Fabrice PANNEKOUCKE : Président "LR" de la Région Auvergne Rhône-Alpes, et Président d'Auvergne Rhône-Alpes Tourisme
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Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça fait de devenir président ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Est-ce que c'était difficile de se mettre dans les pas de Laurent Wauquiez ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Comment vous vous êtes réparti les tâches avec Laurent Wauquiez ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir suspendu les aides à l'Université Lumière Lyon 2 ?
- 5:27FerméeRéponse directe
Les aides ont bien été supprimées ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Est-ce que la suspension des aides est liée à la laïcité et à des discours islamo-gauchistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Ça fait depuis le mois de septembre, effectivement. »
- 4:09Invité politiqueFait
« Il y a une véritable déviance. Une véritable déviance de la manière avec laquelle la République, la position de la France, les valeurs même du pays, ne sont pas respectées. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Je pense évidemment à la présidence, au vice-président qui, au regard de ses comportements, est aujourd'hui démissionnaire. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Nous avons des valeurs dans ce pays. Nous y sommes très attachés. »
- 7:15Invité politiqueFait
« C'est une attente très forte aujourd'hui. Elle est exprimée de toutes les manières, à la fois sur l'espace public, et on a vu les drames qui se sont produits ces jours derniers, en Haute-Savoie notamment, on ne peut pas l'accepter. »
- 7:46Invité politiqueFait
« Laurent Wauquiez, à l'époque, avait décidé de mettre en place les portiques devant les établissements, c'était le premier acte fort que nous avons conduit avec la région pour protéger la sécurité. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Oui, c'est évident. Et nous avons là une véritable responsabilité à avoir. »
- 12:28Invité politiqueFait
« C'est effectivement une chance que de pouvoir recevoir et organiser ces Jeux olympiques et paralympiques en 2030. »
- 17:43Invité politiqueFait
« Et bien sûr que nous en avons besoin et on peut avoir tous les débats stériles que l'on souhaite. »
- 18:19Invité politiqueFait
« Moi, je suis très opposé à ces idées qui voudraient qu'on arrête un chantier alors qu'il a été initié. »
- 18:41Invité politiqueFait
« La décision est prise. Les études préalables ont été menées. »
- 21:44Invité politiqueChiffre
« La région y contribue d'ailleurs pour un quart du montant global aux côtés de l'État. »
- 22:21Invité politiqueChiffre
« Et quand on achète des rames supplémentaires, ce n'est pas moins de 160 millions d'euros qu'on met sur la table. »
- 22:37Invité politiqueChiffre
« Alors que nous ne touchons pas, comme vous le savez, le versement mobilité, parce qu'on n'a pas voulu faire peser cette fiscalité supplémentaire sur les entreprises de notre région, pas moins de 100 millions d'euros. »
- 23:43Invité politiqueFait
« La première, c'est qu'effectivement, nous sommes la région la mieux gérée de France. »
- 23:56Invité politiqueChiffre
« Le budget de la France en 2025 prive la région Auvergne-Rhône-Alpes de 120 millions d'euros. »
- 27:57Invité politiqueFait
« Je vous confirme être un artisan de la croissance parce que je crois que c'est par l'activité que nous pouvons faire vivre nos territoires. »
- 28:21Invité politiqueChiffre
« Nous recevons la moitié, plus de la moitié, des projets de relocalisation industrielle du pays sur notre territoire. »
- 29:25Invité politiqueChiffre
« C'est déjà plus de 2500 jeunes que nous avons formés dans ce cadre-là. C'est 70% de l'objectif que nous étions fixés. »
- 30:37Invité politiqueFait
« Je porte aux côtés de Bastien Jouin et d'un certain nombre d'élus ici de Caluire. Il a été le premier à partir dans cette idée-là. »
- 31:21Invité politiqueFait
« Moi j'ai en tête à la fois ce plombier ou cet électricien qui me dit je vais quitter le territoire parce que mon fourgon n'est pas compatible. »
- 34:21Invité politiqueFait
« Je réaffirme ici mon soutien le plus entier à Laurent Wauquiez qui a d'ailleurs tenu un très bon meeting à Jaunage hier soir. »
- 35:13Invité politiqueFait
« Ma priorité pour Laurent Wauquiez évidemment parce qu'il a su faire aussi la démonstration que lorsqu'il dit il fait, il l'a montré dans notre région et avec des résultats qui ont été obtenus de manière très claire. »
- 36:52Invité politiqueFait
« Il y aura donc un candidat avec des valeurs très claires et avec le plus grand soutien, c'est ce que dit Laurent Wauquiez depuis le début. »
Temps de parole
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- Présentateur32 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon Première, avec un invité exceptionnel. Je suis ravi de vous rencontrer, puisque je ne vous connaissais pas, monsieur le président du conseil régional Auvergne-Royal, Fabrice Pannecouque, c'est ça ? J'ai bien prononcé votre nom. Bonjour, je suis heureux de vous rencontrer, de vous accueillir dans une actualité qui est importante et intéressante, à la fois localement, politiquement, nationalement, on va dire.
Et donc, on va pouvoir en échanger ensemble sur... Alors, le bilan, c'est un peu tôt, mais vous êtes président, je crois, depuis un peu moins d'un an. Ma première vraie question, c'est qu'est-ce que ça fait de devenir président, du coup ?
Bonjour et merci de votre accueil. Bonjour à toutes et à tous. Ça fait depuis le mois de septembre, effectivement. Ça fait quoi ? C'est une lourde charge, évidemment. Ça nous oblige. C'est, je crois, le premier sujet que ça inspire. C'est aussi passionnant, parce qu'on a une région absolument formidable, faite de diversité. C'est un très grand terrain de jeu et les champs de compétences qui sont évidemment très importants, à la fois de ce qui fait le quotidien des habitants, mais aussi de ce qui nous permet de préparer l'avenir. Et là, nous avons évidemment des enjeux qui sont absolument majeurs.
On va en parler, effectivement. On va regarder un petit peu à la fois l'actualité de la région, les endroits où il s'est passé des choses peut-être un peu nouvelles. Vous avez aussi peut-être commencé à imprimer, je vais dire, votre marque, puisque vous succédez, entre guillemets, à Laurent Wauquiez, qui est quand même une personnalité d'envergure. Est-ce que c'était difficile de se mettre dans ces pas ? Je me souviens qu'au moment de l'élection, on avait dit que c'était un peu comme une surprise. Vous étiez élu depuis longtemps, mais vous n'étiez pas forcément le plus attendu. Je suppose que ça s'est préparé avec lui. Comment vous travaillez ensemble, d'ailleurs ? On travaille très bien.
