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Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 26 mai 2026 79 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalJustice

Yaël Braun-Pivet : "J'ai découvert le sexisme et l'antisémitisme quand je suis arrivée en politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 51 %Attaque 24 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes la première femme présidente de l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a poussée à vous engager en politique ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Votre mère a eu une enfance difficile. Comment cela a-t-il influencé votre parcours ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous parlez de sexisme en politique. Pouvez-vous donner des exemples concrets ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous avez découvert l'antisémitisme en politique. Comment cela s'est-il manifesté ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Vous critiquez le macronisme. Quels sont les échecs de cette promesse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Yaël Braun-PivetFait
    « Moi je crois en la force d'une équipe. Pourquoi il s'est dit "Si je dis sous ça va marcher alors que tout me m'indique le contraire ?" »
  • 5:00Yaël Braun-PivetFait
    « J'ai découvert le sexisme, l'antisémitisme quand je suis arrivée en politique, c'est assez vraiment et ça c'est brutal en 2017. »
  • 9:00Yaël Braun-PivetFait
    « Moi quand je j'arrive, moi je rentre en politique donc à 47 ans hyper naïvement. Je me dis c'est génial, il y a cette promesse de renouvellement. »
  • 11:00Yaël Braun-PivetChiffre
    « Il y a une urne, des bulletins de vote et cetera. et je suis élu au premier tour donc face à deux anciens parlementaires. »
  • 15:00Yaël Braun-PivetPromesse
    « On a voté des lois pour mettre justement de la mixité dans les comités d'investissement et cetera. »
  • 17:00Yaël Braun-PivetFait
    « Les Français n'ont pas plus confiance dans leurs hommes et femmes politiques aujourd'hui qu'hier. »
  • 19:00Yaël Braun-PivetFait
    « Conduire le changement quand c'est décrété d'en haut par un homme seul ça ne marche pas. »
  • 21:00Yaël Braun-PivetFait
    « Il y a eu des innovations démocratiques avec les conventions citoyennes. Ça c'est quelque chose de formidable. »
  • 0:15Chiffre
    « On a doublé le budget sur le plan de notre sécurité. »
  • 0:45Fait
    « Les Français n'ont pas plus confiance dans leurs hommes et femmes politiques aujourd'hui qu'hier. »
  • 3:30Fait
    « Il m'a consulté mais la décision était prise. »
  • 7:00Fait
    « J'ai eu un cancer mais j'ai réussi à bien le soigner. J'ai bien résisté au traitement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est assez typique les mecs de se dire moi je je sais comment j'entends des gens qui disent qu'ils savent comment ils vont gouverner la France. Un peu de modestie, un peu d'humilité. Bon sang, nous ne sommes ni des potiches ni accessoires.

Vous avez subi des pressions. Alors vous avez des bruits. D'abord déjà on vous répond pas.

J'envoie des messages au président Ellisabeth Born pour dire bah voilà j'envisage de et on me répond pas. Je crois que les Français n'en peuvent plus. euh des euh aventures solitaires.

Moi, je crois en la force d'une équipe. Pourquoi il s'est dit "Si je dis sous ça va marcher alors que tout me m'indique le contraire ?" Ouais, j'en sais rien.

Je je c'est un mystère pour moi. Je sais pas pourquoi il a il a fait ça. Ce qui est vraiment désolant et euh c'est qu'il ait pas eu qu'on ait pas eu d'échange en fait.

On me calculait toujours pas malgré 2 ans présidence de l'Assemblée nationale. Donc ça c'est blessant. On a aucune photo de maman petite par exemple, on sait pas à quoi elle ressemblait.

Elle ne sait pas à quoi elle ressemblait. C'est vraiment euh voilà la page blanche. Ma mère, le mépris, elle l'a entendu toute sa vie, hein, parce que quand vous n'êtes pas de la bonne classe sociale, quand vous n'avez pas le bon parcours, quand vous n'avez pas les bons ascendants, vous n'avez pas forcément toute la place que vous devez avoir dans notre société aujourd'hui.

Dans les yeux d'Agath, Yel Brun Pivet. Bonjour Yel Brun Pivet, bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté euh de répondre à ce podcast.

Euh merci pour l'invitation. Merci à vous. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale et la première femme à occuper cette fonction en France.

Rien que pour ça. Euh vous êtes déjà entré dans l'histoire d'une certaine façon. Euh protocolairement, vous êtes le 4e personnage de l'État.

Tout à fait. Le président, le premier ministre, le président du Sénat et vous-même. Donc trois hommes devant moi.

Trois hommes devant vous. Mais bon, vous avez un peu [rires] remonté le classement des femmes, on va dire. Exactement.

Depuis 2022, année de votre élection. Qu'est-ce que vous vous dites à ce moment-là quand ça vous arrive, quand vous êtes élu ? Qu'est-ce que qu'est-ce que vous ressentez ?

Est-ce que vous êtes fier, ému ? Est-ce qu'il y a un sentiment de revanche ? Alors, il y a un peu tout ça.

Il y a de la fierté, il y a beaucoup d'émotions parce que c'est un combat que j'ai mené pour être élu. personne ne m'a donné le perchoir, j'ai vraiment été le chercher. Donc il y a aussi une une vraie fierté d'avoir réussi à le faire.

Euh j'ai mes enfants en face de moi, mes parents, ma mère, mes filles et cetera. Donc il y a une émotion familiale personnelle d'avoir réussi ça et de de les voir là être témoin de ce moment. Et puis très vite, il y a une immense responsabilité.

En fait, ça vous tombe dessus en fait quand vous brisez un plafond de verre comme j'ai pu le faire. Vous vous dites maintenant je dois aider les autres. En fait, il faut pas que ça soit juste un acte isolé.

C'est quelque chose qui euh en fait vous avez une injonction après d'agir, d'avoir d'agir pour les femmes, de les aider parce que vous vous avez réussi quelque chose mais ça n'est qu'un pas parmi d'autres. Comme si vous aviez un peu une mission à ce moment-là. Il y a votre fille qui pleure, non ?

J'ai une de mes deux filles qui pleure, qui est qui est tellement ému, mais parce que c'est un c'est un moment Ouais. C'est très puissant en fait de de et puis les il y a de l'émotion. L'Assemblée nationale, c'est un chaudron.

L'hémicycle c'est quelque chose qui est assez clos. Euh là c'est long le processus d'élection et quand je suis élu en 2022, il y a un hémicycle qui se lève, qui applaudit et cetera. Effectivement, je monte au perchoir et je fais mon discours.

Et pendant que je fais mon discours, j'ai effectivement une de mes filles qui est en larme et qui et c'est très émouvant. Et donc, je suis obligée de le dire en fait parce que à ce moment-là, si je ne n'ai pas cette petite respiration, je sens que moi aussi il y a l'émotion qui est en train de me submerger et donc en disant "Mais je vois ma fille qui pleure, tout le monde se tourne vers ma fille. Ça me permet moi de respirer et de pouvoir continuer mon discours.

Vous dites euh vous êtes allé le chercher ce poste. On va y revenir. Mais ce qui est intéressant dans votre parcours, je trouve moi ce qui m'a frappé et c'est pas banal dans la classe politique, c'est que vous vous avez eu vraiment plusieurs vies.

Vous avez été avocate, je un très grand avocat RVT Mim, vous avez été expat en Asie, vous avez même créé une une start-up dans les voyages, une antenne des Restos du cœur dans les Ivelines. Qu'est-ce qui fait que Et vous oubliez et j'oublie certainement, j'ai cinq enfants et vous avez cinq enfants. [rires] Donc, j'ai quand même consacré une partie de ma vie à construire cette famille nombreuse qui met si cher et dont on a parlé en entrée de cette émission.

Qu'est-ce qui fait qu'on se plusieurs vies comme ça, qu'on se challenge tout le temps, qu'on se renouvelle ? C'est pas évident de d'être avocate puis expatte puis de d'être dans l'associatif finalement puis de se dire "Je vais basculer dans la politique." Mais euh en fait ça n'arrive pas comme ça.

C'est pas calculé, c'est pas euh c'est pas programmé. En fait, la vie, elle vous surprend, il y a des opportunités, vous changez vous-même parce que vous vous avez des expériences, vous avez des échecs, vous avez des succès et puis vos envies évoluent et il faut accepter cela. Il faut accepter de se laisser aussi surprendre par la vie.

Il faut accepter de changer de direction, d'évoluer. Et c'est ce que j'ai fait moi à plusieurs reprises dans ma vie. Et effectivement, je commence la politique, j'ai 47 ans, donc très tardivement surtout pour arriver à ce type de fonction que j'occupe aujourd'hui.

Je crois que c'est un cas assez unique. D'habitude, ceux qui arrivent à ces fonctions-là sont des gens qui ont fait de la politique toute leur vie, ce qui n'est absolument pas mon cas. Moi, j'ai eu d'autres vies avant.

Euh, j'en aurais peut-être après encore, mais c'est ça qu'on voulait en 2017 quand j'arrive en politique, c'était renouveler la classe politique, avoir des gens qui ont d'autres regards, d'autres expériences, des vécus pour l'enrichir. Cette vie politique qui était quand même assez sclérosée. C'était la promesse du macronisme qui vous a pas totalement aidé, juste plusieurs vies.

Est-ce que ce sont vos parents qui vous ont donné envie de d'avoir cette vie là ou pas du tout ? En tout cas, mes parents ont toujours m'ont toujours montré que c'était qu'il fallait évoluer, que c'était possible et queon pouvait voilà grandir en fait puisque mes parents ont eu plusieurs vies professionnelles aussi, ils ont beaucoup bougé géographiquement et donc Ah non non jamais. Non non mais parce qu'on était mes parents, ils étaient d'un milieu modeste des deux côtés.

Maman, elle a été elle a grandi à la DAS. Donc elle était elle avait un diplôme de steno d'Actilo quand elle a commencé à travailler à 18 ans. Euh et mon père il avait je crois un CAP ou un BEP et donc ils ont pas du tout fait d'études.

Ils sont fait à la force du poignet aussi en travaillant et cetera et ils ont eu plusieurs plusieurs métiers comme c'était souvent le cas à l'époque pour les autodidactes. Et vous vous êtes pas dit que ça c'était un plafond pour vous que comme vos parents eux ne venaient pas d'un milieu forcément très favorisé ou que vous vous auriez vous pourriez pas faire ce que vous vouliez. Je me suis jamais dit ça.

Je me parce que ils m'ont toujours dit et mes grands-parents aussi que tout était possible et que il y avait pas de limite en fait à partir du moment où on bossait où on avait de l'audace on avait de la volonté. C'est vrai que ma mère et m'a toujours m'a élevé avec des les fameux quand on veut on peut. Elle était elle était elle est toujours hein mais un peu un peu dure comme ça.

