Emmanuel Macron rattrapé par l’affaire McKinsey - Le 5/5 - C à Vous - 25/11/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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Ce qui a retenu l'attention immédiatement c'est aussi qu'en toile de fond c'est la question des liens entre le chef de l'État, ses proches et le cabinet de conseil McKinsey qui se pose.
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Nous lui avons demandé ce que le parquet national financier peut bien chercher dans son enquête.
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En Marche de son déplacement à Dijon aujourd'hui, Emmanuel Macron a évidemment été interrogé sur la question et il souligne qu'il n'est pas forcément directement visé.
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Oui, les Français qui possèdent illégalement une arme sont appelés à la rendre dans les prochains jours.
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Alors attention, si vous pouvez rapporter vos armes dans les jours qui viennent, ensuite vous serez dans l'illégalité.
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Patrick, la 22 long rifle que vous avez sur le bureau, là, il va falloir la rendre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Trois juges enquêtent sur la sincérité des comptes de campagne d'Emmanuel Macron en 2017 et en 2022. »
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« Selon le Parisien qui cite le parquet national financier, une information judiciaire vient de s'ouvrir pour des soupçons de financement illégal de ces deux campagnes victorieuses. »
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« Ce qu'on sait, c'est que lors de cette campagne électorale, le parti En Marche d'Emmanuel Macron a eu le soutien de au moins six consultants de McKinsey. »
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« Les miens, ils ont été regardés comme tous les candidats de 2017, déjà vus. Et puis ceux de 2022, ils sont comme tous les candidats à la dernière élection, en cours de revue. »
- 3:45PrésentateurChiffre
« Le ministère de l'Intérieur estime que 5 à 6 millions d'armes sont concernées sur le territoire. »
- 7:26PrésentateurChiffre
« avec une enveloppe de 5 milliards d'euros, on prend la même recette et on recommence. »
Temps de parole
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- Invité31 %
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- Locuteur 53 %
- Invité 23 %
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Bonsoir Babette, bonsoir à toutes et à tous.
La foi a fait beaucoup de bruit Mathieu depuis hier. Trois juges enquêtent sur la sincérité des comptes de campagne d'Emmanuel Macron en 2017 et en 2022.
Ce qui a retenu l'attention immédiatement c'est aussi qu'en toile de fond c'est la question des liens entre le chef de l'État, ses proches et le cabinet de conseil McKinsey qui se pose. On a beaucoup dit sur la proximité du président de la République avec ce cabinet, notamment pendant la dernière campagne. Selon le Parisien qui cite le parquet national financier, une information judiciaire vient de s'ouvrir pour des soupçons de financement illégal de ces deux campagnes victorieuses. Hier, au moment où l'info est tombée, Louis Amard et Anaïs Rucouli étaient à l'Assemblée nationale. Écoutez ces réactions. Sandrine Rousseau pour l'opposition et Patrick Vignal pour la majorité.
On voyait bien qu'il y avait une connivence très forte entre McKinsey et Emmanuel Macron. On l'avait vu notamment dans l'ensemble des contrats qui étaient passés. Donc il y a un sujet d'une manière générale, de toute façon d'une connivence avec les lobbies chez Emmanuel Macron, mais là McKinsey en particulier. Donc je ne suis pas surprise. Jusqu'à maintenant on a fait appel à des cabinets extérieurs pour nous aider à nous accompagner. Moi je fais partie des gens qui pensent qu'on pourrait former encore mieux nos fonctionnaires et que dans quelques temps on n'est plus besoin de McKinsey. Je n'ai pas dormi avec Emmanuel Macron, je fais partie de son équipe.
Enfin je veux dire voilà, moi je suis dans mon territoire rural à me battre pour que les gens puissent avoir de la liberté, à me battre que les gens puissent avoir de la mobilité et se déplacer. Donc je ne peux pas vous répondre très sincèrement.
Pour aller plus loin, nous avons demandé à Mathieu Aron ce que le parquet national financier, le journaliste Mathieu Aron qui a enquêté sur ses cabinets de conseil et leur proximité avec leur pouvoir, avec la décision publique. Nous lui avons demandé ce que le parquet national financier peut bien chercher dans son enquête.
