Médecine et chirurgie esthétique, nouveaux canons de beauté ?
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Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter, très heureuse de vous retrouver. Et aujourd'hui, nous regardons un album photo de la France en 2073, où tous les visages se ressemblent. Les yeux sont félins, les nez retroussés, la peau du visage bien tirée, les femmes ont la même bouche pulpée, un sourire émaillé diamant, et plus aucun homme n'échauve après 60 ans. Fini les rides, les marques du temps, et on ne sait pas quoi penser de ce nouveau canon de beauté. Le marché de la chirurgie et de la médecine esthétique est en plein boom, il pèse 8 milliards d'euros, c'est deux fois plus qu'il y a 5 ans.
Et fait surprenant, les jeunes, les 18-34 ans, consomment davantage d'actes esthétiques que les seniors. Longtemps réservé à une élite, au monde du showbiz, on assiste à une démocratisation de la pratique. Alors doit-on s'en réjouir, ou au contraire s'inquiéter de la banalisation de ces actes, voire même de certaines dérives ? Faut-il mieux encadrer ces nouvelles pratiques ? Et comment faire en sorte qu'il n'y ait pas toute une génération bistouri ? On en débat jusqu'à 13h sur France Inter.
Paola Puerhari, le débat de midi sur France Inter.
Et pour ce débat sur la démocratisation de la chirurgie esthétique, ses vertus et ses dérives, j'accueille dans ce studio Tracy Cohen, bonjour. Bonjour. Vous êtes présidente du groupe Clinique des Champs-Elysées, leader du secteur. Merci d'avoir accepté cette invitation. Et bienvenue également à Ariane Rioux, bonjour. Bonjour. Journaliste au Parisien, vous avez co-écrit Génération Bistouri, enquête sur les ravages de la chirurgie chez les jeunes. Et bonjour au docteur Adèle Loafi. Bonjour. Vous êtes présidente du syndicat national des chirurgiens esthétiques et également praticiens. Alors d'abord, avant de commencer à débattre, il faut bien nommer les choses.
Tracy Cohen, vous faites la distinction entre chirurgie esthétique et médecine esthétique. Et vous dites souvent que les médias confondent les deux.
Exactement. Alors déjà, je suis ravie d'être là et de pouvoir débattre de ce magnifique sujet. En effet, je trouve que la frontière aujourd'hui n'est quasiment jamais comprise. Alors dans les médias, mais pas que, on le voit aussi nous au quotidien, entre la chirurgie et la médecine esthétique qui sont pourtant deux métiers très différents. Alors quelle est la différence ? Alors la différence, déjà il y en a un qui est reconnu, la chirurgie. La chirurgie esthétique a été reconnue par les autorités en 2005, on en discutait. Et c'est aujourd'hui une activité qui est réglementée. Il y a un nombre de chirurgiens esthétiques en France estimé à peu près à 1000. Et le fonctionnement est régulé.
Et les actes qui concernent la chirurgie esthétique, on parle de liposuction, de prothèses mammaires, de rhinoplasties. Donc ce sont des interventions qui sont lourdes, qu'on va effectuer une fois, peut-être deux fois dans une vie. Ce n'est pas une intervention qu'on va renouveler. Et c'est une intervention qui doit être mûrement réfléchie, parce qu'effectivement elle a des conséquences qui sont déjà assez invasives et sur lesquelles il y a très peu de retours en arrière.
Et pour la médecine esthétique alors, c'est un peu plus répandu.
C'est ça, il n'y a pas vraiment d'agrément ? Aujourd'hui, il n'y a pas de reconnaissance, on pourra en parler. C'est un secteur qui n'est pas encore encadré, malgré les différentes demandes que l'on a pu faire et que d'autres ont pu faire, et malgré les dérives dont on parle énormément dernièrement. Et c'est aussi une nouvelle industrie qui est née de beaucoup d'innovations ces dernières années.
Docteur Adèle Loafi, vous confirmez l'essor de ce secteur de la chirurgie et de la médecine esthétique. Ça concerne aujourd'hui tout le monde, les jeunes, les moins jeunes, toutes classes confondues ?
Oui, tout à fait. Aujourd'hui, on a effectivement une augmentation importante des demandes en chirurgie esthétique et surtout d'ailleurs en médecine esthétique. et par le biais de ces nouvelles techniques, nouvelles technologies, nouveaux produits qui sont de plus en plus sûres et de plus en plus fiables, il y a une classe d'âge qui est plus jeune qui demande d'avoir recours à ces techniques et en particulier à la médecine esthétique.
Alors la médecine esthétique, pardon, excuse-moi, je vous coupe, mais pour nos auditeurs, c'est quoi comme acte, par exemple, la médecine esthétique ?
Alors, effectivement, la chirurgie esthétique est encadrée depuis 2005 par un décret. Donc ce sont les actes qui sont faits au bloc opératoire. On parle ici des prothèses mammaires, des liposutions, des rhinoplasties pour refaire le nez, par exemple. Et la médecine esthétique, ce sont des actes qui sont faits au cabinet médical. On parle ici plutôt des injections de Botox, d'acides hyaluroniques, des épilations laser, ce type d'actes.
Il n'y a pas une vraie définition de la médecine esthétique, mais dans la jurisprudence des tribunaux français, il est évident qu'un acte qui nécessite des connaissances médicales, des connaissances anatomiques et la recherche de contre-indications, eh bien, va être considéré comme un acte médical.
Alors, Tracy Cohen, vous qui êtes donc leader de ce secteur en France, quelles sont les opérations phares du moment ? Les gens rentrent pour quoi dans vos cliniques ?
Alors, aujourd'hui, dans toutes nos cliniques, on en a presque une vingtaine en France. La chirurgie esthétique ne représente que 5% de notre activité, même si ça représente à peu près 1000 interventions, pour vous donner un ordre de grandeur. Donc la plupart des patients, on a délivré plus de 100 000 traitements l'année dernière en France, quasiment exclusivement de la médecine esthétique, c'est extrêmement diversifié. On a autant de patients qui vont venir pour faire un traitement laser, d'épilation laser ou de détatouage, que de patients qui vont venir pour traiter des problématiques de peau. C'est un tiers aussi de la demande.
Donc quand on parle de peau, on parle d'imperfections, d'acné, de cicatrices, de taches, de rides, de relâchements cutanés, sans vouloir passer par la case chirurgie. On a évidemment des patients qui viennent pour des injections. Des injections, on parlait de toxines botuliques ou d'injections d'acides hyaluroniques, mais pas que. Il y a énormément de produits injectables aujourd'hui qui permettent de traiter la qualité de peau. On parle de skin booster, on parle de mésothérapie. On a des traitements aussi qui concernent les cheveux, la chute de cheveux en prévention ou alors après une greffe capillaire. Et évidemment, des traitements qui concernent la silhouette.
Donc soit pour traiter un vrai problème de surpoids, d'obésité et de nutrition, soit suite à... On peut faire tout ça quand même.
C'est beaucoup. L'offre est quand même très très large. Justement, Ariane Rioux, vous avez donc enquêté sur la question. Vous avez constaté cette démocratisation, voire même cette banalisation peut-être.
