Bagayoko, Lordon, Besancenot... : Urgence antifasciste
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Nous sommes ici pour analyser un processus de transformation structurelle du pouvoir bourgeois que nous nommons fascisation. Là on sait que ce qui va se passer c'est une question de vie ou de mort. Historiquement, dans notre histoire, dans notre pays, l'antifascisme c'est des mouvements de masse. C'est ça la lutte antifasciste. Et tenir la rue, ça suppose des individus et des organisations.
La séquence de 2027 doit être une opportunité. Il faut la présenter comme ça pour que nous puissions tout de suite nous hisser à la hauteur de l'enjeu.
Quand des militantes et militants antifascistes, écologistes, antiracistes ou solidaires sont poursuivis, surveillés, intimidés, une question se pose. Que cherche-t-on vraiment à faire taire ? C'est autour de cette question qu'une conférence publique exceptionnelle s'est tenue à la bourse du travail de Saint-Denis contre la criminalisation de l'antifascisme. Le Berge, bureau européen de résistance judiciaire, a proposé aux médias d'être partenaire de cet événement.
Nous avons répondu présent parce que face aux attaques contre les libertés publiques, face à la répression des mouvements sociaux, face aux tentatives de disqualifier celles et ceux qui résistent, il est essentiel que ces paroles puissent circuler. Frédéric Lordon, Léana Lestra, Robert Guédigian, Annoa Pascual, Yuli Yamamoto, Simo Assoun, Salah Amouri, les soulèvements de la terre, Olivier Besancenot, Bali Bagayoko, Daniel Obono et beaucoup d'autres se sont succédés à la tribune.
Dans cette vidéo, le média vous propose un best-of de cette conférence, des prises de parole fortes, des témoignages, des analyses et des appels à la résistance démocratique face à la criminalisation de l'antifascisme. Et pour voir l'intégralité de la conférence, plus de 3h30 d'échange, rendez-vous sur notre antenne télé, le média 20k7, accessible sur notre site Orange, Free et Molotov. Ce type de retransmission, vous ne le verrez pas partout. C'est aussi pour cela que le média existe, pour montrer ce que les grandes chaînes ignorent, minimisent ou caricaturent. Pour donner de l'espace aux luttes, aux voix dissidentes, aux alertes venues du terrain.
Mais pour continuer, nous avons besoin de vous. Le média mène actuellement sa campagne de survie, cap sur 10k. L'objectif est clair, atteindre 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour garantir notre survie, sauver notre coopérative et continuer notre travail de terrain en faisant vivre une télévision libre, indépendante, populaire et engagée. A partir de quelques euros par mois, sauver le média. Pour démarrer cet échange, le monde intellectuel s'alarme. Quel risque fasciste pour 2027 avec Frédéric Lordon et Léane Alestra ?
Je vais tâcher également d'être aussi bref que possible parce qu'il y a un abondant et beau programme et surtout parce qu'il y a des gens qui ont bien plus titre que moi à prendre la parole sur le sujet qui nous réunit ce soir. Comme vous le savez probablement toutes et tous, le 9 mai dernier, la justice, à la requête de la préfecture, a annulé, en les renvoyant dos à dos comme deux équivalents, la manif fasciste et la manif antifasciste.
Dans un genre un peu différent, quoique très proche, le président du comité Trump France, un certain Philippe Carsanti, a déclaré il y a à peine quelques jours sur BFM sans un battement de cils, je cite, « Actuellement, les manifestants du Troisième Reich sont ceux qui crient Free Palestine parce que Free Palestine, c'est highly clear ». Voilà où nous en sommes. On connaît la thèse des extrêmes qui se touchent, on connaît aussi la thèse complémentaire des fils qui se touchent. Thèse complémentaire, parce qu'il n'y a des extrêmes qui se touchent que dans les têtes où il y a des fils qui se touchent.
Le problème étant que dans les médias, en ce moment, ça se touche beaucoup, et dans tous les sens. Nous vivons donc des temps étranges où la logique n'est plus tout à fait ce qu'elle était. Je ne m'apprête pas ici à reparcourir des lieux orwelliens désormais bien connus, la paix, c'est la guerre, la liberté, la servitude, etc. Non, je parle bien ici de logique, et même de logique élémentaire, celle qui veut que A ne soit pas non A, et que le conséquent ne vienne pas avant l'antécédent.
C'est pourtant bien dans cette logique renversée que nous fait basculer l'époque, qui tient que antifascisme égale fascisme, et même que l'antifascisme, quoique anti, ait précédé le fascisme, c'est-à-dire que la réaction soit venue avant l'action. Ici, sans doute, des mathématiciens ou des physiciens trouveront à méditer, les uns sur l'identité des contraires, les autres sur les rebroussements de la flèche du temps. Nous aussi, nous avons à méditer, mais dans un genre un peu différent. Nous avons à méditer ce qui se passe, ce qui nous arrive, et ce que nous pouvons y faire.
Quand elles ne sont pas engendrées de l'univers des mathématiques lui-même, les logiques étranges qui tiennent les contraires pour des égaux sont des recouvrements manifestes. Nous savons de quoi. Le recours aux solutions violentes, sous toute leur déclinaison, antisémite jadis, islamophobe et raciste aujourd'hui, sont les procédés en voie de devenir classique, par lesquels le capitalisme se sort de ces impasses autrement insolubles. Ce sont les derniers recours que la bourgeoisie s'autorise avec les plus grandes largesses pour proroger son ordre. Il s'en suit une nouvelle définition de la violence.
Violence, deux points, toute action, quelle qu'elle soit, qui a pour intention ou pour propriété de menacer l'ordre bourgeois. Non-violence, toute action qui contribue à son maintien. Exemple, casse-rollade pendant le mouvement des retraites, violence. Exhibition d'un drapeau palestinien à l'Assemblée nationale, violence. Guetta-Pandemésis à Lyon, non-violence. Descente de néo-nazis sur une projection du film Z de Costa-Gavras, non-violence. La librairie féministe et queer Violette & Co attaquée, non-violence, etc., etc. Évidemment, sans jamais aucune poursuite. La bourgeoisie est prête à tout et elle est prête à laisser faire tout.
Nous n'en sommes pas surpris car nous savons depuis un moment qu'on passe du macronisme au fascisme sans solution de continuité. Le processus est à l'œuvre depuis dix ans. Tout a été installé. Le RN n'aura qu'à pousser les curseurs au taquet. À moins que, d'un côté, des échéances électorales s'annoncent. Quoi qu'on en pense, on n'aurait intérêt à ne pas les négliger. De l'autre, le corps social a sa vie propre. Notamment, ces fractions les plus conscientes ou les moins corrompues, je pense ici aux atermoiements cannois, qui ne sont pas décidés à regarder les choses se faire sans y réagir. C'est ce que manifestent nos présences ici, ce soir.
Enfin, c'est ce qu'elles manifestent assez inégalement. La lutte antifasciste est tout de même très, très secondairement une affaire de discours et de discoureurs. Elle est une affaire de groupes de soutien, d'avocats, de gens qui font des choses. Et elle est surtout une affaire de la rue à tenir. Protéger les lieux, les événements, c'est ça la rue à tenir. C'est ça la lutte antifasciste. Et tenir la rue, ça suppose des individus et des organisations qui s'exposent, qui prennent leurs risques. Je peux vous dire à cet égard que j'ai eu un gros doute en préparant cette intervention, un doute quant à mon utilité.
