Canicule, Iran, 2027... Bruno Le Maire dans le 8h30 franceinfo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Agathe Lambré.
Bonjour Paul.
Bonjour à tous.
Merci d'être avec nous sur France Info. Vous avez fait votre retour après des mois de silence médiatique et dans un contexte où votre camp se déchire en vue de 2027. Votre livre, Le temps d'une décision, est-il un livre de candidats ? Un candidat de plus ? Vous allez nous le dire dans un instant. Mais d'abord, la France suffoque cette canicule et comparée à celle de 2003. Et pourtant, Bruno Le Maire, ça fait 20 ans au moins que les scientifiques alertent. 20 ans que vous exercez les plus hautes fonctions aussi. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui ? Est-ce que c'est un échec collectif ?
Je pense qu'on a perdu beaucoup de temps surtout. Beaucoup de temps pour voir la réalité en face. C'est-à-dire des canicules qui sont plus précoces. On est à peine mi-juin. Qui sont plus longues. Et qui sont d'une intensité qui est sans comparaison dans l'histoire récente. Donc il n'y a pas de temps à perdre pour s'adapter. Pas de temps à perdre pour climatiser. Équiper tous les bâtiments en climatisation. Notamment les bâtiments publics, les écoles, les hôpitaux, les EHPAD.
On va parler des solutions. Mais c'est-à-dire qu'on a le sentiment qu'il faut attendre qu'il fasse 40 degrés pendant une semaine en mai. Pour qu'on réalise qu'il faut végétaliser les villes, changer nos pratiques.
C'est très français. Mais pourquoi ? C'est très français. C'est-à-dire qu'on a des débats qui sont des débats idéologiques. Au lieu d'être pragmatiques. Regardez le débat qu'on a eu sur le nucléaire. J'ai toujours été un fervent défenseur de l'énergie nucléaire. Mais on a perdu 15 ans à nous expliquer. Dans le fond, le nucléaire, ça peut être dangereux. Il faut peut-être revenir en arrière. Moyennant quoi, quand on s'aperçoit que c'est la seule manière d'avoir de l'électricité décarbonée à un prix raisonnable, on revient en nucléaire. On annonce l'ouverture de 8 réacteurs nucléaires. C'est ce que nous avions annoncé avec le président de la République.
Mais pendant ce temps-là, on a perdu des années de formation, de formation des équipes, de recrutement d'ingénieurs pour bâtir dans les meilleures conditions possibles. Et Emmanuel Macron était président.
Et c'est lui aussi qui a décidé ce recul sur le nucléaire en 2017.
C'est aussi celui qui a décidé de rouvrir 8 réacteurs nucléaires. Et ma position a toujours été constante sur le sujet. Elle est constante aussi sur l'adaptation. Lutter contre le réchauffement climatique, ce n'est pas attendre les calendes grecs. C'est décider tout de suite de s'adapter, tout en prenant les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique à long terme. Mais vous avez décidé des arbitrages.
Vous avez préparé la France aux crises financières notamment. Est-ce que vous, personnellement, dans vos arbitrages financiers à Bercy, vous n'avez pas sous-estimé cette crise climatique ?
Il me semble que toutes les décisions que nous avions prises sur le plan vert, sur l'adaptation, qui ont coûté très cher d'ailleurs. Je rappelle qu'au début 2022, nous avons décidé de dépenser 7 milliards d'euros de plus pour l'adaptation climatique, pour la transformation de nos habitations. Vous pensez que c'est suffisant ? Non, je pense que ce n'est pas suffisant. Surtout, ce qui n'est pas suffisant, c'est la manière dont le débat a lieu aujourd'hui. On nie la réalité et on refuse des solutions d'évidence. C'est les solutions en termes d'habitat, c'est les solutions en termes de construction, c'est évidemment les solutions en termes de climatisation.
Donc plutôt que de nous prendre le mur pleine face, qui est une méthode typiquement française, c'est-à-dire qu'on débat pendant des années, des années, et puis un jour on se prend le mur, et là on se dit, ah oui, dans le fond, il fallait climatiser les bâtiments.
