Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 31 août 2020 24 min

Valérie Pécresse veut des sanctions qui "emmerdent" le délinquant "plus qu'il emmerde la société"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, la présidente de la région Île-de-France, avec laquelle vous pourrez dialoguer dans une dizaine de minutes, 0-1, 45, 24, 7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. La rentrée de l'exécutif a été centrée sur l'épidémie de Covid au moment où celle-ci rebondit fortement en France. Jean Castex était notre invité mercredi dernier et nous disait à la fois pas d'affolement mais responsabilité de chacun d'entre nous. Du côté de l'éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lui, nous en parlait jeudi sur Inter.

Le protocole sanitaire a été précisé, notamment pour ce qui concerne le port du masque chez les adultes et les élèves. Alors avant d'entrer dans les détails avec vous, dites-nous pour commencer si de votre point de vue, l'exécutif fait tout pour bien gérer cette nouvelle phase de l'épidémie, si le dispositif mis en place vous semble à la hauteur.

0:58
Valérie Pécresse

Je crois d'abord que le fait que l'Île-de-France tout entière soit désormais classée rouge, doit effectivement nous interpeller collectivement et nous appeler tous à une forte responsabilité individuelle. Vous l'avez dit Nicolas Demorand, je pense que chacun d'entre nous est responsable du bon respect des gestes barrières et de respecter les mesures de précaution sanitaire prises par le gouvernement. Et je ne suis pas ici pour les questionner parce que je pense que quand on est face à une crise sanitaire, on doit tous se serrer les coudes et on doit tous ensemble essayer de faire toujours plus pour que ça se passe bien.

Le sujet c'est la reprise économique, c'est le retour à l'emploi des salariés, c'est d'éviter que l'Île-de-France, comme certains le prévoient, se retrouve avec un million de chômeurs à la fin de l'année, avec une montée extrême de la pauvreté et c'est faire en sorte que cette rentrée scolaire de tous les dangers se passe bien en rassurant à la fois les parents et les enseignants. C'est ça ma mission et je l'assume aux côtés de l'État.

1:56
Invité

La décision de devoir porter le masque partout, dans les entreprises, dans les écoles, mais aussi dans les rues de Paris, vous semble-t-elle justifiée ou excessive ?

2:06
Valérie Pécresse

C'est la décision qui a été prise et moi je m'y plierais, comme je me plierais à toutes les décisions sanitaires qui seront prises. Je pense que nous sommes un pays où on aime bien critiquer le pouvoir, mais là je crois qu'aujourd'hui le sujet c'est vraiment rétablir la confiance et pour rétablir cette confiance, pour éviter que la pandémie se répande, il y a des mesures à prendre. En revanche, j'ai été très satisfaite que le préfet de police de Paris ne décide pas de fermer les restaurants à 23h, comme ça a été fait dans les biches du Rhône. Pourquoi ? Mais tout simplement parce que je pense que le remède était pire que le mal, pour deux raisons.

D'abord parce qu'à 23h on aurait retrouvé sur le trottoir, comme on l'a vu cet été, des agrégats de personnes qui se seraient mis à boire dehors, ce qui, sanitairement, est encore pire. Et par ailleurs, nous avons 20 à 30% des restaurateurs qui sont menacés de faillite. Le tourisme en France a été plutôt bon cet été, mais évidemment les Français ont fui les villes, ils ont fui Paris, et donc on a vraiment toute une filière qui est menacée.

3:09
Invité

Donc éviter à tout prix, selon vous, de fermer les restaurants et les bars, c'est ça que vous nous dites ?

3:14
Valérie Pécresse

Pas à tout prix, mais aujourd'hui et à ce stade, je pense que les mesures de précaution qui sont prises dans les restaurants, les mesures de précaution qui seront prises aussi dans les lieux culturels, parce que toute la culture est menacée, sont suffisantes pour permettre leur réouverture. Il faut qu'on trouve un chemin, et ce n'est pas facile, il faut qu'on trouve un chemin entre la protection de la santé et le retour à l'activité.

