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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 17 août 2023 56 minContradictoireMixte

La mode, une industrie en pleine révolution

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0:16
Présentateur

Bonjour à tous, ravi de vous accueillir pour le débat de midi qui commence et nous sommes heureux de vous accueillir alors que toute l'équipe s'est mise sur son 31. Et oui, tout le monde est beau dans le studio, alors c'est le cas tous les jours bien sûr, mais là nous essayons de coller au plus près de la thématique du jour puisque nous allons parler de la mode et de notre rapport aux vêtements. Alors je suis d'accord, vu les températures dans les prochains jours, la meilleure tenue ce sera de ne pas en porter en fait, la peau nue, collection été, avec coup de soleil ou marqué par le motif d'une chaise plastique, c'est toujours très beau.

Mais au quotidien, c'est vrai que les vêtements sont partout, tout le temps, c'est quand même complètement fou, 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. En France, ça représente 10 kilos de vêtements par habitant chaque année, oui, quand on ouvre son placard, on peut vite se prendre une avalanche textile. Alors la fast fashion a changé la donne, mais de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer d'ailleurs les conditions de travail des ouvriers d'Asie du Sud-Est pour cette industrie, scandale des conditions écologiques aussi.

Pourtant, certaines de ces mêmes voix qui s'engagent, eh bien, on les retrouve en train de faire la queue pour une opération éphémère de la marque Chine, connue pour l'exploitation de ces ouvriers. Alors, on s'interroge sur le genre, comment la mode d'ailleurs aussi s'adapte, grande question. En fait, parmi des milliers autour de ce monde difficilement pénétrable, racontez-nous votre vision de la mode, vous aimez, vous vous en fichez, pourtant vous portez des vêtements. Et oui, venez nous en parler grâce à vos notes vocales et messages sur l'appli France Inter et via WhatsApp au numéro suivant, le 07 64 13 70 07 07 64 13 70 07.

Allez, t'as le look coco ou pas d'ailleurs, le débat de midi, message à quête et on se lance. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter. Et pour parler de ce vaste sujet de la mode, nous recevons bien sûr du beau monde autour de la table du débat de midi et notamment Julien Ferré. Bonjour. Vous êtes docteur en sciences de l'information et de la communication. Votre livre, Les Dessous des Tendances, quand l'éphémère fait avancer le monde, c'est publié chez Ellipse. Également, eh bien, Clarisse Rey, bonjour. Bonjour. Alors, vous êtes en direct des studios de Radio France à Lyon.

Vous êtes directrice générale du Défi, le comité de développement et de promotion de l'habillement depuis 2011 et directrice générale de l'Institut français du textile et de l'habillement. Également, Anthony Vincent, bonjour.

2:39
Invité

Bonjour.

2:39
Présentateur

Vous êtes journaliste du média Mademoiselle et Audrey Millet, bonjour.

2:44
Invité

Bonjour.

2:45
Présentateur

Vous êtes autrice du livre Noir de la mode et du Walkwashing, chercheuse à l'université d'Oslo. Alors, question très complexe pour commencer et en même temps simple. C'est, à votre avis, allez, on va commencer par vous, Anthony Vincent. Forcément, quand on parle de mode en 2023, est-ce que c'est la même chose que de parler de mode, je ne sais pas, moi, en 1985 ?

3:07
Invité

Non, évidemment, c'est extrêmement différent. Je pense que l'industrie de la mode s'est complètement éclatée. Il y a beaucoup plus d'enjeux différents, de segments différents. Aujourd'hui, on parle de fast fashion, mais on parle aussi d'ultra fast fashion. Mais on a tendance à opposer le luxe et la fast fashion, mais c'est beaucoup plus complexe que ça, puisqu'on remarque que des dynamiques semblables s'opèrent du côté du luxe. Par exemple, des maisons de luxe vont proposer une dizaine de collections en une seule année, ce qui est énormissime. Donc, tout s'accélère au niveau de tous les segments de l'industrie. Et c'est complètement différent de ce qui pouvait se passer dans les années 80.

3:36
Présentateur

Quand vous parlez de fast fashion, on arrive déjà à déterminer un peu ce que c'est. C'est-à-dire que c'est des magasins, on va dire, Zara, H&M, je parlais de Chine également. Et ultra fast fashion, qu'est-ce que c'est ?

3:45
Invité

Justement, Zara, qui appartient au groupe Inditex, qui est un groupe espagnol, qui possède aussi Bershka, Pull&Bear et d'autres marques comme Massimo Dutti, c'est un acteur historique de la fast fashion, au même titre que H&M, qui est un groupe suédois, qui possède aussi Arquette, COS ou Aniversaries. Et bien, ça, c'est de la fast fashion, c'est-à-dire que ça va produire énormément de collections, environ une nouvelle collection toutes les deux semaines. Et l'ultra fast fashion, c'est des groupes comme Chine. Et donc, ça va être aller encore plus vite, ça va être jusqu'à 8000 références en une seule journée.

Ce n'est pas des humains qui dessinent ça, évidemment, c'est beaucoup de copies qui sont produites automatiquement par l'intelligence artificielle, notamment. Ça va être aussi des acteurs britanniques de l'ultra fast fashion, comme le groupe Boohoo, qui possède aussi la marque Pretty Little Things. Donc voilà, c'est des marques qui produisent massivement dans des conditions déplorables, qui sont écocidaires et même dangereuses pour l'homme. Et c'est un rythme vraiment frénétique.

4:35
Présentateur

Alors, on va en parler dans un instant de cette fast fashion qui a changé véritablement la mode. Mais juste au départ, un petit tour de table. En effet, Clarisse Rey, vous, quand on vous parle de mode aujourd'hui, vous avez aussi cette impression d'éclatement, comme le disait Anthony Vincent ?

4:49
Invité

Alors, je rejoins tout à fait ce qu'a dit Anthony Vincent. Ce n'est pas tant un éclatement que des univers extraordinairement différents. Et ce qu'il faut regretter, c'est qu'on met sous le terme de mode des choses très différentes qui n'ont rien à voir. Il y a d'une part une mode extraordinairement créative, où la France est en pointe. Il y a les modes de luxe. Il y a des marques créatives, mais qui sont déjà commerciales. Ensuite, il y a des marques de la fast fashion qu'a cité Anthony. Mais je voudrais aussi signaler, parce que je crois qu'aujourd'hui, avec l'avènement de Shine, qui est tout de même quelque chose d'extraordinairement nouveau et une espèce de tsunami.

Je veux dire, c'est 10 millions en France de personnes qui consultent le site chaque jour. C'est la mass fashion. Et je crois qu'il faut apporter et juger les choses de façon différente. Alors le défi, on est vraiment au cœur de la création française. On la soutient. Il n'y a juste aucun rapport entre un Louis Gabriel Nucci, une Jeanne Friot, un Maître Pierre.

6:01
Présentateur

Qui sont ces gens alors ?

6:02
Invité

Ce sont des tout jeunes créateurs d'avant-garde qui sont aidés par le défi. Louis Gabriel Nucci vient de recevoir un prix, le prix de l'endame de la création, qui est un prix, je dois dire, de reconnaissance mondiale. Après, vous avez des marques de créateurs que le défi a aidés, comme Jacquemus, Ami, déjà que les gens doivent connaître. Vous avez évidemment nos marques de luxe, comme Chanel, Louis Vito, etc. Vous avez les bâches Sandro, vous avez le slip français.

