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interviewRMC — Face à Face· 10 septembre 2020 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 10/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:13
Gabriel Attal

Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Porte-parole du gouvernement. Covid, nous avons besoin de réponses. Vous avez entendu ce que dit le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. Le gouvernement va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles dans les 8 à 10 jours maximum.

0:32
Présentateur

Le gouvernement s'y prépare. D'abord, moi ce que je veux dire, c'est que toutes les décisions qu'on a eues à prendre depuis le début de cette crise sont difficiles. Par principe, quand vous prenez une décision qui restreint la liberté de circulation, qui impose le port du masque, que ce soit dans des lieux clos ou à l'extérieur, c'est difficile. Parce que c'est les libertés des Français. Et donc on va devoir continuer à prendre des décisions difficiles comme on en a pris depuis le début de cette crise. L'important, c'est de prendre des mesures responsables.

Quand vous avez une situation de reprise épidémique avec certains territoires où la situation est plus marquée qu'ailleurs, évidemment, il faut s'adapter, il faut prendre des mesures pour contenir et maîtriser au mieux possible le virus.

1:06
Gabriel Attal

Je m'arrête. 29 départements en zone rouge. Le CHU de la Guadeloupe, qui est au bord du burn-out, si je puis dire, qui est débordé. Débordé. La situation qui s'aggrave. Il y a des cas en masse qui arrivent dans les hôpitaux de la Guadeloupe. Alors, quelles mesures préparez-vous ?

1:29
Présentateur

On suit de près, s'agissant de la Guadeloupe, la situation outre-mer. Il y a eu plusieurs pics dans plusieurs territoires d'outre-mer. On se souvient de ce qui s'est passé en Guyane, à Mayotte. Aujourd'hui, il y a des tensions fortes en Guadeloupe. Et moi, je veux rappeler, je veux dire évidemment que non seulement le gouvernement, l'État, suit la situation de près, mais qu'on envoie des moyens dès que c'est nécessaire et qu'on s'adapte là aussi au jour le jour pour que toutes les personnes qui ont besoin d'être accueillies, d'être soignées, le soient. Maintenant, s'agissant du Conseil de Défense, il a lieu demain.

Vous comprenez que c'est compliqué pour moi de faire les annonces avant l'heure. Mais si on veut dégager les sujets dont on va devoir parler, il y a la question des tests. Là, on voit que la France a augmenté très fortement sa capacité de test. On est aujourd'hui un des pays dans le monde qui teste le plus quand on rapporte au nombre d'habitants, mais qui a des difficultés, notamment sur la priorisation des tests. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'on a arrêté une stratégie à la fin du mois d'août en Conseil de Défense, qui consiste à dire que quand vous êtes une personne vulnérable ou quand vous avez des symptômes ou quand vous êtes contact d'une personne qui a été testée positive, il faut que vous puissiez vous faire tester très vite. On a mis en place des protocoles au niveau national avec les laboratoires pour garantir qu'il y ait...

2:35
Gabriel Attal

Mais tout le monde se presse. Tout le monde se presse dans les laboratoires. Tout le monde se presse. C'est remboursé par la Sécurité sociale. Il faut deux, trois, quatre heures d'attente. C'est un choix que vous avez fait. C'est un choix qu'on a fait de permettre au plus grand nombre de se faire tester. Mais pourquoi ne pas organiser, par exemple, des files prioritaires pour les patients munis d'ordonnances ?

2:53
Présentateur

Alors, ce que je vous dis, c'est qu'il y a une priorisation qui a été décidée en août. Pour que ceux qui sont munis d'ordonnances, mais aussi des personnes qui sont vulnérables, des personnes âgées qui ont un doute, mais aussi des personnes qui ont été en contact avec une personne qui a été testée positive, puissent être testées en priorité par rapport aux autres. C'est le cas dans un certain nombre d'endroits. Il y a des plateformes régionales qui ont été mises en place. Je pense à l'Île-de-France, au Haut-de-France. Mais ce n'est pas encore le cas partout. Donc, ça, c'est un sujet dont on va parler demain. Voir comment on peut être plus efficace dans ce sujet des tests.