Euh la force de la volonté, elle c'est avec la force de sa volonté qu'elle s'en est sortie et donc elle m'a élevé comme cela et c'est peut-être pour ça que moi j'ai une volonté farouche et d'imposer parfois ma vision des choses et c'est comme ça je crois que je me suis imposée en politique. Votre mère c'est une combattante, vous le dites, elle a été placée. C'est une enfant placée.

Quand on entend parler souvent des enfants placés dans l'actualité, c'est pour parler des des défaillances, soit des structures, soit des familles d'accueil. C'est quoi l'expérience de votre mère ? Elle a eu une une enfance difficile.

Elle a eu une enfance difficile. Maman commence son enfance dans en tout cas d'ussi loin que remonde ses souvenirs. Elle est dans un orphelina à Alger parce que elle est née d'une maman bretonne et d'un papa algérien.

Et elle ne sait pas pourquoi elle grandit dans un orphelina en Algérie et quand elle a 7 ans, il y a une dame qui vient la chercher un matin euh pour l'emmener en France. Elle a été abandonnée. Elle a été abandonnée.

Et cette femme qui vient la chercher, c'est sa mère. Donc elle découvre à 7 ans sa mère biologique, qu'elle a une mère et elle vient la chercher. Elle la prend en France avec elle.

Euh et puis euh cette elle apprend donc elle était orpheline de père mais pas de mère. Et elle va grand cette femme cette se se remarie et va à plusieurs reprises avoir des conjoints qui sont violents à l'égard de ma maman. Et donc maman a été euh battue par donc ses beaux-pères, a été à plusieurs reprises retiré, remise, retiré.

Vous savez, c'est parcours de ces enfants encore aujourd'hui qui sont euh placés, rendus et cetera, qui sont un peu en errance jusqu'au jour où elle a été tellement euh battue que elle a été hospitalisée longtemps et à ce moment-là, on l'a retiré définitivement de la à son sa mère et à son beau-père. Et après elle a grandi donc en foyer. Sa vie aurait pu complètement basculer dans une autre direction à votre mère.

Mais justement, c'est pour ça que elle elle s'est euh elle s'est elle s'est elle s'est battue. Elle a quand elle était petite, elle allait porter plainte toute seule pour pour être protégée. Et quand elle a euh 18 ans à Laad à l'époque, on lui dit euh en gros, tu peux être femme de ménage ou euh femme de ménage et elle dit non moi je veux pas être femme de ménage donc je veux passer un diplôme.

Et c'est là qu'elle passe son diplôme de Stenodctilo. Et elle va commencer à travailler donc à 18 ans en tant que que Steno d'Actilo. secrétaire et voilà.

Et c'est donc cette histoire, ce passé qui dans lequel moi j'ai grandi avec cette cette place faite à la volonté, à la résilience et aussi au fait que il fallait pas se laisser imposer son destin par les autres, qu'il fallait pas subir son destiné. Elle vous en a parlé de cette expérience, elle en souffrait encore des années plus tard. Ah mais elle elle en souffre encore aujourd'hui.

C'est très traumatisant. pour autant, elle a réussi à le surmonter mais effectivement à la force de la volonté et elle me racontait aussi quand j'étais enfant parce que ça sa sa mère a vécu très longtemps et donc moi enfant je disais mes mamans, où est ma grand-mère, j'aimerais bien rencontrer ma grand-mère et cetera. Vous l'avez pas rencontré ?

Je ne l'ai jamais rencontré et euh parce que maman avait décidé qu'elle était trop mauvaise pour elle et donc elle ne voulait plus la voir et donc vers 18 20 ans, elle coupe définitivement les ponts et n'a jamais revu sa mère. Là aussi, c'est une sacrée force de caractère de d'être capable de faire ça, mais pour maman, ça a été vraiment pour elle le choix de la vie en faisant ça. Et c'était euh et c'est pour ça qu'elle a réussi à se détacher de ce passé euh et qu'elle a pu euh nous élever, mon frère et moi, avec beaucoup d'amour, avec beaucoup de bienveillance.

Elle a réussi voilà à à se débarrasser de cette de cette enfance traumatisante, ce qui est très difficile et ce qui est très difficile mais ce qui fait que elle nous a donné beaucoup de force en fait. Elle nous a transmis sa force se faisant. Parfois, il faut rompre tous les ponts avec ses parents pour s'en sortir et pour En tout cas, c'est le choix qu'elle a fait et c'est en tout cas là aussi, c'est un choix que qui qui est que nous on a respecté parce que vous aviez pas de grands-parents, vous avez pas grand-mère mais j'ai pas connu ma grand-mère maternelle mais j'ai connu mes grands partie de votre de vos origines que auxquelles vous n'avez pas eu accès.

Pas eu accès. par exemple, qu'on est jamais allé en Algérie euh puisque manifestement il y a tout un pan de la famille qui vit en Algérie qu'on a jamais vu, qu'on a jamais connu. Ma ma mère a vraiment n'a jamais voulu faire de recherche.

C'est vraiment voilà, elle s'est faite toute seule et c'est et on voit à quel point c'est difficile avant et encore aujourd'hui de se faire seul comme ça. Et est-ce que parfois vous vous êtes dit il me manque quelque chose pour me construire ? Pas de ce côté-là. pas de ce côté-là parce que en fait c'était euh moi j'aime ma mère et maman a tellement souffert de cette histoire-là que en fait euh ça évidemment ça ne nous a pas manqué parce que c'était euh c'est une histoire euh qui est qui est qui est tragique.

Et donc euh moi finalement à part quand j'étais enfant euh finalement je n'ai pas eu envie de connaître cette femme qui avait fait tant de mal à ma mère ni les origines algériennes. dans les origines algériennes, j'aurais bien aimé parce que en fait mon mon grand-père que je n'ai pas connu euh je ne sais pas qui il était, je il y avait il y a pas eu cette histoire là donc je peux pas. Mais oui, si ça manque.

Et vous vous le ferez un jour peut-être ? Non, peut-être, on sait jamais. Il y a pas eu des moments dans votre enfance où votre mère a été submergée par ce passé ?

Non, non, mais c'est vrai que c'est euh voyez, c'est vraiment euh un blanc total parce qu'on a aucune photo de maman petite par exemple. On sait pas à quoi elle ressemblait. Elle ne sait pas à quoi elle ressemblait.

Il y a rien. Il y a rien. Il y a pas une photo, pas un objet, pas un souvenir, rien.

C'est vraiment voilà la page blanche. Mais je trouve ça formidable. Je trouve ça formidable pour elle qu'elle est réussie à la force de la volonté. et la seule volonté à justement faire refaire sa vie et construire sa vie.

Et c'est pour ça quand elle est en face de moi et de se dire quand je quand je quand je deviens présidente de l'Assemblée nationale, que sa fille devienne présidente de l'Assemblée nationale soit dans ses lieux si prestigieux, je me dis mais quelle c'est formidable, quelle revanche sur la vie, sur ce destin qu'elle elle a eu. Elle aurait très bien pu avoir une vie très différente. Rien n'était ne la prédestinait à être dans cette tribune d'honneur de l'Assemblée nationale en 2022 et de me voir accéder au perchoir.

Donc je trouve que c'est l'histoire se finit bien. Oui, c'est assez rare comme parcours. Assez exceptionnel.

Elle vous a appris, vous vous l'avez euh décrite comme une combattante. Elle vous a appris à pousser les portes et à vous battre dès le début en politique et puis à jamais m'écouter, à jamais me plaindre, à jamais être fatigué, à jamais être malade. Enfin, il fallait toujours aller bien.

Fallait toujours, toujours. C'est euh moi j'ai jamais été euh j'avais pas le droit d'être malade quand j'étais petite. Vous savez, quand vous avez mal à tête ou quoi, vous voulez pas aller à l'école ou au lycée ?

Non, moi il fallait que j'y ache. Il fallait voilà, faut être faut être forte. pour affronter la vie, faut être forte pour pour réussir.

Donc maman, elle m'a élevé comme ça en femme forte. Il fallait pas se plaindre, il fallait pas pas rechigner euh parce que c'était tout de suite les réflexions. Mais on voit bien, toi tu as jamais eu faim, tu as jamais eu mal, tu as jamais voyez, c'était tout de suite ça replace les choses à leur place quand on est enfant, je pense.

Exactement. Donc donc moi ça m'a forgé quand même cette cette voilà cette capacité à à résister. et vous avez résisté on va parler parce que vous avez révélé que vous aviez eu un cancer, vous êtes battu contre le cancer, vous êtes aussi battu contre votre propre famille politique au début parce que vous dites le macronisme c'était la promesse du renouvellement de la société civile.

Mais moi ce que j'ai constaté que vous [rires] avez toujours été empêché dès les dès la commission des lois en fait dès que vous êtes élu député en 2017 euh on essaie de vous empêcher de d'être présidente de la commission des lois. Racontez-nous. Alors en fait c'est assez marrant parce que moi quand je j'arrive, moi je rentre en politique donc à 47 ans hyper naïvement.

Je me dis c'est génial, il y a cette promesse de renouvellement, cet appel aux femmes, à la société civile à faire différemment et cetera. Et donc je me lance à corps perdu dans cette aventure. Et euh donc quand j'arrive à l'Assemblée nationale, je me présente pour devenir une des présidentes de commission permanente.

J'ai deux adversaires euh et on fait un petit speech et puis les députés du groupe vont voter très régulièrement. Il y a une urne, des bulletins de vote et cetera. et je suis élu au premier tour donc face à deux anciens parlementaires et donc moi je me réjouis ça y est c'est en c'est vraiment en marche en action euh renouvellement femme et cetera et c'est bon et effectivement tout de suite intervient un coup de fil qui vient de l'Élysée alors pas du président de la République mais un de ses conseillers qui vient m'expliquer que oh là là mais ça va pas aller du tout parce que je suis novice que J'y connais rien.

Et puis puis manifestement il avait mon CV. Il vous dit vraiment ça ? Il se il se gêne pas.

Mais vous le connaissiez ou pas ? Je connais. Ben non.

Moi je connais il vous appelle, il vous connaît pas. Vous étiez un nom parmi d'autres sur tous les nouveaux exement. Mais en vrai, je savais qui j'étais parce que il me parle de mes enfants, il me parle du fait que j'ai pas exercé la profession d'avocat depuis très longtemps et donc je suis un peu larguée.

Enfin voilà. Donc j'ai j'ai une explication assez assez étrange et ce qui est très marrant quoi, c'est que en fait moi effectivement à ce moment-là moi je me dis bah non, il y a aucune raison que je ne brigue pas la présidence de l'ass de de la commission des lois et donc je l'envoie un peu pêtre et mais ça déstabilise quand même parce que vous arrivez c'est un monde que je connais pas et donc c'est quand même très très surprenant et et le soir à minuit c'est Richard Ferrand qui m'appelle qui était président du groupe groupe à l'époque que je n'avais jamais vu et je lui avais jamais parlé et il me dit "Mais elle voilà, j'ai entendu dire que tu avais reçu ce coup de fil. Sache que tu as été élu par les collègues et donc pour moi il n'y a aucun sujet.