6:35
Présentateur

Oui, on voit en effet tout un univers assez large.

6:38
Invité

Oui, mais vous avez un petit bateau aussi. Et puis après, des marques françaises, qui sont des marques mass-market, mais qui sont vertueuses, promodes et cabines. Et puis après, on rentre dans Zara, dans Shine. Et c'est là où il faut bien distinguer les choses. Parce que ce n'est pas vrai que les problèmes sont les mêmes.

6:56
Présentateur

On va justement, on a jusqu'à 13 heures pour en parler. Car il serait, ne vous inquiétez pas. Julien Ferré, il est vrai qu'au départ aussi, nous, quand on a lancé cette émission, ce n'est jamais évident quand on aborde la mode et ce système économique. On n'a pas l'impression d'avoir les codes. Il y a certaines personnes qui disent, je m'en fiche. Et pourtant, tout le monde porte des vêtements. C'est assez étonnant quand même ce rapport que nous avons avec la mode.

7:18
Invité

D'ailleurs, je vais tenter peut-être une petite néance au débat. Est-ce que ça a changé par rapport aux années 80 ou pas ? Et pour répondre à votre question, en fait, l'industrie a beaucoup changé. La mode, c'est une espèce de rencontre d'intérêt. Vous avez d'un côté une industrie. L'industrie, elle est basée sur un modèle de croissance. C'est-à-dire que tous les mois, elle va vendre des nouveaux vêtements. Et donc, elle crée un système d'obsolescence. Ce qu'elle vous a vendu en 2023, elle va vous faire croire en 2024 qu'il est plus portable et qu'il faut en acheter un nouveau. Ça, c'est le côté industriel avec ce dont on parlait les deux personnes juste avant.

Du coup, un éclatement du marché, une accélération et ainsi de suite lié à une croissance et à un modèle capitaliste. De l'autre côté, ce qui n'a pas changé, c'est le rapport des gens aux vêtements. C'est-à-dire qu'on est dans une société qui débute à peu près au début du XXe siècle, qui est une société de l'individualité, où on part sur une théorie qui est que ce que vous êtes à l'intérieur se voit à l'extérieur. Et donc, ce que vous portez, ça signifie votre identité. Et ça, c'est un système qui est vrai même quand on le refuse. C'est-à-dire qu'on ne peut pas ne pas communiquer. Et donc, vous êtes obligés de vous habiller et donc de dire des signes, qui sont parfois des non-signes.

C'est-à-dire que vous refusez la mode et donc vous vous habillez non-mode, mais quand même, vous portez des vêtements qui signifient le non-mode et d'ailleurs qui peuvent signifier le corps ou ce genre de tendance.

8:29
Présentateur

C'est-à-dire que dans la mode, il existe la non-mode ?

8:31
Invité

Il existe tout plein de courants qui permettent à chacun de se positionner et de signifier quelque chose de ce qu'il est, avec ce lien indissociable qui est qu'à chaque fois que vous vous habillez, vous émettez des signes que vous voulez interpréter d'une certaine façon et que les gens vont décoder d'une certaine façon en espérant au maximum qu'il y ait une correspondance entre les signes que vous émettez et les signes que les gens reçoivent, qui est votre identité.

8:53
Présentateur

C'est ça, Audrey Millet, finalement, malgré en effet cet éclatement, malgré le fait que parfois s'habiller peut être compliqué, ça reste quand même une part de notre identité, ce qu'on porte ?

9:03
Invité

Oui, la mode est tout à fait essentielle. Alors d'une part, toujours on dit pour se couvrir, bien entendu, contre les incontéries. Et puis on ne peut pas sortir de chez soi tout simplement nu, sinon on finit en prison. Donc la mode a toujours été importante, il y a des événements différents, des événements du matin, des rendez-vous, des entretiens d'embauche, ce type de choses. Mais c'est vrai qu'on a assisté à une accélération, à une recherche du moindre coût depuis plus de 100 ans, depuis la fin du 19e. Et là, il y a véritablement eu une perte de repères dans la chaîne de production et de fabrication qui pose problème à beaucoup d'enseignes.

9:44
Présentateur

Ça veut dire quoi, excusez-moi, perte de repères ?

9:47
Invité

C'est-à-dire que beaucoup d'enseignes sont incapables de retracer en réalité toutes les étapes de la fabrication, de la production et tout ça pour le moindre coût. C'est-à-dire qu'il y a eu énormément de délocalisation. Ce qui ne met pas au même niveau ces grandes enseignes et des créateurs qui ont l'envie, le bonheur, de nous habiller, de nous rendre beaux, de nous donner du bien-être, de nous donner du confort. Il y a vraiment une échelle de valeur qui s'est… Il y a un grand écart maintenant entre… Mais ça, ça a été par deux étapes. La démocratisation, et on est très heureux de cette démocratisation, de pouvoir avoir plusieurs vêtements tout de même et de changer.

Mais cette massification qui intervient, donc après les années 60-70, qui est venue d'abord des États-Unis, ça il faut bien le savoir, et ensuite de la Chine.

10:46
Présentateur

Alors, Clarice Ray, vous vouliez réagir ?

10:48
Invité

Je voulais réagir parce que quand j'entends on est obligé de s'habiller comme si les normes sociales faisaient qu'on ne pouvait pas se balader tout nu dans la rue, ou comme si le vêtement était uniquement une fonction, j'avoue que je… Non, là, je ne partage absolument pas, parce que la mode, je vais dire, est une espèce de concentré. Là, je parle de mode créative. C'est un concentré d'une époque. Quand vous pensez aux années 70, vous imaginez très bien les vêtements. Quand vous pensez au Moyen-Âge, vous imaginez très bien les vêtements. Chaque, j'allais dire, époque, je dois dire, est un concentré à la fois, la mode est un concentré à la fois de valeurs et de l'esthétique d'une époque.

Et donc, c'est quelque chose qui est extrêmement important. Et la mode, l'obsolescence, elle traduit simplement aussi que, je vais dire, les gens, la mode avance, la civilisation avance, l'époque avance, il y a de nouvelles problématiques, il y a des nouvelles choses qui émergent. Et donc, la mode change comme l'art change. On ne reproche pas à un peintre de peindre comme au XIXe siècle, parce que sinon, on tombe dans un académisme stérile. Et donc, la mode créative, qui est un art, oui, elle évolue, mais en même temps, moi, je mets des choses d'il y a 30 ans, sans problème.

12:10
Présentateur

Alors, Anthony Vincent, Julien Ferré, vous allez réagir dans un instant, mais juste, Audrey Nier, vous vouliez réagir à ce que disait justement Clarisse Ray.

12:17
Invité

Oui, mais en fait, on est obligé de se vêtir, c'est juste légal dans nos sociétés.

12:21
Présentateur

Oui, bien sûr.