Oui, c'est ça le problème. Dans notre cas, l'idée, ce n'était pas de dénoncer la chirurgie esthétique ou la médecine esthétique en tant que telle. C'était parler de cette banalisation. Aujourd'hui, chez certains témoins qu'on a interrogés dans le livre, on se rend bien compte qu'on va parfois pousser la porte des camions de chirurgie esthétique par mode. Ça paraît assez anodin. On pousse la porte et on se fait injecter de l'acide hyaluronique ou on se fait opérer comme si on allait acheter un sac à main. Il y a vraiment un côté très banal. On en parle aussi de façon, pendant très longtemps, ça a été assez tabou par la chirurgie esthétique. Et aujourd'hui, c'est beaucoup moins le cas.
C'est même assumé. C'est même quelque chose que pour certains patients ou patientes, on va montrer et on va être fiers de pouvoir le montrer parce qu'aujourd'hui, c'est devenu beaucoup plus accessible.
Adèle Ouafi, c'est aussi parce qu'en fait, les opérations sont moins lourdes, mieux faites, moins invasives, c'est ça ?
Alors, pour la médecine esthétique, oui. Pour la chirurgie esthétique, je vais nuancer ce que vous avez dit. On ne peut pas dire qu'aujourd'hui, un patient vient faire une opération de chirurgie esthétique comme on vient acheter un sac à main. Non, il y a des consultations préopératoires avec un chirurgien esthétique, une ou deux, une consultation avec l'anesthésiste. C'est un budget conséquent, c'est une organisation, il y a des congés sans solde, il y a des douleurs post-opératoires.
On ne peut pas faire une petite lipo et travailler le lendemain ?
Il faut une toute petite lipo alors, sous anesthésie locale. Non, et les gens sont conscients de ça. Donc, peut-être qu'on arrive dans un cabinet de chirurgien esthétique en pensant que c'est trois fois rien, mais il y a quand même un travail de pédagogie qui est fait dans le cadre des consultations de chirurgien esthétique pour encadrer les choses et évidemment, les patientes vont avoir l'information et les patients. Mais on va dire dans l'écrasante majorité des cas, on pourra toujours trouver quelques dérives, mais dans l'écrasante majorité des cas, les chirurgiens font bien leur travail. Pour la médecine esthétique, effectivement, on ne peut pas dire que ça ne s'est pas banalisé.
Bien sûr qu'il y a beaucoup plus de personnes qui ont recours à la médecine esthétique, mais pourquoi pas, j'ai envie de dire, puisque aujourd'hui, encore une fois, les techniques sont beaucoup plus sûres. Il faut savoir que quand on a commencé les injections de produits de comblement il y a très longtemps, au début, on a injecté de la vaseline et de la paraffine et du silicone sous la peau. Ça ne se fait plus depuis belle lurette. Aujourd'hui, on a des techniques fiables, on a des produits sûrs, et quand c'est fait par des médecins qualifiés ou des chirurgiens esthétiques.
Et c'est vrai qu'un acte esthétique, ça peut changer une vie. Justement, on a reçu le témoignage d'une auditrice, Leslie, sur l'application France Inter.
De mon côté, c'est ma marraine qui, après une dépression, a voulu passer par la case lifting du visage. J'étais totalement contre. Je trouvais ça un peu inutile et je ne pensais pas que ça allait la guérir, on va dire, lui guérir l'esprit. Finalement, après ce lifting, elle s'est sentie mieux. Elle se reconnaissait enfin. Et aujourd'hui, dix ans après, elle ne le regrette pas, ça lui a fait le plus grand bien. Donc j'ai, moi aussi, changé d'avis sur la chirurgie esthétique.
Merci. Et n'hésitez pas aussi à réagir sur l'application France Inter à la page du Demand Midi. Tracy Cohen, est-ce que se refaire le nez, ça peut changer une vie, avoir des plus gros sangs ? Ça peut développer une sexualité, par exemple ?
Alors, c'est toujours agréable d'entendre ce type de témoignage et c'est aussi avant tout pour ça qu'on fait ce métier. Moi, on va dire que la vraie empreinte de ce que j'ai pu mettre en place et contribuer dans cette industrie, c'est la mise en place d'informations, de données, de lecture de cette donnée, de compréhension de cette donnée et on a toujours réorienté notre activité en fonction de ça.
L'expérience patient, c'est quasiment la première chose que j'ai commencé à recueillir quand je suis arrivée dans cette industrie parce que c'est pour moi le moteur, finalement, de ce qu'on essaye de mettre en place dans toutes nos structures et c'est aussi un élément qui a été clé pour les chirurgiens, les médecins avec qui je collabore qui ont plaisir, finalement, à entendre, à recueillir et à regarder aussi statistiquement, finalement, à la fin, quand on a opéré 1 000, 2 000, 3 000 patients, quel est leur retour ? Et oui, on a énormément de témoignages dans ce sens.
Ça paraît peut-être futile, a priori, de se dire que la beauté peut apporter un confort intérieur et finalement faire se sentir mieux, mais c'est vraiment le cas dans des études qu'on a menées. On se rend compte que quasiment plus de 70 ou 80% des patients qui font un acte de chirurgie esthétique derrière, ont soit eu une meilleure réinsertion, soit trouvé un travail, soit en rue, comme vous dites, on parle des sexualités ou pas, épanoui, mais en tout cas, se sont sentis mieux.
Et sur le plan de la santé, si on regarde juste la santé, même l'OMS considère dans la santé que le rapport à soi, le physique, le bien-être mental, social et physique est très important et c'est une condition aussi de santé.
Néanmoins, vous parlez d'une industrie, par exemple. Ariane Riau, dans votre livre, vous dites quand même que le corps est devenu un peu un produit comme un autre.
On a cette impression, enfin certains témoignages qu'on a pu recueillir, nous ont laissé le sentiment. Oui, on a interrogé plus de 200 personnes, on a rencontré beaucoup de monde, des praticiens, des patients, des sociologues, enfin voilà. On a couvert quand même le sujet en long et en large. Et ce qui peut ressortir, il y a évidemment des filles, on en a rencontré, surtout des filles, bon c'est arrivé que des garçons aussi, mais qui se sont sentis beaucoup mieux, qui ont des complexes depuis très longtemps et que la chirurgie a aidé à se sentir mieux.
Ce que je disais tout à l'heure sur le côté banalisation, et je pense qu'en chirurgie ça existe aussi, parce que c'est vrai, aujourd'hui, parfois, il y a des jeunes filles qui vont demander à leurs parents de se faire offrir à Noël une opération.
Il y a aussi des jeunes filles, c'est dans une clinique à Marseille, où on s'est rendu pour voir un peu comment ça fonctionnait, il y a des chirurgiens qui nous disaient qu'il faut qu'on fasse très attention, parce que parfois il y a des jeunes filles qui nous disent qu'elles agissent par pulsion, c'est les mots qui sont employés, pulsion, tentation, on ne parle pas de besoin chez certaines filles, et qui vont se faire opérer, par exemple, de la poitrine, vont pratiquer une augmentation mammaire, et qui veulent, dès le soir même, sortir en boîte de nuit.
Or, évidemment, c'est quand même une opération lourde, c'est ce que vous disiez, Tracy Cohen, et il y a une période de convalescence, et des filles qu'on a rencontrées qui se sont fait opérer nous disaient que les jours qui suivent, on peut à peine tirer un tiroir, parce que c'est vraiment extrêmement douloureux. Donc voilà, c'est ça quand même qui est la différence aujourd'hui.
Est-ce que vous avez l'impression, le docteur Adèle Loiffy, que certains médecins se sont transformés un peu en commerçants, et qui font un commerce de ce corps ?
