ENTRETIEN AVEC MR LE MINISTRE XAVIER BERTRAND
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Radio Aviva, le Mac de la rédac. Une émission proposée par la rédaction de Radio Aviva. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour à tous nos auditeurs des Pérénées-Orientales, du Gard et de l'Hérault. Nous sommes très heureux aujourd'hui d'accueillir et très honorés d'accueillir Xavier Bertrand. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Xavier Bertrand, on ne vous présente plus, mais on va quand même rappeler pour les jeunes auditeurs que vous avez été plusieurs fois ministre de la Santé, des Solidarités, sous Chirac, sous Sarkozy, avec, vous êtes actuellement président des Hauts-de-France depuis 2015.
Alors, quand on a été ministre, revenir aux manettes dans une région, c'est se revenir vers du quotidien, le lien direct avec le public. Qu'est-ce que ça apporte ?
C'est une fonction très différente. C'est une fonction très différente où on bénéficie à la fois de l'expérience d'avoir été ministre, je suis très fier d'avoir été ministre, d'avoir porté des réformes, le service minimum en 4G. On a fait des grèves dans les transports, et que le pays n'est plus bloqué comme il l'était. L'interdiction de fumer dans les lieux publics.
C'était énorme, ça c'était tout à fait impensable.
Oui, mais soutenu également par Chirac, qui est un président formidable sur les questions de santé. C'est aussi d'avoir fait cette loi sur le médicament. Donc, beaucoup d'honneur. Sauf que, aujourd'hui, président de région, les régions, elles n'ont pas toutes les compétences. Elles s'occupent avant tout d'économie, de formation, des lycées et les transports. Mais, il y a un gros avantage, c'est que vous n'avez pas de patron au-dessus de vous. Vous devez rendre des comptes aux 6 millions d'habitants de la région. On doit toujours rendre des comptes dans la vie, dans la vie politique, mais c'est une vraie liberté.
Aujourd'hui, mes seules limites, c'est ce que la loi ne me permet pas de faire, ou ce que mon budget ne me permet pas de faire. Et c'est tout. Et du coup, ça permet, avec l'expérience que j'ai, et une approche très terrain, je l'assume, de pouvoir apporter des réponses aux problèmes des gens de ma région. Et ensuite, de développer une vision pour transformer ma région et redonner de l'espoir et des perspectives d'avenir. Les deux ensemble.
Et donc, un lien à la population. Une relation directe aux problèmes quotidiens des gens, bien sûr.
Vous avez raison, parce que ça touche notamment les inondations qu'on a connues dans le Pas-de-Calais, là, des coulées de boue terribles qu'on a connues dans la Somme, où je vais à nouveau me rendre sur le terrain avec mes équipes. Et puis, c'est aussi l'avenir, comment on transforme la région avec le défi du changement climatique sur l'énergie, les deux EPR, les centrales nucléaires de demain, avec un grand canal. Ce sont en ce moment, dans la région des Hauts-de-France, les travaux les plus importants en France. Avec un canal nouveau de 107 kilomètres et de 6 milliards d'euros.
C'est les batteries pour les voitures électriques, la vallée de la batterie européenne, elle est dans les Hauts-de-France. Vous voyez, il y a à la fois le quotidien, les problèmes et les projets. Les deux ensemble.
Avec une taille qui permet finalement, et une liberté d'action, qui permet de modéliser la résolution de certains problèmes.
Oui, même si, honnêtement, on est en France et c'est un pays formidable, mais qu'est-ce qui est trop centralisé ? Tout à fait. Les décisions importantes. Il faut remonter à Paris pour qu'elles se prennent, alors qu'on pourrait aller beaucoup plus vite, être plus efficace, si moins de décisions se prenaient à Paris et ici. Et c'est le même sujet en Occitanie qu'en Hauts-de-France.
Exactement, c'est pareil. C'est pareil. Alors, vous avez annoncé que vous seriez candidat, justement, pour les présidentielles.
Sans faire les erreurs de la fois dernière, je peux vous le garantir.
On apprend toujours.
C'est vrai.
