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interviewSud Radio — L'invité politique· 7 juillet 2026 16 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze. Jérôme Guedj, bonjour. Vous êtes député PS de l'Essonne, l'une des figures de ce parti et candidat à la présidentielle de 2027. Merci d'avoir accepté l'invitation de Sud Radio. C'est l'actualité du jour et c'est un fait inédit sous la Ve République. Dans six heures maintenant, une décision de justice scellera peut-être le destin du pays. Je parle là du jugement de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Êtes-vous à l'aise avec ce calendrier et ce pouvoir des magistrats ?

0:33
Jérôme Guedj

Écoutez, par principe, je suis à l'aise avec la justice parce que je suis un légaliste, je suis un républicain. La justice est lente. Tous les Français l'expérimentent tous les jours. Et il n'y a pas de situation différente s'agissant du Rassemblement National. Il y a la force de la loi. De fait, nous connaîtrons l'identité du candidat du RN à l'élection présidentielle avec cette décision des magistrats. Évidemment, mais encore une fois, il ne faut pas inverser l'accusation. S'il y a une incertitude, c'est parce qu'il y a eu un comportement qui a été sanctionné par la loi et un comportement qui heurte les Français.

Entre 2004 et 2016, il y a eu de manière permanente, organisée, répétée, un détournement de fonds publics, c'est-à-dire de l'argent de l'ensemble des Français, avec l'affaire des assistants parlementaires au Parlement européen. Donc, c'est ça qui a été sanctionné aussi sévèrement par la justice. Donc, je veux bien qu'on se pose la question de savoir si c'est opportun, si c'est le gouvernement des juges. Mais c'est la concomitance des deux agendas ? Mais attendez, il y a des élections présidentielles tous les cinq ans. Donc, si on veut pouvoir se présenter, on ne commet pas de délit financier, ce qu'a fait Marine Le Pen.

1:39
Présentateur

Je sais bien que tous les adversaires disent que c'est pareil, ou entre les deux candidats, vous, votre point de vue, c'est pareil ou c'est pas pareil ?

1:47
Jérôme Guedj

Non, c'est pas pareil. Incontestablement, c'est le même parti, mais on voit bien qu'il y a deux sensibilités, deux tonalités, deux styles, deux histoires, deux générations. Est-ce que Marine Le Pen est plus coriace que Jordan Bardella ? Je voudrais dire que l'expérience est toujours quelque chose qui est utile dans une élection présidentielle, et d'ailleurs, en général, dans la vie. Il y a une force de la jeunesse, je ne vais pas vous dire le contraire, j'ai été élu jeune, mais je sais qu'on apprend des choses précisément par l'expérience. Donc, écoutez, mais sur le fond, ça reste le même parti politique, qui devra donc être combattu de la même manière. Il est plus fort. C'est différent.

Dans tous les cas de figure, il faudra avoir le débat avec eux.

2:27
Présentateur

Et est-ce que ça changera pour la gauche, d'un point de vue ?

2:30
Jérôme Guedj

Non, il n'y a rien qui change pour moi. Je vous l'avais dit, je suis candidat à l'élection présidentielle. Et quand on est candidat à l'élection présidentielle, on s'adresse à tous les Français. Et moi, j'assume une chose, c'est que je m'adresse aussi à ceux des électeurs qui sont tentés par le rassemblement national pour essayer de formuler des propositions aux colères qui sont souvent à l'origine du vote pour le RN, aux sentiments de relégation, de ressentiment parce que les services publics ne fonctionnent pas, parce qu'on n'arrive pas à avoir un rendez-vous chez le médecin, parce que la fiche de paix n'est pas à la hauteur des besoins pour nourrir sa famille.

Il y a une colère dans le pays. Certains pensent que le rassemblement national est la bonne solution parce qu'ils n'ont jamais été aux responsabilités. Donc le rôle de ceux qui seront dans le débat politique, et moi je veux y être, c'est de s'adresser aux électeurs, à tous les électeurs, sans les trier.

