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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 27 septembre 2021 30 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleAgriculture & alimentation

Échanges avec des représentants des métiers de bouche et de l’artisanat

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Comment aider à résoudre la pénurie de main-d'œuvre dans la restauration ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour faciliter la transmission fiscale des entreprises familiales ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Quelles perspectives pour les jeunes dans les métiers de bouche ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Comment relancer les commerces de proximité en zone urbaine ?

  • 29:00OuverteRéponse directe

    Quelles aides pour simplifier la création d'entreprise et sécuriser les indépendants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Président de la RépubliqueChiffre
    « On a 525 000 apprentis, chiffre jamais atteint. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et tous. Merci d'être là ce matin et merci beaucoup de nous accueillir. Nous sommes très fiers, avec les ministres, d'être ici-même, de retrouver beaucoup de visages amis et des engagés de tous les métiers que vous représentez.

Moi, je suis là pour échanger et répondre aux questions donc je vais me laisser faire. En tout cas merci d'être présents, de vous êtes battus durant cette crise, de continuer à vous battre et d'être prêts à relancer encore plus fort. C'est dans cet esprit-là que je suis avec vous ce matin.

Monsieur le Président, Messieurs les ministres, cher Julien, cher Jean-Baptiste, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les présidents, Mesdames et Messieurs. Quel bonheur, Monsieur le Président, de se retrouver ici au Sirha pour célébrer l'art de vivre à la française. Vous avez autour de vous des femmes et des hommes de la boulangerie, de la pâtisserie, de la boucherie, charcuterie, poissonnerie, des fromagers, des restaurateurs, des personnes de l'hospitalité, du vin, ces hommes et ces femmes qui se lèvent tôt Le Sirha, c'est un salon extraordinaire dont on peut être fier en France.

C'est un salon de rencontres. C'est un salon pour entreprendre et vous avez Et donc, ce que je vous propose, c'est de passer la parole à Romain Vidal, qui est maître restaurateur. Il y en a 3 300 en France.

Maître restaurateur, c'est la cuisine qui est traçabilité des produits et surtout le faire-maison. Je passe la parole à Romain. Bonjour, Monsieur le Président, bonjour Messieurs les ministres.

Merci. Tout d'abord merci, Monsieur le ministre, de nous accompagner pendant cette crise. C'est un honneur de vous rencontrer.

Une petite question sur les restaurateurs. Comme vous le savez, on vit une crise de plein fouet qui touche aussi nos salariés et la pénurie de main-d'oeuvre se fait beaucoup ressentir avec cette relance économique qui nous attend. La question est comment pouvez-vous nous aider avec cette pénurie de main-d'œuvre et peut-être que l'une des pistes à réfléchir, nous autoriser à les accepter par carte bleue ou par des applications et les laisser défiscalisés pour nos salariés.

Ça augmenterait considérablement leur pouvoir d'achat. Merci Monsieur le Président. Merci beaucoup.

Vous avez raison, vous soulevez un sujet qui est clé, qui est celui de la main-d'oeuvre. Je crois qu'il n'y a pas ici à expliquer le problème, tout le monde le vit. On a plusieurs leviers pour ça.

D'abord, il y a la réforme qu'on va passer d'assurance chômage, dont l'objectif est quand même d'inciter à reprendre le travail pour tous celles et ceux qui le peuvent, en rendant beaucoup plus attractif le travail par rapport à la non-activité. Donc cette réforme, elle va être mise en place dès le 1er octobre, son deuxième étage 1er décembre. Ça, c'est un premier élément.

