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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 août 2025 25 minContradictoireMixte

La plage, poste d'observation du changement climatique

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0:02
Invité

France Inter, Hélène Philly, le 6-9.

0:06
Invité politique

Elle est bonne ? Oui, sans doute, beaucoup trop. La mer est chaude en Méditerranée, désormais habituée aux canicules marines, mais aussi sur l'ensemble des côtes françaises. On n'a pas de mal à entrer dans l'eau cet été. La plage pour poste d'observation du changement climatique ce matin dans le Grand Entretien. On en parle avec nos invités en studio. Françoise Gaëlle, bonjour. Bonjour. Vous êtes biologiste, océanographe, spécialiste des écosystèmes profonds, de l'adaptation aux environnements extrêmes. Merci d'être avec nous. Et à vos côtés, Ronan Loas, maire de Plumeurs, dans le Morbihan. Bonjour à vous. Bonjour. Merci d'avoir fait le déplacement.

Vous qui êtes en première ligne en tant que maire, recul du trait de côte, prolifération des algues, afflux touristes aussi. Peut-être le changement climatique a aussi cette conséquence que les touristes remontent du nord au sud. On va certainement en parler avec vos questions, chers auditeurs. Vous nous appelez au 01 45 24 7000. Et puis, nous sommes en ligne avec le biologiste et photographe, Laurent Balesta. Bonjour, monsieur.

1:12
Invité

Bonjour.

1:13
Invité politique

Vous revenez de cinq semaines de plongée en Corse. Vous allez nous raconter dans un instant ce que vous avez vu. Parce que je le disais, si on en a fini avec les températures caniculaires sur Terre, pas en mer. On va frôler les 30 degrés sur les eaux de surface cette semaine en Méditerranée. C'est inédit, ça, Françoise Gayle ?

1:35
Invité

Oui, c'est inédit. Ça dépend à quelle échelle de temps on se place. A l'échelle de l'évolution des millions d'années, ça existait déjà. Mais aujourd'hui, et pour une vie humaine, oui, c'est inédit.

1:47
Invité politique

Qu'est-ce qui est inédit ? C'est l'intensité ? Frôler les 30 degrés, voire les dépasser ? Oui, il y a la fréquence aussi de ces canicules marines ?

1:54
Invité

Les deux, c'est-à-dire qu'il y a à la fois l'intensité, c'est-à-dire la température qui dépasse ce qu'on a l'habitude de voir, et puis il y a aussi la fréquence à laquelle ces canicules existent.

2:09
Invité politique

A combien elle est l'eau chez vous, Renan Loas, en ce moment ?

2:12
Présentateur

Je pense qu'elle doit être entre 18 et 19 degrés, à peu près.

2:14
Invité politique

Donc c'est plus frais, mais ce n'est pas non plus si froid que ça en Bretagne ?

2:17
Présentateur

Non, parce que si on regarde un peu l'historique des températures en Bretagne, Plumeur est sur la côte morbillanaise, on avait comme l'habitude d'être un peu plus frais. Alors c'est confortable pour les habitants, les touristes, mais c'est malgré tout inquiétant et inquiétant aussi pour l'automne qui va arriver, parce que généralement quand on a des étés chauds, on a tendance à le payer avec des tempêtes un peu violentes sur les débuts de saison hivernale. Donc j'ai aussi l'inquiétude de revivre une tempête comme la tempête de Ciaran, qui nous avait durement éprouvé.

2:39
Invité politique

Ça représente des défis pour le maire que vous êtes. Vous le disiez, ça fait le bonheur des baigneurs. On voit les touristes revenir chez vous, pour un peu plus de fraîcheur par rapport au sud.

2:48
Présentateur

Oui, on se rend compte qu'on a effectivement de plus en plus de touristes. On est tous les habituels, effectivement, au ouest de la France, mais on a de plus en plus de personnes qui viennent chercher de l'air, le fait de respirer. Mais on a aussi des nouveaux habitants qui fuient aussi des climats plus chauds. Alors il n'y a pas que des seniors qui vont faire le choix de la côte atlantique. On a aussi des personnes qui se déplacent vers notre territoire.