3:15
Présentateur

Alors, autre actualité, c'est la non-censure du gouvernement au sein, et, pardon de le dire comme ça, un peu ce cafarnaum au sein du Parti Socialiste. Il n'y a pas de censure, mais il y a encore plus de fractures au PS. C'est une formule qui, je crois, résume assez bien la séquence qu'on vient de vivre. Sans surprise, la motion de censure, je le raconte, a été initiée par des députés écologistes et co-signée par LFI pour dénoncer la gestion de la canicule par le gouvernement. Mais elle a échoué, et surtout, ce que ça révèle, c'est à nouveau une division, puisque M. Fort a été mis, d'une certaine façon, en minorité. Peu l'ont suivi. Vous-même, est-ce que vous l'avez suivi ?

Est-ce que vous avez voté cette motion ?

3:54
Jérôme Guedj

Non, on peut le raconter maintenant. On a eu un débat, comme à chaque fois, dans le groupe socialiste. On est 69 membres. On a eu un débat très long pour savoir quelle était la position que nous devions avoir.

4:02
Présentateur

En deux temps, il y a eu la veille et puis le lendemain matin.

4:05
Jérôme Guedj

Et la décision qui a été prise avec un vote, parce qu'on est un parti démocratique, a été, au deux tiers, de refuser la censure.

4:12
Présentateur

Oui, mais enfin, le dimanche soir, c'est on part pour voter, et puis le lendemain matin, c'est on ne vote plus.

4:15
Jérôme Guedj

Ah non, non, pas du tout. Le dimanche soir, il y a eu une discussion où se sont exprimées les positions...

4:19
Présentateur

Comment vous expliquez qu'il soit mis en minorité, alors, le lendemain matin ?

4:21
Jérôme Guedj

Non, c'est simplement... Dans les expressions qui ont eu lieu, comme vous dites, le dimanche soir, une très large majorité s'était exprimée contre le fait de censurer le gouvernement.

4:29
Présentateur

Vous diriez qu'il était désavoué ?

4:31
Jérôme Guedj

Olivier Faure a été désavoué ? Objectivement. Non, mais il a le droit d'avoir une position, mais dès l'instant où il y a un fonctionnement démocratique, là où c'est problématique, je le dis, c'est de ne pas avoir respecté la position majoritaire qui s'est dégagée dans le groupe, et d'avoir entraîné avec lui une petite vingtaine de députés. Voilà.

4:48
Présentateur

Alors, il y a des propos quand même un petit peu forts de la part d'un certain nombre de députés. Rémi Branco, vice-président du département du Lot, est proche de Boris Vallaud, dit, Olivier Faure n'a plus d'autre choix que de démissionner.

5:02
Jérôme Guedj

Non, mais vous savez, je ne suis pas certain que les affaires du Parti Socialiste passionnent nos concitoyens. Ils ont bien d'autres sujets. La politique passionne les concitoyens. Tant mieux, alors on va rentrer dans le cœur des choses. Il y a aujourd'hui une ligne de division à l'intérieur du Parti Socialiste. Et aujourd'hui, Olivier Faure, qui, lors du dernier congrès en 2025, a été en effet élu par les militants, mais n'a plus de majorité dans le fonctionnement du Parti. Dans les instances, au Conseil National et au Bureau National, il est minoritaire. Il est dans une sorte de cohabitation. Et on vient de le vérifier, y compris à l'intérieur du groupe.

Donc on est dans cette situation baroque, où on a un chef de parti qui n'a plus les coups d'effranche dans son propre parti et qui est désavoué par ses collègues députés à l'Assemblée Nationale.

5:46
Présentateur

Lui-même dit qu'il ne faut pas confondre minorité et légitimité sur ceux qui réclament son départ. Je ne conteste pas.

5:51
Jérôme Guedj

Il a été élu par les militants. Mais encore une fois, je m'en fiche de savoir si Olivier Faure reste ou ne reste pas premier secrétaire du Parti, puisque c'est la question que vous ne posez pas. Ce qui est important, moi je vais vous dire, c'est qu'on soit en capacité de s'adresser aux Français. Et moi je le fais indépendamment, si j'ose dire, de ce que pense ou de ce que ne pense pas Olivier Faure. Je constate malheureusement que depuis 8 ans qu'il est premier secrétaire du Parti Socialiste, il y a eu une sorte de glissade permanente. Moi je m'adresse à l'ensemble des Français. Je suis le candidat de cette gauche républicaine. Mais il doit démissionner ou pas ?

