Quels sont les contours du nouveau service national ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Objectif: 50 000 recrues en 2025. C'est pour répondre aux besoins des armées face aux menaces russes et aux risques accrus de conflit. - En déplacement en Isère auprès des chasseurs alpins, les militaires d'élite, E.Macron, ce matin, annonce la création d'un nouveau service militaire volontaire. - E.Macron: Le service national s'adressera aux jeunes Françaises et Français majeurs qui auront exprimé leur volontariat lors de la Journée défense et citoyenneté qui deviendra Journée de mobilisation, en se recentrant sur les fondamentaux.
A l'heure où tous nos alliés européens avancent face à une menace qui pèse sur nous tous, la France ne peut demeurer immobile. - Le service national de 10 mois se déroulera sur le territoire national. Il concerne 3000 jeunes de 18 à 19 ans dès l'été 2026 qui seront logés, nourris, rémunérés 800 euros par mois.
Un service national militaire en uniforme. - E.Macron: Dans ce monde incertain, c'est ce modèle hybride, prêt à toutes les bascules, qui doit s'imposer.
Ce modèle permettra de renforcer nos capacités, de donner une nouvelle épaisseur aux armées et à la jeunesse, de diffuser l'esprit de défense, d'endurcir l'esprit de résistance de la nation. - Plus de 20 ans après la suppression du service militaire par J.Chirac, une grande partie de la classe politique approuve. - R.Glucksmann: Oui, le moment est venu.
Je suis pour un service national volontaire. - Volontaire, mais pas obligatoire? - R.Glucksmann: Je suis pour aussi. - S.Chenu: Ca va dans le bon sens.
Ca dit l'échec d'E.Macron avec le service national universel. C'est parce que son idée n'a pas fonctionné qu'il change son fusil d'épaule. - Cela fait des mois que le président, ses alliés et les hautes autorités militaires préparent les esprits à la menace russe et à la nécessité d'y être prêts. - E.Macron: Monsieur le maire, madame la maire, les lignes de front se rapprochent et la menace se transforme.
Si nous refusons de le voir, si nous renonçons aux efforts nécessaires, nous manquerons à notre devoir et à notre vocation. - Il faut montrer sa force. Il faut dissuader.
Si on a peur, on est fragiles. Nous avons toutes les raisons d'être forts, à condition de mobiliser les moyens pour ça. La menace est là, pas uniquement en Ukraine, mais à nos frontières. - Le nouveau service national comme une réponse aux besoins des armées dans un contexte géopolitique sous haute tension.
Et pourtant, c'est bien la lecture de cette menace que les oppositions critiquent. Dans "Le JDD", un ancien chef du renseignement devenu parlementaire LR accuse le président d'agiter la perspective d'une guerre avec la Russie pour détourner l'attention du chaos intérieur. De l'extrême droite à l'extrême gauche, la critique est la même. - M.Panot: E.Macron est en train de concentrer le pays sur des menaces incertaines et de détourner... - Elle est incertaine, la menace russe? - M.Panot: J'espère qu'il n'y aura pas de guerre avec la Russie. - Dans son discours ce matin, le président évalue à 2 milliards d'euros le coût du service national.
Un effort indispensable, a-t-il rappelé. - L'idée est séduisante. Ca coûte très cher.
Si ça a été supprimé par Chirac il y a quelques années, c'est parce que c'était devenu inefficace en termes opérationnels. Il y a une réflexion très complexe et complète à avoir. - De quoi laisser présager de vifs débats à l'Assemblée nationale, en pleine bataille budgétaire. - C.Roux: Nous allons revenir sur les doutes de certains sur la menace russe, mais encore un mot sur le service.
Quand le président dit aux futurs appelés, les futurs volontaires, "pas d'inquiétude, ça sera des interventions sur le territoire national", c'est important de le préciser? - Gal J.-P.Paloméros: Certes, le territoire national...
C'est pas neutre. Faut-il insister sur le fait que nous perdons, presque au quotidien, des hommes et des femmes qui défendent notre sécurité, qui défendent la paix sur le territoire national? Regardez l'orpaillage en Guyane.
C'est le territoire national. La lutte contre la grande criminalité, qui est armée comme certaines armées, mieux que certaines armées dans le monde... - C.Roux: Qu'est-ce que vous voulez dire? - Gal J.-P.Paloméros: Sur le territoire national, sans employer des mots trop forts, il y a une forme de guerre aussi qui peut être hybride, mais qui peut aussi être très directe.
Ces jeunes gens vont malgré tout prendre des risques. Il ne faut pas le sous-estimer, comme nos gendarmes...
Sentinelle, ce n'est pas rien. Il faudra leur apprendre à faire ça. - C.Roux: Ils devront apprendre l'esprit de discipline, le maniement des armes, le tir... - Gal J.-P.Paloméros: Ce ne sont pas des appelés.
Ce sont des engagés, au sens propre du terme. C'est eux qui vont choisir cet engagement. - C.Roux: Il dit: "En cas de crise majeure, le Parlement pourra autoriser de faire appel, au-delà des seuls volontaires.
Le service national deviendrait obligatoire." Il ferait appel aux réservistes? - Gal J.-P.Paloméros: C'est peut-être le point le plus clé.
Il vient de nous annoncer qu'on remonterait en puissance un service obligatoire. - C.Roux: En cas de crise majeure avec un vote au Parlement. - Gal J.-P.Paloméros: Il faudrait définir de quoi on parle. - I.Lasserre: On est entrés dans la période où, après avoir dégradé nos armées pendant plusieurs décennies, et ça va toujours extrêmement vite, après avoir fermé les casernes, après avoir tronqué les budgets de la défense, ce service militaire en est un symbole, on est rentrés dans une période de remontée en puissance.
On ne peut que s'en féliciter. E.Macron sait que la remontée en puissance aujourd'hui, ce n'est qu'un 1er pas.
Il parle déjà du 2e ou du 3e pas. C'est très bien. Tous les militaires savent que pour éviter d'être engagés dans une guerre, il faut s'y préparer.
Quand on se prépare à la guerre, on peut plus facilement l'empêcher parce qu'on a rétabli une dissuasion. En France et sur tout le continent européen, ce qui manque cruellement, c'est la dissuasion. On le voit bien vis-à-vis de V.Poutine.
Ca ne marche pas. - C.Roux: On le dissuade? - I.Lasserre: Non.
C'est pour ça que le général disait que ce n'était pas suffisant. Ca doit accompagner une hausse du budget de la défense, une hausse du nombre de militaires dans l'armée. Des réservistes, il y en a 47 000. - Gal J.-P.Paloméros: Il faut qu'ils soient entraînés, formés. - I.Lasserre: Ca doit accompagner un réarmement.
Et aussi une adaptation de l'armée française à la nouvelle guerre qui est en train de se dérouler entre la Russie et l'Ukraine et qui a changé la manière dont on doit ou peut faire la guerre, sans exclure la manière ancienne. La France a fait des gros progrès en matière de production de drones depuis 2 ans. - C.Roux: Question.
On n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre budgétaire. On décide de monter en tension tranquillement, en commençant par 3000 volontaires. Est-ce qu'il ne faudrait pas mettre cet argent pour acheter des drones? - E.Girard: Ce ne sont pas les mêmes objectifs.
L'armée de métier est revalorisée. Il y a 3,5 milliards d'euros en plus prévus dans le budget de l'armée l'année prochaine, encore faut-il que le budget soit voté. Ces appelés...
Ce ne sont pas des appelés. Les volontaires de ce nouveau service militaire répondent à un autre objectif. C'est l'objectif de faire nation,
Emmanuel Macron