Violences sexuelles sur mineure: le témoignage fort de Rudy, père d'une fille de 12 ans
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Rudy, votre fille qui a 12 ans, a été victime deux fois en quelques mois. Elle a été détruite deux fois par deux monstres, par deux prédateurs. En fait, monsieur le ministre, je vous explique, il y a un an environ de ça, il y a un papa d'une ex-copine, parce que ma fille allait rencontrer une copine, et elle lui avait demandé son numéro de téléphone.
Cette copine n'avait pas de téléphone, du coup c'est le papa qui l'a appelée et lui a dit « C'est bon maintenant j'ai ton numéro de téléphone, tu peux appeler ma fille, il n'y a pas de soucis, quoi que ce soit Au bout de deux jours, on le sait, que ce soit tout ce qui est prédateur, tout ce qui est prédateur pédophile, ils manipulent vraiment bien l'enfant. Et petit à petit, il il a dit qu'elle était belle qui était mignonne qui a été quoi que ce soit et au bout d'une semaine lui envoyer des photos de lui à poil nu de son sexe de tout ça quoi c'était assez assez difficile et ma fille a tout caché c'est pas sur les réseaux c'est pas quoi que ce soit c'était le parent d'une ex copine en fait et nous on l'a on l'a remarqué et heureusement parce qu ce moment là il était parti devant le collège il lui avait dit qu'il allait faire une soirée pyjama comme la petite liana c'est pour ça que ça marque énormément et il lui a dit il a dit il faut trouver un subterfuge par rapport à tes parents faire une soirée pyjama est comme ça je couche avec toi cet homme là cet homme là à des enfants cet homme là une femme qui est psychologue enseignement la police judiciaire quand l'affaire s'est passé il a été condamné lui du coup il a été condamné il était et il a été condamné il était il était condamné à du sursis il a été condamné à du sursis n'a rien eu c'est pas fini il ya il ya quatre mois mais à quatre mois de ça ma fille elle sort du collège à 10 heures donc je me demande si un réseau quoi que ce soit derrière quelqu'un qui lui pousse qu'il ee qui le pousse dans la voiture il a 38 ans ma fille à 12 ans elle a 13 ans il a ramené j'habite gap il a ramené en montagne et elle s'est faite cette fois-ci violée, il y a eu pénétration vaginale. Moi malheureusement j'étais à Paris, j'étais en convention séminaire avec mon travail ici, ma femme qui m'appelle qui me dit que ma fille a été violée, je ne croyais pas une seconde elle a ramené à louper du coup ma femme la rapport à family links une application exprès pour contrôler les enfants où ils sont on l'a remarqué qu'elle était bizarre qui a été montée descendue du coup là est interpellé le collège le collège qui savait pas trop ce qui s'était passé et du coup ma fille elle est sortie du collège ma femme l'a ramenée directement à l'hôpital elle avait des bleus des bleus de partout une constatation à l'hôpital comme quoi il y avait eu des sur vaginal comme quoi il y avait énormément de deux problèmes quoi sur son corps et ils ont appelé directement la police la police nous ont fait savoir que du coup ils pouvaient rien faire parce que sachant qu'il n'y ait pas de nom, il n'y a pas de prénom ou quoi que ce soit.
Moi, le lendemain, je suis rentré et j'ai vu qui c'était. Et du coup, cette personne-là avait en fait trois plaintes contre lui et n'avait pas été encore jugée. Et là, Il n'a pas été jugé, évidemment, pas encore.
Donc ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu une garde à vue. La police s'est mise en garde à vue. La police nous a fait savoir que normalement il n'allait pas sortir, qu'il était en détention provisoire, que le procureur a demandé sa détention provisoire le président de bander sa détention provisoire et ce monsieur là il est dehors ma fille tous les soirs elle pleure tous les soirs ce matin je suis parti à quatre heures du matin de gap elle m'a dit mais qu'est-ce que tu fais qu'est-ce que tu fais papa elle n'arrêtait pas de pleurer mais je pars t'inquiète pas je vais réunir tout ça elle pleure elle pleure tous les soirs ma fille c'est pareil et ma femme elle pleure mon fils il pleure aussi c'est très difficile ces notes en chuté à l'école même la proviseur m'a demandé mais pourquoi elles ont chuté ce note mais parce qu'elle s'est faite violée en fait donc il va être jugé du coup il n'y a pas de mesure d'éloignement on ne sait même pas quand est-ce qu'il va être jugé il est sous contrôle judiciaire libre donc ce qui se passe c'est qu'il habite à 3 km de chez moi ce monsieur là il tourne autour du collège.
Il est encore sur Snapchat, je l'ai vu. Il est de partout. J'ai demandé à la police.
La police m'a dit « Mais monsieur, on ne peut rien faire. C'est le JLD qui a décidé ça. Le juge des libertés de détention qui a décidé ça.
On ne peut rien faire. » J'ai demandé à mon avocate, elle m'a dit ça va être extrêmement long, ça va prendre des années monsieur. Qu'est-ce que je fais ?
Moi qu'est-ce que je fais ? J'y vais je le tue ? C'est pas possible Je crois que monsieur – On va demander aux ministres de vous répondre, évidemment. – Après moi j'avais une autre question. – On va rester d'abord là-dessus Rudy, pour que la parole puisse tourner. – C'est arrivé quand monsieur ? – La dernière affaire au mois de janvier. – Affaire de viol et votre fils. – Oui, oui.