Deuxième, la formation. Pour des gens qui sont au chômage ou qui sont dans un autre secteur, former des jeunes ou des chômeurs de courte ou longue durée, c'est un levier pour aller vers des métiers où Le Premier ministre a annoncé ce matin l'investissement qu'on va faire en complément de tout ce qui a déjà été fait pour former vers les métiers en tension, en lien avec les branches C'est un gros investissement qu'on fait depuis le début Et on a besoin de toutes les filières pour dire sur chaque territoire, de combien de jeunes ou moins jeunes on a besoin pour que derrière on puisse aller vers Pôle emploi ou vers les plus jeunes pour dire : voilà les formations qu'on vous propose et les financer. Troisième levier, l'apprentissage, ça va avec.

Ça me permet de remercier vos métiers parce que l'apprentissage, on a fait une très grosse réforme en 2018. Ça marche. Cette réforme, c'était une réforme de confiance.

On a dit les règles de l'apprentissage, ce sont les professionnels qui vont les fixer. On ne les laisse plus dans la main des Bilan des courses : les règles sont plus simples, elles correspondent aux besoins des métiers. Je l'évoquais encore l'autre jour, cela veut dire que les horaires sont adaptés.

Pour un boulanger, ça ne sert à rien d'avoir un apprenti s'il arrive à 9 heures. Pour un restaurateur, ça ne sert à rien d'avoir ce qui étaient les règles qu'on connaissait. Donc on les a adaptées parce que c'est chaque branche professionnelle qui les a, en quelque sorte, décidées.

Bilan des courses : malgré la crise, grâce à cette réforme et à l'argent qu'on a mis, on a 525 000 apprentis, chiffre jamais atteint. On va continuer. Et le dernier levier, c'est l'attractivité des professions.

Et là, il faut qu'on y travaille tous ensemble. On en a parlé à plusieurs reprises, je sais le boulot que vous faites et que font vos représentants. Mais il faut réfléchir aujourd'hui un peu cycles horaires, organisation du temps de travail, du temps de vie parce qu'on le sait, pour beaucoup de gens, si on veut de l'attractivité des métiers, il faut prendre en compte les contraintes parfois personnelles.

Ça se fait. On peut être collectivement plus intelligent. L'autre, c'est de mieux gagner sa vie et en particulier, dans les métiers qui sont les vôtres, le fameux pourboire.

Et donc, je peux vous dire très clairement, nous avons décidé, moi j'y crois beaucoup et on l'avait évoqué avec plusieurs d'entre vous, on va passer les textes là dans les prochaines semaines pour que le plus vite possible, à partir des tout prochains mois, on puisse avoir des pourboires qui seront défiscalisés et sans charges et qui seront permis par la carte bleue. Et donc l'idée, c'est quoi ? C'est qu'on puisse, au restaurant, payer le pourboire avec la carte bleue, l'arrondi ou plus, parce qu'on l'a vu en sortie de crise, nos compatriotes utilisent de moins en moins de liquide.

Deuxièmement, que ces pourboires soient sans charges pour les employeurs que vous êtes et que ces pourboires soient sans impôt pour les salariés qui les reçoivent, ce qui va permettre d'ajouter au pouvoir d'achat de ces derniers. C'est une mesure, je le dis très fortement, qui ne coûte rien parce qu'aujourd'hui ça ne marche pas. Donc, en effet, on ne va pas payer des charges et des impôts sur quelque chose qui aujourd'hui n'est pas versé.

Si c'est versé, c'est du pouvoir d'achat en plus pour des femmes et des hommes qui travaillent et dont le client reconnaît le travail et a envie de rajouter à ce que paye l'employeur. Donc, honnêtement, ce n'est que du positif. Donc on y va, on fonce et c'est ce qui va aussi vous permettre d'attirer plus de jeunes et de moins jeunes pour leur dire tu peux gagner beaucoup plus que le salaire et le bonus que je te verse.

Maintenant on va écouter Véronique Langlais, qui a ouvert sa première boucherie à 22 ans. Son papa était boucher, son mari travaille avec elle et sa fille également. Véronique, à vous la parole.

Bonjour à tous. Merci monsieur le Président. Merci, Messieurs les ministres.