Ce qu'on sait, c'est que lors de cette campagne électorale, le parti En Marche d'Emmanuel Macron a eu le soutien de au moins six consultants de McKinsey. Soit ces consultants sont intervenus à titre bénévole, à titre personnel comme tout citoyen français peut aider pendant une campagne électorale. Et là, il n'y a pas de souci judiciaire. Soit ces consultants sont intervenus avec un statut moins défini, peut-être un peu plus trouble. Ce sont ce genre de choses que va vérifier maintenant le parquet national financier. Au-delà des questions de droit, il y a des grandes questions de principe. Or, les Français, quand ils votent lors des élections, ils n'élisent pas des cabinets de conseil.
Si on s'aperçoit que ce sont les cabinets de conseil qui dictent en quelque sorte la politique, alors on a un souci démocratique.
Il faut le préciser, le communiqué du parquet national financier ne fait pas état, ne mentionne pas la notion de financement illégal de campagne. En Marche de son déplacement à Dijon aujourd'hui, Emmanuel Macron a évidemment été interrogé sur la question et il souligne qu'il n'est pas forcément directement visé.
Vous n'avez pas échappé que parfois les comptes de campagne pouvaient y avoir des problèmes. Les miens, ils ont été regardés comme tous les candidats de 2017, déjà vus. Et puis ceux de 2022, ils sont comme tous les candidats à la dernière élection, en cours de revue. Donc les choses se feront normalement, elles doivent se faire, je dirais, avec sérénité et transparence. Il y a un sujet avec beaucoup d'attaques politiques qui ont été faites sur la question d'un cabinet de conseil. Et c'est sur ce sujet qu'a été ouverte une instruction judiciaire. Bon, il faut que la justice fasse le travail sur ce sujet. Vous avez raison de rappeler que ce n'est pas votre serviteur.
Alors certains voudraient le politiser. Je veux que la justice fasse son travail de manière normale.
Rendez les armes, c'est l'appel lancé par le ministère de l'Intérieur.
Oui, les Français qui possèdent illégalement une arme sont appelés à la rendre dans les prochains jours. C'est en fait une grande collecte nationale qui est lancée pendant une semaine. Elle vous concerne peut-être si vous avez découvert par hasard dans le grenier ou la cave un vieux fusil de chasse du grand-père, un pistolet, une arme blanche, des munitions même. Le ministère de l'Intérieur estime que 5 à 6 millions d'armes sont concernées sur le territoire. Parmi les 300 sites de collecte, il y en a un à Melun, où Louis Amard et Anaïs Recouli se sont rendus aujourd'hui. À peine l'opération lancée, elle connaît déjà un grand succès.
Une campagne d'information avait été réalisée. Maintenant, effectivement, on ne s'attendait pas à autant d'armes. Nous avons trois sites au niveau police nationale. On a le site de Chessy, le site de Nemours et ici Melun. Et j'ai appris tout à l'heure qu'à Chessy, les déposants faisaient la queue pour remettre leur arme. On a récupéré des armes de catégorie C, des armes de chasse principalement. Et ensuite, on a des armes comme celle-ci, une arme de poing, donc une arme de collection. C'est la seule arme de poing que nous avons récupérée depuis ce matin.
Ça correspond tout à fait à nos attentes parce que la majorité des armes qui allaient être rendues, on s'attendait réellement à des armes de chasse.
– Alors attention, si vous pouvez rapporter vos armes dans les jours qui viennent, ensuite vous serez dans l'illégalité. Il faut les rapporter ou au moins les faire enregistrer si vous souhaitez les garder. Écoutez ce que vous risquez si vous ne rendez pas ces armes.
– Ça peut aller jusqu'à 7 ans d'embrisonnement et 100 000 euros d'amende. Ça, c'est dans les cas extrêmes, circonstances aggravantes. Globalement, vous ne risquez pas grand-chose parce que si vous ne le saviez pas ou qu'on ne vous a jamais dit qu'il fallait le faire enregistrer, on vous dira juste qu'il faut le faire enregistrer. Par contre, selon les circonstances, ça peut aller jusqu'à être inscrit au fichier d'interdiction de détenir une arme. Ça peut aller jusqu'à 15 ans. Et vous pouvez aussi avoir une amende de la prison. C'est cumulé avec d'autres facteurs, forcément, mais ça peut aller jusque-là, oui.
– Louis Amard et Anaïs Rucouli ont ensuite eu la chance de croiser Michel, qui venait justement déposer des armes illégales non déclarées.