Et on va en parler, mais il y a aussi, pardon Bruno Le Maire, l'impression que l'environnement c'est la variable d'ajustement des politiques publiques. On a vu les querelles sur les zones à faible émission, contre les véhicules polluants, le fonds vert censé aider les villes à s'adapter, qui est amputée d'une partie de ses crédits, les coups de rabot sur ma prime rénov', ça c'est la responsabilité des politiques.
Mais je plaide moi pour un très grand pragmatisme. C'est-à-dire qu'on regarde la réalité en face, et qu'on pense à nos concitoyens. Vous voyez, nous tous ici, on est à France Info, il fait très bon, c'est très bien climatisé, j'ai discuté avec les agents de sécurité à l'entrée, ils sont très contents. Il y en a même qui dorment à France Info, et qui préfèrent dormir sur place, ici, dans les locaux, parce que c'est bien climatisé, plutôt que de retourner chez eux. J'aimerais que la situation soit la même pour l'ensemble de nos compatriotes qui puissent dormir dans de bonnes conditions.
Donc la climatisation partout, Bruno Le Maire, parce que le Rassemblement National, aujourd'hui, fait la leçon au gouvernement.
Oui, mais le Rassemblement National, vous savez, c'est la boussole qu'indique le Sud. C'est-à-dire que c'est les mêmes qui vous disent les conclusions du GIEC sur le réchauffement climatique, on n'y croit pas, mais il faut des climatiseurs. Donc l'absence totale de cohérence, c'est les mêmes qui vous disaient il faut plus de vaccins, mais d'un autre côté, on soutient le professeur Raoult, et on pense que la solution de l'hydroxychloroquine est une bonne solution. Donc c'est une contradiction permanente qui fait tout le charme et toutes les limites du Rassemblement National.
Mais on voit qu'il y a un débat et qu'il y a sur l'autre bout de la chique et poétique, la France Insoumise dit qu'il ne faut pas forcément tout climatiser. Comment vous vous situez dans ce vif débat aujourd'hui sur climatiser, pas climatiser ? Et certains qui pensent que la climatisation, en fait, certains expliquent qu'il fera plus chaud dehors à cause de la climatisation dans les bâtiments. Je vais être très franc avec vous,
je ne comprends pas ce débat. Vous avez pris le métro récemment, je suis rentré Gare du Nord, j'ai pris le métro ligne 4. C'est invivable. C'est invivable. Vous avez des femmes enceintes qui sont dans le métro à 31 degrés et qui doivent faire un trajet de 7, 8, 10, 15 stations. C'est invivable. Vous pensez aux personnels soignants, vous pensez aux personnes âgées qui sont beaucoup plus fragiles que nous, qui ont 80, 85 ans, qui sont dans une maison de retraite qui n'est pas climatisée. Vous pensez aux enfants à l'école ? Vous pensez aux enfants qui passent le bac à l'horaire ? Sauf que j'ai un de mes enfants qui passe le bac aujourd'hui dans des salles où il fait 35 degrés.
Vous pensez que c'est supportable ?
Nous aurons été décalés dans plusieurs académiques.
J'aimerais vraiment qu'en France, nous puissions tous, collectivement, nous épargner ces débats idéologiques et que nous apprenions à regarder la réalité en face. Nous avons un réchauffement climatique qui est devenu une question de vie ou de mort. Et ce n'est pas une question pour demain, c'est une question immédiate pour les plus fragiles de nos compatriotes.
Mais la climatisation européenne n'est pas pire que le mal, Bruno Le Maire ?
Non, la climatisation n'est pas pire que le mal.
Ça pollue, c'est vrai que ça pollue, c'est énergivore, ça peut réchauffer la température des villes.
