Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 juin 2015 12 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉducation & rechercheInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Francois Bayrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour François Bayrou, président du MADEM, MADEM comme démocrate, mais est-ce que vous vous sentez républicain ?

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez reconnu la république à laquelle vous êtes attaché dans les discours de samedi au Congrès de la Villette ?

  • 1:21RelanceRéponse directe

    Extrême violence, y compris contre le gouvernement et le Président de la République ?

  • 1:47OuverteRéponse directe

    On a eu hier le chiffre du chômage, 20 plus de 26 000 chômeurs supplémentaires, beaucoup plus encore si l'on compte toutes les catégories à la fois, les jeunes et les plus âgés.

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Vous les renvoyez dos à dos, d'une certaine façon, François Bayrou ?

  • 4:27OuverteÉludée

    Je reviens un instant sur le week-end passé avec le Congrès des Républicains à la Villette parce que dans ce que vous avez appelé l'agressivité, la violence des propos, notamment, j'imagine, de ceux de Nicolas Sarkozy accusant le gouvernement de détruire le modèle républicain, j'y retrouvais vos propres mots, François Bayrou, ceux que vous utilisiez il y a quelques années contre Nicolas Sarkozy, que vous accusiez déjà de détruire le modèle républicain.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:47PrésentateurChiffre
    « On a eu hier le chiffre du chômage, 20 plus de 26 000 chômeurs supplémentaires, beaucoup plus encore si l'on compte toutes les catégories à la fois, les jeunes et les plus âgés. »
  • 1:58Invité politiqueChiffre
    « Ça fait plus de 5 millions et demi si on... »
  • 2:11PrésentateurChiffre
    « on s'aperçoit qu'il y a 75 mois, depuis 2008, que le chômage monte en France sans répit, sans trêve, sans cesse. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « Il a monté 3 ans sous Nicolas Sarkozy de manière impressionnante, et il monte depuis avec François Hollande »
  • 2:45PrésentateurFait
    « La vérité est qu'ils sont tous les deux pris dans la responsabilité de cet échec. »
  • 3:08PrésentateurChiffre
    « c'est la même dynamique, hélas, pour le chômage, et qui se traduit par chaque jour ouvrable, plus de 1000 personnes qui vont s'inscrire au chômage. »
  • 3:49PrésentateurFait
    « le chômage baisse chez nos voisins, y compris chez ceux où on l'attendrait le moins. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « ceux que vous utilisiez il y a quelques années contre Nicolas Sarkozy, que vous accusiez déjà de détruire le modèle républicain »
  • 5:10PrésentateurFait
    « Nicolas Sarkozy nous conduit à un modèle de société que je crois être mauvais. »
  • 8:35PrésentateurChiffre
    « 85% des parents disent on ne veut pas de cette réforme. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • François Bayrou22 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François Bayrou

Bonjour François Bayrou, président du MADEM, MADEM comme démocrate, mais est-ce que vous vous sentez républicain ?

0:08
Présentateur

Et vous, Patrick Cohen ? Et vous-même ? Oui, voilà. Nous nous sentons tous républicains, et c'est pourquoi l'utilisation exclusive avec l'article défini, comme on dit en grammaire, les républicains, a été pour un certain nombre une interrogation, mais cela est derrière nous.

0:25
François Bayrou

C'est derrière, mais alors, est-ce que vous avez reconnu la république à laquelle vous êtes attaché dans les discours de samedi au Congrès de la Villette ?

0:34
Présentateur

Bon, ce qui était frappant au Congrès de la Villette, mais vous l'avez tous dit, donc les commentaires de presse ont précédé toute analyse, ce qui était frappant, c'est les sifflets qui ont accueilli Alain Juppé et François Fillon parce qu'ils ne sont pas dans la ligne ou dans le soutien à Nicolas Sarkozy, et ce qui était frappant, c'était l'extrême violence des propos, et l'un est lié avec l'autre.

Les mots utilisés sont des mots qui sont très violents, c'est pour mobiliser un certain électorat, mais pour autant, si l'on essaie de voir ce que sont les problèmes et les questions qui se posent à la France aujourd'hui, il me semble que ce climat ne va pas dans le sens de leur apporter des réponses.

1:21
François Bayrou

Extrême violence, y compris contre le gouvernement et le Président de la République ?

1:25
Présentateur

Oui, c'est-à-dire, si l'on oublie les mots, la terrifiante médiocrité, c'est des mots qui sont évidemment frappants, et que leurs auteurs pourraient voir revenir sur eux un jour ou l'autre comme un boomerang, mais ce n'est pas ça la vraie question. La vraie question est celle-ci. On a eu hier le chiffre du chômage, 20 plus de 26 000 chômeurs supplémentaires, beaucoup plus encore si l'on compte toutes les catégories à la fois, les jeunes et les plus âgés.

1:58
François Bayrou

Ça fait plus de 5 millions et demi si on...

