Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat· 2 mai 2024 25 min

Discours de J. Bardella à Perpignan : "C'est Jordan le mythomane ! Il raconte n'importe quoi "

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

– Et notre invité politique ce matin, c'est Clément Beaune, bonjour. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, député de Paris, porte-parole de la campagne de la majorité présidentielle pour ces élections européennes. On va évidemment parler de la campagne, mais d'abord ce qui s'est passé hier dans ces manifestations du 1er mai, notamment ce qui s'est passé à Saint-Etienne, au Raphaël Glucksmann, le candidat du Parti socialiste et de place publique a été pris à partie, visé par des projectiles et des jets de peinture. Il pointe, lui, la responsabilité, entre autres, de la France insoumise. Est-ce que vous pensez que la France insoumise cherche à conflictualiser cette campagne ?

0:39
Christine Pirès Beaune

– Oui, bien sûr, mais je veux d'abord redire mon soutien total et républicain, Raphaël Glucksmann, la violence n'a pas sa place en politique, la scène qu'on a vue est une scène inacceptable, on rejette la présence d'un responsable politique par violence, sectarisme, agressivité, et je le dis très clairement, la responsabilité de la France insoumise est immense, elle est totale même. Pourquoi ? Parce qu'elle est directe, on a vu une responsabilité directe de la France insoumise, avec un de ses militants, au moins, qui revendique cette action d'agression, et elle est indirecte.

1:10
Présentateur

– Le démant Jean-Luc Mélenchon, après.

1:12
Christine Pirès Beaune

– Oui, enfin, chacun le verra, vous faites votre travail depuis hier, en montrant, je crois qu'on n'a pas inventé un militant, ou alors ils ont des militants qui revendiquent une action qu'ils n'ont pas commise, c'est assez rare quand même, bon.

Mais la responsabilité est plus lourde encore, elle est indirecte, mais très forte, parce que la France insoumise délibérément entretient, à l'égard, y compris d'ailleurs de ses partenaires de gauche, ça devrait les faire réfléchir, à un climat de violence, un climat de tension, un climat de division dans notre pays, un climat communautariste, un climat d'opposition violente, farouche, des uns contre les autres, en ciblant souvent la majorité présidentielle, en ciblant manifestement des formations de gauche aussi, et tous ceux d'ailleurs qui nous ont expliqué que l'accord de la NUPES, et le PS n'est pas sorti de ses ambiguïtés d'ailleurs à cet égard, étaient formidables, voient bien qu'ils ont là non pas un partenaire politique, mais une formation politique qui joue la violence et le chaos, et qui chaque jour un peu plus devient l'impressario, l'agent électoral du Rassemblement National, parce qu'à chaque fois que les gens voient de la violence, ils se disent, c'est quoi le remède de la violence ?

C'est l'autre extrême, ce qui est évidemment faux, et ce qui est extrêmement dangereux. Donc je pense que...

2:21
Présentateur

Ça fait le jeu du Rassemblement National.

2:22
Christine Pirès Beaune

Et bien sûr, l'agent électoral du Rassemblement National, le premier, c'est la France Insoumise, soyons très clairs. C'est vrai dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, je le vérifie chaque jour, en créant ce climat de tension, en mettant en scène l'extrême droite, et puis en créant dans notre société un sentiment de violence, et une réalité maintenant de la violence politique. Donc la responsabilité de la France Insoumise, elle est indéniable, incontestable, immense.

2:46
Présentateur

Est-ce que vous aussi, dans la majorité présidentielle, vous n'avez pas installé le Rassemblement National comme votre premier opposant ? Et donc, c'est le jeu du Rassemblement National ?

2:53
Christine Pirès Beaune

Je lui dis bien tout de suite. Distinguons complètement les choses. On ne peut pas mettre une seconde sur le même plan. Une violence verbale, politique, une outrance quotidienne de la France Insoumise. Et le programme politique, le projet que porte la majorité présidentielle. Est-ce qu'il y a une montée du Rassemblement National en France, comme partout en Europe, et même dans les démocraties occidentales, montée des nationalismes ? Oui, malheureusement.

Et je vais vous le dire franchement, je pense que c'est le défi d'une génération, parce que c'est un défi de populisme, c'est un défi de colère contre une forme de sentiment de déclassement dans nos sociétés occidentales, européennes, nos démocraties libérales. Et il faut lutter contre.

3:30
Présentateur

Et Emmanuel Macron, une part de responsabilité ?

3:32
Christine Pirès Beaune

Mais on a tous, quand on est engagé en politique, une part de responsabilité.

3:35
Présentateur

Mais pas lui plus qu'un autre ?