Alors, ce que vous avez insufflé dans la région de France, vous allez nous dire déjà, on va rappeler. Nos auditeurs et auditrices que vous avez insufflés au niveau de la relance économique, au niveau de... Vous êtes extrêmement sensibles à l'éducation, vous êtes extrêmement sensibles à l'éducation, à la professionnalisation. Alors, est-ce que ça, ceci, ces actions que vous mettez en place, vous en faites le plan de les implanter à grande échelle ?
Oui, et pas seulement. Parce qu'il y a des compétences de l'État... Différentes. ...qui ne sont pas assez... ...différentes. ...différentes. C'est celle de la région. Bien sûr, bien sûr. Vous savez, partons des préoccupations de nos concitoyens. Qu'est-ce qu'ils veulent, les Français ? Vivre en sécurité. Vivre de leur travail. De leur travail, oui. Et se retrouver entre nous, qu'il y ait des liens entre nous. C'est à la fois les valeurs publiquennes, c'est la culture, et c'est aussi les services publics. Donc, vous voyez, il y a à la fois la sécurité, il y a le travail, et qu'est-ce qui nous tient ensemble ? Et avec une boussole, une seule. Nos enfants.
Les enfants. Nos enfants. De la cohésion sociale. Une cohésion sociale, une promotion sociale.
C'est aussi pour ça que j'ai l'intention d'être candidat à l'élection présidentielle, parce que c'est à la présidence de la République que vous avez le plus la possibilité de faire bouger les choses et d'améliorer la vie de nos concitoyens, et de nous replacer, clairement, parmi les nations qui comptent et qui compteront. Parce que la France n'est pas un pays comme les autres. Il y a cette vocation...
On a de belles valeurs.
Il y a une vocation qui est la nôtre à être parmi les meilleurs, les premiers. On est comme ça, on est ainsi fait. Et je pense qu'on doit aussi bien avoir en tête cette ambition pour notre pays et pour nos concitoyens.
Alors, bien sûr, l'emploi, bien sûr, la santé. Vous avez été ministre de la Santé, vous avez rencontré...
Mais je suis très inquiet aujourd'hui. Voilà. Très inquiet.
On a racté le coche, un peu, à un moment donné.
C'est surtout que je pense que quand on s'éloigne des principes, valeurs, des piliers d'un système de santé, on la met en danger. Oui. Vous savez, le système de santé... Oui. Il marche sur deux jambes. Il y a une partie publique, il y a une partie privée. Et aujourd'hui, la partie privée, que ce soit la clinique privée, que ce soit les médecins, les médecins de ville, tout ça, ils ne sont pas bien traités.
Non, ils se sentent très bien.
Si vous ne pouvez pas réussir la santé, l'hôpital public n'est pas... Honnêtement, il n'a pas les moyens dont il aurait besoin. Et en plus de cette situation-là, vous avez plein de défis qui arrivent devant nous. Les nouveaux traitements, les nouveaux médicaments, l'intelligence artificielle. Les besoins de conserver, de donner envie aux professionnels de santé de rester, de rentrer dans les études et d'y rester. Et aujourd'hui, il n'y a pas de vision stratégique de la santé. D'ailleurs, regardez bien, la dernière élection présidentielle, il n'a même pas été question de la santé dans le débat.
Ce n'était pas un sujet.
Et vous voyez, le président de la République, le Premier ministre, il parle de l'école. Il n'entendait pas s'approprier le sujet de la santé. Or, si ce n'est pas porté par le président de la République, ça ne peut pas suffire parce que la santé, dans ces cas-là, elle est au merci des comptables de Bercy. Oui.
C'est ça.
Et donc, surtout qu'il décide. Les budgets. Or, la santé, on peut tourner ça dans tous les sens. On a besoin dans notre pays de dépenser mieux, de dépenser moins dans des domaines. Et celui qui vous dira dans le domaine de la santé qu'il faut dépenser moins dans les années qui viennent, c'est soit un inconscient, soit c'est Pinocchio, un menteur.
Avec l'allongement de la durée de vie, c'est impossible.