Parce que sinon, on va avoir vraiment une crise sociale qui sera une déflagration pour le pays, et vous le savez, la France malheureusement est celle en Europe dont le PIB, dont la richesse nationale recule le plus, parce qu'on a eu des mesures qui étaient très draconiennes. Donc il faut trouver cet équilibre entre mesures de sécurité et reprise économique, reprise de l'activité, reprise de la culture, reprise de la convivialité aussi.

3:59
Présentateur

Valérie Pécresse, vous avez dénoncé la défaillance de l'État qui a donc refusé de distribuer des masques gratuits aux élèves qui font leur rentrée demain. Le Premier ministre s'en est expliqué ici, à ce micro, en disant en substance que l'État a beaucoup fait, fait beaucoup, mais ne peut pas tout. Il faut que chacun, là encore, et sur ce sujet, prenne ses responsabilités. Est-ce que cette position vous a finalement convaincue ?

4:23
Valérie Pécresse

D'abord, défaillance ce n'est pas mes mots. Ce que j'ai dit, c'est que la région Île-de-France, qui est la région la plus touchée, là encore, l'une des régions les plus touchées par l'épidémie, prendrait ses responsabilités. Pourquoi ? Parce que, oui, l'État ne peut pas tout, mais les collectivités sont là, et il faut leur faire confiance, et il faut travailler avec elles. Et nous, en Île-de-France, nous craignons, nous craignons que la crise Covid n'aggrave les inégalités scolaires. Nous craignons que ces fractures béantes qu'on connaît dans la société française, elles ne s'élargissent encore.

Et c'est pour ça que la région a décidé de fournir des masques dans les lycées, mais comme d'autres départements ont décidé de les fournir dans les collèges. Nous les fournissons aux élèves, nous les fournissons aux professeurs, parce que je ne veux pas qu'il y ait le moindre prétexte pris, la moindre inquiétude, qui fasse que des élèves ne retournent pas. Nous avons, vous avez ces disparus du Covid. Les disparus du Covid, c'est ces élèves que les professeurs n'ont pas réussi à joindre depuis le confinement. Il faut qu'ils reviennent en classe. Tout commence par l'éducation, c'est la première promesse républicaine.

5:23
Invité

Oui, il me semble que vous avez employé le terme de défaillance de l'État la semaine dernière, on vérifiera. Il y a un grand impensé en cette rentrée, il n'y a pas encore de réponse claire du gouvernement. Qui va gérer les élèves si jamais un lycée ferme ? C'est à l'État de les prendre en charge ou c'est aux parents de se mettre en RTT, de poser des RTT pour se débrouiller ? On n'a pas vraiment de réponse de l'État. Est-ce que vous en avez une, vous ?

5:45
Valérie Pécresse

Alors, nous à la région, on a fait quelque chose que je pense l'État pourrait copier. Pour les professeurs, nous l'avons fait pour les agents. Vous savez que la région a des agents régionaux qui font l'entretien, le gardiennage, la cantine scolaire. Nous savons qu'avec le Covid, nous aurons à peu près 10% des personnels absents. Parce qu'ils seront malades ou parce qu'ils seront en risque de santé. Et donc, nous avons contacté des agences d'intérim pour pouvoir organiser le remplacement en temps réel de tous les personnels qui risquent de manquer. Je pense que l'État devrait faire la même chose pour les futurs profs qui seront nécessairement absents. Ça, c'est la première chose.

La deuxième chose, c'est le numérique. Il faut organiser, et ça aurait sans doute dû être fait cet été, il faut organiser une formation très rapide de tous les enseignants qui ne sont pas familiers du numérique. Parce que vous parliez de qu'est-ce qu'on fait si la classe ferme. Mais avant de fermer l'intégralité de la classe, on peut aussi imaginer une solution intermédiaire dans laquelle on ne met plus que 15 élèves et on met les 15 autres en numérique et on filme le professeur. Mais pour ça, il faut des ordinateurs. C'est pour ça que la région va donner un ordinateur à chaque élève qui rentre en seconde. Cette année, on ne donne plus le choix aux équipes pédagogiques.