Ma question est particulière. Nous exerçons tous des métiers dits passions qui font briller nos yeux et, dans ce cadre-là, souvent nous donnons cette petite lumière à nos enfants et à nos salariés particulièrement. Et là, je vais vous poser une question sur la transmission.

Première question, qu'est-ce qui va être fait pour faciliter nos transmissions fiscalement ? Et, plus précisément en ce qui concerne nos enfants, parce qu'aujourd'hui malheureusement, quand on a un décès prématuré du chef d'entreprise qui travaille avec ses enfants, au niveau de la complexité de la succession, parfois des entreprises sont vendues à tort trop tôt, alors qu'on pourrait à mon avis, à mon sens, faciliter les choses, la succession et ne pas l'introduire dans le patrimoine personnel puisque c'est un outil de travail et que c'est aussi ce qui nous fait vivre. Merci beaucoup.

Écoutez, ce que vous venez de dire, on l'a intégré dans le Plan Indépendants que j'ai d'ailleurs présenté à la Mutualité il y a quelques jours et qu'a beaucoup travaillé le ministre Griset, ici présent. Et il y a dans ce Plan Indépendants, un grand volet transmission / reprise qui va permettre, un, de faciliter, y compris par rapport à la date de prise de retraite, les éléments de transmission et de permettre de le faire jusqu'à trois exercices en décalage par rapport à la date de prise de retraite. Point important parce que, jusqu'alors, c'était vraiment au moment où partait à la retraite qu'on pouvait transmettre.

Donc on donne plus de fluidité avant et après. Deuxième élément, on va changer les seuils, plus que les doubler, pour défiscaliser justement les éléments de transmission de l'entreprise. Là-dessus, le ministre pourra finement me compléter, s'il le souhaite, parce que c'est lui qui l'a travaillé.

On va mettre en place véritablement des seuils qui sont beaucoup plus attractifs, ce qui permet en particulier pour les entreprises de moins de 500 000 justement, d'avoir un très gros allégement fiscal et d'avoir une très grosse réduction ( jusqu'à 1 million ). Jusqu'à 500 000, c'est exonération à 100 % et jusqu'à 1 million, maintenant on baisse le taux à combien ? Jusqu'à 500 000, ce sera l'exonération complète.

Elle était aujourd'hui, de mémoire, à 200 ou 300 000. 300 000 donc on l'amende de 300 à 500 000 et, jusqu'à 1 million, on va faire une très grosse réfaction pour justement permettre aux repreneurs. Et, enfin, il y a toutes les facilités réglementaires qui sont dans le Plan Indépendants pour cela.

Quand on n'est pas indépendant et qu'on est un groupe plus important, on a le fameux pacte Dutreil qui permet de protéger l'outil de travail et qui est, en termes de transmission, quelque chose. Mais, là, on parle d'une autre échelle. Ce qui était en effet très fragile dans le système français, ce sont les entreprises familiales pour les indépendants.

Et donc ça fait partie du plan qu'on a annoncé la semaine dernière pour reprise / transmission. Donc ça, c'est présenté dans les prochains jours en détail, je l'ai déjà annoncé la semaine dernière. Ça va être soumis au Parlement dans le cadre des textes financiers et pour application à partir du 1er janvier.

Peut-être, Monsieur le Président, à rajouter qu'il y a une mesure très forte, c'est l'amortissement du fonds de commerce pour les repreneurs d'entreprises, et ça c'est vraiment fondamental. Oui, il a raison. Ça, c'est très important.

Ça veut dire qu'un jeune repreneur va pouvoir amortir sur dix ans le prix de la reprise, qui va venir en déduction des impôts qu'il paierait, ce qui est quand même un point très important parce que ça permet d'absorber beaucoup plus rapidement et d'avoir une réduction d'impôt, justement, sur la reprise du fonds de commerce. Je vais passer la parole à Pauline [ INAUDIBLE ] qui a un CAP, qui a fait une mention complémentaire et qui actuellement est en BTM, en boulangerie. Non, en pâtisserie.

