensez ça ?
Non, mais vous comprenez bien que dans le budget que je vais présenter d'ailleurs mercredi, qui est le budget global de mon projet politique, il y a évidemment des économies à côté. Donc ce sont des choix. Moi, mon choix prioritaire, c'est le pouvoir d'achat des Français. Et comment est-ce qu'on compense ? Alors 12 milliards d'euros, on ne les trouve pas comme ça. Mais on ne les trouve pas comme ça. On compense avec les coûts de l'immigration, 15 milliards d'euros par an. On compense avec les coûts de la fraude. On compense avec les coûts des agences.
On compense avec McKinsey, par exemple, dont on voit que les contrats de consultants ont été démultipliés par le gouvernement, alors même qu'ils ne payent pas d'impôts en France. Enfin, croyez-moi, les sources d'économie...
Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, dit qu'ils vont payer finalement...
Oui, d'accord, très bien. Ils auraient pu s'en rendre compte avant quand même. Bon, ça fait quand même une preuve d'amateurisme assez flagrante. Mais je veux dire, il y a des choix. La politique, c'est l'art des choix. Moi, je fais des choix, et donc je fais des économies, et je rends leur argent aux Français. Je veux leur rendre leur argent, et pas seulement par l'intermédiaire, encore une fois, de la baisse de cette TVA. Je veux leur rendre leur argent aussi en baissant les tarifs des péages, en divisant par deux la CSPE, qui est la contribution au service public de l'électricité que les gens voient sur leur facture. Donc, c'est un axe majeur de mon projet, rendre leur argent aux Français.
Et sur le gaz ? Mais c'est pareil, une baisse de TVA sur le gaz. Mais sur le gaz, il y a une autre difficulté. C'est qu'en réalité, on est dans un marché européen de l'électricité. Et donc, vous savez que l'électricité, le prix de l'électricité dépend du prix du gaz. Il faut sortir de ce marché. Moi, je maintiendrai les prix régulés. Aujourd'hui, vous savez qu'il y a des entreprises...
Ils se débrouillent, puisqu'eux, ils importent beaucoup plus de gaz russe. Ils se débrouillent. Tant pis pour eux, si ça ou moins.
Ah, ils se débrouillent. Il n'y a plus de solidarité européenne. Ah oui, non, non, moi, je suis désolé, mais c'est la priorité aux Français. Nous avons beaucoup investi par le passé dans des centrales nucléaires. Nous les avons payées. Aujourd'hui, elles sont rentables. Et nous devrions avoir un prix de l'électricité, par exemple, très bas. On n'a pas de prix de l'électricité très bas, parce qu'on est rentré dans un marché européen de l'électricité où on paye les erreurs qui ont été commises par l'Allemagne. Mais attention...
Comment vous comptez faire ? Parce qu'il faut un vote unanime pour réformer ce marché européen de l'électricité. Non, non, mais on en sort.
Je ne veux pas le réformer. Je veux en sortir. Je veux en sortir. Les prix seront régulés par l'État, comme c'était le cas jusqu'à présent, y compris pour les entreprises. Car vous savez qu'il y a un certain nombre d'entre... Enfin, il y a des entreprises de plus de 10 salariés et de plus de 2 millions de chiffres d'affaires par an qui, aujourd'hui, ne bénéficient plus du prix régulé de l'État. Eh bien, leurs factures ont explosé. Aujourd'hui, ce sont des emplois qui sont en jeu en raison de choix qui ont été faits par les dirigeants précédents et qui sont des choix qui ne vont pas dans le sens de l'intérêt des Français. Donc, moi, ma boussole, c'est l'intérêt des Français.
Je ferai donc tout pour qu'ils puissent bénéficier d'une énergie peu chère.
Marine Le Pen, on va parler dans un instant des conditions d'accès au RSA puisque ça fait partie des propositions majeures qui ont été faites, entre autres, par le candidat Emmanuel Macron. Juste après le fil info, à 9h moins 20, c'est avec Solène Cresson.
