Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 24 juillet 2024 19 min

🔮 DIRECT - L'intĂ©gral de l'interview de GĂ©rald Darmanin, ministre de l'IntĂ©rieur et des Outre-mer...

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Gérald Darmanin

ordinaire qu'un pays peut faire. On n'a jamais organisé une série de cérémonies d'ouverture en dehors d'un stade. Et sur la scÚne, dans le contexte géopolitique et terroriste qu'on connaßt, c'est effectivement un trÚs grand défi.

0:10
Présentateur

Je rappelle les chiffres qui donnent le tournis, c'est colossal. 300 000 spectateurs, 39 sites olympiques, 35 000 forces de l'ordre et mĂȘme 45 000 pour la cĂ©rĂ©monie d'ouverture, 1800 renforts de policiers venant de plus de 40 pays. Depuis 4 ans que vous ĂȘtes Ă  Beauvau, est-ce que vous avez dĂ©jĂ  eu autant de sueurs froides, franchement ?

0:28
Gérald Darmanin

– Alors je pense que le plus dur
 – C'est le plus gros dossier. – Oui, trĂšs certainement. Mais le plus dur quand on est au ministĂšre de l'IntĂ©rieur, c'est l'imprĂ©vu. C'est l'attentat qui surgit, c'est la catastrophe naturelle avec des milliers de personnes qu'il faut sauver, loger. Quand vous prĂ©parez un grand Ă©vĂ©nement, vous avez du temps, du temps pour le faire. Et c'est ce que nous avons eu pour les Jeux olympiques. On a pu l'annĂ©e derniĂšre, je vous le rappelle, organiser le troisiĂšme plus grand Ă©vĂ©nement au monde, la Coupe du monde de rugby, en mĂȘme temps que la venue du roi et la reine d'Angleterre, en mĂȘme temps que la venue du Saint-PĂšre Ă  Marseille, dans le contexte du 7 octobre.

Donc nous avons su déjà avoir un multifront sécuritaire d'organisation et tout s'est trÚs bien passé. Donc là, nous sommes trÚs bien préparés et je pense que les Français seront fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes.

1:11
Présentateur

– Alors justement, les Français, pas de sueur froide chez vous, mais chez les Français un petit peu dans les sondages. Un Français sur deux plaide encore aujourd'hui pour une autre cĂ©rĂ©monie d'ouverture moins risquĂ©e. Et depuis quelques jours, on entend tous les jours, dans l'actualitĂ© des faits d'ingĂ©rence, on va y revenir, notamment d'un Russe hier, vous avez parlĂ© de deux projets d'attentats dĂ©jouĂ©s en France. Les Français qui disent « les Jeux n'en valent pas la chandelle », est-ce qu'ils ont raison ?

1:37
Gérald Darmanin

– Moi je comprends leur inquiĂ©tude, mais je ne pense pas qu'ils aient raison. Je pense que nous avons raison de voir la France en grand. C'est un magnifique moment, ceux des Jeux Olympiques d'Ă©tĂ©, un moment sportif, festif Ă©videmment, c'est la carte postale de la France, c'est le symbole d'une France qui sait organiser ce que personne au monde ne sait organiser. Et Paris et toutes les villes, jusqu'en PolynĂ©sie française, vous savez que ces Jeux d'Ă©tĂ© sont partout sur le territoire national, c'est pour montrer qu'une fois par siĂšcle, la France sait ĂȘtre le moment de la fraternitĂ©, du sport, mais aussi montrer que notre pays est le plus beau du monde.

Donc nous avons raison, me semble-t-il, d'ĂȘtre ambitieux pour notre pays, il faut avoir confiance dans nos services de renseignement qui sont parmi les meilleurs du monde, nos policiers, nos gendarmes qui ont sans doute les meilleures formations du monde. Et je pense que les Français seront trĂšs fiers, aprĂšs ce moment d'inquiĂ©tude, Ă©videmment, de vendredi prochain.

2:23
Présentateur

– Alors on parlait notamment du contexte gĂ©opolitique, ces faits d'ingĂ©rence, on a parlĂ© hier d'un russe, on en sait peu, en quoi est-ce que vous avez plus d'informations sur ce qui s'est passĂ© ?