Tu brigues la présidence de la commission des lois et il m'a soutenu immédiatement alors qu'il ne me connaissait pas." Vous voyez c'est assez faut être nuancé quand même. Oui, ils sont pas tous à essayer [rires] d'empêcher les femmes d'accéder au plus haut de fonction.

Mais de toute façon, ça m'aurait pas arrêté hein. Voilà. Et ça vous a pas arrêté parce que rebelotte en 2022 quand vous voulez devenir présidente de l'Assemblée, je me rappelle très bien à l'époque parce que moi je je suivais le président, je suivais l'Élysée donc j'étais un peu au courant de ce qui se passait à l'Élysée, ce qu'on disait et vous n'étiez pas la candidate du président.

Emmanuel Macron, lui son candidat c'était Roland Lescur qui est devenu ministre de l'économie depuis et j'ai trouvé ça assez culoté de votre part de de maintenir votre candidature en 2022 donc euh euh contre le choix du président. Ouais, ça aussi on a essayé de de vous dire. Ouais, on a essayé mais en même temps, moi ce que ce que je trouve génial quand même, c'est que les députés se laissent pas faire.

En 2017, quand j'arrive, il mélissent président de la commission des lois, c'est les parlementaires qui mélissent. Je suis pas nommé. En 2022, les parlementaires, ils savent très bien, ils entendent les consignes qui viennent de l'exécutif pour dire faut voter l'escur et pas Bron Pivet.

Pour autant, les parlementaires, ils votent pour une pivet. Et c'est ça que je trouve très puissant, c'est que c'est pas voilà les s'ils av s'étaient laissés faire, j'aurais perdu. Et moi, je réussis à à gagner une majorité euh de parlementaires qui votent pour moi.

Et donc c'est ça la beauté aussi du suffrage et et de cette élection, c'est que le combat, je l'ai pas mené toute seule. Mais vous avez subi des pressions. Qui qui comment ça se passe dans ce cas-là ?

On vous appelle dans ce cas-là, on vous appelle. Alors, vous avez des bruits. D'abord, vous entendez déjà, on on vous répond pas.

C'est-à-dire, c'est-à-dire que moi je me souviens après les élections législatives, donc le dimanche soir, le lundi, je commence à réfléchir. J'ai des gens qui me contactent, qui me disent "Mais ça serait bien que tu que tu y ailles ?" Des députés, des ministres et tout ça qui soutiennent.

Voyez, par exemple, Bruno Lemè était en très fort soutien pour mon élection. Clément Bone aussi. Et et puis moi, j'envoie des messages au président Ellisabeth Born pour dire "Bah voilà, j'envisage de et on me répond pas.

Là vous dites tiens c'est bizarre on me répond pas. Isabelle B qui était premier ministre à ce moment-là elle vous répond pas. Non le président non plus.

Et puis puis c'est un coup de fil de colère donc le secrétaire général de l'Élysée le lundi après-midi pour me dire que non c'est pas je ne suis pas leur choix col vous dit tranquillement Yel tu n'es pas notre choix. Tu n'es pas notre choix. Nous on préfère que tu restes au gouvernement à ton ministère et puis il m'explique des trucs dingues en fait.

Mais tu tu es élu des Yvelines. Donc Gérard Larch est élu des Yvelines. On peut pas avoir de présidents de chambre élus du même territoire.

Enfin voilà, président du Sénat. J'entends des arguments comme ça qui me semblent assez assez invraisemblabl et puis voilà. Donc je raccroche et puis je réfléchis et puis le soir je me dis non mais c'est pas ça ça va pas m'arrêter.

Moi en fait c'est ça part quand même de la conviction profonde qui est que je pense être capable de le faire et être la bonne personne. C'est aussi ça. C'est pas c'est pas une fanfaronade, c'est pas quelque chose, vous voyez.

C'est pas moi j'y crois. Je pense que je suis la bonne personne parce que j'ai l'habitude. J'ai été présidente de commission de loi pendant 5 ans.

Je travaille avec les oppositions. Je suis reconnue pour être une femme de dialogue et cetera. Je connais par cœur la procédure parlementaire.

J'ai réfléchi sur les institutions, sur l'Assemblée nationale. J'ai même fait un rapport pour dire il faudrait que l'Assemblée nationale ait davantage de pouvoir. Donc j'ai je c'est comme si j'étais prête, vous voyez, dans ma tête, je me dis je suis prête, je suis capable et donc j'y vais.

Et leurs arguments ne renversent pas cette conviction malgré le mépris que vous avez ressenti euh à cette époque. Mais ça ça m'est égal, vous savez. Et c'est là où on peut revenir à mon histoire.

Je peux vous dire que ma mère, le mépris, elle l'a entendu toute sa vie, hein. Donc c'est pas euh parce que quand vous n'êtes pas de la bonne classe sociale, quand vous n'avez pas le bon parcours, quand vous n'avez pas le bon les bons ascendants, euh vous n'avez pas forcément toute la toute la place que vous devez avoir dans notre société aujourd'hui. Et donc euh voilà, moi ça c'est vraiment le genre de truc qui m'arrête pas.

Je suis à ma place partout et il y a pas de voilà, c'est ça aussi c'est une force que vous gagnez dans votre enfance qui vient de très très loin. Vous avez raison. Ça vient de très loin parce que souvent aussi on peut avoir un complexe d'illégitimité ou le syndrome de l'imposteur surtout dans un milieu que vous aviez découvert depuis quelques années.

Vous dans votre vie, vous avez jamais eu cette paralysie je suis pas à la hauteur, je vais pas y arriver, je suis pas faite pour ça. C'est rare. Jamais, jamais jamais.

Mais parce que j'ai été aussi voilà, j'ai j'ai eu de la j'ai eu j'ai été baignée d'amour quand j'étais jeune et de confiance. Et euh j'ai fait des études, j'ai fait je suis la première donc à faire des études dans ma famille. Euh le diplôme légitime aussi beaucoup les choses.

Et puis vous voilà, je deviens avocate. Avocate la notabilité, c'est vous avez une robe, vous êtes donc en fait non, j'ai en tout cas je me suis jamais senti légitime et je me suis toujours sentie très à l'aise partout. Mais voilà, je dis bien partout, je me sens aussi à l'aise dans un centre des Raux du Cœur à faire la distribution alimentaire.

Encore aujourd'hui, je continue à y aller de temps en temps, mais je suis aussi à l'aise là que euh au palais de l'Élysée ou à l'Assemblée nationale. Je ne fais pas de différence en fait. Je m'arrête pas au lieu.

Et Emmanuel Macron, juste parce que ça m'a frappé ça, une fois que vous êtes élu, alors qu'il a quand même tout fait pour vous empêcher d'être élu, il vous envoie un message, c'est ça ? Et il vous dit qu'est-ce qu'il veut dire fier et qu'il a pas voulu intervenir qu'il a pas voulu intervenir et qu'il est fier. Euh et vous vous dites quoi là quand il vous envoie ça ?

Bah rien. Moi alors moi j'ai peut-être alors je sais pas si c'est une qualité ou un défaut mais il y a un truc qui m'est complètement étranger c'est la rancune. Je ne suis pas rancunaire jamais.

Donc vous dites il me ment et on t'aiment. Je m'en fous. Je m'en fous, j'avance.

Je suis présidente de l'Assemblée nationale, il est président de la République. Maintenant va falloir qu'on bosse ensemble et qu'on avance. Et donc moi ça m'est complètement égal.

J'oublie tout. Ouais. Alors vous étiez pas du tout euh de de l'équipe rapprochée d'Emmanuel Macron.

En fait vous êtes Macroniste, vous êtes engagé pour Emmanuel Macron mais vous avez jamais fait partie du premier ser. Quand vous devenez présidente de l'Assemblée, vous avez pas le choix. Vous êtes obligé de travailler avec le chef de l'État.

Comment ça se passe ? Ça se passe que alors c'est assez amusant parce que quand je suis élu, j'ai des gens de l'Élysée qui me contactent pour pour me voir et et là je suis un peu fanfaronne. Je dis non, je maintenant moi mon interlocuteur c'est le président de la République et donc ils ont pas dû apprécier.

Je non, ils ont pas apprécié mais j'ai dit moi je suis je suis voilà, je suis désolée mais c'est comme ça et pas autrement. Et donc les conseillers peuvent voir mes conseillers mais moi mon interlocuteur c'est le président et donc je vais me mettre à peu près de semaines à le voir mais je le vois en tête à tête. Il finit par vous recevoir.

Il finit par me recevoir en tête à tête et on échange et c'est la première fois de ma vie que je vois le président de la République en tête à tête à ce moment-là. Vous avez jamais développé une relation particulière de particulière. On a une relation de travail, on a une relation cordiale, hein.

Il y a pas il y a il y a aucun aucun sujet mais on n jamais développé une relation ni d'amitié. J'ai jamais eu une discussion intime ou amicale avec lui. Jamais.

Et vous vous êtes retrouvé à l'Élysée dans des réunions, dans des dîners, je sais pas dans quelle mesure vous avez été associé. Vous allez me dire si vous trouvez que vous avez été suffisamment associé, mais vous étiez une des seules femmes dans Ah oui, surtout les dîners à l'Élysée. Vous avez déjà fait des dîners où il y avait vous étiez la seule femme ?

Ouais. Alors, quand Élisabeth était première ministre, non, on était toutes les deux. Euh mais autrement, oui, c'est c'est assez fréquent, mais desés réunion de travail, que ce soit à l'Élysée ou à Matignon, c'est assez terrifiant parce qu'en fait ce qui est terrif, ce qui me terrifie, c'est d'une part d'être la seule femme, mais deuxièmement et surtout c'est qu'ils s'en rendent pas compte, que ça les dérange pas, ça les dérange pas et que s'il y avait pas de femme, ça les dérangerait pas, ils se rendraient même pas compte.

C'est ça qui est terrible. c'est qu'on est complètement invisibilisé et que la question euh du genre ne se pose pas. Et si elle se pose par des Macronistes qui ont fait la parité et qui voulait euh Mais c'est en fait c'est les macronises, c'est tous les cercles de pouvoir, faut quand même mais ils ont quand même affiché euh renouvellement.

Non mais il faut dézoomer parce que en fait vous voyez euh ce matin j'étais à Santé Expo euh pour faire une déambulation et rencontrer les acteurs de la santé. J'ai vu des tables rondes encore uniquement composé d'hommes et je leur faisais la remarque. Dis oui, non mais vous savez donc en fait ils font pas attention.

Les gens ne font pas attention et c'est ça qui est inadmissible aujourd'hui en 2026. Il faut que chacun prenne sa part et que on ait des cercles qui soient des cercles mixtes. Quel que soit le secteur, quel que soit le milieu, quel que soit le niveau de responsabilité, ça n'est plus acceptable qu'il n'y ait que des hommes autour d'une table.