Au moins six morts à Kiev après le bombardement d'un centre commercial hier soir au 26e jour de l'offensive russe. Kiev rejette l'ultimatum imposé par la Russie à Mariupol, déposer les armes. L'ONU estime que plus d'un quart des Ukrainiens, 10 millions d'habitants, ont dû fuir leur maison à l'intérieur ou en dehors du pays. Conséquence de la guerre, mais aussi de la reprise du Covid en Asie, Renault met plusieurs de ses usines à l'arrêt. Deux semaines de fermeture près de Metz, 3 000 salariés touchés, trois jours à Cléon, en Seine-Maritime.
Des militants d'SOS Racisme ont testé 136 agences immobilières et constatent que la moitié accepte de discriminer des locataires parce qu'ils sont musulmans ou noirs. Testing réalisé en partenariat. Avec France Info. Le sélectionneur de l'équipe de France de rugby, Fabien Galtier, prolongé pour les cinq prochaines années après la victoire, le grand chelem des Bleus dans le tournoi des 6 nations. Quand on a les meilleurs, il faut les garder, estime sur France Info. Bernard Laporte, le patron de la fédération. France Info.
Le 8.30 France Info, Salia Bracchia, Laurent Sénéchal. Toujours avec Marine Le Pen, candidate Rennes à la présidentielle. Emmanuel Macron, entre autres, puisque Valérie Pécresse également, propose de conditionner l'accès au RSA, le revenu de solidarité active, à 15 heures par semaine de formation en insertion ou d'emploi. Ça, c'est pour Valérie Pécresse. 15 à 20 heures même pour Emmanuel Macron. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne mesure ? Est-ce que c'est normal selon vous ?
C'est quelque chose que je ne comprends pas. La loi prévoit déjà l'obligation d'offrir une formation aux gens qui sont au RSA. C'est un revenu de solidarité active. On l'a appelé comme ça précisément parce qu'en contrepartie de l'aide qui était apportée, il fallait qu'une formation soit proposée. La réalité, c'est que l'État n'a pas rempli son obligation de pouvoir présenter des formations aux gens qui sont au RSA. C'est justement ce qu'il faut le rendre obligatoire. On le transforme. Non, mais ce n'est pas ça que veut faire Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, il veut créer un mi-temps à 6 euros de l'heure. C'est un peu ce qui s'est fait en Allemagne avec les euros de job.
Pour ceux qui le peuvent. La flexi-sécurité. Donc, c'est en fait un mi-temps à 6 euros de l'heure. Bon, est-ce que c'est positif ? Moi, je ne le crois pas. Ça part toujours de l'idée qui est une idée très largement répandue chez les néolibéraux qui consiste à dire les gens qui n'ont pas d'activité, c'est parce qu'ils le veulent bien. Alors oui, il y a une partie de gens qui fraudent. C'est assez facile de les détecter. Mais ça n'est évidemment pas le cas de tout le monde. Moi, j'ai une proposition qui est radicalement différente d'ailleurs pour permettre de faire des économies sur le RSA.
C'est de limiter ce RSA pour les étrangers à ceux qui peuvent démontrer qu'ils ont fait 5 ans d'équivalent en plein en France. Car c'est une mesure de solidarité. Ça n'est pas une prestation contributive. C'est encore une fois une aide qui est donnée. Il faut qu'on puisse la limiter, encore une fois, avec des critères très clairs pour les étrangers.
Information ce matin dans Le Parisien. Aujourd'hui en France, Emmanuel Macron veut réduire la fiscalité des couples en concubinage, en leur permettre de faire une déclaration fiscale commune s'ils ne sont pas mariés ou paxés. Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir eu cette idée avant ?