2:32
Gérald Darmanin

– Alors la police a interpellĂ© en effet, avec le travail que fait la DGSI, nos services de renseignement, un individu citoyen russe, nous pensons trĂšs fortement qu'il allait organiser des opĂ©rations de dĂ©stabilisation, d'ingĂ©rence, d'espionnage, c'est ce que ça veut dire, dans d'autres pays qui peuvent prendre plusieurs formes. Ça peut ĂȘtre des cyberattaques dont on a besoin de complicitĂ©, ça peut ĂȘtre la manipulation de l'information. Aujourd'hui, il est dans les mains de la justice qui va pouvoir concrĂ©tiser les soupçons de la police. Mais ces mouvements d'ingĂ©rence, nous en connaissons beaucoup.

3:06
Présentateur

– Il est sur le sol français, pardon, depuis combien de temps ?

3:08
Gérald Darmanin

– Il est rĂ©cemment sur le sol français, mais encore trĂšs rĂ©cemment, d'autres individus, nationalitĂ© russe Ă©galement, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă  la prĂ©fecture de police Ă  Paris. Et puis on constate que sur Internet, des vidĂ©os fleurissent. On a vu notamment cette vidĂ©o qui se fait passer pour quelqu'un du Hamas, qui appelle Ă  un attentat, ou qui annonce un attentat dans les jours, parce que la France accueillerait les athlĂštes israĂ©liens, selon toute vraisemblance. Je n'en ai pas la certitude absolue. Mais nous pensons que c'est une fausse vidĂ©o qui a Ă©tĂ© relayĂ©e par des comptes dont nous constatons qu'ils sont pro-Kremlin, pro-russes.

Donc ces multiplicités de mauvaises informations, de fake news, d'ingérence, peuvent porter préjudice à notre pays, créer de l'inquiétude. Et c'est fait pour ça, et c'est nos ennemis qui le font.

3:49
Présentateur

– Alors on a appris hier aussi qu'un homme de 18 ans a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en Gironde, car soupçonnĂ© de prĂ©parer une attaque terroriste. Est-ce qu'on sait aujourd'hui si ça avait un lien avec les JO ?

4:00
Gérald Darmanin

– Alors nous sommes encore sur cette affaire, Ă  Ă©viter les dĂ©tails au moment oĂč nous parlons. Mais oui, nous pensons que c'est un lien de projet d'action violente contre les Jeux olympiques, et c'est le symbole. C'est le quatriĂšme. Il y a eu deux attentats qualifiĂ©s comme tels, dĂ©jouĂ©s par le service de renseignement par le ministĂšre de l'IntĂ©rieur. J'en fĂ©licite les agents. Il y en a deux autres, qui aujourd'hui ne sont pas qualifiĂ©s comme tels, stricto sans sus, par le parc antiterroriste. Mais nous pensons que ce sont des projets d'action violente. – Donc deux autres, vous dites, le jeune homme de 18 ans, et le quatriĂšme, c'est lequel ?

– Celui que nous avions interpellĂ© au Mans, et qui n'a pas Ă©tĂ© qualifiĂ© comme tel pour l'instant par le parc antiterroriste, parce que nous regardons les supports informatiques, et on essaie de savoir si ce projet a Ă©tĂ© constituĂ©.

4:41
Présentateur

– Et ce jeune homme voulait venir à Paris ?

4:43
Gérald Darmanin

– Il voulait toucher, vous savez, les JO, c'est pas qu'Ă  Paris. – D'accord. – Il y a des Ă©preuves Ă  Saint-Etienne, Ă  Bordeaux, Ă  Nice. – Donc c'Ă©tait en rĂ©gion, plutĂŽt ? – VoilĂ , donc on verra, c'est normalement constituĂ© que cette personne voulait s'en prendre Ă  la France pendant des Ă©preuves olympiques.

