The Big Interview: Jordan Bardella
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Jordan Bardella. Bonjour à vous.
Bonjour et merci pour votre invitation.
Présidente du Rassemblement National, on va évoquer le pouvoir d'achat des Français, les annonces qui ont lieu en fin de journée par Sébastien Lecornu sur les carburants. Mais d'abord, un mot de la situation qui est bloquée dans le détroit d'Hormuz et les négociations aussi entre Iraniens et Américains. Vous avez dénoncé les objectifs erratiques du président Trump en Iran. Jordan Bardella, vous ne le comprenez plus après l'avoir tant soutenu ?
Je ne l'ai pas soutenu, madame. Nous avons exprimé...
Marine Le Pen s'est rendue à la Trump Tower, il me semble, il y a quelques années.
Oui, il y a peut-être dix ans, lorsque le président américain était dans une logique politique isolationniste, c'est-à-dire dans une logique qui consistait à sortir l'Amérique des grands conflits mondiaux et à se concentrer sur le seul intérêt du peuple américain. Il fait le contraire.
Il fait le contraire.
Extrêmement réservé à l'égard de cette tentation du président américain d'intervenir directement et par la force. Très souvent en violation d'ailleurs du droit international. On se souvient des débats que nous avons eu il y a quelques mois sur la question du Groenland et de la souveraineté d'un État européen qu'est le Danemark. Aujourd'hui, les objectifs de guerre sont effectivement erratiques. Moi, je ne regarde pas l'intérêt américain, je regarde l'intérêt de la France, je regarde l'intérêt des Français.
Et il est temps aujourd'hui pour le pays, pour les Français, pour notre économie et notamment pour la situation énergétique des Français qu'une issue soit évidemment trouvée dans les plus brefs délais à ce conflit pour qu'on puisse sécuriser le détroit d'Hormuz, permettre le passage des navires dans ce qui est aujourd'hui l'un des poumons économiques de la planète.
Donc ça veut dire que vous soutenez exactement la position française d'Emmanuel Macron qui appelle au calme et qui dit que ça a été une erreur des deux côtés de bloquer ce détroit d'Hormuz. Vous comprenez les critiques de Donald Trump à l'encontre de la France qui a refusé de s'engager dans ce conflit qui n'était pas le nôtre ?
Je vous rappelle qu'il y a quelques mois, à l'été 2025, lorsque une opération militaire a été menée lors de cette fameuse guerre des 12 jours contre le régime iranien, une grande partie des infrastructures liées au développement du nucléaire iranien avait été mise hors d'état de nuire. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, autant on peut comprendre l'intérêt d'Israël qui lutte pour sa sécurité et pour une survie quasi existentielle dans la région face à un régime qui est un régime abominable, le régime des Mollahs, qui est oppresseur non seulement de son propre peuple mais qui est le sponsor du terrorisme international dans la région.
Autant les objectifs de guerre du président Trump sont assez erratiques. Est-ce qu'il s'agit de déstabiliser le régime et de le remplacer ? Pardon, mais dans l'histoire, les interventions extérieures, s'agissant notamment des États-Unis, ont rarement amené la démocratie, le progrès et la fraternité dans les sociétés concernées. Et de l'autre, évidemment, nous avons besoin maintenant, de manière très claire, d'assurer la sécurité des bateaux, de rouvrir le détroit d'Hormuz parce que, encore une fois, plus cette situation dure, plus les répercussions sur la scène européenne et sur le quotidien des Français seront...
Et on va l'évoquer dans un instant. Il y a l'autre front entre le Liban et Israël. Des négociations reprennent aujourd'hui à Washington. Il y a un autre soldat français de la Finule qui a été tué, Florian Montorio, au Liban, dans une embuscade due au Hezbollah. D'autres Français ont été blessés. Que faut-il faire ? Est-ce qu'il faut arrêter de déployer des soldats français dans le cadre de la Finule, dans cette région-là, vu l'impuissance de cette organisation onusienne ?
D'abord, permettez-moi d'avoir un mot pour l'adjudant Montorio qui avait 40 ans, qui laisse deux enfants. Et je voudrais évidemment avoir une pensée pour lui, pour sa famille et pour l'ensemble de ses frères d'armes. Cette mission, qui est sous pavillon ONU, qui a lieu au Liban depuis maintenant plus d'une cinquantaine d'années, est une mission essentielle. Il y a plus de 700 militaires français qui sont engagés dans cette bataille, qui est une mission qui a vocation non seulement à assurer la paix, mais également à apporter une aide humanitaire aux populations. Moi, je suis comme des millions de Français.
