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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 15 décembre 2020 21 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSantéEurope & international

L'invité de Bourdin Direct : Yannick Jadot - 15/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53FerméeRéponse directe

    Vous approuvez cette initiative ou pas ?

  • 5:43OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut obliger chacun d'entre nous à rénover son logement ?

  • 7:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que dans le plan de relance, le gouvernement consacre trop d'efforts à protéger l'aérien, l'automobile ?

  • 11:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que la 5G, c'est l'avenir ?

  • 13:36RelanceÉludée

    Vous regrettez au passage d'avoir dit que vous étiez favorable à la vaccination obligatoire ?

  • 16:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'épidémie est plutôt bien gérée par le gouvernement actuellement ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38PrésentateurFait
    « Il souhaite l'organisation d'un référendum pour inscrire dans la Constitution la défense du climat, la défense de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement, le dérèglement climatique. »
  • 2:15PrésentateurFait
    « Les néonicotinoïdes, le glyphosate, les pesticides et l'agriculture de circuits courts et bio. »
  • 4:56PrésentateurChiffre
    « Dans le plan de relance, plus de 100 milliards d'euros, 30 milliards d'euros. »
  • 5:12PrésentateurChiffre
    « 28 milliards d'euros consacrés à la relance écologique. »
  • 5:24PrésentateurFait
    « La France en cul de peloton sur la rénovation thermique des logements privés et sur les énergies renouvelables. »
  • 7:02PrésentateurFait
    « Rien sur les énergies renouvelables. »
  • 7:05PrésentateurChiffre
    « On a 5000 éoliennes offshore installées en Europe. »
  • 8:35PrésentateurChiffre
    « On a perdu 25% des emplois dans l'automobile. »
  • 8:44PrésentateurChiffre
    « Tesla, 500 milliards d'euros de capitalisation boursière. Tesla, c'est plus que les 10 constructeurs automobiles suivants. »
  • 8:50PrésentateurChiffre
    « Renault, c'est 12 milliards. »
  • 10:02PrésentateurChiffre
    « Enel va investir 160 milliards d'euros sur les énergies renouvelables. 40 milliards en 3 ans. »
  • 10:09PrésentateurChiffre
    « Sur la même période, EDF, sa valeur a été réduite par 2. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. Je vous parlerai d'Europe tout à l'heure. Vous êtes député européen, il se passe beaucoup de choses au niveau européen, le Brexit, les GAFA, on en parlera tout à l'heure. Yannick Jadot, Emmanuel Macron a rencontré hier des membres de la Convention citoyenne sur le climat. Il a évoqué le futur projet de loi climat. Je dis bien, il a évoqué, il n'a pas dit ce que contiendrait ce futur projet de loi climat. En revanche, il a fait une annonce.

Il souhaite l'organisation d'un référendum pour inscrire dans la Constitution la défense du climat, la défense de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement, le dérèglement climatique. Vous approuvez cette initiative ou pas ? Le Président de la République s'est servi d'une innovation extraordinaire de la Convention citoyenne. 150 citoyens qui travaillent pendant des mois, qui s'approprient les sujets, qui font des propositions extrêmement précises. Il s'est servi de cette Convention citoyenne pour reporter toutes les décisions. Alors, la question du référendum. Nous reviendrons sur ce qu'il a dit ou ce qu'il n'a pas dit.

S'il vous plaît, la question du référendum, je soutiendrai ce référendum. C'est un combat des écologistes depuis longtemps. Ça fait des années que nous réclamons que la Constitution protège davantage le climat, la biodiversité, qu'on évite en permanence de régresser. Mais quel constat ! Ce Président de la République va proposer à l'Assemblée, au Sénat et aux Français, probablement pendant la campagne électorale, on voit une forme d'opportunisme, mais il va proposer... Un an avant l'élection présidentielle, apparemment, en mars-avril 2021. Voilà. Déjà, dans quelques semaines. Comme par hasard.