2:00
Présentateur

Et quand on regarde dans le rétroviseur immédiat, on s'aperçoit qu'il y a 75 mois, depuis 2008, que le chômage monte en France sans répit, sans trêve, sans cesse. Et cela est la véritable question. Il a monté 3 ans sous Nicolas Sarkozy de manière impressionnante, et il monte depuis avec François Hollande, ce qui fait que la double accusation croisée, un camp qui dit que c'est la faute de l'autre, le MP qui dit que c'est la faute de François Hollande et du gouvernement qui nous a menés dans cette situation, les autres disent que c'est la faute du bilan. La vérité est qu'ils sont tous les deux pris dans la responsabilité de cet échec.

2:51
François Bayrou

Vous les renvoyez dos à dos, d'une certaine façon, François Bayrou ?

2:54
Présentateur

Je pense que c'est la même... Si je pouvais, si nous avions un écran, je montrerais la courbe. Et la courbe, elle est ininterrompue dans sa montée. C'est la même dynamique, hélas, pour le chômage, et qui se traduit par chaque jour ouvrable, plus de 1000 personnes qui vont s'inscrire au chômage. Et c'est la même politique ? En tout cas, c'est la même refus ou le même retardement devant des décisions qu'il faudra prendre. Sur une ligne que j'affirme avec vous, cette ligne est celle-ci. Les problèmes de la France ne viennent pas d'ailleurs. On nous a expliqué pendant des mois et des années que c'était la faute de l'euro qui était trop haut, la faute de l'Europe, la faute de la globalisation.

Les problèmes de la France ne viennent pas... D'ailleurs, le chômage baisse chez nos voisins, y compris chez ceux où on l'attendrait le moins. Et donc, de ce point de vue-là, nous avons notre responsabilité. Ça n'est la faute de personne si le système éducatif ne va pas bien en France. C'est la faute de personne si la formation professionnelle ne va pas bien. C'est la faute de personne si l'entreprise ou l'entrepreneur se sent dans un climat d'insécurité. C'est la faute de personne si nos normes sociales sont illisibles et incompréhensibles. Ça dépend uniquement de notre décision et de notre volonté commune.

4:27
François Bayrou

Je reviens un instant sur le week-end passé avec le Congrès des Républicains à la Villette parce que dans ce que vous avez appelé l'agressivité, la violence des propos, notamment, j'imagine, de ceux de Nicolas Sarkozy accusant le gouvernement de détruire le modèle républicain, j'y retrouvais vos propres mots, François Bayrou, ceux que vous utilisiez il y a quelques années contre Nicolas Sarkozy, que vous accusiez déjà de détruire le modèle républicain. Vous en avez fait un livre en 2009, Abus de pouvoir, avec les mêmes phrases.

5:01
Présentateur

Non, je n'ai jamais utilisé, je crois, cette expression. J'ai utilisé dans Abus de pouvoir, j'ai fait un livre, qui disait Nicolas Sarkozy nous conduit à un modèle de société que je crois être mauvais.

5:17
François Bayrou

Qui est l'abandon du modèle républicain, le culte de l'argent, le choix d'une société d'inégalité, le renoncement à ce qui faisait la force et l'originalité de la France dans le monde. « Jamais démocratie ne porta plus mal son nom, jamais république ne fut moins publique ». Et il y en a 260 pages de cette eau-là. Vous écriverez ça aujourd'hui ?

5:36
Présentateur

Ce livre qui a été beaucoup lu par beaucoup de Français disait exactement ce qu'était le diagnostic et l'avertissement sur ce qui allait se produire quelques années après. Vous y retrouverez les affaires, vous y retrouverez la dérive économique, les affaires que je décrivais une par une, celles qui sont maintenant devant les tribunaux. Vous y retrouverez le climat, l'ambiance, les mots qui sont utilisés, le choix de l'arbitraire, enfin toutes ces choses qui, je crois, ont conduit au résultat de 2012. C'est ça la question.

6:13
François Bayrou

Alain Juppé bataille pour que la primaire qui désignera le candidat présidentiel à la fin de l'an prochain soit la plus ouverte possible, des primaires ouvertes au centre, répète Alain Juppé. Vous irez voter, François Bayrou.

6:27
Présentateur

J'ai dit qu'elle était ma réserve personnelle, François Bayrou en tant que citoyen, sur ce canisme de désignation. Vous avez vu le climat du week-end dont nous parlions à l'instant. Ma crainte, c'est que la primaire, ce soit ce climat au carré, au cube et peut-être beaucoup plus. C'est-à-dire que les passions flambent, les détestations s'animent et qu'au bout du compte, on se retrouve avec un poids excessif donné à ce qu'il y a dans la vie politique de plus agressif et de plus intolérant.

7:04
François Bayrou

Même si le corps électoral est très large, s'il atteint les 3 millions comme le souhaite Alain Juppé ?