Il peut y avoir des dérives dans notre spécialité, comme dans tous les métiers. Il peut y avoir quelques chirurgiens esthétiques, ou quelques médecins esthétiques, qui, effectivement, n'ont pas des bonnes pratiques professionnelles. Mais l'écrasante majorité des chirurgiens respectent le code de déontologie, font leur travail correctement, et respectent le cadre légal. Je rappelle que le cadre légal d'une chirurgie esthétique, c'est un délai de réflexion minimum, incompressible, y compris à la demande du patient, de 15 jours. Vous ne pouvez pas opérer quel cas, dans les 15 jours qui suivent la remise de l'information et du devis.
Et à côté de ça, il y a énormément de dérives, il y a tout un marché clandestin qui se développe, justement, avec des cabinets maison. Racontez-nous.
Alors, il y a une explosion de ces injectrices illégales, en particulier, je dis injectrices à des seins, parce qu'effectivement, ce sont dans 99,9% des cas des femmes qui n'ont aucune qualification médicale, qui ne sont ni chirurgiens esthétiques, ni dermatologues, ni même médecins, qui ne connaissent rien à l'anatomie, qui ne connaissent rien aux vaisseaux, aux artères, rien aux produits, et qui se sont improvisées grâce à l'aide des réseaux, et j'attire l'attention des réseaux sociaux, Instagram, TikTok, Snapchat en particulier, sur leurs responsabilités dans ce domaine, et qui se sont improvisées chirurgiens esthétiques et qui ont commencé à faire des injections de toxines botuliques et d'acier ironique.
Je vous réfère à une affaire qui vient de sortir à Lille, où on a vu pour deux injectrices illégales, un duo à Lille, où il y a plus de 600 victimes, des dizaines de personnes qui ont eu des complications graves, des hospitalisations, des nécroses, des infections, c'est la gendarmerie nationale qui le dit, des seringues périmées, des seringues infectées avec des taux de bactéries 50 fois supérieurs à la normale, ça c'est un vrai problème.
Ce sont des personnes qui ont pignon sur rue, qui publient sur Instagram, qui publient sur TikTok, qui font de la publicité sponsorisée, et malheureusement, effectivement, le public jeune et vulnérable va les voir, sans avoir eu l'information que c'était un acte médical et des risques encourus si on allait voir quelqu'un qui n'est pas chirurgien esthétique ou qui n'est pas médecin qualifié.
Ariane Rioux, justement avec votre co-autrice Elsa Marie pour Le Parisien, vous vous êtes fait passer pour une cliente attirée par ces cabinets clandestins.
Où est-ce que ça vous a mené ? Ça nous a mené à trois endroits. Déjà, je pense que ce qui est le plus flagrant, c'est le grand écart entre ce que ces filles peuvent montrer sur leur compte Instagram. Quand on déroule, on voit des jolies photos d'avant à après, des jolies lèvres pulpeuses. C'est très facile. Il suffit, je vous invite à le faire, de taper injection lèvres dans la barre de recherche Instagram. Il y a des dizaines de comptes qui défilent. C'est très difficile parce que certaines se présentent en tant que docteurs, donc on ne sait pas vraiment si elles le sont ou pas.
Donc je peux comprendre que dans la tête de quelqu'un qui ne connaît pas tout ça, on peut se dire bon, alors voilà, bien. Et puis donc, on a pris rendez-vous. Le rendez-vous, avant de le prendre, c'est trois questions. Elle nous a dû juste demander une photo de nos lèvres pour savoir combien elle injecterait. Et puis on s'est rendus. Alors je pense que le plus flagrant, c'était dans un endroit où vraiment, c'était à la fois très glauque et puis évidemment, les conditions d'hygiène parce que ce n'est pas un cabinet sont déplorables. C'était dans une espèce de box en banlieue parisienne.
Une fille qui évidemment n'y connaissait rien à tout ça qui s'était formée parce que souvent, elle se forme entre elles et qui nous a expliqué que voilà, ça allait se faire comme ça. Il y avait donc dans ce box très lugubre, enfin c'était la box de bureau, il y avait celui-là, c'était tout petit, une table avec juste quelques produits. Il en est censé se faire injecter là en quelques secondes et ça se fait donc dans des lieux comme ça.
On est aussi allé dans des appartements où il y avait, je me souviens très bien, c'était dans le salon d'un studio d'une jeune fille, la table d'injection se trouvait au pied du lit où elle dormait, il y avait son chien qui avait été enfermé dans la cuisine qui grattait à la porte, ce sont vraiment des conditions déplorables et ça, ça existe aujourd'hui en France en 2023. Mais c'est assez impressionnant que des patients et des patientes aillent aussi jusqu'à faire un acte dans ce type de conditions. Parce que c'est moins cher, j'imagine ?
Parce que c'est moins cher et aussi parce que finalement quand on interroge ces patientes, parce que là, on en parle aujourd'hui mais nous, ça fait 7 ans qu'on en reçoit des patientes qui ont subi des injections par des fake injecteurs et qui ont eu des complications et après qui ont honte d'avoir été victimes finalement parce qu'elles sont victimes mais ce qu'elles nous ont toutes dit en venant chez nous et en nous demandant finalement de pouvoir regarder, de les aider, c'est qu'elles n'étaient même pas au courant que c'était interdit.
Tellement la médecine esthétique n'est pas finalement ni reconnue ni encadrée et effectivement sur les réseaux sociaux aujourd'hui, finalement n'importe qui peut se développer n'importe quoi parce qu'il n'y a pas de règles, personne ne régule officiellement ce qui se passe.
Ces produits sont en vente libre,
il faut le rappeler sans ordonnance. En pharmacie, ils se débrouillent pour pouvoir les acheter mais c'est en vente libre effectivement en pharmacie c'est en discussion pour que ce soit retiré. Docteur Loafi a longuement discuté dessus.
Il y a eu une pétition de chirurgiens qui ont demandé au gouvernement de réguler cette situation ?
Absolument, nous avons fait le syndicat national de chirurgie plastique reconstruite esthétique a fait une tribune libre dans le Parisien avec 200 chirurgiens esthétiques où nous avons posé le problème de la vente libre de ces produits de comblement de l'acide hyaluronique et effectivement ça a été repris le sujet par l'agence nationale du médicament et la direction générale de la santé et nous espérons l'apparution d'un décret qui interdira la vente à quelqu'un d'autre qu'un médecin ou alors éventuellement sur ordonnance. Et pourtant
il y a eu des cas très très connus par exemple je prends l'exemple de cette candidate de télé-réalité Luna Sky qui a voulu se faire des injections d'acide dans le fessier et qui a failli mourir il faut le dire comme avec témoigne.
Alors pour le cas de Luna Sky c'est un cas très particulier à ma connaissance mais je ne peux pas rentrer dans les détails de cette affaire parce que je ne connais pas le dossier médical à ma connaissance elle aurait été injectée pour le coup par un vrai chirurgien mais effectivement ça montrerait je ne sais pas dans quelles conditions elle a été injectée si les conditions légales d'une injection ont été respectées ça je ne sais pas c'est à l'enquête de le dire mais en tout cas une chose est sûre ça montre bien que même quand c'est fait par un chirurgien ça peut il peut arriver qu'il y ait des complications et des complications graves mais c'est exceptionnelissime c'est à dire que j'avais moi-même interrogé l'ANSM en 2018 alors que ça fait 40 ans qu'on fait des injections de produits de comblement en France sur les complications graves des injections il y en avait zéro et l'année dernière en 2022 on a fait on a demandé aux chirurgiens esthétiques de rapporter le syndicat national a demandé aux chirurgiens esthétiques de rapporter les complications de convoyer d'injection et il y a eu une quarantaine de cas déclarés des hospitalisations des hospitalisations en réanimation moi-même à titre personnel dans mon cabinet j'ai vu 6 patientes qui étaient hospitalisées ou en sortie d'hospitalisation et 25 patientes qui ont eu des complications d'injections illégales on a fait un sondage 26% des chirurgiens esthétiques ont vu des complications graves avec des séquelles potentiellement irréversibles de médecine esthétique faites par des injectrices illégales
Néanmoins il y a toujours un risque et on le rappelle aussi à nos auditeurs Ariane Rioux il y a aussi tout un tourisme de l'esthétique qui se développe et des gens voyagent à travers le monde pour aller se faire mettre des implants je crois quels sont les modes de chaque pays ?