3:36
Christine Pirès Beaune

Mais quand on est aux responsabilités, je me mets dedans. On a forcément une responsabilité particulière. Enfin, si la gauche et la droite traditionnelles avaient été un rempart contre le Rassemblement National ces 30 dernières années, ça se serait. Et si malheureusement, elle s'était reconstruite entre 2017 et 2022, après nous avoir dit que le macronisme était une parenthèse, on aurait des forces politiques plus solides face au Rassemblement National. Mais est-ce que c'est pas Emmanuel Macron

4:05
Présentateur

qui a cherché à effacer la droite et la gauche ?

4:07
Christine Pirès Beaune

Est-ce que c'était pas ça aussi l'origine du macronisme ? D'abord, personne n'a forcé les électeurs à donner 4% à Mme Pécresse et moins de 2% à Mme Hidalgo. C'est la compétition électorale et c'est le choix démocratique de chaque citoyen. S'ils avaient offert une alternative à la majorité présidentielle et au Rassemblement National, les électeurs les auraient choisis. Mais je ne cherche pas à faire de la stigmatisation des uns et des autres quand cette situation de montée des extrêmes et de l'extrême droite en particulier est aussi grave, on a tous une responsabilité.

Mais quand je vois l'extrême gauche jouer tous les jours le jeu de l'attention, le jeu du communautarisme, le jeu de la division, le jeu de l'outrance, évidemment par contraste, et c'est une stratégie de dissimulation, l'extrême droite apparaît de plus en plus comme une force qui peut être respectée. Je pense qu'il faut dénoncer ce mensonge, il faut combattre cela. Moi, mon engagement politique, il est contre l'extrême droite, totalement, et c'est l'engagement premier, et pour l'Europe, parce que pour moi d'ailleurs, on va en parler, ça va ensemble.

Mais voilà, retroussons-nous les manches, mais toute violence, je le dis, crée ce climat supplémentaire de montée des tensions et donc des extrêmes de notre pays.

5:09
Présentateur

– Alors justement, on va parler du Rassemblement National, puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella est en meeting à Perpignan hier avec une cible, Emmanuel Macron, qu'ils accusent de soumission de la nation, de dilution de notre souveraineté, de vouloir la disparition de la France derrière l'Union européenne. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

5:24
Christine Pirès Beaune

– Ce serait bien qu'ils parlent un peu d'Europe. Une obsession pour le président de la République, la majorité, c'est pas le enjeu du 9 juin. Il faut le dire à celles et ceux qui ne savent pas encore que c'est le 9 juin, qui ne savent pas encore que c'est un seul tour, ces élections européennes, que ce sont des élections sur l'Europe, pour l'Europe. C'est une fois tous les 5 ans, ça serait quand même bien que les responsables politiques proposent des réponses à la question posée. Quel est le projet européen de Jordan Bardella et de Marine Le Pen ? Moi, j'ai été frappé par ces discours de Perpignan. C'est un sketch, c'est un grand numéro. C'est pas Jordan Bardella, c'est Gérard Majax.

Il a expliqué des trucs complètement hallucinants. Il nous a dit qu'il faudrait protéger nos frontières en matière commerciale. Ça tombe bien, on a créé, c'est un combat de 20 ans de la France, une taxe carbone aux frontières. Ils ont voté contre, il faut quand même le dire aux gens, ils proposent des choses qu'ils n'ont non seulement pas proposées avant, mais refusées, rejetées.

6:16
Présentateur

Il a proposé des choses hier, Jordan Bardella. Après, vous êtes contre, mais en tout cas, il a fait des propositions. Hier, vous ne pouvez pas dire qu'il n'a rien proposé.

6:24
Christine Pirès Beaune

J'ai regardé attentivement cette proposition. Il y a beaucoup de choses qui existent déjà, et surtout énormément de choses contre lesquelles ils se sont battus il y a 20 ans, pendant ce mandat au Parlement européen. La taxe carbone aux frontières, chacun peut le vérifier. Ils ne l'ont pas votée, ils la proposent aujourd'hui. Frontex, l'agence qui permet à des gardes-côtes européens de gérer les frontières européennes, de mieux contrôler l'immigration illégale et de la rejeter. Eh bien, ils ont voté contre à chaque fois. Et maintenant, ils disent, il faudrait peut-être faire une agence européenne de gestion des frontières, ce serait pas mal.

Et d'ailleurs, ils recrutent le directeur de Frontex. Donc c'est Jordan le mythomane. C'est de la mythomanie à ce niveau-là. Ils racontent n'importe quoi sur leur propre position. Ils ont dit, il faut réformer le marché européen de l'électricité. Avant, ils voulaient en sortir. Et c'est nous qui l'avons réformé. Ils ne l'ont pas soutenu. Ils disent, il faut protéger les consommateurs, c'est juste, contre les prix de l'électricité qui augmentent. Ils ont voté contre le bouclier tarifaire à l'Assemblée nationale. Donc à un moment, dans une élection, quand on prétend accéder aux responsabilités, il faut quand même arrêter de mentir.