7:09
Présentateur

Oui, mais moi, je pense qu'il peut atteindre ce chiffre, peut-être même dépasser ce chiffre. Mais même si le corps électoral est plus large, vous voyez bien que vous donnez à ce qu'on appelle les noyaux durs un poids spécifique, comme dirait les physiciens, plus important dans un ensemble. Donc, c'est ma crainte devant ce mécanisme-là. Alain Juppé l'a choisi, François Fillon l'a choisi aussi, des gens estimables et respectables. Et donc, de ce point de vue-là, je ne vais pas les critiquer. J'ai exprimé mon inquiétude. Et moi, en tant que citoyen, non, je n'irai pas voter, sauf s'il y a un tremblement de terre. D'ici 18 mois, tout peut arriver.

7:48
François Bayrou

Tout peut arriver. La réforme du collège, François Bayrou, vous n'aviez pas de mots assez durs. Vous avez appelé à une manifestation nationale, à une mobilisation pour faire reculer le gouvernement. Combat perdu ? Pas du tout.

8:00
Présentateur

Je pense que c'est comme ça. La vie médiatique est comme ça. On ne fait pas attention à ce qui se passe. Ce qui se passe, à mon avis, c'est une mobilisation, en tout cas un refus très large, qui est exprimé par des personnalités du monde intellectuel, du monde des écrivains, du monde des professeurs, du monde politique, du monde des parents d'élèves. Vous avez vu ce qui s'est passé dans les fédérations de parents d'élèves. Dans les deux fédérations principales, s'est exprimé un refus de la réforme. Je lisais un chiffre dans l'une d'entre elles. 85% des parents disent on ne veut pas de cette réforme. Donc il y a une mobilisation qui est en train de se faire.

J'espère que, je pense que dans les prochains jours, vous verrez des indices de cette mobilisation-là. Il y a une grève le 11. Je pense exactement le contraire de la résignation. Je pense que la mobilisation est en train de se faire et qu'il est bon qu'elle s'accroisse parce que ce texte, qui est un texte de régression, je pense qu'il est bon que les Français disent qu'ils n'en veulent pas.

9:10
François Bayrou

Il y a deux choses dans la contestation. Il y a la réforme du collège proprement dite qui a fait l'objet de la publication d'un décret et d'un arrêté il y a quelques semaines. Et puis il y a la réforme des programmes qui restent encore à écrire. Il y a une première mouture qui a fait l'objet de critiques. Il y a une réunion aujourd'hui même à la Sorbonne en présence d'historiens sur les programmes d'histoire, les futurs programmes d'histoire avec parmi ceux qui prendront la parole des contestataires comme Pierre Nora. Qu'espérez-vous des futurs programmes et notamment des programmes d'histoire, François Bayon ?

9:40
Présentateur

Alors, sur la réforme, j'espère qu'elle sera retirée et reconstruite. Sur les programmes, j'espère d'abord qu'ils ne seront plus écrits dans des jargons qui font honte au bon sens, honte à la compréhension qu'un enseignant doit avoir à l'égard des élèves. Vous avez trouvé des jargons

9:59
François Bayrou

dans les programmes ?

10:00
Présentateur

Non, non, je vous pose la question sérieusement. Vous avez de l'humour, Patrick. Non, parce qu'il y a eu des canards là-dessus et il y a eu des choses

10:07
François Bayrou

qui ont circulé qui étaient fausses, qui n'étaient pas inscrites.

10:11
Présentateur

J'en ai cité dans quelques articles, notamment sur les programmes de français, qui étaient assez drôles, je dois dire, avec le choix pour l'enseignement au collège d'une démarche spiralaire. Et vous m'expliquerez, moi je ne peux pas, parce que le temps où j'étais agrégé de lettres, ça fait sans doute trop longtemps pour que je comprenne ce qui est écrit. Donc le jargon à bannir.

Le jargon à bannir et j'espère que pour ce qui est de l'histoire, on donnera aux générations qui viennent des repères précis du point de vue du déroulement du temps, du déroulement chronologique, qu'elles sachent ou qu'elles aient en tête, ce que chaque époque apporte, quels ont été les grands moments de ces époques-là. Et pour l'instant, ce que j'ai lu des programmes d'histoire ne me paraît pas très juste. Je veux ajouter un mot, c'est que ces programmes sont écrits pour trois années.

Ce qui fait que vous n'êtes pas du tout assuré si votre enfant change d'établissement ou si votre établissement change de chef d'établissement, que vous aurez une démarche pédagogique continue au travers du temps. Il faudrait, il faut des objectifs en cinquième, des objectifs en quatrième, des objectifs en troisième qui soient suffisamment fixés pour qu'on soit assuré et que les enfants vont faire le parcours pédagogique, notamment en histoire, mais pas seulement en histoire.

11:37
François Bayrou

François Bayrou, invité de France Inter ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec les questions et les commentaires des auditeurs d'Inter. Il est 8h32. Sous-titrage Société Radio-Canada

11:44
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Francois Bayrou — François Bayrou · Pourquijevote