Anne Hidalgo : "Il faut qu'on arrive à trouver les sujets sur lesquels on se rassemble"
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et c'est la suite des grands entretiens spéciaux que nous vous proposons avec Léa Salamé jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle. Les 12 candidats se succéderont au micro d'Inter. Et vous le savez, amis auditeurs, vous avez largement la parole pour les interroger et dialoguer avec eux au 01 45 24 7000 et via notre application mobile. L'équipe du 7-9, devant moi, derrière la vitre, attend vos appels et vos interventions. Annie Delgaux, bonjour.
Bonjour à vous. Bonjour.
Et bienvenue sur Inter. Vous êtes la candidate socialiste à la présidentielle. Trois questions sans filtre pour commencer. Réponse rapide, s'il vous plaît. Suivrons une dizaine de minutes d'entretien sur votre programme et l'actualité. Les auditeurs auront ensuite la parole avant quelques questions plus personnelles pour finir. Voilà pour le programme. On commence par les trois petites questions rapides, s'il vous plaît. Vous avez déclaré au quotidien La Dépêche samedi dernier. Je me suis engagée pour porter la proposition sociale démocrate en sachant qu'elle aurait du mal à être entendue. Pourquoi a-t-elle du mal à être entendue, Annie Delgaux ? 2022, c'est un rejet de la social-démocratie.
C'est un plébiscite pour la radicalité, pour le bruit, pour la fureur.
Je crois que dans cette campagne, on aura surtout entendu au début le bruit, la fureur, les excès, les injures. Et certains ont transformé le débat politique dans ce débat calamiteux. Aujourd'hui, nos concitoyens vont devoir voter pour l'avenir de leur pays. C'est quelque chose de sérieux. C'est vrai que j'aurais préféré que depuis six mois, on puisse poser les options, qu'on puisse poser les orientations, la vision qu'on a pour le pays. Pour moi, elle est clairement inspirée, oui, de cette social-démocratie. Je suis socialiste, je suis républicaine, laïque, européenne. J'ai une proposition qui est équilibrée, qui veut changer les choses du point de vue.
Je joue le jeu.
Bref, mais ce que l'on a entendu, c'est surtout le bruit et la fureur. Je pense que notre débat politique et médiatique en pâtit. Malheureusement, ce sont les Français qui en font les frais.
En six mois de campagne, vous avez changé trois fois de slogan. Octobre, le courage, la justice. Décembre, réunir la France. Depuis février, ensemble, changeons d'avenir. Pourquoi ces évolutions, Anne Hidalgo ? Vous n'étiez pas satisfaite des deux premiers ?
Ce ne sont pas des changements de slogan, c'est un récit. D'abord, je m'engage, effectivement, avec courage, parce qu'à ce moment-là, et même encore aujourd'hui, cette voie sociale, démocrate, socialiste, est une voie qu'il faut porter fortement dans ce débat. Et puis, je m'engage pour la justice. Je vois, et comme beaucoup d'entre nous, que cette France est très divisée. Mon projet, c'est bien sûr de la réunir. Il faut qu'on arrive à trouver les sujets sur lesquels on se rassemble, par exemple l'école, par exemple la santé, par exemple les retraites et la protection sociale.
Et puis, aujourd'hui, dans cette dernière ligne droite, ce que je dis aux Françaises et aux Français, et à ce peuple de gauche, c'est que nous pouvons changer d'avenir. Ça ne dépend que de nous. Dans cette élection, chaque Français a autant de pouvoir que le Président sortant par son bulletin de vote. Troisième question, votre premier coup de fil à Vladimir Poutine, vous lui dites quoi ? Je continue à lui dire qu'il faut absolument arrêter, qu'il y a là une Europe mobilisée, le monde démocratique est mobilisé, qu'il ne peut pas être celui qui prendra possession de l'Ukraine. Les Ukrainiens sont un peuple libre.
Et je lui dis que je fais l'embargo immédiatement sur le gaz russe, parce qu'il faut assécher cette relation économique pour que cette guerre s'arrête le plus vite possible.