12:22
Invité

Si on est tout nu, on va en prison. Il n'est aucunement, je n'ai aucunement l'intention de nier le fait que, durant l'Antiquité, il y avait également des perruques pour les Romaines, que, évidemment, sur le forum, les femmes s'habillaient de manière éminemment esthétique, que les marchands ambulants de bijoux existaient, que la mode ne date pas du 15e siècle, mais c'est la base. Donc, dans tous les cas, à un moment, tous les matins, vous pouvez ne pas vous coiffer, vous ne pouvez pas vous brosser les dents, vous pouvez ne pas manger, mais vous allez vous habiller. Donc là, des questions, des choix se posent et ils vont devenir esthétiques.

12:58
Présentateur

Alors, un mot à propos aussi de la mode, par rapport à cette vision qu'on peut en avoir aussi, Julien Ferré. Est-ce qu'aujourd'hui, la mode, le fait que ça soit complètement éclaté, est-ce que, finalement, on nous impose moins de choses qu'à une époque où on devait s'habiller d'une certaine manière pour représenter soit sa classe sociale, soit son métier ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est totalement libéré, il y a moins de pression.

13:19
Invité

Je ne sais pas s'il y a moins de pression, peut-être qu'il y a des pressions qui sont peut-être plus diverses et variées. Tout à l'heure, vous avez utilisé une expression que je trouvais intéressante et qui a été utilisée également le sémioticien Roland Barthes, le système de la mode. En fait, la mode, c'est un système dans le sens où il y a plusieurs gens qui jouent, c'est-à-dire qu'il y a les gens qui portent, puis il y a les gens qui créent, donc les industries. On a parlé des créateurs, mais on a parlé aussi des non-créateurs qui copient et ainsi de suite, peu importe. Ils font tous des propositions de mode.

Et puis, entre tout ça, il y a aussi quelqu'un, un grand absent dont on n'a pas parlé pour l'instant, qui est le système médiatique. Le système médiatique, il a des influences qui sont extrêmement fortes. C'est lui qui va... Par exemple, je ne sais pas si vous vous rappelez, pendant longtemps, dans le magazine Elle, il y a eu une rubrique qui s'appelait « Des podiums à la rue ». D'accord. Vous avez le vêtement sur le podium, puis comment est-ce que le porte la célébrité et comment est-ce que vous, Madame Michu, vous pouvez le porter.

Donc, le podium va être super extravagant et puis la version rue, ça va être une version un petit peu accessoire, ceinture, qu'on peut facilement mettre sans forcément avoir l'air trop provoquant. Et donc, vous avez comme ça un rôle du média qui va être un rôle de guide et qui va jouer souvent sous ces aires un peu libérateurs parce que souvent, le média prend une position libératrice, va jouer en fait les gardes-chiots mais nous dire ce qu'il faut ou il ne faut pas porter. Anthony Vincent. Alors, c'est de moins en moins vrai, effectivement. Donc, on est passé d'un rapport extrêmement vertical à la mode à quelque chose de beaucoup plus horizontal.

Longtemps, les médias ont dicté ou en tout cas contribué largement à la diffusion des tendances et des images de mode. Et donc, clairement, on avait des médias qui disaient « Ah, on a aperçu ça, c'est telle marque, telle maison de luxe, telle autre maison de luxe, etc. » Et vous pouvez retrouver des dupes, ce qu'on appelle souvent des dupes aujourd'hui sur les réseaux sociaux. Qu'est-ce que c'est ? Donc, quelque chose qui ressemble énormément à ce qui a été proposé par une maison de mode de luxe. Donc, la pièce va coûter 1000 euros la veste en cuir, par exemple. Et on va retrouver un dupe semblable dans une marque de grande distribution, voire de fast fashion pour une fraction du prix.

15:07
Présentateur

Parce qu'il n'y a pas de copyright aussi, c'est ça ? Si. En fait,

15:09
Invité

pour échapper à une accusation de contrefaçon, il suffit de faire environ 7 différences sur une pièce. Donc, par exemple, vous pouvez placer les poches à un autre endroit de quelques centimètres de différence ou en rajouter une huitième si il y en avait 7 pour échapper à toute accusation de contrefaçon ou de copie. Et donc, il y a énormément de marques. C'est souvent comme ça que ça se passe. Le luxe propose des choses très créatives. Ensuite, des marques de grande distribution vont les copier très rapidement parce que, justement, la diffusion des images de mode s'est extrêmement accélérée et ça ne passe pas forcément par les magazines de mode.

Les médias sont de moins en moins autoritaires là-dessus. C'est quoi ? C'est les réseaux sociaux aujourd'hui, c'est ça ? Notamment les réseaux sociaux. Et donc, en fait, ça fait de moins en moins des podiums à la rue mais la rue dicte autant au podium que l'inverse et les médias, en fait, ont de moins en moins d'influence là-dessus. Ils ont aussi de moins en moins d'autorité là-dessus parce qu'ils s'adressent de moins en moins à leur lectorat, en fait. Maintenant, les annonceurs règnent en maître du côté des médias, surtout féminins. Et donc, l'assiette d'annonceurs est très restreinte.

Ça va être beaucoup de maisons de luxe qui vont imposer leurs ambassadeurs, ambassadrices de manière plus ou moins subtile. Donc, on va les retrouver en couverture. Ces maisons de luxe vont également imposer des total looks dans les séries mode. C'est-à-dire que la mannequin va être habillée de la tête au pied par une seule et même maison alors qu'avant, on pouvait mixer des pièces. C'est de moins en moins créatif.

16:24
Présentateur

De l'exclusivité, en fait. Beaucoup d'exclusivité.

16:27
Invité

Et du coup, on se retrouve avec des médias qui s'adressent surtout à leurs annonceurs et de moins en moins à leur lectorat. Et les personnes qui veulent s'habiller, c'est de moins en moins dans leurs usages de lire des magazines de mode pour s'informer sur les dernières tendances et de plus en plus, elles vont consulter TikTok, Instagram, Pinterest, etc. pour s'informer et ne plus chercher forcément à regarder sur les podiums. En fait, les créatrices de contenu dominent énormément les tendances aujourd'hui.

16:49
Présentateur

C'est ça aussi, ça a bien changé aussi dans la mode. Il y a les réseaux sociaux. On le voit, c'est intéressant ce que vous avez dit aussi, Anthony-Vincent, c'est ce changement de la rue finalement qui dicte aussi peut-être aux créateurs et qui s'en aspire à l'alimentation.

17:00
Invité

On va dire qu'il y a un plus grand rapport d'égalité, de rapport de force, un éclatement aussi, on l'a dit tout à l'heure. Mais si vous prenez un influenceur par exemple, en fait, c'est un média, c'est-à-dire qu'il joue le rôle d'une posture médiatique. Il va être suivi par un certain nombre de gens qui vont le consommer de façon régulière, parfois tous les jours, parfois toutes les deux semaines, et ainsi de suite. Et puis, il va vous faire des propositions de mode. Il va porter tel vêtement, tel accessoire, et ainsi de suite. et vous allez avoir envie ou non de reproduire ce type de comportement.

Donc, vous avez en fait un éclatement de la figure médiatique, mais quand même la persistance de figures d'opinion. Et tout à l'heure, on parlait des influenceurs, on parlait des magazines, mais on pourrait parler des stars aussi, qui jouent exactement le même type de rôle et qui ont également ce potentiel d'influence.