Le pire des mots, Agathe Lambret, c'est que nous ayons les plus fragiles de nos compatriotes qui soient fragilisés et qui risquent de mourir à cause du réchauffement climatique et à cause de l'épisode de canicule que nous vivons. Ça, pour moi, c'est le pire des mots. Et la responsabilité politique, c'est d'épargner à nos compatriotes, notamment les plus fragiles, le pire des mots.
Donc oui, je suis favorable à la climatisation, oui, je suis favorable à équiper tous les établissements publics, oui, je suis favorable à ce qu'on permette aux particuliers de le développer dans les pièces où ils vivent, où ils dorment, contrairement à Mathilde Panot qui nous expliquait, en bonne collectiviste qu'elle est, qu'il faut réserver la climatisation uniquement aux établissements publics. Apprenons à nous épargner les débats idéologiques qui nous ont fait faire tellement d'erreurs au cours des décennies passées pour traiter concrètement les problèmes auxquels les Français sont confrontés.
Justement, puisque vous parlez des plus vulnérables, les trains ne sont pas du tout bien climatisés pour certains d'entre eux. Le patron de la SNCF, Jean Castex, recommande aux personnes vulnérables d'éviter de prendre le train. Est-ce que c'est normal qu'un pays comme le nôtre empêche les personnes vulnérables de prendre le train en France à l'été 2026 ?
Il est dans son rôle. Il protège les voyageurs, il protège les plus fragiles, mais ce qui devrait tous nous choquer, c'est qu'un pays aussi puissant économiquement que la France puisse être aussi déclassée face au réchauffement climatique. Parce que c'est ce déclassement qui est insupportable et qui le fruit d'une idéologie de décroissance contre laquelle il faut lutter avec la plus grande fermeté. Dans le fond, tous ceux qui se retrouvent pour dire il ne faut pas climatiser, il ne faut pas équiper la climatisation, ça va rejeter du chaud, et ainsi de suite, sont les mêmes qui vous disent il faut la décroissance et il faut la paupérisation globale du pays.
Cette paupérisation globale du pays, de nos services publics, de nos trains, de nos métros, de nos hôpitaux, elle m'est totalement insupportable. Donc je considère qu'il est urgent maintenant de prendre les faits tels qu'ils sont. La canicule est là, elle va se poursuivre, elle va se renouveler, elle est là pour des années, on la traite. Vous avez un autre sujet par exemple qu'on n'évoque que très peu mais qui est lié aussi au réchauffement climatique qui va poser des problèmes majeurs à des millions de nos compatriotes, c'est l'eau. Vous avez des parties entières du territoire français, dans le sud-ouest, dans lesquelles le stress hydrique atteint des niveaux qui sont insupportables.
dans lesquelles on va être obligé de couper de plus en plus fréquemment l'eau dans des villages, dans des endroits qui sont reculés et difficiles d'accès. Dans lesquels il n'y a pas de solution pour nos agriculteurs. Il est temps de prendre le problème là aussi à bras de corps, n'attendons pas d'avoir le mur pleine face, traitons le problème. Construisons des bassins de rétention d'eau, non pas de milliers de mètres cubes, mais de millions de mètres cubes. Construisons des steppes pour récupérer l'eau, la faire remonter dans les barrages, utilisons davantage les barrages, construisons de nouveaux barrages. Est-ce que vous connaissez Pierre-Paul Riquet ? Dites-nous.
Pierre-Paul Riquet, c'est un ingénieur du XVIIe qui a servi Colbert. Et à l'époque, la France a construit le canal du Midi, Pierre-Paul Riquet. Elle a construit le bassin de rétention d'eau de Saint-Fériol, immense, pour garantir l'approvisionnement en eau. Mais c'est dommage qu'au XVIIe, on ait des ingénieurs et une France créative qui soit capable de stocker l'eau, d'irriguer, parce qu'elle avait compris que c'était stratégique. Et qu'en 2026, au moment où le réchauffement climatique frappe beaucoup plus durement, on ait encore ces débats sur la climatisation ou sur la rétention d'eau pour nos agriculteurs et pour l'eau potable.