Bonjour, merci à tous. Moi, la question que je voulais vous poser, c'est par rapport aux jeunes d'aujourd'hui. Ils se posent beaucoup de questions pour leur avenir.

Qu'envisageriez-vous pour faciliter les choses pour plus tard ? Par rapport à quoi ? Par rapport aux débouchés ?

D'abord pour les jeunes, c'est ce que j'évoquais, l'apprentissage et l'alternance ce sont des filières d'avenir. Premier point. On la développe partout, quelles que soient les qualifications.

Et, quand on regarde l'augmentation qu'on a en termes d'apprentissage, on l'a y compris dans des filières qui jusqu'à présent n'étaient pas du tout ouvertes à ce type de pratique. Et ça, je pense que c'est une petite révolution culturelle en France. Elle est très importante et c'est ce qui va nous permettre, pour les parents et les jeunes, d'aller vers l'apprentissage pour bâtir leur avenir.

Parce que, jusqu'à présent, on avait réservé l'apprentissage à des filières et des métiers qu'on jugeait moins nobles que les autres, ce qui était une erreur. Nos voisins qui réussissent mieux depuis des décennies en emploi que nous, les Suisses, les Allemands par exemple, tout le monde est passé par l'apprentissage. Donc, un, ça c'est une filière d'avenir.

On va continuer de la développer et il ne faut pas qu'on se satisfasse des 525 000 apprentis qu'on a. Je pense que tous les jeunes, toute une génération doit passer par l'apprentissage et l'alternance parce que c'est une manière de continuer à apprendre et être au coeur de l'entreprise. Deuxio, pour les jeunes, les perspectives par rapport à vos métiers.

Moi, je veux avoir un message très simple par rapport à tous les parents et tous les jeunes eux-mêmes. L'angoisse des dernières années, c'est de réussir à avoir un emploi. Dans tous les métiers, ce que j'appellerais des arts culinaires, des métiers de l'alimentation, des arts de la table, toutes les professions et les artisans que vous êtes, évidemment la gastronomie, il n'y a pas de chômage et il n'y en aura pas dans les années qui viennent.

Donc, si vous voulez être sûr pour votre enfant ou si vous voulez être sûr pour vous-même de ne pas avoir de chômage, ce sont des métiers où vous pouvez vous engager les yeux fermés parce qu'il y a un avenir. Et donc il faut y aller, il faut le répéter. On est sûr aujourd'hui et on sera sûr demain.

Deuxième bonne raison pour un jeune de s'engager dans vos métiers : ce sont des métiers, vous l'avez dit, de sens. Je suis frappé de voir comme votre génération recherche du sens. Vos métiers réconcilient en quelque sorte toutes les grandes interrogations du moment.

La question de l'alimentation. Les gens veulent de plus en plus savoir ce qu'ils mangent parce qu'ils ont compris qu'on est ce qu'on mange. Les gens veulent réussir à trouver un sens pour la planète.

Comment on va continuer à vivre, à nourrir de plus en plus d'individus et à le faire en protégeant nos ressources premières, notre eau, nos terres, notre planète ? Vos métiers sont les acteurs de cette transformation : en réduisant le gâchis alimentaire, en créant des filières de qualité, plus de circuits courts, en améliorant les choses. Et ce sont des filières de sens parce que vous donnez du bonheur aux gens et le débouché de vos métiers, il est perceptible dans la satisfaction du client, dans le sourire de celui et celle à qui vous allez apporter un service, une part de plaisir et du bonheur.

Et donc je pense que vos métiers sont des métiers qui apportent une réponse au besoin de sens de la jeune génération, et ça c'est fondamental. Et, plus largement, je pense que vos métiers sont au coeur de nos défis de demain, comme je le disais. Et vous y apportez une réponse.