3:20
Gabriel Attal

Comment être plus efficace ? Encore une fois, organiser une priorité, mais l'organiser systématiquement,

3:26
Présentateur

une priorité pour ceux qui ont une ordonnance. Faire en sorte que ce soit le cas partout. Évidemment, aussi, continuer à développer les capacités de test. On voit que... Un million ? Oui, on est à plus d'un million maintenant par semaine. On teste plus en France qu'en Allemagne. Quand on rapporte au nombre d'habitants, qu'en Espagne, qu'en Italie. Donc, on teste beaucoup. Il faut continuer à développer ce qu'on appelle des barnum de tests. C'est-à-dire des centres de tests qu'on met sur la voie publique pour que des Français qui ont besoin de se faire tester...

3:51
Gabriel Attal

Et les tests de dépistage rapide, on en est où ?

3:53
Présentateur

On avance. La recherche avance. On espère que dans les prochaines semaines, on pourra avancer sur ce sujet-là. Il y aura aussi un point... On pourra avancer dans les prochaines semaines.

4:03
Gabriel Attal

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne les a pas pour l'instant et qu'on les aura qu'en avant la fin de l'année ?

4:07
Présentateur

Le sujet, c'est qu'il faut, avant de se lancer dans un nouveau test, que ce soit les tests antigéniques, tests salivaires, tests oropharyngés... On voit qu'il y a plusieurs possibilités de tests qui sont aujourd'hui ouverts. Il faut être sûr qu'ils fonctionnent. Il faut être sûr qu'on n'a pas ce qu'on appelle des faux positifs, des faux négatifs, c'est-à-dire des personnes qui seraient détectées par ce test négatif alors qu'en réalité, elles sont positives. Et donc, il y a un travail de recherche qui est fait, un travail d'homologation. Ce n'est pas qu'un sujet en France.

Vous savez, en Conseil de défense, régulièrement autour du Président de la République, on fait un point sur la recherche et on fait un point sur où en sont nos voisins européens. Bon, ils se posent tous les mêmes questions que nous sur ces tests, mais on va avancer très vite. Et le Président de la République a demandé qu'au plus vite, on puisse développer cette situation.

4:45
Gabriel Attal

Il va y avoir à la télévision, à des comptes quotidiens, du nombre de personnes infectées, du nombre de personnes qui entrent en réanimation et du nombre de décès.

4:53
Présentateur

Il y a aujourd'hui un des comptes qui est annoncé tous les jours par Santé publique France. Oui.

4:57
Gabriel Attal

Avec un communiqué de presse qui est publié. Il va y avoir tous les jours une communication devant les journalistes, je ne sais pas, du directeur général de la santé, comme on l'avait vu au plus fort de la crise.

5:08
Présentateur

Aujourd'hui, ça n'est pas prévu. L'important, c'est qu'on soit régulièrement, les membres du gouvernement, à disposition des journalistes, à disposition des médias pour s'exprimer.

5:18
Gabriel Attal

29 départements en zone rouge. Est-ce que les rassemblements de 10 personnes dans ces zones-là seront interdits ?

5:26
Présentateur

Encore une fois, c'est la difficulté de mon exercice ce matin. Oui, non mais d'accord. Donc vous y réfléchissez.

5:32
Gabriel Attal

Mais ce que je veux vous dire.

5:32
Présentateur

Vous y réfléchissez. Je vais vous dire quelque chose. Des mesures ?

5:35
Gabriel Attal

Oui, allez-y.

5:36
Présentateur

S'il y a une chose que l'épidémie nous a appris depuis le début, et en tout cas, que moi, en tant que porte-parole, j'ai bien intégré, c'est qu'on ne peut jamais rien exclure par principe. Et que quand on a voulu, par principe, dire « Non, ça, on ne le fera pas » ou « Ça, ça n'arrivera pas », en général, on a été démenti parce que c'est une maladie qui est nouvelle, parce qu'on continue à apprendre des choses tous les jours, parce que la situation évolue. Et donc, on ne peut pas exclure quoi que ce soit par principe.

5:59
Gabriel Attal

C'est l'obligation de déclarer auprès du préfet tout rassemblement de plus de 10 personnes. Je ne peux pas vous dire que c'est ce qui va être décidé. Sur ce point-là aussi, il y aura réflexion demain. Sur tous les sujets et sur ces points-là. Confinement partiel aussi.