4:56
Présentateur

– Alors, Gerdin, vous en parlez Ă  l'instant, autre source d'inquiĂ©tude, la protection des 89 athlĂštes israĂ©liens, et c'est dans un contexte, je le rappelle, de guerre Ă  Gaza, ils sont protĂ©gĂ©s 24 heures sur 24 par des militaires du GIGN. DĂ©jĂ , est-ce que ce sont les seuls, les IsraĂ©liens, Ă  ĂȘtre protĂ©gĂ©s 24 heures sur 24, ou est-ce qu'il y a d'autres nationalitĂ©s ?

5:16
Gérald Darmanin

– Non, il y a des Ă©quipes trĂšs sensibles, les AmĂ©ricains, les Iraniens, l'Ă©quipe palestinienne, on oublie de dire qu'il y a une Ă©quipe palestinienne qui est Ă©videmment la bienvenue aussi, bien sĂ»r, sur le territoire national, qui peut aussi ĂȘtre l'objet d'attaques, l'Ă©quipe ukrainienne, et puis Ă©videmment, ici ou lĂ , selon les matchs, selon les moments, il y aura davantage de protection.

L'Ă©quipe israĂ©lienne est particuliĂšrement protĂ©gĂ©e, j'ai pris cette dĂ©cision, voilĂ , 15 jours, parce que nous connaissons, depuis Munich, depuis les Jeunes Munich, oĂč certains athlĂštes ont Ă©tĂ© assassinĂ©s, nous connaissons la grande sensibilitĂ©, parce que la vie gĂ©opolitique fait qu'ils sont particuliĂšrement menacĂ©s. Et donc, du dĂ©but jusqu'Ă  la fin de leur prĂ©sence sur le territoire national, ils sont protĂ©gĂ©s par des hommes et des femmes du GIGN, du RAID, 24 heures sur 24.

6:00
Présentateur

– Est-ce que c'est les propos de certains insoumis qui considĂšrent que les IsraĂ©liens n'ont pas leur place au JO ? Vous ont poussĂ© Ă  renforcer leur sĂ©curitĂ© ces derniers jours ?

6:10
Gérald Darmanin

– Non, nous ne faisons pas de la politique de sĂ©curitĂ© en fonction de ce que disent les parlementaires de la France insoumise, fort heureusement pour la sĂ©curitĂ© des Français, d'ailleurs. – Vous disiez qu'ils avaient une cible dans le dos. – Mais oui, il est certain que les propos qui sont tenus excitent. Et vous savez, le plus compliquĂ© Ă  comprendre, c'est que quand la parole, le verbe peut tuer, quand la parole est sur les mĂ©dias donnĂ©es ainsi, en dĂ©signant quelqu'un Ă  la vindicte, on peut avoir des loups solitaires qui passent Ă  l'acte. C'est ça le grand danger de nos Jeux Olympiques et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale du terrorisme en France.

Il y a la menace organisĂ©e, exogĂšne d'un État ou d'une organisation comme ça a Ă©tĂ© le cas au Bataclan ou comme l'attentat de Moscou voilĂ  quelques semaines. Ça, Ă©videmment, c'est le travail de lutter contre ces organisations. Et puis il y a des personnes individuelles, des loups solitaires, ce qu'on appelle en renseignement la menace endogĂšne, qui peut passer Ă  l'acte, qui prend un couteau et qui passe Ă  l'acte parce qu'il entend sur Internet, Ă  la tĂ©lĂ©vision, des gens qui appellent au meurtre, plus ou moins directement.

7:02
Présentateur

Vous trouvez que Thomas Porte ou Amri Caron, pour ne pas les citer, ils appellent au meurtre ?

7:06
Gérald Darmanin

Je pense qu'ils ont une grande responsabilité dans la violence qui est commise contre notamment nos compatriotes de confession juive, c'est certain, depuis plusieurs mois, c'est sûr. Appellent au meurtre, le terme est fort.

7:17
Présentateur

Si ça appelle au meurtre et au antisémitisme, ça veut dire que c'est pénisable par la justice.