Mais oui, il va proposer d'inscrire dans la Constitution le fait qu'on ne puisse plus passer des lois qui sont des lois de régression. Comme si lui-même avait fait le constat que pendant ce quinquennat, il n'a fait que passer des lois de régression et de renoncement. Les néonicotinoïdes, le glyphosate, les pesticides et l'agriculture de circuits courts et bio. La transition énergétique. Vous voyez dans la presse, en permanence, les acteurs de la filière du photovoltaïque, des dizaines de milliers d'emplois. Les acteurs de la filière de l'éolien, des dizaines de milliers d'emplois qui hurlent leur désespoir face à un gouvernement qui ne veut pas les aider.

Les artisans du bâtiment, les PME, qui demandent aussi qu'on soit beaucoup plus ambitieux. Et en fait, implicitement, le président Macron reconnaît que lui-même, au lieu d'accélérer, comme lui réclament tous les experts, toutes les entreprises, tous les citoyens, au lieu d'accélérer, il reconnaît lui-même qu'il n'a fait que renoncer, que régresser, que procrastiner. C'est un coup politique ? C'est quoi ? C'est un coup politique ? C'est un coup politique construit sur une bonne mesure. C'est un coup politique que vous allez approuver. Voilà. Mais parce que le climat... Encore faut-il que le Sénat, à majorité de droite, joue le jeu.

C'est terrible parce que quand vous regardez l'émission hier, quand vous regardez cette rencontre, vous avez une sorte de mélange d'autosatisfaction. Vous avez des ministres qui plaignent totalement et un président de la République qui dit, oh là là, moi ça je le renvoie à l'Europe, ça je le renvoie plus tard. Ou pour le référendum, au fond je le renvoie au Sénat. La responsabilité d'agir. On a eu la vallée de la Vésubie. On a les incendies, les sécheresses, les canicules. On a, encore une fois, des chercheurs, des citoyens, des jeunes, des entreprises qui n'attendent qu'une chose, qu'on accélère la transition écologique.

Parce que ça crée de l'emploi, parce que ça relocalise l'économie, parce que ça réaménage nos territoires. Et notamment ceux qui aujourd'hui n'ont plus d'activité économique, plus d'emploi, plus de service public. Et Yannick Jadot, il sera resté toujours à côté de cette route. C'est terrible. S'il y a référendum, vous voterez oui ? Mais je ferai campagne pour le oui. Je ferai campagne pour le oui. Je ne vais pas me déjuger, parce que le président de la République fait de la communication. Le référendum risque d'être un référendum pour ou contre Emmanuel Macron.

Eh bien, c'est là qu'est tout le cynisme, tout l'opportunisme d'un président de la République qui n'a jamais fait de l'écologie qu'un slogan, qu'une promesse trahi, que des renoncements, et maintenant un coup politique. Oui, il faut que la Constitution protège davantage le climat. Mais franchement, faire du climat un coup politique, ce n'est vraiment pas à la hauteur des enjeux. C'est malheureusement totalement représentatif de ce quinquennat. Dans le plan de relance, plus de 100 milliards d'euros, 30 milliards d'euros. Mais ils sont là, M. Bourdin, ces 30 milliards. Vous les connaissez, vous ? Non, mais j'ai vu le Haut Conseil pour le climat qui approuve certaines mesures. Bien sûr.

Certaines, qui est d'ailleurs un peu dubitatif sur d'autres mesures. On est bien d'accord. 28 milliards d'euros consacrés à la relance écologique. Mais on les attend, M. Bourdin. Ce que dit le Haut Conseil sur le climat, que j'ai lu ce matin. La France en cul de peloton sur la rénovation thermique des logements privés et sur les énergies renouvelables. Vous vous rendez compte que sous cette grosse moitié de quinquennat, on a plus de familles en situation de précarité énergétique qu'au début du quinquennat. Alors, est-ce qu'il faut obliger chacun d'entre nous à rénover son logement ? Il faut obliger les propriétaires, quand il y a changement de bail, à rénover.