Une gauche qui doit être digne et une gauche qui doit être crédible. Je viens de vous le dire à l'instant, je m'en contrefiche de savoir s'il démissionne ou s'il ne démissionne pas. Mais il y a un moment où on constate qu'on est désavoué. Voilà, dans le Parti il n'a plus de majorité. Et dans le groupe, il n'arrive pas à convaincre les députés du groupe. Bon voilà, mais encore une fois, ça ce n'est pas grave. Parce que ce qui est important, c'est la manière avec laquelle on va s'adresser aux Français. Et pendant qu'on fait tout ça, on ne parle pas des sujets de préoccupation.

Et moi ça m'agace qu'on ne parle pas des questions de pouvoir d'achat, des questions de comment je remplis le frigo ou le plein d'essence. Et comment on traite ce qui préoccupe nos concitoyens.

6:59
Présentateur

Mais vous le savez, il y a aussi l'actualité interne des partis politiques. Et on est en plein là-dedans, évidemment, dans la perspective de la présidentielle 2027. L'actu, c'est aussi le vote interne qui doit décider entre deux formes de primaires plus ou moins ouvertes. Comment vous voyez cette perspective-là jeudi, compte tenu de ce qui s'est passé en début de semaine ?

7:15
Jérôme Guedj

Je pense que ce qui s'est passé hier, la seule motivation d'Olivier Faure, c'est d'essayer de gagner le dernier vote qui lui permet encore une fois d'asseoir son autorité. La question qui est posée, c'est de savoir aux militants socialistes, c'est de savoir quelle est la manière avec laquelle le candidat de l'élection présidentielle sera désigné avec un système de départage.

7:37
Présentateur

On rappelle que vous-même, vous ne voulez pas participer à cette primaire.

7:41
Jérôme Guedj

Non, moi j'avais indiqué au moment de l'annonce de ma candidature que je ne voulais pas participer justement à la primaire que propose Olivier Faure. La pré-primaire. Non, non, c'est une primaire à terme avec Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain, etc. C'est-à-dire une primaire qui délimite un espace politique.

7:57
Présentateur

Oui, parce que lui demande une alliance de Ruffin à Glucksmann.

7:59
Jérôme Guedj

Non, mais moi je suis pour le rassemblement le plus large de la gauche, mais on ne peut pas commencer en se confrontant avec certains qui continuent à entretenir une relation ambigüe avec Jean-Luc Mélenchon. Moi, vous savez, j'ai assumé ma position. C'est une rupture totale avec la France insoumise. Olivier Faure, malheureusement, a godillé pendant toute la période. Rappelez-vous, pendant les municipales, il ne dit plus d'accord avec la France insoumise en raison des propos relents antisémites de Jean-Luc Mélenchon. Et puis trois semaines après, il s'assied sur sa propre parole.

Et certains des partenaires avec lesquels il veut faire une primaire sont, eux, tentés de faire des accords avec Jean-Luc Mélenchon. Il suffit d'écouter les débats qui traversent, par exemple, le parti Les Écologistes. Donc, à un moment donné, moi je veux de la clarté. La gauche républicaine, une gauche digne et une gauche crédible, c'est une gauche, à un moment donné, qui est capable de dire le bruit et la fureur, ça ne permet pas de gagner les élections. Au contraire, ça déroule le tapis rouge pour le Rassemblement National. On peut avoir des convictions solidement trempées.

Moi, je propose, par exemple, demain, une sécurité sociale intégrale pour tous les Français qui n'auraient plus besoin de se payer une assurance privée. Ça, c'est une réforme systémique majeure de l'Organisation de la Santé. Parlons de ça plutôt que de la petite tambouille politicienne. Les Français ont besoin de réponses claires. On peut avoir des ruptures. On peut être radicalement de gauche, mais on peut être digne et crédible dans la manière de faire de la politique. Refus de la brutalisation et le refus d'une sorte de fuite à l'avant qui ne mène nulle part.

9:16
Présentateur

Mais l'électorat du Parti Socialiste n'est pas extensible. Comment ça va se passer si François Hollande se déclare, si M. Glucksmann confirme ce que tout le monde pense, c'est-à-dire qu'il va se lancer ? Vous allez être nombreux dans cet espace-là.