7:23
Gérald Darmanin

Quand on est un homme politique, quand on est une personne qui a la chance d'ĂȘtre invitĂ© Ă  vos micros et qu'on parle Ă  des millions de Français qui nous Ă©coutent, on a une responsabilitĂ©. Et de dire que la police sue, de dire que les Juifs sont responsables d'une partie des maux de la terre, de dĂ©signer Ă  la vindique, de dire que des attaques ne sont pas des bienvenus, sous prĂ©texte, il faudrait donc leur dire, il faut s'en dĂ©barrasser. C'est ce que ça veut dire. Je pense que ce sont des propos extrĂȘmement violents contre les policiers, contre les Juifs, contre l'Etat. Il y aura des poursuites judiciaires, justement ?

Je sais que madame la procureure de la République de Paris a été saisie, je vais les laisser faire ce travail.

7:53
Présentateur

Alors la cérémonie c'est vendredi, mais avant, il y a dÚs ce soir des premiers matchs, notamment de foot. Mali-Israël, ça se passe au Parc des Princes, et Irak-Ukraine également. Est-ce que ces deux matchs font l'objet d'un dispositif de sécurité particulier ?

8:08
Gérald Darmanin

Alors toutes les compĂ©titions font l'objet de dispositif de sĂ©curitĂ©, mais il est vrai que ces deux matchs, et singuliĂšrement le match au Parc des Princes, fait l'objet d'une sĂ©curitĂ© Ă  pĂ©rimĂštre antithĂ©oriste, ce soir au Parc des Princes, sur un millier de policiers qui vont permettre de faire que nous sommes lĂ  pour le sport. Au bout d'un moment, et je pense qu'on verra ça aprĂšs la cĂ©rĂ©monie d'ouverture, le sport va prendre le pas sur les questions de sĂ©curitĂ©, c'est normal. Et nous allons nous effacer discrĂštement pour que le sport puisse ĂȘtre une fĂȘte, pour que les Jeux Olympiques puissent peut-ĂȘtre pas le rendez-vous de la sĂ©curitĂ©, mais le rendez-vous du sport.

Mais oui, ce soir est un match important pour nos dispositifs de sécurité.

8:41
Présentateur

Et pourtant, les Parisiens et beaucoup de Français voient cet aspect sĂ©curitaire et le constatent au quotidien. Vous avez misĂ© dans la capitale, notamment, GĂ©rald Darmanin, sur deux choses. Les grillages, il y en a beaucoup, beaucoup vous le reprochent, et les QR codes pour accĂ©der aux zones les plus protĂ©gĂ©es. RĂ©sultat, sur RMC et FMTV, on a reçu beaucoup, beaucoup de tĂ©moignages de restaurateurs en colĂšre, vous les avez entendus, mais aussi de soignants ou de malades qui disent qu'on n'a mĂȘme pas pu accĂ©der Ă  certains hĂŽpitaux. C'est du zĂšle, GĂ©rald Darmanin ?

9:10
Gérald Darmanin

Non, nous organisons une fois par siĂšcle les Jeux Olympiques. Ça fait plusieurs annĂ©es, plusieurs mois, que j'Ă©voque les contraintes de faire une cĂ©rĂ©monie d'ouverture sur la Seine. Comme vous l'avez dit, quasiment 400 000 personnes, 100 chefs d'État, toutes les Ă©quipes du monde entier. Nous savions qu'on ne peut pas organiser une cĂ©rĂ©monie d'ouverture sur la Seine sans des contraintes de sĂ©curitĂ©. J'ai la plus grande compassion, le plus grand accompagnement pour les restaurateurs et les commerçants. Je suis fils de restaurateur, je sais ce qu'ils vivent. Et d'ailleurs, ils seront indemnisĂ©s. Il faut le rĂ©pĂ©ter, nous avons prĂ©vu des indemnisations.