Là, vous voyez, ça fait partie des secteurs dans lesquels il faudra faire des efforts en plus. Mais il faudra bien savoir où on les fait, comment on les fait. Et encore une fois, comme pour les services publics, est-ce qu'on en a ? L'investissement qui est consenti par la nation. Et c'est ça la clé.
Donc, pour chacun, vous le disiez, Xavier Bertrand, la santé. Vous le disiez, vivre de son travail. Donc, vous avez aussi fait un certain nombre de choses pour approcher les demandeurs d'emploi, des recruteurs, etc.
J'aide les gens qui travaillent. Voilà. Et normalement, ce n'est pas à moi de le faire. Normalement, c'est à l'État de le faire. Mais j'aide les gens qui travaillent, qui prennent leur voiture pour aller travailler. Je les aide financièrement. Qui doivent faire garder leurs enfants parce qu'ils travaillent. Au moment de la crise Covid, ceux qui avaient été en première ligne, sans masque, qui avaient dû travailler et qui n'avaient pas eu de primes de l'État, j'ai fait une aide de la région pour leur dire merci concrètement parce que c'était du travail. Parce que j'ai conscience d'une chose. Les discours aujourd'hui, les gens, ça leur dit. Les gens ne peuvent plus. Les déclarations, c'est bon.
C'est soit concret.
Des actes.
Et ça, ça leur parle en se disant que la politique sert à quelque chose. Mais autrement, juste les déclarations, les discours.
Chaque citoyen a besoin d'actes, effectivement. Alors, l'emploi, on l'a vu, la santé. On va venir à une question un peu complexe de la cohésion sociale. Une cohésion sociale qui est un peu mise à mal avec des groupes qui se dressent sur fond de conflits israélo-palestiniens qui est importé ici. Une montée de l'antisémitisme à partir du 7 octobre, avant même que les Israéliens entrent à Gaza. Il y a eu une montée de l'antisémitisme énorme. C'était latent. C'est manipulé. Quel est votre... Et qu'est-ce qu'il faut faire là-dessus ?
Le sujet, je pense qu'on a un besoin de rétablir l'autorité. Mais attention, c'est l'autorité et le respect.
Bien sûr.
Or, aujourd'hui, il y a un déficit d'autorité dans trop de domaines. Parce que ce qu'il y a aujourd'hui, c'est l'impunité qui se développe à la place de l'autorité. Il n'y a plus de règles. Il n'y a plus de respect de la règle. C'est vrai sur la sécurité. C'est vrai sur la justice. C'est vrai pour lutter contre l'islamisme. C'est vrai également sur la maîtrise de l'immigration. On ne peut pas continuer comme ça. Mais sur tous ces sujets, il n'y a même pas besoin d'être magicien. C'est du bon sens. Déjà, il faut avoir conscience des problèmes. Conscience des problèmes. Il faut ensuite, clairement, avoir une action cohérente de longue durée.
Pas seulement quand il y a un fait divers ou quand il y a un drame. Et puis derrière, ne pas faiblir. Et clairement, sur tous ces sujets, moi je l'ai fait quand j'étais maire. Notamment, je lutte contre l'islamisme dans ma région, dans les compétences qui sont les miennes. Je lutte contre l'emprise des fréquences. Je lutte contre l'affaire musulman dans le lycée Averroës où j'étais un lanceur d'alerte. Il a fallu que je bouscule les choses pour enfin être suivi par l'État. Ça a été une première. D'avoir interdit également, d'avoir suspendu des versements à une radio qui passait l'FM, qui invitait des prédicateurs sur son antenne. On me dit, vous n'avez pas le droit.
Ben oui, mais moi je ne suis pas d'accord avec leur vision. Il y a la laïcité qui protège. Mais bien sûr. Et la laïcité, elle ne peut pas être écornée par certains. Maintenant, je viens sur ce que vous venez de dire sur l'antisémitisme. Et je voudrais dire à l'ensemble de ceux qui nous écoutent et au-delà même. La lutte contre l'antisémitisme, c'est le combat de tous. Ce n'est pas le combat des Juifs seulement. C'est extrêmement important. Et c'est un non-Juif qui vous le dit. C'est important. Moi, j'ai bien en mémoire ce que Nami m'avait dit, qui avait été témoin direct de ce qui s'était passé quasiment dix ans, rue de la Roquette à Paris, quand un synagogue avait été attaqué.