Si ça n'était pas clair, c'est à moi que je faisais référence en parlant à l'instant des discours et des discoureurs. Je pense qu'en première ligne, dans la rue, ma contribution ne serait pas décisive, si vous voulez. Or, il faut redire que c'est d'abord là que ça se passe. C'est là que ça se passe réactionnellement. Parce que ce sont les fascistes, initialement, qui ont revendiqué la rue pour y faire régner leur terreur. Et qu'il était peu concevable, en effet, de la leur laisser. L'enjeu de la rue, comme l'a montré l'affaire de Lyon, est par excellence le lieu où se fabrique le procès de l'antifascisme. Pour violence, bien sûr.
A l'exact inverse de ce procès, les militants de gauche repérés ou doxés, les racisés qui se font tomber dessus, les queers ou les trans qui se font agresser par les fascistes, ont une compréhension extrêmement précise de cet enjeu. Et savent très exactement qui les protège dans cette affaire. Pas l'État, pas la police, pas la justice. Mais l'ignominie n'est pleinement constituée qu'au moment où, non contente de leur carence manifeste, ces institutions se retournent contre celles et ceux qui font ce qu'elles-mêmes auraient la charge de faire, les poursuivent, les condamnent, le cas échéant les expulse. On fait passer pour le pire les seules forces qui s'opposent à l'advenu du pire.
L'histoire jugera tous ces renversements infâmes. Pour ma part, en tout cas, j'accepterai sans difficulté de m'entendre dire que ma présence ici est purement ornementale. Ça ne sera pas cher payé pour avoir eu l'occasion de dire ma gratitude, notre gratitude en fait, à ceux qui nous protègent, qui nous protègent vraiment, pour leur dire que nous le savons et que nous les en remercions. Et si nous pouvions avoir fait ce soir un petit quelque chose pour contribuer en retour à protéger ceux qui nous protègent, alors nous n'aurions pas complètement perdu notre temps. Merci. Léane Alistra, je vais passer la parole à vous.
Vous êtes journaliste et essayiste et vous vouliez développer un sujet justement en tant que journaliste sur cette criminalisation de l'antifascisme ou plutôt sur le fascisme qui se développe dans le entre guillemets milieu néo-nationalo-féministe. Oui, pour reprendre la première question qui a été posée, moi c'est vrai que c'est somme toute ironique puisque je travaille beaucoup sur les femmes d'extrême droite et notamment j'ai fait un premier mémoire sur le groupe identitaire Nemesis qui sont un peu les championnes de Bolloré pour donner un visage féminin au fascisme et au cours de l'écriture de mon livre, la maison d'édition pour laquelle j'écrivais ce livre a été rachetée par Bolloré.
Donc évidemment, ce qui témoigne de toute l'ironie. Aujourd'hui, je vais vous parler très rapidement puisqu'on a très peu de temps dans quoi Nemesis, mais je prends cet exemple-là mais c'est beaucoup plus large évidemment, mais en quoi Nemesis sert les intérêts du gouvernement actuel pour criminaliser l'antifascisme. Vous en avez peut-être entendu parler notamment autour de l'affaire Quentin Deranck et c'est des choses dont on ne parle pas assez dans les milieux antifascistes même s'il y a quand même un sursaut ces derniers mois et qui sont très importants à comprendre. Donc je vais vous faire une petite démonstration.
Je m'excuse par avant, je vais parler assez vite parce que j'ai beaucoup de choses à dire et on a peu de temps. Donc Nemesis, qui c'est un groupe d'identitaires qui a été créé en 2009, qui est dans la continuité de Belle et Rebelle qui était un mouvement féminin qui a émergé pendant la Manif pour tous. Donc c'est Alice Cordier qui en est la chef. Elle est issue de la bourgeoisie chrétienne bretonne. Elles sont du courant identitaire qui reprend la stratégie médiatique de génération identitaire. Elles ont des incoïtances avec différents groupes de faves groupusculaires et notamment néo-nazis.
Elles se revendiquent féministes qui est assez rare pour des femmes identitaires mais qui est de plus en plus courant. Pourquoi elles se revendiquent féministes ? Pour faire miroir à la féministe MeToo qui commençait à prendre de l'espace médiatique et public. Donc à quoi elles servent et à qui elles servent ? Ce n'est pas du tout un mouvement de masse. Némésis, elles sont 30 sur l'ensemble du territoire. Elles ont un fort lien européen avec d'autres groupuscules. Elles ont monté une antenne en Italie. Mais elles sont avant tout une pièce symbolique. Elles sont un jeton politique qui permet d'incarner un archétype.
L'archétype de la femme française qui serait menacée par les hommes immigrés, noirs et arabes. Donc vraiment cette idée de la femme blanche, innocente, menacée et pourchassée. et ces dernières années, de plus en plus menacée aussi par les antifascistes qui seraient des hommes trop virils, violents, etc. Et donc ça permet de déployer un discours dans lequel l'État devrait renforcer son appareil policier pour les protéger. Donc elles ne sont pas une force sociale. Némésis, elles sont vraiment un cadrage médiatique qui a été beaucoup déployé par Bolloré sur l'ensemble de son groupe et puis petit à petit dans tout l'espace médiatique.
Et aujourd'hui, elles sont en passe de devenir vraiment une figure folclorique qu'on retrouve beaucoup sur le quotidien, par exemple, pour citer un média de masse qui les reprend beaucoup. Donc Némésis, il faut comprendre qu'elles ont été vraiment incubées par l'extrême droite comme une start-up. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais il faut comprendre que derrière, des gens leur ont donné de l'argent, les ont formées pour occuper cette place-là qui a été réfléchie et qui est vraiment un jeton stratégique comme je le disais.
Elle s'appuie vraiment sur l'identité de la femme blanche qu'elles vont investir et qui est vraiment leur porte d'entrée dans cet espace-là, politique et médiatique. Donc la femme blanche menacée, vulnérable, qui serait forcément innocente et incapable de violence dans l'imaginaire à la fois sexiste et raciste. Elle s'oppose à l'étranger prédateur, comme je l'ai dit, qui est présenté comme une menace sexuelle pour le corps de la nation. Et donc, elles sont le corps national à protéger dans tous les sens du terme. Et leur féminité serve de preuve de leur innocence. Féminité blanche, évidemment, puisque les femmes racisées n'ont pas ce même soupçon d'innocence qui pèse sur elles.
C'est même le contraire. Je vais passer un peu tout ça, malheureusement, mais juste pour dire quand même deux mots sur le fait que Némésis n'apparaît pas comme ça du jour au lendemain. Il y a un terrain d'idées racistes au nom du droit des femmes qui est vieux en France, qui du moins a pris un essor très important à partir des années 80 et qui en 2000 est arrivée avec la criminalisation et la stigmatisation des femmes portant le hijab avec une laïcité utilisée pour faire avancer des idées racistes.