C'est la ville de Paris et Bercy qui s'en occupent, ce n'est pas le ministre de l'IntĂ©rieur. Et ces grillages, c'est la concrĂ©tisation du pĂ©rimĂštre antiterroriste. Et les QR codes ? Les QR codes sont gratuits. Chacun peut tout Ă  fait, dĂšs maintenant, sur passejeu.fr, avoir ce QR code gratuit. Et personne n'a Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de rentrer dans le pĂ©rimĂštre s'il avait son QR code. Qu'on soit rĂ©sident, qu'on ait louĂ© un Airbnb, qu'on soit soignant, qu'on soit quelqu'un qui va voir sa grand-mĂšre sur l'Ăźle de Saint-Louis. Il y a 20 000 rĂ©sidents dans cette partie de la Seine. C'est vrai que des contraintes sont extrĂȘmement fortes.

Mais qu'est-ce que vous diriez, si je laissais passer avec le préfet de police dans ce périmÚtre, des personnes qui seraient radicalisées, des personnes qui porteraient une arme ou des bombes ? Vous diriez, le ministre de l'Intérieur, ce n'est pas sérieux, il n'a pas pris les mesures. Donc une fois par siÚcle, nous organisons cela, c'est vrai. Je n'ai pas été celui qui a demandé les Jeux olympiques à Paris. Je suis le ministre qui a concrétisé ce que d'autres avaient proposé et annoncé. Je suis trÚs fier de le faire, mais effectivement, il y a des contraintes.

10:37
Présentateur

Vous ĂȘtes pleinement mobilisĂ©, je le vois, je l'entends sur ces Jeux olympiques, et pourtant vous ĂȘtes un ministre des missionnaires. Vous pouvez bien expliquer aux Français, s'il y a un incident durant ces Jeux, est-ce que vous avez exactement les mĂȘmes pouvoirs qu'un ministre qui serait de plein exercice ? Tout Ă  fait. Donc par exemple, si vous avez besoin d'Ă©crire un dĂ©tail d'urgence, vous pouvez le faire. Tout Ă  fait. Combien de jours maximum ?

10:58
Gérald Darmanin

C'est 12 jours maximum, comme la loi classique. Et le Parlement pourrait prendre le relais si vous devez... C'est quelque chose que vous pouvez envisager. Il faudrait que le prĂ©sident de la RĂ©publique convoque le Parlement, bien sĂ»r, en session extraordinaire, si cela arrivait aprĂšs 1er aoĂ»t. Mais c'est tout Ă  fait le cas. Ce que regardera la jurisprudence, ce que regardera le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, c'est est-ce que c'est trĂšs urgent que de prendre ce genre de dĂ©cision lĂ©gislative ou rĂ©glementaire ? Ce le sera sans doute.

11:22
Présentateur

Gérald Darmanin, vous disiez ce week-end, je vous cite, « Le président m'a demandé d'assurer le bon déroulement des Jeux. » Point et fin de citation. Des Jeux olympiques et paralympiques ?

11:32
Gérald Darmanin

Alors, ce n'est pas moi qui décide de la fin de ce gouvernement.

11:35
Présentateur

Qu'est-ce que vous a dit le président ? Il vous a dit olympique et paralympique ?

11:37
Gérald Darmanin

Il m'a dit des Jeux olympiques. Ah !

11:39
Présentateur

Donc, ça veut dire que le 11 août, vous pourriez quitter le gouvernement ?

11:42
Gérald Darmanin

Moi, je serai lĂ  autant qu'il le faudra pour garantir la sĂ©curitĂ© de nos concitoyens. Le jour oĂč le prĂ©sident de la RĂ©publique nommera un nouveau gouvernement, s'il choisit un nouveau gouvernement oĂč il me remplace, je laisserai ma place au ministĂšre de l'IntĂ©rieur. Mais jusqu'Ă  la derniĂšre heure, derniĂšre minute, je serai en responsabilitĂ© pour la sĂ©curitĂ© des Français. Personne ne comprendra que le ministre de l'IntĂ©rieur aille bainbaucher, aille en vacances, pendant qu'il a la sĂ©curitĂ© des Français, notamment pendant les Jeux olympiques.

12:07
Présentateur

Et d'autres se diraient aussi, c'est étonnant que Gérald Darmanin, qui suit ce dossier depuis des années maintenant, s'occupe des Jeux olympiques et pas des Jeux paralympiques. Parce que la menace est là aussi.