17:42
Présentateur

C'est ça. Clarice Ray, vous vouliez réagir ?

17:44
Invité

Oui, je voulais réagir parce que c'est la grande transformation, je crois, des 40-50 dernières années, c'est qu'aucune marque, aucune marque fut-elle extrêmement forte, extrêmement puissante pouvant se payer des publicités dans les plus grands magazines n'impose son style. Aujourd'hui, la mode, parce que justement les réseaux sociaux, Instagram, c'est la liberté, c'est un champ de liberté et la mode, le rapport à la mode, le rapport d'une personne à la façon dont il s'habille, c'est parce qu'il a une relation avec les autres.

Si vous restez chez vous, scotché devant votre écran digital comme voudraient le faire les oligarques de la Silicon Valley, vous vous habillez parce que vous voulez vous exprimer, exprimer votre individualité et c'est vrai que vous ne vous habillez pas de la même façon pour venir, j'allais dire, sur France Inter que pour un entretien d'embauche, que pour aller à une soirée.

18:39
Présentateur

Ça dépend. Vous ne savez pas

18:41
Invité

comment on habille aujourd'hui ? Pas encore. En tout cas, pas moi. Pas moi, surtout dans cette chaleur. C'est noté. Mais si vous voulez, c'est un espace de liberté et de symbole et de concrétisation de relations aux autres.

18:55
Présentateur

Un mot aussi, Audrey Millet. Pour vous, vous avez vu cette différence soulignée tout à l'heure par Anthony Vincent et Julien Ferré sur ce rapport. En effet, auparavant, on pouvait se plonger dans les magazines pour voir quelle était la tendance. Aujourd'hui, la rue et les réseaux sociaux font un petit peu aussi cette nouvelle mode qui apparaît et qu'aujourd'hui, ça s'est un peu inversé au niveau du pouvoir dans la mode ?

19:18
Invité

Oui, il y a un échange de pouvoir en réalité. Je crois qu'il faut y prendre vraiment toutes les choses positives. La mode, là, peut devenir beaucoup moins agressive. Vous n'êtes pas obligé d'avoir du bob jusqu'aux chaussures la même marque. C'est un terrain de jeu formidable, un moyen d'expression qui va vous donner du plaisir, du bonheur, qui va vous permettre de partager avec les autres par message codé, de coordonner, de combiner avec une pièce ancienne, un accessoire nouveau et qui fait appel finalement au libre-arbitre, aux décisions de chacun et je crois que là, il y a vraiment c'est un terrain de jeu formidable.

20:02
Présentateur

Allez, on va continuer à en parler dans un instant justement de la mode, de la fast fashion, enfin bref, toutes vos questions. N'hésitez pas à nous contacter via l'appli France Inter. On va écouter un homme qui s'est lancé dans la mode, lui aussi responsable, c'était Stromae, il avait lancé sa ligne de vêtements. On va écouter maintenant Stromae avec le titre Pas Vraiment.

20:21
Invité

Qu'est-ce qu'on est beau sur la photo ? Qu'est-ce qu'on est beau sur les réseaux, chéri ? T'as vu les gens comme ils sont jaloux de nous ? Tous mes biens sont les tiens et tous tes biens sont les miens aussi. On a tout pour aller bien mais les biens ça fait pas tout du tout. Je me demande pourquoi on est encore ensemble ? Nous deux, non on sait même pas vraiment. Oui, toi et moi, on devrait peut-être s'arrêter là. C'est mieux vu qu'on sait mais pas vraiment. Qui sont bizarres ? Leur histoire, toi. Moi je crois pas que ça va faire long. J'avoue bientôt ça fera 5 ans qu'on a de la peine à voir, nos jours ils s'échangeront.

Je me demande pourquoi j'allais la demander avant que je l'ouvre elle s'est excusée. J'étais tellement choqué quand elle m'a dit je me demande pourquoi on est encore ensemble ? Nous deux, non je ne sais même pas vraiment. Oui, toi et moi, on devrait peut-être s'arrêter là. C'est mieux vu que je t'aimais pas vraiment.

23:06
Présentateur

Le débat de midi, nous parlons aujourd'hui de la mode, de notre manière de s'habiller et alors il y a aussi quand même une question qu'on peut se poser avec la mode c'est est-ce qu'elle tient vraiment compte des tendances de l'époque ? C'est vrai en même temps quand on regarde un petit peu ce qui se passe Julien Ferré on voit qu'aujourd'hui on parle énormément du genre du sexe est-ce que la mode s'est emparée de ça ? C'est notamment quand on parle par rapport aux femmes de l'hyper-sexualisation souvent c'est évoqué est-ce que la mode s'en saisie ou alors elle s'en contre-fiche tout simplement ?

23:40
Invité

Alors c'est une bonne question c'est au cœur de mon travail de recherche en fait la mode est très consommatrice de tendances parce qu'elle est consommatrice de nouveautés on en a parlé tout à l'heure en fait son système c'est un système d'obsolescence et tout à l'heure il y avait une des intervenantes qui disait que la mode était ancrée dans son époque et effectivement elle va chercher en permanence à s'ancrer dans son époque et ce qui est assez fou c'est qu'elle est capable de reprendre de tout c'est-à-dire que ça peut être des choses qui sont de l'ordre du superficiel et de l'ordre du système de la mode mais ça peut être aussi des choses qui sont liées au contexte social une guerre qui arrive et on va avoir des loups guerriers sur les podiums donc elle va s'inspirer de plein de choses très différentes voire même parfois de sa négation je ne sais pas si vous vous rappelez il y a à peu près 20 ans il y a un livre qui était sorti de Naomi Klein qui s'appelle Nos Logos qui était sur la tendance du minimaliste et du fait que les gens ne voulaient plus arborer des marques et qu'ils voulaient au contraire des choses qui étaient discrètes entre guillemets et bien les marques s'en sont emparées et elles ont produit même les marques qui avaient des monogrammes et ainsi de suite des collections où on ne voyait plus la marque et donc la mode est capable de s'emparer même de son antithèse

24:39
Présentateur

c'est ça Audrey Millet tout à l'heure je parlais un instant de l'hypersexualisation notamment des femmes dans le milieu de la mode ou des vêtements aujourd'hui est-ce que ce milieu a décidé d'agir de faire quelque chose ou alors ce sont des vœux pieux et ça restera comme ça a toujours été

24:54
Invité

la mode est là pour humer l'air du temps pour écouter le consommateur pour écouter les différentes strates de la société c'est son job et elle fait très bien de le faire parce qu'elle nous donne une réponse matérielle à des problèmes qui peuvent être géopolitiques psychologiques moraux il y a évidemment des marques qui font par exemple on a actuellement on parle beaucoup de ceci des grandes tailles puisqu'il n'est pas évident dès que vous faites plus d'un 42 alors que c'est à peu près la taille moyenne des françaises de s'habiller donc qui investissent dans différents corps on a également des marques voilà qui vont refuser le bling bling trop de logos ça ce sont des choix ce sont des choix stratégiques c'est l'ADN d'une marque ensuite sur les podiums lorsqu'on voit défiler sur un seul défiler une nana un top modèle qui est noir et qui est forte on peut se demander dans quelle mesure ce geste est significatif à la fois ce geste est fait donc il y a aussi puisque c'est très médiatisé une manière de faire passer des idées elles ne sont pas toutes toutes ces marques ne sont pas toutes négatives mais leur but est quand même de vendre donc elles sont tout à fait à l'écoute par exemple du trop d'hypersexualisation de demandes de produits plus recyclés ils sont vraiment quand même à l'écoute de la demande des consommateurs