Vous êtes au coeur de la transformation économique et des métiers d'avenir. La France de 2030, c'est une France de l'alimentation et du goût français parce que nous avons la possibilité, grâce à nos savoir-faire, à ce qui vient de très loin, dans notre agriculture, dans nos métiers, nos arts, les gestes qu'on a accumulés et à l'innovation qu'on pourra mettre en oeuvre, on a la possibilité de bâtir le modèle d'alimentation de 2030, 2040, 2050. Et donc, oui, ce sont en plus des métiers d'avenir.

Voilà. Il y a des emplois, il y a du sens et ce sont des métiers d'avenir parce qu'ils sont au coeur des défis français, européens et internationaux. Donc, pour toutes ces raisons, engagez-vous, si je puis dire.

On va maintenant écouter Ismaël Drissi-Bakhkhat, qui est poissonnier et qui a vraiment beaucoup travaillé sur l'élimination des déchets et qui a une action très forte sur les réseaux sociaux pour développer son activité. Bonjour Monsieur le Président, bonjour Messieurs-Dames. Plus que jamais, la crise de la Covid 19 ans a révélé l'importance des commerces de proximité quant aux filières agro-alimentaires et l'écoulement de leurs denrées.

Les poissonniers, conserveurs ou négociants que nous sommes n'avons pu répondre que partiellement à cette urgence devenue un devoir. En effet, la France ne compte pas assez de poissonneries. Il nous paraît dès lors vital qu'un plan de relance national implique la résurgence de poissonneries au coeur des villes, via par exemple la création de pôles alimentaires urbains dédiés à l'artisanat et à la formation.

Nos métiers souffrent cruellement d'un manque de visibilité et d'accès aux opportunités économiques. Qu'envisagez-vous pour replacer l'artisanat en zone urbaine et pour revaloriser les commerces de proximité ? Merci.

Merci beaucoup. Deux choses. Je salue d'ailleurs, à travers vous, tous les poissonniers qui sont là.

On en a vu plusieurs qui sont présents aujourd'hui et qui étaient avec nous hier soir, mais ce que vous dites vaut évidemment pour nos boulangers, nos boucheries et charcuteries, nos pâtisseries, etc. Tous ces métiers et ces artisans qui, je dirais à partir du début des années 80, ont souvent été un peu chassés des centres-villes, au profit d'un modèle de consommation qui a plus développé le périurbain, ces grandes zones d'activités commerciales où on a eu ces activités, mais il le faut aussi, il y en a beaucoup qui y travaillent et qui en vivent, mais qui se sont mis dans les grandes surfaces. Ça a créé un double malheur pour beaucoup d'artisans qui se sont trouvés avec de moins en moins de clients et des centres-villes qui ont été délaissés.

Et, pour les centres-villes et les habitants, des gens qui ont vu leur foncier et la valeur de ce qu'ils avaient s'effondrer et la qualité de la vie dans les centres-villes beaucoup baisser. Parce que, quand vous n'avez plus de devantures illuminées, quand vous n'avez que des commerces fermés en centre-ville, vous avez des problèmes d'insécurité qui naissent. Ce n'est pas la même ambiance quand vous rentrez chez vous.

Vous avez un peu le sentiment que ce que vous avez connu enfant s'effondre. C'est pour ça qu'on a lancé, et ça c'est la première réponse à ce que vous dites et on va continuer à intensifier, une initiative dès 2017 qui s'appelle Action coeur de ville. Et vraiment, avec toutes les villes moyennes, on a développé une grande action.

Le ministre de l'Agriculture le sait bien parce qu'il l'a portée aux côtés des ministres successifs, dans son ministère précédent. Elle est très importante parce que ce sont les maires qui proposent des projets et c'est l'État qui les aide et qui les pousse pour recréer de l'activité dans les centres-villes et du logement. C'est à un niveau de collectivité donc, après, on descend et on a créé la même initiative pour les petites villes et on va continuer de la déployer.