Certains d'ailleurs disent que c'est aux agriculteurs de changer de récolte. Ah mais c'est les mêmes. C'est bien sûr. C'est les mêmes.
Qui vous disent, c'est toujours les mêmes. Les idéologues verts qui vous disent c'est la faute des agriculteurs, ils n'ont qu'à s'adapter, ils n'ont pas de solution. C'est à nous leur retrouver.
Il y a l'idéologie. Il y a aussi le nerf de la guerre. Pardon, mais c'est l'argent. Parce que j'en ai adapté. Les villes et climatiser partout, ça coûte des milliards. Et les caisses sont vides. Qui va payer tout cela ?
Ça dépend des priorités que nous nous fixons. Le rétablissement des comptes publics, il passe par la définition de priorité. C'est-à-dire qu'est-ce que nous faisons, qu'est-ce que nous ne faisons plus. J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises. Je sais que ce n'est pas très populaire. Mais ça a le mérite de correspondre à la vérité. Que si nous continuons à avoir un État social qui dépense toujours plus, qui veut toujours garantir plus la gratuité de tout, et que dans le même temps, on veut construire un État qui protège, qui protège physiquement, qui protège en termes de sécurité, qui protège contre le réchauffement climatique, on va droit dans le mur.
Les deux priorités ne sont pas compatibles. Il faut faire des choix. Et vous vous dites
l'État régalien en priorité.
Bien sûr. L'État qui protège en priorité. Mais donc, vous regardez pour les transports publics. Mais vous avez un choix. Pour les transports publics, on vous dit, il faut la gratuité des transports publics pour tous, pour tout le monde, les transports publics ont un coût qui est très élevé. Donc, vous faites un choix. Soit vous investissez dans des rames qui sont de qualité, qui protègent l'environnement, qui sont bien climatisées pour permettre à ceux qui se déplacent, qui travaillent, de circuler dans des conditions décentes. Tout simplement décentes. Soit vous dites, tout va être gratuit, le transport, le RER, le métro, Le problème,
c'est qu'on paye déjà Bruno Le Maire. Donc, c'est pas comme si on pouvait encore augmenter les prix.
Oui, on paye un niveau qui correspond assez peu au coût réel des transports publics. Moi, mon choix, c'est d'avoir des services publics qui fonctionnent bien, dans lesquels il y a un coût qui est assumé par la collectivité, qui est assumé en partie par le citoyen pour que l'État puisse correctement protéger.
Qu'est-ce que vous pensez de la proposition écologiste de Marine Tondelier qui veut un congé climatique, 5 jours de congé payé par an en cas de grosse inondation ou catastrophe climatique ?
Ah ben, ne me surprend pas et elle correspond parfaitement à ce que je vous disais tout à l'heure, c'est-à-dire le choix de la décroissance, le choix de la paupérisation, le choix de la relégation de la nation française et des Français. On peut toujours travailler moins. On sait tous qu'il faut travailler davantage.
Et quand Valérie Pécresse, par exemple, parle de télétravail aujourd'hui en Ile-de-France parce qu'il fait trop chaud, elle n'est pas décroissante, Valérie Pécresse. Non, mais elle parle de télétravail. Bien sûr. Elle ne parle pas
à jour de congé. C'est une nuance qui me paraît importante. Mais vous voyez bien que c'est vraiment tout le mérite des débats politiques que nous avons, que le choix il est clairement posé. Soit vous dites on adapte les transports, les bureaux, les lieux de travail au réchauffement climatique pour pouvoir continuer à travailler. Soit on fait le choix des verts, le choix de la décroissance et on dit il faut travailler moins, on n'adapte pas, on ne met pas de climatisation et puis le pays va avoir une croissance toujours plus faible, toujours moins d'emplois et s'enfoncer toujours plus.
Ces deux choix qui sont totalement incompatibles, ils sont clairement posés et je remercie les verts d'avoir été très clairs sur leur choix. Leur choix c'est la décroissance et la paupérisation générale du pays. Ce n'est évidemment pas le mien.