C'est effectivement arrivé, non pas dans les pas de Laurent Wauquiez, mais plutôt à la suite du travail qu'il a fait. Moi, j'ai été élu avec Laurent dès 2016. Donc, on a la même histoire, je dirais, dans cette maison conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, mais de le faire à sa manière. Et c'est ce que j'ai toujours souhaité. L'idée n'est pas d'endosser le costume d'un autre, mais plutôt de venir imprimer sa propre marque avec des sujets et un programme qui reste le même. Nous avons été élus à la fois sur les mêmes valeurs et sur le même programme. Eh bien, c'est de pouvoir le décliner à ma manière.
Oui, c'est à votre manière, parce que pour l'instant, c'est vrai qu'il est encore, et c'est tout à fait légitime, assez présent. Souvent, d'ailleurs, je vois les courriers qui sont co-signés par lui et par vous, parce qu'il reste un poste particulier de conseiller auprès de vous. Comment vous vous êtes réparti un peu les tâches, sachant qu'il a une activité politique nationale importante ? Est-ce que c'est sur certains sujets qu'il est plus présent ? Vous en discutez davantage, ou c'est cette transition qui était un peu nécessaire ?
Les choses sont simples. Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul président dans cette maison, et j'ai la chance d'incarner la fonction. Ensuite, avec Laurent, comme nous en avions eu l'habitude déjà par le passé, lorsque j'ai été vice-président, nous avons beaucoup d'échanges. Et son regard m'intéresse, à la fois de ce lien qu'il faut que nous fassions avec l'actualité et l'activité nationale, mais aussi du regard qu'il porte sur notre région. Il l'a pratiqué, incarné, il a forgé ce que nous avons fait depuis maintenant une petite dizaine d'années. C'est important d'avoir son avis, son regard dessus.
Donc, nous avons des échanges de manière très informelle, avec des coups de fil qui nous permettent aussi de nous dire les choses, de partager nos points de vue. Et puis, ensuite, nous déclinons, nous réalisons.
Alors, justement, sur les derniers sujets d'actualité, on va rentrer après dans le fond des compétences, etc., de la région, des décisions. Il y a une actualité assez récente, qui, moi, m'a un tout petit peu surpris, parce que je n'étais pas tout de suite dans l'évidence de ce que vous étiez concerné par ce sujet. Vous avez, à un moment, décidé de suspendre les aides à l'Université Lumière Lyon 2, suite aux incidents qui ont eu lieu. Alors, c'est, en plus, des incidents assez complexes à regarder. Ma question, elle était double. C'est d'abord, qu'est-ce qui s'est vraiment passé pour que vous preniez cette décision ? Et ensuite, est-ce qu'elle est tout à fait effective ?
Est-ce qu'à un moment, c'est oui, peut-être ? Ou est-ce que c'est vraiment définitif, cette suspension des aides ?
Alors, le sujet, il est globalement simple et les positions, elles sont très claires. De quoi est-ce que l'on parle ? Il y a une véritable déviance. Une véritable déviance de la manière avec laquelle la République, la position de la France, les valeurs même du pays, ne sont pas respectées. On ne peut pas être complice. Or, nous sommes financeurs sur un certain nombre d'actions et la suspension de nos aides et de nos engagements fait que nous ne sommes pas complices de la manière avec laquelle un certain nombre se sont comportés. Je pense évidemment à la présidence, au vice-président qui, au regard de ses comportements, est aujourd'hui démissionnaire.
Et je veux dire ici, tout mon soutien à Fabrice Balanche. Je le réaffirme ici, à nouveau, parce qu'il faut être clair. Nous avons des valeurs dans ce pays. Nous y sommes très attachés. Moi, je suis attaché à ce que les élus aient une colonne vertébrale. Et lorsqu'on a des capes clairs qui sont définis, des valeurs auxquelles nous sommes attachés, celles sur lesquelles nous avons d'ailleurs été élus, celles sur lesquelles nous nous faisons confiance, eh bien, il faut les tenir. Il faut affirmer ses positions.
Et l'accompagnement financier est une manière pour nous de le rappeler, mais aussi d'attirer plus globalement la lumière dessus, pour que chacun prenne bien la mesure de ce qu'il était occupé de se passer dans cet établissement, et l'importance que les valeurs de la République puissent être respectées.
Donc les aides ont bien été supprimées ?
Les aides ont été supprimées, avec un rapport en commission permanente, qui est notre lieu où les décisions se prennent, qui est programmé dans quelques jours, et sur lesquelles j'ai retiré le rapport en question, pour que ça ne soit pas juste une incantation, mais une décision très claire avec une position opérationnelle.
Quand vous parlez de déviance et sur un certain nombre de valeurs de société, où on peut entendre aussi des choses autour de la laïcité, quelque part, c'est aussi peut-être un peu la même démarche qui avait été la vôtre au moment de ce dossier sur le lycée confessionnel musulman, etc. C'est du même ordre ?
On est dans le même état d'esprit, absolument, où, à un moment donné, on ne peut pas avoir des discours, on ne peut pas laisser passer des discours, on ne peut pas avoir des comportements, des organisations même de la journée, qui seraient inspirées d'une tendance islamo-gauchiste, alors que nous avons à tenir ici le cap clair des valeurs que nous portons. Ça, ça va aussi, j'allais dire,
dans un certain nombre de sujets sur lesquels on reviendra tout à l'heure, par rapport peut-être à la notion aussi de sécurité. Je sais que la région s'occupe notamment des lycées, il y a des tas de transports, d'éléments de sécurisation. Est-ce que vous, qui avez été aussi, d'ailleurs, pendant longtemps élu local, entre guillemets, je crois que vous étiez maire de Moutier pendant de longues années, mandat que vous avez dû quitter, ce n'était pas trop, trop difficile, d'ailleurs, de quitter ce mandat de maire ?
Vous savez, le mandat de maire est un mandat absolument exceptionnel. Moi, je l'ai exercé dans deux communes différentes pendant un de trois ans. Et évidemment, au moment de s'engager dans cette présidence du conseil régional, c'est un choix qui est un choix difficile, mais qui est un véritable choix. Et je l'ai complètement assumé parce que la mission qui est proposée aujourd'hui est absolument majeure. Derrière ce que vous évoquez de ces questions de sécurité, évidemment, mais quand on préside un exécutif, les questions de sécurité sont absolument majeures. C'est une attente très forte aujourd'hui.
Elle est exprimée de toutes les manières, à la fois sur l'espace public, et on a vu les drames qui se sont produits ces jours derniers, en Haute-Savoie notamment, on ne peut pas l'accepter. Et nos établissements scolaires sont un rempart absolument essentiel qu'il nous faut préserver, à la fois dans les messages qui sont diffusés, dans les pratiques qu'on peut y rencontrer, et de la manière avec laquelle nous devons protéger nos enfants. Quand Laurent Wauquiez, à l'époque, avait décidé de mettre en place les portiques devant les établissements, c'était le premier acte fort que nous avons conduit avec la région pour protéger la sécurité.