L'ordinateur, il rentre dans le cartable comme les manuels. Et il est fourni par la région à tous. Et puis, il faut former les professeurs. Parce que ce n'est pas à eux de tout apprendre. L'éducation nationale a une responsabilité. Donc je pense que sur ces deux sujets, il faut que l'éducation nationale se mobilise.

7:11
Invité

Mais vous ne m'avez pas répondu sur les parents. Est-ce que les parents vont devoir poser des RTT pour s'occuper de leurs enfants ? A votre avis ? Parce que maintenant, c'est vrai que c'est une zone grise, si j'ose dire. On a posé la question à Jean-Michel Blanquer qui a dit « On prévoit des choses, mais on ne sait toujours pas ce qui est prévu. » Est-ce que demain, dans 15 jours, un enfant est déclaré Covid, on ferme la classe ? Est-ce que les parents des 30 élèves vont devoir poser des RTT pour s'occuper de leurs mômes ? Pour moi, c'est malheureusement une évidence.

7:36
Valérie Pécresse

Parce que je ne connais pas les règles que l'État va édicter. Mais si vous avez des malades dans une classe, ça veut dire que toute la classe doit se mettre en 14N. Si la classe se met en 14N, ça veut donc dire que les parents eux-mêmes peuvent être aussi cas contact. Donc je pense que malheureusement, on risque d'arriver à une situation qui ressemble à celle du confinement, mais en beaucoup plus petit, c'est-à-dire avec des petits clusters et des 14N qui sont déclarés.

8:02
Présentateur

Vous dites s'il y a un cas, la classe se met en 14N ?

8:05
Valérie Pécresse

Non, pas un cas, pardon. Ce sera plusieurs cas, vous savez. Il y aura des normes.

8:09
Présentateur

Vous avez les normes, vous avez le protocole. S'il y a un cas dans une classe, c'est la classe qui ferme, c'est l'école, le lycée qui ferme ?

8:16
Valérie Pécresse

Monsieur Demorand, je ne suis pas ministre de l'Éducation nationale. En plus, les règles vont évoluer, j'imagine, en fonction de la gravité de la pandémie et de son déploiement. Ce que je peux vous dire juste, c'est que j'appliquerai les règles sanitaires strictement et que donc nous fermerons les classes dès que le ministère nous demandera de les fermer.

8:34
Présentateur

Les transports en commun d'Île-de-France, Valérie Pécresse, ont été très durement touchés par le Covid. Il y a aujourd'hui un trou de 2,6 milliards d'euros. Vous avez demandé à l'État de compenser intégralement les pertes. État qui répond que la région, vous donc, doit aussi mettre la main au portefeuille. Où en sont les négociations ?

8:55
Valérie Pécresse

Alors, on a bien avancé depuis l'arrivée de Jean Castex à Matignon, puisque nous avons eu des réunions à la fin de l'été. Nous, nous avons fait, Île-de-France Mobilité, une proposition qui nous paraît être une proposition constructive, que toutes les recettes des entreprises qui ont été stoppées avec le chômage partiel, avec le moratoire sur le versement de transport, puissent être compensées par l'État. Et que, en revanche, sur les pertes de recettes des voyageurs, c'est-à-dire tous ces franciliens qui n'ont pas pris les transports, tous ces touristes qui ne sont pas venus, l'État nous concède, comme il l'a fait pour Air France, une avance remboursable avec un différé de remboursement.

Alors, pourquoi un différé de remboursement ? C'est parce que, vous le savez, nous avons entamé la révolution des transports, nous avons commandé à Alstom, à Bombardier, à Iveco, des bus électriques, des tramways, des trains neufs. Pour le Grand Paris, notamment ? Pour le Grand Paris, mais pas que. Pour la rénovation du RERB, du RERD, on aura le RER de nouvelle génération qui arrive dès décembre. Donc, si vous voulez, pour tous ces investissements que les franciliens attendent depuis 30 ans, nous ne voulons pas les différer. Donc, j'ai demandé qu'on puisse avoir cette avance remboursable avec un différé de remboursement. C'est-à-dire que, Ile-de-France prendra ses responsabilités.