3:04
Invité politique

Laurent Balesta, vous êtes donc en ligne avec nous. Vous étiez aux premières loges ces derniers jours. Pour observer les conséquences de ces canicules marines, vous avez plongé au large de la Corse. Racontez-nous ce que vous avez observé.

3:19
Invité

Je n'ai pas plongé pour observer les conséquences du réchauffement des eaux. J'ai plongé dans le cadre de mes missions habituelles pour faire des inventaires de biodiversité. Et là, en l'occurrence, dans le parc naturel marin du Cap Corse et de la Griate. Et oui, c'est un travail régulier que je mène avec mon équipe depuis une petite vingtaine d'années. Et on voit régulièrement des espèces nouvelles arriver, d'autres se raréfier. Et cela semble directement lié à la température des eaux.

On voit par exemple depuis seulement trois ans, donc c'est vraiment très très récent, l'arrivée au nord de la Corse du poisson perroquet de Méditerranée, qui était connu sur les côtes africaines, que moi j'avais photographié en Tunisie il y a une quinzaine d'années, mais que j'ai revu ensuite, quelques années plus tard, en Sicile, et puis que j'ai revu encore un peu plus tard en Sardaigne. Et maintenant, il est au nord du Cap Corse. Voilà clairement une espèce méditerranéenne, certes au départ, mais qui était à affinité aux chaudes, et qui d'année en année gagne des territoires vers le nord, comme ça.

Alors effectivement, c'est sympa, on voit un nouveau poisson arriver, mais c'est bien quand même la preuve d'un changement.

4:43
Invité politique

Que vous avez pu constater. Vous le voyez, ces températures de la Méditerranée très chaudes ces derniers jours, quand vous plongez, vous vous en rendez compte immédiatement ?

4:54
Invité

Oui, il y a deux choses dans ce réchauffement des eaux. Il y a la température qu'on peut mesurer en surface, bien sûr, qui monte chaque année un peu plus, avec des années un peu plus, des années un peu moins, mais la courbe générale augmente. D'ailleurs, paradoxalement, moi je ne considère pas vraiment cette année 2025, en tout cas autour de la Corse, comme une année avec de l'eau très chaude. Elle est légèrement plus froide que l'année dernière, mais déjà plus chaude qu'il y a deux ou trois ans. Mais globalement, ça monte, ça c'est certain. Donc il y a cette température en surface, c'est le premier critère.

Mais un critère très important du point de vue des écosystèmes, c'est l'épaisseur de la couche d'eau chaude. Il faut comprendre que l'eau de la Méditerranée, c'est à passer une certaine profondeur, l'eau est toute l'année à la même température, autour de 14 degrés environ. 14 degrés, c'est la température en surface l'hiver, et évidemment jusqu'aux plus grandes profondeurs. Et puis quand l'été se met en place, l'eau chaude commence par la surface, et cette couche d'eau chaude s'épaissit au fur et à mesure que les semaines estivales passent.

Et en général, cette eau chaude peut descendre jusqu'à 20 mètres, jusqu'à 25 mètres, jusqu'à 30 mètres, et même parfois jusqu'à 40 mètres, ce qui est exceptionnel, mais ça arrive. Et il faut savoir combien de temps aussi va rester cette eau chaude à de telles profondeurs. On a eu le cas durant l'été 2022, où cette eau chaude, exceptionnellement chaude, est surtout restée très longtemps très chaude, et elle a atteint la profondeur de 40 mètres, et sur les côtes, par exemple, du parc national des Calanques à Marseille, ça a été une hécatombe. Parce que tout à coup, ces eaux très très chaudes ont atteint des couches qui, normalement, sont toute l'année plongées dans de l'eau froide.

Et là, ça a été l'hécatombe. Ça a été 99% de mortalité chez les gorgones, chez les coraux, qui, normalement, à ces profondeurs-là, sont tout le temps dans de l'eau très fraîche.

7:03
Invité politique

L'hécatombe d'espèce, Laurent Balesta...

