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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 22 mars 2023 27 min

Joanna Hogg, un cinéma de fantômes et de souvenirs

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour à tous un ciné-club aujourd'hui avec la réalisatrice britannique Johanna Hoggs star outremanche moins connu en France le Centre Pompidou à Paris lui rend non seulement justice mais aussi nous la présence à travers une très belle rétrospective de ses fils à l'occasion de la sortie en salle ce mercredi de son 6e long-métrage eternal daughter ils seront présentés ces quatre premiers films inédits en France donc à Price et exhibition un ensemble qui fait oeuvres avec en toile de fond une réflexion sur la sincérité sur la sincérité de l'artiste et son introspection à travers ses films et une figure transversale celle de l'actrice s'accomplisse Tilda Swinton johanna hogh est aujourd'hui l'invité de bienvenue au club [Musique] une émission programmée par Henri Leblanc et préparer par leur a du THP RS réalisé par Félicie foger deux femmes dans un manoir anglais remonte le cours de leurs souvenirs une mère et une fille incarnée toutes deux parties das Winton qui se dédoublent à l'écran dans une atmosphère étrange digne des Hauts du Hurlevent brume vent isolement les fantômes se cachent mais pour combien de temps en salle mercredi vie et bande-annonce [Musique] [Musique] bonjour bonjour bienvenue à vous bonjour à votre à votre traductrice m'a soumet laïdji qui est avec nous massuma Ladji qui était avec nous aujourd'hui est-ce que c'est un film un film sur le secret que vous avez imaginé avec cet éternelle cette fille éternelle éternelle d'auteur diriez-vous que c'est un film sur le secret avant tout connaître avec ma mère en tant que fille tout le secret qu'elle détenait et qu'elle révélait pas donc j'ai toujours senti que il y avait une certaine retenue de sa part que ce qu'elle exprimait n'était pas entier et je ressentais toujours cette réticence en elle pour parler de son propre passé de son enfance et c'est de là qui est venu l'inspiration pour ce film pour moi ma propre relation avec ma mère ou nous étions deux individus mais avec quelque chose de très imbriqué entre nous deux donc j'ai besoin de la comprendre pour mieux comprendre en quelque sorte et vous mettez en scène cette du alité merci presque cette opposition mais vous jouez aussi avec les faits miroirs entre entre la mer et la fille avec ce dédoublement de votre actrice dans le film Tildas Winton qui interprète les deux rôles qui incarnent les deux femmes qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous pensez qu'on peut trouver de soi dans le regard de sa mère est-ce que c'est une image fidèle ou forcément un peu déformée j'ai essayé d'exprimer quelque chose d'extrêmement honnête sincère de ma propre relation avec ma mère et en commençant à prendre des notes dans mes cahiers comme je fais au début d'un film j'avais plutôt l'impression d'écrire un journal qu'un scénario et aussi tôt que je me pose la question de savoir quels acteurs en l'occurrence ici quelle factrice ont un carnet la mère et la fille tout d'un coup ça sort de moi ce n'est plus mon histoire personnelle et puis de nouveau dans le tournage on est tous sans arrêt dans une danse entre les deux entre moi-même en tant que je suis dans les autres films ce que je connais depuis que j'ai honte donc de nous mais beaucoup de sa propre personne dans l'histoire et aussi de nos mères parce que nous connaissions chacun très bien la mère de l'autre donc à la fois notre relation et nos relations en tant que fille le manoir le lieu est un personnage à part entière aussi de votre film Johanna Hogg film qui sera donc en salle ce mercredi est un docteur comment vous avez conçu cette échange permanent qu'il y a entre les personnages entre ces deux femmes et ce lieu-ci étrange si fantastique que vous avez campé dans ce film et qui n'est peut-être pas sans rappeler le Kent où vous vous avez grandi pour moi systématiquement l'élément le plus important d'un film c'est le lieu le lieu où tout va se passer et dans chacun de mes films y compris dans celui-ci du nom c'est le lieu que je trouve en premier [Musique] mon histoire et je les trouvais grâce à une photo noir et blanc que j'ai découverte sur Internet une photo prise en 1974 de cette maison en galle du Nord et c'était en 2020 pendant la pandémie que j'ai dû faire cette recherche sur internet et j'ai été vraiment très inspiré par cette photo et ça a été le début de toute cette aventure et je suis allée visiter cette maison ce manoir et la façon dont les pièces étaient agencées la façon dont j'avais presque l'impression de me plonger dans les méandres d'un