Mais la seule chose que je veux dire, et je crois que le gouvernement l'a entendu, c'est que ça n'est pas aux franciliens de payer un impôt Covid. On ne va pas demander aux franciliens d'augmenter le pass Navigo en cette rentrée pour payer le trou dans la caisse. Le pass Navigo ne va pas augmenter ? Le pass Navigo n'augmentera pas en septembre. En septembre, vous précisez. N'augmentera pas là pour payer une dette Covid. Et j'ai dit au gouvernement Est-ce qu'il augmentera en janvier ? Écoutez, non. Aujourd'hui, la situation sociale du pays est telle que je souhaite maintenir le prix du pass Navigo.

10:36
Invité

Encore une question avant de passer à la sécurité. Le plan de relance de 100 milliards d'euros sera présenté ce jeudi par le Premier ministre. Juste une petite question. Est-ce que vous et les autres présidents de région et les présidents de départements, est-ce que vous avez été suffisamment consultés par le gouvernement pour établir ce plan ? Est-ce que vous avez pu suffisamment dire j'ai des besoins là, j'ai des besoins là ou pas assez ?

10:56
Valérie Pécresse

Je ne vais pas vous surprendre. J'aurais préféré que ce plan de relance soit complètement co-construit avec les régions et les territoires. Pourquoi ? Tout simplement parce que les régions ont la compétence du développement économique et la compétence de la formation. Ma crainte avec ce plan de relance, qui a été conçu évidemment par l'État d'abord, c'est que soit oublié telle ou telle branche, tel ou tel secteur d'activité. Vous parliez tout à l'heure des transports du quotidien.

Moi je suis évidemment, et je l'ai dit au Premier ministre, totalement favorable à ce qu'on ait un plan de relance très fort sur la construction de nouvelles lignes, sur la construction de prolongements de métro, de nouveaux tramways. Je suis totalement favorable à ça. Mais on ne va pas relancer les transports avant de les avoir sauvés. Il faut d'abord payer les trains, d'abord payer les RER, d'abord payer les bus.

11:42
Invité

Donc encore un plan trop jacobin,

11:44
Valérie Pécresse

vous écoutez. J'entends qu'on nomme des sous-préfets à la relance. Il me semble qu'il y a dans toutes les régions des conseillers régionaux dont la mission c'est le développement économique. Donc ce que je crois, c'est que le Covid, la crise Covid a montré que les territoires, les régions, les départements, les mairies étaient vraiment très en prise avec les besoins des Français et plus aussi en prise avec la dynamique économique. Donc je crois vraiment qu'on aurait pu faire ce plan en co-construction et qu'en tout cas, il faudra le faire redescendre dans les régions.

12:15
Présentateur

Les actes de violence se sont multipliés cet été. Valérie Pécresse qui a donné l'occasion à la droite de dénoncer un été orange mécanique selon Xavier Bertrand. Nadine Morano traite certains délinquants de Salle Racaille. Bruno Retailleau a parlé de la sécurité comme du trou noir du quinquennat d'Emmanuel Macron. Vous avez parlé de nouveaux barbares. À quoi sert cette violence verbale sinon à hystériser le débat ?

12:40
Valérie Pécresse

Mais si vous avez écouté mes discours jusqu'au bout et je suis sûre que vous l'avez fait Nicolas Demorand, vous avez vu que mon objectif et notamment avec mon mouvement d'idées libres c'est d'apporter des solutions et des solutions de très grand bon sens. Des solutions républicaines au problème. Nous avons un problème aujourd'hui dans le pays c'est un problème avec la sanction. La sanction. Il n'y a pas d'éducation il n'y a pas de respect de la loi sans une sanction immédiate, rapide, proportionnée, adaptée. Et tant qu'on n'aura pas et je crois que c'est l'angle mort de la politique du gouvernement j'allais dire on va dire depuis François Hollande rien n'a changé.