Ça permet quoi ? Sur des projets simples, de remettre du logement et de l'activité commerciale dans les centres-villes. Et que fait l'État ?

Il apporte du financement sur la base de projets. Et donc, là, j'incite vraiment toutes les filières qui sont les vôtres à vous mettre dans ces projets et à pousser les élus parce qu'on peut aller très vite avec les financements qu'on met et on remet de l'activité et de l'artisanat dans nos centres- villes, sur des projets d'aménagement urbain, parce que c'est souhaité par les habitants. On a ensuite lancé l'initiative Petite ville qui va dans le même sens.

Et moi je veux qu'on le fasse, j'ai lancé trois types d'initiatives pour aller dans la même direction et continuer, et les commerçants et les artisans sont au coeur de ces initiatives : entrées de villes, gares et quartiers qui sont trois espaces dans nos villes où il faut le même type de réaménagement. Et, si on ne met pas un peu de rapidité de projet, de financement et de simplicité, on n'arrive pas à réimplanter des artisans. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième sujet par rapport à ce que vous dites, une dame m'a d'ailleurs interpellé quand on est arrivé, dans beaucoup de villes - là, cette fois-ci, ce ne sont pas les petites villes où il y a eu de la désaffection mais ce sont des villes où il y a des tensions, à l'inverse, sur le foncier ou sur la fiscalité - c'est très dur pour des commerçants indépendants de rester et donc on a de plus en plus de franchisés qui viennent s'installer. Je dirais que c'est le problème inverse, et en particulier dans des métropoles. Et donc là on a besoin d'avoir des plans spécifiques toujours en lien, évidemment, avec les collectivités territoriales pour soutenir les artisans indépendants parce que vous développez aussi des modèles de qualité qui sont très différents.

Les franchisés sont très importants, ça fait vivre beaucoup de monde et il faut faire cohabiter tous les modèles mais nos concitoyens sont attachés à la diversité qui va avec notre pays. Ils ne veulent pas voir, qu'il s'agisse d'habillement, qu'il s'agisse évidemment d'alimentation, uniquement des franchises. Ils veulent continuer à avoir un modèle indépendant, familial, entrepreneurial.

Et donc, pour ça, il nous faut développer un plan spécifique d'accompagnement des commerçants indépendants, en particulier dans les centres-villes où il y a ces tensions. C'est pour ça qu'on a décidé le lancement, dès le mois de novembre prochain, des Assises du commerce que le ministre pilotera, qui vont nous permettre en particulier de développer un modèle pour soutenir les commerces indépendants dans les centres urbains, là où il y a le plus de tensions. Voilà les deux éléments importants que je voulais apporter en réponse à votre interrogation.

Monsieur le Président, il y aurait beaucoup de questions mais malheureusement on va prendre la dernière puisqu'on vous attend dans d'autres lieux dans ce salon. C'est Laura Mansard, qui a créé son entreprise il y a dix jours. C'est une reconversion fromagère.

Merci. Monsieur le Président, en effet, j'ai initialement une formation d'agronomie et j'ai, grâce au certificat de qualification professionnelle encadré par la région Auvergne Rhône-Alpes, enfin les fromagers Auvergne Rhône-Alpes, pu entamer une reconversion. À la suite de ça, j'ai créé ma fromagerie avec mon associé et nous avons ouvert la fromagerie le 15 septembre dernier.

Donc ma question sera sur la création. Pendant ce parcours de création, on a rencontré beaucoup de difficultés à choisir, entre autres, le statut juridique de notre entreprise, notamment parce que beaucoup de questions sont restées sans réponse au niveau de l'impact sur la situation familiale, comme a été évoquée la question tout à l'heure, sur la couverture sociale et aussi sur la situation financière. Quand on crée une entreprise, on se rend compte que l'engagement financier est très important.