Ça n'est pas possible. Vous pensez que s'il y avait plus de femmes, la politique en sortirait grandie ? qu'est-ce qu'elles ont quelque chose de particulier à apporter ?

Mais simplement la mixité apporte quelque chose. En fait, moi je veille par exemple dans dans la composition de mon cabinet, j'ai autant d'hommes que de femmes mais j'ai aussi des jeunes de 20 ans, des personnes qui abordent les 60 ans. C'est important d'avoir des profils divers, d'avoir des gens qui viennent d'univers différent pour avoir des multiples regards.

Il faut pas avoir des gens qui viennent du même mle. Donc si vous n'avez que des hommes arques qui ont fait de la vie toute leur vie de la politique, c'est sûr que euh effectivement ça va avoir un impact sur la façon d'en faire et surtout sur les décisions qui sont prises. Et vous voyez l'absence de femmes autour de la table fait que des sujets majeurs comme les questions de santé des femmes sont insuffisamment pris en compte dans notre pays depuis des décennies.

Ça a un impact direct et ça a un impact direct sur la vie des femmes. Tous les sujets féminins, tout ce qui a encore comme frein euh notamment en matière de gynécologie euh en France et tout pour les femmes, c'est aussi parce que ce sont les hommes qui ont pensé évidemment. Mais on voit encore aujourd'hui, j'étais avec des femmes qui sont dans des start-ups de sur la santé des femmes.

Elles me disent toutes que elles ont beaucoup plus de mal à lever des fonds que les hommes parce que bien souvent les comités d'investissement ne sont composés que d'hommes et il est avéré que des comités d'investissement d'hommes investissent sur des start-ups d'hommes et ça ça n'est pas acceptable. Et vous avez déjà essayé de les sensibiliser à ça ? Alors, on a voté des lois pour mettre justement de la mixité dans les comités d'investissement et cetera, mais c'est donc il y a la loi et puis après il y a la parole.

Et c'est pour ça que j'en parle autant parce qu'en fait, et c'est là on revient à mon élection, à quoi ça sert d'avoir une femme présidente de l'Assemblée nationale si elle n'embrasse pas ses sujets d'inégalité entre les hommes et les femmes qui nous coûtent de l'argent sur notre croissance et cetera. C'est pas juste un sujet, vous voyez, simplement d'égalité pour la photo, pour la galerie. pas du tout.

Ça a un vrai impact sur les destinées de notre pays et sur la santé des femmes et sur la santé des femmes. Vous avez souffert concrètement de sexisme en politique ou pas ? Il me semble que vous dites que c'est vraiment quand vous êtes rentré dans ce milieu, dans la politique que vous avez ressenti le vrai sexisme, la mise au J'ai découvert le sexisme, l'antisémitisme quand je suis arrivée en politique, c'est assez vraiment et ça c'est brutal en 2017. le sexisme avec bah toutes les réflexions qu'on peut avoir le mon adversaire mon adversaire en 2017 au législative me renvoyait aimablement dans ma cuisine avec mes enfants.

Donc vous voyez des trucs un petit peu raides et puis après [raclement de gorge] toutes les femmes politiques. Moi j'ai j'ai quasiment pas une femme politique qui ne me dit pas qu'elle a été victime à un moment donné dans sa vie politique de sexisme. Mais c'est quoi par exemple ?

Mais c'est quoi ? C'est que c'est c'est les collègues. C'est c'est euh réflexion sur les vêtements.

Ça peut être les réflexions sur la les vêtements, sur euh sur les les les c'est le physique souvent c'est euh vous voyez mais c'est euh pas de commenter le physique d'un homme voyez, il y a des articles mais ça peut venir aussi de journaliste. Moi j'ai j'ai eu des articles où il y avait d'un côté le ténor de la majorité, de l'autre côté la grande blonde dans un article. Vous voyez, c'est c'est ça c'est du sexisme ordinaire.

Et en fait c'est vra vous voyez c'est vraiment des toutes petites choses mais qui irrigue complètement toute notre société et c'est ça qu'il faut qu'on arrive à à combattre et à éliminer. C'est un milieu euh de macho la politique. Vous disiez l'antisémitisme aussi.

Pourquoi en politique vous avez découvert l'antisémitisme dès 2017 ? parce que exposé et donc en fait l'antisémitisme on le sait tous, il est il est latant qui est dans dans dans la société euh queles que soient les époques, ses ressorts sont différents mais il est présent et le fait d'être exposé, donc d'être de d'être d'être visible, d'être sur les réseaux sociaux et cetera, fait que automatiquement en fait ça génère euh des insultes antisémites, des parfois des courriers et cetera. Vous avez reçu des cercueils une fois ? cercueil des mini cercueil que quelqu'un était allé fabriquer.

C'est euh c'est non, c'est super dur mais et c'est euh et encore aujourd'hui hein, je vous regardez mes réseaux sociaux dans les commentaires, vous avez toujours des commentaires antisémités. C'est terrible mais en même temps c'est il faut pas se laisser faire. Là aussi, il faut relever la tête et et fièrement dire qui l'on est parce que euh la République, ça n'est pas ça.

La République, elle elle accueille et elle prend en son sein tous ses enfants, queles que soient leurs origines, queles que soient leur religion, leurs croyances et les choix sexuels qu'ils font. Et c'est ça la République française. Ça c'est la promesse de la République.

Mais on voit bien que dans les faits, malheureusement c'est pas toujours le cas. Vous parliez des réseaux sociaux. Est-ce que dans la classe politique, l'antisémitisme, vous le dites, il est il est diffus, il est dans toute la société, dans toutes les classes.

Est-ce que dans la classe politique, vous avez constaté que parfois il fallait faire de la pédagogie sur certaines choses ou que des responsables politiques étaient pas assez sensibilisés à la lutte contre l'antisémitisme ou ? Alors, je moi j'ai vu que quand on a demandé au responsable politique de se mobiliser contre l'antisémitisme avec Gérard Larch quand on a organisé notre marche pour la République, on les a on a vu une mobilisation de de de la classe politique sauf de la France insoumise, mais on a vu tout le monde se mobiliser parce que je crois que c'est un combat pour le coup qui dépasse les qui dépasse l'éclivage. Et on sait que la République française a depuis des siècles et des siècles accueilli euh des des migrants d'origine juive et a toujours considéré que ils étaient des citoyens comme les autres.

Et c'est ce modèle-là qu'on défend collectivement et qu'il faut continuer à défendre. Donc moi je l'ai pas vraiment ressenti. Après on voit bien élection après élection que notamment il y a toujours quand même des candidats notamment de l'autre côté du spectre politique chez au Rassemblement national qui sont plus que borderline sur ce planlà et on voit bien qu'il y a eu des candidats composés avec des casquettes avec des insignes nazis et cetera ou qu'il y en a qui ont été poursuivis condamnés et cetera.

Donc on voit bien que il y a ça reste quand même ça n'est pas que l'attent dans la société mais que ça peut rejoindre des expressions politiques. C'est factuel. Oui, sauf que vous le pointiez les absents à la marche contre l'antisémitisme à part le le président, on pour en parler mais c'était la France insoumise.

Le Rassemblement national a envoyé beaucoup de gages à la communauté juive. Qu'est-ce que vous pensez de de que de cette stratégie ? En fait, c'est c'est c'est particulier parce que nous, en tout cas, moi dans ma dans ma famille et je vois bien mes mes grands-parents donc du côté de mon père, euh pour nous c'est c'est quelque chose quoi.

On a on a grandi, on a vécu avec un un un Rassemblement national personnalisé et identifié avec l'image et la personnalité de Jean-Marie Le Pen qui a été condamné à de multiples reprises pour antisémitisme et qui et et c'est vrai que cette c'est c'est on ne peut pas s'empêcher de de se dire que c'est quand même particulièrement parfois outrageant de voir maintenant le Rassemblement national s'ériger en rempart contre l'antisémitisme quand on voit l'histoire des fondateurs du Rassemblement national et quand on voit tout ce compagnonnage et ces candidats qui parfois sont encore limite voire au-delà de la limite. Et donc c'est ça reste c'est très malaisant et mais après chacun choisit sa stratégie mais il faut simplement et ça c'est mon rôle de femme politique d'alerter et de dire que il ne faut pas être naïf et qu'il ne faut pas non plus se laisser endormir. On a quand même un parti le Rassemblement national qui porte des idées qui pour moi avaient à travers notamment son projet de loi sur l'immigration qui sont contraires au pacte républicain auquel on est attaché.

Et pour vous, c'est une une plus grande menace que la France insoumise notamment pour pour la communauté juve. Pour alors pour la communauté juive, je sais pas. Pour la communauté nationale.

Oui, parce que la communauté nationale est comme je vous le disais, une communauté qui ne fait pas la distinction ni selon les origines, ni selon euh les les ni les prénoms, ni la couleur de peau et cetera. Donc vous les mettez pas au même niveau, vous les renvoyez pas parce c'est pas les mêmes idéologies, donc on peut pas mettre de Sénégal. Mais pour moi, ils sont t tous les deux aussi dangereux, mais pas pour les mêmes raisons.

Pas pour les mêmes raisons, mais tout aussi dangereux. De toute façon, moi je suis une femme modérée et donc d'avoir des personnes extrêmes, que ce soit du côté extrême droite ou extrême gauche, qui veulent diviser la société, la la dresser les uns contre les autres et trahir l'idéal républicain qui est le nôtre me heurte profondément. Et donc je les combats à tous les deux mais pas pour les mêmes raisons.

Vous faisiez référence à vos grands-parents. Donc du côté paternel, vous descendez de l'immigration juive polonaise et juive allemande àit. Et j'ai j'avais entendu, je crois que vous avez eu cette formule assez jolie, vous dites "Ce sont des gens qui ont embrassé la vie, embrassé la vie seul avec une valise." Ça veut dire quoi ?

Mais parce qu'ils sont venus tous les deux à leur séparer puisqu'ils ne se connaissaient pas mais sans rien. Sans rien en France. Euh ma grand-mère est arrivée vraiment, ils ont quitté l'Allemagne, elle avait 15 ans, elle avait une valise à la main et ils ont quitté Munich en 33 et ils sont arrivés en en France sans rien.

Mon grand-père venait lui de Pologne et il est arrivé à la fin des années 20, une valise à la main sans rien, sans rien. et ils se sont fait, ils se sont construits ici, ils se sont ils ont fait leur vie, ils se sont m battu pour la France. Mon grand-père était dans la Légion étrangère puis dans la résistance et ils ont et ils ont en même temps embrassé la France, la République, la nation comme jamais.

Euh et mon grand-père, il nous a laissé des des écrits. Il avait écrit alors qu'il était il avait pas été à l'école. Euh lui aussi était orphelin et euh et il et dans ses écrits, il dit plusieurs choses qui m'ont beaucoup frappé qui me qui me marquent encore aujourd'hui.

