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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 8 novembre 2025 13 min

Frédéric Valletoux est l'invité de "La politique s'éclaire"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors avec nous en plateau Frédéric Valtou. Bonjour. Vous êtes député Horizon de Saint-Emarne et président de la commission des affaires sociale.

Alors avant de parler du budget de la sécurité sociale, nous allons parler Mercosour. Euh après des mois de résistance, la France s'apprête-t-elle à céder sur l'accord de libre échange avec les pays sud-américains du mercour ? En fait, c'est l'impression he qu'a donné Emmanuel Macron ces derniers jours au Brésil en déplacement pour la COP 30. il l'a dit euh accord, c'est un accord qu'il juge positif mais il reste vigilant ce qui a provoqué un tollé bien évidemment chez les agriculteurs, mais aussi dans presque tous les partis politiques jusqu'à la ministre de l'agriculture.

Euh première question, est-ce que cet accord serait un bon accord ? Le MERCO, est-ce qu'il faut le signer au final ? Alors, c'est absolument pas un bon accord et je vois pas ce qui a pu dire laisser dire au président de la République que c'était un accord positif.

D'abord parce que c'est le contraire de tout ce qu'il a dit depuis des mois. Donc, sauf que sauf si par enchantement, il avait totalement inversé le rapport de force dans ce dans cet accord, mais mais on sait bien que ce n'est pas le cas. Et c'est un accord qui va mettre en en en péril un certain nombre de filières dans notre pays, ne serait-ce que pour une chose simple et sans rentrer dans trop de détails, c'est que on va laisser rentrer des produits qui n'ont pas sur lesquels on n pas du tout le même niveau de norme et d'attente que ce qu'on demande aux producteurs français et aux agriculteurs français.

Et à partir de là, c'est on fait le rentrer le le loup dans la bergerie. Et ça ne peut évidemment pas produire du bon pour l'agriculture française. Et donc euh je préfère insister sur le dernier mot qu'il a eu quand il a vous avez cité sa phrase au président de la République positif, je sais pas d'où ça sort et vigilant. faut être extrêmement vigilant et dans les contreparties qui sont en train d'être discuté euh et bien il faudra s jusqu'au dernier moment se battre pour effectivement essayer de préserver l'agriculture française.

Alors justement Emmanuel Macron euh euh dit que parmi les avancées, il y a euh ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde, ce qui permettrait de suspendre temporairement les importations en cas de distorsion de trop forte concurrence. Est-ce que euh ça ces clauses de sauvegarde, ça va dans le bon sens ou alors est-ce qu'il faut aller encore plus loin ? Puisque la ministre de l'agriculture, Annie Jeunev, elle elle dit que malgré tout le compte n'y est pas malgré ses clauses de sauvegarde.

Non, mais les clauses de sauvegarde, c'est là aussi c'est un pisal qui permet effectivement de se protéger. Je veux dire, c'est mais mais on a cédé sur l'essentiel et et on n' pas su convaincre l'Europe puisque c'est un traité européen, on n pas su convaincre l'Europe et peser suffisamment en Europe et fédérer suffisamment en Europe de pays pour pouvoir effectivement dresser des lignes qui soient des vraies lignes de défense de notre modèle agricole, de nos de la qualité de nos productions agricoles. Donc maintenant qu'on a cédé là-dessus, évidemment qu'il faut enfin qu'on a cédé que le le le traité va se faire et qu'on n pas su convaincre.

Évidemment qu'il faut dans à travers les clauses de sauvegarde trouver des moyens euh effectivement de peut-être euh et bien euh permettre de préserver euh euh autant que possible dans la le cours des choses euh l'agriculture française. Donc euh moi je suis pas dans les négociations mais simplement euh euh on en vient à à négocier sur des détails parce que sur l'essentiel malheureusement on a perdu la bataille. On a on a entendu le chef de l'État qui mettait aussi en avant des règles sanitaires, environnementales qui seraient les mêmes entre les pays du Mercosour et et les pays européens.

Euh c'est c'est quasi impossible aujourd'hui d'arriver au aux mêmes règles sanitaires. Ah là maintenant ça va être un peu tard parce que le traité du mercour, il est dans un état d'avancement qui est quand même euh au niveau des de de l'acceptation par les instances européennes qui étaiit très avancées. Donc il faudra que dans les prochaines prochains jours le gouvernement et notamment John Var nous dise ce qu'elle a prévu parce que là aussi les mots c'est bien.

Elle est ministre maintenant depuis un an. Il faut qu'elle nous dise très clairement euh ce qu'elle met dans ses clauses de sauvegarde et comment elle va se battre. Ça là-dessus, c'est vraiment au gouvernement d'agir, de pas baisser les bras euh pour essayer le autant que possible de préserver l'agriculte française.