Et on a vu au fil du temps combien ce qui avait été décrié à l'époque est devenu aujourd'hui la sécurité minimum qui est attendue. Et je peux vous dire que dès qu'un portail ne fonctionne pas, je le sais assez vite.
Alors justement, derrière ce rappel de votre mandat d'élu local et de quelques faits, à la fois les faits divers qu'on a connus très récemment, est-ce que vous, vous avez le sentiment depuis toutes ces années qu'il y a un phénomène un peu nouveau, peut-être une violence plus facile de quelque chose qui sort plus facilement, et notamment à l'encontre des autorités. On a vu ce pompier volontaire qui a été blessé, on voit des élus qui sont parfois molestés quand ils tentent d'intervenir. Est-ce que vous, vous sentez qu'il y a une difficulté de cette ordre et qu'on respecte moins l'autorité aujourd'hui ?
Oui, c'est évident. Et nous avons là une véritable responsabilité à avoir. Il faut que nous soyons très clairs sur ce que nous souhaitons. Et les positions doivent être défendues avec force si besoin. En tous les cas, on ne peut pas accepter que l'espace public, que nos gares, que nos établissements scolaires soient le lieu où les violences deviennent la norme. On a une vraie difficulté dans ce pays autour de la question des stupéfiants. Et c'est le premier sujet, avec l'autorité, qu'il faut que nous arrivions à rétablir. Toutes les actions qui nous sont permises pour remettre l'ordre sont absolument nécessaires.
Parce qu'une des difficultés, et on y reviendra en prolongeant un peu cet échange, c'est que ce n'est pas forcément, à part dans les transports et peut-être devant les lycées, la sécurité n'est pas forcément la compétence de la région, entre guillemets.
Certes, mais partout où nous avons une responsabilité, nous nous attachons à ce que la sécurité soit respectée. C'est précisément ce que nous faisons dans les gares, dans les transports et dans les établissements scolaires.
Alors, je vais le dire, vous êtes président depuis pas tout à fait un an. Vous m'avez dit à demi-mot que c'était quand même quelque chose qui était à la fois une charge, une responsabilité. Est-ce que vous avez l'impression que vous commencez maintenant, vous le disiez à votre manière, d'être totalement rentré dans ce costume-là ? Et quelles ont été, je vais dire, vos premières priorités à vous, si j'ose dire ? Est-ce que par rapport à ce programme qui était commun, vous avez, vous, commencé à dire qu'il y avait quelques sujets sur lesquels j'aimerais davantage travailler ou me pencher en priorité ?
On a une région formidable avec de nombreux atouts, avec bien des sujets qui méritent d'être explorés et sur un territoire qui, au sens géographique, nous offre aussi de nombreux champs à explorer. Je crois que si on veut résumer, et sans rentrer forcément dans les détails, c'est de se dire que dans cette région, ce qui doit être notre priorité, c'est assurer la sécurité, agir au bénéfice des habitants et constater les réussites que nous avons et je peux vous dire qu'elles sont absolument nombreuses.
Vous qui étiez à un moment, je crois, vice-président à l'agriculture, notamment, est-ce que ça aussi, c'est quelque chose auquel vous êtes toujours très attaché et attentif ?
J'y suis évidemment très attentif, de la même manière que je présidais et je préside encore l'agence Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme. L'agriculture et le tourisme sont deux compétences qui permettent de bien connaître notre région, qui permettent d'en voir aussi toutes les qualités et toute la diversité. Donc, ça m'a permis de mieux la connaître, cette région, au fil du temps. Et ce sont évidemment deux sujets que je continue de regarder avec beaucoup d'attention.
Et dont on va parler d'ailleurs en détail dans une deuxième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Fabrice Panencouke, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. On parlait à l'instant de votre parcours, j'allais dire, d'ancien maire, d'ancien élu local. Je crois que vous étiez forestier d'ailleurs, de formation, c'est ça ? Absolument, de formation. Comment est-ce qu'on devient forestier d'ailleurs ? En se formant, tout simplement. Mais c'était un idéal, c'est quelque chose qui vous parlait particulièrement.
Parce que vous êtes du nord, mais ça voyait aujourd'hui. Vous êtes né dans le nord du moins.
Oui, effectivement. Mais je vais vous dire, en fait, derrière la forêt, il y a des sujets qu'on retrouve encore au quotidien. La question de l'aménagement du territoire, complètement présente. La question du milieu naturel. Et puis, la dimension économique qu'il ne faut absolument pas minorer. Parce qu'on est là pour produire du bois, en conséquence. Mais derrière, il y a aussi une dimension économique. Puis la gestion des moyens humains. Vous voyez, finalement, la forêt, je veux presque dire que ça mène à tout.
Exactement. Et c'est là où je voulais un peu vous emmener sur les grands sujets structurants. Puisqu'on parle montagne, on sait que dans notre région, la montagne, c'est un élément essentiel à la fois du tourisme, vous l'évoquiez, de l'attractivité économique. On a évidemment un sujet qui arrive sur la montagne, c'est les Jeux olympiques d'hiver de 2030. Donc, vous étiez à un moment d'ailleurs en charge, je crois. C'est un sujet qui a fait un petit peu polémique au sein du Conseil, enfin dans les débats, parmi votre opposition, etc. D'aucuns disant, est-ce que c'est bien le moment de faire des Jeux olympiques ? Est-ce que c'est utile ? Ou oui ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Pourquoi c'est une chance selon vous pour la région du coup ?
C'est effectivement une chance que de pouvoir recevoir et organiser ces Jeux olympiques et paralympiques en 2030. D'abord parce que nous avons un territoire exceptionnel. Et que ce territoire exceptionnel, c'est celui qui a déjà vu organiser les Jeux de Chamonix, de Grenoble, d'Alberville et désormais des Alpes françaises. Nous avons des équipements qui existent déjà et qui sont évidemment remis au service et à profit de ces belles épreuves. Avec ce moment aussi qui est particulier de la transition des territoires de montagne, de l'inclusion de l'ensemble des publics. Et je pense aux jeunes publics au moment où je dis ça. Je pense aux personnes en situation de handicap. Et puis le sport.
Avec toutes les valeurs qui sont associées. Ce grand territoire où nous avons évidemment nos stations de ski avec ces sports divers. Mais aussi ce territoire où nous avons les craps qui permettent de préparer nos sportifs. Et puis toutes ces grandes fédérations qui sont hébergées sur notre territoire avec une très belle fête populaire qui pourra être organisée. Donc évidemment, vous savez, dès que chez nous à la région il y a une décision, un engagement, une volonté, il y a du débat. Il y a un certain nombre d'oppositions, parfois stériles, que je ne manque pas de dénoncer. Là, on a un très beau projet qui est un projet de territoire, qui est un projet au bénéfice des territoires.
