La Coordination rurale appelle à poursuivre la mobilisation des agriculteurs
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Qu'est-ce que vous avez envie de lui répondre ?
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Qu'est-ce qui vous manque encore en fait ?
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Sur quels produits ?
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Vous aussi vous produisez des cérales ?
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On n'a pas le droit d'en produire en France, on a le droit d'en vendre ?
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Et donc là-dessus vous attendez des avancées.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il y a la taxe abandonnée sur le gazole non routier. »
- 1:00PrésentateurFait
« Il y a des sanctions contre des industriels de l'agroalimentaire qui ne respectent pas la loi EGalim sur les prix qui sont censés garantir un revenu décent aux producteurs. »
- 1:08PrésentateurFait
« Il y a une opposition renouvelée du gouvernement au traité Mercosur, au traité de libre-échange avec l'Amérique du Sud. »
- 1:37Invité politiqueFait
« J'ai tout simplement un exemple, on en parle très peu, c'est qu'il y a des importations massives d'OGM encore qui arrivent en France. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Gabriel Attal pour revenir à ce sujet n'a rien mentionné hier sur ça. »
- 3:32Invité politiqueChiffre
« il n'y a plus d'un agriculteur qui se suicide tous les jours en France. »
- 4:43Invité politiqueChiffre
« les agriculteurs on représente 2% de la population. »
- 5:43Invité politiqueFait
« la coordination rurale elle est complètement apolitique. »
Temps de parole
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France Inter, Alibadou, Marion Lourd, 6-9. Il est 6h20 et le premier invité de cette matinale avec vous Marion Lourd. Il est agriculteur et il préside la Coordination Rurale du Loir-et-Cher. Le deuxième syndicat du monde agricole. Bonjour Edouard Legra. Bonjour. Vous avez entendu les annonces du Premier ministre Gabriel Attal hier à votre attention, à l'attention des agriculteurs. Qu'est-ce que vous avez envie de lui répondre ?
C'est à noter déjà, il s'est rendu sur le blocage, donc déjà je trouve que c'est un bon signe de sa part. Et on va dire que les premières annonces sont bonnes, mais comme on pourrait dire, c'est bien mais peut mieux faire. Ça manque de précision et après on va dire qu'on n'était pas naïf, mais il y a encore des choses très importantes qui malheureusement n'ont pas vraiment été abordées hier.
Pour revenir un peu dans le détail, il y a plusieurs pas en avant quand même sur les revendications de ce mouvement des agriculteurs. Il y a la taxe abandonnée sur le gazole non routier. Il y a des sanctions contre des industriels de l'agroalimentaire qui ne respectent pas la loi EGalim sur les prix qui sont censés garantir un revenu décent aux producteurs. Il y a une opposition renouvelée du gouvernement au traité Mercosur, au traité de libre-échange avec l'Amérique du Sud. Qu'est-ce qui vous manque encore en fait ?
Vraiment ce qui est très très important et ce qui nous manque c'est le respect on va dire de notre cahier des charges en France par rapport à toutes ces importations qui arrivent. C'est-à-dire qu'aujourd'hui le marché est trop libre et toutes les marchandises qui peuvent rentrer en France ne respectent pas forcément le cahier des charges. J'ai tout simplement un exemple, on en parle très peu, c'est qu'il y a des importations massives d'OGM encore qui arrivent en France.
Sur quels produits ?
Notamment sur les cérales.
Vous aussi vous produisez des cérales ?
Oui voilà c'est pour ça que j'en parle. Disons que nous on n'a pas le droit d'en produire en France donc je trouve ça complètement aberrant si vous voulez. Et Gabriel Attal pour revenir à ce sujet n'a rien mentionné hier sur ça.
On n'a pas le droit d'en produire en France, on a le droit d'en vendre ?
On a le droit d'en acheter en fait si vous voulez. Et donc d'en vendre ? Et après d'en vendre effectivement oui.
Dans les supermarchés ?
Dans les supermarchés et après c'est transformé si vous voulez. Et c'est là où il y a un problème de transparence vis-à-vis de nos consommateurs. C'est qu'aujourd'hui je suis persuadé que les consommateurs ne savent pas toujours qu'ils consomment des OGM régulièrement dans leur repas.
Et donc là-dessus vous attendez des avancées. Donc pour l'instant le mouvement se maintient. En tout cas c'est la position de votre syndicat, la coordination rurale.