13:17
Invité

Vous dites que c'est la sanction Valérie Pécresse. Éric Dupond-Moretti dit qu'il y a bien sanction pénale. Par exemple, il dit que la moitié des majeurs interpellés lors des violences après le match PSG-Bayern ont déjà reçu une réponse pénale et il dit qu'il y a aujourd'hui un taux de réponse pénale en France qui est de l'ordre de 90%. Alors, c'est où le problème

13:34
Valérie Pécresse

de la sanction ? Eh bien, je vais emmener le ministre de la Justice au tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis où les juges ont fait une conférence de presse il y a quelques mois pour dire qu'ils avaient l'impression de prononcer des peines fictives. Alors, c'est quoi un juge qui a l'impression de prononcer des peines fictives ? C'est un juge qui condamne donc il y a une réponse pénale comme dirait le ministre de la Justice il y a une réponse pénale il condamne mais la condamnation n'est pas exécutée. Et pourquoi elle n'est pas exécutée ?

Parce que le centre éducatif fermé il n'existe pas il n'y a pas de place parce que les prisons sont bondées explosent et que ces nouvelles places de prison dignes dignes qui respecteraient la dignité humaine des condamnés elles n'ont jamais été construites on nous les promet depuis des années. Alors, qu'est-ce que je propose ? Parce que il ne suffit pas de dénoncer une situation que tout le monde connaît 60 000 peines non exécutées chaque année. Je propose qu'on soit beaucoup plus pragmatiques et qu'on aille vers des sanctions qui sont des sanctions qui frappent le délinquant soit au portefeuille enfin qui lui qui l'emmerde plus qu'il n'emmerde la société.

Exemple par exemple les dealers quand on les chope on devrait pouvoir confisquer le cash qu'ils ont sur eux. Et bien on n'a pas le droit aujourd'hui. Les voyous qui font des rodéos sauvages qui polluent tout le quartier on n'a pas le droit de leur confisquer leur moto s'ils ne sont pas le propriétaire. Or évidemment qu'est-ce qu'ils font ? Ils vont emprunter la moto du copain en disant c'est pas moi le propriétaire. Tout ça c'est pareil. Les réseaux de mineurs isolés étrangers qui sont des esclaves de mafieux pourquoi ? Parce qu'ils ont 13 ans, 14 ans ils sont étrangers mineurs donc ils sont condamnés et ils échappent à toute peine.

Il faut avec les pays d'origine faire des protocoles de retour de ces mineurs étrangers isolés. C'est de l'esclavage humain. La situation humanitaire et sécuritaire est inacceptable. Ils ont cambriolé tout l'été. Donc des solutions. Les prisons elles doivent être différenciées. On ne peut pas mettre les djihadistes et les caïds avec des primo-délinquants et des mineurs. Le bracelet électronique Madame Salamé aujourd'hui à quoi ça sert ? A remettre les délinquants dans leur quartier c'est un trophée. Il faudrait l'utiliser pour les éloigner du quartier les mettre dans des centres de détention d'un nouveau genre.

J'ai plein de propositions pragmatiques à faire au ministre de la justice et j'ajoute que Madame Belloubet avait demandé à la région de financer les nouvelles places de prison qu'on a dit oui franchement ce n'est pas notre mission.

16:02
Invité

On note l'utilisation de gros mots dans la bouche de Valérie Pécresse

16:05
Valérie Pécresse

ce matin. De temps en temps ça fait du bien. Je ne le ferai pas quand j'irai faire la rentrée scolaire. J'espère bien c'est tout à l'heure.

16:13
Présentateur

La parole aux auditeurs de France Inter.

16:15
Auditeur

Gilles, bonjour et bienvenue. Oui, tout d'abord merci de prendre ma question et de la passer parce que ce n'est pas toujours le cas. Bah écoutez, allez-y. Des fois on a trois quarts d'heure et qu'on s'entend dire C'était trop tard. Mille excuses. Mille excuses Gilles. Vous avez la parole. Donc on va faire un peu de prospective Madame Pécresse en se projetant en 2021. Donc serez-vous candidate à la primaire ? Sinon, quelle est la personne que vous voyez pour être capable de battre M. Macron en 2022 ? Et question subsidiaire si vous arrivez aux affaires serez-vous capable de faire mieux que le gouvernement Castex et Macron ?

16:57
Présentateur

Merci Gilles pour cette question politique. Donc Valérie Pécresse vous répond.