Et puis, on a eu un climax de ça avec Marlène Schiappa qui a utilisé la lutte contre le harcèlement en deux rues pour permettre un renforcement des effectifs de police qui ciblaient les quartiers populaires. Et aujourd'hui, vous avez de plus en plus des brigades sûreté et tranquillité de la RATP qui font en fait du contrôle au faciès. Donc ça, c'est vraiment la base du fémonationalisme. Et Alice Cordier, Némésis, tout ça, c'est la pointe la plus avancée de ce qu'on appelle maintenant le fémo-fascisme dans l'idée qu'elles ont un projet en plus autonome et en plus féminin au sein du fascisme. Donc, pourquoi est-ce qu'on en est arrivé avec Némésis qui aujourd'hui a un vrai problème ?
Il faut savoir que depuis plusieurs années, elles essayent de rentrer dans les manifestations féministes du 8 mars et du 22 novembre. Et depuis que Retailleau est arrivé au pouvoir, il leur a donné la bravème des caissons de CRS, plus qu'à 200, 300 CRS autour d'elles pour les forcer la marche, enfin, pardon, pour forcer ces militantes-là à rentrer dans les manifestations féministes contre l'avis des organisations. Et en fait, il faut comprendre derrière ça que c'est un test. ils sont en train de tester ce qui peut être fait en termes de nouveaux dispositifs pour mettre à mal les mouvements sociaux.
Donc aujourd'hui, ils testent sur les féministes, mais il faut bien comprendre que demain, ce sera le 1er mai, que ce sera les mobilisations étudiantes, etc., etc. Du coup, il y a eu plein de stratégies féministes antifascistes qui ont été déployées depuis plusieurs années pour essayer de comprendre comment on fait face à ce dispositif policier. Donc là, vous voyez bien comment Némésis sert la lutte à la fois contre les antifascistes, mais aussi le déploiement policier et l'État policier.
Mais donc bref, on a développé tout un tas de stratégies et ça fait très longtemps qu'on alerte dans les milieux de gauche sur ces tests qui sont en train d'être faits sur les mouvements féministes et que malheureusement, on a très peu d'échos à gauche. Là, ça commence à se réveiller.
Mais en fait, le réveil a été tardif et je déplore qu'il ait fallu qu'un jeune homme meure, qu'il ait fallu que ça touche à des antifascistes hommes blancs pour qu'on commence à réaliser que Nemesis qui était impliquée dans cette affaire, qui était potentiellement en guet-apant dedans, pour réaliser que c'est vraiment une menace pour toute la gauche et que c'est pas juste une histoire de bonne femme, si je puis dire.
donc c'est vraiment important de comprendre en quoi elles sont un jeton politique et de refuser le cadrage médiatique dominant autour d'elles qui va utiliser une stratégie de bouffonisation, c'est-à-dire les ridiculiser, les rendre inoffensives et vraiment utiliser ce terreau-là que ce serait des bonnes femmes un petit peu trop catho sur les bords.
Non, ce sont des personnes qui posent avec des armes semi-automatiques, avec des armes à feu, qui ont un projet d'extermination de masse, ce sont des néo-nazis et il faut vraiment les prendre pour toute la violence qu'elles ont, c'est pas parce qu'elles mettent des petites couettes et qu'elles viennent de la bourgeoisie qu'elles ne sont pas dangereuses, violentes et qu'elles ne vont pas nous mettre la misère. En France, les luttes et leurs acteurs et actrices sont de plus en plus réprimées. Arrestations violentes, procès, conséquences administratives jusqu'à la mobilisation des services antiterroristes. Les dirigeants tentent de museler les voix qui luttent mais elles résistent.
Je vais parler d'antiterrorisme. Quand on parle d'antiterrorisme, on parle de justice antiterroriste parce que je crois que malheureusement c'est l'avenir de la lutte antifasciste. Pourquoi ? Parce que le terme terroriste, il a un pouvoir énorme. C'est que dès qu'on dit que terroriste, on décrédibilise immédiatement politiquement la lutte. On commence à avoir de plus en plus des dossiers pénales antiterroristes dits d'ultra-gauche. Alors c'est pas totalement nouveau, ça s'inscrit dans une généalogie et c'est important de la rappeler ici.
Il y a eu les dossiers des maoïstes, il y a eu des dossiers des indépendantistes, du FLN, de l'ETA, il y a eu les dossiers d'action directe qui, dans ce qu'on nomme, enfin plus ou plus que le PNAT, le parquet national antiterroriste, nomme l'ultra-gauche, étaient antiterroristes. Et puis il y a eu un dossier très important, j'aurais aimé vous en parler un peu longuement mais je vais passer finalement très vite vu le temps qu'il nous a imparti, qui a été le dossier Tarnak.
Rapidement, le dossier Tarnak, on est en 2008, à cette époque-là, pour le politique, c'est un dossier phare, c'est un dossier qui peut être un dossier tournant puisqu'on peut rentrer des membres de l'ultra-gauche anarcho-autonome, je ne sais pas comment il faut les appeler et là, de toute façon, n'est pas mon débat, dans la case de l'AMT, de l'Association de malfaiteurs antiterroristes. sauf que le dossier Tarnak, c'est un dossier fiasco pour le pouvoir et même si à l'époque, c'était Rachida Dati qui avait sorti une circulaire en disant au parquet qu'il fallait poursuivre l'ultra-gauche sur des questions terroristes de plus en plus, finalement, ça va s'arrêter. Pourquoi ?
Parce que fiasco, comme je le disais, du dossier pénal, du dossier judiciaire, beaucoup de relax seront prononcés et surtout, la qualification terroriste n'est pas retenue. Ce que les juges viennent retenir, c'est qu'en fait, c'est pas parce qu'il y a un projet ou même des convictions d'ordre insurrectionnel que c'est du terrorisme parce que le terrorisme a cette vocation, on le disait tout à l'heure quand je rappelais la définition, à instaurer la terreur, à déstabiliser. Il n'a pas une vocation pour reprendre les termes de l'avocat général dans le dossier de Tarnak, je crois que c'était à rallier à ses vues la majeure partie de la population, bien au contraire.
Donc, dossier de Tarnak, on est en 2016 quand il s'arrête, fiasco total, et à ce moment-là, je crois, en tout cas, c'est ce que nous enseigne l'histoire, que le parquet national antiterroriste ne va plus oser ensuite réouvrir de dossiers dits à l'extrême-gauche. Mais ça, c'était avant et malheureusement, on entre dans une nouvelle ère. Cette nouvelle ère, elle est avant tout dans le vocabulaire. Souvenez-vous, pendant Sainte-Solines, on va avoir l'apparition des termes comme éco-terrorisme qui vont venir de plus en plus marquer le débat public.
Et puis, et je me dépêche de terminer peut-être par ça, comme une ouverture un peu plus contemporaine, on va avoir évidemment aux Etats-Unis la mort de Charlie Kirk. Et suite à ça, et on l'a eu encore très récemment, ce cher Trump qui va nous dire, voilà, les antifas sont sur des listes antiterroristes. C'est une des menaces les plus graves que l'extrême-gauche violente.
en France, et je regardais ça justement en venant à cette conférence tout à l'heure, j'ai tapé sur un moteur de recherche antiterrorisme et antifascisme et je suis tombée sur une proposition de résolution du Parlement européen de faire rentrer le terme antifa sur les listes terroristes et sur la même proposition de résolution au niveau du Sénat, cette fois-ci, et d'un sénateur, pardon, j'ai noté son nom mais je ne sais plus où sont mes notes et d'un sénateur, on va quand même balancer le nom parce que c'est quand même intéressant, le Redulier, voilà, les républicains qui propose aussi à ce que la liste anti, enfin la liste, pardon, à ce que le groupe, on ne sait pas trop ce que ça veut dire de toute façon et justement, c'est aussi pour ça que c'est proposé de cette manière-là, antifa, soit classé sur les listes terroristes.