Et vous vous dites il faut assumer un peu moins d'état social et faire payer plus cher les transports en commun notamment pour les climatiser, pour les améliorer. Il y a aussi plus de 1000 milliards de dettes Bruno Le Maire après votre passage au ministère de l'économie. Est-ce que vous vous sentez co-responsable ou responsable aussi de la situation dans laquelle aujourd'hui plus d'argent pour le changement climatique, plus d'argent pour la justice, plus d'argent pour les retraites ?
Bien sûr. Vous avez été ministre des Finances pendant 7 ans. Vous prenez vos responsabilités. D'ailleurs votre chiffre il est plus exact. Agathe Lambret on est à 1250 milliards d'euros de dettes supplémentaires. Parce que depuis que je suis parti la dette a augmenté de 250 milliards. On l'a arrêté quand vous êtes parti. Preuve que ce n'est pas un problème d'hommes. C'est malheureusement un problème de système. Mais je prends toutes mes responsabilités parce qu'on célèbre beaucoup et à juste titre une des plus grandes figures et des plus marquantes et des plus touchantes de notre histoire qui est Marc Bloch.
Marc Bloch disait sur la responsabilité un chef et responsable de tout ce qui se fait sous ses ordres. Peu importe ce qu'il n'ait pas eu lui-même l'initiative de chaque décision. Qu'il n'ait pas connu chaque décision. Parce qu'il est le chef et qu'il a accepté de l'être il lui appartient de prendre à son compte dans le mal comme dans le bien les résultats. Et votre chef c'était Emmanuel Macron ? C'est ce que je fais. Vous ? Non, le chef des finances c'était moi. Oui, il y a eu des erreurs quand les services se sont plantés sur 40 milliards d'euros de recettes ce qui est totalement invraisemblable. Mais parce que vous êtes le chef de l'administration vous prenez vos responsabilités.
Est-ce que vous ne regrettez pas juste de ne pas avoir quitté Bercy ?
Non. Parce que vous vous dites
que vous avez alerté mais vous êtes resté.
La démission est une désertion. Quand il y a un combat à mener sur le rétablissement des comptes publics sur les décisions difficiles que j'ai eu à prendre sortir du bouclier tarifaire sur l'électricité sortir du bouclier tarifaire sur le gaz mon état d'esprit est un état d'esprit de combattant qui fait ce qu'il doit faire et qui reste à sa place et qui fait la mission qu'on lui a confiée. Avec Bruno Le Maire
ancien ministre de l'économie et des finances vous publiez le temps d'une décision chez Gallimard et on parle de l'Iran-Paul.
Oui, on vient d'entendre en fil d'info les nouvelles de ces négociations entre Américains et Iraniens dans cet hôtel de luxe des Alpes-Suisses. On sait que les Iraniens sont restés une grosseur qu'ils ont refusé de prendre une photo avec les Américains On sait que les médiateurs pakistanais et qataris annoncent ce matin des progrès sur le Liban et sur le détroit d'Hormuz et la mise en place d'une ligne de communication entre Iran et les Etats-Unis Quelle est pour vous M. Le Maire la toute première priorité dans ces négociations ? C'est le nucléaire. Ils disent qu'ils n'en ont pas parlé les Iraniens.
Bien sûr. Les Iraniens ils ont tout lieu de se frotter les mains. Cet accord est une mascarade. Donald Trump a mis fin à la guerre politiquement, financièrement et donc il fallait couper net. Il a coupé net. Il a pris sa perte.
Pourquoi c'est une mascarade ? Parce que les grands gagnants
de cette affaire ce sont les Iraniens et je dois dire que ça me révolte. D'ailleurs je pense avoir été l'un des seuls à dire depuis 7 jours c'est une mascarade. On parle peu de ce sujet qui est pourtant fondamental pour notre sécurité à nous Français. C'est une mascarade d'abord parce que le régime iranien un des plus durs de la planète un des plus horribles de la planète dans la manière dont il traite son peuple va voir les sanctions levées et bénéficier d'un chèque d'environ 300 milliards de dollars. Formidable. C'est la récompense de la vertu Ovis. Ensuite le sujet majeur qui est celui des missiles balistiques qui peuvent toucher le sol européen.
