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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 21 mars 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Benoît Hamon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui disparaît aujourd'hui ? La gauche, le PS ?

  • 1:14OuverteÉludée

    Qu'est-ce que vous dites à ces électeurs aujourd'hui ? Qu'ils sont perdus ?

  • 1:17RelanceÉludée

    Qu'effectivement, ils ont raison d'être perdus ?

  • 1:21RelanceÉludée

    Que le quinquennat n'a servi à rien ?

  • 1:23RelanceÉludée

    Qu'on fera mieux la prochaine fois ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Où vont aller les électeurs de gauche ? Ils se reconnaissent encore dans cette catégorie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Contestablement, ça ne va pas, ça ne va pas puisqu'on ne franchit même pas le cap du premier tour dans deux des trois partielles dont on parle pour ce week-end. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « On a une vraie difficulté aujourd'hui et qui est forcément liée au bilan de notre action, à l'inventaire que font nos électeurs de ce que nous avons fait depuis quatre ans. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « On a perdu à peu près plus de la moitié en pourcentage, en nombre de voix, on a perdu des milliers et des milliers de voix. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « La loi travail est, pour moi, exemplaire de cela. On concède, en tout cas, on accepte l'idée qu'il faille maintenant faire des sacrifices quand on travaille pour que ceux qui n'en ont pas trouvent du boulot. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « Ce que l'on entend tous les jours, tous les jours, c'est pourquoi faites-vous cela ? J'ai même entendu, moi, sur mon territoire, pourquoi voulez-vous devenir la droite ? »
  • 3:12PrésentateurFait
    « Expression de Manuel Valls lors d'une réunion publique. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Le mot irréconciliable a été prononcé par Manuel Valls. Et je pense que c'est une vraie faute politique. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « La conquête du pouvoir par la gauche, elle passe par son rassemblement. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « j'ai écouté ce matin France Inter, mais à ce que, s'il y avait demain un gouvernement d'Union Nationale, on puisse imaginer gouverner avec un Juppé, un Le Maire, etc. »
  • 5:12Invité politiquePromesse
    « Ne pas organiser les primaires, c'est faire courir le risque que la gauche ne soit pas au second tour des élections présidentielles. »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « nous avons besoin d'un vrai débat démocratique à gauche. Nous avons été précurseurs sur ce moment démocratique qui était la primaire. »
  • 5:53Invité politiquePromesse
    « Ne pas les organiser, c'est faire courir le risque que nous ayons Marine Le Pen face au candidat qui sera choisi par les Républicains. »
  • 6:53Invité politiqueFait
    « Il a lui-même fixé des critères, notamment l'inversion de la courbe du chômage. »

Temps de parole

  • Benoît Hamon72 %
  • Présentateur25 %
  • ?3 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Benoît Hamon, il y a eu 18 législatives partielles depuis 2012 et les socialistes en ont perdu 16, dont les trois dernières, hier, dans le Nord, l'Aisne et dans votre département des Yvelines. Qu'est-ce qui disparaît aujourd'hui ? La gauche, le PS ?

0:15
Benoît Hamon

Contestablement, ça ne va pas, ça ne va pas puisqu'on ne franchit même pas le cap du premier tour dans deux des trois partielles dont on parle pour ce week-end. Fort heureusement, dans les Yvelines, nous étions au second tour, mais dans la circonscription de Versailles qui n'a jamais été traditionnellement très à gauche, Votre candidat a fait un peu plus de 30% ? Oui, voilà, je veux saluer Tristan Jacques qui a fait une belle campagne malgré tout. Cela étant dit, on a une vraie difficulté aujourd'hui et qui est forcément liée au bilan de notre action, à l'inventaire que font nos électeurs de ce que nous avons fait depuis quatre ans, qui nous amène à ne même plus être au second tour.

Ce qui m'a beaucoup frappé, c'est le résultat dans des circonscriptions dans lesquelles on a perdu à peu près plus de la moitié en pourcentage, en nombre de voix, on a perdu des milliers et des milliers de voix. C'était le cas dans le Nord et en Picardie. On est vraiment dans une situation où, aujourd'hui, c'est comme si on avait un petit peu disparu des radars. Et qu'aujourd'hui, l'essentiel de la confrontation démocratique se passait entre la droite et l'extrême droite. C'est extrêmement préoccupant.

1:14
Présentateur

Qu'est-ce que vous dites à ces électeurs aujourd'hui ? Qu'ils sont perdus ? Qu'effectivement, ils ont raison d'être perdus ? Que le quinquennat n'a servi à rien ? Qu'on fera mieux la prochaine fois ?