Il faut quand même faire des propositions qui ne sont pas le contraire de vos propositions ou de vos combats d'hier matin.

7:28
Présentateur

– Pour vous, ils l'ont menti hier, parce qu'ils vous ont aussi... – Bien sûr, c'est un mensage complet. – Ils vous ont aussi accusé de reprendre certaines de leurs propositions, notamment sur la question du juste échange.

7:37
Christine Pirès Beaune

– Le juste échange, c'est un terme qui existe depuis longtemps dans le débat public, mais au-delà des slogans, puisque j'ai entendu Marine Le Pen dire, on parle beaucoup trop de slogans, comme l'hôpital qui se moque de la charité. Mais moi, je veux qu'on regarde justement le fond. Le juste échange, ça consiste à faire de la réciprocité. Vous avez des règles en Europe, vous appliquez les mêmes règles à vos partenaires ou concurrents commerciaux. La taxe carbone aux frontières, c'est exactement ça. C'est quoi ? C'est quand un produit chinois, par exemple, arrive sur le territoire européen, il ne peut pas rentrer, s'il ne respecte pas, des exigences environnementales qui sont les nôtres.

Sinon, il est taxé pour se mettre au même niveau. Ça s'appelle, si on veut, du juste échange. Enfin, ça tombe bien, ça fait 20 ans que c'est défendu par la France.

8:13
Locuteur

On l'a réussi dans ce mandat avec Emmanuel Macron.

8:16
Christine Pirès Beaune

Ils avaient une occasion de voter au Parlement européen. Ils ont voté contre. Ils ont voté contre la déforestation importée. On interdit, par exemple, les produits qui sont issus, en Amazonie ou ailleurs, de la déforestation. Ça protège nos entreprises qui ont des règles environnementales exigeantes et ça protège l'environnement contre. Bon, donc, encore une fois, je dis, c'est pour ça que c'est un grand numéro. Au milieu de prestidigitation, au pire, de mythomanie complète, c'est de la grande schizophrénie politique.

Soit ils ne savent pas ce qu'ils ont voté avant-hier, c'est inquiétant, soit ils savent très bien, et donc ils mentent à leurs militants qui étaient réunis à Perpignan et aux Français à travers eux.

8:50
Présentateur

– Alors, vous leur reprochez de faire campagne sur des questions, en tout cas de ne pas avoir de programme. Mais est-ce que vous, vous avez un programme ? Il est où le programme aujourd'hui de la majorité ?

8:59
Christine Pirès Beaune

– Oui, il sera présenté en détail lundi. Donc, je comprends votre impatience, mais c'est une question maintenant de quelques heures et de quelques jours. – Mais surtout, moi je le dis aussi, un programme, c'est très important, on aura une quarantaine de propositions précises, détaillées sur ces questions commerciales, proposant par exemple un bouclier commercial européen pour aller plus loin dans la réciprocité, le contrôle de nos règles et à nos frontières commerciales. Mais on ne va pas s'inventer européen, nous. On ne va pas dire le contraire de ce qu'on a dit hier.

On a défendu une vision pour l'Europe, une orientation pour l'Europe, assumer, revendiquer, un peu seul souvent, depuis 2017 et même depuis la première campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Et ce n'était pas très à la mode, ce n'était pas très tendance d'être pro-européen quand il y avait le Brexit et l'élection de Donald Trump. Tout le monde nous disait, vous êtes des fous, vous êtes des gentils dingues, au mieux gentils, et tout ce que vous proposez, taxe carbone aux frontières, une protection civile européenne pour lutter contre les grands fléaux, les incendies, les inondations.

9:53
Présentateur

– Mais pourquoi, si c'est si clair, attendre aussi longtemps pour présenter un programme ? Est-ce que vous attendez 4 semaines avant l'élection pour le présenter ?

9:59
Christine Pirès Beaune

– Il a été présenté par les autres grandes listes il y a quelques jours, et encore une fois, il y a d'abord eu des propositions supplémentaires qui ont été annoncées par Valérie Ayet d'ores et déjà, un pacte bleu pour protéger nos océans, pour lutter contre le plastique, ce bouclier commercial que j'évoque, Valérie Ayet l'a mentionné devant le mouvement des entreprises de France, devant le MEDEF, donc il y a déjà eu des propositions. Mais encore une fois, on l'assume complètement, on se met dans la lignée d'une orientation, d'une vision et d'un bilan. On ne gagne pas une élection, on ne fait pas une campagne sur un bilan en disant à ceux qui nous écoutent, regardez comme on a bien fait.