7:05
Invité

Il y a l'épaisseur de surface, mais il y a l'épaisseur.

7:07
Invité politique

Oui, vous nous parlez de ces espèces qui disparaissent, d'autres qui apparaissent. Que se passe-t-il sous l'eau ? Laurent Balesta a commencé à nous le raconter, Françoise Gayle, avec de telles températures. C'est comme un feu sous-marin, c'est dévastateur pour la biodiversité.

7:23
Invité

Oui, on imagine, avec des termes qui sont comme un incendie sous la mer. Je pense que c'est une façon de faire comprendre un peu ce qui se passe. C'est-à-dire, c'est des bulles comme ça, c'est des zones qui sont extrêmement dynamiques aussi, qui restent plusieurs jours. On parle de canicule marine, dès que ça dépasse cinq jours. Et puis, ce qui se passe, c'est que dans ces zones-là, si la température augmente, il n'y a plus d'oxygène. L'oxygène va disparaître. Les animaux vont avoir des difficultés à respirer. Et donc, il va y avoir petit à petit des conséquences catastrophiques pour un certain nombre d'espèces.

Et pour d'autres qui peuvent, par contre, venir en profiter pour se nourrir ou dégrader un certain nombre de choses. Je pense que ces canicules marines augmentent depuis qu'on a identifié le changement climatique dans l'océan. à savoir, il y en avait quelques-unes en Méditerranée, mais la manière dont les choses se passent aujourd'hui, il y en a de plus en plus. Pour mieux comprendre

8:35
Invité politique

ces phénomènes, Françoise Gale, il faut mieux comprendre l'océan. Vous y avez consacré votre vie, votre travail de recherche. Vous êtes co-autrice du livre paru en juin aux éditions Équateur « Nous venons de l'océan, nous l'avons oublié ». Où vous racontez votre parcours, votre plongée dans les entrailles des abysses ? On le connaît trop peu, l'océan, Françoise Gale,

8:57
Invité

on connaît la surface de l'océan, on connaît les bords de l'océan, mais on connaît très peu la profondeur de l'océan. Vous avez plongé jusqu'à 2600 mètres de profondeur. Et quand vous plongez dans ces zones-là, c'est quand même une expérience physique, sensitive. Ce que vous voyez est assez inconnu pour vous, vous ne l'avez jamais vécu auparavant. Et la découverte de ces paysages, qui peuvent être lunaires quelquefois, parce qu'il ne peut y avoir personne et ne voir aucun animal, puisqu'il y a assez de profondeur-là que des animaux, puisqu'il n'y a pas de lumière du soleil. Et quelquefois, vous tombez sur des organismes que vous n'avez jamais vus, qui sont magnifiques.

Vous voyez des oasis de vie qui sont fantastiques du point de vue des couleurs. Et les géologues qui ont découvert, par exemple, les sources isothermales, ont décrit ces environnements-là comme le jardin d'Éden, ce qu'il veut tout dire. Une beauté éblouissante. Oui, tout à fait. Vous avez des animaux qui sont parfois plus grands que vous, des moules ou des palourdes qui sont aussi très, très importantes dans leur taille. Et puis, des animaux que vous n'avez jamais vus. Donc, comment pouvoir rendre compte de ce genre de choses ? Ça veut dire qu'aussi, dans les abysses, la vie existe

10:22
Invité politique

et elle fleurit. C'est aussi pour ça qu'on se rend compte qu'il faut protéger la nature, en montrer la beauté. Laurent Ballestat, je me retourne vers vous, vous êtes un photographe reconnu dans votre métier. Cette beauté de la nature, ce n'est plus forcément ce que vous voulez montrer pour la défendre aujourd'hui.

10:40
Invité

Non, non, parce que je crois que la beauté de la nature aujourd'hui, dans cette société capable de tout transformer en produit, la beauté de la nature, c'est plus une source de convoitise que de respect. Donc, moi, dans mon travail, ça serait un alibi facile que de dire que mon métier consiste à montrer la beauté du monde pour sensibiliser. Non, ça serait presque démagogue, je pense. Moi, ce que j'essaie de montrer avec mes images, mais aussi le travail scientifique de mes équipes, c'est l'étendue de notre ignorance. C'est l'étendue de cette biodiversité qui n'a souvent jamais été illustrée.