Emmanuel Macron évoque aussi un soutien au secteur de l'élevage. On connaît la politique agricole commune, la PAC, ça fonctionne plutôt bien. Pourquoi dans ce cas-là ça ne fonctionnerait pas ?

Non, mais là aujourd'hui le l'élevage français va être dans le grand bain de la mondialisation euh avec euh des confrontés à des producteurs et notamment là en l'occurrence concernant le mercur sud-américain qui euh n'ont pas du tout euh euh euh les mêmes exigences environnementales, les mêmes exigences en terme de qualité de viande produite. Euh et et et donc c'est c'est c'est des batailles, comment dire que ce que l'on mène en ayant pas les mêmes armes que l'adversaire et inévitablement on on se met en on se met en danger. La filière agricole reste une grande filière de qui fait la fierté de l'économie française.

Pas simplement la fierté, fait aussi une filière qui emploie beaucoup, qui structurante pour notre pour notre pays. Et ça c'est un élément de fragilisation que les agriculteurs voient venir depuis des années qu'on est nombreux sur lesquels on est enfin pour lesquels on sommes nombreux à avoir alerté depuis des années. Malheureusement, on arrive en terme au terme d'un processus qui, si les clauses de sauvegarde ne sont pas à la hauteur de ce que l'on souhaite, effectivement va mettre en danger notre notre agriculture.

Mais est-ce que ça serait pas une bonne stratégie d'Emmanuel Macron d'accepter ce de signer ce cet accord Mercosour puisque euh ces pays c'est 750 millions de consommateurs potentiels. les industriels français. Euh certains seraient très heureux pour le secteur automobile, le secteur du vin alors que sur l'agriculture alors que les États-Unis les États-Unis eux mettent des droits de douanes de plus en plus importants.

Est-ce que ce serait pas une façon aussi pour la France d'élargir ses horizons commerciaux ? Non, mais tout n'est pas jeté dans le traité du mercour. Là, on parlait de l'agriculture.

Dans le traité, il y a pas que l'agriculture et il y a aussi sur le volet industriel, sur la un certain nombre de pour un certain nombre de produits bien sûr, la perspective d'accéder à des nouveaux marchés de manière plus facile, mais tout cela ne doit pas se faire au détriment de l'agriculture. Enfin, l'agriculture c'est quand même un des socles de notre mode de vie. Euh on a la chance en France d'avoir une une agriculture qui est diversifiée, qui est active, qui est performante, qui a euh et qui gagne euh chaque année en en qualité de la production euh avec des exigences environnementales qui vont bien au-delà de ce qu'on connaît dans la plupart des pays d'Europe et et évidemment encore bien au-delà de ce qu'on connaît dans la part des pays du monde. cette qualité, cette agriculture de qualité, on y tient simplement là dans dans les grands flots de la mondialisation face à à des productions, je le redis, sud-américaines qui n'ont pas du tout le même niveau d'exigence, elle risque d'être mise à mal.

C'est c'est ça l'uniquement. Bien sûr que dans le Mercosour, il y a côté industriel pour certaines filières des perspectives de marché qui sont intéressantes. Mais vous m'interrogez sur l'agriculture.

Alors, un débat vous préoccupe, vous occupe en ce moment. Dans quelques minutes, vous repartirez à l'Assemblée nationale si les discussions sur le budget de la sécurité sociale. Euh est-ce que euh vous allez vous prononcer ce weekend sur le volet recette de ce budget et est-ce que ce budget de la sécurité sociale sera infiné voté ?

Alors un, je ne suis pas de 20. J'espère bien qu'effectivement nous allons pouvoir ce weekend, c'est-à-dire j'espère dans l'après-midi, pouvoir passer au volet dépense. C'est quoi le budget de la sécurité sociale ?

C'est environ 680 milliards d'euros. C'est plus que le budget de l'État. C'est tout ce que la notre pays met dans le financement de son modèle social.

Voilà, les retraites, la santé et cetera. Euh là, on parle du volet recette. On travaille depuis le début de la semaine sur les recettes.

Il faut qu'on passe les recettes, c'est-à-dire ce je disais, cet après-midi, il y aura un vote. Il faut effectivement que ce vote nous permette d'accéder ensuite au deuxième volet qui est le volet des dépenses où là effectivement on va discuter de la manière dont on distribue pour financer toutes nos politiques. Alors si le volet recette n'est pas voté ou est rejeté par l'Assemblée, la discussion s'arrête immédiatement et le texte part au Sénat.

Euh mais personne n'intérêt à ce que justement ce volet soit rejeté puisque tout le monde attend euh la discussion sur la suspension de la réforme des retraites qui est quand même le point d'org de la de ce budget pour beaucoup pour beaucoup certains focalisent là-dessus. Je n'oublie pas que il y a beaucoup d'autres choses dedans. On va parler des des indemnités journalières et des arrêts de travail.