Enfin quand même, quand l'Europe est dans une situation aussi grave, quand la Chine est sur le plan commercial justement de plus en plus agressive, quand les États-Unis pourraient basculer à nouveau dans le trumpisme, quand la Russie est de plus en plus agressive, avoir aux responsabilités au Parlement européen des députés qui ont montré qu'ils avaient fait le bon diagnostic, qu'ils avaient apporté des réponses efficaces, qu'ils avaient lutté contre le dumping social, qu'ils avaient créé une politique européenne de la santé, c'est important pour nos concitoyens, là où la seule proposition du RN c'était Spoutnik, je pense que ça compte pour la suite.

– Mais est-ce que jusqu'à maintenant, Clément Beaune,

11:02
Présentateur

jusqu'à maintenant, alors lundi vous allez présenter votre voix, mais est-ce que jusqu'à maintenant vous n'avez pas plus fait campagne en attaquant le RN qu'en parlant vraiment d'Europe et en parlant vraiment de l'Union ?

11:09
Christine Pirès Beaune

– Vous avez la question, moi j'y réponds, mais moi je suis très à l'aise avec ça, il faut qu'on parle effectivement de nous-mêmes.

11:13
Présentateur

– Est-ce que vous n'avez pas assez fait ?

11:14
Christine Pirès Beaune

– Je ne vais pas, la campagne est devant nous, je ne vais pas regarder dans le rétroviseur alors qu'on est à mi-campagne, mais il faut qu'on parle de nous avec fierté, avec conviction, avec détermination, et je le dis aussi, le vote du 9 juin, ça reste assez simple, c'est un vote pour continuer la transformation de l'Europe ou pour stopper la construction européenne, c'est un stop ou encore. Le encore, ça ne veut pas dire le statu quo, ça veut dire continuer la transformation, continuer la réforme.

Il y a 7 ans, quand on parlait de souveraineté européenne, ça ce n'est pas défensif, c'est offensif, personne ne nous écoutait, là le chancelier allemand, quand le président de la République en a reparlé il y a quelques jours, il a dit, on y va, ce sont de bonnes intuitions, de bonnes propositions, on travaille ensemble. Quel changement quand même ! Quand on parlait de défense européenne, personne n'y croyait une seconde à Paris comme dans les autres capitales européennes, on a proposé, on a réussi déjà, un budget européen de défense qui aide l'Ukraine aujourd'hui et qui renforce notre sécurité.

Donc oui, parlons de tout cela, merci de m'en donner l'occasion, parce qu'on ne parle pas assez d'Europe dans cette campagne, disons ce qu'on a fait,

12:12
Locuteur

disons la vision de l'Europe à laquelle on croit, c'est une vision de la souveraineté, j'entends certains qui opposent souveraineté européenne et souveraineté nationale,

12:19
Christine Pirès Beaune

moi je crois très profondément que quand on a un vrai patriote, on est un vrai Européen. Le reste c'est du patriotisme en toque, c'est du patriotisme de slogan, et d'ailleurs à chaque fois que l'extrême droite a cherché des alliances, elle les a fait plutôt à Moscou qu'à Berlin ou Bruxelles.

12:31
Présentateur

Emmanuel Macron misait sur le discours de la Sorbonne, justement pour donner un nouveau souffle à cette campagne, en tout cas pour parler d'Europe et pour donner sa vision de l'Europe, est-ce qu'il n'a pas un peu fait pchit ce discours ?

12:40
Christine Pirès Beaune

Non mais ce discours, c'est un discours qui vise à préparer la suite et à donner une vision pour 2030. On ne peut pas reprocher tout et son contraire au président, on leur reprochait de faire un discours de campagne, et maintenant on dit que ce n'était pas assez, un discours de campagne en quelque sorte, qui pèserait dans les choix immédiats du 9 juin.

12:55
Présentateur

Vous n'êtes pas un peu déçu de l'effet de ce discours ? Il n'était pas un peu trop long, un peu trop techno ?

12:58
Christine Pirès Beaune

Vous savez, j'ai le discours de la Sorbonne numéro 1 en tête. Aujourd'hui, je m'en réjouis, j'ai beaucoup contribué. On dit que c'est formidable, ça a été une vision très détaillée de l'Europe. Sur le moment, personne n'a regardé le détail des 50 propositions qui ont pourtant changé l'Europe ces 5 dernières années. Donc parfois, il faut attendre un peu de temps.