Et puis ce qui est intéressant, c'est que dans cette proposition que du coup, j'ai regardé dans le métro tout à l'heure, il va y avoir vraiment toute une construction du monstre terroriste en disant, et on va retrouver ça à chaque fois dans les juridictions antiterroristes, en disant que voilà, ils ont une stratégie de terreur ciblée, des armes par destination, une dimension transnationale et que c'est une organisation clandestine. C'est un outil qui en réalité nous concerne tous parce qu'une fois que vous avez des juridictions spécialisées comme ça qui sont créées, eh bien, elles ont vocation à s'étendre selon la personne, le groupe qui sera défini comme ennemi.
Et c'est pour ça que je voulais vous parler de l'antiterrorisme aujourd'hui. J'ai terminé. Je vais donner la parole à Yuli Yamamoto, porte-parole d'Attaque cofondatrice des Rosy. Et tu as aussi connu avec tes camarades la criminalisation, notamment avec un objet dangereux qui est la craie, mais avec plein d'autres fois aussi. Est-ce que tu peux un peu nous en parler ? Oui, je me demandais comment aborder la chose parce que c'est un sujet qui me passionne, même si c'est un mot positif, passion, mais là, franchement, ça ne l'est pas.
Nous-mêmes, aujourd'hui, à Attaque, on a déposé plainte aujourd'hui même contre le livre de Frédéric Martel, Occident, Enquête sur nos ennemis, où il consacre trois pages à Attaque, où Attaque aurait été financée par le Venezuela du Côte-Chavez et aurait été infiltrée et financée par la Chine. Ça prêterait à sourire si ça ne s'inscrivait pas dans un contexte, justement, où on fabrique un ennemi, la fabrique d'un ennemi intérieur. Et quand on a une association comme Attaque, on peut penser que c'est une grosse association qui a l'air insolide, etc. En réalité, on est extrêmement inquiet de ce qui se pourrait passer à l'année prochaine si c'est le rassemblement au pouvoir.
On sait déjà qu'on est dans le viseur. Il y a la criminalisation du militantisme qui a été évoquée, effectivement. La garde-vue devient systématique pour toutes nos actions liées aux questions écologiques. C'est plus sévère encore, c'est plus 24 heures, c'est plus 48 heures, c'est même 72 heures. Vous savez que normalement, 72 heures, c'est pour les dispositifs méga-up. Des anecdotes, comme ça, j'en ai plein. Par exemple, les formations dans un palace parisien qui reçoit des personnalités, etc., attaque et citée comme une organisation à risque terroriste, notamment pouvant céder à la prise d'otages.
Maintenant, c'est les renseignements généraux qui font ces formations-là à ce palace parisien. On a, par exemple, quand j'arrive à un rassemblement, les RG viennent voir si je vais venir. Donc maintenant, il y a vraiment cette intimidation systématique. je sais qu'il y a une surveillance puisqu'ils veulent savoir si je vais venir. Et donc, on constate depuis trois ans, effectivement, ça a été évoqué, mais voilà, tout ce discours, cette volonté de fabriquer un ennemi intérieur, on a été assimilé, évidemment, aux éco-terroristes. Et on a eu un nombre assez important de faits marquants qui montrent ce glissement.
Déjà en 2021, on avait fait une action à la Samaritaine avec de la gouache, donc de la peinture à l'eau. Sur les plateaux de Pascal Praud, ils avaient dit qu'on avait fait un appel au meurtre. Ça avait fait l'objet d'un plateau spécial BFM Business et d'un sondage du Figaro Faut-il dissoudre attaque ? Ça a été vraiment impressionnant. Et ça, tout ça, c'est un petit exemple de tout ce qu'on continue de vivre. Donc, tu as évoqué pour de la crée, c'est quand même dingue, mais on était à l'Assemblée nationale dans le cadre de la réforme des retraites avec les rosies. Donc, c'est les femmes qui dansent dans les manifestations retraites en bleu de travail, fichoux rouges et gants jaunes.
Et donc, on voulait, le jour de l'ouverture des débats sur cette contre-réforme, on a juste dansé et écrit à la crée sur la porte de l'Assemblée 60 ans, la retraite à 60 ans. Pour cela, effectivement, on a été placé en garde à vue sur ordre direct. Et c'est là qu'on voit ce qui signale le pouvoir. C'est très bien qui il cible, qui il vise. Il y a une groupe de pivets qui, en direct, dans les médias, demande à ce qu'on nous arrête.
Et quand on voit aussi ce qui se passe au niveau des dissolutions, donc là, récemment, Urgence Palestine et la jeune garde, c'est pas rien qu'on veuille dissoudre ces mouvements, ces assauts, là où on est au cœur de ce qu'il faudrait réussir à faire passer comme message. Donc c'est là où... Et tout s'est vu aussi dans le cadre du néonazi tué Quentin de Ranck, ce phénomène d'inversion des valeurs. On a l'impression qu'on est dans un monde parallèle et on ne comprend pas ce qui nous arrive. Mais pour vous dire, donc, ce continuum où nous, on en fait les frais, aujourd'hui, on a plusieurs procès par an.
Moi, j'ai commencé à Attaque, je me suis engagée en 2015, ça fait 11 ans, et je n'ai pas connu pendant des années ni des gardes à vue ni des procès. Aujourd'hui, on a trois procès par an minimum. Et chaque action, comme je vous le disais, il y a à la fois de l'abattage médiatique, de la stigmatisation, de la criminalisation, donc vraiment la mécanique du discours pour nous discréditer, nous délégitimer, mais également la répression réelle, physique, par la garde à vue, par le procès, etc.
Ce qui fait que ce qui nous arrive à l'association, en fait, ça arrive évidemment à tout le monde, mais ce que j'ai aussi observé, c'est par exemple, maintenant, il s'attaque au symbole politique, donc au porte-parole. Aujourd'hui, c'est Julien Leguet par parole de Bassine, non merci, qui en procès, etc. Moi, j'ai été, notre dernière action à la Samaritaine, puisqu'on est revenus, on aime beaucoup Bernard Arnault, donc on a refait une action à la Samaritaine et j'ai été convoquée par la police pour qu'on s'explique alors qu'on a jeté des billets, voilà, et toujours à la craie, tax the rich, et donc j'ai été convoquée à la police.
J'ai fait plusieurs gardes à vue, donc voilà, pour dire, c'est pas rien s'il s'attaque à la représentation politique de l'organisation. Ça, c'est pas nouveau, mais c'est récent et ça devient systématique. Maintenant, on vise la représentation politique pour frapper plus fort et on a également dans, on a eu, là où c'est le plus alertant et c'est là où on s'est rendu compte qu'on sait qu'on est dans le viseur et en même temps, je vous le disais, un espèce de monde parallèle, c'est que pour les manifestations de Sainte-Soligne, Attaque avait codéclaré la manifestation.