12:15
Gérald Darmanin

Je suis à la disposition du président de la République. S'il faut rester jusqu'au début septembre, je resterai jusqu'au début septembre.

12:19
Présentateur

Alors, lui, il a dit, jusqu'Ă  mi-aoĂ»t, on ne change rien. Il ne changerait pas de gouvernement. AprĂšs, selon vous, il y aura quand mĂȘme une urgence politique Ă  nommer un nouveau gouvernement ?

12:28
Gérald Darmanin

Je pense que pour la rentrée, voilà, il serait normal. C'est quoi la rentrée pour vous ? La rentrée, c'est la rentrée des classes. D'accord. Non, ça ne vous rappelle pas des souvenirs. Si, si, ça fait longtemps, vous savez, mais... Pour la rentrée, je pense qu'il est normal que nous ayons un gouvernement de plein exercice qui puisse, et c'est normal, tirer les conclusions des élections législatives.

12:48
Présentateur

Et vous exclut d'en faire partie, ce prochain gouvernement ou pas ?

12:52
Gérald Darmanin

Alors, je pense que moi, d'abord, je suis trĂšs concentrĂ© sur les Jeux olympiques. Mais vous dites que ce sera sur moi ? J'ai eu le bonheur d'ĂȘtre réélu comme dĂ©putĂ© Ă  Tourcoing. Je compte bien exercer ce mandat de parlementaire. J'ai eu l'occasion de dire que pour moi, ces questions de femmes et d'hommes Ă©taient intĂ©ressantes, mais Ă©taient beaucoup moins intĂ©ressantes que ce que nous allons faire. D'abord, un, j'ai vu que le prĂ©sident de la RĂ©publique, hier, a Ă©voquĂ© le fait que nous avions perdu ces Ă©lections. C'est une trĂšs bonne chose. Parce que dans mon camp, il y a encore des gens qui pensent que nous avons gagnĂ©. VoilĂ , nous n'avons pas... Qui ? Vous pensez Ă  qui ?

Je pense que la bataille des Ă©gaux, la bataille des places, dĂ©montre... À l'AssemblĂ©e ? DĂ©montre qu'il y a un petit problĂšme, peut-ĂȘtre, de comprĂ©hension de ce qu'ont dit les Français. Ils ne nous ont pas reconduit pour faire la mĂȘme politique. Et pas avec les mĂȘmes personnes. Donc ça, c'est bien que le prĂ©sident de la RĂ©publique, moi, j'en suis trĂšs heureux, est dit, avec beaucoup d'humilitĂ©, que nous avions perdu. Alors, certes, personne n'a gagnĂ©, mais nous n'avons pas gagnĂ© non plus. Deux, je comprends du prĂ©sident de la RĂ©publique, qui a dit qu'il fallait faire une introspection. Pourquoi le Rassemblement national fait 11 millions de votes dans notre pays ?

D'abord, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de place au bureau de l'Assemblée nationale. Il a eu raison.

13:50
Présentateur

Je m'arrĂȘte sur ça deux secondes. J'Ă©tais quand mĂȘme Ă©tonnĂ© en Ă©coutant ça hier soir dans la boule du prĂ©sident. Il dit qu'ils n'ont pas de poste Ă  l'AssemblĂ©e. Je suis Ă©tonnĂ©. Mais attendez, il y a quand mĂȘme un groupe Ă  l'AssemblĂ©e oĂč vous n'avez pas votĂ© pour ces gens, pour ces dĂ©putĂ©s Rennes ?

14:03
Gérald Darmanin

Vous ne savez pas pour qui j'ai votĂ©. OĂč est-ce que vous avez votĂ© pour les dĂ©putĂ©s Rennes ? D'abord, le vote est secret. Et moi, j'aime bien que les votes soient secrets de maniĂšre gĂ©nĂ©rale.

14:09
Présentateur

La consignité de ne pas voter pour des députés Rennes ?