Le Kremlin a qualifié d'alarmant les propos de Joe Biden, qui a jugé que Vladimir Poutine était un boucher et qui ne pouvait pas rester au pouvoir. Emmanuel Macron a estimé que lui n'emploierait pas ce genre de qualificatif. Et vous, Anne Hidalgo ?
Moi, je dis que Vladimir Poutine est un dictateur et que ce dictateur veut empêcher un peuple de vivre librement et que par ailleurs, il menace aussi l'Europe, il menace les démocraties. On entendait la chronique de Pierre Haski qui a très bien dit comment il a éliminé physiquement ses opposants, les journalistes, Anapolitovskaya et bien d'autres. Donc, c'est un dictateur et j'utiliserai ce terme-là.
Les entreprises françaises réagissent diversement depuis le début de la guerre. Il y a celles qui sont parties immédiatement, sans qu'on leur demande, dans le secteur du luxe par exemple, par exemple Hermès. Celles qui ont décidé de quitter la Russie sous pression, comme Renaud. Et puis celles qui, comme le roi Merlin ou Auchan, préfèrent rester. Toutes les positions sont-elles respectables ou pensez-vous qu'il y en a une seule qui vaille partir ?
Il y a une seule position qui vaille. Il faut partir. Et je le redis à toutes ces entreprises, le sujet, ce n'est pas qu'un sujet d'économie et de marché. C'est d'abord un sujet de démocratie et de menace, à la fois bien sûr sur l'Ukraine, mais de menace sur nos démocraties. Et la seule façon de faire en sorte que cette guerre s'arrête rapidement, c'est d'étouffer économiquement, évidemment, Vladimir Poutine. Et cela passe par le départ de ces entreprises. Beaucoup l'ont fait.
Je pense, parce que vous n'avez pas cité Total, mais je pense à British Petroleum, qui a quitté aussi la Russie, et qui ne vient pas nous expliquer que c'est des histoires entre grandes multinationales et qui ne concernent que les questions d'économie. Non, il s'agit de démocratie, il s'agit de liberté des peuples, et il s'agit aussi de menaces sur la paix en Europe.
Inquiète de la flambée des prix de l'énergie depuis le début de cette guerre, la Belgique a annoncé qu'elle allait repousser de 10 ans sa sortie du nucléaire. Vous, Anne Hidalgo, dans votre programme, vous misez à fond sur les renouvelables et dites qu'il faut sortir du nucléaire à 100%, mais pas de manière précipitée pour ne pas faire flamber le prix de l'énergie. Est-ce que la nouvelle donne ukrainienne ne fait pas du nucléaire plus que jamais une énergie non pas de transition, mais une énergie d'avenir, pour le dire simplement ?
Non, c'est une énergie de transition et elle le reste. D'abord, pour lutter contre cette flambée des prix, il faut des mesures immédiates, qui sont des mesures de blocage des prix, de baisse de la TVA sur l'essence et sur l'énergie. Ce que d'ailleurs je propose depuis le mois d'octobre, c'est-à-dire même avant cette crise ukrainienne. Deuxièmement, sortir, oui je l'ai fait avant, sortir rapidement et très rapidement, notamment de la dépendance aux énergies fossiles, on n'en serait pas là si on était allé plus vite. La France a été quand même un des mauvais élèves de la classe européenne, notamment en matière d'énergie renouvelable. Donc vraiment aller très vite.
Je m'appuie sur le scénario numéro 2 de RTE, qui est un scénario qui prévoit la sortie du nucléaire par la montée à 100% des renouvelables d'ici 2050 ou 2060. Je considère qu'il faut effectivement faire du nucléaire une énergie de transition. Pourquoi le nucléaire n'est pas une énergie qui garantirait notre indépendance ? Parce qu'il y a une dépendance à l'uranium. Et que l'uranium est aussi une ressource, une matière première pour cette énergie dont nous ne disposons pas ici en France. Et donc la seule façon de garantir notre indépendance, c'est par le mix énergétique et par cette montée rapide des renouvelables.