9:28
Jérôme Guedj

Je vous rassure, à la fin, il n'y en aura qu'un seul dans cet espace-là. Parce que nous sommes des gens responsables. Et bien sûr qu'il ne faut pas qu'il y ait la multiplication des candidatures dans cet espace-là. Moi, je suis candidat à l'élection présidentielle. Il n'y en aura qu'un seul, mais pas avec Jean-Luc Mélenchon. Précisément parce que je pense que des gens qui sont résolument laïcs, qui sont de gauche, qui sont féministes, qui sont pour la construction européenne en y mettant des exigences fermes, cet espace-là, il a besoin d'une incarnation. Si d'autres se présentent dans cet espace-là, on se mettra d'accord. C'est le sens éventuellement du départage qui peut être organisé.

Mais évidemment, il ne faut pas qu'il y ait la multiplication de ces candidatures. Mais il faut que dans cet espace-là, on dise les choses clairement. Et moi, je vous le dis, ce dont a besoin le pays, c'est d'une gauche qui est capable de dire « Il y a des colères, il y a des situations indignes, il y a des situations injustes dans le pays. » Et on ne peut pas les accompagner de manière molle, ce qui est le reproche qu'on a fait parfois dans le passé à la gauche. Mais dans le même temps, on ne passe pas par-dessus bord ce que moi j'appelle les principes républicains. Moi, je suis laïque. Je ne suis pas pour reconnaître ni le communautarisme, ni l'essentialisation du débat dans la société.

Donc on peut être à la fois très républicain et pour une transformation sociale. C'est cet espace-là qui manque probablement d'incarnation aujourd'hui.

10:36
Présentateur

Alors justement, Jean-Luc Mélenchon et la LFI font pas mal parler d'elle et de lui ces dernières 48 heures. Il y a deux affaires, l'affaire France Culture, Guillaume Herner, l'affaire aussi Rima Hassan. Et puis il y a les propos de Karim Bouhamran, du Parti Socialiste, qui dit « Moi, ce ne sera ni Goebbels ni Hitler. » C'est une formule assez choc. Est-ce que vous aussi, vous renvoyez le RN et LFI dos à dos, de ce point de vue-là ?

11:02
Jérôme Guedj

Moi, je l'ai dit depuis des mois, aujourd'hui, et je leur en veux beaucoup pour ça, d'une certaine manière, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, pardon, je me suis trompé. Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, par leur proposition et leur incarnation, en réalité, déroulent un tapis rouge aux rassons nationales. Et donc, s'il est au deuxième tour de l'élection présidentielle, alors là, que ce soit Bardella ou Le Pen, je vous parie, en effet, qu'il gagnera. Parce que le niveau de rejet de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion publique, y compris à gauche, est tel que ce qui fonctionne d'habitude, qui est le Front Républicain, ne fonctionnera pas.

Et donc, aujourd'hui, pour combattre ce qui est mon objectif, le RN sur le fond, il faut contenir LFI, y compris sur le fond. Et donc, il faut avoir cette incarnation et ces propositions fortes venant de la gauche républicaine. Il y a une réaction à une actualité judiciaire différente,

11:52
Présentateur

c'est celle de Rima Hassan, on en parle peu. Elle est jugée pour apologie du terrorisme, aujourd'hui, via un tweet qui a été retiré. Bref, Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, sera poursuivi, puisqu'il y a quatre victimes du 7 octobre qui ont porté l'affaire devant les tribunaux. Comment vous réagissez face à cela ?

12:11
Jérôme Guedj

Mais je dis une chose, ça prolonge ce que je viens d'évoquer. Ça ne fait que renforcer votre conviction ? Évidemment, on ne peut pas s'être fait la cerise politiquement et s'être dit, tiens, on va pouvoir s'adresser à une partie de la population en flirtant avec l'apologie du terrorisme. Quand j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques jours, en allant soutenir un militant anticapitaliste qui était lui-même poursuivi pour ses motifs, en disant, écoutez, ça se discute de savoir si les attaques du 7 octobre étaient terroristes. Moi, un des éléments de la rupture définitive et radicale avec eux a été ce qui s'est passé le 7 octobre.

12:44
Présentateur

Et on rappelle qu'il a été votre ami

12:46
Jérôme Guedj

et il est devenu votre meilleur ennemi, d'une certaine façon. En tous les cas, j'ai milité dans ma jeunesse avec lui et aujourd'hui, j'ai quelqu'un qui délibérément fait le choix de conflictualiser, de brutaliser, d'essentialiser dans le débat public. Franchement, le pays n'a pas besoin de ça.