esprit humain et ça a vraiment tout est sorti de là vous le disiez et on le rappelait tout tout votre cinéma Johanna Hogg est à la fois introspective mais c'est aussi une réflexion autour de la et autour de cet art qui le vôtre aujourd'hui à savoir le 7e art le cinéma quelle est la source de votre imaginaire où se trouve la source de l'imaginaire est-ce qu'elle est vraiment en vous ou est-ce qu'elle peut être autant à l'extérieur c'est lieux que vous évoquez qui sont importants créative a commencé très tôt je suis déjà en fin je me sentais vraiment à part et je me sentais à l'aise dans l'observation j'étais extrêmement timide donc j'écoutais très attentivement mais je ne participais pas dans les conversations dans cette habitude de regarder le monde de l'extérieur comme des spectatrices de cinéma finalement c'est ce qui a tout déclenché et en même temps j'ai voulu chercher à comprendre cette impulsion de vocation est-ce que si je me plonge trop je je détruire donc il vaut mieux dans le fait de faire du cinéma c'est une fois que j'ai fait mon travail personnel très intensif sur l'histoire je l'ouvre avec collaborateurs qui sont souvent des des collaborateurs de longue date pour certains d'entre eux depuis 17 ans et donc cette expérience commune collective fait que je peux avoir une relation un peu moins intense à mes propres émotions et mes propres idées oui parce qu'on voit aussi dans le film Julie qui est une réalisatrice confirmée dans l'histoire dans dans ce film éthanol on voit Julie regarder à travers la fenêtre on la voit espérer trouver aussi dans cette retraite avec sa mère l'inspiration pour son son prochain film c'est une métaphore aussi de la manière dont vous travaillez dans les idées vous viennent vient quand vraiment je vis avec quelque chose d'expérience je peux être dans un drame que je traverse et je ne peux pas m'empêcher d'être une réalisatrice une méthode en scène elle me demandait comment je vais interpréter le drame que je vis oui parfois c'est compliqué aussi parce qu'on sent que l'inspiration ne vient pas et dans ces cas-là on a beau essayer de de secouer le cocotier de cette imagination quand les idées ne tombent pas quand les idées ne n'arrivent pas ça crée aussi une frustration vous les avez vécu ces moments dans votre vie dans votre parcours de réalisatrice ces moments de blocage j'en ai beaucoup mais celui-là je ne voulais pas connu je suis toujours pleine d'idée mais après la question qui se pose c'est est-ce que je me sens autorisé à des exprimer parce que ça vient toujours des expériences très personnelles [Musique] un exemple parfait j'ai eu l'idée de ce film j'étais comme Julie en me demandait si ça blesserait ma mère parce que je les volerai quelque chose donc je me demande en fait quel est le territoire dans lequel je peux me mouvoir librement de quoi est-ce que je peux parler c'est moi là celle qui se censure c'est pas que je suis à court d'idée c'est que je ne sais pas si je peux les exprimer c'est votre première escapade dans le genre fantastique ce film Johanna Hogg il fallait évidemment porter cette étrangeté cette atmosphère très particulière avec de la musique on va écouter un extrait de la bande originale de votre film est un docteur en salle ce mercredi France Culture bienvenue au club [Musique] Olivier gesper [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] voilà extrait de Dead de italtechisé pour l'occasion Johanna comment vous avez composé la bande-son de ce film il y a du bel appartement au début du travail sur le son je voulais un morceau de Bartok qui n'est pas déjà été utilisé ou en tout cas qui ne soit pas associés notre film et dans mes films de souvenirs j'avais déjà utilisé son opérable et donc j'étais encore sous l'influence inspirée par Bartok donc il s'agissait là de trouver un morceau qu'il avait écrit qui a évoqué une tension assez effrayante inquiétante et j'ai trouvé un mouvement d'un morceau pour corps de percussions qu'il n'avait pas déjà été utilisé parce que il y avait un autre mouvement qui avait déjà utilisé pour shining par Kubrick cette musique est un vraiment très associé à ce film je ne veux pas me permettre de de choisir donc j'ai trouvé cette autre mouvement et donc j'ai travaillé avec mon ingénieur du son qui m'accompagne maintenant depuis 17 ans et nous nous sommes vraiment lancée dans le plonger dans l'atmosphère sonore de ce film et c'est vraiment lui qui était passionné par cette relation mère-fille et beaucoup d'éléments du film de créer une atmosphère sonore autour de la musique et le veilleur de nuit joue de la flûte et il y a quelque chose de la dimension de vent on entend beaucoup le vent dans le film et donc ce va-et-vient entre Bartok la flûte et le vent ça