Mais surtout, ce qui est important, le rôle du Président de la République, et là c'est relié aux élections du 9 juin, c'est qu'il défendra la vision, les intérêts de la France et des Français au Conseil européen, à la table des dirigeants européens, dès le 10 juin au matin, pour avoir un agenda européen de réforme pendant 5 ans, pour définir les grands postes européens, présidence de la Commission, etc. Et je le dis très franchement, si on veut être utile et efficace, c'est concrètement mieux d'avoir des députés européens qui vont pouvoir peser sur cette vision française et la soutenir, plutôt que d'avoir des divisions entre eux.

Et j'ajoute un point, parce que c'est important l'efficacité, l'extrême droite qui nous dit maintenant qu'on ne va plus sortir de l'Union européenne, ils admettent leur défaite idéologique. On a des copains, on a des alliés au niveau européen, mais c'est qui leurs copains ? C'est la FD allemande qui propose la déportation de 2 millions d'étrangers et qui veut que Mayotte soit rattachée au Comores. C'est ça les alliés patriotiques du Rassemblement national ou le gouvernement italien qui soutient Madame von der Leyen, pourquoi pas, mais qui est abourée en même temps par le Rassemblement national. Moi, je ne sais pas comment on fait une internationale des nationalistes au Parlement européen.

14:16
Présentateur

Marine Le Pen a dit hier, nous devons donner à ce pouvoir la plus cinglante sanction électorale qu'on puisse lui infliger. Elle en fait un référendum pro ou anti-Macron. C'est risqué pour vous ?

14:25
Christine Pirès Beaune

Mais c'est risqué pour le pays parce qu'on peut vouloir infliger des défaites à la majorité présidentielle, il y a des débats parlementaires, il y a des occasions de le faire. On peut être contre la vision du Président de la République, ce n'est pas un scoop que Marine Le Pen le soit. Elle a perdu l'élection présidentielle. C'était à ce moment-là que les Français ont fait un choix et ils savaient que ce choix était pour 5 ans, c'est la démocratie. Elle a perdu. Maintenant, ce n'est pas une revanche de la présidentielle de 2022 et ce n'est pas le prologue de la présidentielle de 2027. Respecter les électeurs et les Français, c'est respecter les enjeux du moment.

C'est une élection sur l'Europe et pour l'Europe. Évidemment, c'est lié à une vision du monde. On la défend, c'est celle du Président de la République. Mais on voit bien son projet caché, c'est de rejouer toujours

15:06
Locuteur

des matchs qu'elle a perdus. Ça serait bien quand même, puisqu'ils prétendent avoir une vision européenne, qu'on puisse débattre

15:11
Christine Pirès Beaune

projet contre projet. Il y aura l'occasion ce soir, entre les têtes de liste, Valérie Ayet et Jordan Bardella. Moi, je suis impatient parce que j'ai donné quelques orientations. On va pouvoir voir sur le fond. J'ai donné quelques orientations sur le commerce, sur la défense.

15:23
Présentateur

Vous avez donné des orientations à Valérie Ayet pour ce soir ?

15:25
Christine Pirès Beaune

Je ne le mettrai pas, pas besoin. Mais je la soutiens en venant chez vous expliquer notre projet et notre vision. Mais ce soir, ce sera très intéressant parce que Jordan Bardella, qui non seulement fait Gérard Majax, mais qui en plus disparaît comme le lapin dans le chapeau, va pouvoir, va devoir enfin expliquer point par point ce qu'il a fait ou rien fait d'ailleurs et ce qu'il propose puisqu'il se présente comme député européen pour les 5 ans qui viennent.

15:46
Présentateur

Et pour le moment, il est largement en tête, donné largement en tête dans les sondages avec quasiment deux fois plus d'intention de vote que vous. Est-ce que ce n'est pas un échec de votre campagne ?

15:53
Christine Pirès Beaune

Mais vous savez, un succès ou un échec électoral, ça se mesure le jour de l'élection. Je suis bien placé pour avoir mené une campagne moi-même pour savoir que rien n'est fait avant et on a parfois déjoué des pronostics donc que personne ne l'aise.

16:04
Présentateur

Mais là, vous pensez encore pouvoir déjouer des pronostics ? Vous pensez encore pouvoir gagner cette élection européenne ?

16:07
Christine Pirès Beaune

Jusqu'à la dernière heure, évidemment, on se bat et on peut faire mieux, gagner, convaincre. Ça, j'en suis absolument certain. Il reste, je crois, 39 jours de campagne pour être précis. Donc, c'est à nous d'aller convaincre. Moi, j'étais encore sur le marché à Paris hier. Beaucoup de gens ne savent pas que l'élection, c'est le 9 juin, que l'élection, c'est un seul tour. Donc, il faut d'abord le rappeler. C'est un devoir civique. Mais il faut aussi convaincre projet contre projet. Enfin, on va rentrer dans cette confrontation d'idées. Valérie Ayer aura le débat ce soir. Il y en aura d'autres au cours des semaines qui viennent. Tant mieux. Enfin, on va parler d'Europe et de cette élection.