Il est commun de dire qu'on a décrit et que l'on connaît le nom des espèces d'à peine 10% des espèces marines. Mais même au sein de ces 10%, la grande majorité n'a jamais été illustrée. On ne sait pas à quoi elles ressemblent. Et même parmi les espèces les plus connues, et même, je dirais, les plus photographiées, je ne sais pas, prenons le grand requin blanc, prenons les baleines à bosse, le dauphin commun, mais pour autant, qui a été témoin de leur scène de prédation ? Qui a été témoin de scène de prédation naturelle ? Avec les requins, c'est facile de faire croire de la prédation, mais qui a été témoin de l'accouplement, de la reproduction du grand requin blanc ?

Qui a été témoin de comment naît un bébé baleine à bosse ? Vous voyez, il y a tellement de choses inconnues encore. Donc moi, c'est plutôt ça, montrer l'étendue de notre ignorance avec ces quelques images, et j'ai l'impression que là, il y a encore une potentielle source de respect quand on vous met sous les yeux un petit morceau de tout ce qui nous dépasse, de tout ce que l'on ne sait pas. Voilà, c'est plutôt comme ça que je vois les choses.

12:31
Invité politique

On a aussi été frappé par cette image la semaine dernière, Laurent Ballesta, plus à la surface, plus en surface. Ces milliers de méduses qui ont mis la centrale de Gravelines à l'arrêt parce qu'elles ont bouché le système de refroidissement de la centrale. Françoise Gayle, est-ce que c'est lié

12:46
Invité

au réchauffement climatique ? Oui, c'est lié au réchauffement climatique et ce sont des épisodes qu'on a déjà connus dans le passé. Simplement, aujourd'hui, ce genre d'épisodes se multiplient et la fréquence de ces aspects-là est manifeste. Ce qui veut dire bien que le changement climatique, ça existe.

13:07
Invité politique

Est-ce que vous avez ce genre d'invasion sur vos côtes rône-en-loisse à Pleumeurs dans le Morbihan ?

13:13
Présentateur

On a déjà constaté ce qu'on appelle des galères portugaises. Ça peut ressembler à des méduses mais ce ne sont pas vraiment des méduses. J'ai cru comprendre que c'était effectivement beaucoup plus...

13:22
Invité politique

Très urtiquante en tout cas.

13:24
Présentateur

Extrêmement dangereuse et on a dû fermer des plages, on a dû activer effectivement nos agents communaux pour aller nettoyer ces plages et prévenir les populations.

Ce qui était rare, on a maintenant fréquemment des échouages, des arrivées de ces galères portugaises mais on a eu aussi des sujets liés à des espèces méditerranéennes pour rebondir sur ce qui vient d'être dit qu'on n'avait pas l'habitude de voir en Bretagne qui ont eu des conséquences par exemple sur l'ostriculture, la conchiculture mais c'était les dorades qui avaient pour certaines en gros migré des autres eaux chaudes de la Méditerranée vers la Bretagne et autres et on voit maintenant aussi des espèces tropicales qui arrivent sur la côte bretonne donc on est aussi avec un changement de la faune, de la faune, flore marine avec aussi un sujet de nos herbiers marins qui sont de plus en plus en danger.

14:08
Invité politique

C'est des déplacements de population Françoise Guel ou l'augmentation ? Est-ce qu'on peut parler de gélification des océans si on parle des méduses

14:17
Invité

notamment ? Oui, c'est une façon de faire comprendre l'importance quantitative de ces individus à la surface de l'eau. Je pense que c'est vraiment lié aussi aux variations de température. Le changement climatique c'est quelque chose quand même qu'il faut maintenant reconnaître comme une urgence dont il faut s'occuper.

14:42
Invité politique

Il y a la chaleur, il y a la pollution plastique aussi qui joue dans le développement des méduses qui leur permettent de se disséminer à travers des océans puisqu'on s'accroche à des petits bouts de plastique pour se reproduire.