Oui alors aujourd'hui je pense que ce qui nous a frappé dans l'enquête c'est qu'il y a même l'argent qui entend c'est quand même pas anodin ça coûte cher l'argent n'est plus forcément un frein parce qu'il y a notamment ce tourisme low cost qui s'est développé en France et surtout en Tunisie et en Turquie mais bon il y a aussi d'autres pays dans le monde où ça existe et en fait le principe par exemple en Tunisie il y a beaucoup de cliniques qui se sont développées il y a un vrai tourisme médical autour de ça le principe c'est qu'on paye un package on paye le logement le déplacement et puis sur place on peut se faire opérer même parfois sur une semaine plusieurs opérations différentes et puis on rentre en France le problème c'est que ça peut être extrêmement dangereux parce que là-bas c'est des chirurgiens c'est des vrais chirurgiens qui a priori vous opèrent dans la plupart des cas il y a de tout il y a un peu de tout il y en existe aussi des vrais chirurgiens on en a vu aussi énormément de complications il y a effectivement des bons chirurgiens des bonnes structures mais les tours opérateurs qui vendent n'ont aucune responsabilité sur ce qui se passe derrière donc une fois que le patient est parti qu'ils ont encaissé entre guillemets leur partie le patient est tout seul et surtout quand il revient et c'est là que tout démarre en chirurgie et c'est pour ça qu'on le dit une opération de chirurgie n'a rien à voir avec un acte de médecine esthétique une opération de chirurgie il faut rester avec un chirurgien qu'on connait sur lequel on s'est renseigné il faut prendre du temps on parlait du délai tout à l'heure moi je mesure tout ce qui se passe encore une fois on n'a pas de patient en moyenne surtout chez les jeunes le délai moyen entre la première consultation et l'intervention est en moyenne entre 3 et 4 mois et c'est une réflexion qui a été entamée plus d'un an auparavant avant leur premier rendez-vous donc c'est quand même quelque chose qui est mûrement réfléchi pour 99% des jeunes qui viennent ils ne viennent pas du jour au lendemain pour un acte de chirurgie alors que pour la médecine esthétique effectivement il y a beaucoup moins d'attentes entre le moment où le jeune va se dire j'ai vu un traitement j'ai de l'acné je peux corriger cet acné j'ai vu une nouvelle technologie je vais aller consulter et je suis prête à faire le traitement assez rapidement Justement vous qui vous présidez
donc ce groupe clinique des Champs-Elysées Tracy Cohen est-ce qu'on peut rentrer sans rendez-vous est-ce que vous proposez je ne sais pas
un bilan gratuit aux gens qui se présentent dans votre clinique Non alors l'intégralité de nos structures fonctionne sur rendez-vous donc aujourd'hui avec Doctolib et on a des médecins ce sont les médecins dans toutes nos structures avec lesquels on collabore qui font le premier diagnostic donc c'est une première consultation avec un médecin qui va estimer et diagnostiquer les besoins les attentes du patient qui est en face on a des outils mis à disposition de ce médecin pour aider au diagnostic avec des diagnostics de peau diagnostics de cheveux capillaires qui vont donner encore plus d'informations et qui vont aider le médecin dans sa consultation et est-ce que vous pouvez soigner quelqu'un qui a moins de 18 ans sans l'accord parental ?
Alors non on ne soigne pas on démarre à partir de 18 ans on a certains patients entre 16 et 18 ans qui vont venir avec leurs parents pour des actes soit en chirurgie c'est essentiellement une rhinoplastie et pour de la médecine c'est pour démarrer souvent de l'épilation laser ou pour des gros traitements d'acné mais c'est très très rare ça ne représente même pas 0,05% des patients donc globalement on ne démarre pas avant 18 ans
Alors on va continuer justement ce débat sur France Inter en continuant à parler des jeunes les 18-34 ans qui consomment davantage d'actes esthétiques que les seniors on va se demander dans la prochaine partie de ce débat si on assiste à une génération bistouri à un nouveau canon de beauté esthétique et bien pas vraiment pour l'artiste Stromae
qu'est-ce qu'on est beau sur la photo qu'est-ce qu'on est beau sur les réseaux chéri t'as vu les gens comme ils sont jaloux de nous tous mes biens sont les tiens et tous tes biens sont les miens aussi on a tout pour aller bien mais les biens ça fait pas tout du tout je me demande pourquoi on est encore ensemble nous deux non c'est même pas vraiment oui toi et moi on devrait peut-être s'arrêter là c'est mieux vu qu'on s'aimait pas vraiment leur histoire toi moi je crois pas que ça va faire j'avoue bientôt ça fera 5 ans mais ils font de la peine à voir non je crois pas qu'un jour ils s'échangeront je me demande pourquoi on s'aimait pas vraiment peut-être s'arrêter là c'est mieux vous vous aimez pas vraiment je l'ai dans mes pensées mais bien sûr je voudrais les poser ben justement je devais lui dire mardi genou à terre j'allais la demande avant que je l'ouvre elle s'est excusée j'étais tellement choqué quand elle m'a dit je me demande pourquoi on est encore ensemble nous deux non je ne sais même pas vraiment oui toi et moi on devrait peut-être s'arrêter là c'est mieux vu que je t'aimais pas vraiment on est toujours ensemble
on est toujours ensemble jusqu'à 13h sur France Inter pour interroger l'explosion de la médecine esthétique chez les jeunes toujours en compagnie de la papesse des cliniques des Champs-Elysées Tracy Cohen de la journaliste Ariane Rioux auteure d'un livre qui alerte sur les ravages de la chirurgie chez les jeunes et avec le docteur Adèle Loiffy président du syndicat national des chirurgiens esthétiques Ariane Rioux dans ce livre que vous avez co-écrit avec Elsa Marie le 2 février 2019 vous aviez titré à la une du Parisien chirurgie esthétique
le péril jeune pourquoi ce titre ?