Et ceux qui attaquaient la synagogue disaient, mort aux Juifs, mort aux mécréants. Si on ne comprend pas que le 7 octobre ne concerne pas seulement Israël, si on ne comprend pas que le 7 octobre ne concerne pas seulement les Juifs, on n'a rien compris. Absolument. On n'a rien compris à ça. Et c'est pour ça que je me suis engagé de cette façon. Et que moi, je ne rentre pas dans la politique intérieure d'Israël. Mais ce n'est pas le sujet. Parce que ce n'est absolument pas le sujet. Mais on doit dire très clairement que le combat d'Israël contre le Hamas, c'est un combat qui nous engage tous. Contre le terrorisme.
Que la façon dont aujourd'hui l'Iran tire les ficelles et que l'Iran doit être mis aussi hors d'état de nuire, ça concerne tout le monde. Et quand vous avez notamment l'ONU qui s'est vautré, qui s'est déshonoré dans ses positions, on doit le dire. Et qu'il faut aussi, par exemple, que le quai d'Orsay français, que le gouvernement français, soit très clair.
On a un problème avec les postures de la France dans les instances internationales.
Aucune ambiguïté en la matière. Il ne peut pas y avoir du en même temps. Quand vous voyez notamment que la Cour pénale internationale se permet de mettre sur le même plan le Premier ministre d'Israël, il faudrait quand même que tout le monde se réveille un peu. Il faut se réveiller. On a une invitation. On a une conversion des valeurs. On a pendant des mois et des mois mis en doute la parole d'Israël, la seule démocratie dans cette partie du monde. Et en face, on ne prenait qu'une organisation terroriste. Parce que le Hamas, c'est ça, disait... Et quand vous voyez qu'il y a maintenant des pays qui reconnaissent...
Donc là, on n'est pas ça encore. On passe un cran là. Ce sont des États qui reconnaissent.
Des États qui reconnaissent. Et je ne sais pas si vous avez vu ce qui vient de se passer. Le Hamas vient de les remercier. Le Hamas. Tout est dit. C'est-à-dire qu'au final, le 7 octobre, ce qui est un génocide. C'est-à-dire, clairement, il faut bien comprendre ce que ça veut dire.
C'est un vrai pogrom organisé, réfléchi, pour détruire des gens.
Et ceux qui ont été assassinés, massacrés, torturés, violés, l'ont été parce qu'ils étaient juifs. C'est quoi ça ? Et donc derrière, il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, il y en a un reconnaissant des États de Palestine. Ça veut dire quoi ? Qu'on absout cette organisation terroriste ? Non, mais vous savez, on est à un moment donné... Vous avez parlé de bon sens tout à l'heure. C'est déjà le sens des choses. Et de remettre les choses à leur place. Alors, on me dit, vous engagez beaucoup. Parce que je pense qu'aujourd'hui, il ne faut pas avoir peur d'affirmer ses convictions. Prenez à l'hôtel de région, à Lille, le 7 octobre, j'ai voulu mettre les drapeaux israéliens devant.
Il ne faut pas, parce qu'on est à proximité d'un quartier, on ne sait jamais, on va avoir des réactions. On l'a fait. Il n'y a pas eu de réaction. Et puis, j'ai été marqué par les otages, parce que certains qui nous écoutent ne s'en souviendront pas, mais vous vous rappelez, en 1982, sur les otages français au Liban.
Oui.
Il n'y avait pas un journal du service public qui ne s'ouvrait sans qu'on ait la photo des otages, je le rappelle. Absolument. Donc, j'ai décidé d'afficher la photo des otages. On m'a dit, il ne faut pas faire ça, M. le Président, on va se faire caillasser, il va y avoir des représailles. Rien. Parce que je pense que quand la puissance publique, l'État, sont forts, en face, on s'aperçoit qu'ils sont faibles. Oui, c'est ça. Et encore une fois, on est à un moment donné, si on baisse la tête, nos enfants vont grandir en baissant la tête. Ah non, je refuse ça.