écrit des leçons je n'arrive pas à distinguer les uns des autres mais une atmosphère qui mélange le vent la voix de la réceptionniste jouer par Sophia cold TV chantait ou en tout cas qui émettait de son qui se rapprocher du sang du vent donc ça a été une bonne sonore extrêmement dense au semelles toutes ces natures différentes de bruit et je voulais en effet que cette mère et cette fille soit visuellement dans ce voile de brouillard mais que le son aussi créé cette épaisseur autour d'elle vous parlez avec vos mains comme une méditerranéenne alors que vous êtes britannique sans lettre en tout cas je n'en ai pas conscience en tout cas et on pourra évoquer la Toscane tout à l'heure qui nous rappelle un autre qui nous ramène à un autre de vos films sortis en 2007 mais je voulais vous poser une question aussi sur cet art du cadre que l'on retrouve dans éternel d'auteur et qui vous vient probablement de la photographie que vous avez pratiquée à vos débuts l'appareil avant la caméra qu'est-ce qu'une composition réussie pour vous donc j'ai cette vision très précise très claire de la façon dont cadre doit être composé qu'est-ce qui en distingue les bords c'est quelque chose de très instinctif que c'est très physique je pense vraiment que c'est avec mon corps que je prends ces décisions et c'est récemment enfin compliqué que j'ai eu l'occasion de tourner un jeune court-métrage qu'ils ont commandé que j'ai tourné moi-même j'ai vraiment tout fait moi-même je me présente court-métrage et ça a été une vraie révélation une riche jubilation de filmer moi-même sans un directeur de photographie au mon père j'ai tout fait moi-même et ce plaisir de pointer une caméra de se déplacer avec la caméra j'ai l'impression de l'avoir redécouverte et je ne l'avais plus fait depuis que j'étais étudiante en cinéma et puisqu'on parle cadre et qu'on parle un peu tableau aussi à travers cela inspiré d'un tableau de Fragonard qui représente une amoureuse gravant le nom de son amant sur un arbre de souvenirs votre autre de votre film qui tient donc son nom qui a emprunté son nom à ce tableau de Fragonard de souvenirs est un film en deux chapitres le premier est sorti en 2019 le second en 2022 il raconte une histoire d'amour une histoire d'amour à la fois extrêmement belle et toxique là encore inspiré de ce que vous avez pu vivre mais aussi et surtout les premiers pas d'une jeune fille qui veut être réalisatrice c'est une réflexion sur le cinéma cette réflexion qui traverse toute votre filmographie on ne connaît pas les machinations de leur esprit ni de leur cœur parle l'A ant à ce qu'il dit à Julie dans une scène du film mais surtout il ajoute quand on va voir un film on ne veut pas juste la vie représentée comme elle est mais la vie comme elle se vit comme une expérience le cinéma comme vous comme une expérience vous êtes d'accord avec lui d'accord avec ce que vous faites dire à ce personnage à faire mienne cette idée j'y crois de plus en plus quand j'ai fait mon premier long-métrage United ce qui m'intéressait c'était vraiment d'essayer de transposer directement ma propre expérience sur l'écran que mon imagination ne se met pas à ce processus d'avoir une relation très direct en même temps je ressentais la frustration l'impossibilité de d'avoir cette médiation très directe par le cinéma le premier et le deuxième j'ai pris un grand plaisir à prendre ma propre expérience mais l'adapter en important [Musique] tout en ayant cette matière très personnelle au cœur et c'est danse là qui m'intéressent entre ce qui est vrai et ce qu'il n'est pas je continue de découvrir moi-même ce processus et dans ce dernier film de vraiment assumé un nouvel espace à travers le genre le film de genre et faire quelque chose qui soit gothique de donner une sensation de réalité tout ce qui est là le réel c'est la dimension psychologique et émotionnelle mais tout le reste est vraiment le temps donc je ne veux pas faire de prédiction sur ce que mon cinéma deviendra mais il s'agit de le décoller du réel ici c'est c'est toujours Julie ce qui est presque votre votre double à vous Johanna hogh à l'écran la jeune Julie celle de 20 ans qui veut se lancer dans le cinéma à ce moment là elle n'est pas incarnée parce que trop jeune à ce moment-là par Tilda Swinton qui est votre actrice fétiche en revanche elle joue déjà la mère dans ce film Tildas swington c'est la miss et la muse c'est l'égérie comme on dirait pour un réalisateur masculin en tout cas c'était votre camarade de classe et elle figure déjà dans votre premier film votre film de fin d'études caprice un court-métrage de 1986 en écoutant ce n'est pas la personne la plus vieille que je connaisse mais je la connais depuis que j'ai 10 ans nous nous sommes rencontrés