Non, je ne regrette pas. Parce que moi, je rends 150 à 200 euros par ménage et par mois en moyenne aux Français. Donc croyez-moi que dans l'intégralité des mesures que je propose, vont être beaucoup plus intéressantes pour les Français que ces déclarations de fin de campagne qui ont évidemment un parfum électoraliste. Emmanuel Macron ne sait plus où taper pour essayer de trouver des gens qui apprécieraient sa politique.
parce que je crois que des dizaines de millions de Français ont constaté qu'à la fin de 5 ans, la France va beaucoup plus mal qu'au début de son mandat, que ce soit en matière de sécurité, en matière de justice, en matière d'immigration, en matière de fiscalité et tout le reste. Il a été très injuste d'ailleurs dans les mesures fiscales qu'il a mises en œuvre tout au long de son quinquennat. Il a clairement avantagé les gens qui n'avaient pas besoin d'être avantagés parce qu'ils étaient très aisés. Et il a clairement désavantagé les personnes qui étaient modestes.
Mais il n'a pas redonné du pouvoir d'achat aux Français ?
Non.
Enfin, si, aux plus riches.
Oui, non, non, c'est pas vrai. Moi, j'ai regardé de très près les analyses. En réalité, les biais qu'ils prennent sont des biais qui sont faussés. Vous voyez, par exemple, ils prennent le cas d'un célibataire pour la taxe d'habitation. Il est sûr que pour un célibataire, c'est deux fois plus que pour un couple. Et ce ne sont que des choses comme ça. On est dans la manœuvre permanente, dans la communication permanente. La réalité, c'est que le ressenti des Français correspond à la réalité. Ils ont perdu du pouvoir d'achat. Et il faut agir de manière urgente dans ce domaine.
Marine Le Pen, vous avez changé de pied sur la retraite. Votre slogan jusqu'il y a encore quelques mois, c'était « La retraite à 60 ans », comme Jean-Luc Mélenchon, par exemple. Aujourd'hui, vous dites que la retraite, c'est d'abord 40 annuités de cotisation. Donc, clairement, vous dites aux Français « La retraite, ce ne sera pas à 60 ans ».
Non, non, pas du tout. Je dis aux Français que quand vous êtes entré avant 20 ans dans le régime, vous partirez à la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Laissez-moi terminer, c'est un peu compliqué. Enfin, ce n'est pas compliqué, d'ailleurs. Ce sera progressif jusqu'à 42 annuités et 62 ans maximum. Alors, moi, j'aimerais bien savoir en revanche...
Ça concerne combien de personnes, ça ? Pardon ? Ça concerne combien de personnes qui entrent sur le marché du travail avant 20 ans ?
Mais il y en a plein, figurez-vous. Il y en a plein et il y en aura encore plus, grâce à moi, parce que comme je vais développer l'apprentissage, comme je vais développer l'alternance, en payant, en donnant un surcroît, si vous voulez, de rémunération aux alternants et aux apprentis, il y aura plus de jeunes qui rentreront dans ces filières professionnelles. Et moi, j'aimerais bien que vous posiez une question au candidat qui propose la retraite à 64 ou à 65 ans. Combien d'annuités ? Parce que dans le système français, je suis désolé, ce n'est pas uniquement un âge. C'est un âge avec un nombre d'annuités.
Donc, je voudrais maintenant que Valérie Pécresse, qu'Éric Zemmour et qu'Emmanuel Macron nous disent combien d'annuités dans leur système. Parce que la cohérence voudrait que ce soit 44 ou 45 annuités. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Eh bien, ça veut dire qu'en réalité, personne n'aura plus de retraite à taux plein et que l'ensemble des gens prendront leur retraite avec une décote. Ça fera baisser l'intégralité des pensions en moyenne de 10%. Mais ça, on ne le dit jamais aux Français. A priori, c'est 42 annuités dans leur programme.
Ils n'ont pas parlé de changer le nombre d'années de cotisation.
Ce n'est pas possible. Obligatoirement, il y aura un changement d'année de cotisation. C'est obligatoire. C'est la cohérence du système qui le veut.