14:11
Gérald Darmanin

J'ai eu l'occasion de dire, oui, mais regardons la conclusion de tout ça. Ce n'est pas trĂšs positif. Et je peux dire que les Français, mĂȘme ceux qui n'ont pas votĂ© pour l'AssemblĂ©e nationale, ne comprennent pas que les Ă©lus du Rassemblement national ne soient pas reprĂ©sentĂ©s dans les instances de l'AssemblĂ©e nationale.

14:22
Présentateur

Donc une majorité dit pendant des jours, on ne vote pas pour l'ARN pour ces postes-là prestigieux à l'Assemblée. Et le Président dit deux semaines aprÚs, ah, moi, je ne trouve pas ça normal.

14:28
Gérald Darmanin

Le Président s'est manifestement détaché une partie de sa majorité. Je constate qu'une partie de la majorité s'était détachée du Président de la République. Oui, c'est le moins qu'on peut dire. Donc moi, en tant que citoyen élu, qui représente mes concitoyens, j'ai toujours combattu le Front National dans ma vie. J'ai soutenu Xavier Bertrand quand il a pris la région des Hauts-de-France. Je l'ai battu dans ma ville, je l'ai battu dans mon canton, je l'ai battu dans ma circonscription. Je n'ai rien à voir avec le Front National. Cependant, je peux constater qu'il n'est pas normal qu'en démocratie, on puisse trier les élus. Il n'y a pas de sous-députés, en effet.

C'est un deuxiĂšme point trĂšs important. Et troisiĂšmement, enfin, il faudrait que nous parlions des idĂ©es. Moi, j'ai Ă©voquĂ© un certain nombre de choses. J'ai dit, voilĂ , quelques jours, que je retrouvais que l'augmentation du SMIC, qui Ă©tait l'augmentation des gens qui travaillaient, ce n'est pas de la Cistanat, c'est des gens qui bossent, qui bossent pour 1300-1400 euros par mois. Vous ĂȘtes favorable ? Je suis favorable Ă  cette augmentation. Je pense que les 1600 euros dĂ©cidĂ©s par le Nouveau Front Populaire tuent une grande partie de nos entreprises et de notre industrie. Mais entre 1400 euros et 1600 euros, il y a peut-ĂȘtre une nĂ©gociation. C'est ça, la politique.

C'est de trouver le meilleur compromis. Pourquoi personne ne met des idĂ©es sur la table ? L'intĂ©rĂȘt, ce n'est pas que Mme Duchemolle ou M. Duchemolle deviennent Premier ministre ou prĂ©sident de groupe ou prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale. L'intĂ©rĂȘt, c'est qu'est-ce qu'on fait pour les Français ?

15:36
Présentateur

Vous avez fait des propositions, vous, par exemple ?

15:38
Gérald Darmanin

J'en ai fait une la semaine derniĂšre. J'en referai le 15 septembre, puisque je ferai un grand rassemblement comme l'annĂ©e derniĂšre Ă  10 fois sur les questions sociales. Mais ça, c'est quand mĂȘme trĂšs intĂ©ressant. Les Français, ils nous regardent bizarrement, vous savez. Qu'est-ce que c'est que ces gens ? On a tous Ă©tĂ© votĂ©s trĂšs nombreux. On a votĂ© pour les extrĂȘmes, majoritairement. Ils ont perdu et ils continuent Ă  faire comme avant. Donc moi, je pense, indĂ©pendamment, et ça vaut pour l'NFP comme pour nous, de donner un concours pour savoir qui allait pas ĂȘtre Premier ministre. Ah ben justement, GĂ©rard Daman.

16:03
Présentateur

Je pense que le plus important, ce sont les idĂ©es. Le Front Populaire. Le nouveau Front Populaire a mis des idĂ©es sur la table durant cette campagne. Hier, ils ont enfin donnĂ© un nom, celui de Lucie CastĂ© pour Matignon. Emmanuel Macron a balayĂ© cette idĂ©e, mais justement en deux secondes. Si je rĂ©sume, vous faites barrage Ă  la gauche alors qu'elle est arrivĂ©e en tĂȘte pour les lĂ©gislatives, c'est ça ?