Il dit "J'ai commence très vite, il dit "J'ai commencé à aimer la France comme si c'était ma patrie de naissance et ça c'est avant la guerre." Donc on sent que il a embrassé la France euh voilà qu'il l'a accueilli et que il a aimé ce pays toute sa vie. Et alors qu'il était orphelin, qu'il a crevé de faim, qu'il a porté des sacs de charbon quand il avait 9 ans pour vivre, qu'il était pas payé et cetera, il dit à plein de fois j'ai eu de la chance.

J'ai eu de la chance de rencontrer un tel. J'ai eu de la chance de pouvoir faire ça. J'ai Et alors que quand on voit sa vie, on se dit "Mais oui, effectivement, il a eu follement de la chance mais en même temps, il a eu tellement de difficultés je qui à à embrasser, à surmonter et en fait je trouve que c'est fascinant cette idée de voir toujours la vie du bon côté, de voir toujours la vie de façon positive et de se dire toujours qu'il y a pire alors qu'on a été dans les pires des situations, mais il y a toujours pire." Et ça aussi ça m'a construit.

Oui, il vous a transmis ça. Il vous a beaucoup parlé euh de la guerre, de sa vie difficile, de la Légion étrangère aussi qui est un très particulier la Légion étrangère. Il en parlait au début beaucoup et plus il a vieilli, plus c'était difficile pour lui d'en parler et plus ça plus les émotions remontaient et euh et et c'était trop dur.

Il pleurait. Euh il m'a beaucoup parlé de de de toute l'aspect résistance quand ils étaient en haut de sa voix. Euh et là, il s'est vu mourir plusieurs fois.

Il s'était et euh et c'était euh c'est c'était terrible parce qu'il y avait pendant la guerre, mon mon père naî à ce moment-là, donc il naî dans un chalet, on est en hiver, on est au milieu de la guerre, ils sont cherchés par ils sont ils sont recherchés et cetera et et donc on voit que c'était euh qu'il qu'il a qu'il avait jamais surmonté toutes ses toutes ces ses douleurs et ses et ses Ouais. et cette adversité. On parlait du Rassemblement national et de la France insoumise.

Euh, on voit que tout le monde se positionne un peu à l'approche de la présidentielle. Vous pensez que ce choix pour les Français, ce duel entre LFI et le RN, il est inéluctable ou pas ? Ah, pas du tout, pas du tout.

Il est pas du tout inéluctable. il faut on va on va se battre, on va proposer des choses et moi je crois pas que mon pays soit un pays qui tombe dans les mains des extrêmes, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite. Tous les gens que je rencontre en tout cas la grande majorité me dit que ce n'est pas leur souhait et donc il faut à nous du bloc central du camp démodéré de proposer un projet une vision une équipe qui fasse que ce soit plus désirable que ces extrêmes qui trahiraient notre promesse républicaine.

Donc on va se battre et moi je me battrai mais jusqu'au bout. Je le rassemblement national au second tour. Euh ça vous pensez pas que quoi qu'il arrive de toute façon ce sera Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui sera un des deux adversaires.

Ça sera peut-être mais c'est pas quoi qu'il arrive. Euh vous savez une campagne moi je je crois vraiment en la capacité à de la politique euh que que nous pouvons avoir de faire changer euh d'avis euh les Français sur tel ou tel aspect, de leur donner envie d'autres choses et cetera. C'est ce qui s'est passé.

à plusieurs reprises pendant notre vie politique. Vous savez, les élections ne sont jamais gagnées d'avance. Euh et nos livres d'histoire sont plein de gens qui étaient élus euh un an avant, que ce soit à la mairie, aux législatives, à la présidence de la République et qui n'ont jamais été.

Et voilà. Donc il faut pas être défétiste. Il faut pas être desétiste.

Vous pensez que vous allez y arriver avec le club de macho parce que vous avez dénoncé un club de macho tous ces candidats, homme à la présidentielle notamment à droite et au centre. C'est ça ? Mais bien sûr, mais on les retrouve un peu partout hein.

C'est macho. Moi ce que ce que je veux c'est que nous soyons nous femmes politiques associées que nous puissions construire des projets ensemble. Euh nous avons des voix, nous avons des parcours, nous avons des convictions et donc nous devons évidemment participer à la construction d'un projet, d'une vision et après euh pouvoir être en capacité de les incarner.

Et donc euh on va se battre pour ça, mais c'est encore euh absolument ahurissant qu'on doiv aujourd'hui en 2026 se battre juste pour avoir le droit d'être assise à une table. Mais mais pourquoi pourquoi il y a autant d'hommes candidats à la présidentielle ? pensa que c'est typiquement masculin de se dire euh moi je peux être président, c'est assez typique effectivement des des des mecs de se dire moi je je sais comment j'entends des gens qui disent qu'ils savent comment ils vont gouverner la France un peu de modestie un peu d'humilité bon sang faites référence à Gabriel Atal qui a dit à d'autres il a dit quasiment mot à voà mais David Lissard aussi le dit Bruno Rota aussi le disent ils savent que s'ils étaient demain présidents, ils connaissent le mode d'emploi.

Mais je peux vous dire, moi en toute modestie, j'ai élevé cinq enfants, je suis pas sûre encore d'avoir le mode d'emploi pour élever des enfants. Donc avoir le mode d'emploi d'une fonction vous n'avez jamais exercé de votre vie, je trouve que c'est quand même assez assez fort. Donc les hommes, oui, se disent toujours et on le sait bien, c'est les billets de genre, les femmes, nous on se dit l'inverse, on se dit "Je vais pas y arriver, je suis pas capable, je suis pas compétente." Est-ce qu'il y a pas aussi une présomption de compétences quand on est un homme qui s'est un peu installé dans la société ? l'éducation, c'est c'est il y a plein de facteurs qui veulent ça.

Mais pour en revenir aux hommes qui sont là candidats, en fait, il y a l'effet mécanique de je suis chef de parti et donc comme je suis chef de partie, je suis candidat et comme on a que des hommes chefs de partie dans le bloc central, bah il y a côté mécanique. Gabriel Atal, qu'est-ce qui vous vous avez dit que vous n'iriez pas à son meeting le 30 mai ? Vous n'avez pas l'air de d'apprécier énormément Gabriel Atal ?

C'est quoi ? C'est sa personnalité ? C'est c'est le fond ?

C'est Moi, j'ai jamais de sujet de personnalité, ça me Je m'en fous. C'est vraiment Moi, je suis une femme politique, je fais une de la politique pour des idées. Oui.

Pour la présidentielle, la personnalité, ça compte quand même. Non, mais ça compte. Mais en fait ce que d'abord moi je me bat pour qu'on puisse d'abord construire un projet, moi je je me mets pas mécaniquement derrière bidule ou derrière machin.

Je me mets avec quelqu'un pour porter des idées. Donc pour le moment je ne vois pas vraiment d'idée et surtout je parle pas mais je parle pas que de Gabriel, je parle de tout le monde en fait aujourd'hui. Non mais aujourd'hui que ça soit Gabriel, que ça soit Édouard, que ça soit François Beou, que ce soit Bruno Retaillot et cetera, pour le moment il y a pas encore de projets de vision qui sont posés sur la table.

Ce que j'aimerais moi un, c'est de pouvoir participer à l'élaboration de ce projet et de cette vision. Donc d'être autour de la table. Deux, ce que je demande c'est qu'on le fasse ensemble.

C'est ça mon point, c'est de dire qu'aujourd'hui ils partent tous chacun en silo et puis ils vont donc construire un projet chacun en silo et après peut-être qu'on se retrouvera. Moi je dis il faut faire l'inverse, il faut d'abord se mettre autour de la table, construire ensemble le projet et la vision et après regarder qui pourra l'incarner le mieux. Et celui qui peut l'incarner le mieux n'est pas forcément l'un de cela, n'est pas forcément un chef de parti.

Ça peut être une autre personnalité qui extérieure. Ça peut être Xavier Bertrand, ça peut être Ellisabeth Bon, ça peut être un euh chef d'assemblée, Gérard Larcher, ça peut être moi, ça peut être une personnalité extérieure type Christine Lagarde qui n'est pas encarté dans aucun de ces partiesl. Vous avez cité des personnalités que du bloc central qui me que j'apprécie, qui sont compétentes et qui pourraient très bien porter cette vision commune.

On n'est pas obligé d'avoir en tête de pont un chef de parti. C'est ça que j'essaie de dire et je dis surtout son ensemble quelque chose qui nous permett d'incarner un collectif. Moi, je crois que les Français n'en peuvent plus euh des euh aventures solitaires.

Moi, je crois en la force d'une équipe et aujourd'hui je ne vois pas quelle équipe Bron Piv. Donc, on a entendu Xavier Bertrand, euh Ellisabeth Borde, Gérard Larch, Christine Lagarde. Vous voulez vous mettre autour de la table avec Bruno Retaillot aussi ? bah avec Bruno Retaillot puisque euh les républicains sont aujourd'hui euh les partenaires de la majorité du socle.

Donc évidemment avec Bruno Retaillot. Et puis après qu'est-ce qui se passe ? Mais on fait des efforts, on fait on fait des pas les uns vers les autres.

Donc nous on devra faire des pas, Bruno devra faire des pas aussi et on doit accepter après la différence. Vous savez, on n'est pas obligé d'être tous pareils, de penser tous pareil. Au contraire, je pense que ça c'est l'appauvrissement total de de toute vision d'avoir des gens qui pensent pareil et qui sont ensemble.

Il faut qu'on pense faut qu'on s'enrichisse les uns des autres. C'est pour ça que moi je vais sans aucune difficulté jusque au LR de Bruno Retaillot. Pour autant, il faut s'enrichir les uns des autres.

Donc ça veut dire qu'il doit s'enrichir aussi de nous, de ce qu'on pense euh la gauche sociale démocratique sociale et aussi est-ce qu'elle pourrait participer ? Est-ce que Raphaël Guxman, François Hollande, Bernard Kazneu pourrait se mettre autour de la table ? Bien sûr, bien sûr, bien sûr.

Mais c'est ce de toute façon, vous savez, c'est ce qu'il faudra faire. C'est ce qu'il faudra faire probablement après les législatives. C'est ce qu'on devrait faire aujourd'hui en vrai, c'estàdire qu'on construire une une coalition.

Aujourd'hui, on devrait le faire. Moi, ça fait 2 ans que je demande à ce que ça soit fait à l'Assemblée nationale depuis 2024. On n pas de majorité à l'Assemblée nationale.

Il faut constituer une majorité pour pouvoir gouverner la France. Ben cette majorité, il faut la constituer avec les forces euh avec lesquelles vous partagez quelque chose. Et je crois que une vision de la République, une vision des valeurs de la République, la capacité euh de la République à s'occuper euh de chacun, euh vision d'un modèle social, d'un modèle économique et euh d'un certain une certaine vision du progrès, l'attachement à l'Europe et cetera.

Et vous voyez, c'est on en revient à quoi ? à ce qui était promis en 2017 par Emmanuel Macron. Exactement.