Je deviens à la question initiale, Marine Le Pen. Sachant qu'on arrive sur le marché du travail aujourd'hui, un peu plus tard qu'avant, par exemple, que par rapport aux années 70, si on prend un rapport du Conseil économique, social et environnemental, lui qui dit qu'on entre sur le marché du travail avec un emploi stable vers 26-27 ans. Finalement, avec vos 40 annuités, on arrive au-delà des 65 ans proposés par Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse.
Mais de toute façon, eux aussi. Pardon, excusez-moi. Mais avec les gens qui rentrent tard sur le marché, on est dans le système actuel. Donc pour eux, pour les gens qui rentrent à 26 ans sur le marché du travail, eh bien ça ne change rien par rapport à aujourd'hui. Mais il n'en demeure pas moins que plus vous rentrez tôt sur le marché du travail, plus vous sortez tôt à la retraite. Et pourquoi j'ai fait ça ? Parce que c'est une mesure de justice sociale. Parce que plus on rentre tôt en réalité, plus on a un travail qui est dur, qui est physique.
Mais donc vous dites qu'il ne vaut mieux pas faire d'études. Vous ne voulez pas que les Français fassent d'études finalement ? Ils préfèrent qu'ils arrivent tôt sur le marché du travail.
Mais ils font des études s'ils le souhaitent, évidemment. Mais en l'occurrence, je pense qu'il y a beaucoup de jeunes qui aujourd'hui font des études parce qu'ils n'ont pas de débouché avant sur le marché du travail. Je veux que chacun ait le choix. Et je suis désolé de vous dire que moi je considère que les filières professionnelles doivent être revalorisées, y compris psychologiquement. Parce que sur des tas de plateaux, on considère que les filières professionnelles, tout ça, c'est fait pour les gens qui ne sont pas susceptibles de faire des études. Emmanuel Macron parle de filières d'excellence. Vous avez tort.
Parce qu'en Allemagne, par exemple, il y a des filières professionnelles dans lesquelles il y a des diplômes qui sont donnés. Et les gens arrivent à avoir de très belles situations avec des très bons salaires. Et je pense qu'il faut vraiment arrêter cette forme de mépris social à l'écart des filières professionnelles.
Marine Le Pen, comme il l'a déjà fait devant le Parlement européen, le Bundestag, ou encore le Congrès américain, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien va s'exprimer en vision conférence devant l'Assemblée nationale après-demain. Est-ce que vous y serez ?
Non, je ne serai pas présente. J'ai des obligations prises depuis bien longtemps.
Ce n'est pas important d'afficher sa solidarité avec le président ukrainien ?
Non, j'ai affiché ma solidarité avec le peuple ukrainien, d'abord, à plusieurs reprises, y compris avec les réfugiés dont j'ai dit qu'il fallait les accueillir dans de bonnes conditions. Quel regard vous portez sur le président Zelensky ? Nous avons même un certain nombre de nos maires qui ont ouvert des places d'accueil pour les réfugiés ukrainiens. Louis Aliot est allé en bus chercher des réfugiés ukrainiens à la frontière polonaise notamment. Donc il n'y a aucune difficulté là-dessus. Il n'y a qu'un malheur.
C'est qu'en réalité, comme on a fait n'importe quoi en matière de droit d'asile depuis des années, et bien les gens qui fuient la guerre et dont on pourrait considérer qu'on pourrait en accueillir plus, et bien on ne peut pas en accueillir plus parce que l'intégralité de nos structures d'accueil sont totalement saturées par des gens qui bien souvent ne remplissent pas les conditions pour obtenir l'asile.
Marine Le Pen, je vous posais la question. Quel regard vous portez sur Volodymyr Zelensky ? Il est souvent présenté comme un héros.
Écoutez, moi, il est le président de l'Ukraine. Il défend les intérêts de l'Ukraine. Il le fait avec beaucoup d'énergie. Et il fait preuve de patriotisme. Bon, qu'est-ce que je peux avoir à dire sur ça ? Moi, je suis quelqu'un qui défend la souveraineté nationale, que j'ai toujours dit d'ailleurs quand je défends la souveraineté...