Mais attention, il faut les moyens pour rénover. Vous êtes bien, vous êtes bien. Mais tout l'enjeu. Et pourquoi nous soutenons un grand investissement public de la rénovation thermique ? Avec les fonds européens, l'Europe y est prête. Avec les fonds français, les artisans ont le pied à l'étrier. Ils n'attendent que ça. Évidemment qu'il faut du soutien public. Mais c'est un investissement public extrêmement rentable. Aujourd'hui, un pays comme la France emprunte quasiment à 0% sur 30-40 ans. Un investissement dans la rénovation thermique des logements est beaucoup plus rentable que ça.

Donc, investir publiquement dans la rénovation thermique, ce n'est pas simplement 5-600 000 euros d'économie pour les ménages. Ce n'est pas simplement des dizaines de milliers d'emplois d'artisans et de PME. Et on sait combien ces artisans et ces PME souffrent aujourd'hui. Ce n'est pas seulement de l'aménagement du territoire. C'est rentable comme investissement public. Regardez le plan de relance. Rien sur les énergies renouvelables. On a 5000 éoliennes offshore installées en Europe. J'en ai visité. J'ai visité la seule éolienne française. Elle est expérimentale. Elle n'est pas reliée au réseau. Et qu'est-ce que fait le président de la République ? Permettez-moi d'aborder un autre sujet.

Il est en train de démanteler l'EDF. Les éoliennes. Il y a tant de recours contre l'installation des éoliennes. Souvent d'écologistes. Mais non. Vous avez aujourd'hui sur l'éolien offshore, vous avez des dizaines, ça fait 15 ans qu'on attend de monter des fermes éoliennes offshore. C'est une énergie aujourd'hui qui est quasiment plus intermittente. Est-ce que on a des emplois sur tout notre littoral ? Des entreprises sur tout notre littoral ? Est-ce que, puisque vous parlez d'énergie, est-ce que dans le plan de relance, et dans le plan qui va aider notre économie après la crise sanitaire à repartir, est-ce que le gouvernement consacre trop d'efforts à protéger l'aérien, l'automobile ?

Franchement, est-ce qu'il y a une part trop importante ? Moi, je veux protéger l'industrie automobile. Oui. Il y a des emplois dans l'aérien. Oui. Bien sûr qu'il faut faire attention. On ne va pas arrêter l'aérien. Attendez, à la sortie de la crise. Oui. Mais on a mis des milliards après la crise de 2008. OK ? En 10 ans, on a continué à délocaliser, à fermer les usines. On a perdu 25% des emplois dans l'automobile. Aujourd'hui, si vous regardez la situation internationale, Tesla, 500 milliards d'euros de capitalisation boursière. Tesla, c'est plus que les 10 constructeurs automobiles suivants. 500 milliards, Renault, c'est 12 milliards.

500 milliards, c'est évidemment les ruptures technologiques. Et on a aujourd'hui, qu'est-ce qu'on nous raconte ? On a qu'il faut continuer à soutenir l'industrie automobile pour faire à peu près la même chose. alors que c'est un secteur qui est en train de se révolutionner. Moi, je ne veux pas, M. Bourdin, que demain, la voiture dont on aura toujours besoin, soit une voiture où le software, c'est Google, qui soit une voiture produite en Chine. Moi, je veux des constructeurs automobiles européens. Je veux des constructeurs automobiles français. Il y a déjà des initiatives pour construire des usines de batterie européennes. Tant mieux. Je me bats pour ça.

Mais regardez la transition, c'est important. Si on prend un autre exemple. Allez-y. Enel, qui est l'EDF des Italiens. Oui. Ils ont choisi d'aller vers le renouvelable, vers l'efficacité, vers la rénovation dont nous parlons. En 5 ans, la capitalisation boursière, donc ce que vaut cette entreprise, a doublé parce qu'ils ont fait ce choix-là. Enel va investir 160 milliards d'euros sur les énergies renouvelables. 40 milliards en 3 ans. A l'inverse, sur la même période, EDF, sa valeur a été réduite par 2. Parce que, et on a ce mur d'investissement sur le nucléaire. Et on a un président de la République qui est en train de casser EDF.