Je vous dis aussi une chose, c'est que si dès aujourd'hui le gouvernement, ce que je ferais si j'étais élue présidente de la République, s'engageait par exemple dans la rénovation thermique des bâtiments, mais massivement, pas au compte-gouttes, massivement comme je le propose avec une aide qui prend en charge complètement les travaux, et bien à l'hiver prochain, beaucoup de nos concitoyens n'auraient pas de problème ni pour se chauffer, ni pour payer leurs factures.
Pour se sortir de notre dépendance au gaz russe, les Européens vont devoir se fournir pour partie aux Etats-Unis. Mais ce gaz américain est issu de la fracturation hydraulique. N'est-ce pas, Anne Hidalgo, sur le plan environnemental, un sérieux problème d'acheter du gaz de schiste américain ?
Ce n'est bien sûr pas une source d'énergie pour laquelle je serais favorable. Donc la meilleure façon de s'en sortir, c'est d'abord de faire monter les renouvelables très rapidement et d'aller très rapidement aussi sur un plan pour les économies d'énergie et pour mettre en place dans tous les appartements, dans tous les logements, les mesures qui permettent de baisser la facture et donc la consommation. Et je vous assure, en six mois, on peut faire énormément de choses et en plus, ça boosterait aussi l'économie dans tout ce secteur, notamment du bâtiment. Anne Hidalgo, avant d'aller... Pardon, je termine. Sur la question qui nous est posée là, c'est la question de la guerre.
Comment on sort de cette guerre ? On arrête d'envoyer des liquidités en contrepartie du gaz russe parce que c'est ce qui permet aujourd'hui à Vladimir Poutine de tenir. Si on ne le fait pas aujourd'hui, cette guerre va s'éterniser. Et alors, la facture sera bien plus importante, à la fois sur le plan économique, mais aussi sur le plan humain.
Quelques questions sur l'économie à présent, justement, avant d'entendre les auditeurs qui ont beaucoup de questions à vous poser. D'abord, sur les retraites, il y a ceux qui veulent la passer à 65 ans, Valérie Pécresse, Éric Zemmour, Emmanuel Macron. Ceux qui veulent la ramener à 60 ans, comme Jean-Luc Mélenchon. Vous, c'est quoi ? On reste à 62 ans, il n'y a pas de réforme des retraites pendant 5 ans. Si vous êtes élue, on ne change rien ?
D'abord, il y a une réforme injuste portée par Emmanuel Macron qui veut la repousser à 65 ans. À 65 ans, beaucoup de nos concitoyens ne seront pas en situation de pouvoir bénéficier de ce temps de repos après le travail, notamment ceux qui auront durement travaillé, qui ont eu des vies de labeur dans des métiers difficiles. Pour moi, c'est 62 ans, pas un an de plus. Mais je fais une réforme. Je réintroduis ce qu'on appelle les critères de pénibilité qu'Emmanuel Macron, de façon obsessionnelle, disons-le, il a une obsession sur les retraites, et notamment sur la retraite des ouvriers et des gens qui ont des boulots difficiles. Qu'est-ce qu'il avait fait en septembre 2017 ?
Il avait supprimé les critères de pénibilité. Je l'ai réintroduis. C'est quoi ? Quelqu'un qui est derrière un marteau-piqueur, il n'y a pas besoin de faire un grand dessin pour voir que son espérance de vie va être très inférieure à la vôtre ou à la mienne. Quand des femmes qui portent des charges lourdes, des corps dans les EHPAD, parce que c'est elles qui s'occupent de nos aînés, il n'y a pas de dessin à faire. Leur dos est complètement abîmé à partir de 50 ans. Elles font partie de ces gens qui ont des métiers pénibles et qui pourront partir, c'est ma réforme, avant 60 ans. Donc avant 60 ans pour les métiers pénibles et à 62 ans pour tous les autres.