Et là, je pense qu'on n'a pas à craindre cette confrontation d'idées quand on a le bilan européen qu'on a défendu. Et l'engagement européen, je crois que personne ne peut le nier, comporte avec le Président de la République depuis 7 ans.

16:51
Présentateur

Vous ne rattrapez pas Jordan Bardella pour le moment, mais vous vous faites de plus en plus rattraper par la liste de Raphaël Luxman. Est-ce que vous craignez de finir 3e ?

16:58
Christine Pirès Beaune

Non, mais là aussi, je veux dire, dans une élection, moi, je ne crains rien, mais je suis humble. On a des adversaires, Raphaël Luxman, Jordan Bardella et d'autres, je ne les mets pas sur le même plan, qui chacun peuvent faire un résultat meilleur ou moins bon que ce qui est donné aujourd'hui. C'est la photo, les sondages. Est-ce que je préférerais que la photo soit meilleure pour nous ? Je vais avoir une confidence. Évidemment, je préférerais. C'est plus sympathique. Mais ça nous donne encore plus de carburant pour combattre. Et face à Raphaël Luxman, j'ai dit mon soutien républicain et total en début de cet entretien. Mais regardons là aussi les choses.

Raphaël Luxman se présente comme un pro-européen convaincu. Très bien, pourquoi n'a-t-il pas voté la loi européenne sur le climat alors qu'il se présente comme un grand écologiste ? Pourquoi n'a-t-il pas voté la coopération européenne des polices, on appelle ça Europol, alors qu'il y avait ce vote crucial au Parlement européen ? Pourquoi ne défiant-il pas, sinon peut-être pour draguer les écologistes, le nucléaire qui est si essentiel à la transition écologique ? Il ne s'est pas prononcé pour. Il a même dit qu'il était contre les petits réacteurs nucléaires.

17:56
Présentateur

C'est un pro-européen, c'est ce que vous dites ?

17:58
Christine Pirès Beaune

C'est un pro-européen en tout cas d'apparence, de combat sincère sur certains sujets, il ne faut pas caricaturer les choses, sur l'Ukraine, j'ai aucun doute, mais qui quand il est confronté à des choix européens, souvent n'est pas clair. Et pourquoi il n'est pas clair ?

18:10
Présentateur

Mais est-ce qu'européen, c'est forcément être sur votre ligne ? Il ne peut pas être européen sans être d'accord avec votre ligne ?

18:13
Christine Pirès Beaune

Pas du tout, mais je donne des éléments objectifs et chacun jugera. Est-ce qu'il faut être pour le nucléaire en Europe pour faire la transition écologique ? Moi je crois que oui, Raphaël Glucksmann manifestement croit que non, ou alors, j'ai une autre hypothèse, il est en quelque sorte otage des contradictions de la gauche. Et la vérité, c'est qu'il faut regarder les choses là aussi en détail, c'est un scrutin de listes, on présentera notre liste dès demain. La liste de Raphaël Glucksmann est déjà connue.

Derrière Raphaël Glucksmann qui a une vitrine sympathique et moderne, ce sont les apparatchiks du PS, les courants d'Olivier Faure avec un dosage géographique, générationnel de courants, etc. Franchement les gens, je crois qu'ils l'ont dit, ne veulent plus de cette vieille politique et Raphaël Glucksmann est une totte des gondoles, d'une gondole remplie de vieux apparatchiks.

18:54
Présentateur

– Vous faites partie de l'aile gauche de la majorité, vous avez alerté d'ailleurs sur une droitisation de la politique du gouvernement. Quand vous voyez la dynamique de Raphaël Glucksmann, est-ce que vous dites à Emmanuel Macron et Gabriel Attal qu'ils auraient mieux fait que de vous écouter ?

19:05
Christine Pirès Beaune

– Je ne sais pas cette prétention, mais je crois qu'il faut que dans la majorité, on garde notre ADN, qui est un équilibre, qu'on garde aussi différentes sensibilités. Il y en a d'autres que la mienne, moi j'assume un parcours politique, une identité politique, parce que le dépassement que je revendique, qu'on a revendiqué, ce n'est pas l'effacement des sensibilités.