17:01
Valérie Pécresse

Gilles pose beaucoup de questions en une. D'abord dire que évidemment compte tenu de la situation du pays et de ma région moi je suis pleinement dans l'action mais vous l'avez compris je vois des situations qui sont inacceptables à la place qui est la mienne et je veux dénoncer et proposer. Alors le temps des campagnes viendra il n'est pas venu et donc je ne répondrai pas à la question de Gilles pleinement. Pourquoi ? Parce que tout simplement je pense que les français ne nous pardonneraient pas de ne pas nous les politiques exercer nos responsabilités jusqu'au bout et sans penser à la prochaine élection. Alors vous dites ça

17:38
Invité

à notre auditeur vous avez fait votre rentrée politique samedi dans l'Essonne devant 2000 de vos partisans et des élus de votre mouvement libre je vous cite je veux pour mon pays je ressens le devoir de parler plus fort encore je ressens comme jamais l'impérieuse nécessité de construire avec vous un avenir qui n'est pas construit d'avance si ce n'est pas une déclaration de candidature ou une anticipation c'est quoi ? C'est une déclaration d'amour à la politique

18:02
Valérie Pécresse

parce que aujourd'hui il y a plein de français c'est pas la langue de bois madame Salamé aujourd'hui il y a plein de français qui se disent les politiques ça ne sert à rien la politique ça ne sert à rien toutes les façons on est au fond du trou et personne ne va nous en sortir donc j'ai essayé effectivement de remonter le moral à tous ces élus à tous ces français engagés en leur disant qu'on a besoin d'eux pour relever la France l'économie française qu'on a besoin d'eux pour inventer des solutions qu'on a besoin d'eux et que la politique c'est noble et ça sert à quelque chose vous participerez aussi

18:34
Invité

le week-end prochain là c'était la rentrée de Libre vous participerez le week-end prochain à la rentrée de votre ancien parti Les Républicains dont vous avez claqué la porte c'est eux qui vous ont invité ou c'est vous qui vous êtes invité comme a dit le Parisien ?

18:45
Valérie Pécresse

écoutez je crois que le Parisien fait une petite rectification sur son information fausse d'hier c'est Christian Jacob qui m'a demandé de venir comme Hervé Morin m'a demandé de venir aux universités des centristes et Jean-Christophe Lagarde à l'université de l'UDI ma conviction c'est que la droite ça répondra aussi c'est la question de Gilles la droite elle gagne quand elle s'élargit elle gagne quand elle rassemble y compris même peut-être une partie de la gauche républicaine qui se sent trahi par une gauche aujourd'hui à la dérive à la dérive anti-républicaine

19:18
Présentateur

une question sur l'application de France Inter qui nous ramène un instant sur le dossier des transports question rentrée et transport en commun pour Valérie Pécresse près de 1000 pannes relevées depuis début 2020 sur la ligne B du RER matériel vieillissant réseau wagon surchargé retard interruption de circulation priorité dit Véronique au Charles de Gaulle Express quand cette ligne sera-t-elle enfin considérée comme essentielle ? merci pour votre réponse

19:46
Valérie Pécresse

alors d'abord je suis une élue du RERB depuis 20 ans donc c'est moi qui avais fait inscrire à l'époque sous Jean-Paul Huchon le RERB comme ligne prioritaire et depuis effectivement je me bats alors contrairement à ce qui a été dit le Charles de Gaulle Express n'est absolument pas prioritaire j'ai obtenu du gouvernement que le RERB et le RERD qui sont les deux lignes sur lesquelles j'ai mis la priorité cette année soient prioritaires sur le CDG Express CDG Express donc je rappelle que la région ne finance zéro euro des travaux puisque nous nous sommes sur les lignes du quotidien donc nos lignes du quotidien c'est le B et le D qu'est-ce qu'on va faire ?

on va faire l'automatisation du B et du D ça s'appelle Nexteo c'est un projet extrêmement ambitieux que la SNCF voulait reporter j'ai convoqué le président de SNCF Réseau pour un conseil d'administration exceptionnel d'Ile-de-France Mobilité nous avons imposé à SNCF Réseau de lancer l'appel d'op des sept années et j'ai eu l'assurance auprès du Premier Ministre que le projet Nexteo d'automatisation du RERB et du RERD qui va permettre c'est un peu technique mais à Châtelet-Léal entre Châtelet-Léal et à Gare du Nord de passer beaucoup plus de RER dans le tunnel et donc il va donner beaucoup plus de fiabilité à la ligne

21:01
Présentateur

la date demande notre auditrice quand ?