C'est impossible. C'est impossible et vous êtes en train de nous dire, là, qu'effectivement, ce sont des valeurs qui sont en train d'être bafouées au niveau des instances internationales.
C'est une perte de repère, une perte de valeur.
Une perte de repère. On ne sait plus où on est.
Mais regardez, on a mis sur un pied d'égalité les déclarations du Hamas, notamment sur le nombre de victimes. Moi, je me rappelle être allé sur une antenne. Oui. On m'a dit, vous ne vous rendez pas compte, il y a une ambulance, on a tiré dessus l'armée israélienne. Oui, sauf qu'à l'intérieur, c'était effectivement des terroristes qui étaient même pas là. Qui n'étaient pas blessés et qui s'en servaient justement pour aller perpétrer.
Donc, on est devant une propagande avec l'ampleur de l'importance des réseaux sociaux, etc. Pas seulement les réseaux sociaux.
Il y a des antennes officielles qui ont repris sans vergogne les propos, les chiffres erronés d'une organisation terroriste. Exactement. Qui s'est rendue coupable d'un des massacres les pires qu'on ait connus depuis l'Holocauste.
Et donc, cette perte de repère, elle est gravissime. On la retrouve dans des partis politiques français qui ont supposé... Et que tous les musulmans vont les suivre parce qu'ils vont prôner la haine.
On va appeler un chat un chat. Il y a aujourd'hui, je le dis, les deux extrêmes.
Oui, extrême droite, extrême gauche.
Bien sûr, l'extrême droite essaye de faire oublier pas seulement son passé ou son histoire, mais aussi l'attitude de certains, en disant à ceux qui sont les plus sulfureux et qui ont déjà été reconnus pour antisémites d'attitude, en disant, écoutez, bon, le National qui dit ça, qui dit justement aux plus antisémites qui sont dans leur rang, écoutez, calmez-vous, taisez-vous, planquez-vous, nous, on veut accéder au pouvoir, vous sortirez après, pour l'instant...
Ils sortiront après avec les mêmes valeurs. Ils n'ont rien...
L'enseigne a changé, et c'est tout. Le magasin, l'arrière-boutique, c'est exactement la même chose. Et puis, il y a l'extrême gauche, où M. Mélenchon, on va dire les choses. Il y a certainement un fond chez certains dirigeants de l'extrême gauche. Il y a surtout un calcul électoral misérable.
Sordide. Sordide. Sordide.
Ou il cherche, clairement, en n'ayant jamais dit exactement ce qui s'était passé le 7 octobre, en refusant de nommer, quand vous prenez M. Guiraud, les propos qu'il a tenus sur les basses-lises odieux, c'est d'essayer de dresser, notamment, les Français les uns contre les autres, les musulmans contre les juifs, en faisant croire, en laissant penser que tous les musulmans seraient antisémites.
Mais ce qui est loin d'être le cas.
Et ça, on n'a pas... Ce qui est loin d'être le cas, déjà. Et vous avez entièrement raison. Mais ce qui est dangereux, parce que ça dresse les Français les uns contre les autres. Absolument. Et les deux extrêmes... Jouent un peu ce jeu dangereux. Et les filles, permettant, avec ces outrances, de donner le sentiment que le Front National serait respectable.
Ils poussent les gens. Ils poussent les gens dans le...
Aucun des extrêmes n'apportera de solution aux défis qu'on a, aux graves problèmes que l'on a. De toute façon, c'est simple. Si votre boussole vous dit de suivre l'un ou l'autre des extrêmes, c'est que vous allez dans le mur. Et ça, c'est pas ce que je souhaite pour mon pays.
On n'est pas là pour ça. On est là pour défendre des valeurs magnifiques, qui sont celles de la France, de la laïcité.
Parce que la laïcité protège.
Bien sûr.
Et elle permet de bien faire la différence entre ce qui relève de la sphère privée et de la sphère publique. De toute façon, il y a une règle qui est très simple. Rien ne peut être au-dessus des lois de la République.