14:55
Invité

Oui, l'océan quand même il faut rappeler que l'océan c'est ce qui régule le changement climatique. Sans l'océan on ne pourrait pas vivre à la surface de la Terre vu la température de l'atmosphère à laquelle nous serions confrontés. Donc c'est quelque chose qu'il faut protéger et aussi parce que le changement climatique entraîne des incidences comme celles que nous venons de voir à savoir des incidences sur le vivant. même si le vivant c'est l'océan qui a donné naissance à ce vivant. C'est l'océan qui a permis à la Terre de devenir habitable mais c'est sûr des échelles de temps qui sont bien plus grandes que celles de la vie humaine.

Mais néanmoins ne l'oublions pas c'est pour ça aussi qu'il faut le protéger. C'est notre assurance vie aujourd'hui.

15:40
Invité politique

Pour un maire comme vous Ronan Loas c'est de l'adaptation au quotidien ?

15:45
Présentateur

Alors c'est les deux à la fois. On geste sur une politique de résilience et comment notre commune comme Plumeur 17 km de côte 19 000 habitants on va résister à des événements climatiques de plus en plus intenses et touchants maintenant qui peuvent arriver dès le mois d'octobre jusqu'à fin mai fin juin pour parler uniquement des tempêtes. Mais aussi le sujet du recul du trait de côte si on pousse à l'augmentation des océans maximales et je reste persuadé que le pire des scénarios on sera à mon avis bien au-delà ça pourrait concerner à Plumeur près de 500 habitations avec un vrai défaut de l'état sur ce sujet on a un cadre légal peu défini

16:16
Invité politique

Des habitations menacées Ronan Loas c'est pas au niveau national on parle de plus de 5000 logements à horizon 2050

16:22
Présentateur

Exactement sauf qu'il n'y a pas eu de cartographie donc là on lance avec le CEREMA à échelle de notre agglomération une cartographie parce que ça inquiète nos populations l'habitat c'est le principal patrimoine des français c'est-à-dire que vous concernez il n'y a pas que d'émotionnel dans une maison il y a aussi du patrimoine il y a aussi la capacité de chacun et chacune de vivre sur la cause sur son territoire qui est un lieu de travail de vie et 500 biens pour mes finances communales je ne vois pas comment je pourrais les indemniser si j'avais cette responsabilité et on est complètement abandonné on pourrait parler de l'UNOC on pourrait parler des derniers échanges on va bientôt rentrer dans le champ des négociations sur le projet de loi de finances alors je ne vais pas faire trop de politique là-dessus mais je ne voudrais pas que les communes littorales qui sont souvent vues comme des communes plus favorisées plus aidées c'est beau c'est attractif soit complètement abandonné sur ces politiques-là

17:02
Invité politique

Vous en appelez d'ailleurs directement Premier ministre François Bayrou pour qu'il n'y ait pas un décrochage de l'État sur ces questions ? Exactement

17:08
Présentateur

et remarquons qu'on est sur l'année des océans du littoral d'ailleurs j'ai fait de plumeur cette année l'année des océans on n'a plus de ministère de plein pouvoir sur la mer alors on est tous en train de parler mais qui incarne la mer en ce moment d'un point de vue politique ?

17:21
Invité politique

Françoise Gaël

17:21
Invité

vous voulez intervenir ? Nous parlons alors c'est vrai que c'est l'année de l'océan et c'est important on a eu l'UNOC 3 à Nice

17:29
Invité politique

Conférence des Nations Unies à Nice tout à l'heure c'était au mois de juin et vous étiez une des grandes voix scientifiques qui a s'y être exprimée

17:37
Invité

On peut être fier de l'avoir eu en France c'est la troisième qu'on a eu donc ce qui montre bien que l'océan devient un sujet politique mais pas seulement au niveau national au niveau international et en effet vous avez tout à fait raison de le dire l'élévation du niveau de la mer ou le recul du trait de côte est un des grands problèmes auxquels on va être confronté dans l'avenir ça c'est aussi un des risques conséquence du changement climatique