On va parler de la manière dont on réorganise les affections longue durée. Ça concerne quand même des dizaines de millions de de Français. Voilà.

Il y a des sujets qui sont quand même des sujets importants, mais effectivement, vous avez raison, la promesse faite par le Premier ministre de suspendre l'application de la réforme des traites, suspension contre laquelle moi je suis et pour lequel je trouve que c'est une aberration et économique et surtout c'est une facilité qu'on fait à la négociation avec les socialistes sans même se préoccuper de de l'intérêt général. Et ça c'est mon avis personnel qui est aussi l'avis de l'ensemble des députés horizon qui voteront contre cette mesure. Mais néanmoins pour revenir à votre question, oui, il faut que nous votions, nous passions cette partie sur les recettes pour aborder l'ensemble.

J'allais dire on va voter mercredi, normalement mercredi soir sur l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale. C'est à ce moment-là que les uns et les autres devront dire s'ils adhèrent ou s'ils adhèrent pas, s'ils soutiennent ou s'ils ne soutiennent pas ce projet de loi de financement de la SQ. Là, j'espère que le vote permettra d'aborder les les dépenses puisque finalement c'est dans l'équilibre des recettes et les dépenses.

On peut avoir une appréciation la plus euh posée de ce qu'est ce budget. Alors, Sébastien Lecornu euh a fait beaucoup de concessions, ça je vous confirme. [rires] Beaucoup beaucoup beaucoup trop peut-être même.

Beaucoup trop beaucoup. Alors, est-ce que ça veut dire que avec le gel des pensions, les chèqus vacances et cetera, est-ce que faire beaucoup de concessions socialistes, ça a crispé le le socle commun, ça a crispé les députés horizon ? Est-ce que à force de trop donner aux uns, est-ce que il perd il perd les autres ?

D'abord le chemin à trouver pour essayer de concilier ce qui au départ paraît assez inconciliable et évidemment est difficile. Bon donc on verra infineré. Là aussi, je veux pas commencer à à dire des phrases définitives alors que la discussion est en train de se prolonger.

Néanmoins, ce que je remarque, c'est que c'est un projet de budget qui n'est pas satisfaisant, qui ne porte aucune promesse de réforme de structure. On a un modèle social qui arrive en en je dire qui est épuisé, qui est gangrainé par de la dette. Ce qui est aberrant de se dire qu'on paye des prestations sociales par de la dette sur les marchés financiers.

On a un système social qui n'est plus adapté aux besoins. On a qui tire la langue. Les professionnels sont épuis enfin bref, je on on pourrait en parler pendant longtemps.

Euh rien de structurant ne figure dans ce budget. Et c'est vrai que les concessions faites aux socialistes, c'est une chose qui eux s'interrogent beaucoup pour remettre de nouvelles recettes dans le le le système, mais à l'inverse, on le volet économie n'est pas travaillé et c'est ça qui est qui est regrettable. Alors, il nous reste moins de 2 minutes.

Euh, justement avec toutes ces concessions faites, il faut un budget de 17,5 milliards. Hier, Améline Monchalin a dit, il faudra pas un déficit pardon de 17,5 milliards. Améline Monchalin hier a dit, il ne faudra pas aller au-delà de 20 milliards.

Donc déjà, ils ouvrent la porte à beaucoup plus de de déficit. Ce qui est important pour nous et pour Horizon, c'est effectivement est-ce que on diminue la dette ? On est aujourd'hui à 23 milliards de dettes de la sécurité sociale, c'est-à-dire quasiment autant qu'en 2021, sauf qu'en 2021, on avait le Covid.

Là, il y a plus du tout de pandémie, il y a plus de Covid et malgré tout, on a quasiment le même déficit. Et donc ça, c'est évidemment impossible. Donc l'effort, il doit être fait et on nous avait promis un équilibre à 17 milliards.

Bon, déjà, on nous parle de 19 20 milliards. Ça veut dire qu'on baisse la garde et ça c'est pas acceptable. Donc, il faut faire des économies.

Le gouvernement nous avait promis des des économies sur les agences de l'État en disant sur un/ers des agences de l'État vont être supprimé ou fusionné. On va faire 3 à 4 milliard 2 à 3 pardon 2 à 3 milliards d'euros d'économie. On voit plus rien venir.

Donc ce que je veux dire c'est qu'il y a un moment il va falloir remettre aussi montrer queon fait des économies et pas que sur les et je terminerai par ça et pas uniquement que sur les patients parce que cette affaire de doublement des franchises sur les consultations, elle est inacceptable. C'est pas aux patients et aux malades de payer les réformes de structures que le gouvernement ne sait pas faire. Et ça, là-dessus, je serai très ferme.

Je vous laisse retourner à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup. Au revoir.

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