Mais est-ce qu'il y a d'admiration pour vous, chez Volodymyr Zelensky ?
Non, je n'ai pas d'admiration particulière pour M. Zelensky. Je crois juste qu'il se comporte comme un chef d'État. Voilà, actuellement, il se comporte comme un chef d'État. Et ça ne devrait pas susciter l'admiration. Ça devrait être, entre guillemets, normal. C'est parce que nos propres dirigeants ne se comportent pas toujours comme des chefs d'État qu'on trouve que c'est merveilleux quand les autres le font.
Joe Biden, lui, le président américain, parle aujourd'hui de Vladimir Poutine comme d'un criminel de guerre. Est-ce que vous reprenez ce terme ?
Non, je ne reprends pas ce terme pour une raison simple. C'est que le président de la République est en train de négocier la paix et que, comme il l'a dit lui-même, d'ailleurs, on ne négocie pas la paix en insultant une des deux parties. Donc je pense que certains se font plaisir en ce moment, en multipliant les propos les plus injurieux, les plus agressifs. Mais ça, ça fait durer la guerre. Et moi, je ne veux pas que la guerre dure. Pour les Ukrainiens, pour les civils ukrainiens, je ne souhaite pas que la guerre dure. Donc je pense qu'il faut donner toutes les chances à ceux qui sont actuellement en train de négocier une sortie de guerre, de réussir cette mission.
Ça n'est pas avec des propos comme ça qu'on les y aide.
Marine Le Pen, on revient à la présidentielle en France dans quelques instants, si vous le voulez bien, juste après un coup d'œil sur le fil info. 9h moins 10, Solène Cresson.
90 000 cas de Covid chaque jour. En moyenne, hausse des cas sur une semaine de 36% et hausse des hospitalisations. Sur France Info, l'épidémiologiste Anne-Claude Crémieux appelle à porter le masque, surtout pour les plus fragiles, et à être à jour dans sa vaccination. Ils demandent, eux aussi, des aides du gouvernement. Des taxis lancent une opération escargot à Besançon ou manifestent à Marseille face à la hausse des prix des carburants. Le mouvement national des routiers est levé après une enveloppe de 400 millions d'euros débloquée par le gouvernement. Mais dans les Hauts-de-France ou dans la Manche, certains organisent des blocages.
A Kiev, le bilan s'alourdit au moins 8 morts après une frappe sur un centre commercial. Une fuite d'ammoniaque dans une usine du nord de l'Ukraine qui fabrique des engrais oblige les habitants à s'abriter. Marseille, deuxième de Ligue 1 de football après sa victoire 2-1 face à Nice. Hier soir au Vélodrome, Nice et 4e, Rennes. Troisième, le Paris Saint-Germain reste leader malgré sa lourde défaite 3-0 à Monaco. France Info
Le 8.30 France Info Saliabrakia, Laurence Enéchal Toujours avec Marine Le Pen, la candidate aérienne à la présidentielle. Dans toutes les intentions de vote depuis plusieurs semaines maintenant, vous êtes donné au second tour face à Emmanuel Macron et en même temps, 8 Français sur 10 disent ne pas vouloir revoir ce duel de 2017. Est-ce que vous craignez une abstention record ?
Je crains une abstention parce que beaucoup de Français sont dégoûtés en réalité par la politique et par ceux qui nous gouvernent, parce qu'on leur a fait beaucoup de promesses, elles n'ont jamais été tenues, parce qu'ils ont voté à droite, puis ils ont voté à gauche et puis en fait ils se sont rendus compte que c'était exactement la même politique qui était menée. Donc c'est contre cette forme de dégoût que je veux lutter.
C'est cette affiche aussi à Macron-Le Pen qui ne donne pas envie de voter pour 8 Français sur 10.