Et je dis aux Françaises et aux Français, au peuple de gauche, au peuple de gauche qui aurait pu être tenté à un moment donné par un vote Macron. Vous ne pouvez pas, nous ne pouvons pas laisser démanteler ce pan essentiel de notre République et de notre protection sociale. La retraite à 65 ans, c'est cette façon qu'a Emmanuel Macron de ne pas voir ce qu'est la vie réelle des Français et notamment de ceux qui triment.
Plusieurs candidats dont Emmanuel Macron proposent de conditionner le RSA a un minimum d'activité. Imposer 15 heures de travail, de formation des ateliers, ça participe de l'accompagnement pour faire revenir vers l'emploi. Alors que l'allocation sans contrepartie serait la réponse facile. La réponse des lâches, a dit Christophe Castaner. Que lui répondez-vous sur ces mots ?
D'abord, je réponds à Emmanuel Macron. Il ne connaît vraiment pas la vie des Français et ce qui se fait dans le pays. Le RSA que nous portons, ce sont les départements qui portent cette aide-là. Qu'est-ce qu'il inclut ? Il inclut l'autonomie. Comment part le travail ? Comment on accompagne des gens qui ont été abîmés, qui ont eu des accidents de la vie, qui se sont retrouvés au chômage, au chômage de longue durée, qui ont eu des maladies, qui souvent ont connu le divorce, la rue ? Comment on fait pour les accompagner ? Bien sûr qu'on leur donne une aide qui leur permet au moins de s'alimenter. Et ça, c'est un grand acquis. De qui ?
De Michel Rocard, de cette gauche sociale-démocrate avec le RMI. Et deuxièmement, qu'est-ce qu'on fait partout en France ? On accompagne ces personnes vers l'emploi, avec des emplois aidés, avec l'insertion par l'économique, avec ce qu'on appelle les dispositifs premières heures. Et ça, ça existe. C'est ce qui se fait tous les jours. Mais 15 ans d'activité. Et on veut nous expliquer que ça n'existerait pas dans le pays. On veut nous expliquer et culpabiliser ces gens-là et traiter ceux qui les aident de lâches. C'est ça, le projet d'Emmanuel Macron. C'est ça, cette fameuse France qui marcherait sur deux jambes, la jambe gauche et la jambe droite. Là, il saute à cloche-pied.
Mais alors, à cloche-pied, avec son pied droit, et il fait le grand dépassement de la droite par la droite. C'est quand même inadmissible.
Il s'en défend. Il s'en défend très très mal
parce que c'est une réalité. Ce qu'il fait, ce qu'il est en train de faire, c'est là aussi culpabiliser. Vous savez, le professeur Younous, qui est un prix Nobel de la paix, qui a beaucoup travaillé justement sur l'insertion des personnes pauvres dans le monde et notamment l'insertion par le travail, qui est quelqu'un qui nous inspire beaucoup. Il a une phrase magnifique. Je la rappelle à Emmanuel Macron. Les pauvres n'ont pas inventé la pauvreté. Et s'il existe des systèmes de protection sociale, c'est justement parce que nous sommes des civilisations humaines qui considèrent que quand quelqu'un a un accident de la vie, on lui tend la main, on ne lui claque pas la porte au nez.
Emmanuel Macron a répondu hier à Éric Zemmour qui affirme n'avoir pas entendu les Macron assassins scandés par la foule de ses supporters lors de son meeting au Trocadéro dimanche. Il lui a répondu, je rappelle au candidat malentendant, que les prothèses auditives sont désormais remboursées par la sécurité sociale. Il disait qu'il y a deux options. C'est soit il est indigne, soit il est malentendant. Il a eu raison de le rappeler à l'ordre ainsi ?
Moi, je l'ai rappelé à l'ordre immédiatement dès dimanche. Je suis scandalisée quand ce type de propos, voilà, c'est ce que je disais tout à l'heure sur cette campagne où c'est le bruit et la fureur, où ce type de petite phrase va occuper plus d'espace. D'abord, elle n'avait pas, enfin, Zemmour devait immédiatement, évidemment, réagir. Moi, quand dans un meeting, parce que les militants peuvent être chauffés et avoir envie de huyer tel ou tel, je leur demande de ne pas le faire parce que la vie politique suppose le respect. C'est à nous, les candidats, les responsables politiques, d'imposer ce respect dans la façon dont on se comporte.