Que prévoyez-vous pour fluidifier ce parcours de création et ce choix de statut, sachant que, quand on n'est pas accompagné par les pépinières d'entreprises, on n'a pas la possibilité d'avoir ce genre d'information ? Et que prévoyez-vous aussi pour sécuriser le statut des indépendants ? Là, vous avez l'expert mondial du sujet en la personne du ministre Alain Griset, qui l'a beaucoup défendu et porté quand il était président à l'U2P et dans les chambres des métiers donc je vais parler sous son contrôle et il me complètera.

Vous avez dit plusieurs choses qui sont très importantes. Un, quand on crée, à quoi on s'engage vraiment ? Quand j'étais ministre, on avait simplifié les choses pour protéger en particulier la résidence.

Simplement, il y avait des situations où on continuait à être engagé mais, au-delà de la résidence, il y avait le véhicule, etc. Et, pour beaucoup d'entrepreneurs que vous êtes, on se mettait dans des situations, on choisissait des statuts ( EIRL ou autres ) où la responsabilité était un peu réduite mais où il y en avait. On met en place, ça fait partie du Plan Indépendants, un système où on protège totalement le patrimoine de l'artisan, de l'indépendant et de sa famille.

Finie la situation où, face à un coup dur, on se retrouve à avoir la voiture qui est saisie, le deux roues ou que sais-je, qui est parfois la seule chose qui reste. Donc ça, maintenant, la protection sera assurée et on va simplifier les statuts possibles pour fermer certains statuts ( EIRL en particulier ) qui étaient ambigus et qui induisaient en erreur des jeunes qui s'engageaient et qui découvraient les difficultés dix - quinze ans plus tard. Au fond, ils avaient déjà des difficultés professionnelles et c'est après toute la famille qui tombait dans le désarroi.

Donc c'est un premier point, dans le Plan Indépendants on répond à ce sujet. Deuxième point, la simplification. Il faut, en effet, que les choses aillent plus vite et plus fort.

Dans le Plan Indépendants, il y a plusieurs éléments de simplification des formalités, en particulier avec un portail unique pour les créateurs, comme il va y avoir pour tous les artisans un portail unique pour toutes les obligations fiscales et sociales. Troisième point, les droits sociaux. Là-dessus, plusieurs éléments.

Sur accidents du travail, maladies professionnelles, c'est la catastrophe dans vos professions. Vous êtes historiquement très mal couverts. Là-dessus, on a décidé de supprimer 30 % du coût de ces cotisations parce qu'il y avait un peu une surprime qui était imposée.

Et cela va être décidé dans la loi donc ça va baisser de 30 % mais il faut absolument que l'ensemble de vos représentants, des structures syndicales, etc s'engagent pour vous inciter malgré tout à vous couvrir. Je le dis très sincèrement, il faut se couvrir contre le risque accidents du travail et maladies professionnelles. Ça ne peut pas être une solidarité nationale, ça n'est vrai pour personne, et ce serait complètement démago de ma part de vous dire que c'est l'impôt qui va le couvrir.

Un salarié, tous les secteurs se couvrent eux-mêmes. On a socialisé le risque de chômage mais c'est une assurance qui couvre sur le risque maladies professionnelles et accidents du travail. Il faut que les indépendants et les artisans se couvrent sur cela.

On baisse le coût par la loi, on vous accompagne mais il faut que chacun accepte de payer cette petite assurance, sinon on a des situations absolument terribles où, le jour où il y a un accident dans l'arrière-boutique, à la fromagerie ou pour tel ou tel artisan sur l'escabeau ou autre, on ne passe pas par la case assurance, on passe tout de suite par la case minimas sociaux, et c'est un drame. Et, enfin, il y a le chômage. C'était un engagement que j'avais pris en campagne de dire, pour des gens comme vous, si à un moment donné il y a des difficultés, sans aller jusqu'à la liquidation mais on veut se reconvertir ou autre, l'idée de passer par l'assurance chômage doit être aussi un droit, comme ça l'est pour les salariés ou d'autres.