Vous savez qu'il y a eu cette répression de l'ordre de la guerre qui a été reconnue internationalement d'ailleurs par différentes institutions de violences policières, etc., indiscriminées, disproportionnées. J'ai eu Le Point, le journal Le Point qui a consacré une page entière sur Attaque joue avec le feu. Ensuite, on a eu donc la procédure de dissolution des soulèvements de la terre où on s'est porté requérant, à la fois au titre de l'association mais également moi personnellement en individuel, requérant individuel. Et quelques temps après, on a été convoqué à la commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur les groupuscules violents et les violences en manifestation.
Donc, on a été charcuté pendant deux heures et ils m'ont ressorti mes tweets. Voilà ce que je dis sur les réseaux sociaux. Ils m'ont ressorti l'article du journal Le Point où j'ai accepté de répondre à la question et ils me demandaient de justifier qu'est-ce qu'on veut dire par respecter la diversité des tactiques, qu'est-ce qu'on veut dire par on refuse de mettre doigt les manifestants, qu'est-ce qu'on veut dire par condamner, ne pas dire explicitement vous condamnez la violence mais on leur demande quelle violence. Tout cela est évidemment instrumentalisé.
Donc, voilà pour vous dire qu'on a des procès, on a de la répression directe physique par les arrestations et on a cette répression institutionnelle qui se met en place. Donc, s'il y a une première chose à faire, c'est évidemment nous soutenir, c'est évidemment adhérer et c'est venir en fait tout simplement faire votre part et participer dans nos organisations parce qu'on sent qu'il y a une espèce de découragement et d'abattement. Or non, venez, franchement, on fait plein de choses et on a besoin que tout le monde se mobilise. Là, on sait ce qui va se passer, c'est une question de vie ou de mort pour les précaires, pour les personnes racisées, pour les personnes LGBT, pour les femmes, etc.
vous savez que ça va vraiment être une question de péril extrême. Donc, voilà, il faut qu'on se focus et qu'on se mette en ordre de bataille sans penser qu'on gagne ou pas, juste être déterminé à faire ce front antifasciste. Merci beaucoup, Yuli. Je me permets de rebondir sur ce que tu as dit pour faire une mini-parenthèse. Cette criminalisation de l'antifascisme, elle est de pair avec l'entrave à la liberté d'informer, parce que c'est vrai que dans vos prises de parole, on parle beaucoup de médiatisation. C'est aussi pour ça que les médias indés essayent d'exister dans cet écosystème très compliqué.
Et encore, il y a quelques jours, au manif du 9 mai, au manif antifasciste, il y a des journalistes du Média, mais indépendants aussi, qui ont essayé de couvrir les manifs fascistes et antifascistes. Et en fait, ils ont été entravés. Ils ont eu des amendes de 135 euros pour faire juste leur métier. Moi, je le vois, on le voit sur le terrain. Il y a André, qui est derrière la caméra, qui est très souvent sur le terrain avec moi au Média. On est de plus en plus empêchés d'informer. Et au-delà d'être empêchés, on est ciblés, on est frappés. Par rapport à ce que vivent les militants, mais c'est aussi une arme pour empêcher de couvrir les luttes, de couvrir les combats.
Et ça me permet de trouver la transition aussi sur, évidemment, rendre hommage à toutes les victimes du génocide commis par Israël, que ce soit en Palestine, en Cisjordanie occupée, au Liban, en Iran, etc. Et aux journalistes qui sont ciblés, visés. Il y a plus de 200 journalistes maintenant qui ont été tués par Israël parce qu'ils essayent d'informer. Et donc c'est important de leur rendre hommage aussi. Je vais passer la parole à six mois à sous de membres de Tzedek, donc collectif juif décolonial. Tout d'abord, bonsoir à tous et merci aux organisateurs pour l'invitation.
Donc nous, notre présence ici à la Bourse du Travail, elle relève ni de la convergence de circonstances, ni d'une simple extension de ce que serait notre périmètre de solidarité. Elle exprime au contraire une nécessité stratégique immédiate, celle de comprendre que les coups portés aujourd'hui à l'antifascisme procèdent du même processus politique qui criminalise depuis des ans la solidarité avec le peuple palestinien face au génocide encore à Gaza.
Si aujourd'hui, dans cette salle, nous représentons collectivement la gauche émancipatrice, la gauche fidèle aux luttes du mouvement ouvrier, aux luttes sociales, aux luttes politiques, une gauche fidèle à la tradition antifasciste, alors soyons clairs. Nous ne sommes pas réunis ce soir pour seulement déplorer un recul de liberté ou pour appeler au respect d'un État de droit mythifié. Nous sommes ici, au contraire, pour analyser un processus de transformation structurelle du pouvoir bourgeois que nous nommons fascisation.
Ce processus ne se caractérise pas par l'irruption soudaine d'un corps étranger dans la démocratie libérale, mais par la reconfiguration autoritaire de ses propres institutions. Et pour le comprendre, il faut refuser de n'y voir qu'un simple excès d'autorité. Et pour y faire face, nous devons regarder en face deux dynamiques conjointes. L'autonomisation idéologique de l'appareil répressif de l'État et l'inversion sémantique totale dont l'affaire Quentin de Ranck a été l'expression. La répression féroce qui s'abat sur le mouvement de solidarité avec la Palestine n'est pas une simple diversion politique. Elle constitue au contraire un laboratoire technique, juridique de la fascisation.
La posture défensive et purement légaliste nous condamne en réalité à la subalternité et à la défaite. Et donc, l'alternative ne réside pas dans une abstraction théorique, mais dans la construction méthodique d'une stratégie de front de rupture. Le front de rupture consiste à acter que la séparation artificielle entre la lutte antiraciste, la lutte anticoloniale et notamment, évidemment, la Palestine et la lutte antifasciste est une erreur stratégique majeure. L'ennemi, lui, pense ces luttes comme une totalité à détruire. Et nous devons donc y répondre par une totalité politique.
Et l'unique point de départ, le seul point de départ possible pour ce front de rupture ne peut être qu'une lecture pragmatique et politique des rapports de force qui nous contraignent aujourd'hui et de l'état réel de la lutte des classes dans notre pays. Et donc, penser en rupture, tout d'abord, c'est assumer que l'antifascisme du XXIe siècle sera décolonial et ancré dans les quartiers populaires ou ne sera qu'une esthétique de plus. On ne peut pas prétendre combattre le fascisme à Lyon et valider l'islamophobie d'État à Paris ou rester tiède face au nettoyage ethnique et au génocide en cours à Gaza et d'ailleurs pas que à Gaza, à Jérusalem, en Cisjordanie, aujourd'hui au Liban.
Lutter en rupture, c'est organiser notre autonomie politique car puisque l'appareil répressif de l'État s'autonomise contre nous, notre sauvegarde ne viendra en dernière instance et j'insiste sur le « en dernière instance » des institutions mais de la solidité des alliances que nous scellerons sur le terrain. Et enfin, voter en rupture, c'est comprendre les enjeux extrêmement graves que les coordonnées politiques qui sont les nôtres actuellement confèrent de fait aux prochaines élections échéances électorales nationales de 2027 à la croisée des chemins entre bascule fasciste et opportunité historique d'imposer une candidature de gauche de gauche.
Donc je ne vais pas rentrer plus dans ce sujet maintenant mais réfléchissons bien et surtout réfléchissons vite. On ne cherche pas... Non. Moi, en ce qui nous concerne, je vais vous donner trois rendez-vous qui sont là pour justement penser la période à venir, penser les prochaines échéances électorales et surtout au-delà de ces élections présidentielles. Tout d'abord, le 12 juin, dans cette même salle à la Bourse du Travail de Saint-Denis, l'événement US Go Home, donc grosse conférence contre la politique impérialiste américaine, contre la guerre en Iran et au Liban.