Non, je ne crois pas du tout à ça. La preuve c'est que si les gens ne voulaient pas Emmanuel Macron ou Marine Le Pen au second tour, ils ne voteraient pas pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Et donc Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne seraient pas au second tour. Ils n'ont pas encore voté. Je crois qu'il faut arrêter de faire dire aux gens des choses qu'ils ne pensent pas. En revanche, ce qui est sûr, c'est qu'il y a une petite musique aujourd'hui qui vient dire qu'il y a une fatalité, de toute façon Emmanuel Macron compte tenu des éléments internationaux sera réélu, etc. Et ça c'est faux.
Vous dites même qu'il se sert de la guerre pour faire peur aux Français.
Il instrumentalise pour vous le confit ? Ça me paraît clair. Enfin je veux dire, il a été pris les doigts dans le pot de confiture dans lequel il dit à la presse française « c'est une catastrophe, je suis extrêmement pessimiste » et il dit à la presse en Vaux-Saxon. Non, ça c'est pas vrai. Si, si, c'est vrai.
La suite de sa déclaration, c'est qu'il en fait, il disait « je suis très optimiste, mais je suis d'une nature réaliste » et donc effectivement la situation est inquiétante.
De l'autre côté il est pessimiste et de l'autre côté il est... Bon, moi je dis aux Français, si le peuple vote, le peuple gagne. C'est aussi simple que cela. Et il ne faut pas se désintéresser de la politique parce que la politique c'est tout le temps, tous les jours, partout. Je veux dire, votre santé c'est la politique. Le nombre de places de crèche c'est la politique. Le pouvoir d'achat c'est la politique. Le prix du litre de carburant c'est la politique. L'immigration c'est la politique. L'insécurité si vous faites voler votre voiture, c'est la politique. Tout est politique. Donc si vous ne votez pas pour défendre vos intérêts, eh bien vos intérêts ne seront pas défendus.
C'est ça le fondement même de la démocratie.
Hier Jean-Luc Mélenchon, lui, il a fait une démonstration de force en plan Paris, des dizaines de milliers de Français réunis pour son meeting. Vous vous inquiétez de sa progression dans les sondages, de sa dynamique ?
Il pourrait vous piquer votre place au second tour ? Je ne sais pas. Tant que l'élection n'a pas eu lieu, toutes les hypothèses sont possibles. Mais si c'est le cas, alors j'en appelle aux électeurs qui sont attachés à la France. Parce que Jean-Luc Mélenchon, je vous rappelle, c'est le soutien quand même à des théories racialistes, des théories, des groupements islamistes. C'est vraiment une politique de déconstruction de notre pays. Donc tous ceux qui sont des patriotes doivent regarder cette situation et voter en conscience, du coup, au second tour, pour permettre à une candidate nationale de pouvoir être présente.
Parmi les propositions faites par Jean-Luc Mélenchon, hier il a demandé le leader insoumis une amnistie générale pour toutes les personnes qui ont été condamnées pendant le mouvement des Gilets jaunes, et également des réparations pour les personnes qui ont été blessées dans ce qu'il a appelé les violences policières, Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous voulez vous aussi...
Pardon, mais les réparations à des gens qui ont été blessés, je suppose que tout ça est déjà pris en charge par un système de protection sociale auquel je réitère d'ailleurs... Pour vous, il n'y a pas de sujet là-dessus. ...auquel je réitère mon soutien. Pour le reste, il y a un certain nombre de personnes pendant les événements des Gilets jaunes qui sont des militants d'extrême-gauche qui sont allés là-bas pour casser de la police, pour détruire des biens publics. Ces gens-là, qu'ils aient été condamnés, je suis désolé de vous dire, je trouve ça normal.
Donc il y a un moment donné où il faut faire preuve de fermeté aussi à l'égard de ces groupements d'extrême-gauche, qui sont d'ailleurs ceux, bien souvent, qui attaquent les meetings de leurs adversaires, qui commettent des agressions à l'égard de militants qui ne pensent pas comme eux. Ces groupuscules d'extrême-gauche... Et d'extrême-droite. Non, je suis désolé de vous dire, enfin pardon, moi je ne suis pas d'extrême-droite, je m'en moque, mais j'ai rarement vu un meeting de Jean-Luc Mélenchon attaqué par des gens d'extrême-droite. En revanche, j'ai vu des dizaines de meetings, des bus attaqués par des militants d'extrême-gauche.