L'Iran dispose aujourd'hui de missiles dont la portée leur permet de frapper la Grèce et le sud de l'Europe. Ce sujet n'est même pas abordé. Quant au nucléaire qui est quand même l'enjeu le plus important qu'on garantisse que l'Iran des Molas n'ait pas accès à des bombes nucléaires à du nucléaire militaire. Il est à peine évoqué et de toute manière il sera moins bien traité qu'il l'était par le fameux accord JCPOA que nous avions lancé avec Dominique de Villepin et Jacques Chirac en 2003.
Donc c'est pire qu'avant.
J'ai un souvenir des négociations j'y ai participé. Ces négociations elles étaient très détaillées elles étaient très fournies parce que contrôler l'accès au nucléaire militaire d'une puissance aussi importante que l'Iran près de 90 millions d'habitants un savoir scientifique considérable ça demande beaucoup de rigueur beaucoup de technique et beaucoup de temps. Et Donald Trump l'a déchiré en l'air par M. Trump ? Bien sûr. Donald Trump a déchiré cela en 2018 lors de son premier mandat et aujourd'hui il voudrait nous faire croire qu'en 48 heures il va produire un accord aussi strict que celui qui avait été négocié pendant 13 ans.
C'est un mensonge. Là la télévision d'état iranienne affirme que le nucléaire n'a même pas été abordé.
Je vous dis les Iraniens ont tout lieu de se frotter les mains. Ce qui est très intéressant dans cette guerre c'est de voir à quel point l'histoire se répète. Dans le fond lorsque les Etats-Unis livrent des guerres qui sont nécessaires des guerres justes ils les gagnent. Quand les Américains viennent être secours pour la première guerre mondiale ils nous font gagner cette guerre. Lorsqu'ils débarquent en 1944 et qu'ils rentrent dans la seconde guerre mondiale ils permettent d'éliminer les puissances de l'Axe et d'éliminer le nazisme.
Ce sont des guerres nécessaires dans lesquelles les Etats-Unis sont entrés parfois contre leur gré mais ce sont des guerres justes et ce sont des guerres qu'ils gagnent. Quand ce sont des guerres de choix il n'y a pas de contre-exemple ils les perdent systématiquement. L'Afghanistan retrépiteux l'Irak développement du terrorisme et l'Iran à nouveau un échec flagrant des Etats-Unis d'Amérique qui sont obligés de conclure une paix honteuse avec l'Iran en faveur de l'Iran et en faveur du régime d'Ebola.
Moi ça m'amène à une conclusion que je défends depuis deux ans c'est qu'il est temps de prendre nos distances par rapport aux Etats-Unis d'Amérique par rapport à l'administration Trump et de construire à toute force et le plus rapidement possible l'indépendance européenne pas à 27 parce qu'on n'y arrivera pas
mais à 6 Une Europe à deux vitesses une Europe des cercles avec un cercle de 6
Exactement avec l'Italie la France l'Allemagne l'Espagne la Pologne pour les pays de l'Est et les Pays-Bas qui décident à 6 d'aller beaucoup plus vite beaucoup plus loin avec des résultats concrets pour leurs citoyens.
On entend ce que vous proposez sur l'Europe dans votre livre si vous avancez des propositions c'est une ébauche de programme en fait quand on vous écoute Bruno Le Maire vous proposez aussi de décaler l'âge de la retraite à 65 ans vous voulez relancer le couple franco-allemand qu'est-ce qui vous empêche d'être candidat à la présidentielle pour porter ces idées aujourd'hui ?