6:15
Présentateur

Est-ce que demain, vous allez envisager un confinement partiel ? Je vais vous dire, à ce stade, rien ne me permet de dire qu'on va décider ça demain. Mais parce qu'on va discuter demain... Vous allez en discuter demain de cela, du confinement partiel. On va discuter de la situation de l'épidémie en France. On va regarder les territoires dans lesquels elles circulent plus que d'autres. On voit qu'il y a des situations aujourd'hui inquiétantes à Marseille, à Bordeaux, dans d'autres territoires.

Et on va regarder les mesures qui sont recommandées par les autorités scientifiques, qui sont discutées avec les autorités locales, les élus, et les mesures qu'il convient de prendre dans ces territoires pour être responsables. Et encore une fois, pour protéger les Français. C'est ça l'objectif.

6:51
Gabriel Attal

L'isolement. Est-ce qu'on peut aller jusqu'à des contraintes ?

6:55
Présentateur

Des contraintes, c'est-à-dire des... Des contraintes, d'isolement,

6:58
Gabriel Attal

d'isoler les personnes âgées, d'isoler ceux qui sont infectés par le virus, les obliger à rester chez eux.

7:06
Présentateur

Je ne sais pas. On peut faire beaucoup de choses. Pour répondre aussi à votre précédente question, je vais vous donner un exemple. Cet été, on s'en souvient tous, je crois, on a eu une situation épidémique très difficile en Mayenne. Oui. C'était un cas à part en France. Il y a eu une reprise épidémique importante en Mayenne. On a pris un certain nombre de mesures, notamment, ce que vous disiez tout à l'heure, sur les rassemblements de plus de 10 personnes. On les a pris sur la Mayenne. Donc, on l'a fait en Mayenne. On pourrait le faire dans 29 départements aujourd'hui, classés rouges. Je ne vous dis pas qu'on le fera dans 29 départements classés rouges. La situation, elle varie selon...

Y compris dans ces départements. Ce n'est pas la même nature. Oui, mais pas bon. Ce n'est pas la même circulation du virus.

7:40
Gabriel Attal

L'exemple de la Mayenne est un exemple à suivre. C'est pour vous dire que... C'est un exemple à suivre.

7:44
Présentateur

Oui, la Mayenne a été un exemple à suivre parce que ça a fonctionné. C'est aujourd'hui un exemple à suivre parce que ça a fonctionné. On a eu des résultats positifs puisqu'on a réussi à endiguer cette reprise de l'épidémie. Maintenant, je ne vous dis pas qu'on va faire dans les 29 départements rouges ce qu'on a fait en Mayenne. Je vous dis qu'on ne peut rien exclure, qu'il y a un certain nombre de mesures possibles et que, quelles que soient les décisions qu'on prendra, on les prendra parce que c'est les décisions responsables à prendre pour lutter contre l'épidémie parce que c'est notre responsabilité de les prendre.

8:10
Gabriel Attal

Aujourd'hui, combien d'établissements scolaires et de classes sont fermés en France métropolitaine ?

8:16
Présentateur

Alors, les chiffres dont je dispose qui sont des chiffres France entière qui ne sont pas que la France métropolitaine qui datent d'hier soir et qui donc correspondent à la journée de mercredi, c'est 32 établissements fermés en France ce qui correspond à 0,05% des établissements. Il faut toujours le rappeler. 32 établissements fermés. Il y a plus de 60 000 établissements scolaires en France et 524 classes qui ont été fermées sur à peu près 150 000 classes en France. 524 classes fermées. Donc, on voit que c'est une augmentation par rapport aux jours précédents mais que ça reste limité par rapport au nombre de classes

8:50
Gabriel Attal

et au nombre d'établissements en France. Et les parents des enfants, les parents qui travaillent de ces enfants qui ne peuvent plus aller en classe, que vont-ils devenir ? Le gouvernement va-t-il remettre en place

8:59
Présentateur

un dispositif particulier ? Oui, c'est le choix qu'on a fait. C'est difficile pour les parents dont la classe des enfants est fermée ou l'établissement. Les parents doivent travailler. Donc, ce qu'on a décidé, c'est que pour les parents qui ne pourraient pas télétravailler. En disant ça, je le dis tout net, tout le monde ne peut pas télétravailler et s'occuper de son enfant en même temps. Ça dépend de la nature du travail, de la manière dont on peut adapter les horaires. Ça dépend de l'âge de l'enfant aussi. Donc, évidemment, ça s'adapte au cas par cas.