1:24
Benoît Hamon

Je pense que c'est ni en une phrase, ni en deux phrases, comme ça, spontanément, je vous donnerai qu'on réglera la question. Ce qui me frappe le plus, aujourd'hui, c'est que la gauche, quand elle parle, aujourd'hui, souvent, en tout cas, celle qui gouverne, semble avoir renoncé à l'idée que demain peut être meilleur qu'aujourd'hui. Il n'y a plus beaucoup d'espoir, d'espérance dans le discours de la gauche. Il n'y a même plus beaucoup de discours sur le progrès. Je pense qu'on en parlera tout à l'heure. La loi travail est, pour moi, exemplaire de cela.

On concède, en tout cas, on accepte l'idée qu'il faille maintenant faire des sacrifices quand on travaille pour que ceux qui n'en ont pas trouvent du boulot. Et au bout du compte, à la fin, on aura plus de précaires. On n'est même pas sûr qu'il y aura moins de chômeurs. Mais donc, il y a aujourd'hui cette absence d'espoir et d'espérance. Plus le fait qu'aujourd'hui, nous faisons une politique qui n'est pas celle pour laquelle nous avons été élus. Et si je devais dire les choses simplement, ce que l'on entend tous les jours, tous les jours, c'est pourquoi faites-vous cela ? J'ai même entendu, moi, sur mon territoire, pourquoi voulez-vous devenir la droite ?

Ce qui est comme assez frappant comme phrase. Mais c'est aussi simple que cela. Nous n'avons pas été élus pour cela et nous faisons autre chose. Donc, assez naturellement, celles et ceux qui ont voté pour nous, pour que nous mettions en place une politique où il y ait plus de coopération, plus de solidarité, où vraiment on s'attache à lutter contre les inégalités, cela nous quitte et il nous quitte, pour certains, légitimement.

2:49
Présentateur

Alors, qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Où vont aller les électeurs de gauche ? Ils se reconnaissent encore dans cette catégorie ? On est à un an et un an seulement d'échéances électorales très importantes, Benoît Hamon.

3:03
Benoît Hamon

Alors, d'abord, moi, je ne crois pas, ou je ne veux pas croire, à cette affirmation selon laquelle il y aurait deux gauches irréconciliables.

3:12
Présentateur

Expression de Manuel Valls lors d'une réunion publique.

3:15
Benoît Hamon

Oui, mais on peut lui trouver des frères jumeaux du côté de la gauche de la gauche qui prétendent qu'en gros, la gauche du gouvernement est toujours condamnée à trahir et qu'en gros, il y aurait ceux qui vont trahir et ceux qui sont irresponsables des deux côtés de la gauche. Mais le mot irréconciliable a été prononcé par Manuel Valls. Et je pense que c'est une vraie faute politique. Parce que si l'on considère que ces deux gauches sont irréconciliables, ça veut dire que la conquête du pouvoir par la gauche est désormais impossible. La conquête du pouvoir par la gauche, elle passe par son rassemblement.

Et ça veut donc dire, si ces deux gauches sont irréconciliables, que la fraction de la gauche que représenterait le Premier ministre, pour rester au pouvoir ou conquérir le pouvoir un jour, ne se reposerait pas sa stratégie sur le rassemblement de la gauche, mais sur une recomposition du paysage politique qu'il inviterait par exemple, j'ai écouté ce matin France Inter, mais à ce que, s'il y avait demain un gouvernement d'Union Nationale, on puisse imaginer gouverner avec un Juppé, un Le Maire, etc.

Je pense que c'est une faute politique, parce qu'effectivement, nous allons là nourrir à la fois ce qu'est la désespérance d'une grande partie de nos électeurs à l'égard du débat politique, mais surtout, je ne crois pas dans l'idée selon laquelle, aujourd'hui, le principal clivage dans la vie politique française serait entre ce bloc central et un bloc réactionnaire qui irait de l'extrême droite, à la gauche de la gauche, aux syndicats, etc.

4:33
Présentateur

Alors, votre solution face à cet impasse politique, pour vous, ce sont les primaires. Qu'est-ce qui se passe avec les primaires ? Je veux me battre pour les primaires, a dit, il y a quelques jours, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS. Il est sincère, le PS, qui doit discuter des modalités, enfin, qui doit discuter de l'approbation ou pas de ses primaires début avril, lors d'un conseil national. Est-ce qu'il joue un jeu de poker menteur, ou est-ce qu'il y a vraiment une volonté d'aller vers ses primaires ?

5:04
Benoît Hamon

Moi, mon problème, ce n'est pas de savoir s'il est sincère ou pas. Ne pas organiser les primaires, c'est faire courir le risque que la gauche ne soit pas au second tour des élections présidentielles. Dans toutes les configurations, avec François Hollande candidat ou pas, dans tous les cas, si on veut rassembler la gauche et être au second tour, il faut des primaires. Les primaires, elles ont ceci de précieux, qu'elles portent l'engagement de chaque candidat de soutenir celui qui sera le vainqueur.