Le projet Hercule s'est cassé un des joyaux du service public à la française. C'est EDF que le président de la République est en train de conduire à la faillite. On va privatiser toutes les activités rentables d'EDF sur le renouvelable. Vous vous rendez compte qu'on va privatiser nos barrages hydroélectriques ? C'est un fleuron de notre économie. C'est un fleuron de notre patrimoine. C'est la gestion de l'eau. C'est des infrastructures extrêmement risquées dont il faut prendre soin. C'est l'eau pour les paysans et pour la nature. Donc l'avenir, Yannick Jadot, l'avenir, ça n'est pas l'économie d'avant. C'est comme si je vous disais, vive l'ORTF.

Alors je vais vous poser une question directe, puisqu'il y a débat au sein même des écologistes. Est-ce que la 5G, c'est l'avenir ? On a une rupture technologique incontestable. Cette rupture technologique, moi, pour ma part, je pense qu'elle se déploiera. Elle a commencé à se déployer. 150 communes. En France, c'est des communes qui sont encore réticentes. Avec des moratoires. Est-ce que vous comprenez ? Est-ce que vous comprenez les moratoires ? Oui. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu'on prend du retard. Non, on prend du retard, au contraire. Pour faire le bon déploiement. Un, parce qu'il y a un débat public. C'est quand même extraordinaire.

Hier, le Président de la République a dit l'inverse de ce que disent ses ministres depuis des mois. Il dit, mais la 5G, ce n'est pas pour les citoyens comme vous et moi. C'est pour produire des biens. C'est pour produire des services. C'est un levier industriel. Tant mieux. C'est ce que je dis depuis des mois. Mais ce serait bien que les Français en aient conscience, puisqu'on leur vend une révolution. Deux. On attend des études de l'ANSES et de l'impact sur le climat. Pour ma part, on ne peut plus déployer une technologie sans penser son impact sur le climat. Et prendre du retard par rapport à tous les pays européens. Au contraire, au contraire. Ah bon ?

Moi, ce dont j'ai envie, c'est que... Dernier pays européen sur le mobile ? La France, bientôt ? Sur les technologies de ce type. Moi, je veux un géant européen. Vous savez que j'en discute régulièrement avec le commissaire breton. Nokia, Ericsson. Il est d'accord avec les entreprises ? Bien sûr. Moi, je veux virer Huawei d'Europe. Je ne vais pas vous raconter d'histoire. Sur une technologie aussi avancée. Où il va y avoir toutes les données. Sur notre vie privée. Sur nos industries. Sur notre défense. Sur la santé. Je ne veux pas que ce soit un opérateur chinois. Contrôlé par l'État chinois. Parce que qu'est-ce qui va nous arriver après ?

On regardera les massacres du Ouïghour sans lever le petit doigt. Déjà qu'on ne fait pas grand-chose. Contre la dictature en Chine. Eh bien, si les Chinois contrôlent nos données. Ce sera une catastrophe pour notre souveraineté économique et démocratique. A noter que l'Europe est unie. Et aujourd'hui, il y a un moment important. Avec la présentation du plan européen. C'est très bien. Sur le numérique. On se bat tous contre la haine en ligne. On veut responsabiliser les GAFA. Juridiquement. Ce que porte le commissaire Breton, c'est effectivement. Vous soutenez. Bien sûr. La capacité européenne à réguler les GAFA. À les rendre responsables. À les sanctionner. Et potentiellement.

À casser le monopole qu'ils sont en train d'avoir sur toute notre économie. Sur toutes nos données personnelles. Et ce n'est pas sain pour notre économie. Ni pour notre démocratie. Oui, mais Yannick Jadot, vous savez bien qu'il y a des courants au sein de l'écologie politique. Notamment de votre mouvement. Il y avait sur la vaccination. Sur la 5G, il y a débat sur la vaccination. Il y a eu débat. Il y a moins aujourd'hui. Vous regrettez au passage d'avoir dit que vous étiez favorable à la vaccination obligatoire. Vous avez fait une bêtise ? Non. Vous avez dit une bêtise ? Non, parce qu'on m'interroge sur la vaccination. Est-ce qu'elle doit être obligatoire ? Oui.