parce que cette année-là il y a eu un vrai basculement en fait les 18-34 ans cette tranche d'âge cette année-là faisait plus de chirurgie esthétique que les plus de 50 ans qui était un peu la patiente que les seniors que les seniors qui à la base à l'origine comme la chirurgie esthétique c'était quand même on l'a pratiqué pour gommer les signes de vieillesse là on s'est rendu compte qu'on venait à les anticiper on n'a pas de rides aujourd'hui on en vient un peu plus à les anticiper on a rencontré par exemple des jeunes filles qui pratiquent du botox préventif donc elles vont faire les injections de botox dans le visage pour figer le muscle et pour éviter du coup que les rides se dessinent alors qu'elles n'existent pas encore alors attendez pardon je vous coupe
mais ça veut dire qu'en fait à 20 ans elles pensent qu'il faut préparer sa vieillesse c'est-à-dire ne pas laisser la ride se creuser et anticiper la ride
certaines ont compris que ce qu'on dégage que son physique ça peut être il y en a qui le disent c'est une ligne de plus sur un CV et ça peut leur permettre plus d'opportunités donc oui très jeunes ces questions-là sont Trécy Cohen
alors vous vouliez réagir évidemment mais est-ce que c'est vrai ce mythe qu'il faudrait je ne sais pas combler la ride avant qu'elle ne se creuse
alors j'ai effectivement j'ai plusieurs types de réactions réactions sur la réalité de ce qui se passe réellement chez ces jeunes sur lesquelles je ne suis pas forcément tout à fait alignée avec ce que vous dites et par contre sur la prévention oui aujourd'hui on parle de prévention pas à 20 ans certainement pas mais à partir de 35 ans voilà à 30-35 ans quand on commence à avoir le botox à 35 ans ce n'est pas forcément du botox ça peut être juste de l'acide hyaluronique ça dépend du encore une fois tout relève de la consultation avec le praticien qui sera habilité à conseiller la patiente et ce n'est pas forcément des injections en fait quand on parle de prévention aujourd'hui on parle là on parle beaucoup d'injections mais la médecine esthétique c'est extrêmement diversifié nous aujourd'hui dans nos établissements sur les 100 000 traitements qu'on a développé l'année dernière les injections ne représentent pas plus de 20% cette activité donc la médecine esthétique c'est aussi de la radiofréquence c'est aussi de la mesothérapie ce sont des lasers il y a énormément ce sont des peelings qui permettent aussi de traiter d'atténuer une peau un petit peu ridée d'atténuer les signes de l'âge de prévenir et qui donnent des résultats qui sont extrêmement naturels et qui accompagnent en fait l'âge Et vous voyez ces jeunes dans votre clinique alors arriver de plus en plus jeunes ?
Alors oui je suis tout à fait d'accord avec les chiffres que vous annoncez sur la médecine esthétique pas forcément sur la chirurgie donc c'est vrai qu'en 2019 c'est la première fois où on a eu en fait une statistique qui a donné ces fameux chiffres où finalement plus de 50% des patients et nous on le constate moi je le constate dans notre patientèle je suis arrivée en 2010 5% de nos patients avaient moins de 35 ans en 2022 50% des patients qui fréquentent nos établissements ont moins de 35 ans c'est une explosion donc il y a eu effectivement mais en fait on ne parle pas de la même chose c'est surtout ça en fait que j'aimerais souligner en 2010 on n'avait pas accès à cette médecine esthétique on n'avait pas accès à toute cette catégorie de traitement donc en fait si on regarde à périmètre comparable ce qu'on proposait aux gens en 2010 ce qu'on propose en 2022 on n'est pas passé de 5% à 50% on n'a pas forcément une énorme croissance sur ce qui existait en fait à l'époque sur ces 5 dernières années enfin 7 dernières années vous avez une innovation et une innovation industrielle avec de nouvelles technologies qui ont créé en fait de nouvelles techniques qui répondent à des besoins qui ont toujours existé un patient ou une patiente de 25 ans qui a des cicatrices et des trous au niveau de l'acné qui n'a pas de moyens elle a toujours eu ce problème là mais il n'y avait pas de solution en 2010 en 2020 il y a énormément de solutions et en fait si on regarde statistiquement évidemment moi je parle toujours avec des chiffres parce qu'on les mesure on les maîtrise 50% des patients aujourd'hui ont moins de 35 ans sur la typologie d'actes que ces patients viennent faire je me suis intéressée particulièrement à la tranche d'âge 18-25 ans parce que je fais vraiment la distinction entre les 18-25 et les 25-35 nous on a mis en place une vigilance extrêmement accrue sur les 18-25 ans pourquoi ?
parce que c'est une population qui effectivement est influençable est plus fragile et qui a besoin d'être encadrée c'est très jeune 18 ans c'est très très jeune donc 18-25 ans on a des points de vigilance là-dessus si on regarde l'acte qui est fait alors pour information c'est 13% de nos patients les 18-25 ans donc sur les 50% ça reste quand même des patients qui ont plus de 25 ans
mais au moins on va changer quand même l'expression on va plus dire je n'ai joli
mais je n'ai refait bientôt alors encore une fois les 18-25 ans 78% des actes qu'ils viennent faire c'est de l'épilation laser et des traitements pour la peau d'accord les injections
ne représentent que 6% on accuse les filtres des réseaux sociaux on parle aussi d'un syndrome Snapchat qu'est-ce que c'est ?
alors l'explosion des filtres les filtres ce sont des outils informatiques qui permettent sur les réseaux de modifier son apparence on a certains filtres par exemple qui sont très connus par exemple sur TikTok vous avez un filtre qui s'appelle Bold Glamour qui vous donne une tête glamour justement qui gonfle la bouche
qui remonte les paupières
donc il y a une influence inversement vous avez des filtres qui peuvent vous montrer votre aspect quand vous serez plus âgé donc vous avez le filtre Aged où vous voyez votre visage quand vous serez plus âgé donc ces filtres bien sûr ont une influence sur la vision sociétale de la beauté et du et du et du du du rajeunissement
du code du code esthétique
absolument donc ces filtres après c'est un débat de société j'ai envie de dire à quel moment on arrête la liberté individuelle qui est la liberté de se voir en filtre si on a envie à quel moment on arrête la liberté individuelle qui est de se prendre en selfie et de se poster en selfie et à quel moment l'état doit intervenir maintenant il y a quelque chose que je voudrais dire et je vais vous choquer la médecine préventive ça commence quand on est bébé parce que quand vous mettez de la crème solaire à un bébé vous faites de la médecine préventive la médecine préventive c'est pas juste faire des injections de Botox c'est pas juste faire des injections d'acide hyaluronique les crèmes solaires c'est de la médecine préventive les crèmes hydratantes c'est de la médecine donc tout dépend du degré d'invasivité de ce qu'on propose et bien sûr que plus la personne est jeune plus on va proposer des choses réversibles et des choses safe
évidemment mais là vous parlez de jeunes qui arrivent donc avec des photos d'eux avec des filtres et qui disent en fait je veux cette photo de moi je veux avoir ces pommettes là je veux avoir cette bouche pulpeuse je veux ressembler à un filtre Instagram
Marianne Riau oui alors ça c'est un constat qui m'a été dressé déjà il y a un moment par trois dermatologues de l'université de Boston qui ont c'est eux qui ont conceptualisé le concept de dysmorphie Snapchat et qui disaient que oui ils s'étaient rendu compte la dysmorphie donc on se voit déformé on a un défaut irrationnel et pour le coup les réseaux sociaux et les filtres aggravent tout ça et donc ils expliquaient que oui les filtres avaient créé un trouble entre la réalité et le fantasme et ça donnait une impression une image de soi-même qui était inatteignable et ils s'inquiétaient parce que oui des jeunes venaient dans leur cabinet en disant voilà moi ça c'est mon filtre et moi je veux ressembler à ça sauf qu'évidemment c'est extrêmement compliqué de ressembler enfin c'est même impossible de ressembler à son filtre
et c'est vrai que la tendance est au look de télé-réalité alors c'est un peu les stars en ce moment c'est les sœurs Kardashian elles ont des oeils de biche des yeux de biche des fortes poitrines des culs relevés on parle même de Kardashianisation des silhouettes Adèle Wafi
dans la réalité dans la réalité moi je la vois
la réalité par exemple je vais sur la plage je vois bien que quand même les seins sont relevés et les fesses de plus en plus bondées