12:58
Présentateur

Quand il appelle au boycott de la matinale de France Culture, vous réagissez comment ? Est-ce que c'est vraiment une méthode démocratique ? Est-ce que ça ne préfigure pas de quelque chose d'inquiétant ?

13:06
Jérôme Guedj

Écoutez, moi, je vais vous dire une chose. Je n'ai pas envie de passer ma vie à parler de Jean-Luc Mélenchon. Il fait tout ça pour qu'on parle de lui. Comprenez, ne tomberont pas dans le piège. Il met des provocations en permanence dans le débat pour qu'on vienne les commenter. Donc, quand ce n'est pas des ambiguïtés sur le terrorisme ou sur l'antisémitisme, c'est un rapport aux journalistes, etc. Bien sûr qu'il est en permanence dans l'incarnation d'une forme d'autocratie. Mais encore une fois, le meilleur moyen de ne pas le mettre au centre du jeu, c'est de dérouler ce qu'on a à dire. La liberté d'expression, la liberté de travail des journalistes, elle doit être sacrée dans ce pays.

Et on ne peut pas, d'un côté, condamner ce que fait Bolloré et se dire que dans le service public, il y aurait une forme d'organisation systémique contre lui.

13:49
Présentateur

Alors, terminons par le fond, si vous le voulez bien, et la question du budget, qui peut être un nouveau blocage. Sébastien Lecornu, c'est une initiative qui paraît intéressante, propose une nouvelle taxe qu'il a expliquée ce week-end lors des journées économiques à Aix-en-Provence. Une nouvelle taxe qu'on appelle faussement nouvelle taxe Zuckmann, qui est en réalité une sorte de mécénat forcé. Il s'agit de faire quelque chose pour que les transmissions du grand capital aillent alimenter des fonds d'investissement. Est-ce que c'est une bonne piste ? Est-ce que vous reprenez cette idée ?

14:22
Jérôme Guedj

C'est probablement insuffisant par rapport à l'ampleur de l'enjeu. C'est une idée de Philippe Aguillon, d'ailleurs, qui est prix Nobel de l'économie. Nous, ce qu'on a réussi à faire, notamment l'année dernière, c'est de pointer l'inégalité majeure dans l'extrême concentration du patrimoine et des inégalités de patrimoine. Ça, ce sera au cœur de votre campagne ? Là, ce sera évidemment au cœur de la campagne que je mettrai sur la table parce que pour financer les services publics, pour avoir des hôpitaux décents, pour avoir des lignes de transport qui sont réouvertes, il y a besoin de la solidarité nationale. Et pourquoi tout s'est délité ?

Parce que ces dernières années, on a baissé les impôts d'une petite catégorie de la population. Et les inégalités de patrimoine, encore une fois, ça ne concerne pas les auditeurs de Sud Radio. Ce n'est pas eux qui sont concernés par une éventuelle taxe sur les très hauts patrimoines. C'est clair. Donc, Sébastien Lecornu, qui est habile, a compris qu'il fallait apporter une réponse sur ce terrain-là. Donc, le mécénat volontaire ou forcé, je n'ai toujours pas compris, c'est probablement insuffisant. Et moi, je suis convaincu... C'est une façon de flécher l'argent des grandes fortunes. On peut le dire comme ça. Oui, mais vous savez quoi ? Moi, je crois au principe de l'impôt. Voilà.

On ne demande pas aux gens volontairement de payer l'impôt et de le flécher vers l'école, vers l'hôpital, etc. On paye l'impôt et c'est le propre de la démocratie et des parlementaires de répartir le produit de cet impôt. Donc, moi, ce que je veux, je vais être très clair, c'est que les très grandes fortunes payent proportionnellement autant d'impôts que les autres. Et s'ils ont du patrimoine, s'ils ont de l'optimisation, s'ils ont des holdings, qu'ils n'échappent pas. Voilà. Moi, je suis un patriote. J'aime mon pays. Et le patriotisme républicain, il commence d'abord par un patriotisme économique et un patriotisme fiscal.

15:52
Présentateur

Merci infiniment, Jérôme Guedj. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle pour 2027. Et merci infiniment d'avoir accepté l'invitation de Sud Radio ce matin. Très bonne journée. Les 8h34. On poursuit dans un instant la discussion pour le Grand Débrief. A tout de suite.

L'invité politique Sud Radio - Avec Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle — Jérôme Guedj · Pourquijevote