Nous travaillons avec les départements, nous travaillons avec les communes, les intercommunalités. On va embrasser des sujets aussi importants que la question des transports, la décarbonation des mobilités, la place du sport dans la société, les sujets d'habiter les territoires de montagne et j'en passe, ils sont très nombreux.
Oui, parce que c'est aussi là que porte le débat. C'est effectivement une chance, c'est un événement, mais dans le contexte dans lequel on est aujourd'hui avec les difficultés qu'on connaît par rapport au climat, par rapport au réchauffement, par rapport à l'enneigement, par rapport aux questions d'ailleurs qui se posent, y compris hors Jeux olympiques pour les stations de montagne sur l'avenir. Est-ce que vous, vous avez la conviction et la certitude qu'on va pouvoir en faire quelque chose d'environ, d'un point de vue environnemental, ce sera plus facile, efficace, efficient ? Mais bien sûr,
et c'est là aussi où c'est une chance en réalité, parce que nos territoires de montagne sont des laboratoires in vivo de la manière avec laquelle le climat, les questions environnementales, mais aussi d'ailleurs, les sujets sociétaux évoluent et donc ça nous donne un accélérateur. Ça nous donne un accélérateur sur l'ensemble de ces sujets, de la manière avec laquelle nous pouvons les appréhender et puis dans un temps d'échange où nous parlons avec tout le monde de ces sujets. Et donc, de pouvoir les précipiter, les préparer de la meilleure des manières avec l'ensemble de ceux qui font les territoires et qui les habitent, je crois que c'est une véritable chance.
Et je suppose que la plupart des élus locaux que vous croisez sont heureux de cette perspective.
Ils sont heureux, bien sûr, mais heureux, ça ne veut pas dire grand-chose. En réalité, ils ont d'abord la grande fierté que ça se passe chez eux. Ils ont la conscience aussi de l'héritage. C'est un sujet important quand on prépare des Jeux Olympiques et Paralympiques, de se dire qu'on est occupé de préparer l'avenir. L'avenir de la société, l'avenir des territoires, l'avenir de notre économie parce qu'il y a aussi évidemment des sujets d'économie qui sont associés quand bien même nous allons recycler, si je puis dire, tous les équipements sportifs qui existent déjà sur nos territoires. C'est là aussi une véritable chance.
Ça veut dire que le temps et l'argent que nous ne passerons pas à faire ce qui existe déjà, on pourra justement le mettre au service de cette préparation de l'avenir.
C'est une chance. Ça a mis un tout petit peu de temps à se mettre en place. J'avais l'impression que dans l'organisation, le fait d'avoir nommé les responsables, etc. Est-ce que là, vous pourriez nous rappeler que tout est bien opérationnel, que les gens sont à leur place, que tout le monde est nommé et que ça avance ?
Vous savez, il faut savoir prendre du temps pour gagner ensuite. Et c'est précisément ce que nous avons fait en nous assurant d'avoir les bonnes personnes aux bons endroits. Il faut rappeler à l'ensemble de ceux qui nous écoutent que ça fonctionne avec deux grands socles. Un premier qui s'appelle le COJOP, Comité d'Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, où on parle ici des épreuves, de l'organisation et la Solideo, Société de Livraison des Ouvrages, où on parle ici des investissements de toute nature d'ailleurs sur l'ensemble de ce grand territoire entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud. Et c'est avec ces deux grands piliers, ces deux grands socles que nous travaillons.
On est désormais dans une phase très active où les moyens humains arrivent progressivement et sont recrutés, où nous parlons évidemment de cartes des épreuves. C'est un sujet majeur qui va nous emmener à l'été 2025 et qui nous permettra de définir avec précision ce qui va se passer comme épreuve sur chacun des territoires. En déclinaison, on saura ce qu'il nous faut mettre en œuvre en termes de mobilité, en termes de liaison, en termes d'équipement complémentaire. Et puis tout ça avec cette transversalité des sujets qui font les territoires, l'héritage et les investissements d'avenir.
On vous réinvitera pour suivre l'avancée des dossiers. Parmi les autres dossiers qui sont des dossiers un petit peu différents par rapport à ceux qu'on évoque d'habitude avec des élus de communes, on a des dossiers structurants. Un qui est assez relié parce qu'il concerne aussi les Alpes, et lui-même a fait un peu polémique. Je voulais savoir où on était ce fameux Lyon-Turin, cette fameuse traversée que d'aucuns disent peut-être pas utile, pas forcément nécessaire. On a vu le précédent récent avec cette fameuse autoroute qui avait été arrêtée en cours de travaux. Est-ce que vous, vous pensez que pour la région, c'est une chance, une nécessité ? Et où ça en est exactement ?
C'est un vrai projet d'avenir.
Et bien sûr que nous en avons besoin et on peut avoir tous les débats stériles que l'on souhaite. La vérité, c'est que dans une société où on pense croissance, où on pense qu'il faut se déplacer, où nous savons que les matières, les marchandises, elles aussi se déplacent, ce projet, il est absolument nécessaire. Il a en plus cette belle opportunité de travailler de manière transfrontalière dans un moment où nous avons besoin de se faire rencontrer les hommes et les femmes de ces différents territoires et les liens que nous avons avec l'Italie où j'étais dernièrement sont évidemment nombreux. Ce chantier, il est engagé aujourd'hui.
Moi, je suis très opposé à ces idées qui voudraient qu'on arrête un chantier alors qu'il a été initié. C'est une ineptie, y compris sur le coût de la dépense publique. Il faut s'opposer à ça et j'espère qu'il y aura de quoi disposer d'un arsenal législatif qui permettra de terminer
ce qui a été commencé.
Exactement. La décision est prise. Les études préalables ont été menées. Ce chantier du Lyon-Turin, il est donc maintenant en cours sur ce qu'on appelle le tunnel de base, c'est-à-dire entre la Morienne et l'Italie et on aura une livraison qui va pouvoir se faire dans les délais des informations dont on dispose aujourd'hui. Et c'est pour ça qu'il faut dès maintenant travailler, comme nous le faisons du côté de la région, sur les accès à ce fameux tunnel. C'est ce qu'on appelle les accès français.
Les accès français, ça a été l'objet pour nous d'une délibération en décembre dernier où, avec la région, nous avons apporté un financement complémentaire qui nous permet de travailler tout de suite sur ces accès français dès maintenant, sans attendre que le tunnel de base soit terminé. C'est très important pour ceux qui nous écoutent, c'est très important pour Lyon et sa région.