Oui. Sur les papiers ce que vous dites, c'est c'est intéressant et c'est beau. Mais concrètement, comment vous départageriez ensuite la personne qui porterait ce projet qui aurait été élaboré en commun ? parce qu' un moment il faut bien chois il faut bien choisir.

Alors moi, je pense déjà que ce cette l'incarnation a de la force et de l'impact quand finalement ça matche bien avec la vision portée. Il faut pas qu'il y ait de dissonance. Et donc en fonction, c'est pour ça que moi je parle d'abord du projet et de la vision avant de parler de qui ?

Parce que si vous avez une dissociation entre l'incarnation et le projet, ça marche pas. les Français ne n'y croiront pas et ils auront raison de pas y croire. Et puis euh je pense aussi que euh si on travaille en équipe, vous savez quand vous travaillez dans un collectif, vous avez très rapidement des personnes qui s'imposent dans leur leadership de d'être en capacité de faire travailler les gens ensemble parce que c'est ça dont on a besoin de faire travailler les gens ensemble.

Il y en a des personnalités comme ça. Sais animer une équipe, savoir tirer le meilleur d'une équipe. Il y en a beaucoup des gens comme ça autour de vous.

Il y en a bien sûr. Vous par exemple, vous pourriez animer une équipe et vous pourriez être cette personne qui porte le projet en 2027 ? Mais bien sûr.

Moi, je pourrais euh moi je souvent j'en j'en parle au président du Sénat, je lui dis que lui pourrait le faire. Euh vous savez que je l'aime beaucoup et je trouve que c'est une personne de grande qualité. Je me dis que Oui.

Non mais je je vous parle de j'ai dit que moi je je pourrais envie d'autres pour Est-ce que vous en avez envie ? Vous êtes la première femme présidente de l'Assemblée nationale et je le disais déjà rien que pour ça vous êtes entré dans l'histoire. Est-ce que vous vous dites je suis capable de devenir présidente de la République et j'en ai envie j'ai envie de de m'engager jusqu'à ce niveau-là pour mon pays ?

Je là encore je reviendrai sur la nécessaire humilité. Euh c'est je pense que c'est vraiment vertigineux ce ce cette fonction et je suis toujours assez surprise de voir des gens comme je vous le disais qui se disent capables de l'exercer sans sans douter. Je pense que c'est et et je pense c'est très sain le doute dans la vie.

Euh après, est-ce que est-ce que j'en aurais envie ? En tout cas, moi j'ai envie que notre pays reste fidèle à ce qu'il est et je suis convaincue que je peux contribuer à cela. Après moi je m'en fous de savoir à quelle place je suis vraiment j'en ai pas une histoire de poste.

Non je ça m'est complètement égal. Vous aimez euh euh les gens qui doutent si a Bron Pivrz que ce n'est pas le cas de Gabriel Atal ou Édouard Philippe. Par exemple, vous avez un projet, vous le proposez aujourd'hui.

Eux ils ont une espèce de pacte de nonagression qui fait que ils se sont mis d'accord selon celui qui des deux qui sera le mieux placé et bien l'autre se retirera. Quel regard vous portez là-dessus ? Ben à nouveau, je pense que c'est pas la bonne méthode.

C'est bien au moins qu'ils aient impactent parce que au moins le fait qu'on est soit sûr d'avoir un seul candidat au bout du compte, c'est quand même euh au moins la possibilité de la victoire. Alors que si on a plusieurs candidats, c'est l'assurance de la défaite. Euh après à nouveau, moi je pense que c'est pas c'est pas une bonne façon de faire parce que c'est pas comme ça que vous constituez un projet commun, une équipe.

Euh moi je demande à ce que le travail programmatique soit fait en commun avant parce qu'autrement on va se diviser pendant des mois et des mois et donc on narrivera pas à incarner après cette unité que d'autres incarneront et c'est ça moi qui m'ennuie. Et vous disiez que ce et puis à nouveau quand même, il y a cette problématique de est-ce qu'il y a une femme autour de la table quand ce genre de décision se prennent. En fait, si et c'est pour ça que moi je suis monté au créneau fort aussi sur ce fameux comité de liaison entre les différents partis de la majorité qui ne comporte que des hommes.

En fait, ça n'est plus possible et ça me révolte. Ça c'est Gabriel Atal qui en place. Mais ça révolte mais ça révolte toutes les femmes de ce pays hein.

Je ne suis pas la seule. Je suis le porte-voie de ces femmes qui en ont marre d'être invisibilisé et qui en ont marre d'être sur des strapontins. Nous ne sommes ni des potiches, ni des ni ni accessoires.

Il est pas féministe Gabriel Atal. Mais en fait, je vois vous ça fait plusieurs fois que vous venez sur Gabriel mais moi je Mais non mais parce que non mais parce que je en fait c'est là où moi je me bat contre un système. Je me bats pas contre Gabriel, je me bats pas contre Édouard Philippe, c'est mes amis, c'est mes partenaires politiques.

Donc mon sujet c'est pas eux. En quand même Bron Piv en creux, vous faites quand même un vous commencez un peu le droit d'inventaire du macronisme qui est arrivé sur des promesses de renouvellement de proximité. Je vous je vous parle pas que de ce sujet hein euh sur plusieurs sujets, ne serait-ce que sur le le dialogue avec les autres parties, vous disiez Emmanuel Macron aurait dû plutôt tendre la main à la gauche, à la droite.

Qu'est-ce qui n'a pas marché pour vous aujourd'hui ? Ça fait presque 10 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Vous êtes engagé pour lui.

Quels sont les les plus grands échecs de la promesse ? Mais justement, c'était on a un vrai échec démocratique. Euh on a et on voit moi, alors moi je suis côté assemblée nationale, j'ai jamais gouverné, j'ai pas été premier ministre, j'ai toujours été parlementaire sauf pendant un petit mois dans le premier gouvernement d'Élisabeth Borne.

Mais ce que je vois c'est que finalement l'Assemblée nationale n'a pas été suffisamment écoutée et on le voit tous les jours et on le constate et vous le vous le commentez régulièrement. Les Français n'ont pas suffisamment été écoutés. On a eu des manifestations, on a eu les gilets jaunes, on a eu des manifestations sur les retraites, on a jamais fait de consultation, il y a jamais eu de référendum, il y a eu des innovations démocratiques avec les conventions citoyennes.

Ça c'est quelque chose de formidable. Mais vous voyez à quel point on a du mal à mettre en œuvre les conclusions des conventions citoyennes sur la fin de vie. On n' toujours pas terminé alors que la convention citoyenne, elle a été elle elle date d'il y a plus de 3 ans et la convention citoyenne sur les temps de l'enfant a été complètement enterrée alors que elle propose des choses formidables.

On a donc insuffisamment traité et écouté l'Assemblée nationale. Pas écouter les citoyens et pas de consultation citoyenne, pas de référendum en 10 ans, c'est quand même dommage. Et la négociation sociale, on va pas dire qu'elle a super bien marché.

On voit bien que euh les syndicats ont continuellement dit qu'ils n'avaient pas suffisamment été associés et cetera et les collectivités euh ell aussi elles aussi n'ont pas suffisamment été associées à la gestion du pays. Donc en fait, il faut un gigantesque acte de confiance envers chacun de ces acteurs-là. Et c'était la promesse de 2017.

Il y avait cette promesse de dépassement d'é clivage, cette promesse de oxygéner notre démocratie. Ça n'a pas été réalisé. Donc ça c'est un vrai échec.

Après, on a fait des très belles choses. Euh on parle de la de la de la vision européenne du président de la République, la vision militaire euh qui est importante où on a doublé le budget sur le plan de notre sécurité. Donc il y a eu des très bons résultats des belles choses.

Mais est-ce que vous êtes déçu quand même ? Ben après parce que c'est pas rien de tout plaquer pour s'engager derrière un homme. Mais euh je me suis engagée plus que derrière un homme, c'est pour des idées, pour euh faire une transformation, pour redonner confiance aux gens.

Et on voit à quel point euh là-dessus aussi on a échoué. Les Français n'ont pas plus confiance dans leurs hommes et femmes politiques aujourd'hui qu'hier. Euh après ce qu'on voit aussi c'est que euh tout ne peut pas venir d'un seul homme.

Et c'est la raison pour laquelle moi je crois que il est important de changer profondément de méthode. C'est pour ça que je parle beaucoup de méthode parce que en fait conduire le changement quand c'est décrété d'en haut par un homme seul ça ne marche pas. Emmanuel Macron qui a dissou tout seul aussi l'Assemblée nationale alors qu'il était euh censé consulter selon l'article 12 de la Constitution.

C'est ça. Notamment la m'a consulté hein. Il m'a consulté mais la décision était prise.

Oui. Donc il vous a pas consulté. Vou dire on a eu un échange.

On a eu un échange sur le sujet. Il vous a informé plus que consulter. il m'informe.

Et moi je demande effectivement à avoir un échange avec lui. Donc on aura un échange d'une quinzaine de minutes en tête à tête sur le sujet. Mais effectivement la décision est prise donc c'est plus une une information qu'une consultation.

Il vous le dit, vous êtes plusieurs autour de la table. Ouais mais vous vous lâchez pas le morceau. Vous vous dites au président en devant tout le monde il faut que tu me consultes.

Enfin il faut qu'on C'est ça. Ouais je le vous vois toujours. Il faut que vous me consultez monsieur le président.

La la Constitution vous impose de consulter la présidente de l'Assemblée nationale que je suis et et ils me répondent du tac au tac mais c'est ce que je suis en train de faire et je lui dis non ça n'est pas la consultation prévue par la constitution je veux cette que cette consultation m'a lieu. Il me dit bon écoute si tu veux je termine le le le tour de table et on sort pour discuter. Lui il vous tutoie.

Il me tutoie. Oui, vous voyez et vous sortez et on sort dans le jardin et on va se mettre autour d'une table et on discute et il vous dit donc j'ai décid et là là voilà on argumente et je lui dis mais en fait c'est une erreur. Je lui explique pourquoi.

Je lui dis mais on peut faire différemment. D'aucun très sympathiquement diront que je lui ai proposé d'être premier ministre qui n'a jamais été le cas. Mais en revanche je lui dis euh vous vous trompez parce que on peut euh avancer. et on peut faire bâtir une coalition avec les républicains.

Euh et donc ils ne vont pas renverser le gouvernement à l'automne parce qu'on peut construire ensemble. Donc bâtissons avec les républicains un pacte de coalition et je lui dis euh laissez ce travail se faire pendant l'été et en septembre vous pourrez nommer un nouveau gouvernement qui portera cette coalition avec les républicains. Et je lui dis et si jamais pendant le cours de l'été on narrive pas à former cette coalition bah il sera toujours temps de procéder à la dissolution de l'Assemblée nationale en septembre.