Et c'est donc le seul moyen d'avoir un rassemblement de la gauche, outre le fait que nous avons besoin, ça me semble assez évident vu les résultats des élections régionales, les résultats des élections municipales, les résultats des élections législatives partielles, nous avons besoin d'un vrai débat démocratique à gauche. Nous avons été précurseurs sur ce moment démocratique qui était la primaire. La droite nous copie aujourd'hui. Nous voyons aujourd'hui que nous avons besoin de débattre. Elles sont indispensables. Ne pas les organiser, c'est faire courir le risque que nous ayons Marine Le Pen face au candidat qui sera choisi par les Républicains.

Moi, je vois beaucoup de gens qui se posent des questions sur mais c'est compliqué d'organiser les primaires. Moi, je pense que c'est surtout extrêmement dangereux de ne pas les faire.

6:08
Présentateur

Il y a maintenant des dates. Dépôt des candidatures le 1er novembre, vote les 4 et 11 décembre prochain. Vous n'avez pas répondu à l'appel de Jean-Christophe Cambadélis pour que chacun, chaque dirigeant socialiste clarifie sa position à l'égard d'une éventuelle candidature de François Hollande. Vous êtes pour ou contre, Benoît Hamon ?

6:24
Benoît Hamon

Moi, je souhaite qu'il soit candidat aux primaires. Je souhaite qu'on puisse, s'il souhaite être candidat aux présidentielles, je souhaite qu'il passe par les primaires. Et j'espère qu'on aura, à ce moment-là, le débat qui me semble aujourd'hui indispensable pour savoir quel type de gauche nous voulons voir gouverner ce pays qui, à mon avis, doit être bien différente de celle qui dirige le pays aujourd'hui. Deux phrases successives ne veulent pas dire tout à fait la même chose. Vous souhaitez qu'il soit candidat ? S'il est candidat, c'est pas moi, moi. Il décidera, il a lui-même fixé des critères, notamment l'inversion de la courbe du chômage.

S'il est candidat, je souhaite qu'il passe par les primaires.

6:56
Présentateur

Et s'il gagne les primaires ? Eh bien, il sera le candidat de la gauche. Et vous rallierez à lui, évidemment. À ce moment-là, si je suis candidat...

7:04
Benoît Hamon

Oui, mais moi, j'accepte la règle, y compris le fait que, demain, si François Hollande était candidat aux primaires et qu'un autre a gagné, il soutiendrait, évidemment, celui qui aurait gagné les primaires.

7:11
Présentateur

Jeudi dernier, alors, des obsèques de Claude Estier, c'est Lionel Jospin qui a prononcé l'horizon funèbre devant Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis. Il a cité une maxime de Claude Estier, qui est un compagnon de François Mitterrand, qui disait qu'il fallait quatre conditions pour arriver au pouvoir. Une organisation en ordre de marche, un projet clair, une stratégie nette et un leadership incontesté. C'est un bon axiome ? Excellent, un bon axiome.

7:34
Benoît Hamon

Et alors, aujourd'hui, les quatre conditions ? Je ne sais pas s'il nous en manque trois, ou s'il en manque quatre, ou s'il en manque deux, mais en tout cas, je pense que, pour que l'on a complété totalement, il y a déjà besoin des primaires.

7:44
Présentateur

Donc, Lionel Jospin n'a pas, sans doute, fait cette citation de façon tout à fait innocente ?

7:50
Benoît Hamon

Non, mais il a un devoir de réserve lié à sa fonction aujourd'hui au Conseil constitutionnel, et puis il a toujours voulu rester, je crois, extrêmement, comment dire, prudent à l'égard de ce qui se passe, mais on peut, en tout cas, à l'occasion de cette phrase-là, entendre des choses qui parlent à n'importe quel militant politique, notamment pour penser l'avenir. S'il y a des primaires, serez-vous candidat ? Probablement, oui. Probablement, oui. Mais je vais vous dire une chose, je pense qu'aujourd'hui, sur ces questions-là, ça ne se résoudra pas par le fait que l'un ou l'une d'entre nous se considère être the right man at the right place, comme on dit, l'homme ou la femme providentielle.

Je pense qu'on a besoin d'horizontalité, de se parler, de coopération, de collectif, et dans ma famille de pensée, en tout cas celle dans laquelle je me reconnais, je trouve des femmes et des hommes qui ne sont pas que membres du Parti Socialiste, qui sont dans le champ de l'écologie politique, qui sont dans le champ, parfois, de la gauche alternative, des militants de l'économie sociale avec lesquels j'ai envie de parler. Et si demain, une figure issue de cette famille était la mieux placée pour incarner la gauche, je me sentirais aussi de la soutenir. Donc je ne me pose pas comme forcément la seule personne en capacité d'incarner cette gauche-là.

8:55
Présentateur

Benoît Hamon, possible candidat aux primaires de la gauche en décembre, et l'invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs de France Inter, et puis d'autres sujets d'actualité pour vous, évidemment, Benoît Hamon. On vous retrouve dans quelques minutes.

9:09
Locuteur

On vous retrouve dans quelques minutes.

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