Je suis extrêmement inquiet de la situation dans la région, et notamment de la situation au Liban. Vous savez que la France et le Liban ont des liens historiques très forts.
Depuis cette fameuse promesse de Saint-Louis faite aux chrétiens d'Orient, d'une protection de la part de la nation française, cette mission, elle nous honore, mais elle se fait aujourd'hui dans des conditions qui sont extrêmement difficiles, parce qu'il y a au sein du Liban un ennemi intérieur qui s'appelle le Hezbollah, qui est sponsorisé par l'Iran, dont l'objectif est évidemment l'avènement du fondamentalisme islamiste, de nuire de manière directe à la sécurité de l'État d'Israël, à la sécurité des partenaires de la France dans la région. Et le meilleur moyen de désarmer le Hezbollah, c'est de renforcer l'armée régulière libanaise, c'est la souveraineté et l'unité du territoire libanais.
Et je crois que la France doit poursuivre ses engagements à la fois dans le cadre de la finule, mais aussi directement et de manière bilatérale auprès du Liban, en soutenant notamment sur le plan opérationnel et sur le plan logistique le renforcement de l'armée libanaise. Il y a des missions qui sont d'ores et déjà en cours, notamment pour former l'armée libanaise. Ces missions, elles sont essentielles et elles doivent nécessairement se poursuivre. Et puis au-delà de ça, je crois que la France doit aussi...
Là, vous êtes sur la position précise d'Emmanuel Macron.
Mais ce n'est pas parce que c'est Emmanuel Macron qui le dit que je vais par réciprocité ou par contraire vous dire soit la même chose, soit l'exact inverse. En l'occurrence, s'agissant de ce qui est en train de se passer aujourd'hui, la France doit assurer la sécurité de ses ressortissants et elle doit mener de front un combat avec ses alliés. Nous avons des partenariats de sécurité avec beaucoup de pays du Gov. Je pense par exemple aux Émirats arabes unis, qui est aussi un très grand pays. On a des militaires français qui sont présents sur cette base que j'avais eu l'occasion de visiter l'été dernier.
Et donc le rôle de la France, c'est de défendre son intérêt, c'est de protéger les Français des externalités négatives de ce conflit et c'est évidemment de contribuer au rétablissement de la paix.
Monsieur Dan, parlons du pouvoir d'achat des Français, très lourdement impacté par la hausse des prix du pétrole qui continue à flamber évidemment. Vous réclamez-vous toujours une baisse de la TVA, ce qu'exclut pour l'instant le gouvernement ? Il va y avoir des annonces en fin de journée de Sébastien Longournu. On verra ce qu'il va dire. Est-ce que vous avez conscience que baisser la TVA, comme vous le demandez, c'est un coût d'environ 12 milliards d'euros qui est absolument intenable pour notre budget ?
Ce n'est pas intenable. La situation qu'affrontent les Français depuis plusieurs semaines est une situation extrêmement préoccupante avec des niveaux à la fois au diesel et au gasoil qu'on n'a jamais connus depuis de très nombreuses années. Donc nous demandons de manière très claire la baisse de la TVA sur le carburant de 20%, vous l'avez rappelé, à 5,5% pour la TVA. 12 milliards d'euros. Je vais y venir sur les dépenses.
Et une baisse de 16 centimes de la TICPE, ce qui fait qu'avec les mesures que nous souhaitons mettre en place et que nous mettrions en place si nous étions à la place d'Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu, c'est 25 euros sur un plein de 50 litres en moyenne qu'on rend directement aux Français. Le coût total de ces mesures, c'est environ 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros, madame, c'est à peine 1% des 1 600 milliards d'euros de dépenses publiques, c'est-à-dire de l'argent qui est dépensé chaque année par l'État.
Dans un contexte où on demande aux Français toujours, chaque jour, de se serrer la ceinture, je ne crois pas qu'il soit délirant que de demander à l'État de faire à peine 1% d'économie, à peine 1% d'économie, vous m'entendez, sur la totalité de ces dépenses.