– Ils viennent déposer des armes qu'on avait à la maison en héritage depuis très longtemps. Elles étaient pleines de poussière. Il y en a même une, je crois, qui soit presque de période historique. Quand on a vu qu'il y avait justement la possibilité de venir s'en défaire à partir d'aujourd'hui, on en a profité. – Les connaissances, elles n'ont pas servi depuis il y a au moins 50 ans. Au moins, au moins, au moins.
– C'est possible qu'elle date d'il y a plus d'un siècle, comme dit le monsieur ? – Oui, c'est possible, tout à fait, oui.
– C'est un joli usinage, c'est joli, quoi. – Vous voyez, quand vous la voyez comme ça, d'un coup, vous dites qu'elle va vous manquer ? – Je ne le connaissais pas. Enfin, je vais vous dire, elle est enveloppée dans un chiffon depuis des dizaines d'années, au-dessus d'une armoire.
– Vous n'en aviez pas usage, vous ?
– Pas du tout. – Puis, je n'ai pas envie d'avoir un usage d'armes à la maison. Je suis de ceux qui sont tout à fait contre la nécessité d'avoir une arme chez moi.
– Patrick, la 22 long rifle que vous avez sur le bureau, là, il va falloir la rendre. Vous avez une semaine, a priori. Alors, à noter que si le trajet est impossible avec l'arme en question, parce qu'on peut se poser la question quand on se balade avec un fusil sur la départementale, il est possible aussi de contacter la préfecture de son département pour qu'on vienne la chercher chez vous, un peu comme les encombrants.
– D'accord. – Ça et tout. – Quelqu'un est concerné par cette mesure ?
– Non, mais moi, ça ne m'étonne pas tellement, cette histoire, parce que j'ai eu, il y a pas mal d'années, une voisine qui me demandait « Qu'est-ce que je peux faire ? » J'ai des grenades à la maison. Donc, mon père avait gardé ça de la dernière guerre et elle a contacté la police pour savoir, ils sont venus pour la débarrasser de ses armes. Mais c'est dommage, c'est un modèle qu'il faudrait donner aux États-Unis, il leur dit « Vous ne voyez qu'un dommage ? » – Exactement, je pensais à ça, je fais une sacrée collecte aux États-Unis.
– Ça ne marcherait pas, mais ça ne marcherait pas. – Ils viennent volontairement, spontanément rendre les armes.
– C'est un dossier dont Mathieu nous parle depuis plusieurs jours et qui a vraiment mobilisé toute la rédaction de cet avou. où l'État veut revitaliser et embellir les villes moyennes.
– Oui, c'est le programme Action Cœur de Ville qui avait été lancé d'abord en 2017, avec une enveloppe de 5 milliards d'euros, on prend la même recette et on recommence. « Je ne veux plus qu'on parle de la France moche », dit la ministre, la ministre déléguée aux collectivités territoriales, qui annonce la même somme pour 234 villes de 20 à 100 000 habitants. Ces villes qui, ces dernières décennies, ont vu leurs entrées défigurées par des zones industrielles et commerciales, par des panneaux de pub dans tous les sens. Nous nous sommes rendus à Orléans. Alors Orléans, avec la métropole, ça va jusqu'à 290 000 habitants.
En compagnie du maire, Audrey Payas et Camille Schmitt ont pu mesurer cette problématique des entrées d'agglomération.
– On vient de sortir de l'autoroute Orléans Nord, donc on est sur une des grandes entrées par ce qu'on appelait autrefois la N20 Nord. On arrive sur Orléans et avec cette, comme vous le voyez, cette déstructuration urbaine. On a un espace public avec des panneaux publicitaires. On a ces poteaux, donc, avec tous ces câbles aériens qui sont très moches. Il y a tout ce qui fait une déstructuration urbaine. Donc vous n'avez pas d'alignement. Une avenue qui n'a quasiment pas de trottoirs, donc à pied. C'est compliqué de passer par là, surtout quand il pleut. Vous avez très peu de végétalisation. On est dans une sorte de no man's land.
Malheureusement, la plupart des villes de France ont été esquintées dans l'après-guerre par tous ces aménagements qui étaient faits dans les Trente Glorieuses, avec à l'époque leur justification, mais qui aujourd'hui, effectivement, présentent ce paysage vraiment dans lequel on ne se sent pas bien.
– Une fois sur la zone commerciale, nous avons pu échanger avec des habitants, également des habitants de l'agglomération d'Orléans. La laideur de ces commerces et des entrepôts fait l'unanimité. Mais attention, sur les projets à venir, il peut y avoir débat.