21:04
Valérie Pécresse

Alors Nexteo l'objectif c'est de démarrer l'appel d'offres avant la fin de l'année c'est-à-dire de respecter le calendrier de Nexteo donc ça c'est très important et par ailleurs je rappelle à notre auditrice que mon prédécesseur avait commandé des nouveaux RERB pour 2032 et nous nous avons passé une commande pour 2025 alors désolé 25 ça peut paraître loin mais je vous assure c'est deux fois moins loin que 2032

21:27
Invité

Allez deux questions d'actualité pour terminer le magazine Valeurs Actuelles a représenté la députée la France Insulnise Daniel Obono en esclave chaîne au cou dessin et récit à la pluie comment vous appréciez

21:38
Valérie Pécresse

cette image ? J'ai réagi immédiatement en disant c'est abject c'est abject parce que ça porte atteinte à sa dignité et ça je ne l'accepterai jamais

21:47
Invité

Autre question d'actualité Jean-Michel Blanquer veut d'ici au mois d'octobre un grenelle des professeurs pour revaloriser le métier et le salaire des enseignants est-ce que ça vous semble une bonne idée ou est-ce qu'on connaît déjà ce dont ont besoin

22:00
Valérie Pécresse

les professeurs ?

Ce qui est certain c'est que les professeurs français ne sont pas payés à la hauteur de leurs tâches ce qui est vrai aussi c'est que sans doute on a plus de matière que les autres et donc il y aurait peut-être un travail à faire là-dessus mais je ne crois pas que tout se résolve à l'éducation nationale par la question des salaires je pense qu'il y a vraiment une question de formation des enseignants il y a une question d'équipement des profs il y a aussi une question pour nous les collectivités d'amélioration des locaux moi j'ai hérité de 200 lycées vétustes c'est vrai et je me bats depuis 5 ans j'ai mis 5 milliards d'euros sur la table pour essayer de les rénover et tant qu'ils ne seront pas rénovés je ne serai pas satisfaite

22:37
Présentateur

question rapide au standard réponse rapide en studio Mélisandre bonjour

22:41
Auditeur

bonjour madame Mélisandre j'aime beaucoup vous entendre on a parlé de l'enseignement étant donné que l'an dernier vous nous avez obligé à prendre des manuels électroniques en nous faisant un chantage en nous disant que vous ne répareriez pas notre matériel si on ne prenait pas des manuels électroniques ça a été du matériel insupportablement inutile complètement c'était une gapie financière qui a bousillé la vie des profs en nous imposant des manuels électroniques qui ne fonctionnent pas comment vous pouvez justifier ça

23:05
Présentateur

Merci pour cette question Valérie Pécresse vous répond rapidement

23:08
Valérie Pécresse

Alors je n'ai imposé rien à personne chère madame si on vous l'a dit c'est faux j'ai demandé au conseil d'administration de chaque établissement de choisir entre manuel numérique et manuel papier et la preuve que je n'ai rien imposé à personne c'est que la moitié des établissements d'Ile-de-France ont choisi des manuels papier et l'autre des manuels numériques donc si votre lycée a choisi majoritairement les manuels numériques j'en suis désolé si vous ne les avez pas appréciés alors là où évidemment je pondère mon propos c'est que la première année quand on passe au tout numérique c'est vrai qu'il peut y avoir des bugs et j'en suis désolé mais à un moment donné quand on fait une réforme quand on fait un tournant il faut y aller et je peux vous dire que tous les lycées qui sont passés au numérique quand il y a eu le confinement ils s'en sont félicités parce que tous les élèves avaient des ordinateurs et des tablettes et qu'ils ont pu suivre les cours à distance

23:56
Présentateur

Madame la Présidente de la région Île-de-France merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin merci Valérie Pécresse merci