Voilà ce que je lui dis. Et qu'est-ce qu'il vous répond ? Il me dit euh que il y croit pas du tout, que les Républicains viendront jamais dans un système de coalition, euh que il vaut mieux profiter de ce moment-là de les prendre par de prendre tout le monde par surprise, d'organiser des élections rapides et cetera et cetera. s de il était très sûr de lui.

Il n'écoute pas mes arguments. Mais au moins je suis peut-être la seule en France à avoir la chance, voyez, comme mon grand-père, de pouvoir lui dire ce que je pense avant que il annonce ses mots fatidiques à la télévision. Juste à quel moment enfin pourquoi selon vous le président contre tous les éléments contre ce que vous lui avez dit contre les sondage qui présageit rien de bon en cas de dissolution après des européennes catastrophiques pour lui pourquoi il s'est dit si je dis sous ça va marcher alors que tout me m'indique le contraire ouais j'en sais rien je c'est un mystère pour moi.

Je sais pas pourquoi il a il a fait ça. que je crois décelé, c'est que la décision était prise même avant les résultats et que c'est pas quelque chose qui a été impulsif, que ça a été discuté, échanger avec certains. Après, à nouveau, ce qui est ce qui est vraiment désolant et c'est qu'il a pas eu qu'on ait pas eu d'échange et c'est vrai que là, ça m'a moi ça m'a un peu heurté parce que je fais partie de sa majorité.

Donc il y a la consultation de la présidente de l'Assemblée prévue par l'article 12, mais il y a aussi euh la l'échange qu'il aurait pu avoir avec moi en tant que président de l'Assemblée bonne connaisseuse de l'Assemblée nationale de ses équilibres politiques, proche de Gérard Larch et donc du président du Sénat LR. Donc il aurait pu avoir mon éclairage pour prendre sa décision plusieurs semaines avant. Vous voyez ?

Et c'est peut-être ça moi qui m'a le plus heé, c'est le fait que en tant que figure, comme on dit, de la majorité et bonne connaisseuse de l'Assemblée nationale, il ne m'est pas intégré dans son processus décisionnel. Ça voulait bien dire que en fait finalement il me considérait pas du tout comme et faisant partie de la voilà de sa majorité et cetera. Et ça et c'est ça en fait moi qui m'a blessé parce que j'avais le sentiment que j'étais quand il était négligeable, vous voyez.

Et c'est et ça c'est ça heurte parce que effectivement vous dites moi je rentre en politique à 47 ans 2017 moi j'y croise c'est pour ça que je change de vie et cetera et d'être à ce point finalement toujours en fait on me calculait toujours pas malgré 2 ans présidence de l'Assemblée nationale. Donc ça c'est blessant. Malgré votre fonction et malgré le moment extrêmement grave, malgré cette décision extrêmement grave, ça a été un moment douloureux dans votre carrière politique.

Ça c'est super douloureux parce que tout s'arrête du jour au lendemain à la seconde, j'avais plein de projets pour l'Assemblée nationale. Je faisais beaucoup de choses, beaucoup d'innovation, notamment tourné vers les citoyens. J'ai je créé un prix de la photo politique, un festival du film politique.

Je fais des permanences citoyennes, des assemblé, des idées avec les citoyens et cetera. J'ai des expositions d'arts contemporains, enfin plein plein de choses. Et vous savez quand vous faites des innovations telles que celle-là, il faut que ça s'installe dans le temps pour qu'elle puisse après durer.

Et au bout de 2 ans, j'avais le sentiment qu'on me coupait un peu les ailes en fait pour pour toutes ces ces ces projets là. Et euh et puis et puis c'est d'une brutalité folle parce que tout s'arrête d'un coup. Donc tous les collaborateurs mais de tous les parlementaires euh sont virés du jour au lendemain.

Il y a pas d'entretien préalable. l'entretien palable, c'est l'annonce de la dissolution et ça c'est une précarité totale. Et puis après euh ça a laissé euh plein de gens sur le carreau, des parlementaires sur le carreau, des collaborateurs sur le carreau.

Euh et moi j'ai des collaborateurs qui se sont pas remis de cette dissolution parce que du jour au lendemain, vous tombez dans la précarité. Euh vous savez, vous avez vos indemnités mais quand même vous avez perdu votre job. les gens, ils ont des emprunts, euh ils ont euh ils ont des loyers, enfin ils ont des vies, ils ont des projets de vie et euh on a besoin dans la vie de pouvoir se se projeter et cetera.

Et la dissolution, c'est euh des euh c'est c'est c'est pas négligeable, hein. Chaque député a en gros euh trois collaborateurs. Donc, vous faites le compte, c'est 1500 collaborateurs qui sont sur le carreau du jour au lendemain.

Et et dans le camp d'Emmanuel Macron, est-ce que enfin c'est c'est quoi ? C'est un ils sont senthis par leur propre chef. Finalement, il y a eu un sentiment, il y a eu un sentiment de trahison et puis un sentiment aussi de de de mépris parce que j'ai des parlementaires notamment les parlementaires des grandes villes qui étaient en dépouillement pendant que ils quand ils ont appris la nouvelle.

Donc le le scrutin, leur bureau de vote avait même pas fini de dépouiller qu'ils apprennent qu'ils ont l'info. C'est c'est dur hein quand vous êtes engagé en politique. Vous savez, je sais que il fait pas bon être engagé dans notre pays en politique que les gens trouvent que on a on est bourré de défauts.

Moi ce que je vois c'est désengagé des gens qui qui il sacrifient tout pour la politique pour le pour l'exercice du mandat. Euh les députés, ils bossent euh 70h, 80h par semaine. Ils sont tout le temps en déplacement, ils sont jamais chez eux.

Euh il y en a qui mettent en péril leur santé, leur vie de famille et cetera. Et c'est vrai que vous faire jeter comme ça euh en une seconde, c'est très violent par rapport à au sacrifices que ça implique que vous que ça implique la politique. Malgré les sacrifices que ça implique, j'ai reçu avant vous dans ce podcast François Hollande, Bruno Rotaillot, euh Xavier Bertrand notamment qui ont insisté tous euh sur la dimension sacrificielle de la vie politique, euh la distance que ça place avec ses enfants, avec sa famille, euh le fait pour Bruno Rota notamment de de même plus pouvoir parfois se balader, profiter des choses simples.

Et encore eux ont fait de la politique un peu toute leur vie. Ils en font depuis très longtemps, vous vous en faites depuis moins longtemps. Mais est-ce que parfois vous avez l'impression de passer à côté de votre vie, de renoncer à des choses essentielles pour pouvoir occuper vos fonctions ?

Jamais jamais parce que je renonce jamais aux choses essentielles. Je loupe pas un anniversaire de mes enfants, jamais, quoi qu'il se passe. Et vous en avez cinq.

Donc, j'en ai cinq. Euh, d'ailleurs, il me semble que un jour vous n'étiez pas là. Ouais.

Un dinsé. Oui, exactement. Et c'est parce que vous aviez l'anniversaire de votre fille.

C'était votre anniversaire. Tout à fait. C'est vrai.

C'était le mien. Et et je voulais montrer à mes enfants que c'était important et qu'ils étaient importants. Avec mon anniversaire, je le passais avec eux et je le passais pas avec témoig.

Vous ne mz pas vous étiez [rires] Non mais c'est important. Non, je loupe aucun mouvement essentiel. Je suis toujours là pour eux quand ils en ont vraiment besoin.

Je suis là. C'est important pour moi, c'est vital et je me suis toujours dit jamais je sacrifierai ma vie de famille et ma vie la vie de mes enfants à la vie politique. Jamais.

Vous êtes un peu Wonder Woman, non ? Parce que vous êtes présidente de l'Assemblée, vous avez cinq enfants. Vous arrivez à avoir euh du temps pour vous, ce qui peut sembler impossible avec un agenda pareil.

Comment vous faites ? Les choses sont réglées au 1000 chez vous. Ouais.

C'est comment ça se l'organisation ? C'est c'est de l'organisation. On fait tous les dimanches soirs quand on est à la maison, on fait le planning de la semaine qui est la camp et cetera.

Comme ça, on sait s'il y a un ou deux dîners en commun et ben voilà, on les on les on les on les sanctuarise. Vous notiziez dès dès le dès le dimanche dimanche soir. Voilà, c'est ça.

Là maintenant, on a on a même fait pire pour les anniversaires parce que j'ai des enfants qui sont partis de la maison. Donc là, on les a noté sur l'année, vous voyez, pour dire là, on loupera pas et cetera. Donc c'est sanctuarisé dans l'agenda.

Après, c'est faire du sport, c'est faire attention. et cetera et puis et puis tout donner. En fait, moi je je prends finalement peu de temps pour moi toute seule, c'est du temps avec les enfants, du temps en circonscription pour continuer à avoir cette action de députés de terrain.

C'est du temps pour l'Assemblée nationale. J'essaie de de bien m'organiser. C'est c'est compliqué mais ça me permet d'avoir un bon équilibre et en ayant un bon équilibre, je crois que j'arrive à agir justement en politique.

C'est c'est les deux vont ensemble. Les deux vont ensemble. Ouais. de de ces deux facettes là.

Votre mari vous aide j'imagine. Alors il m'aide à la maison. Il est devenu féministe avec voilà avec le temps.

Mais oui, il aide à la maison. Les enfants aident puisqu'ils sont grands. Chacun prend sa part en fait.

On vit en collectivité. Il a le Bron suiv. Je voudrais qu'on parle d'un d'un moment de votre vie quand vous êtes devenu présidente de l'Assemblée nationale quelques mois plus tôt, c'est cela on vous avait diagnostiqué un cancer du sein.

Hm hm. Et [grognement] vous avez décidé de de ne pas le dire tout de suite et de de mener tout de front. Bah au début en fait euh quand j'apprends que j'ai un cancer, c'est quelque chose que vous gardez pour vous parce qu'il faut d'abord mener ce combat pour pour guérir et contre la maladie.

Et donc voilà, au début effectivement je je dis rien. Euh je me fais opérer au début du mois de février 2022 et puis après l'opération, j'ai protocole assez classique 30 séances de de radiothérapie et les séances de radiothérapie, je vais les mener de front avec ma campagne législative et avec un peu la campagne, vous savez, en coulisse pour essayer de rentrer au gouvernement pour devenir ministre. Et donc forcément à ce moment-là cette tout cela je le fais en c'est j'ai pas le sentiment de le faire en cachette mais en tout cas je n'en parle pas parce que d'abord un je trouve que c'est trop intime et puis c'est à ce moment-là j'ai envie de de le garder pour nous et deuxièmement je sais que ça ça peut me nuire en fait ça peut me nuire pour l'élection ça peut me nuire pour la nomination en tant que ministre et donc on le garde comme ça secret vous dites que ça peut que ça peut vous nuer que c'estàd qu'on peut vous voir comme une victime ou comme une personne malade, fragile, fragile et en politique, on n pas le droit d'être fragile.