Exactement le mouvement se maintient puisqu'encore une fois je tiens à dire que les premières avancées sont bonnes de Gabriel Attal mais pas suffisantes. Donc aujourd'hui on va continuer le mouvement et des blocages la semaine prochaine. Puisque notamment encore un sujet qui me tient à cœur, il n'a rien mentionné aussi pour les jeunes installés.
Vous attendiez quoi pour les jeunes installés ?
Par exemple qu'il y ait un accès aux fonciers plus facile pour eux et c'est très compliqué pour accéder à du foncier. Notamment pour des jeunes qui sont hors cadre familial.
Donc vous attendez encore des avancées. Aujourd'hui il y a un blocage par chez vous à Romorantin ?
Il y a un blocage oui par chez nous à Romorantin. Il y en a eu un hier à Tours avec les jeunes agriculteurs. Et la semaine prochaine normalement nous refaisons un blocage du côté de Vendôme. Et beaucoup d'agriculteurs me demandent si on va se déplacer à Paris la semaine prochaine. Donc je pense qu'il va y avoir une concertation dans le week-end. Mais on a encore des agriculteurs sur le terrain qui sont très très motivés. Et en fait c'est malheureux à dire mais ils n'ont plus rien à perdre. Enfin je tiens à le rappeler il n'y a plus d'un agriculteur qui se suicide tous les jours en France.
Cette question du libre-échange et des produits qui peuvent arriver qui ne respectent pas les mêmes normes que les nôtres. Elle est réglée au niveau français ou ça relève de l'Union Européenne ?
Ça relève de l'Union Européenne. Donc c'est pour ça on savait très bien que Gabriel Attal hier il n'avait pas de baguette magique. Mais on va dire on attend de la transparence avec lui. Et demain on est prêt à s'entendre et aller côte à côte discuter à l'Europe avec lui. Mais aujourd'hui en fait on ne voit pas les leviers sur lesquels on peut agir pour aller plus vite. Notamment sur ces clauses miroirs et ces importations massives qui ne respectent pas les règles françaises.
Une clause miroir ça veut dire qu'on demande à un produit venu de l'étranger de respecter les mêmes règles que nos produits à nous.
C'est ça. C'est tout simple mais c'est encore pour nous très abstrait aujourd'hui et on ne voit pas du tout les effets de ces clauses miroirs.
Parmi ceux qui ont abandonné dès aujourd'hui le blocage il y a Jérôme Bale qui était à l'initiative du mouvement en Occitanie qui n'est pas lui encarté dans un syndicat. Est-ce que les formations comme la vôtre comme la coordination rurale ont encore vraiment la main sur ce mouvement agricole ?
Si vous voulez moi je vais être très clair en fait les agriculteurs on représente 2% de la population. Aujourd'hui il y a trois syndicats agricoles donc la FNSA, la coordination rurale et la confédération paysanne. Alors moi je milite si demain il peut y avoir qu'un seul syndicat pour être plus fort et faire venir on va dire des agriculteurs qui ne sont pas syndiqués aujourd'hui. Je trouverais ça très bien. On est avant tout des agriculteurs et je pense que et on le voit finalement aujourd'hui on est tous sur le terrain et on milite tous pour la même chose.
Mais vous n'êtes pas dépassé par une base qui est un peu autonome, qui fait un peu les choses dans son coin ?
Ah bah disons qu'on voit clairement et il faut être transparent, on a de la transparence donc il faut être transparent aussi. Aujourd'hui le terrain c'est lui qui a la manœuvre et c'est lui qui va décider. Après nous on ne veut surtout pas de dérapage et on ne veut pas de casse sur le terrain.
Très vite, vous n'avez pas l'impression d'être récupéré par les différents partis politiques ? Je pense par exemple au Rassemblement National de Marine Le Pen qui va se rendre demain sur une exploitation agricole ?
Alors je tiens à le dire, la coordination rurale elle est complètement apolitique. Nous que de l'extrême droite à l'extrême gauche, tous les agriculteurs on va dire votent en leur âme et conscience. Après évidemment beaucoup de politiques nous tendent la main et on va dire vu que la population est derrière nous, évidemment les politiques veulent nous récupérer. Mais je pense que, et malheureusement c'est l'un des malaises sur le terrain, c'est qu'on croit de moins en moins à la politique et encore une fois que ce soit de l'extrême gauche jusqu'à l'extrême droite.
Edouard Legra, président de la coordination rurale du Roi du Loire et Cher, merci beaucoup d'être venu sur France Inter.
C'est moi qui vous remercie.