Le 28 juin, une grande journée qui aura lieu également ici à la Bourse du Travail de Saint-Denis, une grande journée de conférences et d'interventions sur la question du racisme, de l'antiracisme et des mémoires. Et enfin, les 3, 4 et 5 juillet à Gennevilliers, cette fois-ci, ce sera le retour de l'Université d'été politique qui, cette année, est intitulée 2027, préparer la victoire, organiser le pessimisme et qui aura pour objet de nous proposer de réfléchir ensemble, collectivement, à la préparation de la période qui va s'ouvrir, qui s'ouvre là devant nous et surtout à l'après-élection en pensant à l'ensemble des scénarios possibles.
Une victoire du bloc fasciste du Rassemblement National, une victoire de la droite ou du centre et une victoire d'une candidature de gauche. Nous ne cherchons pas... Je n'ai pas dit qui était la candidature à laquelle on pensait. Nous ne cherchons pas l'apaisement avec un système qui produit structurellement la destruction ici et là-bas. A la criminalisation de nos existences et de nos engagements, nous n'opposerons pas de regrets ou de plaidoyer de bonnes conduites. Nous y opposerons la rigueur de notre analyse, la clarté de notre ligne et l'intransigeance de notre solidarité. Merci. Et maintenant, côté politique institutionnelle, quelles sont les voies pour 2027 ?
Il y aura-t-il un front antifasciste ? Ça fait débat et c'est l'objet de cette dernière table ronde. On a énormément parlé de la criminalisation de l'antifascisme avec des militants, des professionnels du droit. Et là, on va parler plus de ce qui est possible de faire dans le monde politique parce que vous représentez quand même des institutions, des espaces de résistance dans ces institutions avec un enjeu qui est 2027, mais pas que. Et je vais commencer par... Bon, je parlais de politique institutionnelle, c'est peut-être pas le plus institutionnel par qui je commence, mais je vais donner la parole à Olivier Besancenot du NPA anticapitaliste. Oui, bonsoir à tous et à toutes.
Je vais faire rapide parce que la soirée avance quand même. En effet, ça ne sera pas d'abord sur l'aspect institutionnel, mais l'aspect politique qui nous rassemble. En saluant l'initiative des camarades de ce soir parce qu'on sait à quel point c'est important et c'est compliqué, en vrai, d'aller à contre-courant de la période actuelle. Et moi, j'y vois un acte de résistance politique à l'ère du temps et j'espère que ça sera un moment fondateur pour aller et abonder dans le même sens que d'autres ont dit ce soir jusqu'à présent, c'est de faire un front antifasciste large, large et dans la durée.
Pour prendre cette anecdote, pas plus tard qu'hier, j'ai reçu un message comme seuls les réseaux sociaux peuvent en réserver de nos jours à propos de la publication de ce soir d'un certain patriote, je ne sais plus quoi, de France et compagnie qui, après le sale rouge d'usage et tout le bien qu'il disait de ma carrière et de mon oeuvre, disait merci pour votre visuel et votre annonce de meeting de ce soir, ça nous évitera d'éditer des avis de recherche quand on sera au pouvoir. Alors, on est bien content de lui faciliter le travail, bien entendu, mais derrière tout ça, c'est toujours intéressant de savoir comment en face ça pense et à quel type d'urgence ça nous rappelle.
Parce que le fait est que si on prend au sérieux et quelle que soit la dénomination et le qualificatif qu'on lui donne, face à ce processus, on sera tous à un moment ou à un autre, tous et toutes sur leur avis de recherche. Tous et toutes. Et personne ne passera entre les mailles du filet quels que soient les désaccords politiques qu'il y a, à gauche, il y en a, sur y compris les stratégies, les tactiques antifascistes, il y en a, il y en a eu et il y en aura. Ça veut dire, et j'essaye de le dire, et quand je vous dis ça, je ne vais pas me raconter une vie, je me parle à moi-même, ça veut dire qu'il faut serrer les rangs.
Et serrer les rangs dans la période, ça ne veut pas dire faire abstraction des désaccords, ça ne veut pas dire les oublier, ça veut dire savoir les discuter, mais serrer les rangs et se faire violence contre soi-même. Parce que dans les faits, ça veut dire faire une alliance sur le long cours avec des camarades avec lesquels, non seulement on n'est pas d'accord, on n'a pas été d'accord, on ne sera pas d'accord, avec lesquels on s'est embrouillé parfois et pourtant, on n'aura pas d'autre choix que de le faire.
Alors je vais citer un révolutionnaire, Trotsky, alors je vous rassure, je ne vais pas ça pour faire du catéchisme politique ce soir, mais parce que Trotsky, qui était un révolutionnaire qui dans les années 30, écrivait de manière frénétique à tous les responsables communistes allemands qui connaissaient. En leur disant, ouais, il y a des désaccords, mais sachez une chose, c'est que ces désaccords-là, on risque bientôt, au sein du mouvement ouvrier, de les discuter dans des camps. C'était malheureusement prémonitoire.
Donc il y a plein de discussions qu'on peut avoir le chiffre de discuter entre nous et de s'empailler à un degré extrême d'empaillade qu'on n'aura pas de la même manière en garde à vue, en mandat de dépôt, voire plus si affinité. Et on est obligé de relativiser non pas la nature des désaccords, mais la manière de les discuter dans ce cadre-là.
Donc un franc antifasciste sur le long cours, ça veut dire ça, ça veut dire rejoindre l'appel des camarades qui sont intervenus ce soir pour dire que c'est bien une bataille au long cours, qu'est-ce que soit le scénario politique qui aura lieu, parce que c'est un phénomène international auquel on est confronté, c'est par-delà les frontières, et quand on est antifasciste, en général, on est internationaliste, ça va de pair, et face à ce processus-là, ça veut dire qu'il faut se donner les moyens d'essayer d'inverser la tendance, les idées, le fond de l'air auquel on est confronté. Et donc ça veut dire essayer en effet de tisser des alliances sur un programme, sur des revendications.
Il y a Bertolt Brecht qui disait la chose suivante que le fascisme, c'est pas le contraire de la démocratie, c'est le prolongement de la démocratie en temps de crise. Donc là aussi, je me parle à moi-même quand je vous dis ça, parce que pendant longtemps, moi j'ai pensé que le fascisme, l'avènement du fascisme ou la fascisation, ce serait un événement fulgurant pour faire vite l'élection des Le Pen. Là, ce qu'on est en train de comprendre, c'est qu'avant, pendant et après, il y a tout un élément auquel on est déjà tous et toutes confrontés. Raison pour lesquelles il faut serrer les rangs. Donc l'unité, c'est pas simple, mais ça a une valeur stratégique.
Mais l'antifascisme, et je terminerai là-dessus, c'est pas que ça, c'est aussi un contenu politique. C'est aussi un contenu politique. Moi, j'ai pas de recette miracle, je suis désolé, je pense qu'il faut avoir beaucoup d'humilité dans la période, mais je sais pas forcément ce qui marche ou ce qui marchera face à l'extrême droite, mais je suis à peu près sûr de ce qui marchera pas. Donc, conseil à viser à toute la gauche sociale et politique, contrairement au foot, on va pas vaincre l'extrême droite en jouant à l'extérieur.