Mais je crois que sur l'Europe, puisque c'est l'enjeu, des sociodémocrates aux chrétiens démocrates, pardon de prendre ces vieilles catégories européennes, mais je pense qu'elles sont pertinentes, d'un centre-gauche pro-européen réformateur qui croit à l'Europe sincèrement, qui l'a bâtie, avec Jacques Delors, avec François Mitterrand, à une droite modérée, qui n'est pas mon histoire, mais qui existe aussi, qui a bâti l'Europe également, eh bien on peut se retrouver, et où est cet esprit, où est cette famille politique, où est ce projet politique ? Mais Clément Bonach,

19:49
Présentateur

Raphaël Glucksmann, une partie de sa dynamique, ce n'est pas le fait que les électeurs de centre-gauche vous ont quitté, ils n'ont plus envie aujourd'hui de voter pour la majorité présidentielle.

19:56
Christine Pirès Beaune

Ne disons pas les choses trop tôt, il y a beaucoup d'abstention surtout qui explique les sondages qui ne sont pas aussi bons que je souhaiterais, parce qu'il y a beaucoup d'électeurs qui se disent est-ce que finalement, voter pour des pro-européens, pourquoi pas, le bilan d'Emmanuel Macron est bon, la majorité présidentielle s'est battue pour l'Europe, mais est-ce que c'est si nécessaire que ça ? Les autres ne sont plus vraiment anti-européens, il y a d'autres offres anti-européennes, c'est pour ça que je dis qu'il faut regarder l'efficacité de cet engagement européen.

20:19
Présentateur

Donc vous ne payez pas aujourd'hui votre droitisation ?

20:21
Christine Pirès Beaune

Non, je ne crois pas, mais moi je ne mélange pas les sujets, sur un certain nombre de sujets nationaux, j'ai dit mes convictions, j'ai dit parfois mes réticences, je continuerai à avoir une parole libre, mais avec cette sensibilité, j'assume complètement de défendre notre projet européen, parce que je pense que ce projet européen, cette élection du 9 juin, ce bilan-là aussi qui nous donne une crédibilité européenne, ils sont très forts, ils sont très forts, et beaucoup de gens qui se disent je ne suis peut-être pas content de telle ou telle mesure, je leur dis ok, on en discutera, on en débattra, on a nos débats internes, tant mieux, on n'est pas chez Mélenchon, mais sur l'Europe, est-ce que vous pensez que la promesse a été tenue ?

Est-ce que vous pensez que le plan de la République est aujourd'hui un leader qui peut influer le cours de l'Europe, qui a fait des réformes écologiques, sociales, en interdisant le travail détaché, par exemple, qui sont puissantes et qui parlent à cette gauche sociale démocrate, est-ce qu'elles sont efficaces ces réformes ?

Oui, je crois profondément à nous de le dire et de le démontrer pour convaincre que cette élection du 9 juin elle est spécifique, elle est importante, elle n'est pas une élection encore une fois de revanche ou de préparation d'une autre élection, il y aura des occasions démocratiques, mais jouons le match qui est proposé sur le terrain, c'est celui de l'Europe, c'est celui-là le match du 9 juin.

21:30
Présentateur

Emmanuel Macron va s'engager dans cette campagne ?

21:33
Christine Pirès Beaune

Il va s'engager dans son rôle.

21:35
Présentateur

C'est-à-dire ?

21:36
Christine Pirès Beaune

Le président de la République, le représentant de la France

21:38
Présentateur

et le Conseil européen. De quelle manière ? En 2019, il avait écrit une lettre par exemple, est-ce que là

21:41
Christine Pirès Beaune

il peut faire la même chose ? Oui, mais il a eu un discours qui n'était pas un discours de campagne mais qui était un discours pendant la campagne, moi je le revendique complètement, pourquoi ? Parce que d'une part la vision qu'on porte pour l'Europe va se cacher derrière le petit doigt, c'est la vision qu'Emmanuel Macron a construit, a défendu et moi pour laquelle je me suis engagé auprès de lui. C'est d'abord sur l'Europe que je me suis engagé sans relâche auprès de lui comme conseiller, comme ministre, comme militant.

22:06
Présentateur

Mais il aura une initiative, vous souhaitez qu'il ait une initiative particulière ?

22:08
Christine Pirès Beaune

Je ne pense pas qu'il faut confondre les exercices mais que le président de la République ait une parole de vision pour l'Europe, pour 2030, pour l'après 9 juin parce que c'est lui qui aura les clés ensuite pour les postes centraux en Europe et pour l'agenda de réforme européenne, ça, ça me paraît parfaitement légitime.

22:22
Présentateur

Mais pas de participation à un meeting ?

22:24
Christine Pirès Beaune

Ça, c'est lui qui décidera. Moi, en tout cas, je suis engagé dans cette campagne, je ne suis pas candidat. Mais vous le souhaitez ?

22:28
Présentateur

Vous souhaitez qu'il vienne dans un meeting ou pas ?