Mais cela est toujours en liberté, il côtoie des enfants, tout, il n'y a pas de mesure d'éloignement, il n'y a rien du tout. Moi je ne connais pas votre affaire mais tel que vous l'avez décrivée, évidemment que c'est tout à fait anormal et c'est le contraire de ce qu'est la loi de la République. Vous posez une question qui est importante qui est quand est-ce qu'il sera jugé ?
Parce que quand il sera jugé, il ira en de prison, pour des faits de viol, vous savez que c'est 15-20 ans de prison. – Sauf qu'il n'y ait pas d'intention provisoire. Ça peut faire comme un ordal hollandais qui tue entre temps. – Non mais on est bien d'accord monsieur, on est bien d'accord. – Je fais des enfants en prison. – Si vous me permettez, monsieur, le délai d'audience, c'est très important.
Parce qu'aujourd'hui, c'est six ans en moyenne pour obtenir un jugement après des faits pour viol et huit ans quand il y a un meurtre. Donc on rajoute au problème des plaintes qui ne sont pas étudiées, ou parfois au dysfonctionnement très grave de la justice ou de la police ou de la gendarmerie. On rajoute quelque chose d'insupportable pour tout le monde, quels sont les délais pour avoir un jour d'audience.
En ce moment même, aujourd'hui j'ai passé ma journée à l'Assemblée nationale, nous avons un texte qui j'espère sera adopté avant le 14 juillet et il était voté par le Sénat. Donc le 14 juillet s'il est voté, il me permet de changer radicalement les choses pour vous, pour votre fille et pour toutes les victimes. De pouvoir créer 60 cours supplémentaires et de juger... de juger bien plus vite ses délais d'audience.
Pour qu'effectivement, parce que la détention provisoire c'est un juge des libertés d'adaptation qui en décide, vous avez parfaitement raison, mais pour qu'il puisse aller en prison et rester très longtemps en prison. Après on peut parler de la peine, prononcée par le juge, je vous ai dit ce que j'en pensais, la perpétuité réelle. Mais ça c'est vraiment quelque chose qui abra le corps et personnellement je pense que c'est en très très important de répondre à votre question parce que ce qui est très important c'est ce que vous dites, il y a des gens qui sont accusés.
On sait qu'ils ont commis les faits. Il y a des indices très graves et très concordants, c'est pour ça qu'il y a des mises en examen, et qui sortent de détention provisoire, soit parce qu'un juge l'a décidé, soit parce qu'au bout d'un moment on doit les libérer, parce qu'on ne peut pas garder d'advitable des gens qui ne sont pas passés devant un juge parce qu'on met des délais beaucoup trop longs. Et par ailleurs, je veux dire, monsieur, quelque chose de très grave, j'ai rencontré...
Je rencontre des victimes dans mon tour de France pour essayer de rencontrer les gens, pour c'est de comprendre effectivement leur détresse absolue qu'est la vôtre et qu'elle est celle de votre fille c'est qu'en plus si dans 6 ou dans 8 ans vous apercevez que cette personne a refait sa vie a fait des enfants, a trouvé un travail vous allez dire mais en plus il va plaider le fait qu'il ne faut pas casser sa famille, qu'il ait eu des nouveaux enfants, qu'il a eu une nouvelle vie. La peine sera moins importante. On vous fait subir une double peine avec des délais trop longs.
C'est quelque chose qu'on est en train de radicalement changé et j'espère correspondre au problème profond que vous avez avec votre fille, que la justice passera très vite et qu'elle permettra très vite de le voir en plus. Je voudrais qu'on entende Laura. Je suis désolé.
La question c'est par rapport à la présomption d'innocence à la présomption de culpabilité. On ne pourrait pas changer les choses, justement. Il ne pourrait pas avoir une présomption de culpabilité à place de la présomption d'innocence, comme il y a dans certains pays. – Alors, monsieur, aujourd'hui, c'est évidemment très compliqué la question des principes dans ce que nous parlons, mais il y a une affaire où on a des preuves et il y a une affaire où il n'y a pas de preuve.
Le boulot du magistrat, des 714, c'est de trouver des preuves. Dans des affaires comme la vôtre, telle que vous me la décrivez, ou comme celle de Liana, il y avait des preuves. Il y avait un constat médical, on connaissait la personne, on connaissait ses antécédents judiciaires, le psy a dit qu'il n'y avait pas de problème, qu'il n'y avait pas de mensonges, vous avez les messages numériques.
Ça, ça permet une mise en examen rapidement, ça permet d'inscrire quelqu'un dans un fichier judiciaire qu'on appelle le FIGES, il ne peut pas travailler avec les enfants et ça permet de le mettre en détention provisoire. Avouez avec moi que ce ne serait pas une justice, si quand il n'y a aucune preuve, et là le juge décide, voilà, il se peut. Ça peut arriver que des gens, vous le savez bien, puissent être innocents.
Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire une enquête. Ça veut dire que la culpabilité, elle n'a pas besoin d'être prouvée pour que quelqu'un est en prison. C'est le rôle des enquêteurs, c'est le rôle du magistrat que de dire là il y a trop d'indices concordants, il va en détention provisoire.
C'est ce que je regrette dans l'affaire Eliana, nous avions des preuves accablantes. Ça ne veut pas dire que la personne aurait été jugée avant le juge. Ça veut dire qu'il fallait le mettre d'urgence en dehors de la liberté pour protéger les autres enfants.
Alors Laura, Gabriel, Elie, tout le monde nous prend la parole
Gérald Darmanin