26:31
Présentateur

ils sont à la demande mais en même temps vous voyez beaucoup de clients et clientes de marques qui ont pignon sur eux et qui disent en fait on voit des tailles qui ne correspondent pas vous avez parlé tout à l'heure de la taille des françaises et parfois on vend des vêtements qui sont avec des tailles plus basses qui ne vendent pas justement des bonnes tailles

26:51
Invité

oui le problème de la taille est vraiment un problème récurrent je vais vous prendre par exemple l'exemple d'une boutique vintage à Paris le sugar cane voilà des vieux vêtements qui avaient fait un rayon grande taille et en fait ce rayon ne s'est jamais vendu parce que les filles elles ne pensent pas qu'il y a des grandes tailles dans ce lieu et elles pensent qu'elles doivent acheter du coup sur internet c'est plus accessible plus facile pour elles donc ce problème des tailles il est quand même assez récurrent le français moyen porte assez peu de 34 il y en a mais c'est vrai que ça le 42 le 44 le 46 ces filles l'attendent et elles ont le droit de s'habiller et elles aussi d'en faire un terrain de jeu

27:41
Présentateur

complètement Clarisse Ray vous vouliez réagir

27:43
Invité

oui je voudrais dire deux choses d'une part c'est l'essence même de la mode de capter l'air du temps ou du temps qui vient de ce que je vois par exemple depuis 6-7 ans tous les jeunes créateurs qui créent leur marque et qu'on connait très très bien au défi ils sont tous je vais dire avec un souci extrêmement fort pour l'environnement et de plus en plus sur le non-gender le non-genré donc bien avant que ça soit des thèmes extrêmement forts j'allais dire sur les médias etc ou dans les problématiques politiques sur la taille alors ça c'est encore un vrai vrai vrai vrai vrai problème parce qu'il y a la taille 42 et puis il y a aussi toute une partie de la population qui vieillit qui a plus de mal pour enfiler ses vêtements et quelqu'un après 60 ans 70 ans il n'a pas envie de s'habiller forcément de façon extrêmement normée classique etc donc ça c'est encore effectivement un vrai sujet que l'industrie de la mode prend très peu en compte

28:51
Présentateur

c'est ça alors Anthony Vincent pour vous aujourd'hui la mode prend alors c'est les différentes thématiques qu'on voit en ce moment du genre sur l'hypersexualisation sur également aujourd'hui s'assumer comme on l'est est-ce qu'aujourd'hui on le voit des modèles comme disaient les anglo-saxons positifs est-ce qu'aujourd'hui c'est véritablement acté ou alors on est encore dans la communication pour la mode

29:12
Invité

je pense que c'est les deux à la fois et comme le disait Audrey Millet un peu plus tôt c'est une industrie qui adore capitaliser sur des tendances de société notamment le body positive donc elle va par exemple prendre une mannequin qui va servir de caution body positive sur un défilé c'est toujours les mêmes d'ailleurs ça va être Ashley Graham Paloma Alcésar Kilcourt Lev ou encore je ne sais plus qui d'autre mais bref il y en a vraiment 4 ou 5 qui défilent pour une collection par saison et en fait c'est l'exception qui confirme la règle on va avoir une mannequin avec 40-42 et elle va paraître beaucoup plus grosse que les autres parce que toutes les autres font du 34-32 et elle va être là pour cocher une case en fait et de la même manière que comme le disait Clarice Ray on assiste aussi à tous les jeunes créateurs qui veulent absolument proposer des collections avec des pièces des matières upcyclées c'est à dire qu'elles proviennent de deadstock donc des stocks dormants des grandes maisons et justement ça va leur permettre d'afficher un message éco-responsable et de dire regardez nous on est éco-responsable on s'adresse à tous les types de genres et on propose même on a même des mannequins de grande taille sur nos défilés après la réalité des collections derrière ce qui est véritablement vendu dépasse rarement le 42 donc c'est assez

30:17
Présentateur

Mais là quand vous parlez de physique un peu fort est-ce qu'il y a le contraire aussi on a souvent accusé la mode de mettre en avant des femmes et bien en sous-poids c'est à dire véritablement sur la minceur la maigreur et d'encourager aussi quand on le portait pour ressembler à ces personnes-là il fallait être très maigre et donc ça peut être très dangereux aussi

30:36
Invité

Effectivement il y a même un retour à une esthétique qu'on surnomme héroïne chic je vais y venir mais je voulais juste citer une étude du Vogue Business donc un média qui appartient au groupe Condenast au même titre que Vogue qui avait souligné que sur la dernière Fashion Week automne-hiver 2023-2024 seulement 0,6% des mannequins étaient plus size donc environ plus qu'un 44 français et 95,6% des looks représentés c'était taille 34 voire 30 Une taille 30 aujourd'hui c'est irréel enfin c'est très très rare d'être naturellement faire une taille 30 quand on est une personne adulte en fait et ça ça montre bien qu'il y a un retour à une esthétique très très maigre sur les podiums que c'est à nouveau glamourisé et c'est multifactoriel pourquoi est-ce que ça revient sur les podiums on peut assister au succès de séries comme Euphoria qui montrent que drogue et beaux vêtements font bon ménage ça c'est un retour à ce qu'on surnomme l'esthétique héroïne chic qui était très en vogue dans les années 90 à une époque où en fait la consommation de l'héroïne était relativement glamourisée bon après c'est beaucoup plus complexe que ça mais ce que je veux dire c'est que ce qui défile les corps qui défilent ne cherchent pas forcément à correspondre à une réalité de la population mais plutôt à du rêve en fait à du désir l'industrie de la mode c'est vraiment l'empire de l'éphémère comme le disait l'intellectual J.

Lipovetsky mais en fait ce que je veux dire c'est que ce qui fait vendre c'est aussi ce qui nous fait rêver et ce qui peut être inatteignable donc en fait on ne cherche pas toujours à s'identifier à ce qu'on voit parfois c'est justement l'inaccessibilité qui nous fait rêver

31:58
Présentateur

et pourtant Clarisse Ray souvent ça a été mis en cause cette industrie de la mode par rapport aux mannequins par rapport à la minceur et la maigreur aussi des modèles c'est quand même un véritable souci quand certaines personnes tentent de leur ressembler

32:13
Invité

alors évidemment des mannequins anorexiques c'est évidemment un problème maintenant il y a une loi de toute façon en France et puis il y a des engagements de grandes marques mais ces engagements sont-ils tenus ?

oui ils sont tenus et ils ne peuvent pas se permettre de ne pas les tenir ensuite honnêtement regardez autour de vous je veux dire partout les gens sont beaucoup plus libérés par rapport à leur taille leur corps beaucoup plus décomplexés alors moi je suis sans doute plus âgée que vous je veux dire mais je veux dire il y a 20 ans ça n'était pas le cas il y avait effectivement cette espèce d'injonction de minceur voire de maigreur maintenant objectivement ce n'est plus du tout le cas et pourtant