à l'école on n'était pas heureux et on a pu se contrôler une et l'autre une rencontre très très importante au cours des dernières années à réfléchir à notre relation de l'époque et de manière bizarre je me dis que nous étions déjà des réalisatrices nous étions des observatrices nous étions un petit peu à l'écart des autres enfants mais toutes les deux nous observions ce qui se passait autour de nous donc on était en train de se faire des films de nous faire des films en train de se faire des films Tilda Swinton qui était l'invité d'affaires culturelle du camarade arnaud Laporte vendredi dernier le 17 mars à réécouté si vous le souhaitez sur Radio France point fr tildawinton qu'est-ce qu'elle représente pour vous est-ce qu'elle est aussi la possibilité de transformer tout ce que vous avez dans votre dans votre tête dans votre imagination de le concrétiser dans l'écran [Musique] englobe tellement nos vies à toutes les deux y compris nos vies artistique nous échangeons beaucoup nous nous parlons sans arrêt l'autre soir nous avons parlé toute la nuit de ce que nous contient faire de nos vies on parle très souvent de nos avenir respectifs peut-être si on essaye de moins se projeter de parler plus du présent [Musique] couramment dans notre vie c'est ce qui s'est passé dans ce projet d'ensemble je n'arrive même pas à utiliser le mot de travail pour désigner ce que je vis avec parce que nous prenons un plaisir faux à jouer ensemble pour moi faire cette exploration avec elle est une grande joie et en l'occurrence elle est de tous les plans de ce film c'est très souvent elle est moins assise face à face à nous plonger de plus en plus profondément je peux imaginer personne d'autre un carnet c'est deux personnages à la fois parce que la profondeur dans laquelle nous nous sommes plongés nous aurions pas pu l'atteindre si nous avions pas se passer comme et [Musique] toutes ces années où on n'a pas fait de film ensemble entre caprices et de souvenirs et toutes les deux nous sommes arrivés à la conclusion qu'on avait d'abord besoin de faire un chemin individuel chacune pour tirer de saisie de ces hauts et ses bas la matière pour travailler en sa même si on a toujours rester en contact notre amitié ne s'est pas interrompu mais nous n'avions pas fait de films ensemble parce que nous avions besoin de nous enrichir de nous nourrir de la différence des chemins qui se sont présentés à chacune de nous pour nous retrouver encore mieux plus tard et ça rend notre expérience encore plus intéressantes et plus enrichissante entre la photographie et le cinéma Johanna HOG il y a eu 20 ans 20 ans où vous avez notamment travaillé pour la télévision avec des séries et des feuilletons populaires où vous avez pratiqué expérimenter à la fois la liberté et les contraintes que que ce format que ce que ce média vous offrait et vous permettait un related va matérialiser ce passage de la télévision au cinéma ce sera votre premier long-métrage sorti en 2007 là encore en partie autobiographique l'histoire d'une femme de la quarantaine dans le couple bas de l'aile qui part rejoindre une amie en Toscane et qui se rapproche petit à petit du fils de celle-ci sorti en 2013 il y aura aussi votre autre film exhibition qui réunit et désunit un couple d'artistes à l'écran et qui vous permet de rencontrer presque définitivement on pourrait dire Martin scorses le film va lui taper littéralement dans l'oeil et il deviendra par la suite votre producteur exécutif je voulais vous poser aussi cette question sur la manière dont vous vous ressentez aujourd'hui comme comme réalisatrice professionnelle ou amateur du cinéma vous revenez souvent sur cette distinction c'est un art qui se pratique en amateur pour vous le cinéma qui implique de toujours se remettre en question je ne remettais pas en question ma façon de travailler en tant que réalisatrice à chaque fois que je fais un film et en l'occurrence vraiment pour être un homme pour toi je suis l'impression de faire un film pour la première fois non très agréable pas du tout un sentiment de première fois c'était préalable de ce que ce film doit être parce que je ne me refaire refaire pas à ce que j'ai fait auparavant mais le trajet que vous venez de décrire en effet commencer à la télévision et on vous écoutant évoquer ces vingt années en effet sur la télévision parce que parfois je regrette le temps que je passais à la télévision parce que ce n'était pas très intéressant parce que gif c'est au fond je ne malgré tout j'ai l'impression que là aussi ça a été un passage nécessaire pour que j'en arrive au cinéma merci mille fois Johanna HOG merci beaucoup votre film éternel docteur est avoir en salle mercredi merci aussi à Marie-Claire ou mabadi la technique merci