Donc, Zemmour, qui est un guignol, je l'ai dit il y a déjà plusieurs semaines, montre encore à quel point il est incapable d'assumer une quelconque responsabilité et y compris arrêter ce type de propos. Et pour autant, voilà, la vie politique est devenue cet espace où l'injure occupe l'espace sur les idées, alors que ce dont il s'agit, c'est bien de l'avenir de la France.
France Inter, 8h37. Et c'est la suite de ce grand entretien spécial avec Anne Hidalgo. Vous avez la parole maintenant largement, amis auditeurs d'Inter. Commençons avec vous, Maëlys. Bonjour, bienvenue.
Bonjour, bonjour, Madame Hidalgo. Bonjour. Bonjour. France Inter. Bonjour. J'ai une question pour vous, Madame Hidalgo, et une affirmation qui en découle. La gauche semble être en état de sidération, incapable de se rassembler, et donc je me demande comment vous pouvez sérieusement maintenir une candidature à 4% d'intention de vote alors que vos électeurs vous suppient de vous rassembler pour avoir au moins une chance de voir des idées fortes de la gauche portées au pouvoir. Je pense notamment à l'écologie qui devrait vous convaincre de l'urgence de la situation.
Et j'en finis avec cette affirmation pour vous dire que la prochaine génération des électeurs de gauche vous tiendra pour responsable de la destruction de la gauche et de cette idée qui est déjà moquée et a raison.
Je vous remercie. Merci, Maëlys, pour cette question rude. Anne Hidalgo vous répond.
Qui s'adresse à toute la gauche. Parce que, voilà, bien sûr que l'union de la gauche, l'union des forces écologistes et de gauche est quelque chose qu'on aurait dû pouvoir faire avant. Ça n'a pas été fait, ça a été tenté. J'ai proposé même en décembre qu'il puisse y avoir une primaire avec notamment Yannick Jadot, que cela puisse se faire en transparence devant les Françaises et les Français. D'ailleurs, les chaînes et même France Inter étaient d'accord pour accueillir des débats. Malheureusement, ça a été refusé. À partir de là, nous portons ces propositions.
Pour ma part, la proposition que je porte est une proposition dans laquelle l'écologie est ce qui doit effectivement nous permettre de changer notre modèle économique, notre modèle social aussi. Mais pour moi, l'écologie, c'est du social. Et bien sûr qu'à l'issue de cette campagne, il faudra aussi reprendre ce travail qui n'a pas été suffisamment fait. Puis je dis aussi quelque chose, c'est que pendant cinq ans, Jean-Luc Mélenchon aurait pu aussi être celui qui réunisse la gauche. il ne l'a pas fait. Il ne l'a pas fait. Il vient aujourd'hui expliquer qu'il pourrait le faire. Non, je crois qu'il y a un travail à reprendre.
Je pense que cette proposition de cette gauche républicaine, laïque, européenne, écologiste et sociale que je porte est celle qui peut, à l'avenir, bien sûr, permettre à la gauche et aux écologistes de revenir au pouvoir dans notre pays. Alors France, oui. Et cette gauche-là, c'est celle qui existe dans beaucoup de territoires et qui fait, heureusement, un travail exceptionnel pour maintenir notre pays à flot et pour donner des perspectives à la jeunesse.
Alors François, justement, on se projette dans un futur très proche. Bonjour, bienvenue !
Bonjour, bonjour à vous. On vous écoute. Bonjour à l'équipe et bonjour, Mme Hidalgo. Oui, il y a l'échéance des présidentielles, mais il y a également la perspective des législatives. Et dans cette perspective, prévoyez-vous de faire cavalier seul comme maintenant ou de vous allier ? Mais avec qui vous allieriez ? Proposeriez-vous une alliance pour essayer quand même d'avoir aux législatives un nombre de députés suffisant pour défendre les valeurs de la gauche ?