Tout simplement qu'il y a déjà beaucoup de candidats et surtout que la première étape de cette campagne dans laquelle nous allons rentrer doit être une étape sur les idées qu'est-ce que nous voulons pour le pays dans 10, 15, 20, 25 ans on le sait assez bien du côté de la France insoumise la nouvelle France c'est une France communautarisée donc c'est la disparition de la nation française voilà en résumé le projet de la France insoumise le projet du Rassemblement National c'est une France étriquée totalement contraire à l'esprit de Marc Bloch justement à l'esprit d'ouverture qu'il pouvait défendre nous qu'est-ce que nous défendons ?
tous ceux qui ont travaillé avec le président de la République Bruno Ratailleau
Gabriel Attal qu'est-ce que vous pensez ?
mais j'ai pas envie de défendre des candidats j'ai pas envie de défendre des personnes moi j'estime que pour le prochain chef de l'État il y a 3 sujets absolument majeurs pas 5, pas 6 il n'y a pas 15 priorités il n'y a pas 25 réformes il n'y a pas 26 réformettes tout ça c'est du niveau du Premier ministre du ministre ou du secrétaire d'État ce qui est de la responsabilité première du prochain chef de l'État c'est quoi ? c'est 1 l'appauvrissement du pays et la réponse c'est quoi ? plus de travail et la liberté pour les entreprises le deuxième sujet c'est quoi ? c'est l'autorité de l'État et la réponse c'est quoi ?
c'est la réorganisation complète des institutions de la République pour qu'elle décide qu'elle tranche et qu'elle donne des résultats et le troisième grand sujet c'est l'Allemagne parce que l'Allemagne nous sommes en train de divorcer avec elle on l'a vu avec le SCAF et que si la France et l'Allemagne divorcent et bien dans ce cas là c'est la fin de la construction européenne je pense que le chef d'État élu en mai prochain le prochain chef de l'État français sa première décision devrait être d'aller à Berlin et de poser trois questions au chancelier allemand qu'est-ce que nous faisons avec les États-Unis d'Amérique qui ne sont plus vraiment nos alliés qu'est-ce que nous faisons avec la Chine qui aujourd'hui occupe une place centrale sur l'échiquier mondial et qu'est-ce que nous faisons ensemble nous Français et nous Allemands ça ressemble à un programme ça non ?
ça ressemble à des idées qui me paraissent utiles pour le pays
mais personne ne porte ça aujourd'hui dans les candidats du bloc centrale ?
vous ne voyez pas ? je ne vois pas d'idée aussi simple sur ce qui pour les 25 prochaines années doit être le défi du chef de l'État de ceux qui l'entourent et de ceux qui vont gouverner le pays je le redis l'appauvrissement
l'autorité de l'État on a une dernière question pour être président c'est une phrase d'Alexis Koller que vous avez peut-être déjà entendue ancien secrétaire général de l'Élysée pour être président dit-il il faut avoir une case en plus c'est-à-dire l'intelligence notamment l'intellect et une case en moins c'est-à-dire le petit grain de folie la certitude qu'on a un destin présidentiel selon lui Edouard Philippe a la case en plus Gabriel Attal a la case en moins et vous Bruno Le Maire est-ce que vous avez cette case en plus et cette case en moins ?
je vais vous répondre toujours avec la phrase est assez drôle je vais vous répondre à nouveau avec Marc Bloch parce que je vous dis toute l'inspiration que m'inspire cette personne et son destin il est bon qu'il y ait des hérétiques et je pense que nous sommes dans un temps où nous avons besoin d'hérétiques c'est-à-dire des gens qui pensent différemment et qui permettent au pays de basculer du bon côté du 21ème siècle
vous êtes un hérétique avec quelle case vous
pour la présidentielle ? il est bon qu'il y ait des hérétiques je suis plus hérétique qu'on ne le croit
l'hérétique c'est la case en moins merci beaucoup Bruno Le Maire d'avoir répondu aux questions de France Info merci Paul merci à demain tout de suite les informés merci à vous
merci à vous
Bruno Le Maire