On va pas gagner contre l'extrême droite en jouant sur son terrain, en pensant faire de l'entrisme idéologique en reprenant leurs idées, en faisant retourner ciseaux acrobatiques et en disant finalement sur les thématiques de l'extrême droite, on fait passer un discours de gauche. On gagne pas contre l'extrême droite à l'extérieur et surtout pas en commençant à marquer contre son propre camp. Donc, quand on est antifasciste, on est antiraciste, on est internationaliste et on arrête d'avoir honte de le dire parce que je pense que ça, ça va de pair et quand je dis ça, c'est pas une proclamation.
On a des pratiques militantes depuis quelques mois, quelques années qui font aussi que ce combat commence à avancer et c'est quelque chose d'extrêmement important avec les premiers et les premières concernées. L'antifascisme, enfin, en termes de valeur, pour moi, historiquement, c'est ça, ce mot qu'on a été, on a bégayé, on avait du mal à le prononcer en fait. C'est aussi ça où l'extrême droite nous l'a fait à l'envers. C'est qu'on était, maintenant, il faut qu'on le redise avec fierté parce qu'historiquement, dans notre histoire, dans notre pays, l'antifascisme, c'est des mouvements de masse.
On ne comprend pas la grève générale de 1936 si on ne comprend pas les luttes antifascistes de 1934 et que, par ailleurs, c'est un contenu subversif, émancipateur, toujours brecht et je termine là-dessus, qui disait qu'on ne peut pas dire la vérité sur le fascisme si on ne prononce pas au moins un mot sur le système capitaliste qui l'engendre.
Raison pour laquelle, moi, je suis toujours fier d'être antifasciste, anticapitaliste et révolutionnaire et internationaliste par ailleurs et que l'engagement que je peux prendre comme d'autres camarades, c'est de faire front dans les semaines, dans les mois et les années qui nous attendent et évidemment d'être solidaires de tous ceux et toutes celles qui sont dans le collimateur de la répression quel que soit leur degré de situation de répression et quelle que soit la période dans laquelle on est et on sait à quel point ce n'est pas évident. Donc, merci pour cette initiative de ce soir. Merci. Je passe la parole maintenant à Bali Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis.
Bonsoir à chacun et chacune d'entre vous et puis c'est avec un honneur en tant que maire de la commune nouvelle de Saint-Denis et puis de Pierre Fitte que je vous accueille ici, je suis en tant que président de l'EPT de Plaine Commune. Vous dire que, déjà, saluer celles et ceux qui ont pris cette initiative parce que dans la séquence politique dans laquelle nous sommes, prendre une initiative de la sorte est une initiative à la fois courageuse qu'il faut saluer et que, par les temps qui courent, celles et ceux qui posent des actes qui font honneur à nos luttes doivent être salués. Et donc, je vous salue.
Saluez, bien sûr, tout de suite, celles et ceux qui, aujourd'hui, sont bafoués dans leur droit, bafoués dans leur dignité, à qui nous apportons, bien sûr, notre totale solidarité. Je pense à la jeune garde, mais je pense aussi à toutes celles et ceux qui, aujourd'hui, bénéficient à la fois de la protection des instruments de l'État pour justement pervertir le droit commun. Vous dire que, je vais dans le prolongement de ce que Olivier vient de dire, c'est-à-dire que agir contre l'anti-fascisme, c'est, y compris du moins, agir contre le fascisme, c'est aussi assumer une politique de rupture. Tu l'as dit, à un moment donné, dans ton propos.
Parce que s'il est vrai que dans la séquence dans laquelle nous sommes, quasiment, je veux dire, à devoir répondre, c'est l'urgence du moment. Je pense que chacun le fait dans la mesure de ces moyens et c'est la raison pour laquelle nous devons être aussi très sensibles à ce qui se passe en particulier dans les quartiers populaires et c'est la raison pour laquelle le fait que vous fassiez cette initiative-là à Saint-Denis avec la partue que l'on connaisse avec les quartiers populaires, c'est aussi des territoires de résistance et de lutte. Parce que ça passe aussi par l'éducation populaire.
Ce travail conséquent qui consiste à aller éveiller les consciences pour agir, non pas d'abord pour essayer d'unir les formations politiques, les syndicats et autres, mais c'est aussi la grande masse, la grande masse populaire. C'est elle qui sera un allié, me semble-t-il, de poids contre la bataille que nous avons bien sûr à mener. Et dans cet exercice, la question de la manière dont nous allons bien sûr assumer un certain nombre de lignes de front à la fois contre le racisme, contre, bien sûr, l'approche coloniale dans laquelle, bien sûr, un certain nombre de nos ressentissants sont frappés, c'est aussi une manière de résister. Donc la question du contenu politique va être essentielle.
Et dans la question du contenu politique, il y a bien sûr la démarche qui est engagée et c'est pour ça que la séquence de 2027 doit être une opportunité. Il faut la présenter comme ça pour que nous puissions tout de suite nous hisser à la hauteur de l'enjeu. Je suis d'accord avec Olivier. Ce sont les tergiversations, ce sont les divisions stériles. Ce qu'il y a devant nous est d'une immensité qui exige que nous soyons en capacité de tirer non seulement les enseignements du passé, mais aussi notre impérienne nécessité de pouvoir nous mettre en ordre pour pouvoir agir contre notre adversaire premier qui est quand même l'extrême droite et tous ceux qui l'accompagnent.
Parce qu'agir aujourd'hui contre l'extrême droite et l'ensemble d'ailleurs de son écosystème, c'est encore plus difficile que ce qu'il y avait quelques temps. Ils sont quasiment en capacité de pouvoir être y compris soutien dans un certain nombre de médias. Les Bolloré et toute la clique. Vous avez une situation y compris où le processus de normalisation de celles et ceux qui aujourd'hui sont nos adversaires politiques sont y compris au sein de l'Assemblée. Donc la situation elle est encore plus dramatique que ce que nous imaginons.
C'est la raison pour laquelle la question de 2027 bien sûr doit pouvoir se bâtir ici sur la base de rupture bien sûr mais aussi sur la question de la responsabilité. Ce n'est pas possible de continuer si nous voulons vaincre face à toute cette destruction de nos adversaires de continuer à faire comme si en fin de compte nous sommes tous semblables. Non, ce n'est pas vrai. Il y a des gens à gauche y compris des formations politiques à gauche qui ne sont pas dignes aujourd'hui du combat que nous sommes menés. Oui, il faut leur tendre la main mais il faut leur tendre la main la main de la sincérité la main de la vérité parce qu'en réalité il ne s'agit pas de nous.
Quand je dis il ne s'agit pas de nous c'est-à-dire que celles et ceux qui vont être les premiers frappés si ceux que nous ne voulons pas arrivent en responsabilité en 2027 c'est nous dans les quartiers populaires. Nous savons ça. C'est celles et ceux qui aujourd'hui continuent à faire la queue notamment dans les sous-préfectures. C'est celles et ceux qui aujourd'hui sont pourchassés y compris parfois par la police nationale. C'est celles et ceux qui sont brimés y compris dans leur propre pays d'origine.