32:56
Présentateur

c'est la majorité tout de même des mannequins que l'on peut voir oui

32:59
Invité

mais les mannequins honnêtement par rapport à l'industrie de la mode et quand on prend de l'industrie de la mode d'abord combien je veux dire ça représente par rapport aux vêtements qui sont vendus ensuite vous avez même des maisons Karl Lagerfeld je crois a été l'un des premiers à faire défiler des mannequins qui n'étaient pas simplement tous maigres plus divers celui qui a été vraiment marqué un grand coup c'est Demna Gavzalia de vêtements et de Balenciaga si vous voulez c'est des choses qui avancent et grosso modo les gens ne sont plus je pense complexés par rapport à leur taille et pour rebondir sur ce que disait Anthony il y a effectivement le sujet des marques mais il y a aussi la responsabilité des gens et là pour le coup c'est le chercheur en sciences de l'information et de la communication qui parle en fait quand les marques de luxe produisent des images de défilé ou des images de mode avec des personnes très maigres elles produisent de la publicité et il y a un rôle des médias et il y a un rôle de la société à le délimiter à le reconnaître comme de la publicité et à ne pas faire croire entre guillemets que c'est la réalité et il y a aussi le rôle des gens à effectivement le reconnaître comme étant une production onirique qui a des liens avec notre réalité mais qui en est aussi décorrélée comme toute publicité il y a effectivement des lois qui imposent par exemple de notifier que telle image a été retouchée mais après qui prête attention aux petites légendes la petite SX qui dit il faut te retoucher sur Instagram comme dans les pubs dans la rue qu'on peut trouver dans le métro etc et il y a aussi Clarisse Ray vous en parliez je pense mais les chartes qui ont été co-signées par les principaux groupes de luxe les plus puissants au monde que sont Kering et LVMH les deux sont français d'ailleurs qui imposent en fait aux marques de ces groupes-là qui détiennent la majorité des marques de luxe européennes les plus connues de recruter seulement des mannequins qui font plus qu'une taille 34 ou alors si elles sont plus minces que ça d'avoir un certificat médical qui atteste de leur bonne santé parce qu'en fait il arrive qu'on soit en dessous de cette taille-là naturellement on parle parfois de maigreur constitutive c'est une condition médicale c'est pas une pathologie mais dans la réalité j'ai fait une enquête là-dessus auprès d'agences de mannequins et la plupart des sources voulaient rester anonymes mais en fait c'est très très peu surveillé donc cette carte-là a été co-signée mais dans la réalité il y a très peu de contrôles qui sont faits pour vérifier que véritablement ces mannequins-là sont en bonne santé que leur IMC même s'il est plus bas que ce qui devrait être considéré comme en bonne santé l'indice de masse corporelle quand il indique de la maigreur et bien en fait que c'est naturel que ça ne leur pose pas de soucis ça c'est très peu contrôlé et il y a aussi beaucoup de médecins qui signent ces certificats ils sont bien connus des agences de mannequins et en fait on les envoie vers le bon médecin pour avoir le bon certificat

35:36
Présentateur

voilà bah écoutez en tout cas ça c'est un peu la phase sombre et alors on va continuer dans la phase sombre de la mode parce qu'il y a beaucoup de messages sur Whatsapp sur l'industrie et notamment du textile et de la fast fashion notamment et bien il y a Félix qui nous dit voilà je ne suis pas un fan de mode mais j'achète des vêtements comme tout le monde je m'habille et je suis assez fasciné et effrayé par le nombre de vêtements que les gens achètent et ne portent pas alors là véritablement on est Audrey Millet dans l'un des drames au niveau des vêtements d'aujourd'hui ce qu'on appelle la fast fashion c'est-à-dire ces vêtements qu'on achète on achète on achète qui s'entachent chez nous et dont on ne va porter qu'une seule fois mais c'est tellement peu cher qu'aujourd'hui donc on les entache chez nous on appelle ça la fast fashion et c'est véritablement en train et bien de renverser même le modèle de la mode et aussi d'être une horreur écologique et économique

36:30
Invité

oui c'est le système de la tentation on a tous le droit d'être tenté et de craqué voilà je crois que c'est quand même voilà si vous pensez que ce vêtement-là est formidable pour vous formidable le problème c'est la répétition de cette tentation et qui est bien entendu cette tentation amenée excitée stimulée par des pubs par Instagram par des réseaux sociaux par des pubs également sur votre téléphone même sur votre mail tout simplement donc à un moment vous craquez mais c'est peut-être oublié et là moi je crois que le consommateur certains se réveillent devrait se rappeler ce qu'on disait tout à l'heure sur le libre arbitre ce terrain de jeu formidable ça doit pas devenir un puzzle infaisable c'est-à-dire que les vêtements se combinent et se coordonnent et nous construisent et c'est à ce moment-là quand on a réussi une silhouette quand on se sent bien dedans quand on a utilisé ce dernier accessoire là que j'adore vert je crois que le consommateur doit se rappeler ça déjà penser à lui ensuite dans une deuxième étape se demander si c'est bien utile aussi d'où ça vient dans quelles conditions le problème c'est que c'est tentant à cause du prix alors c'est vrai que pour quelques euros c'est ça

38:01
Présentateur

en effet on le voit aussi alors après je ne le rappelle pas à tout le monde bien sûr mais Anthony Vincent quand on le voit on va parler dans un instant de Chine en effet cette ultra fast fashion cette marque chinoise on l'a vu c'est-à-dire que tout le monde est au courant des conditions de travail condamnées par des ONG ils font travailler aussi des prisonniers ouïghours ils payent des influenceurs américains pour dire à quel point c'est bien quand ils montent une boutique éphémère à Paris il y a une queue monstrueuse et on a entendu tout à l'heure ce matin un témoignage d'une personne qui disait bah oui mais c'est un t-shirt à 2 euros

38:33
Invité

oui voilà déjà ça devrait poser question à tout le monde le fait qu'on puisse acheter un t-shirt à 2 euros pour le prix d'un pain au chocolat et d'un croissant c'est effarant sachant que le t-shirt c'est du coton qui a peut-être poussé au Mali en Ethiopie ou en Chine qui a été filé en Chine et ensuite qui va être teint ailleurs et terminé encore ailleurs le t-shirt a fait trois fois le tour du monde avant d'arriver sur votre dos et il coûte 2 euros donc en fait ce prix cache énormément de choses dont beaucoup de souffrance beaucoup de pollution et beaucoup de dégâts et c'est effrayant en fait on devrait réfléchir à tout ça quand on achète des vêtements je ne dis pas ça pour culpabiliser les gens je dis ça pour qu'on s'informe et en fait je crois que c'est vous Audrey qui le soulignait un peu plus tôt c'est qu'on a perdu toute notion de traçabilité dans la mode même les marques ne savent plus d'où viennent leurs vêtements comment est-ce qu'ils sont produits où est-ce qu'ils sont teints où est-ce qu'ils sont filés voilà donc là la France est en train de rétablir son industrie du lin de transformation du lin des filatures dans le nord de la France et on va à nouveau devenir autonome sur la production de lin mais voilà c'est extrêmement compliqué d'avoir des vêtements qui sont produits localement et qui ne font pas souffrir la planète et l'humain et ce que je voulais dire aussi c'est que la mode c'est une industrie cannibale c'est qu'elle cannibalise tout les champs culturels on parlait de publicité mais tout est pub aujourd'hui tout est pub de mode y compris les clips vidéo de musique qu'on adore y compris les films qu'on va regarder les séries qu'on regarde la mode est vraiment partout elle cannibalise tout