Parce que ce que nous évoquons de mobilité ici, ce que nous travaillons autour du fameux CERM, ces services express régionaux métropolitains, tout ça est lié, évidemment, à cette activité autour du Lyon-Turin parce que l'ensemble de nos mobilités se retrouve sur un même réseau et à un moment donné, il faut que tout ça puisse venir s'imbriquer de la meilleure des manières. Et l'ambition qu'on porte sur le Lyon-Turin n'enlève rien à ce que nous faisons du côté du CERM, par exemple.
Alors, j'allais l'unir puisque dernier élément assez structurant dans les compétences principales de la région, pour le coup, il y a la notion des mobilités, des transports, etc., tels qu'on les connaît, nos TER. Et il y a ce fameux, je ne sais pas si c'est un serpent de mer, mais qui revient sans cesse de ce fameux, ce qu'on appelait le RER lyonnais ou ce TER un peu spécifique qui a pris du retard, qui là semble avancer. Au-delà de ces sujets, comment est-ce qu'on fait dans une région de notre taille, qui est quand même une très grande région, pour s'assurer que, oui, il y a les grands équipements, les grands liaisons, etc., mais qu'on n'oublie pas non plus forcément les petites.
Parfois, on a entendu effectivement des élus locaux ou un certain nombre d'opposants qui disent « Oui, mais là, on délaisse telle et telle ligne, on oublie, on ne renouvelle pas assez le matériel, on en est où de vos priorités par rapport au transport ? »
D'abord, je veux rebondir sur ce que vous dites parce que c'est précisément ma conviction. C'est qu'il faut penser les mobilités, évidemment, c'est un engagement fort sur lequel nous sommes impliqués, mais il faut penser toutes les mobilités. Et bien entendu, il y a ces réseaux très structurants dont nous avons parlé et puis il y a toutes ces petites lignes autour. Et je pense au moment où on le dit aux Ardéchois, par exemple, et à cette gare du Thaï, même si on n'est pas ici sur le ressort de nos auditeurs, c'est un bel exemple pour moi.
Et vous savez, ce qui fait tout l'intérêt de ce mandat à la région, de cette présidence de la région, c'est de penser toujours équité territoriale, équilibre de nos territoires. Comment est-ce que nous pouvons penser à la fois ici ce qui se passe à Lyon, mais que se passe-t-il aussi dans les autres communes de la métropole et globalement bien au-delà jusqu'à la plus petite commune du Cantal, par exemple. Et précisément, nous y sommes. Et sur les questions de mobilité, nous y sommes tout à fait au rendez-vous de ce qui doit permettre de répondre de l'ensemble des solutions, de l'ensemble des situations. Le sujet du CERN, désormais, nous sommes dans la phase des études.
La région y contribue d'ailleurs pour un quart du montant global aux côtés de l'État. Tout ça prend du temps, évidemment. Et c'est ce que vous évoquiez. Mais pour autant, nous ne sommes pas en retard. Ce qui a généré du retard, c'est surtout l'immobilisme qu'il a fallu constater de ce qui nous a précédés. Et je le dénonce ici à votre antenne. Aujourd'hui, nous sommes complètement engagés sur les différents chantiers, avec la phase d'études là où elle est nécessaire, avec des compléments de matériel là aussi où c'est nécessaire. Et nous avons fait l'actualité avec Frédéric Aguilera, vice-président de mobilité il y a quelques semaines, sur l'achat de rames supplémentaires.
Et quand on achète des rames supplémentaires, ce n'est pas moins de 160 millions d'euros qu'on met sur la table. Alors, on ne peut pas le faire tous les 15 jours, à l'évidence. Et il reste du chemin à parcourir, à l'évidence. Parfois, ce que je déplore, c'est que nous sommes un peu seuls dans cette affaire. Alors que nous ne touchons pas, comme vous le savez, le versement mobilité, parce qu'on n'a pas voulu faire peser cette fiscalité supplémentaire sur les entreprises de notre région, pas moins de 100 millions d'euros. Eh bien, malgré tout, nous faisons la course en tête. Et nous avons cette ambition sur laquelle nous n'avons absolument rien renié.
Il faut que chacun soit au rendez-vous, je le dis ici, évidemment, à l'adresse de Lyon et de sa métropole.
Et du Citral, notamment. Mais c'est vrai que j'avais noté ça dans votre actualité, que vous avez fait un choix du coup politique que vous nous expliquez de ne pas faire payer le versement mobilité aux entreprises. Ça nous amène sur tous ces grands enjeux, mais aussi sur l'ensemble des politiques que vous menez à des questions qui sont aussi des questions, j'allais dire, de financement. On sait très bien qu'aujourd'hui, le budget de la France, c'est quand même un peu compliqué, que globalement, il y a plutôt un peu moins d'argent que plus, que ça a un impact et que les sommes dont vous parlez sont très importantes. Comment est-ce qu'on fait face ?
Comment est-ce qu'on comprend parfois qu'à un moment, lorsqu'on vous dit qu'il va falloir faire des économies, où est-ce qu'on les fait ? Et est-ce que, du coup, vous vous appuyez sur, je crois, ce qui était un argument régulier de Laurent Wauquiez, de cette fameuse région, une des mieux gérées, voire la mieux gérée de France ? C'est ça qui vous permet de faire face à ces investissements ?
Alors, deux confirmations. La première, c'est qu'effectivement, nous sommes la région la mieux gérée de France. La deuxième confirmation, c'est que j'ai une chance énorme. C'est que j'arrive dans une maison qui a été tenue sur laquelle on a encore la possibilité d'agir. Il faut voir que le budget de la France en 2025 prive la région Auvergne-Rhône-Alpes de 120 millions d'euros. Si nous n'avions pas une région bien gérée, si nous n'avions pas une solidité de nos finances, à l'évidence, je ne pourrais pas être aussi affirmatif à votre micro ici ce matin.
C'est une chance parce que, tout en continuant les efforts qui ont été initiés avant moi, nous pouvons avoir l'ambition de réaliser de grandes choses. On parlait de mobilité il y a quelques instants. Je pourrais vous parler de sécurité ou de santé. De la même manière, où nous ne renions rien de ce que nous avons engagé. Parce que nous le devons aux Auvergne-Rhône-Alpes qui n'ont pas à faire les frais de mauvais agissements au plan national. Et quand je compare avec ce qui se passe dans d'autres collectivités, à la fois d'autres régions, mais on peut aussi faire cet exercice à l'échelle beaucoup plus locale ici autour de nous, eh bien, oui, nous avons encore la capacité d'agir.
Et cette capacité d'agir, elle n'enlève rien d'autres ambitions. Si nous avons fait le choix de ne pas lever le versement mobilité, contrairement à d'autres régions, contrairement, évidemment, ici à la métropole, c'est parce qu'à un moment donné, nous avons, avec les économies qui ont été faites, les efforts qui ont été consentis, la capacité encore d'agir. Et bien sûr que la centaine de millions d'euros qui auraient pu être levés eût été la bienvenue, mais fallait-il lever 100 millions de plus sur nos entreprises ? Je ne le pense pas.