Donc, il y a de l'ordre à remettre dans les finances publiques, il y a des économies à faire, et les Français ne comprennent pas que chaque année, on trouve systématiquement de nouvelles recettes pour financer et accueillir une immigration toujours plus nombreuse, pour augmenter, comme ça a été le cas, de 6 milliards d'euros la contribution de la France au budget de l'Union européenne, pour financer des éoliennes extrêmement coûteuses, alors qu'on a besoin de relancer le nucléaire précisément pour retrouver une autonomie et une puissance en matière énergétique. Donc, de l'argent mal utilisé, il y en a.
Et moi, je souhaite effectivement qu'une partie de cet argent soit rendu aux Français, parce que l'économie française dégouline d'impôts, la situation n'est plus tenable, et je pense aux millions de Français qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer, qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, je pense à nos infirmières libérales, je pense à nos marins pêcheurs, je pense à nos routiers, je pense à tous ces corps de métier, et à tous ces artisans, à tous ces Français qui ont besoin de leur véhicule chaque matin pour se rendre au travail, et plus largement aux familles françaises qui font des efforts toujours plus difficiles.
Le pouvoir d'achat va être au cœur de la prochaine élection présidentielle, et nous souhaitons être...
Plus que la sécurité et l'immigration.
Je pense que les urgences sont multiples,
un triptyque, ok.
Mais je n'oppose pas l'urgence de la fin du mois à l'autre urgence vitale de la fin de la France, et je crois que ces deux urgences doivent évidemment être traitées dans le cadre de la campagne. C'est l'immigration la fin de la France ? Et nous serons là encore, et l'insécurité est son corollaire qu'il va évidemment avec,
mais nous serons là dans le cadre de la campagne présidentielle,
oui, et nous serons là dans le cadre de la campagne présidentielle pour défendre le pouvoir d'achat des Français.
Encore un mot sur les carburants, il y a une autre idée qui est sur la table en ce moment, Michel-Édouard Leclerc qui était hier à votre place, la porte comme David Lissena, suspendre les certificats d'économie d'énergie, l'éco-taxe, ça ferait baisser de 17 centimes le litre immédiatement.
Oui, c'est une taxe en réalité qui n'a pas lieu d'être et qui est indirectement prélevée par le secteur privé. Il y a quelques semaines, madame, à l'Assemblée nationale, nous avions dénoncé ces certificats d'économie d'énergie en indiquant qu'ils allaient renchérir de manière directe le coût du prix à la pompe pour les Français. Le ministre de l'économie à l'époque, je m'en souviens dans un échange à l'Assemblée nationale, avait indiqué à nos députés qu'ils ne se traduiraient pas par une augmentation des prix des carburants.
On voit que là encore sur ce sujet, nous avions raison et c'est vrai que les choix qui ont été faits de tout miser sur une politique environnementale de manière, je trouve, excessive parce qu'elle pénalise non seulement l'activité économique, bien sûr, c'est des dispositifs qui sont extrêmement coûteux, mais c'est vrai que quand on arrête le nucléaire, quand on ferme Fessenheim, quand on abandonne le projet Astrid, comme l'a fait le gouvernement, on a des répercussions derrière avant de revenir dessus, c'est toutes les limites en même temps. Donc nous, nous sommes résolument pro-nucléaire.
La France a une des électricités grâce au nucléaire qui devrait être l'une des plus décarbonées et l'une des moins chères d'Europe. Nous devons tirer profit de cet atout. Et si demain, je suis à la tête du gouvernement, nous permettrons à la France de sortir des règles de tarification européenne des prix de l'électricité pour faire en sorte que les Français puissent bénéficier directement de l'avantage compétitif du parc nucléaire. Aujourd'hui, il y a un différentiel quasi de 5 entre le coût de production et la vente, le prix de vente de l'électricité dans notre pays. Cette situation, elle n'est pas tenable. Elle est imputable directement à des règles artificielles au niveau européen.
L'Allemagne a redonné cet avantage comparatif à son économie. Nous souhaitons faire de même en France, tout en restant évidemment dans les échanges énergétiques parce que la France a besoin de ce marché pour exporter aussi.