39:52
Présentateur

c'est ça je viens faire justement sur la fast fashion et donc l'ultra donc on a appris ce terme avec vous l'ultra fast fashion donc de Chine ce groupe il y a Bérangère Couillard qui est secrétaire d'état chargé de l'écologie qui a dit en juillet au début du mois de juillet combattre avec détermination le modèle économique de l'entreprise Chine notamment avec un projet d'éco-score dessus est-ce que ça peut faire évoluer à votre avis les mentalités ou alors le portefeuille parle avant tout

40:17
Invité

je ne sais pas trop en fait alors moi forcément quand je me place dans une posture de recherche je me place dans une posture de pas dugement de valeur je regarde plutôt ce qui se passe dans la société et je me dis alors il y a deux sujets un je trouve ça compliqué de faire poser la culpabilité sur le consommateur c'est-à-dire que c'est une responsabilité partagée par les marques par les médias par le consommateur et tout le monde a un peu sa part en fait tout le monde alimente ce système et tout le monde y trouve aussi son compte et du coup je me dis quel est le compte qui trouve le consommateur et le consommateur il fait sans doute une équation entre guillemets des peines et des plaisirs et d'un côté effectivement il a cette culpabilité qui pèse sur lui parce que je pense que personne ne peut consommer cette marque sans avoir entendu parler des dégâts écologiques qu'elle cause mais il y trouve un intérêt et dans cette espèce de constitution de la personnalité qui est bien plus fort que la culpabilité qu'il en ressent et c'est pas pour se couvrir parce qu'on est d'accord personne n'a besoin d'un ennium t-shirt pour se couvrir et pour sortir dans la rue comme tout à l'heure on disait c'est pas la fonction première du vêtement c'est sa fonction première au sens propre par contre sa fonction essentielle c'est une fonction d'identité et en fait ce vêtement il a été conditionné Anthony le disait par un clip que j'ai vu à la télé par une marque de mode qui a fait ça et que cette marque fast fashion a copié et donc toutes les marques en fait sont responsables même les marques de luxe en fait qui à un moment ont donné l'impulsion qui a fait produire ce système Et Clarice Raël vous vouliez réagir ?

Oui je voulais réagir parce que sur cette surconsommation alors tout d'abord je rappellerai qu'il y a trois grands écosystèmes de mode la création la fast fashion et la mass fashion et je crois qu'il faut parler aujourd'hui de la mass fashion avec l'arrivée des shines dans le paysage La surconsommation bon ça n'est pas que la mode parce que là on a l'impression c'est la mode il n'y a que la mode et que finalement si on supprimait la mode notre monde irait tellement mieux c'est vrai dans la nourriture c'est vrai dans les médicaments en France la consommation de vêtements l'achat de vêtements diminue régulièrement depuis 15 ans donc c'est c'est c'est beaucoup plus compliqué et ensuite comme il était indiqué il y a aussi des ressorts personnels qu'est-ce qui fait que des personnes veulent acheter plus de vêtements alors soit des vêtements neufs soit des vêtements vinted la mode n'en est pas la cause absolue il faut quand même pas tout jeter comme ça sur la mode en se donnant un peu bonne conscience d'avoir un bouc émissaire

42:40
Présentateur

alors très rapidement Tony Vincent

42:42
Invité

je voulais dire aussi qu'on assiste à une phase fashionisation de la seconde main c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de gens qui hyper consomment de la seconde main en se disant oui c'est beaucoup plus écologique du coup je vais acheter 50 fois des vêtements sur Vinted et d'autres plateformes

42:56
Présentateur

Vinted étant un site en effet de revente de vêtements ça marche très bien d'occasion

42:59
Invité

ça cartonne effectivement mais à tel point que des gens justement pour se décapabiliser achètent constamment des vêtements sur Vinted

43:04
Présentateur

c'est ce que nous dit d'ailleurs sur l'appli inter Mariluz qui nous dit bénévole dans une friperie je suis toujours très surprise par les vêtements neufs qui sont déposés en nombre Anita aussi qui nous dit les seniors de plus de 65 ans nous on a de plus en plus de mal à trouver des vêtements qui nous conviennent soit nos marques habituelles ont disparu soit celles qui restent présentent des modèles trop jeunes à la mode et de très mauvaises qualités parce que la qualité c'est aussi importante et puis après celle qui peut aussi nous résumer c'est celle de Camille qui dit personnellement je suis vraiment conscient des enjeux écologiques posés par la fast fashion et l'ultra fast fashion mais il m'arrive d'avoir tout de même des pulsions d'achat que je regrette énormément après et c'est vrai on l'a tous

43:42
Invité

mais c'est ok si le t-shirt que vous achetez il vous dure 10 ans même si vous l'achetez dans une enseigne de fast fashion malheureusement je ne crois pas que ce soit ça

43:49
Présentateur

allez on va continuer à en parler dans un instant de cette mode et la manière dont on se comporte par rapport à la mode juste après un titre de Fatoumata Diawara Somao c'est avec Angie Stone

44:01
Invité

France Inter

47:24
Présentateur

Jean-Mathieu Pernin le débat de midi le débat de midi nous parlons mode nous parlons aussi de vêtements et de cette manière de nous représenter avec les vêtements et on parle bien sûr de ce phénomène que nous vivons chaque jour avec la fast fashion véritable on va dire horreur écologique on le voit avec en effet on a vu récemment aussi dans le désert d'Atacama qui est devenue une véritable décharge de vêtements et notamment il y a maintenant un mot qui revient souvent c'est la marque Chine donc marque chinoise c'est de l'ultra fashion condamnée souvent pour ses pratiques envers les ouvriers notamment Ouïghours si on veut vraiment Audrey Millet résumer aussi la fast fashion est-ce qu'on peut dire que ça concentre un peu toutes les thématiques de la mondialisation d'aujourd'hui ?