Mais si vous ne pouvez pas télétravailler, si l'établissement de votre enfant a été fermé et si la commune ne propose pas un dispositif de garde pour votre enfant, dans ce cas, le dispositif d'activité partielle, de chômage partiel, comme il est désormais bien connu par les Français, s'appliquera. Et donc, les parents pourront en bénéficier. À 84%. À 84%. Les parents pourront en bénéficier. Sur la manière dont ça va se faire, c'est important que les parents le sachent. C'est l'établissement scolaire qui donnera aux parents un document administratif qui permettra d'attester que la classe ou que l'école est fermée.

C'est ce document que les parents en question pourront remettre à leur employeur pour faire valoir le chômage partiel.

10:02
Gabriel Attal

Oui, le dispositif d'activité partielle de longue durée à 84% du salaire net sera maintenu jusqu'à l'été prochain. C'est ce qu'a annoncé Elisabeth Borne sur BFM Business. Oui, c'est ce que je confirme. Ce que vous confirmez. Niveau de prise en charge, on reste à charge limitée à 15% pour l'employeur. Oui. Et pour les indépendants ?

10:21
Présentateur

Pour les indépendants, s'agissant de la garde d'enfants, le choix qui a été fait, parce qu'il n'y a pas beaucoup de choix, en fait, c'est celui des indemnités journalières. Indemnités journalières. Et donc, il faut se connecter sur le site je crois que c'est déclar.amélie.fr quand on est indépendant et donc déclarer à cet endroit-là. Et pour être peut-être totalement complet, puisqu'on a parlé des salariés, des indépendants, et aussi les fonctionnaires qui peut-être se posent la question. Là, c'est ce qu'on appelle une autorisation spéciale d'absence qui est bien connue et qui est à faire valoir auprès de son...

10:50
Gabriel Attal

Pendant l'incrisse du Covid, on en a beaucoup parlé, et le président de la République le premier, des salariés de deuxième ligne. Les caissières, les conducteurs routiers, les livreurs, les éboueurs, toutes celles et ceux qui ont continué à travailler, qui ont fait marcher notre société, qui ont touché parfois des primes jusqu'à 1 000 euros, pas toujours 1 000 euros. Je constate, et ils constatent, que les augmentations de salaires prévues ne sont pas au rendez-vous. Or, le président de la République avait insisté sur la revalorisation des salaires de ces personnes-là. Il y a un cadre de discussion sociale avec les partenaires sociaux, avec le patronat.

Chez les routiers, la proposition d'augmentation de salaire est de 0,4%. C'est ridicule. Il y a encore une fois... Il y a moyen d'être

11:32
Présentateur

ridicule. On a un dialogue avec les partenaires sociaux, avec le patronat, pour parler de tous ces sujets-là. Comment est-ce que le Covid a changé la vie dans l'entreprise ? Comment est-ce que le Covid doit permettre de revaloriser un certain nombre de professions ? Ça veut dire qu'on se pose des questions sur le télétravail et comment il va s'organiser sur le long terme. On se pose aussi des questions sur la rémunération. Et vous l'avez dit... Parce que c'est bien beau

11:50
Gabriel Attal

de les applaudir.

11:51
Présentateur

Bien sûr. Faut-il qu'ils gagnent mieux leur vie ? Bien sûr. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a pris une décision très importante s'agissant des soignants et d'ailleurs de toutes celles et tous ceux qui travaillent à l'hôpital. C'est important de le rappeler. Le Ségur de la Santé, 10 milliards d'euros, c'est une augmentation de salaire dès la fin du mois de septembre puisque ça commence fin septembre. 90 euros à fin septembre en plus sur le salaire et 90 euros en plus à partir de janvier. Si on a mis cet engagement, c'est précisément parce qu'il y a eu ce moment... Le SMIC augmentera ? Aujourd'hui, il n'y a pas de décision d'augmentation du SMIC. Non, non. Mais encore une fois...