je parle de la dysmorphophobie la dysmorphophobie dans la réalité de pratique d'un chirurgien esthétique c'est 3-4 patients par an la dysmorphophobie la dysmorphophobie c'est une pathologie psychiatrique ça a une définition ça a des signes ça a des symptômes et un chirurgien esthétique je vous rappelle que tous les chirurgiens esthétiques ont un cursus de médecine générale avant de faire de la chirurgie on fait 6 ans de médecine générale on a été formé à l'infarctus du myocarde à l'accident vasculaire cérébral et à la psychiatrie je ne dis pas que nous sommes psychiatres mais je dis que nous avons les compétences pour et nous sommes les mieux placés pour détecter les pathologies psychiatriques les contre-indications psychiatriques et il ne s'agirait pas d'ailleurs les psychiatres ont suffisamment de travail comme ça il ne s'agirait pas d'envoyer toutes les personnes qui ont une demande de botox ou d'acide hyaluronique aux psychiatres pour vérifier s'ils sont voilà mais c'est le rôle du chirurgien esthétique et c'est notre métier et c'est notre coeur de métier de détecter non seulement les contre-indications médicales mais aussi les contre-indications psychologiques et les contre-indications psychiatriques à la chirurgie esthétique et à la médecine esthétique et bien sûr qu'on discute avec les patients et qu'il y a certains symptômes que je pourrais lister qui relèvent de la dysmorphophobie
bien sûr mais néanmoins aujourd'hui les jeunes femmes veulent toutes ressembler à la même personne et c'est Kim Kardashian
mais c'est encore une fois c'est pas ce qu'on constate ah bon c'est ce qu'on dit c'est ce qu'on a je ne sais pas
si c'est pas ce que madame Rioux a constaté dans son ouvrage c'est pas le cas
de toutes les patientes mais oui c'est un modèle de beauté qui est tendance donc Kim Kardashian pour poser un peu le contexte donc c'est une une candidate de télé-réalité une influenceuse américaine et qui a qui s'est fait connaître parce qu'elle est juste elle-même et en fait tout son tout son modèle de beauté est très codifié elle a un corps en sablier donc une taille très fine une poitrine volumineuse des fesses rebondies même son visage est codifié avec un nez fin une bouche pulpeuse et il est vrai parce qu'en fait l'histoire de Kim Kardashian et de toute la famille Kardashian c'est qu'ils ont une une émission de télé-réalité depuis plusieurs années plus d'une dizaine d'années on les voit en permanence et toutes elle et ses soeurs même leur mère ont pratiqué la chirurgie esthétique et comme en fait il y en a la plus jeune Kylie Jenner de la famille on la voit depuis qu'elle a 10 ans on l'a vu évoluer elle avait un complexe et ses lèvres qu'elle trouvait trop fines elle a fini par un jour arriver dans l'émission avec des lèvres beaucoup plus pulpeuses donc elle n'a pas eu d'autre choix que de le dire qu'elle avait fait des injections et en fait elles ont en un sens banalisé en avouant parce que pendant longtemps Marine Monroe par exemple elle avait fait la chirurgie on a appris qu'elle en avait fait quand son chirurgien est mort aujourd'hui le fait de l'assumer il y a un côté très culture populaire chez les stars que les stars de l'envergure de la famille Kardashian on l'avoue ça a changé la dent
on n'est pas d'accord la patronne des cliniques et le chirurgien ne sont pas d'accord
on ne sait pas qu'on n'est pas d'accord moi je suis tout à fait alignée sur le fait qu'il y a un impact de la démocratisation des réseaux sociaux et qu'aujourd'hui l'accès et de pouvoir entre guillemets soigner son image et faire attention à soi aujourd'hui est bien plus accessible et accepté que ça l'était il y a 10 ans ou 15 ans quand je suis arrivée même moi dans un secteur où c'était extrêmement tabou ce que je veux dire c'est que nous ce qu'on mesure et d'ailleurs on y fait extrêmement attention surtout chez la tranche d'âge 18-25 ans mais globalement on le fait pour toutes les catégories de patients c'est qu'on mesure leur demande avec l'intermédiaire des médecins et des chirurgiens avec lesquels on collabore on a monté un pacte éthique à ce sujet il n'y a pas longtemps pourquoi ?
parce qu'on veut absolument collaborer avec des médecins et des chirurgiens comme le disait le docteur Loafi qui ont cette conscience par leur formation et qui vont accepter de jouer le jeu et on note statistiquement moi j'ai un retour sur le nombre de patients qui vont venir consulter et le nombre de patients qui lors de leur consultation vont demander à ressembler à telle ou telle personne vont ressortir l'utilisation de filtres et donc on sait mesurer les demandes des patients qui ne sont pas alignées avec un besoin qui est rationnel et ces patients-là on sait les orienter
on peut bannier le rôle des réseaux sociaux et même les chirurgiens sont très présents d'ailleurs sur les réseaux sociaux certains de nos auditeurs l'ont d'ailleurs remarqué comme Andine qui s'est enregistrée sur l'application France Inter
Bonjour moi j'adore regarder et suivre tous les chirurgiens esthétiques sur Instagram et tous les avant-après qui sont assez bluffants et j'avoue que c'est plutôt incitatif avec des résultats parfois très naturels et forcément on trouve de tout sur les réseaux sociaux que ce soit les influenceurs qui pour le coup ont abusé de la chirurgie esthétique et en même temps le client lambda de ces chirurgiens
Docteur Adèle Loiffy est-ce que c'est problématique que certains chirurgiens publient des avant-après ou qu'ils filment en direct leur opération est-ce qu'ils ne deviennent pas un peu eux-mêmes influenceurs ?
Alors là vous avez posé deux questions différentes très différentes celle des avant-après et celle de filmer en direct une opération ce n'est pas du tout les mêmes problématiques simplement déjà je voudrais qu'on remette les choses au clair il faudrait sortir quand même excusez-moi mais des clichés sur la chirurgie esthétique ce que l'on voit c'est la partie émergée de l'iceberg 90% des personnes qui ont recours à de la chirurgie esthétique ou de la médecine esthétique vous ne le savez pas parce que ça ne se voit pas et parce que c'est naturel et nous suivons des patientes
on n'a pas dit ça pardon excusez-moi on a dit est-ce que les chirurgiens communiquent un petit peu trop pardon excusez-moi moi je suis sur Instagram par exemple je suis le pour ne pas le citer mais je crois qu'il est en profil public le docteur Beauty qui a des milliers et des milliers d'abonnés mais ils existent ces chirurgiens qui se mettent en scène sur les réseaux sociaux
oui oui en l'occurrence il fait un travail naturel Tracy Cohen pour le coup docteur Beauty qui est un chirurgien que je connais aussi en général prône une médecine esthétique très naturelle il est le premier en permanence sur les réseaux à rappeler à faire beaucoup de pédagogie en fait ce qu'on dit c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de cadre le vrai débat et pour moi il y a des débats qu'on entend en permanence dans les médias mais il y a un débat qui n'est jamais évoqué celui de l'encadrement étant donné qu'il n'y a pas de cadre officiel sur la communication sur le marché de la médecine esthétique il y a énormément de dérives et finalement il n'y a pas de règles qu'est-ce qu'il faut faire ou ne pas faire personne ne sait vraiment vous êtes très présente sur les réseaux sociaux par exemple alors nous on utilise on a effectivement utilisé cette force digitale pour faire énormément d'éducation de pédagogie de donner de l'information on utilise c'est comme ça aussi et de la promotion aussi mais indirectement et indirectement en se faisant connaître évidemment on a des patients et des patientes qui font confiance à ce qu'on propose parce que derrière on a une organisation qui est extrêmement sérieuse avec des process de formation avec des médecins qu'on encadre c'est-à-dire indirectement pardon vous avez dit indirectement c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a le seul média sur lequel on est capable de pouvoir donner de l'information à des patients pour leur éviter aussi d'aller se faire opérer finalement en Tunisie et en Turquie si on veut rester en France il faut bien pouvoir donner de l'information dire qu'on existe on a des structures qui ouvrent un petit peu partout en France sans les réseaux sociaux sans un site internet il est impossible aujourd'hui pour un patient de pouvoir prendre rendez-vous donc on va sur internet on va chercher un besoin on a des problèmes analytiques d'acné on cherche de l'épilation laser et effectivement souvent on va tomber sur des centres ou des structures comme les nôtres qui ont déjà une puissance digitale et qui sont capables de donner de l'information
et cette puissance digitale vous l'avez notamment aussi parce que dans votre cabinet il y a beaucoup de stars de la télé-réalité qui font après la promotion de cette médecine esthétique
à des jeunes peut-être en 2016 en 2017 depuis 5 ans vous ne trouverez aucun influenceur qui vient dans nos établissements et qui en parle il faut savoir que le début de l'influence ça a été régulé
mais il y a quelques années encore est-ce que vous avez pu je ne sais pas offrir des pratiques à certaines stars de télé-réalité ?