D'accord. Jordan Bernal, vous avez rencontré ailleurs justement le bureau exécutif du MEDEF. Vous avez discuté avec les chefs d'entreprise. Peut-être avez-vous développé justement cette idée de votre vision de la souveraineté énergétique de la France. Est-ce que ça veut dire que la stratégie de normalisation du RN est achevée d'abord ? Est-ce que vous êtes désormais un parti comme les autres ? Parce que Patrick Martin, le patron du MEDEF, a dû beaucoup se justifier sur ce déjeuner. Marie-Lise Léon de la CFDT, comme la CGT, ont poussé des hauts cris. Le RN n'est pas un parti comme les autres. Est-ce que vous leur répondez ?
Je m'étonne qu'en 2026, on se pose encore la question et qu'on soit encore sur les plateaux de télévision à se demander s'il est normal qu'un parti politique ait donné au second tour de la prochaine élection présidentielle et dans 99% des sondages donné gagnant au second tour, qu'il y a le premier groupe de députés à l'Assemblée nationale, la première délégation de parlementaires au Parlement européen, plus de 70 maires qui ont été élus il y a quelques jours au municipal. On se demande s'il est normal que les chefs d'entreprise français, en tout cas la représentation des chefs d'entreprise français, dialogue avec ce mouvement politique. Mais l'inverse serait une folie.
Moi, je considère qu'il n'y aura pas de redressement du pays et de redressement de la France sans entreprises robustes et sans entreprises prospères. Je l'ai dit, il y a 5 millions d'entreprises en France et moi je souhaite aussi, dans le cadre des prochaines élections présidentielles et législatives avec Marine Le Pen, porter des revendications qui sont celles aujourd'hui de nos chefs d'entreprise. Les chefs d'entreprise aujourd'hui... Plutôt libérales,
donc d'inspiration plutôt libérale, ces idées, non ?
Au charge, mais je suis pour la liberté d'entreprendre. Il n'y a pas de honte à cela. Il n'y a pas de honte à considérer qu'on a besoin d'entreprise.
Il n'y a pas de contradiction avec la vision peut-être un peu plus social-étatiste de Marine Le Pen ? Il n'y a aucune contradiction.
Vous savez, il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui parfois se lèvent bien avant leurs salariés le matin, qui font des économies considérables, parfois en gagnant moins que certains de leurs salariés. Et sans nos chefs d'entreprise, sans nos artisans, sans nos commerçants, sans nos TPE, PME, sans nos ETI, qui sont des structures familiales, et même sans nos grands groupes qui font le rayonnement de l'économie française en Europe, mais partout dans le monde, la France ne serait pas. Donc, pour redresser notre pays, demain, nous aurons besoin aussi des entreprises françaises. Et moi, je souhaite avec eux déverrouiller toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance, sur les normes.
Il faut simplifier.
C'est l'objet de la lettre que vous leur envoyez.
C'est l'objet de la lettre que j'ai effectivement adressée hier matin.
Vous faites encore un constat. Vous n'avez pas encore de remède.
Bien sûr qu'on a des remèdes. Mais ça fait 20 ans que tout le monde parle, tous les politiques parlent de simplifier l'économie française. Vous savez, il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui préféraient passer six jours sur sept à l'atelier et qui sont contraints d'en passer deux enfermés dans leur bureau à remplir de la paperasse administrative et à adapter des contraintes réglementaires qui sont aujourd'hui insoutenables.
J'entendais, il y a quelques mois, devant une commission d'enquête parlementaire, le directeur général de Renault indiquer que dans les dix prochaines années, 40% de la hausse du prix par exemple d'une Clio, d'un véhicule Clio sera imputable à 95% aux nouvelles normes et aux nouveaux règlements qui sont développés par la bureaucratie française et par la bureaucratie européenne. Donc on meurt de cet excès de bureaucratie.
Donc il faut libérer l'entreprise française de ces excès de normes et donc le meilleur moyen d'y parvenir, c'est de s'adresser directement aux filières professionnelles et de leur demander secteur par secteur sur l'agriculture, sur l'industrie automobile, sur l'aéronautique, etc. Quels sont les points de blocage normatifs ? Il faut que les chefs d'entreprise et que les gens qui subissent au quotidien cet excès de normes soient évidemment associés à cette réduction d'impôt papier.