Dans ce moment où tout le monde vise les difficultés de notre économie, les difficultés de nos entreprises, les défaillances d'un certain nombre d'entreprises sur notre territoire, fallait-il lever une fiscalité supplémentaire qui aurait touché toutes les entreprises de plus de 11 salariés ? Je pense précisément le contraire. Nous avons laissé ces 100 millions d'euros à notre économie pour qu'elles soient actives, productives, génératrices de valeur parce que c'est par là que nous allons réussir les projets que nous portons.
Ce qu'il y a aussi d'intéressant dans ce que vous évoquez, c'est qu'on voit bien aussi la notion de choix. Faire de la politique après tout, c'est faire des choix. Pour être la région la mieux gérée de France, ça veut dire qu'il faut aussi faire des arbitrages. Sur quoi vous avez dû faire peut-être des efforts ? Là, pareil, si j'entends parfois les critiques de votre position, si je suis les débats, on a l'impression que vous êtes devenu la région la mieux gérée de France en supprimant telle subvention, en n'aidant pas la culture, etc. Est-ce que c'est vrai tout ça ou vous avez fait autrement ? J'essaie de saisir où est la vérité.
En tous les cas, sur la dernière partie de votre intervention, c'était évidemment faux. Nous avons fait des arbitrages mais vous savez, mon quotidien, mon quotidien, c'est de faire des arbitrages. Je fais des arbitrages toute la journée et toute la semaine. Donc, ils ne sont que des arbitrages supplémentaires. Est-ce qu'on va supprimer des aides à la culture ? Absolument pas. Et d'ailleurs, c'est l'occasion ici de rétablir une vérité. On n'a jamais supprimé d'aides à la culture. Et on l'a même déployé sur les territoires.
J'aime beaucoup cette idée de l'opéra itinérant sur lequel nous avons été évidemment très regardés cette année parce que nous sommes les premiers à l'avoir fait de cette manière-là et tout de même avec l'opéra de Lyon. Donc, bien sûr, nous avons fait des arbitrages. Bien sûr, nous avons donné des priorités précisément aussi de ce qui nous lie avec l'État, par exemple, où lorsque l'État doit être en première ligne, ça n'est pas à la région d'y être. Et c'est par là que nous avons appréhendé ces sujets, par exemple.
Très bien, mais c'est clair. On va revenir sur un certain nombre d'autres sujets puis parler un peu de politique nationale, peut-être, dans une troisième et dernière partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Fabrice Pannecouque, vous êtes toujours le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. On parlait, il y a quelques instants, de ces enjeux dans vos compétences de développement économique, de soutien, je veux dire, tellement les vôtres aujourd'hui.
Il y a un enjeu justement pour les entreprises double à la fois sur la partie industrie où on sait que la France a beaucoup souffert, a perdu beaucoup d'emplois industriels et dans les volontés qui étaient les vôtres, il y avait à la fois l'envie de soutenir l'industrie et de relocaliser. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un petit peu où ça en est, comment ça avance ? Ce n'est pas un sujet très simple quand même.
D'abord, je vous confirme être un artisan de la croissance parce que je crois que c'est par l'activité que nous pouvons faire vivre nos territoires. Sur le sujet de la relocalisation, c'est précisément ce qui nous permet de dire que nous sommes la région qui réussit. Nous sommes d'abord la première région industrielle et ça s'est consolidé et nous sommes la région qui réindustrialise le plus puisqu'en réalité, nous recevons la moitié, plus de la moitié, des projets de relocalisation industrielle du pays sur notre territoire. Donc, on peut considérer que ça fonctionne. Comment est-ce qu'on fait que ça fonctionne ? Parce qu'il ne s'agit pas juste de le décider.
Il faut travailler sur le foncier parce qu'une entreprise, quand elle s'installe, il faut qu'elle ait la possibilité de poser ses valises, de développer son activité. Le deuxième sujet, c'est sur l'énergie. Et l'énergie, c'est un sujet absolument majeur dans le pays. Nous sommes la grande région du nucléaire. Nous sommes la grande région de l'hydroélectricité. Nous sommes la région qui est tournée et qui est leader sur les sujets de l'hydrogène comme vecteur d'énergie. Et ensuite, troisième aspect, c'est celui de la formation parce que c'est bien de venir chez nous, de disposer d'énergie pour pouvoir mettre en place les process industriels.
Mais s'il n'y a pas les bras, les têtes et les jambes, évidemment que ça ne fonctionne pas. Et c'est précisément ce que nous faisons avec notre plan ingénieur et technicien où nous avons réalisé déjà une bonne partie du chemin de ce que nous avons décidé avec cette volonté de former sur notre territoire avec les établissements qui sont autour de nous, les bras, les jambes, les têtes qui sont nécessaires dans nos entreprises. C'est déjà plus de 2500 jeunes que nous avons formés dans ce cadre-là. C'est 70% de l'objectif que nous étions fixés. On va le poursuivre parce que nous manquons évidemment d'ingénieurs, de techniciens, de techniciennes en France.
Il ne faut pas que ça soit le cas en Auvergne-Rhône-Alpes.
Quand je vous entends parler à plusieurs reprises d'être un artisan de la croissance, d'aucun à demi-mot et en creux, vous entendez peut-être ou vous voulez dire clairement que si on fait un petit focus sur Lyon et sur la métropole de Lyon, j'ai le sentiment que votre vision n'est pas toujours la même. Est-ce que vous avez vous aussi peut-être le sentiment que la gouvernance écologique de la métropole a un petit peu changé par rapport à cette envie de décroissance et un peu plus ouvert au monde de l'entreprise ou est toujours dans ces deux mondes vraiment différents et deux visions totalement différentes toujours aujourd'hui ?
Vous savez, d'une manière générale, il n'y a d'amour que l'épreuve d'amour et l'épreuve d'une évolution, je ne les ai pas vues. On va prendre l'exemple des ZFE par exemple. Oui, j'allais vous en parler
puisqu'on a une actualité aujourd'hui avec une manifestation dans l'après-midi.
qui est un sujet qui illustre bien la volonté des uns et des autres. Vous avez ici des élus de Lyon et de la métropole qui s'affairent autour de ce sujet des ZFE pour quelque part accélérer alors que je porte aux côtés de Bastien Jouin et d'un certain nombre d'élus ici
de Caluire.