On a encore des centaines de morts dans notre pays. Oui, toujours. Liés à la pandémie. Vous avez vu le retard dans les soins non Covid. On a des morts parce que les gens ne se soignent plus. Parce qu'ils n'ont pas accès à la réanimation. Parce qu'ils n'ont pas accès à des opérations. C'est moins vrai aujourd'hui. Les statistiques sur les retards dans les hôpitaux qui se sont accumulés sont absolument dramatiques. On a des files d'attente, M. Bourdin, pour récupérer des colis alimentaires. On a des artisans dont les entreprises sont en train de crever. On a une explosion de la paupérisation, de la précarité, des envies suicidaires chez les jeunes.

dont on voit le mépris du gouvernement qui n'arrive même pas à annoncer une reprise des universités ou des écoles. Je dis que dans cette situation-là, on ne peut pas rester confiné ad vitam aeternam. Et qu'à un moment donné... En dernier ressort, bien sûr qu'il faut créer de l'adhésion. On se bat au Parlement européen pour la transparence des contrats entre la Commission européenne et les laboratoires. Évidemment, il faut contrôler. Il faut qu'il y ait toutes les autorisations. Il faut qu'il y ait de la pharmacovigilance. Il faut contrôler tout ça. Mais à un moment donné, il faut qu'on sorte de ce confinement. Et est-ce qu'il faut que la France vaccine ? L'Europe vaccine vite, maintenant.

Eh bien, il va falloir que les autorisations européennes vont arriver. Eh bien, c'est une bonne nouvelle. Qu'elles arrivent vite. Qu'elles arrivent vite. Mais qu'on laisse les autorisations... Parce qu'on doit recréer la confiance. Donc, vous avez confiance dans les instances européennes ? Bien sûr. Et les instances sanitaires ? Mais nous demandons la transparence absolue sur ces vaccins. Parce que reconnaissons que ces laboratoires ont été les pires porteurs de la désure à la vaccination. Ils n'ont fait qu'afficher des milliards. Ils ont eu des chercheurs qui ont fait un boulot extraordinaire. Extraordinaire d'aller aussi vite.

Mais les porte-parole, les patrons de ces entreprises n'ont fait qu'afficher des milliards de dollars liés à la découverte du vaccin. Eh bien, ça, ça ne participe plus pas de l'adhésion des citoyens. Il faut que les citoyens se fassent vacciner. On doit sortir de cette situation où tout le monde déprime, où tout le monde est fatigué. Alors, justement, Yannick Jadot, la situation, les fêtes approchent, couvre-feu à 20h à partir de ce soir. On n'aura plus d'autorisation à fournir dans la journée pour se déplacer. En revanche, le soir, besoin d'autorisation. Est-ce que l'épidémie est plutôt bien gérée par le gouvernement actuellement ou pas ? Franchement, moi, je regrette toujours la méthode.

Quand vous avez, j'ai travaillé, je continue à travailler, évidemment, avec les représentants de la culture, notamment les représentants du spectacle vivant, particulièrement. Vous manifesterez aujourd'hui ? Je les soutiens. Je les soutiens. Vous n'irrez pas manifester. Je les soutiens. Quand ils me disent qu'ils apprennent, lors de la conférence de presse de M. Castex, qu'il ne va pas y avoir réouverture de la culture au 15 décembre, je trouve ça scandaleux. Quand vous avez, et je sais que vous avez reçu Roselyne Bachelot, franchement, conférence de presse, la culture, la culture, c'est cette fois la valeur ajoutée de l'industrie automobile.

Ce n'est pas rien, mais c'est aussi, c'est vivant, c'est notre vie, on a besoin, c'est notre épanouissement. Il n'y a aucune raison, sous protocole sanitaire, de laisser les musées, les salles de spectacle, les écoles de musique fermées. Vous avez, lors de la conférence de presse, le ministre de l'économie qui n'est pas là. La ministre de la culture qui n'est pas là, c'est vu comme un mépris absolu pour le monde de la culture dont nous avons tant besoin. Yannick Jeanneau, alors si les théâtres, les cinémas, les musées doivent rester ouverts, alors pourquoi est-ce que, je ne sais pas moi, les thalassons ne devraient pas rester ouverts, les gérants de l'économie...