Merci François. Anne Hidalgo vous répond.
Là aussi, très bonne question. Bien sûr que il y a... Moi, je n'engendre pas les échéances. Donc il y a cette échéance et le premier tour, notamment de l'élection présidentielle, qui me mobilise et qui nous mobilise. Et puis ensuite, bien sûr, viendra le temps des législatives pour lesquels je souhaite, je souhaite véritablement qu'il puisse y avoir une alliance la plus large possible de celles et ceux qui veulent gouverner ensemble. De celles et ceux qui veulent gouverner ensemble et porter ensemble une parole.
Et bien sûr que dans cet ensemble-là, les socialistes, cette gauche sociale-démocrate, européenne, laïque et aussi républicaine, sera avec d'autres partenaires, ceux avec qui on gouverne dans nos collectivités. Vous savez, à Paris, j'ai réussi à faire ce rassemblement de la gauche. J'aurais tellement aimé réussir à le faire aussi au niveau national. Mais nous avons cette habitude aussi de travail ensemble que nous allons, je l'espère, arriver à porter devant les électeurs ensuite au moment des législatives.
Allez, on change, on change, pardon, de registre. Avec Gaston, bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute. Bonjour.
Bonjour, Onelgo. A Paris, vous avez fait la preuve dans votre politique qu'on pouvait se passer de la bagnole grâce évidemment au métro et une grande politique pour le vélo. Seulement, à la campagne, c'est encore absolument pas possible et notamment pour beaucoup de classes populaires qui ont besoin de leurs voitures et qui sont hélas des voitures thermiques vu que les voitures électriques sont trop chères. Donc, je voulais savoir comment est-ce que vous, président de la République, vous permettiez aux gens de se doter de voitures moins carbonées et d'allier transition sociale et transition écologique ?
Merci Gaston pour cette question. Anne Hidalgo.
Merci, c'est une question centrale. Pour moi, vous savez, l'écologie, elle est sociale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si on ne met pas des mesures pour les classes moyennes, les catégories populaires pour qu'elles puissent accéder justement, par exemple, à des transports qui soient des transports décarbonés et donc moins chers, ça ne marchera pas. Donc, je propose quoi ? Je propose un leasing social. C'est quoi ? C'est la possibilité d'acquérir en louant un véhicule qui serait un véhicule électrique à un prix qui serait un prix social par exemple, 75 euros par mois. C'est le prix du passe-navigo dans la région parisienne.
75 euros par mois pour pouvoir bénéficier d'un véhicule électrique. C'est une aide que je mettrai en place immédiatement. Je l'ai dit tout à l'heure en parlant de la rénovation des bâtiments. Je pense que, et sur le logement, et sur la mobilité, qui sont deux très gros postes de dépenses pour nos concitoyens, qui sont des gros postes de dépenses parce que, notamment la question de l'énergie, la question de l'essence sont devenues des questions qui font que beaucoup de Français ne s'en sortent plus.
Si on les aide à passer au véhicule électrique par une aide sociale, ce que je veux faire et que nous ferons très très rapidement, que j'ai budgété dans mon projet, évidemment, eh bien, nous pourrons résoudre et un problème de pouvoir d'achat et aussi un problème de pollution et de transition écologique.
Question rapide sur l'application. Etienne, si vous êtes élu, rendrez-vous les transports des grandes agglomérations gratuits partout en France ?
Je pousserai tous les maires et les présidents d'agglomérations à le faire parce que c'est une très bonne chose. Je vois par exemple à Montpellier, moi-même, à Paris, j'ai mis en place des gratuités pour les plus de 65 ans sous conditions de ressources ou pour les jeunes. Et je pense que c'est aussi une façon notamment là où ces transports en commun existent de pouvoir accompagner nos concitoyens vers cette mobilité qui est sans doute la moins polluante. Mais je ferai aussi pour tout le monde une baisse de la TVA sur les billets de train et j'augmenterai aussi la place du ferroviaire, donc des trains partout en France parce qu'on a fermé beaucoup de petites lignes.