Et si demain, bien sûr, mais il y en a beaucoup qui ne sont pas essentiels, qui sont en trop, et si demain nous arrivons à la tête du pays au printemps 2027, l'idée c'est de tout de suite, par ordonnance, éliminer un certain nombre d'impôts papiers qui pèsent aujourd'hui sur nos chefs d'entreprise. On a parlé de plein d'autres sujets, on a parlé du prêt d'énergie, on a parlé du patriotisme économique, Des retraites, j'imagine ? On a parlé, évidemment, des retraites. Ça les inquiète. Je veux dire, le sujet des retraites va être au cœur de la prochaine campagne présidentielle, madame, parce qu'il y a 40 ans, il y avait 4 actifs pour un retraité. Il y a aujourd'hui 1,7 actifs pour un retraité.
Donc il n'y a pas assez de gens qui, en quantité, travaillent dans notre pays. Et pour la France du travail, il est insupportable de voir peser toujours sur elle et de voir peser toujours sur les mêmes les efforts de l'ensemble de la société. Donc il y a une question de justice et puis il y a une question aussi d'efficacité des politiques publiques. Et moi, je souhaite dans cette élection que le Rassemblement National soit le parti à la fois de la production, de la relance de l'économie française et aussi soit évidemment le porte-voix de nos artisans, de nos commerçants. Et dans le même temps,
Jordan Bardella, ce parti qui parle avec les chefs d'entreprise, n'arrive pas à se financer. Vous nous confirmez que vous avez du mal à trouver un prêt pour la campagne de 2027 et que vous allez devoir à nouveau vous tourner vers l'étranger pour financer cette campagne.
Alors pour l'instant, je ne peux pas vous le confirmer ou vous l'infirmer puisque nous sommes en train de rechercher un établissement bancaire. Mais vous avez des difficultés ? Nous avons toujours de toute manière eu des difficultés parce que nous avons été pendant très longtemps le seul parti politique auquel les banques françaises ont refusé de prêter, ce que je trouve anormal parce qu'encore une fois, un parti politique qui représente des millions de Français devrait pouvoir avoir accès à un financement par l'intermédiaire d'une banque comme tous les autres mouvements politiques. Donc nous travaillons, nous démarchons.
pour l'instant, des démarches sont en cours et j'ai bon espoir que les banques françaises puissent assurer et assumer dans le cadre de cette élection présidentielle pour tous les partis politiques et pour tous les candidats un rôle, je dirais, de conscience démocratique.
D'accord. Bruno Retailleau vous accuse de tromper les Français sur votre programme économique. Il dit « Je l'attends au tournant. Que fait-il sur la retraite ? L'assurance chômage ? L'assistance ? Anna, les slogans c'est bien mais on a perdu trop de temps. »
Alors il est gentil M. Retailleau mais il ferait mieux de concentrer son énergie sur M. Macron parce qu'il se trouve que M. Retailleau il a été ministre pendant un an et demi d'Emmanuel Macron et qu'il s'est assis pendant des mois dans un conseil des ministres entre des socialistes Elisabeth Borne, M. Valls et des macronistes qui ont fait beaucoup de mal à notre pays et je note qu'il n'y a jamais eu autant d'immigration que sous le ministère de l'Intérieur de M. Retailleau. Il veut mettre l'Espagne
au banc des nations justement sur son programme de régularisation
d'immigration. Très bien mais je conçois très clair peu importe ce que je ferai l'année prochaine je ne vais pas passer l'intégralité de la campagne présidentielle et législative à taper sur M. Retailleau moi je concentre mes coups sur ce qui sont aujourd'hui les problèmes des français ce qui est aujourd'hui le cœur des problèmes des français et ça serait bien que les responsables politiques je propose peut-être que dans cette élection présidentielle les candidats ne disent pas du mal de leurs adversaires mais disent plutôt ce qu'ils vont faire pour le pays et si tout le monde est d'accord avec cette règle moi je joue le jeu
on va leur proposer chaque matin le 2027 évidemment est dans toutes les têtes vous nous confirmez qu'il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre vous et Marine Le Pen c'est toujours l'entente total alors toujours pas
vous pouvez me poser la question autant de fois que vous le souhaitez on travaille main dans la main en grande intelligence avec beaucoup d'amitié et d'estime mutuelle
parce qu'on vous voit beaucoup sur le devant de la scène notamment internationale vous faites des déplacements à l'international c'est une façon de vous laisser le champ