Il a été le premier à partir dans cette idée-là. Je le soutiens dès la première heure parce que nous ne pouvons pas mettre nos territoires encapsulés sur ces questions-là. Ça n'est absolument pas possible. C'est à la fois vrai sur des questions économiques mais tout simplement sur la vie du quotidien parce que vous n'auriez pas le véhicule avec la bonne pastille. Vous ne pourriez plus aller à vos activités sportives ou associatives. Vous ne pourriez plus être dans votre activité économique traditionnelle et quand vous êtes consommateur, vous ne pourriez plus venir ici consommer sur ce territoire. C'est précisément ce qui est dénoncé.
Moi j'ai en tête à la fois ce plombier ou cet électricien qui me dit je vais quitter le territoire parce que mon fourgon n'est pas compatible. J'ai en tête cette commerçante qui dit je vais quitter le territoire parce que mes clientes ne peuvent plus venir chez moi. Mais j'ai aussi en tête et Bastien Jouin connaît bien cette personne, cette dame âgée qui dit je ne pourrai plus aller voir mes enfants ou mes petits-enfants parce que ma voiture n'est pas compatible avec ce qui est aujourd'hui demandé. Et derrière tout ça il y a aussi une vraie question de pouvoir d'achat.
Bien sûr il y a une vision sur la manière avec laquelle on protège notre environnement mais on ne peut pas exclure ceux qui n'auraient pas la possibilité qui n'auraient pas la capacité financière de changer le véhicule les privés de toutes leurs activités qu'elles soient économiques ou de la vie du quotidien.
Alors quand on parle de ZFE il faut aussi peut-être rappeler qu'il y avait quand même une dimension d'une loi nationale qui a été après actée par un certain nombre de métropoles certains sont allés plus vite que d'autres on est en partie revenus sauf je crois pour Lyon justement que ça continue.
Par rapport à ce que vous évoquiez sur justement ces dispositifs qui existaient qui ont peut-être en partie fait leur preuve je crois sur la dimension peut-être de pollution ce serait à discuter est-ce que ça ne vous semble pas quand même compliqué de tout d'un coup revenir en arrière est-ce qu'il ne faudrait pas les adapter est-ce qu'il ne faudrait pas garder le bon côté des choses pour ne pas tout rayer d'un trait on se dit on a fait tout ça puis on recommence tout.
Dans le bon côté des choses il y a une chose qui s'appelle le bon sens et je crois qu'il faut recommencer par là aujourd'hui on ne fait pas preuve de bon sens il faut revenir à l'essentiel qu'est-ce qui fait la vie de nos territoires comment est-ce qu'on est en capacité de protéger nos habitants tout en permettant quand même la croissance et l'activité vous l'avez rappelé au début de cet entretien je suis forestier de formation et donc évidemment que les questions environnementales et de protection du milieu m'intéressent et m'animent mais pas contre l'intérêt des habitants pas contre l'intérêt de l'activité qu'est-ce qu'on va faire d'un territoire sur lequel on aura supprimé toute la croissance qu'est-ce qu'on va en faire est-ce qu'on aura encore des raisons d'y habiter peut-être que finalement ceux qui animent aujourd'hui ces drapeaux sont ceux qui souhaitent qu'il n'y ait plus d'activité et plus d'habitants sur le territoire moi je pense tout le contraire je pense que nous devons avoir avec ce regard équilibré sur l'ensemble de notre région la possibilité de vivre très bien quand on est en Savoie ou quand on est dans l'Allier mais aussi quand on est à Lyon et sur sa métropole aujourd'hui en mettant des freins en empêchant et bien on fait tout le contraire que de permettre à chacune et chacun de vivre dans de bonnes conditions
on va parler un petit peu de politique nationale si vous le voulez bien on est le samedi malheureusement nous n'avons pas encore puisque ça va commencer je crois ce soir les votes pour le congrès LR c'est un secret pour personne qu'il y a deux candidats qui s'affrontent Laurent Wauquiez et Bruno Rotaillot qui a fait un meeting récemment je crois mercredi au DOC je ne vais pas vous demander qui vous soutenez ça semble évident mais peut-être quand même comment vous regardez au-delà de peut-être le lien qui vous unit à Laurent Wauquiez ce combat des chefs entre guillemets est-ce que c'est plutôt une chance pour le parti pour la droite est-ce que c'est bien est-ce que c'était pas utile comment vous le vivez à vous comme militant LR entre guillemets
d'abord évidemment je réaffirme ici mon soutien le plus entier à Laurent Wauquiez qui a d'ailleurs tenu un très bon meeting à Jaunage hier soir et qui a permis de remettre aussi en lumière les arguments qui sont les siens moi je ne vois pas de combat des chefs je vois en réalité un débat démocratique qui s'est tenu que certains ont exploité évidemment comme toujours qu'on a voulu extrapoler en réalité c'est très bien c'est le propre de la démocratie qu'à un moment donné deux individus de grande qualité souhaitent s'engager pour présider à la destinée d'une famille politique que beaucoup avaient vu comme mort mais qui en réalité est encore bien vivace et d'ailleurs l'actualité de ces derniers jours et de ces derniers mois n'a pas manqué de le rappeler mon soutien le plus entier à Laurent Wauquiez parce que d'abord il s'est fédéré il l'a montré à la tête de notre région il l'a montré dans les différents combats et mandats qu'il a pu occuper ma priorité pour Laurent Wauquiez évidemment parce qu'il a su faire aussi la démonstration que lorsqu'il dit il fait il l'a montré dans notre région et avec des résultats qui ont été obtenus de manière très claire on a pu en commenter ici quelques-uns aujourd'hui et qu'à l'évidence nous sommes dans un moment où le pays a besoin d'un sursaut sur des questions sociétales on les a évoquées sur des questions économiques naturellement sur la dimension de l'effort à la fois sur le budget de l'État mais aussi sur l'effort du quotidien et la reconnaissance du travail il saura porter ces dimensions-là comme il les a portées à l'échelle de notre région pendant des années sur sa ville du Puy également et sur l'ensemble des mandats qu'il a tenus notre société elle a besoin de cap elle a besoin de retrouver aussi le socle des valeurs c'est précisément ce que dit Laurent Wauquiez
On parle souvent à gauche de gauche irréconciliable est-ce que vous avez l'impression en regardant les propositions des uns et des autres notamment même s'il faut mettre le filtre nécessaire on est dans des combats parfois internes il y a des propositions assez fortes qui ont fait débat de Laurent Wauquiez est-ce que vous dites qu'il y a deux visions de la droite ou qu'au final quel que soit le gagnant il y aura un candidat possible pour la présidentielle sur cette base d'une droite républicaine de nouveau forte notamment dans ses relations avec le Rassemblement National ?