12:23
Gabriel Attal

Pas de coup de pouce, rien. Moi, je n'ai pas d'annonce à faire sur le sujet aujourd'hui. Non, non, non. Mais je vous prenie la question.

12:28
Présentateur

Je n'ai pas d'annonce à faire sur le sujet aujourd'hui. Je n'ai pas d'informations sur ce sujet. Je n'ai pas d'informations sur ce sujet. Vous ne savez pas. Je ne veux rien exclure. Vous ne savez pas. On ne peut rien exclure. Non, je ne veux rien... Quand je n'ai pas d'informations, vous savez, il vaut mieux se taire que dire une bêtise. Surtout quand on est porte-parole. Oui, ça, c'est pas évident. Donc je ne préfère pas m'exprimer sur ce sujet-là.

12:55
Gabriel Attal

Il y a un sommet de la Méditerranée aujourd'hui, présidé par Emmanuel Macron. Est-ce que la France va prendre en charge une partie de ces migrants et notamment les enfants et les adolescents ?

13:10
Présentateur

C'est dramatique cette situation. J'ai vu, comme je pense, beaucoup de monde les images d'hier. On parle de personnes qui souvent ont fui la guerre, ont fui des atrocités, se retrouvent dans un camp surpeuplé qui brûle et se retrouvent dans la misère la plus totale. C'est dramatique et ça doit tous nous interpeller. Depuis qu'Emmanuel Macron a été élu, s'agissant de la crise migratoire, la France, elle a toujours été au rendez-vous de ses responsabilités.

Le premier combat d'Emmanuel Macron, ça a été de dire qu'il faut qu'on s'accorde avec d'autres pays européens et notamment les pays d'Europe du Sud pour que chacun prenne sa part parce que ce n'est pas un pays qui prend la part pour tous les autres.

13:44
Gabriel Attal

Il n'y a aucun pacte migratoire européen. Il n'y a pas de répartition des migrants dans les pays européens, dans l'Union Européenne. Rien depuis trois ans. Je vous ai dit,

13:53
Présentateur

le premier combat, ça a été d'avoir cette coalition. Il n'y a pas de pacte migratoire au niveau de l'Union Européenne. Il y a des pays qui se sont accordés entre eux avec la France parce qu'on a été à l'initiative et quand il y a eu des situations qui se sont présentées, la France, comme ces pays, je pense au Portugal, je pense à l'Espagne, on prend en charge une partie de ses migrants.

14:09
Gabriel Attal

Non mais on, c'était le passé, le présent. Est-ce que la France va prendre en charge une partie de ses migrants ?

14:15
Présentateur

Hier, le président de la République s'est exprimé et a dit que la France serait au rendez-vous. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a eu un contact, en l'occurrence mon collègue Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires Européennes, avec son homologue grec pour lui demander très concrètement quelles sont vos demandes, quels sont vos besoins. Est-ce que vous avez des demandes en matériel ? Donc la France prendra en charge une partie de ses migrants ? La France sera au rendez-vous. Jean-Jacques Bourdin, on a demandé aux Grecs ce dont ils avaient besoin. Est-ce qu'ils avaient besoin de matériel ? Est-ce qu'ils avaient besoin qu'on organise ce mécanisme de répartition ?

Si c'est la demande qui est faite, la France sera au rendez-vous ? Ça veut dire que la France prendra en charge une partie de ses migrants si les Grecs le demandent ? Notamment pour des enfants qui sont éligibles au droit d'asile par exemple. Donc vous confirmez

14:53
Gabriel Attal

que la France...

14:54
Présentateur

Oui, je confirme.