18:02
Invité politique

Et là on revient d'ailleurs à la température de la mer des océans puisque si le niveau des mers s'élève c'est pour deux raisons Françoise Gayle la fonte des glaces mais pas seulement

18:11
Invité

Oui c'est en fait quand vous chauffez l'eau et donc si la température de l'océan augmente à ce moment là vous avez une dilatation l'océan gonfle et sur les bords évidemment l'eau monte

18:25
Invité politique

Ça menace les maisons sur le littoral ça oblige les communes à revoir leur plan d'urbanisme à utiliser de nouveaux outils aussi qu'est-ce qu'on fait dans l'avenir on refuse les permis de construire on utilise quels leviers quand on est maire comme vous Renan Loas

18:39
Présentateur

Moi je suis maire depuis 2014 on a changé de paradigme là où les villes avaient une croissance on va dire horizontale le lotissement alors il faut le faire accepter parce que tout le monde est d'accord sur les grands enjeux environnementaux dans le quotidien quand on dit aux gens on va retravailler la ville sur elle-même retravailler aussi nos îlots de fraîcheur on vient d'inaugurer une place Florence-Artaud au Fort Bloqué en réadaptant en reculant l'aménagement en déplaçant la voiture un peu plus loin en adaptant aussi les plantations en augmentant de près de 3000 m2 l'espace vert pour aussi que le littoral c'est pas que voir la mer c'est de l'estrand c'est toute la partie la dune bouge on est sur des territoires donc c'est un investissement qui est extrêmement lourd peu accompagné dans des moments où les finances communales sont extrêmement serrées parce qu'on a des enjeux en ce moment on est aux confluences de tous les enjeux de nos époques

19:23
Invité politique

et c'est pas des mesures qui vous rendent populaires ?

19:26
Présentateur

pas toujours mais sur le long terme si parce qu'une fois que vous inaugurez le machin les gens vous disent en fait c'est génial monsieur le maire mais quand vous faites une réunion publique vous dites bon ben les voitures qui étaient garées depuis 40 ans au front de mer vous allez vous les décaler alors je pense qu'on est tous d'accord sur ce plateau tout le monde serait d'accord mais l'habitant se dit mais moi je vais me garer et donc vous avez une restissance logique au changement pareil sur le coeur de ville quand on va enlever le bitume pour avoir des zones plus absorbantes et éviter que l'eau du centre-ville bascule tout de suite sur le littoral c'est travailler sur des noues paysagères adapté tout ça et ça il faut le faire accepter des populations

19:55
Invité politique

vous améliorez le cadre de vie ce qui peut être effectivement apprécié une fois les travaux terminés les investissements absorbés si on parle vraiment de l'habitat individuel si vous refusez des permis de construire si vous exercez plus fortement votre droit de préemption

20:11
Présentateur

exactement parce que qui dit commune littorale dit que l'immobilier est cher on a eu un effet un effet covid et on veut qu'on puisse continuer à vivre habiter moi je suis un gamin de cette commune j'ai envie que chaque gamin de cette commune puisse naturellement y habiter et c'est un vrai sujet de participation citoyenne parce qu'on a une population qui a de plus en plus d'attentes sur les sujets de plus en plus complexes et donc on a lancé des observatoires citoyens du littoral avec l'université de Bretagne on a conventionné pour que la vie des scientifiques moi je ne suis pas un universitaire je ne suis pas un scientifique j'ai besoin de la vie des spécialistes mais j'ai surtout besoin que la population s'imprègne et c'est-à-dire que là où on aura un moment de l'adaptation de nos littorales première réaction de certaines personnes c'est-à-dire il faut remonter des murs il faut remettre en gros des cailloux etc alors qu'on amène dans l'expérience c'est une catastrophe en termes d'érosion marine il vaut mieux travailler sur des solutions beaucoup plus douces retravailler sur des herbiers marins pour stocker le sable quand on a mis en place ce qu'on appelle des algobox vous récupérez des algues gouémont que vous avez stockées mais les gens disent mais attendez ça va pourrir ça va avoir de l'odeur etc donc pour le faire comprendre en fait on a mis en place des groupes de citoyens volontaires qu'on anime avec des scientifiques ma première adjointe est première adjointe au développement durable ce qui est un engagement fort aussi de ce mandat-là parce que si ça reste l'outil des politiques et des spécialistes je pense qu'on va louper 90% du sujet et qu'à un moment on aura des gros freins au changement de nos habitudes