La première chose c'est qu'il y aura évidemment un candidat fort pour l'élection présidentielle il y aura un candidat fort de la droite républicaine parce que on voit bien que depuis maintenant plus d'un an les couleurs changent positivement en faveur de la droite républicaine qu'un certain nombre de scories ont pu être évacuées alors c'est douloureux sur l'instant parce qu'il faut vivre des situations difficiles mais un certain nombre de scories ont été évacuées qui nous permettent aujourd'hui d'avoir un socle qui est très clair et il y aura donc un candidat avec des valeurs très claires et avec le plus grand soutien c'est ce que dit Laurent Wauquiez depuis le début le meilleur sera soutenu et porté je l'espère en tous les cas au plus haut niveau
alors si on redescend un petit peu toujours pour faire un focus sur Lyon et qu'on parle des prochaines échéances vous n'aurez pas échappé qu'il y aura des élections municipales et métropolitaines on parle beaucoup en ce moment d'une candidature on ne sait pas d'ailleurs trop où de Jean-Michel Aulas il est évident que c'est une personnalité et qui est connue et reconnue ici à Lyon on ne sait pas s'il était encore candidat mais enfin chaque jour qu'il passe c'est-à-dire pour la droite puisque visiblement il rassemblerait un certain nombre de personnes d'horizons, renaissances etc.
est-ce que ça vous semblerait après tout une bonne idée une bonne opportunité pour changer ou proposer une alternative à la métropole et à la ville de Lyon ?
Vous savez comme tous les acteurs comme tous les décideurs je rencontre Jean-Michel Aulas avec qui nous avons beaucoup travaillé depuis maintenant une petite année mais pas de politique nous avons travaillé sur la force qui est la sienne de ce chef d'entreprise visionnaire qui a été en capacité de faire des choses et puis quand je parle de politique en revanche à Lyon il y a un certain nombre d'acteurs qui sont des acteurs qui travaillent depuis des années qui ont fait des propositions je pense évidemment à mon collègue Pierre-Oliver
au moment où je vous dis ça
et je lui apporte évidemment mon plein soutien dans les démarches qui sont les siennes parce qu'il a fait la démonstration parce qu'il a le courage de s'être exposé y compris d'ailleurs dans ce moment où certains pourraient se dire on va se cacher derrière le fourré en attendant que les choses non il est au rendez-vous il travaille il documente il réunit il confronte ses idées et je crois que c'est ce qui permet de paver le résultat de demain avec ce travail qui est mis en oeuvre voilà
donc pour l'instant Pierre-Oliver continue jusqu'à ce qu'il y ait des discussions peut-être mais vous le soutenez plutôt dans sa démarche
je le soutiens pleinement Pierre-Oliver dans la démarche qui est la sienne je le soutenais avant qu'il y ait des édances complémentaires et je le soutiens tout autant aujourd'hui
c'est une certaine forme de cohérence alors on est samedi et le temps a passé très vite à discuter ensemble demain c'est dimanche ma question souvent à ce moment-là c'est de dire voilà vous l'évoquiez c'est une charge c'est une responsabilité c'est beaucoup de travail etc. que d'être président de région qu'est-ce qu'on fait quand on l'est moins ou quand on ne l'est pas est-ce qu'il y a un temps pour se déconnecter un petit peu est-ce qu'on arrive à prendre du temps pour soi est-ce que vous avez une passion à oublier comment on fait pour décrocher si c'est possible
vous savez il faut prendre du temps pour soi parce que ceux qui ne se reposent pas fatiguent les autres ça c'est d'abord le premier élément le deuxième c'est que quand on coupe de ses mandats si tenté qu'on en coupe vraiment il y a du temps pour la famille d'abord moi je bouge beaucoup la région est grande je continue de vivre à moutier et quand je rentre chez moi c'est d'abord du temps pour ma famille c'est aussi du temps pour un peu de sport j'aime courir avec mon chien par exemple sur mon territoire et autour de chez moi c'est la première des choses que je fais
d'accord est-ce que vous avez le temps parce que c'est une question qui me... une curiosité toujours que je cherche à croire de savoir quel est votre livre de chevet est-ce qu'on a le temps de lire autre chose par ailleurs que des rapports compliqués ou des choses comme ça
absolument alors je vais vous répondre en deux temps d'un point de vue technique j'ai évidemment lu Les Gueux de Alexandre Jardin parce que sur le sujet des ZFE il a été un contributeur utile et je le remercie de son engagement que je soutiens naturellement je lis par ailleurs un livre passionnant qui s'appelle Mesopotamia qui est l'histoire de Gertrude Bell qui a été écrit par Olivier Guèze et qui nous renvoie au XXe siècle sur la construction du Moyen-Orient c'est un peu notre Laurence d'Arabie aux féminins
ça permet un peu peut-être de prendre du recul sur les choses mais tout en restant connecté quand même à la réalité de ce qui se passe sur vos dossiers
oui et de comprendre aussi comment le monde est devenu le monde que nous connaissons aujourd'hui
est-ce que vous restez optimiste parce que c'est vrai il nous faudrait presque une nouvelle émission mais quand on regarde l'état du monde on a de quoi parfois être inquiet quand on est un responsable comme ça politique est-ce qu'on a un peu parfois d'impuissance ou de frustration d'en boire est-ce qu'on va y arriver ?
On a la frustration de ne faire jamais assez ça c'est compliqué parce que pour vous comme pour moi comme pour chacun d'entre nous il n'y a que 24 heures dans une journée mais par contre moi je suis un optimiste de nature et je veux bien qu'on y consacre une autre émission si vous voulez parce que je crois qu'on a toutes les raisons de se réjouir à la fois à l'échelle du monde mais aussi de ce que notre pays peut offrir encore ce petit teint reposte à l'échelle du planisphère qui peut en réalité être encore cette grande image qui rayonne partout dans le monde
C'est vrai que c'est notre responsabilité aussi de temps en temps raconter ce qui se passe de bien et de positif sinon on ferait un peu écouler sous le marasme c'est la tradition aussi
on arrive au bout de cette émission
quel morceau de musique
vous avez choisi
pour qu'on se quitte ensemble aujourd'hui ?
Alors moi je suis hétéroclite donc je réécoute j'ai réécouté et pas plus tard qu'hier soir le Requiem de Mozart parce que l'orchestre national d'Auvergne-Rhône-Alpes va le donner et donc c'est bien de se replonger avant pour en mesurer chaque morceau mais aussi le répertoire Jean-Michel Jarre parce que je crois qu'il y a cette forme intemporelle qui nous est aussi utile pour traverser le temps
Alors un titre en particulier ou vous nous laissez choisir ?
Je vous laisse choisir On partira sur Jean-Michel Jarre ce sera peut-être plus facile et va pour Oxygène Merci infiniment Monsieur le Président de votre temps c'était un plaisir de vous rencontrer et quant à moi je vous dis à bientôt pour une nouvelle émission ce sera tout à fait autre chose la semaine prochaine puisque nous recevrons Anaïs Bélawissa chérifi député LFI du Rhône Merci à vous Au revoir C'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire Retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr Écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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