14:55
Gabriel Attal

Bien. Dites-moi, j'ai plusieurs questions à vous poser et notamment les jeunes enfants, le soutien aux jeunes enfants et à leurs parents. Vous avez vu le rapport qui a été rendu. Oui, Cyrulnik. Le congé paternité. Il propose, dans ce rapport, Boris Cyrulnik propose un congé paternité prolongé et tendu à neuf semaines. Est-ce que le gouvernement y est favorable ? Est-ce que c'est une mesure ? Oui. Je vous vois sourire, Gabriel Attal. Parce que j'avais entendu parler de ça. Arlene Schiappa en avait parlé. Entre autres, elle n'est pas la seule. Est-ce que vous allez prolonger ce congé paternité ?

15:34
Présentateur

On regarde ça avec intérêt ? Ça ne va pas vous satisfaire ? Oui, ça ne me satisfait pas. Oui, ce que je vous dis, c'est qu'on va même un peu plus loin. On le regarde avec bienveillance parce que c'est quoi le sujet ? Bienveillance, ça veut dire quoi ? Bienveillance, c'est rouge jour aujourd'hui ? Neuf semaines, ça veut dire que ça sera acté ? Je ne peux pas vous faire l'annonce avant mes collègues ministres. Non, mais... Ce que je veux dire, c'est qu'il y a une intention d'aller vers ça. Mais pourquoi ? Parce qu'on parle là, c'était l'objet du rapport de Boris Cyrulnik, des mille premiers jours de l'enfant.

Et c'était une commande du Président de la République parce que c'est mille jours qui sont décisifs. C'est mille jours qui, si on apporte aux enfants l'accompagnement dont ils ont besoin et aux parents aussi, parce que l'enjeu, c'est la parentalité, si on leur apporte ce dont ils ont besoin, si l'État est là pour les accompagner, on peut donner beaucoup de chance à ces enfants ensuite pour s'émanciper, pour s'épanouir et pour grandir. Donc, c'est une mesure qui sera prise dans les prochaines semaines ? C'est une mesure qu'on regarde avec beaucoup d'intérêt.

16:26
Gabriel Attal

Oui, qui sera prise Oui, la décision est prise.

16:33
Présentateur

Je ne crois pas que la décision soit prise, sinon je pourrais vous le dire. Et c'est pour ça que je ne vous le dis pas. Mais vous inviterez ma collègue Elisabeth Moreno qui est ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes.

16:43
Gabriel Attal

Je m'intéresse beaucoup aux promesses d'Emmanuel Macron. Beaucoup, parce qu'il faut les tenir, les promesses de Gabriel Attal. J'en ai une autre. Je suis prêt, voilà ce qu'a dit Emmanuel Macron, je suis prêt à avancer dans ce sens. Il voulait parler de quoi ? Du vote. À 16 ans. Oui. Est-ce que vous êtes favorable ?

16:58
Présentateur

Moi, avant d'être porte-parole du gouvernement, je suis secrétaire d'État chargée de la jeunesse. Et oui, c'est pour ça. Je me suis beaucoup déplacé en France et j'ai rencontré énormément de jeunes de 16 ans, de 17 ans, engagés pour leur pays, chez les jeunes sapeurs-pompiers volontaires, dans des associations, avec un regard sur la situation, sur ce qui se passe. Quand on voit ça, on se dit, évidemment qu'un jeune comme ça qui a un regard sur son pays, qui a envie de contribuer, il faut qu'il puisse voter. Et pourquoi j'ai toujours été partagé sur ce sujet-là ? Parce que le fait est qu'aujourd'hui, les jeunes ont le droit de vote à 18 ans et qui ont un taux d'abstention très important.

Et pour moi, la question du droit de vote à 16 ans, elle se posera vraiment le jour où on aura réussi à convaincre les jeunes à partir de 18 ans d'aller voter. Pour moi, le combat, déjà, c'est que les jeunes, quand ils ont 18 ans, qu'ils ont le droit de vote, aillent voter. Ça veut dire, pour l'instant, non. Pour l'instant, ça n'est pas prévu. Ce n'est pas prévu. Non. D'ailleurs, ça implique de modifier la constitution. En Allemagne, aux élections locales. Aux élections locales. Oui. Un jeune de 16 ans, le droit de voter. Vous savez, j'avais regardé un certain nombre de pays qui l'ont mis en place, notamment, pour toutes les élections. La Slovénie, par exemple.