Oui, donc tout est dit. Alors, on peut très bien reconnaître que la population de Gaza civile vit un drame et qu'elle est retenue là, justement, utilisée en bouclier humain. Mais depuis le départ. Depuis le début. Il y a une guerre de propagande, etc. Mais on ne peut pas dire qu'il y a... Il y a un génocide, comme il y a eu une inversion de valeur.
Je voudrais reprendre ce que vous venez de dire à l'instant. Une victime israélienne, une victime, justement, à Gaza...
C'est terrible. C'est terrible.
Vous comprenez que chaque famille pleure de la même façon.
Absolument.
Quand il y a eu des enfants qui ont été massacrés en Israël, il y a des enfants qui sont morts, effectivement, à Gaza. Il faut bien comprendre que... C'est horrible. Il n'y a pas de différence à faire entre la peine et la douleur.
Oui, c'est important, ça.
Mais on ne peut pas mettre sur le... On ne peut pas mettre sur le même plan ce qui s'est passé.
Un terroriste et un État démocratique.
Exactement, parce que regardez. Là, on vient de voir encore des nouvelles... Des otages ont été retrouvés morts. Il y a quand même autre chose. C'est qu'on est quand même dans une situation où il y a des gens qui sont encore emprisonnés dans des conditions à peine imaginables. Ce qui s'est passé le 7 octobre dépasse ce qu'on pensait pouvoir revivre depuis l'Holocauste. C'est ça, la vraie différence. Et pour le reste, encore une fois, comment se fait-il que les otages ne soient toujours pas libérés ? Incroyable. C'est le préalable à tout. Depuis plus de six mois. Le préalable.
Alors, comment on réveille les gens ? Comment on peut faire ? C'est vrai que c'est un...
En parlant, s'exprimant, en essayant aussi de garder la tête à l'endroit, de ne pas avoir peur aussi d'affirmer un certain nombre de principes.
On ne détourne pas le regard.
De valeur. Et puis, il faut aussi aller plus loin. Parce que l'antisémitisme était là avant le 7 octobre. Il l'est depuis. Il va falloir se battre. Il va falloir se battre contre ceux qui se livrent à ses actes. Alors, je pense pour ma part, et c'est vrai du ministère de l'Intérieur, il y a une action très résolue des forces de l'ordre pour essayer d'identifier. Et parfois, on s'aperçoit notamment, regardez, un rouge à Paris.
On oublie presque le symbole des mains rouges.
Exactement. Qui était derrière. Donc, je pense que les forces de police, ça va élucider, interviennent et sont là. Après, il y a l'action de la justice. Notre code pénal prévoit des peines qui peuvent être dures, très dures. Mais il ne faut pas que ces peines, ce qui sont un maximum, ne soient jamais atteintes. Il faut juger avec sévérité. Le code pénal le permet.
Vite et avec sévérité.
Vite et avec sévérité. La certitude de la sanction est sur l'antisémitisme une sanction dure. Le troisième sujet, c'est à la fois l'école. Parce que ça fait quand même des années qu'on sait que dans certaines écoles, collèges, lycées, vous ne pouvez pas enseigner la choix.
C'est impossible.
Que parfois, dans des cours de musique, certains élèves refusent. Et que les professeurs sont aussi parfois laissés, et à eux-mêmes, ils doivent gérer ça. Parce qu'en très longtemps, c'était pas de vague. On nous dit que ça change. Il faut que ça change partout.
Et que les profs n'aient pas peur.
Et que le professeur qui est confronté à cela sache que c'est pas lui qui va se retrouver en tête à tête avec les parents de l'élève, parfois. Mais que c'est l'ensemble de l'école, de l'administration, qui prend ses responsabilités et qui les protège.
Donc faire bloc.
Après, il y a les familles. Vous savez, je pense qu'on ne n'est pas antisémite. Je viens. Alors il faut aller traquer et débuster ceux qui ont mis ce poison dans la tête de ces jeunes. Et là, il y a aussi une responsabilité des familles. S'il y a une responsabilité des familles, il faut qu'ils assument ces responsabilités. Civilement, pénalement. Et puis autre chose.
Remonter la chaîne.