quand ça a démarré l'influence n'était pas un business comme ça l'est aujourd'hui moi je ne connaissais pas les influenceurs je n'ai jamais regardé une émission de télé-réalité de toute ma vie et n'importe quel candidat de télé que j'ai pu rencontrer vous le dira ils ont démarré à venir dans nos établissements dans les années 2015 c'était vraiment au tout début et comme ils partagent toute leur expérience sur le réseau ils ont partagé leur expérience chez nous je vous ai dit je suis très très très connectée à mes chiffres évidemment que j'ai très vite fait la relation entre 2-3 personnes médiatisées qui viennent dans nos établissements qui m'ont relayé mes équipes sur le terrain et l'activité de mon site internet où je vais avoir un pic d'audience comme j'ai pu l'avoir avec une émission télé donc évidemment on a fait le lien rapidement sur le fait qu'un influenceur qui vient dans un établissement et qui partage son expérience va avoir effectivement derrière va avoir aidé à la démocratisation à l'accès finalement au secteur de la médecine esthétique et ça c'est une évidence en revanche on n'a jamais fait de partenariat parce que c'est interdit et c'était à une époque où il n'y avait pas d'agent quand on dit partenariat
est-ce que poser avec je ne sais pas une star de télé-réalité qui vient de se faire refaire quelque chose ce n'est pas comment dire certains diraient un partenariat un peu masqué
c'est de la communication c'est de l'information après c'est il faut suivre en fait on ne sponsorise pas nos annonces pour que quelqu'un puisse avoir accès à ce qui se passe finalement sur le compte de la structure ou sur mon compte perso qui aussi est assez influent finalement aujourd'hui il faut s'abonner il y a une démarche en fait proactive de venir choisir de suivre ce qui se passe dans notre activité Ariane Riau oui
vous vouliez réagir je vous voyais réagir depuis tout à l'heure est-ce que vous dans votre livre vous dites que ça a été régulé mais vous aviez noté quand même un genre de système promotionnel qui se mettait en place
oui il y a eu un vrai système d'autres cliniques d'autres chirurgiens ont conclu des partenariats ça a existé c'est-à-dire
des influenceurs qui donnaient des codes promo par exemple
qui venaient dans une clinique souvent le principe c'était un peu donnant-donnant on leur offrait l'opération en échange ils en faisaient la promotion sur leur réseau ils distillaient des codes promo qui permettait du coup ensuite aux cliniques de voir ou aux praticiens qui sont dans leur cabinet seuls qui leur permettaient de voir à quel point ça pouvait avoir une influence et d'ailleurs en juin 2022 avec Elsa Marie la co-autrice de l'enquête on est allé on a participé à un congrès de la profession surtout spécialisé dans la médecine esthétique et donc il y avait un débat qui était sur Instagram est-ce que ça peut aider il y avait 4 chirurgiens qui étaient là qui avaient tous des comptes Instagram et qui se félicitaient du fait que c'est pas tous les chirurgiens on le redit mais en tout cas eux c'est ce qu'ils disaient qui se félicitaient du fait que depuis qu'ils avaient un compte Instagram ils avaient pu doubler leur chiffre d'affaires que quand ils postaient une jolie photo d'avant après ils pouvaient avoir 50 demandes dans la foulée et qu'il fallait être réactif il ne faut pas les louper et surtout il y en avait un qui expliquait que oui il avait conclu un partenariat il encourageait même ses confrères à le faire aussi conclu un partenariat avec une influence en sorte de télé-réalité et que ça lui avait ramené un certain nombre de patientes dans la foulée Adèle Loafi ce sont des pratiques qui sont minoritaires ce sont des pratiques où vous trouverez toujours quelqu'un pour faire un partenariat avec quelqu'un d'intérêt c'est quand même un business
qui se crée un petit peu autour de l'économie de l'apparence et aussi parce qu'en fait on vit dans une économie de l'apparence
mais ça oui bien sûr que c'est une économie comme une autre enfin c'est une économie pas tout à fait comme une autre excusez-moi parce que c'est quand même une économie avec des règles déontologiques mais pour revenir au problème des avant-après qui est un vrai sujet c'est un sujet qui est débattu au sein même de la profession là je vais me positionner personnellement non plus en tant que président du syndicat mais personnellement de mon point de vue je ne vois pas comment on peut communiquer sur la chirurgie esthétique sans montrer des avant-après il y a trois questions que pose un patient quand il vient à une consultation de chirurgie esthétique c'est qu'est-ce que je peux en attendre et quand vous dites qu'est-ce que je peux en attendre et bien on doit montrer des avant-après d'accord ça c'est la première chose la deuxième chose c'est combien ça coûte et la troisième c'est qu'est-ce que je risque donc ces trois questions-là sont trois questions centrales auxquelles on ne peut pas échapper quand on fait de la communication sur la chirurgie esthétique
et justement Marion qui nous a écrit sur l'application France Interne nous demande une fourchette de prix des injections ou des opérations à titre informatif Tracy Cohen
alors encore une fois les prix sont à chaque fois fixés par le médecin lors de la consultation en fonction du type de produit qui sont assez vastes et du plan de traitement qui va être proposé pour une injection d'acide hyaluronique il faut compter entre 380 et 400 à peu près 400 euros par seringue pour un bon produit et c'est le prix moyen et on va continuer
à parler de médecine esthétique se demander aussi si les hommes ne sont pas des femmes comme les autres car les garçons passent de plus en plus à l'acte dans le top 3 il y a les implants capillaires le rembourrage de mollet et moins surprenant l'augmentation du pénis évidemment alors est-ce que ça vous tente ? et bien réagissez sur l'application France Inter
C'était Phoenix
The Only One
Et on est toujours ensemble
jusqu'à 13h sur France Inter à parler de médecine esthétique et notamment pour les hommes Docteur Adèle Loafi est-ce que vous voyez de plus en plus de garçons passer à l'acte ?