Et donc nous voyons bien en fin de compte que le chemin d'avancée que nous avons permis y compris avec des politiques de rupture que nous avons menées ici ou là à l'échelle locale elles sont insuffisantes c'est la raison pour laquelle nous avons besoin dans l'ensemble du combat contre le fascisme d'avoir sur l'ensemble des échelles de responsabilité des hommes et des femmes qui sont à la fois résolument antifascistes antiracistes mais aussi anticolonialistes.
C'est important parce que ce qui est en train de se passer nous le voyons bien et c'est pour ça que j'observe la manière dont le traitement qui m'a été réservé dès lors que l'élection municipale passait le 15 mars et puis on n'a même pas eu le temps quasiment de s'asseoir que nous voilà embarqués dans une lutte mais qui est la nôtre en réalité parce que c'est la lutte contre les racistes. Ils ont toujours été là en réalité. On l'exprime davantage parce que forcément les projecteurs se sont mis sur Badi Bagaïko maire de la commune la plus importante de Saint-Saint-Denis et qui finalement n'étaient plus dans les radars. Ils n'étaient plus dans les radars.
Donc subitement ils voient en fin de compte un noir à la tête de la ville la plus importante. Ça choque le pouvoir et ça dit des choses sur le fait qu'il y a un mouvement en fin de compte permanent qui est en place où celles et ceux qui sont héritiers de l'immigration n'ont plus rien à rougir de ce qu'ils sont c'est-à-dire leur appartenance à la République en tant que telle. Mais c'est une arme qui est une arme précieuse en réalité mais qui fait peur à l'adversaire.
C'est la raison pour laquelle nous prenons des flots de propos racistes bien sûr que nous agissons les instruments légaux qui font voilà il n'y a pas de difficulté mais il n'empêche qu'être frappé de la sorte c'est nous dire aussi quelque part vous êtes sur le bon chemin vous avez raison de le faire et c'est la raison pour laquelle je finirai mon propos par ça parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont été dites si nous nous voulons gagner et parce que j'ai l'intime conviction qu'en 2027 nous sommes en capacité de le gagner je vous le dis très clairement oui il y a une offre une alliance qui a été lancée avec une nouvelle alliance populaire incarnée par Jean-Luc Mélenchon on peut en penser ce qu'on veut pour rejoindre ce que tu disais cessons d'aller chercher entre guillemets je vais dire des choses qui ne sont pas à la hauteur du combat que nous avons emmené moi je regarde juste une chose aujourd'hui nous avons besoin de prendre le meilleur de tous celles et ceux qui sont nos frères et soeurs en humanité tous celles et ceux qui n'ont jamais manqué à la gauche de rupture prenons le meilleur de chacun mais agissons collectivement parce que ce que moi j'observe dans les différents quartiers il y a une véritable inquiétude une véritable inquiétude de ce qu'ils voient dans les réseaux sociaux de la manière dont en fait le racisme est banalisé de la manière dont d'ailleurs les médias qui prennent de plus en plus de poids et qui en fait normalisent face quasiment à un narcom qui observe qui agit très peu très méprisant à l'égard notamment de celles et ceux qui résistent au regard en fin de compte des libertés qui défendent corps et âme les valeurs de la liberté et égalité et fratiennent donc les valeurs de la république mais beaucoup plus complaisant avec celles et ceux qui au quotidien bafouent en fait les règles c'est à dire l'extrême droite et donc c'est cette situation dans laquelle nous sommes c'est la raison pour laquelle je le dis mais sans détour Olivier a raison ce sont des discussions qui ne servent absolument à rien sur des choses qui en réalité n'ont pas d'intérêt dans le combat que nous avons à mener la lutte contre l'extrême droite c'est une lutte qui a besoin bien sûr de l'ensemble des énergies c'est la raison pour laquelle je dis ne perdons pas de temps il y a un certain nombre d'invitations qui ont été faites des rendez-vous qui sont prévus je vous en propose deux autres le 7 juin prochain ici à Saint-Denis et l'une des raisons pour laquelle d'ailleurs nous avons sollicité pour ça à Saint-Denis parce que nous voulons que dans la séquence politique des élections présidentielles la question de la lutte contre le racisme et contre l'extrême droite soit au coeur en fin de compte de la campagne présidentielle parce que c'est l'enjeu et deuxième rendez-vous le 21 juin prochain nous avons fait le 4 avril ici et je remercie toutes celles et ceux qui ont participé nous réitirons l'édition le 21 juin prochain pour faire en sorte que justement le combat que nous menons soit un combat en fin de compte je veux dire qui puisse amasser à la fois je veux dire l'ensemble de celles et ceux qui ont besoin aujourd'hui d'avoir un écho dans les luttes qui mènent ici ou là pour justement faire en sorte que nous puissions être en capacité de faire lever ce tsunami alors certains m'avaient critiqué quand j'ai dit oui la France est capable de se lever et y compris porter une insurrection oui je l'ai dit quand je le dis c'est parce que l'histoire de France nous rappelle qu'en fin de compte le peuple n'a pas eu besoin quasiment de consignes pour le faire il l'a fait spontanément il l'a fait spontanément parce qu'il a considéré que sa dignité était frappée qui aujourd'hui est capable de dire ce qui va se passer une 27 si l'extrême droite arrivait en responsabilité personne mais j'ai l'intime conviction d'une chose c'est la raison pour laquelle parce que je sais que cette inquiétude existe et parce que la population a fait la démonstration qu'elle était capable d'être quasiment à contre-courant de tout ce que nous pouvons imaginer et inventer les formes de lutte comme les gênés personne n'y avait arrivés ils l'ont fait quasiment ils ont écrit l'histoire avec ça donc c'est la raison pour laquelle je dis le message qui nous était envoyé c'était un message aussi de responsabilité parce que dans les quartiers moi ce que j'entends beaucoup c'est de dire vous savez vous ce qui se passe je ne peux pas dire que vous ne saviez pas alors mettez-vous d'accord travaillez ensemble agissez ensemble posez des politiques quasiment de rupture faites des propositions et surtout agissez ensemble pour que nous soyons préservés de ce que nous avons toujours condamné et sur lequel beaucoup de gens ont perdu la vie c'est la lutte contre le racisme certains y ont perdu la vie ne serait-ce que pour eux soyons à la hauteur du moment et la hauteur du moment est désormais arrivée c'est-à-dire l'unité le rassemblement politique de rupture et surtout 2027 on gagne on gagne moi c'est mon intime conviction merci en tout cas à vous
merci à vous d'avoir suivi cette rencontre contre la criminalisation de l'antifascisme par le bureau européen de restant judiciaire en partenariat avec Le Média et pour voir l'intégralité de la conférence plus de 3h30 d'échange rendez-vous sur notre antenne télé Le Média 20 cassette accessible sur notre site Orange, Free et Molotov ces échanges riches vous ne le verrez pas partout c'est l'ADN même de l'existence nécessaire du Média pour montrer ce que les grandes chaînes ignorent minimisent ou caricaturent pour donner de l'espace aux luttes aux voix dissidentes aux alertes venues du terrain Le Média risque pourtant de disparaître à un an de 2027 nous avons besoin de vous nous devons réunir 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour assurer la survie du Média à un an de 2027 garantir un Média audiovisuel indépendant qui produit un véritable contre-discours et vital pour la démocratie alors faites partie des 10 000 sauvez Le Média à partir de quelques euros par mois et défiscalisable rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr à très vite