Parce qu'il y a, parce qu'il y a aujourd'hui... Les stades devraient rester ouverts... Parce qu'il y a aujourd'hui, montées par les musées, par les salles de spectacle, par les cinémas, des protocoles sanitaires qui protègent la population. Mais partout ! Bien plus ! Tout le monde peut monter des protocoles sanitaires ! Bien plus que les grandes surfaces, bien plus. Et vous avez vu qu'y compris l'évaluation qui avait été faite sur les petits commerces... Pourquoi est-ce que les remontées mécaniques des stations de ski sont fermées alors ? J'avais défendu... J'avais défendu...

Les remontées mécaniques, c'est plus lié à la capacité des hôpitaux à recevoir les personnes qui se font mal, qui se blessent, que le fait qu'en plein air, avec un masque, vous soyez contagieux. Mais, encore une fois, quand il y a des protocoles sanitaires, on doit pouvoir vivre, on doit pouvoir exercer. Et à partir du moment où, dans les musées, dans les écoles de musique, dans les salles de spectacle, dans les cinémas, il y avait des protocoles, il y a des protocoles sanitaires stricts, ça doit pouvoir vivre.

Mais moi, dès le premier confinement, j'avais souhaité que les musées restent ouverts, qu'on déconcentre les classes pour qu'elles puissent aller dans des musées, qu'on puisse vivre la culture. Est-ce que les cinémas, les musées sont ouverts en Allemagne ? Alors, dans certains pays, c'est ouvert. Dans d'autres pays, ça n'est pas ouvert, mais la question, ce n'est pas toujours de s'aligner sur les autres. C'est de savoir si on a des protocoles sanitaires qui permettent de protéger ou pas.

Et le mépris affiché pour la culture, et le mépris affiché pour la jeunesse, qui est dans un état absolument dramatique, qui ne sait toujours pas comment elle va organiser sa rentrée en janvier ou en février, c'est profondément inactuel. Ce qu'on sait, c'est que les élèves pourront ne pas se rendre à l'école jeudi et vendredi. Le gouvernement en avait parlé. Mais comme en Allemagne, vous voyez comment ça se passe en Allemagne. Vous voyez comment ça se passe en Allemagne sur la fermeture des écoles ? On préfère, quelques jours avant les vacances de Noël, on préfère que les enfants n'aillent pas à l'école.

Mais s'il y a des enfants qui doivent absolument aller à l'école parce que les parents ne peuvent pas les garder, les écoles restent ouvertes. C'est ce qu'on appelle le pragmatisme. Mais c'est ce qu'on appelle le pragmatisme. C'est ce qu'il va se passer en France, puisque les élèves pourront ne pas se rendre à l'école jeudi et vendredi. Et ceux qui sont dans l'obligation d'y aller pour des raisons de garde iront. Eh bien ça, c'est pragmatique. Tant bien. Commençons à être pragmatiques et faisons confiance un peu plus aux Français. J'ai une dernière question. Est-ce que vous croyez à la réélection d'Emmanuel Macron ?

Et est-ce que finalement la crise sanitaire gérera en quelque sorte l'élection présidentielle ? Il est évident qu'elle aura un impact majeur sur l'élection présidentielle parce que notre pays va se retrouver dans une situation extrêmement difficile. J'espère qu'en 2022, on sera sortis de la crise sanitaire, mais on ne sera pas sortis de la crise sociale, de la crise économique, ni de la crise démocratique. Vous savez, moi je crois que pour notre pays, il faut un projet d'apaisement. C'est autour de la réparation, de la justice sociale. Une sociale démocratie écologiste. Une écologie sociale et républicaine. Il faut un projet d'apaisement, mais il faut un projet d'espérance.

Et ça, c'est la reconstruction, c'est l'innovation. Et c'est malheureusement ce chemin qu'a toujours évité le président de la République. Donc en 2022, il va falloir gagner pour retrouver de l'enthousiasme, de l'espérance, de la bienveillance, de l'apaisement et de l'envie dans ce pays. Merci Yannick Jelot d'être venu nous voir sur RMC et BFM TV.