nous travaillons nous travaillons ensemble et sans vous annoncer de ce couple nous ferons campagne ensemble dans le cadre de la prochaine élection présidentielle peu importe qui sera candidat je souhaite qu'elle puisse porter nos couleurs et si la décision de justice devait être défavorable et bien nous serons là quoi qu'il arrive Marine a une légitimité une expérience et une solidité qui est enviée je crois par beaucoup de nos adversaires politiques et moi je continue encore à apprendre à ses côtés chaque jour
d'accord et si vous êtes candidat vous le programme économique sera très différent de celui de Marine Le Pen vous avez deux visions assez différentes de l'économie
non mais il ne faut pas raisonner entre deux personnalités le programme économique en l'occurrence c'est le projet pour le pays il a vocation à répondre à une situation donnée il est évident que en 2017 lorsqu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir il y avait 1200 milliards d'euros de dettes en moins et des taux d'intérêt qui avoisinaient les 1% on n'est plus dans cette situation là aujourd'hui et donc on a besoin non seulement de baisser la mauvaise dépense publique parce que l'État vit au-dessus de ses moyens depuis 50 ans de baisser la fiscalité pour rendre aux Français les fruits de leur travail et on a besoin sur le plan économique de faire en sorte que la France soit une grande nation qu'on puisse avoir des entreprises robustes et qu'on puisse continuer à produire, à innover, à créer et pour moi la croissance la production et l'entreprise ne sont pas des mots honteux
Jordan Bardella vous avez réglé l'équation vie publique, vie privée en vous affichant en couverture de Paris Match avec votre compagne est-ce que ça a fait baisser est-ce que ça fait baisser la pression médiatique est-ce qu'il y a moins de paparazzi en bête chez vous par exemple où il y en a toujours autant et donc ça n'a servi à rien
je ne crois pas il y en a toujours autant écoutez
vous êtes toujours traqué par les paparazzi
vous le savez je l'ai dit ça n'a servi à rien avec Carolina a été suivie pendant plusieurs semaines pendant plusieurs mois par des photographes par des paparazzi et au niveau où je fais de la politique il est très compliqué pour moi de conserver une vie privée mais la pression est toujours là mais la pression elle est toujours là et vous savez la pression compte tenu des responsabilités que j'ai aujourd'hui de celles que j'aspire à avoir dans les prochains mois si nous gagnons les élections la pression sera d'autant plus forte donc je m'y suis habitué et ça fait partie des mauvais côtés de la vie politique c'est-à-dire que c'est très difficile de conserver une vie privée et à partir du moment où vous êtes traqué pendant plusieurs semaines le compte à rebours a démarré et donc nous avons décidé de ne plus nous cacher d'assumer mais la pression est toujours là c'est du sérieux comme dirait l'autre
effectivement en référence au passé le journal Le Monde a publié deux rectificatifs après un article qui était erroné concernant votre voyage en Corse qui était soit disant en jet privé vous avez été satisfait de ces deux rectificatifs du journal Le Monde
d'abord je ne vais jamais voyager en jet privé de ma vie mais si vous voulez ce que je ne comprends pas de la part de la presse de gauche en l'occurrence c'est qu'on utilise mes sentiments en tout cas une relation amoureuse pour m'attaquer personnellement donc moi je le dis je ne tolérerais pas qu'on attaque mon entourage qu'on attaque en l'occurrence la personne qui partage ma vie je m'érigerais toujours en bouclier contre ça parce que je considère qu'on peut être en désaccord politiquement avec quelqu'un combattre les idées politiques de quelqu'un sans s'attaquer aux gens qui sont autour et c'est vrai que la politique c'est difficile c'est violent c'est une preuve du feu pour l'entourage et c'est d'abord oui c'est difficile vous l'inviterez vous lui poserez la question
je ne pense pas qu'elle répondra comment le vit-elle
elle le vit très bien c'est une femme extrêmement courageuse intelligente extrêmement élégante et qui a des qualités certaines donc elle a cette solidité elle a un nom une histoire un héritage qui peut-être l'a conditionné aussi dès le plus jeune âge à une forme d'exposition mais on arrive encore à se protéger en tout cas on est très heureux
merci beaucoup Jordan Bardet c'est moi qui vous remercie ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe bonne journée à vous
Jordan Bardella