48:16
Invité

Oui en effet on remarque dans le secteur de l'habillement je laisserai les spécialistes du secteur d'augmentation en parler également tous les méfaits en fait d'une culture du plus plus c'est-à-dire que lorsqu'on parle de Chine on peut très bien comparer Pretty Little Things Fashion Nova d'autres marques le désert d'Atacama au Chili c'est aussi les poubelles géantes du Ghana c'est aussi Akuedu en Côte d'Ivoire là on focalise mais en fait c'est assez global on se rend compte lorsqu'on étudie alors l'Asie du Sud-Est la Chine également et l'Afrique que tous les types de trafic sont liés c'est-à-dire que pour faire des vêtements il faut des gens et on se retrouve avec des gens compétents devant des machines à coudre à Agadez au Niger qui en fait font l'objet de trafic humain on se retrouve avec ces gens qui travaillent 7 jours sur 7 14 heures par jour pas moins qui en fait sont obligés de se droguer à la kétamine qui est une drogue pour faire courir plus longtemps les cheveux qu'il y a également du trafic sexuel et que ces gens on les tient bien entendu grâce au trafic d'armes c'est-à-dire que tous ces trafics sont liés mais on va retrouver ça dans d'autres secteurs alors pour quelles raisons tout simplement pour le business on ne peut pas en vouloir à une entreprise de souhaiter payer ses employés de souhaiter faire du chiffre pour investir ou même à un président d'entreprise à un directeur général de gagner de l'argent en revanche le système est corrompu alors on attendrait des lois mais des lois sans tronc et je crois qu'actuellement notre plus gros problème nos plus gros problèmes sont les autorisations de sous-traitance et je dois bien admettre qu'il est difficile notamment pour des petites entreprises de ne pas par exemple aller chercher son textile au Portugal où on attend en fait des lois qui d'interdiction d'importation n'est pas spécialement chiine c'est-à-dire véritablement des zones où il y a des problèmes il y a des problèmes quand même dans beaucoup de zones mais ces lois d'interdiction en fait elles ne sont pas possibles

50:45
Présentateur

elles sont difficiles en effet à mettre en place Clarisse Ray vous vouliez réagir

50:50
Invité

oui je voulais je voulais réagir parce qu'il ne faut pas j'allais dire que toute la fast fashion est j'allais dire emploi des esclaves ça n'est pas vrai il y en a certaines oui il y en a d'autres non donc et je voudrais rappeler

51:05
Présentateur

il est vrai quand vous dites pas des esclaves mais on voit quand même des gens très peu payés on se souvient au Bangladesh notamment de cet immeuble qui s'était écroulé avec des ouvrières et des ouvriers à l'intérieur qui étaient payés 2 euros

51:20
Invité

mais ça n'est pas vrai pour toutes les marques et je voudrais dire quelque chose qui peut paraître paradoxal il est de l'intérêt des mauvaises marques qui posent les problèmes et qui posent des problèmes fondamentaux de faire croire que toute la mode n'est pas vertueuse parce que du coup eux ils ne sont pas du tout vertueux et ça se voit moins ensuite le problème central j'allais dire des travailleurs est absolument considérable et quand je vois par exemple que le FMI a prêté 4,7 milliards au Bangladesh en début d'année ça serait souhaitable qu'avec des prêts comme ça il y ait quand même une exigence que dans le pays il y ait le respect à minima des règles de l'OIT ensuite il y a les sujets techniques d'environnement où là nous à l'IFTH on est là justement pour inventer de nouvelles fibres pour remplacer l'élastane pour remplacer les produits toxiques comme les perfluorés etc on est là aussi pour aider des marques et certaines marques de distributeurs chez qui vous allez acheter votre salade et votre fromage de faire nous avons la liberté d'aller acheter des vêtements ce qu'on veut de les tester et de leur faire un feedback pour leur dire là c'est pas bien là ça va etc il y a des choses qui se font et donc vraiment il faut pointer les marques qui effectivement posent problème sinon j'allais dire elle jette l'opprobre sur tout le monde et finalement on n'agit pas vraiment sur elle

52:52
Présentateur

alors c'est noté alors il est vrai aussi Anthony Vincent il y a Sylvie Lefebvre sur Whatsapp qui nous dit une chose alors ça tout le monde a pu le remarquer elle dit voilà moi je ne consomme pas énormément de fast fashion mais plutôt je vais dans ce qu'on appelle alors elle elle appelle ça limite luxe alors quand elle dit limite luxe elle met entre parenthèses voilà BASH par exemple et elle dit je suis vraiment déçu et ça je pense que beaucoup de monde aussi l'a constaté par la baisse de qualité permanente elle dit aujourd'hui alors c'est pour ça qu'elle dit je ne vais pas acheter non plus la fast fashion mais je vois une mauvaise qualité aussi quand on paye plus cher

53:25
Invité

c'est pour ça que c'est relativement artificiel d'opposer fast fashion et ultra fast fashion avec l'industrie du luxe et au milieu il y aurait le milieu de gamme et le haut de gamme et le premium donc pour citer plusieurs marques comme Sandro Hommage Clodie Pierlot BASH etc BASH est encore plutôt bonne élève oui oui j'écoute beaucoup la radio je sais et effectivement parmi le segment premium haut de gamme il y a beaucoup de mauvais élèves qui fabriquent pour très très peu cher se font une marge énorme sur le dos des clients des vêtements de piètre qualité et donc en fait on paye très très cher un vêtement qui ne va pas survivre à plus d'un lavage et ça c'est terrible et c'est aussi pour ça que c'est important de constater que la qualité ne rime pas forcément enfin pardon un prix élevé ne rime pas forcément avec bonne qualité donc c'est pas parce qu'on va vers une marque de premium avec un positionnement haut de gamme qu'on va se retrouver avec un vêtement de meilleure qualité que des enseignes de fast fashion ou du luxe enfin on a perdu tout repère de qualité le grand public sait de moins en moins bien reconnaître des bonnes matières premières qui vont durer dans le temps et ça c'est un gros problème d'information d'information

54:23
Présentateur

d'éducation aussi à ça alors on va écouter aussi Valérie elle nous a laissé une note vocale et je crois qu'elle seule et bien elle pourrait résumer justement l'émission et le plaisir aussi de s'acheter des vêtements

54:36
Invité

oui je suis Valérie moi je suis une adepte de la mode mais plutôt de manière à l'ancienne c'est-à-dire que moi la mode je le vois ça comme un investissement c'est-à-dire que j'achète des vêtements chers soit mais que je remets avec plaisir pendant plus de 20 ans voire 30 ans donc pour moi la mode c'est ça aussi c'est se faire plaisir avant tout être bien ça nous permet quand même d'être bien dans son corps dans sa tête et puis surtout en profiter pendant des années

55:15
Présentateur

voilà donc une note vocale laissée par Valérie sur l'appli France Inter je lui ai inféré finalement voilà c'est ça la bonne démarche

55:21
Invité

j'adore cette notion de plaisir et je pense qu'elle est au coeur du système de la mode

55:24
Présentateur

oui c'est ça et en plus remettre même ses vêtements pendant 20-30 ans il faut mieux les garder puisqu'à un moment on voit que ça revient toujours à la mode finalement et ça nous définit c'est ça voilà et ça fait la mode oui justement j'allais dire

55:35
Invité

quand vous dites que ça nous définit c'est hyper important et je pense que c'est pour ça que la question de la mode cristallise autant et crispe autant le grand public et ça se voit aussi dans la fréquentation des expositions de mode dans les musées c'est que en fait ça attire énormément de gens parce qu'on a tous un rapport hyper identitaire au vêtement ça nous définit énormément

55:50
Présentateur

et bien merci beaucoup Anthony Vincent je rappelle que vous êtes journaliste aux médias mademoiselle merci à Julien Ferré docteur en sciences de l'information de la communication merci à Clarisse Rey directrice générale du défi en direct des studios Radio France à Lyon et Audrey Millet autrice du livre Noir de la mode une émission réalisée par Etienne Bertin la technique Florian Dorimini et préparée par Constance Villanoa Aloïse Nollet Pierre de Certaines et Savannah Ruelan Etienne Bertin