Remonter la chaîne. Vous savez, c'est ceux qui ont mis ce poison, il faut aller les chercher. Et puis il y a autre chose. C'est ces accélérateurs de haine. Pas des créateurs de haine, des accélérateurs de haine. On nous dit aujourd'hui, parce que moi je suis pour la levée de l'anonymat dès qu'il y a des menaces, des injures, des violences. Il y a notamment des incitations à la haine. On me dit, mais l'anonymat, il est déjà levé. On peut le lever. Un parcours du combattant. Je veux bien qu'on utilise un pseudo. Mais à partir du moment où on enfreint la loi, surtout dans des cas comme cela, il faut que ce soit rapide pour aller chercher l'identité et engager la responsabilité pénale.
Il y a aujourd'hui encore beaucoup trop une zone de non-droit. Même quand on nous dit que la loi évolue, il faut que les plateformes, il faut quasiment envoyer un mail ou écrire à Palo Alto en Californie. Donc ce qui veut dire, c'est que derrière, ces propagateurs de haine continueront à sévir. Là, je pense qu'il y a aussi un sujet clairement sur les réseaux sociaux. Et donc vous voyez, la police, la justice, l'école, les familles, les réseaux sociaux. Là, on commence à avoir tout un dispositif qui permettrait de faire reculer l'antisémitisme. Parce que sur l'école, ce n'est pas justement de dire stop aux dérives antisémites.
Non, c'est comment on explique clairement que l'on a cette obligation essentielle et cette envie de faire nation, de faire bloc, tout en respectant la position de chacun si tant est qu'elle soit conforme au principe de la république.
Mais bien entendu, chacun a ses opinions. Ça c'est tout à fait clair. Ça n'a rien à voir avec ça. C'est la question d'appel à la haine. C'est comme on mélange la liberté d'expression avec l'appel à la haine. Exactement. Vous avez raison.
Ne suivons pas la voie du Royaume-Uni. Parce qu'on dit au Royaume-Uni « Oh là, mais là-bas, la liberté d'expression, c'est historique, c'est le corner speaker. » Ce n'est pas du tout. Ce qui est en train de se passer aujourd'hui, c'est la propagation des idées islamiques. C'est ça le fond du problème. Et derrière, moi je combats. Je m'étais opposé à l'époque et je voulais qu'on aille plus loin d'un point de vue juridique pour interdire les listes communautaristes. Je suis opposé notamment à l'UDMF qui va engager des actions judiciaires. Parce que autrement, si on laisse prospérer d'une façon ou d'une autre l'islam politique, c'est fini.
Xavier Bertrand, vous nous incitez, M. le ministre, à prendre conscience que nous sommes vraiment là sur des lignes rouges, sur des valeurs structurantes de la France, des valeurs structurantes de notre société, que ça concerne notamment l'ensemble de la population française. Et pour l'antisémitisme, ça n'est pas un problème de la population juive. C'est un marqueur de malaise et de danger par rapport à la démocratie et au vivre ensemble, à vivre ensemble. C'est un problème. C'est un problème. C'est un problème. C'est un problème. C'est un problème. C'est un problème. Donc je vous remercie pour vos engagements, pour ce franc-parler.
On fait le vœu, je me permets de faire le vœu avec vous, que les instances internationales se réveillent, que nos politiques se réveillent.
L'ONU a clairement montré ses limites.
Qu'on puisse, avec l'ONU, on a l'UNESCO, l'ONU, c'est caricatural, on va confier les droits de l'homme à l'Iran bientôt. Donc on est dans le même port.
On ne peut pas continuer, encore une fois, à marcher sur la tête. Là, je souhaite que vraiment, chacun reprenne la raison. Parce que ce n'est pas une question conjoncturelle, c'est une question structurelle.
Non, et puis c'est orchestré, attendez, ce n'est pas du tout au hasard. C'est orchestré.
Je ne le crois absolument pas au hasard.
Bien sûr que non. Je vous remercie, M. le ministre, Xavier Bertrand, et vous êtes le bienvenu sur cette antenne. Quand vous voulez. C'était le Mac de la rédac sur Aviva. Retrouvez cette émission en podcast sur radio-aviva.com
Xavier Bertrand