C'est dommage hein. Mais c'est pour ça en fait aussi je me dis il faut se livrer parce qu'il faut montrer qu'on est des hommes et des femmes, qu'on a des vies, qu'on a qu'on peut être malade, qu'on est on peut avoir des ruptures, on peut avoir on est on n'est pas super ni Super Woman ni Superman. On n'est pas insensible aussi. on est euh on a on est bourré d'émotion et donc euh je pense que c'est cette humanité-là, je crois qu'elle est importante de la montrer.

Mais à ce moment-là, moi je me dis "Mais non, mais les électeurs voteront pas pour moi." Ils vont se dire "Mais euh voilà, il faut qu'elle s'occupe de sa maladie plutôt que de elle s'occupera moins bien de nous." Vous voyez, c'est un peu ça qu'on se dit.

Et puis moi je me dis pareil, je vais jamais être nommé ministre parce qu'on va se dire "Bah en fait, occupe-toi d'abord de ta santé puis on verra plus tard." Je suis sûr qu'on m'aurait dit ça. Quand on vous annonce cette nouvelle, je sais en tant que femme c'est quelque chose, c'est une angoisse pour énormément de femmes.

Celle d'avoir un cancer du sein. On se dit c'est un peu un coup près en fait qu'on a toute notre vie au-dessus de notre tête. Qu'est-ce que vous vous dites quand on vous l'annonce ? ben vous prenez un peu une armoire normande sur la tête parce que vous dites toujours face à ce type de maladie c'est pour les autres, c'est pas moi.

Et puis bêtement, moi on m'avait toujours dit mon gynéco m'avait toujours dit "Mais vous savez si vous avez eu cinq enfants, vous les avez allaités, vous vous risquez pas grand-chose et cetera et puis bon comme tout le monde, je risque et donc c'est c'est très c'est dur parce queen fait vous vous êtes confronté à votre propre finitude en fait vous le mot cancer fait très peur et donc vous vous dites que votre vie peut s'arrêter là. C'est un mot qui est encore trop tabou." C'est tabou et puis et puis oui puis ça fait peur et puis surtout au début parce que vous ne savez pas vous ne savez pas la gravité parce que en fait une fois qu'on vous l'annonce après bah vous êtes parti dans une série d'examens vous savez pas quel protocole vous allez avoir de soin donc tout fait vous savez pas si vous allez mourir ou pas vous savez pas si vous allez mourir ou pas après vous vous dites est-ce que je vais avoir une une chimio par exemple comment je fais campagne si j'ai une chimi comment je fais campagne si effectivement là pour le coup je perds mes cheveux et cetera ça va se voir en fait et vous voyez cette faiblesse que je veux pas montrer qui pourrait me nuire pendant ma campagne électorale si j'ai une chimiose ça je pourrais pas et donc vous êtes ça c'est miné une question vous et puis il y a quelque chose qui pour moi a été très dur mais je sais que pour les femmes d'une pour les malades d'une façon générale c'est dur c'est que tout d'un coup vous êtes hyper passif vous n'êtes plus sachant et vous êtes passif vous n'êtes plus à l'action c'est plus vous qui tenez les commandes et vous n'avez plus les commandes de votre vie et ça c'est très dur parce que et vous perdez votre liberté, vous ne savez pas, c'est pas vous qui prenez les décisions sur le traitement et cetera.

Vous remettez votre vie dans les mains de des soignants qui sont extraordinaires, mais vous remettez votre vie et quand voilà vous vous avez compris que moi j'ai une personnalité plutôt où j'aime être maîtresse de mon destin, en fait ça m'a ça m'a aussi considérablement perturbé et puis j'avais un fil à la pâte. La radiothérapie bah c'est un fil à la pâte. Vous devez y aller tous les jours.

Ça se passait comment entre vos obligations ? J'ai alors j'étais pas au perchoir quand je suis présidente de la commission des lois quand donc j'ai fait des auditions de commission au mois de février avec les pensements et cetera et donc j'essaie de me tenir bien droite et de faire attention que ça ne se voit pas. [grognement] Et puis après c'est pendant la campagne des législatives, je suis en radiothérapie.

Donc en fait, je fais ma radiothérapie le matin, je prends mes rendez-vous très tôt vers 7h 7h15 et ça me permet après de rejoindre les militants au RER pour tracter et cetera et et évidemment personne ne le sait. Et puis en fait après quand la radiothérapie va s'arrêter vers la mi du mois de mai et euh et je deviendrai président de l'Assemblée nationale un mois plus tard juste après. Vous avez eu des effets secondaires, des traitements ?

Alors, je suis encore en fait, j'ai eu 5 ans, c'est le protocole classique d'hormonothérapie. Donc euh là, j'en suis euh à 4 ans et euh j'ai encore une année. Et effectivement, ben ça provoque la ménopause et puis euh ça provoque des grosses bouffées de chaleur et cetera, des coups des gros coups de déprime.

Euh donc, il a fallu au début c'était c'était dur. Euh, j'avais et des coups de barre mais et parfois quand j'étais au perchoir et des tout d'un coup ça vous tombe dessus, vous avez l'impression que vous allez vous endormir tomber comme ça. Et là faut bah pareil toujours faut résister, faut euh faut faut rester en selle et euh et surtout à ce moment-là personne ne le savait.

Et donc euh voilà, j'ai j'ai réussi à trouver le bon équilibre après en prenant en faisant du sport, ça aide à surmonter les effets négatifs de l'hormonothérapie. Et puis euh figurez-vous quand j'en ai parlé, ça m'a mais libéré. Je me suis sentie tellement légère mais tellement légère.

Est-ce que vous êtes dit j'aurais peut-être dû en parler plus tôt ? Non, parce que je voulais vraiment, il fallait que ça arrive au bon moment et il fallait surtout que ça arrive de la bonne façon parce que je ne voulais pas en parler pour qu'on s'apoie sur mon sort. Vous aurez compris que moi je veux pas qu'on s'apoie.

J'ai pas été élevée comme ça. Donc je voulais pas qu'on me plaigne. Au contraire parce que j'avais le sentiment d'avoir été privilégié aussi.

J'ai eu un cancer mais j'ai réussi à bien le soigner. J'ai bien résisté au traitement. J'avais pas eu de chimiothérapie.

Donc je comme mon grand-père disait, j'ai eu de la chance avec mon cancer. J'ai vraiment eu de la chance et j'en ai conscience. Et j'en ai aujourd'hui plus que jamais conscience quand je vois d'autres situations, d'autres on a perdu une collaboratrice à l'Assemblée nationale 33 ans d'un cancer du sein.

Donc j'ai eu une chance immense. Mais en fait je voulais le dire pour que ça soit utile pour que ça soit utile aux autres pour appeler au dépistage pour dire aux autres femmes vous n'êtes pas seul. Euh on est plein, on est des milliers tous les ans et donc ensemble on va on va avancer et c'est ça que je voulais.

Et je suis heureuse parce que c'est ce ce message-là est bien passé. Personne n'a dit et n'a pensé même que je l'avais dit pour attirer un quelconque bénéfice. Et je me suis sentie effectivement légère et tellement heureuse d'en avoir parlé.

Et je et je me dis et je mon cancer est utile, mon en fait cette aventure, j'en ai fait quelque chose de bien pour les autres et pour moi c'est vraiment une une grande joie. Et ça vous a changé ? Ouais.

Vous n'êtes plus la même femme ? Non, plus du tout. Non, ça change beaucoup.

Déjà, je suis très empathique mais je le suis encore plus encore plus. Ça a créé un lien avec les Français fou. Si vous saviez, il y a tellement d'endroits où je vais où j'ai des gens qui me tombent dans les bras en me disant "Moi aussi, j'ai des gens qu'on peur qui me" L'autre jour j'étais c'est c'est une élue qui est venue me voir en me disant que je connaissais pas et qui me dit "On m'a diagnostiqué cette semaines et elle a pleuré dans mes bras." C'est tellement puissant de pouvoir voilà avoir cette empathie là, ce lien avec les gens et je crois que le fait de l'avoir dit, le fait d'en parler, le fait d'en faire un combat, ça permet ce lienlà et donc ça c'est très puissant et puis ça vous là aussi dissolution plus cancer, je peux vous dire que vous donnez tout tout de suite.

Ça fait beaucoup. Avant de se quitter la série de questions Yelle Brot Pivé, que dirait la petite Yahë de la grande Yahel Bron Pivé assise en face de moi ? La petite.

Ah, elle dirait euh Ah, je pense qu'elle serait très fière et elle se dirait euh juste, elle dirait "Continue, continue, lâche rien." Quel est votre principal défaut ? Principal défaut dire, c'est euh bah en fait je suis je sais pas si c'est un défaut mais je suis infatigable donc je fatigue tout le monde autour de moi. [rires] Si vous deviez changer quelque chose dans votre vie, ce serait quoi ? [souffle coupé] Euh non, je changerai rien du tout.

Rien du tout. J'adore ma vie et je me je m'estime très chanceux. Je changerai rien.

Je suis très heureuse. Est-ce que vous avez peur de la mort ? Plus maintenant parce que plus maintenant en fait, j'avais peur de la mort mais plus maintenant parce que déjà je me dis tout ce que j'ai voulu faire est en place autour de moi.

Je vois mes enfants, ils sont élevés, ils sont grands, ils sont beaux, ils sont forts. Et donc je me dis voilà, j'ai j'ai accompli si je devais partir demain, ça serait pas un drame pour eux. Quiez-vous aimé que votre mère vous dise et qu'elle ne vous a jamais dit ? [rires] [soupir][souffle coupé] Ah, ma mère, elle est pas bavarde et elle est pas maman, elle a jamais été très locasse sur les mots d'amour en fait, ma mère.

Euh et donc euh peut-être que j'aurais aimé qu'elle soit qu'elle est plus euh qu'elle soit plus locasse justement. Mais elle y peut rien. Elle n'en avait tellement pas reçu.

Mais je sais qu'elle m'aime mais comme voilà je sais que je suis le soleil de sa vie. Je sais qu'elle mais elle le dit mais euh elle c'est toujours un peu maladroit mais je je le sais mais peut-être que voilà il aurait mais c'est pas grave. Et votre père qu'auriez-vous aimé qu'il vous dise ?

Mon père mon père est plus bavard et plus locass. Euh mais euh non mais je crois que mes mes parents sont tellement sont tellement fiers vous savez. Mon père il ne se passe pas une séance de questions au gouvernement où il n'est pas devant sa télé à prendre une photo de moi de la télé aujourd'hui encore aujourd'hui ça fait 4 ans que je préside l'Assemblée nationale.

Donc je peux vous dire qu'il en a vu des séances de questions au gouvernement. à chaque fois, il regarde l'entrée en séance à la télé et il a maintenant 80 82 ans et il prend une photo et il m'envoie un message, je monte au perchoir. Vous pouvez être sûr, j'ai un message de mon papa qui est qui est derrière sa télé et je trouve ça tellement émouvant. [grognement] Merci beaucoup PV d'avoir répondu à mes questions.

Merci à vous.