16:24
Gérald Darmanin

Alors, si je peux me permettre, qu'est-ce que la gauche, lĂ  ? Le Front Populaire, la coalition de quatre mouvements. Non, mais moi, je ne soutiendrai aucun gouvernement qui a des dĂ©putĂ©s de la France insoumise en responsabilitĂ©. J'aime trop la police pour prendre des gens qui vont dans les manifestations et disent « la police tue ». Vous voyez, ça, c'est pas possible. Donc si un gouvernement


16:44
Présentateur

Lucie Casté ne l'a pas dit, n'est pas la plus radicale du groupe.

16:47
Gérald Darmanin

Cette dame que je ne connais pas, manifestement, est soutenue trÚs largement par la France insoumise. Par l'EPS aussi, les écologistes. Je distingue les socialistes de la France insoumise. Si tu dis toute alliance, je la rejette. Non, mais je serai le premier à la combattre. Ce n'est pas que je la rejette. Je pense que c'est un point trÚs important de se dire qu'on ne peut pas travailler avec la France insoumise. Les propos antisémites tenus, les propos antipolis tenus font qu'ils ne sont pas, pour moi, dans cet arc républicain. Voilà. Donc le président de la République, pour moi, a raison de dire qu'on ne peut pas nommer un gouvernement avec la France insoumise.

17:19
Présentateur

Il nous reste 30 secondes, GĂ©rald Darmanin. Une derniĂšre question, un petit peu anodine, mais importante. Je vous regarde lĂ . Vous n'avez pas de cravate. Vous faites mĂȘme une stratĂ©gie politique. Je vous cite. La cravate est devenue le symbole d'une Ă©lite. Ne plus la mettre est une façon de montrer que j'ai compris le message. Vous ĂȘtes sĂ©rieux, GĂ©rald Darmanin ? Oui. C'est un peu populiste, non, de dire ça. Je n'ai pas de cravate.

17:38
Gérald Darmanin

Ça va que vous n'habitez pas tout.

17:39
Présentateur

Vous savez, je suis originaire de région, donc je connais trÚs bien.

17:42
Gérald Darmanin

Mais région, on n'est pas originaire de région. Je suis en train de garde, moi aussi. On n'est pas originaire de région. On n'est pas originaire de région, on est de quelque part. Moi, je suis de quelque part.

17:49
Présentateur

Et ils vous disent, enlever la cravate, c'est ridicule ?

17:51
Gérald Darmanin

Moi, je pense que les Français nous ont dit, pas que la cravate. Les voitures avec chauffeur, la façon de se comporter, les mots utilisĂ©s. Nous avons une sĂ©cession entre les Ă©lites politiques, journalistes, magistrats, Ă©conomistes, chefs d'entreprise et les gens. Vous dites, j'ai changĂ©, vous dites, GĂ©rald Darmanin ? Et donc, la cravate, c'est un symbole. En plus, c'est l'Ă©tĂ©, donc permettez-moi, mĂȘme si c'est climatisĂ© ici. Je vous confirme. Il y a beaucoup de gens, vous savez, qui n'en portent pas. C'est un symbole pour dire, justement, pour parler de cette question de la sĂ©cession des Ă©lites.

Les gens qui habitent en dehors de Paris, et il y a beaucoup de gens Ă  Paris qui pensent pareil, parce que malheureusement, ils vivent dans des conditions difficiles et prĂ©caires. Il y a une misĂšre sociale et surtout une distance avec les gens qui, eux, voient la mondialisation qui a rĂ©ussi. Si nous ne le voyons pas, si nous, les hommes poĂ©tiques, on ne se dit pas, on s'est trompĂ©. Ça sera le dernier mot, GĂ©rald Darmanin. Mais c'est trĂšs important. Allez-y. Parce que c'est pour ça qu'il y a 11 millions de voix pour le Rassemblement National, parce qu'il y a l'impression qu'on n'a pas compris le message. Et donc, ils augmentent le son Ă  chaque Ă©lection. Moi, j'ai compris.

Il n'y a pas besoin d'augmenter le son. Et j'ai compris pourquoi les gens votaient Rassemblement National. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci à vous.