– C'est vrai que ce n'est pas super accueillant. – C'est ni pratique ni beau, mais de toute façon, c'est comme ça. – On s'habitue, on ne les voit plus, c'est ça qui est triste. – On a une ville qui est super jolie, qui a été extrêmement bien réhabilitée, qui a un centre-ville magnifique, historique, et toutes ces zones commerciales ne reflètent absolument pas la ville.
– On pourrait être n'importe où, c'est toujours les mêmes centres, les mêmes magasins.
– Il faut bien que les commerces en vivent.
– C'est vrai qu'on a tout à proximité, mais après, oui, ce n'est pas très très très joli. – Ce qui prime, ce n'est pas trop l'embellissement de l'environnement. Si on peut, comme ça, sur le chemin, capter des enseignes comme ça, pas chères, pourquoi pas ?
– Il devrait laisser des zones un peu plus vertes, quoi, parce que bon, c'est trop concentré tout ça, quoi.
– Alors ensuite, pour aller plus loin, le maire nous a expliqué son principal souci et la raison pour laquelle l'aide de l'État est la bienvenue.
– On n'a pas la maîtrise de tout le foncier, vous avez beaucoup de terrain privé là-dessus. Donc si l'on veut avoir une véritable cohérence urbaine, soit on converge avec les acteurs privés, soit il faut aller jusqu'à pouvoir acheter et avoir cette maîtrise foncière, et là évidemment avec des coûts exorbitants.
– Orléans, c'est une belle ville, la maison de Jeanne d'Arc, les quais de Loire, la cathédrale, le jardin des plantes, en périphérie, c'est plus compliqué, vous l'avez vu. Mais le maire a également emmené Audrey Payas et Camille Schmitt au cœur de la ville avec un exemple de projet d'embellissement à venir.
– C'est en plein cœur d'Orléans, qui est tronçonné par une sorte d'autoroute urbaine. Et vous imaginez ici, au lieu de cette autoroute, une coulée verte, plantée d'arbres, j'allais dire avec peut-être des écureuils qui jouent dans les arbres, et puis des promeneurs. Vous imaginez qu'il n'y a plus ce bruit, quelque chose d'apaisé, où l'on retrouve la beauté de la ville, et où l'on retrouve le plaisir de venir ici.
– Il faut se projeter, comme disent les agents immobiliers. Alors comment parler des entrées des villes les plus moches sans évoquer la passion française pour les ronds-points ? Avec l'équipe du 5 sur 5, on vous propose une petite sélection ce soir. Cet hommage au train ici, par exemple, on est à Angoulême, où l'on a décidé d'installer un passage à niveau fictif au milieu d'un rond-point. Vous préférerez peut-être ce rond-point de Loire-Atlantique, la Fouassière. Là, c'est carrément une soucoupe volante qui s'est posée sur le rond-point de l'espace. C'est ainsi qu'il a été baptisé. Plus simple, plus rustique dans l'heure, à Rugles, un rond-point avec des clous géants.
16 clous géants plantés sur une butte d'herbe, pourquoi pas ? Une grande ville, tiens, avec une véritable énigme, une saucisse sur un donut. Là, on est à Montpellier. – Il n'y a pas d'explication. – C'est ainsi qu'on explique que c'est un hommage à Confucius. – D'accord. – Ah bah oui, évidemment. – Et même un bel hommage. – Ah oui, oui. – À Villeurbanne, une maison à l'envers sur une maison à l'endroit, des bidons bleus sur le côté. Pourquoi ? – Pourquoi ? – Je ne sais pas. – D'accord. – Et le rond-point le plus laid de France en 2016, ce serait mon préféré s'il n'avait pas été détruit dans un accident de la route.
Je n'arrive pas à savoir s'il était volontaire ou non, l'accident de la route. Le plus étrange restera sans doute ce rond-point dans la Vienne, à Châtellerault, en ville. Mais également depuis l'autoroute, vous pourrez admirer cette étrange la zone qui monte vers le ciel, où elle guide des voitures en file indienne. Ce n'est qu'une petite sélection des ronds-points loufoques. Il y en a beaucoup dans notre beau pays.
– Le rond-point le plus moche, c'était la maison à l'endroit sur la maison à l'envers.
– Oui, mais il est détruit désormais.
– Alors que la saucisse était passée crème.
– Tranquillement, le lomage de Confucius le donne sur la saucisse.