21:23
Invité

Françoise Gué moi je suis complètement d'accord je suis tout à fait d'accord avec Balesta sur le fait que Laurent Balesta le photographe qui est en ligne toujours avec nous le fait que la connaissance on ne l'a pas assez au niveau marin mais je suis aussi aujourd'hui devant la situation où les scientifiques ne parlent pas forcément assez avec les politiques ou les politiques n'entendent pas forcément assez les scientifiques donc ce que vous faites en Bretagne c'est remarquable et je pense que c'est justement ça sur ce rapport science-politique que nous allons pouvoir faire quelque chose au niveau de l'océan

21:57
Invité politique

le dialogue s'engage ce matin dans ce studio dans votre livre aussi Françoise Gale que dire tout de même un mot des derniers grands de négociations internationales on évoquait Nice tout à l'heure le traité sur la haute mer vous vous êtes battu pour il faut qu'il soit ratifié par 60 pays est-ce que ça va se faire Françoise Gale comme promis en juin dernier ?

22:20
Invité

écoutez on est sur une bonne dynamique je pense qu'on peut y arriver à Nice on en avait 35 et pendant l'été je pense qu'on peut arriver à 60 pour rebondir sur ce que vous avez dit aussi il y a eu un autre événement qui a été important à Nice c'est le fait qu'il y a eu la création d'une coalition de villes côtières internationales qui a été reconnue aussi comme de pertinence pour les Etats-Unis pour justement arriver à avoir une politique par rapport à l'élévation du niveau de la mer et je crois que ce genre de de travaux qui permettent aussi de mettre en place la recherche scientifique avec la connaissance des acteurs politiques nous permettra de trouver des solutions que nous n'avons pas encore trouvées Laurent Balesta vous êtes d'accord avec le constat

23:14
Invité politique

de Françoise Gale il faut discuter scientifique

23:17
Invité

politique

23:18
Invité politique

pour sensibiliser et avancer sur cette question

23:20
Invité

j'admire l'approche optimiste mais j'ai du mal à la partager pour moi le sommet de l'UNOC pour l'instant a accouché d'à peu près rien le traité de la haute mer il faudrait 60 pays effectivement il n'y en avait que 35 qui étaient d'accord et c'est jamais que pour aller vers un traité est-ce que les gens savent ce que c'est un traité un traité c'est juste dire nous sommes d'accord pour discuter rien de plus donc on n'en est même pas à la discussion on n'en est même pas à savoir de quoi on va discuter on en est à savoir si on va discuter alors que c'est évident qu'il faut en discuter donc non voilà et puis en dehors de ça l'UNOC est-ce qu'on a avancé sur le statut des aires marines protégées à l'international et en France en particulier pas vraiment donc un peu

24:07
Invité politique

en tant que Françoise Gaël on avance c'est les petits pas sont importants Françoise Gaël

24:12
Invité

non mais je comprends très bien ta position Laurent mais néanmoins il faut bien commencer par quelque chose et le paysage est si vaste pour l'océan que ça vaut la peine aussi de commencer par d'essayer par toutes les portes il y a urgence

24:28
Invité politique

merci beaucoup à tous les trois d'avoir été ce matin avec nous Ronan Loas maire de Plumeurs dans le Morbihan d'avoir fait le déplacement Laurent Balesta en direct en ligne avec nous photographe je note votre exposition Mère et mystère à voir au musée de la photographie à Nice c'est jusqu'au 28 septembre et merci à vous Françoise Gaël je rappelle votre ouvrage paru aux éditions Équateur en juin dernier ouvrage co-écrit avec Brune Poirson nous venons de l'océan nous l'avons oublié merci à tous les trois