Donc il faut maintenant arrêter ça, il faut dissoudre ces groupuscules qui sont presque des milices. Ça fait des années que je le réclame, et ça fait des années que, en réalité, le gouvernement semble faire preuve d'une complaisance totale à leur égard.
Vous disiez à l'instant, je ne suis pas d'extrême-droite, il y a ceux qui trouvent que vous, vous êtes banalisés, il y en a d'autres qui pensent que non, vous n'avez pas changé. C'est le cas de Christophe Castaner, le patron des députés En Marche, qui était sur ce plateau hier. Ils disent, ce n'est pas parce qu'Éric Zemmour se prend pour le maréchal Pétain que cela fait de Marine Le Pen le général de Gaulle. Elle est un ennemi de la République, je n'en démords pas.
D'accord, mais il annonce ça, les vieux socialistes, ça. Les vieux socialistes préhistoriques qui n'ont que ça à la bouche parce que, depuis 30 ans, ils sont incapables de justifier leur position que par des anathèmes. Mais qui le justifie, cela ? Qui nous donne des arguments ? En quoi, dans mon projet, y a-t-il une mesure qui est contraire à nos valeurs républicaines, à nos valeurs constitutionnelles ? Qui s'en justifie ? Mais il serait bien incapable de le faire. Donc, il ne profère que des injures. Ça prouve d'ailleurs, mais ce n'est pas étonnant de sa part, le très petit niveau de cette argumentation. Est-ce que Marine Le Pen, vous dites merci à Éric Zemmour
d'apparaître plus radical,
plus brutal que vous pour pouvoir vous recentrer ? Mais non, ça... Non, parce qu'il y a une partie des propositions d'Éric Zemmour qui, en réalité, recaricaturent des idées qui sont des idées absolument utiles à la France. Donc non, je ne m'en réjouis pas particulièrement.
Vous dites même qu'il y a des nazis qui étaient chez vous et qui sont partis chez Éric Zemmour ?
Non, je dis que je connais un certain nombre de personnes qu'il aurait dû écarter de son mouvement. D'ailleurs, il en a écarté un certain nombre. Vous voyez comme quoi... Mais c'est peut-être péché de jeunesse, en quelque sorte, en politique.
Une dernière question, Marine Le Pen. C'est une information qui a été publiée dans le journal Libération et que l'on peut confirmer grâce à votre déclaration d'intérêt et de patrimoine. Vous percevez toujours votre salaire de 5 000 euros net mensuel affilié à votre poste de président du parti, du Rassemblement National. Pourquoi ? Alors que vous l'avez quitté ?
Je pense que j'apporte à mon mouvement politique quand même une visibilité, une plus-value et comme cette situation... Et Jordan Bardella, lui, il est bénévole. Oui, mais on en est là, quoi. C'est important parce que votre parti est endetté à 20 millions. Non, non, mais écoutez, pardon. Qu'est-ce que c'est justifié de percevoir toujours qu'on s'allait à la commune ? Je pense que vous coûtez plus cher à votre chaîne que moi à mon propre mouvement. Est-ce que vous apportez plus à votre chaîne que moi à mon mouvement ? Je ne dirais pas non. Je ne dirais pas non. Mais au moins autant, dirons-nous. Voilà. Vous voyez, donc, tout ça, en réalité, sont des faux procès.
Ce qui est important, c'est de parler du fond de cette campagne présidentielle, des éléments qui sont dans les différents projets des candidats parce que ce que je viens de dire aux Français est fondamental. Ce n'est pas les 5 prochaines années qui vont se décider le 10 et le 24 avril. Ce sont les 50 prochaines années. Donc, il ne faut pas se tromper de bulletin.
Marine Le Pen, merci beaucoup, candidatérenne à la présidentielle. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisez la bataille. Le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Marine Le Pen