22:30
Christine Pirès Beaune

Je ne demande pas particulièrement, c'est lui qui jugera les modalités.

22:34
Présentateur

Il pourrait être là le 7 mai, c'est votre prochain grand meeting à Paris ?

22:36
Christine Pirès Beaune

Je n'ai pas de scoop à révéler ou à dévoiler, je n'ai pas de souhait à exprimer là-dessus. Ce que je dis, c'est qu'à nous aussi de faire le boulot. Moi, je suis porte-parole de campagne, je donne un coup de main dans cette campagne, il y aura des candidats qui seront connus demain, il y aura un programme qui sera dévoilé lundi. On a une tête de liste qui est déjà en campagne depuis plusieurs semaines, Valérier. C'est à nous de faire le projet, c'est à nous de faire la campagne, c'est à nous de nous mobiliser. Je le dis pour toute la majorité, c'est maintenant. L'Europe, c'est maintenant.

23:00
Présentateur

Un dernier mot sur un sujet qui s'est invité dans cette campagne européenne. Vous le dites, vous avez une parole libre, c'est la question de la GPA. Vous avez une voix singulière dans la majorité sur cette question puisque vous êtes favorable à la légalisation de la GPA après 2027. Le Parlement européen a adopté la semaine dernière une directive qui inscrit l'exploitation de la GPA parmi les pratiques relevant de la traite d'êtres humains. Qu'est-ce que vous pensez de ce vote ?

23:20
Christine Pirès Beaune

Je veux complètement distinguer deux choses. Le débat sur la GPA qui est un débat difficile, légitime, chacun a des convictions et moi j'ai exprimé la mienne, elle est personnelle. Vous le savez, ce n'est pas la position de la majorité présidentielle aujourd'hui. Il y a des voix dans la majorité parce que c'est un débat intime, conviction personnelle qui rejoignent ma conviction mais on n'est pas majoritaire et ça n'est pas le programme aujourd'hui. Soyons très clairs, ni aux élections législatives ni aux élections européennes ou que sais-je. Mais ce qui est scandaleux, ce qui est honteux, c'est l'instrumentalisation d'un tel sujet.

Vous avez dit d'une phrase mais c'est important qu'au Parlement européen c'était justement l'instrumentalisation de la GPA. Pour être précis, ce que le Parlement européen a condamné dans un texte, c'est l'exploitation, le fait de forcer des mères porteuses à devenir mères porteuses, des femmes à devenir mères porteuses. Ce n'est pas la GPA en tant que telle. D'ailleurs, la droite et l'extrême droite...

24:14
Présentateur

Xavier Bellamy ne dit pas exactement ça.

24:15
Christine Pirès Beaune

Mais il ment. Je le dis très clairement et chacun peut le vérifier. Aller au texte, François-Xavier Bellamy, on sait que là-dessus, il est complètement réac, pardon de le dire comme ça, c'est sa conviction, il a le droit. Mais il n'a pas le droit

24:25
Locuteur

de mentir. Il a perdu son combat au Parlement européen où il voulait que le Parlement européen s'immisce dans le débat sur la GPA. C'est d'ailleurs paradoxal pour des souverainistes. Moi, je ne crois pas que ce soit au Parlement européen

24:34
Christine Pirès Beaune

de s'occuper de la GPA qui est un sujet de chaque État, d'une part. Mais le Parlement européen, il voulait qu'il condamne la GPA. Ce n'est pas ce qu'a fait le Parlement européen. C'est d'ailleurs un amendement qui a été soutenu largement par la gauche, qui se devra interroger, qui dit qu'il y a des cas d'exploitation. On peut forcer dans un trafic, dans des réseaux, des maires à être maires porteuses. Ça, ce n'est pas la GPA. C'est de la traite des êtres humains. Il ne faut pas assimiler les deux. Donc, on peut avoir le débat sur la GPA et chacun peut avoir sa conviction. C'est une chose. Je vous ai dit la mienne.

Mais on ne peut pas mentir sur ce qu'a voté le Parlement européen qui ne s'est pas exprimé sur la GPA et qui a condamné des cas très spécifiques d'exploitation. François-Xavier Benhamy, il le sait très bien. Et donc, il fait un coup dans cette campagne pour raviver une campagne difficile. Très bien. Et pour courir après reconquête et l'extrême droite. C'est son droit. Mais franchement, qu'il laisse les familles et les enfants de côté dans ce combat.

25:22
Présentateur

Merci Clément Brune. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. On continue à parler d'Europe. C'est le débat du Club des territoires.

Discours de J. Bardella à Perpignan : "C'est Jordan le mythomane ! Il raconte n'importe quoi " — Christine Pirès Beaune · Pourquijevote