Le gouvernement d'Emmanuel Macron n'a pas du tout été attentif à la proximité et à cette question notamment des transports en commun pour le milieu rural. Et bien sûr, j'accompagnerai les régions pour qu'elles puissent réinvestir sur ces transports.
Pascal est au standard. Bonjour et bienvenue.
Bonjour en fait.
Bonjour Nidalgo.
C'était par rapport au PS en général. Je voulais expliquer que moi je pense que le PS est devenu le parti qui défend les intérêts des fonctionnaires et uniquement les intérêts des fonctionnaires. Et que je suis un électeur de gauche depuis toujours et que j'ai décidé de ne plus voter socialiste parce que quand j'entends voulait doubler le salaire des profs, je suis désolé de vous dire que je pense que les profs ne sont pas les plus malheureux dans ce pays et qu'il y a d'autres catégories professionnelles qui ont beaucoup plus de difficultés que les profs et que je les vois faire grève comme les gars de la SNCF ou de la RATP.
Ça m'exaspère et je pense que ça exaspère beaucoup de monde qui étaient de gauche qui n'ont plus envie de voter socialiste pour ces réservures. Voilà, merci et bonne journée. Merci Pascal.
Anne Hidalgo vous répond.
D'abord, pour moi, la question des salaires et des salaires dans le secteur privé est une question essentielle et d'ailleurs une de mes premières grandes mesures sera de proposer, enfin de faire l'augmentation du SMIC de 200 euros net par mois pour tout le monde et d'engager des grandes négociations salariales dans tout le secteur privé. Le secteur public est aussi un secteur à la peine. Je suis désolée. Les enseignants en France sont payés deux fois moins que les enseignants dans les autres pays européens et donc oui, j'augmenterai le salaire des profs, le salaire des soignants parce que vous parlez des fonctionnaires mais moi je vais parler des services publics.
Heureusement qu'on a des services publics dans le pays. Heureusement qu'on a des femmes et des hommes qui sont là pour l'intérêt général et ce n'est pas les plus hauts salaires non plus. Donc n'opposons pas s'il vous plaît, n'opposons pas. Ça c'est la gauche et ma gauche à moi, cette gauche républicaine, socialiste, cette gauche laïque, cette gauche européenne et sociale, cette gauche-là, elle n'oppose pas les catégories populaires entre elles. C'est le même sujet, le sujet des salaires. Il nous reste une minute. Nous devons faire en sorte qu'en France, le salaire paye beaucoup mieux le travail de toutes celles et ceux qui contribuent à l'effort de la nation dans le public ou dans le privé.
Il nous reste une minute
pour vous poser des questions très courtes sur vous, plus personnelles. Réponse vraiment en 10 secondes. La première fois où vous vous êtes dit je veux devenir présidente.
ça devait être au mois de juillet dernier, juin dernier.
Votre premier coup de fil si vous êtes élue le 24 avril à 20 heures. Ma maman. Ma maman.
Votre grande proposition pour la culture ? Ma grande proposition pour la culture, c'est vraiment, vraiment de faire en sorte qu'il y ait un grand rendez-vous entre la jeunesse et les artistes et donc ce sont des résidences d'artistes partout, dans les lycées, dans les écoles, dans les collèges, partout pour que cette rencontre se fasse entre ceux qui créent et notre jeunesse.
Votre plus grosse erreur dans cette campagne ?
C'est d'avoir cru qu'on pouvait rassembler la gauche. Emmanuel Macron face à Jean-Luc Mélenchon au second tour, faites quoi ? Je ne réponds pas à cette question parce que je suis encore engagée dans le premier tour. Mais pour moi, Emmanuel Macron c'est la droite et Jean-Luc Mélenchon c'est la gauche qui a toujours tout fait pour empêcher la gauche réformiste d'être au pouvoir.
Anne Hidalgo, merci d'avoir été à notre micro ce matin. Il est 8h47.
France Inter France Inter
Anne Hidalgo