Oui il y a de plus en plus d'hommes qui passent à l'acte mais ça peut être pour de la médecine esthétique en particulier donc de plus en plus d'hommes ont envie de paraître moins fatigués les traits moins tirés il y a aussi une pression professionnelle qui est ce qu'elle est qui est qu'aujourd'hui dans le milieu professionnel il y a une pression sur les seniors il ne faut pas avoir l'air fatigué donc il y a ce type de demande vous avez cité la grève capillaire bien sûr la calvitie est un sujet de préoccupation majeure chez les hommes donc c'est un sujet de complexe de complexe parfois profond et puis vous avez insisté sur la chirurgie intime donc effectivement l'augmentation du visage
Le complexe du vestiaire
Le complexe du vestiaire Oui
C'est comment le soigner alors ou pas ?
Oui alors c'est quelque chose qui peut faire sourire mais dans le vécu des hommes qui ont recours à ce type de chirurgie et bien il faut savoir que c'est quelque chose qui peut être aussi extrêmement complexant c'est pas du tout quelque chose qu'ils font comme ça par plaisir c'est de le plus souvent c'est de gros complexes et ça peut être aussi complexant la taille du pénis peut être aussi complexante chez un homme que la taille de la poitrine chez une femme voilà
Alors vous avez parlé justement de gens qui ont l'air fatigués au bureau Ariane Rioux est-ce que dans votre livre dans votre enquête vous avez vu je sais pas un genre de tyrannie de l'apparence c'est-à-dire que est-ce qu'on va vers une façon d'être où on va peut-être mieux gagner sa vie si on est un peu plus beau on parle de privilège beauty
de privilège à être beau en tout cas c'est ce que certains certaines des personnes qu'on a rencontré nous ont dit que oui c'était un atout d'être beau en tout cas de se sentir beau et mieux dans sa peau en pratiquant la chirurgie ou la médecine esthétique oui c'est un fait beaucoup retrouvent parfois la confiance Tracique
Est-ce que vous croyez que vraiment une vie peut changer même qu'on peut mieux gagner sa vie si on est
je sais pas un peu plus beau ou si on se sent plus beau Alors voilà c'est exactement la nuance que j'allais faire moi je suis vraiment partisane de la beauté décomplexée le fait de se sentir bien pour soi pas pour les autres et pas parce que justement il doit pas y avoir de tyrannie ou de besoin de changer son corps parce qu'il faut le faire parce que les gens le font il faut le faire pour soi si on en a envie je prends toujours mon exemple parce que ça fait 12 ans que je suis dans ce métier je n'ai jamais eu recours à un acte de médecine ou de chirurgie esthétique parce que je n'en ressens pas forcément le besoin parce que je suis pas forcément dans cette tyrannie et je le dis toujours ne pas utiliser de filtre c'est important on en a parlé tout à l'heure mais c'est vrai que ça peut avoir un impact sur les réseaux je suis la première j'ai essayé comme tout le monde d'utiliser un filtre une ou deux fois et on se rend compte qu'après quand on retire le filtre finalement on se dit ah ben mince j'avais pas remarqué toutes ces petites imperfections il faut accepter les imperfections le charme ça fait partie du naturel et ça fait partie en tout cas à mon sens de la beauté naturelle qu'on doit absolument préserver en revanche se sentir bien se sentir beau pour soi ça a un vrai impact et ça nous on l'a mesuré on continue à le mesurer et c'est pour ça on fait ce métier c'est ce qu'on aime dans ce métier et ça apporte effectivement une amélioration du bien-être et du coup effectivement on a une meilleure insertion dans la vie professionnelle comme l'a dit le docteur Loafi aujourd'hui à 40 ans on est extrêmement jeune 40 ans dans le milieu du travail on est quasiment au début on a encore une très longue carrière donc quand on arrive à 40 ans qu'on fait des visioconférences parce qu'aujourd'hui on est dans un monde où on utilise 30% de notre temps finalement en visio à avoir un reflet de son image permanent qui n'a pas forcément aidé de ce point de vue-là et qu'on remarque qu'on a l'air fatigué alors qu'il est 15h et qu'on revient de vacances et que finalement en mettant en place un ou deux traitements de médecine esthétique douce on va réussir à finalement améliorer et à se sentir mieux et à se sentir beau pour soi oui c'est quelque chose qui en tout cas est bien repris par les patients les patients le vivent mieux se sentent mieux et retrouvent en général
une meilleure active ce débat a beaucoup divisé parce qu'on reçoit des témoignages vraiment très polarisés on a bonjour j'ai souffert toute ma jeunesse d'une aplasie mammaire qui m'a complexée dans mon travail j'ai franchi le pas je me suis fait opérer à l'âge de 30 ans et ma vie a changé sur tous les plans et on a aussi Lily et Lauriane qui nous disent la diversité des visages c'est ce qui fait la richesse de notre espèce le monde de demain sera peuplé de femmes qui vont toutes se ressembler est-ce que c'est ça qu'on veut ne risque-t-on pas d'avoir une génération de clos Nadelle Wafi qu'est-ce que vous en pensez ?
non là encore c'est ce que je disais tout à l'heure je suis désolé mais on retombe dans ces clichés non l'écrasante majorité des patientes et des patients qui ont recours à de la chirurgie esthétique et de la médecine esthétique veulent juste se sentir mieux dans leur corps mieux dans leur visage ils veulent se sentir mieux dans leur tête et aujourd'hui il se trouve qu'on a des techniques de plus en plus sûres qui permettent de répondre à cette demande et d'apporter du bien-être tout simplement et il y a trois mauvaises raisons d'avoir recours à la médecine esthétique ou à la chirurgie esthétique c'est de vouloir ressembler à quelqu'un c'est une très mauvaise raison de vouloir ressembler à un filtre c'est une très mauvaise raison ou de vouloir le faire pour quelqu'un il faut le faire pour soi et quand on le fait pour soi parce qu'on en ressent le besoin et qu'on va voir un chirurgien esthétique ou un médecin qualifié et bien croyez-moi dans l'écrasante majorité des cas ça se passe très bien et la demande est quelque chose de naturel et qu'est-ce que vous dites
à quelqu'un qui est devenu accro à la chirurgie esthétique alors ?
Trois lettres N-O-N Ça n'existe pas ? Non je dis non je refuse quand quelqu'un Et vous l'envoyez
chez un thérapeute ?
Quand je vois qu'il y a manifestement un abus ou un problème psychologique ou psychiatrique je conseille d'en parler avec l'entourage et je conseille d'en parler avec le médecin traitant Merci beaucoup Pour la petite statistique on mesure le taux de récurrence justement parce qu'on nous pose souvent cette question en moyenne sur les trois dernières années un patient qui est venu chez nous en tout cas ne revient pas plus d'une fois et demi par an pour un acte de médecine esthétique donc je ne pense pas qu'on devient accro D'accord pour autant
Très bien écoutez merci infiniment d'avoir participé à ce débat merci d'être venu nous alerter sur les vertus et les dérives de la médecine esthétique dans ce studio merci à toute l'équipe dont le travail a loin et loin d'être artificiel à la réalisation Étienne Bertin à la technique Ludovic Asselot demain dans le Demain Vidier on se demande si le talent n'est pas une fiction Mozart, Dostoevsky ou Kylian Mbappé sont-ils des génies ou ont-ils simplement beaucoup travaillé on ouvre le débat sur le concept de la méritocratie et vous pouvez dès maintenant réagir sur l'application France Inter à suivre le journal de 13h sur le journal de 13h
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