On a mis en place une réforme il y a deux ans qui n'a pas été bonne, je vous le dis avec beaucoup de sincérité, parce que tout le monde a mis tous les verrous pour ne pas que ça marche, parce que personne n'avait vraiment envie que ça marche parce que, culturellement, les indépendants ne sont pas dans la gestion du système. Et donc, dans le Plan Indépendants, qu'est-ce qu'on va faire ? On va simplifier les choses pour que l'accès à l'assurance chômage soit possible pour tous les indépendants, sans qu'ils passent par la case liquidation ou redressement, ce qui était la condition mise dans la loi jusque là.

Et donc il suffira d'avoir des premières difficultés pour pouvoir demander le chômage et de le faire, une fois qu'on a ouvert ses droits une première fois, avec un délai de cinq ans, pour ne pas qu'il y ait d'abus évidemment sur le sujet. Mais on va simplifier l'accès à l'assurance chômage parce que je pense que c'est très important. C'est un élément de justice et c'est aussi une aide à la reconversion pour beaucoup d'indépendants, et vous n'êtes pas généralement des professions qui abusent de cela.

Voilà ce qui sera mis dans le Plan Indépendants. On va clarifier le cadre de la responsabilité pour mieux vous protéger. On va simplifier la création et on va en particulier, drastiquement, permettre de simplifier l'accès à l'assurance chômage dans le cadre du Plan Indépendants.

Monsieur le ministre, est-ce que j'ai oublié des choses ? Monsieur le Président, vous avez été exhaustif. Il y a quelques points qui restent en débat au Parlement mais je pense que le Plan Indépendants que vous avez souhaité, que vous avez décidé, va réellement changer profondément les pratiques dans ces secteurs et va permettre demain un développement encore plus fort de l'entrepreneuriat.

Merci beaucoup. Merci aux intervenants. Merci, Monsieur le Président, d'avoir bien voulu cet échange.

Est-ce que les ministres veulent rajouter quelque chose de leur côté ? Oui, Monsieur le ministre de l'Agriculture ? Moi, je voudrais simplement mettre en avant le fait que votre métier, on en parle souvent avec le ministre Griset, au-delà du sens magnifique qu'il a et que rappelait le président de la République, il a une autre spécificité, c'est qu'il sublime aussi tous nos territoires, toute notre agriculture, tous nos produits.

Et souvent, vous vous ne l'oubliez jamais mais souvent, et c'est un combat dans notre société aujourd'hui, on oublie que l'alimentation a cette sublime valeur, une valeur de ces territoires ; une valeur aussi, et ça ne l'oublions pas, nutritionnelle. Je crois que la crise ne fait que les renforcer et cette valeur nutritionnelle, là aussi, vous en êtes des des profonds acteurs. Et je terminerai juste en disant qu'on se bat beaucoup, au sein du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, pour créer ce continuum, cette continuité entre vos activités et celles des agriculteurs et de ceux de la chaîne alimentaire.

Et cette continuité, elle doit être pensée dans les territoires, notamment pour les commerces. On le fait par exemple avec des plans d'alimentation territoriaux qui marchent incroyablement bien. Et, cette continuité, c'est vraiment le symbole de cette chaîne agro-alimentaire dont vous êtes un des derniers maillons mais vous avez aussi la responsabilité de tous ceux qui sont plus en amont, ce qui rend d'autant plus beau vos métiers.

Donc je suis très heureux de pouvoir être là, aux côtés de tous celles et ceux qui subliment nos produits du terroir. Soyez-en énormément fiers. Merci à tous et toutes.

Merci pour cet échange et maintenant on va continuer à être parmi vous, au sein du salon. En tout cas très fiers de vous et de ce que nous sommes capables de faire collectivement. Merci infiniment.