Oui, je crois, dans mon souvenir, Slovénie, la Suède. Et il y avait des études intéressantes qui montraient que quand ça avait été mis en place, en Écosse, dans l'élection qui suivait, vous aviez une participation importante des jeunes à 16 ans. Mais que, assez vite, ça revenait finalement à un niveau d'abstention important, puisque l'abstention des jeunes, c'est un phénomène auquel tous les pays sont confrontés. Moi, je crois que ce n'est pas une fatalité. Je crois que si les formations politiques sont capables de parler aux jeunes, de s'emparer des sujets qui les préoccupent, et évidemment, la question du climat et de l'environnement, on peut venir faire voter les jeunes.

Donc, ce que je vous réponds, c'est que moi, j'y suis favorable sur le principe. Mais pour moi, c'est une décision qu'il faudra prendre quand on aura réussi le combat pour la participation des jeunes aux élections déjà aujourd'hui.

18:41
Gabriel Attal

Autre sujet. Là aussi, j'ai besoin d'une réponse directe. Vous allez me dire quand sera signé le décret autorisant Ça fait des semaines et des semaines que tout le monde attend. Oui, je sais bien. La décision a été prise, le décret n'est pas signé. Je sais bien.

18:59
Présentateur

Alors pourquoi et quand sera-t-il signé ? Il sera signé rapidement. Mais rapidement. C'est mon collègue Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, qui va le signer. Toujours un de vos collègues. Ah bah oui, quand vous êtes porte-parole, c'est pas inquiète.

19:11
Gabriel Attal

Alors le porte-parole sert à quoi ?

19:13
Présentateur

Il sert à d'abord expliquer ce que fait le gouvernement, à donner du sens en parlant de ce qu'on fait sur tous les sujets. Il sert à répondre aux questions. Parfois c'est possible, parfois ça n'est pas possible. Il sera signé avant la fin de l'année ?

19:25
Gabriel Attal

Comment ? Il sera signé avant la fin de l'année ?

19:27
Présentateur

Il sera signé, je crois, avant la fin de l'année.

19:29
Gabriel Attal

Oui, ça je peux le dire. Oui. Donc en 2021, on pourra consommer pour des raisons thérapeutiques du cannabis ? On pourra aller au bout

19:40
Présentateur

de cet engagement qui avait été pris.

19:42
Gabriel Attal

Bon, en 2021. On est bien d'accord ? Oui. Bon, une dernière chose, j'ai vu que les PV de stationnement, il ne sera plus nécessaire de payer l'amende pour se contester. Vous avez vu ça ? Vous voyez,

19:51
Présentateur

on ne voit pas tout.

19:52
Gabriel Attal

C'est le Conseil constitutionnel qui est... Voilà.

19:54
Présentateur

Je vais regarder ça avec attention et on en reparle. Bon, merci Gabriel Attal. Je me rends maintenant dans le Rouennais, en Loire, parce qu'être porte-parole du gouvernement, ce n'est pas simplement être sur des plateaux télés, c'est aussi aller sur le terrain. Je vais incarner un sujet et parler d'un sujet dont on a malheureusement un peu parlé, c'est le plan de relance. On a mis 100 milliards d'euros pour changer la vie des Français.

20:12
Gabriel Attal

On a beaucoup parlé,

20:13
Présentateur

on en parle beaucoup et on en parlera beaucoup. Je vais aller voir un viticulteur bio parce qu'on va mettre des fonds pour permettre aux agriculteurs, aux viticulteurs de convertir leur exploitation en bio. Je vais aller voir des commerces de centre-ville parce qu'on met 150 millions d'euros pour permettre aux commerces de centre-bourg pour revitaliser les villes moyennes d'être rénovées. Je vais aller voir une entreprise...

20:30
Gabriel Attal

Les éleveurs qui, pour beaucoup, sont au bord de la faillite. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que le foin, parce qu'il n'y a pas de foin. Oui, c'est un sujet sur lequel...

20:37
Présentateur

Les aides seront apportées. C'est un sujet sur lequel travaille mon collègue Julien Denormandie et évidemment, on accompagnera les acteurs.

20:45
Gabriel Attal

Merci beaucoup, Gabriel Attal. Merci d'être venu nous voir RMC et BFM TV. Il est 8h54.