Suppression de deux jours fériés : "Monsieur Bayrou plane complètement", selon le député LFI Antoine Léaument
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Bonjour Antoine Léoman, vous êtes député de la France Insoumise de l'Essonne, on l'entendait à l'instant, Emmanuel Macron vient de promulguer la loi du plomb qui est censée simplifier le travail des agriculteurs. Vous avez parlé d'un coup de poignard pour la santé avec cette loi, pour l'environnement, pour l'agriculture, vous regrettez cette promulgation ?
Le Président de la République, d'une certaine manière, il fait ce que la Constitution lui ordonne. Ce qu'il aurait pu faire, c'est demander un nouveau vote, puisqu'il y a une pétition avec 2 millions de signataires qui demande l'abrogation de la loi, mais pas juste de l'article 2 de la loi, l'abrogation de la totalité de cette loi. L'aspect le plus problématique a été censuré par le Conseil constitutionnel, mais encore une fois, ce n'est pas une décision politique. Moi, j'aimerais bien qu'on confronte ceux qui ont pris la décision de voter cette loi.
Et elle a été votée dans des conditions qui sont pour le moins antidémocratiques, puisque, si vous voulez bien vous en souvenir, le député qui portait cette loi, qui était du groupe Les Républicains, a déposé une motion de rejet sur son propre texte pour que ce texte soit débattu en commission mixte paritaire, c'est-à-dire là où on met 7 sénateurs, 7 députés, pour éviter que ça soit débattu sur la scène publique. Nous, nous voulions l'inverse. Nous voulions faire en sorte que le débat puisse avoir lieu sur la scène publique pour qu'on débatte en profondeur de ce que nous voulons pour notre agriculture.
Vous avez le sentiment d'avoir perdu la bataille ?
Ah non, pour le coup, là, on l'a gagné, puisqu'on a obtenu l'abrogation de cet article 2 qui était le plus problématique. Sur la réintroduction du pesticide. Néanmoins, sur la réintroduction du pesticide qui est cancerisé. Mais je veux qu'on aille bien jusqu'au fond des choses, parce qu'on nous dit, oui, d'accord, mais si jamais on enlève ce pesticide, qui est dangereux pour la santé ? Personne n'en dit ce qu'on vient. Alors, on va avoir des filières qui vont être en difficulté. Ben non, il faut prendre des mesures fortes. Il faut empêcher l'introduction, l'entrée de produits qui utilisent ce pesticide sur le territoire français.
Si la France empêche l'usage de certains pesticides qu'elle considère dangereux pour la santé, alors il faut protéger notre marché de ces pesticides qui sont dangereux pour la santé, parce que ça protège à la fois notre santé et les agriculteurs. Voilà comment nous, on envisage les choses à la France insoumise.
Et vous regrettez qu'il y ait simplement un débat à la rentrée sur ce sujet ? Oui, parce que...
Un débat sans vote. Oui, parce qu'en réalité, la Constitution dit que le principe de la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Là, le peuple envoie un message très clair. On ne veut pas de la loi Duplon. Donc, il faudrait qu'on puisse avoir un débat sur le fond, sur l'abrogation de cette loi Duplon. Et si certains ont envie de revoter pareil...
Il faudrait une nouvelle loi.
Il faudrait qu'on puisse redébattre, effectivement, de cette loi. Donc, c'est la promulgation du président de la République, plutôt que de demander un nouveau vote dont il avait la capacité. Ça faisait partie des possibilités pour le président de la République. Ça, c'est dommage, parce que ça enlève une possibilité de débat démocratique à l'Assemblée nationale. Néanmoins, puisque la pétition a dépassé les 500 000 signatures, alors il doit nécessairement y avoir un droit. 2 millions 100 000, à peu près. Oui, donc cette fois-ci, on pourra avoir peut-être un débat sur le fond.
Mais ça sera, par la force des choses, un débat court, un débat moins long que si on avait pu débattre de l'ensemble des amendements qui avaient été déposés sur ce texte.
Antoine Léaumant, la France subit une canicule particulièrement intense ces derniers jours. Elle va durer au moins jusqu'à la semaine prochaine. Vous trouvez que le gouvernement est à la hauteur pour protéger les Français, pour protéger les plus fragiles en ce moment ?
Non, d'abord il faut nommer le coupable. Le coupable, c'est un système économique qui s'appelle le capitalisme et qui fait qu'on fait privilégier l'intérêt économique avant l'intérêt collectif et en particulier avant l'intérêt écologique. Ce système, il appauvrit la nature, il épuise nos sols, on en parlait à l'instant, il épuise l'air lui-même, puisqu'il rend l'air irrespirable, et puis il épuise les températures. Et si on ne combat pas ce système-là, alors on ne combattra pas les causes du problème. Or, M. Macron, sur la question de combattre le capitalisme, on va dire qu'il est au minimum à côté de la plaque, au pire, quelqu'un qui aide beaucoup le système.
Ensuite, il y a les mesures concrètes qu'on prend face à cette situation. Sur la question des incendies notamment, eh bien la France dispose de 12 Canadair, ce qui n'est pas assez, nous n'avons cessé de le dire. Il y a des économies qui ont été faites sur ce sujet-là.
Promesse de 16 Canadair en 2028, mais ça semble mal parti.
Oui, ça semble mal parti. Alors déjà, il faut savoir qu'il faut à peu près 5 ans pour avoir un Canadair quand on les commande, donc il faut s'y prendre à l'avance, il faut planifier, comme nous n'avons cessé de le dire, et faire de la planification écologique en essayant de faire face aux situations dont on sait qu'on va avoir à faire face dans l'avenir. Parce que la situation qu'on est en train de vivre là, pardon, mais en 2022, si on veut bien s'en souvenir, il y avait déjà eu des incendies considérables. Il y avait 60 000 hectares qui avaient brûlé en 2022.
Notamment en Gironde.
Notamment en Gironde. Et tout le monde avait dit, ah bah cette fois-ci, il faut mettre le paquet, il faut mettre le paquet. Pardon, mais où est le paquet exactement ?
Mais est-ce que ce paquet, il ne faudrait pas le mettre au niveau européen ? Parce que la problématique des incendies, vous l'avez en Grèce, vous l'avez en Espagne, vous l'avez en Italie, vous l'avez en Allemagne. Est-ce que ce n'est pas une décision qui devrait se faire au niveau de l'Union Européenne ?
On pourrait envisager les choses de cette manière-là, mais s'il y a des incendies partout en même temps, est-ce que notre pays sera prêt, lui, seul, à faire face aux incendies qui ont lieu chez lui ? Ou bien est-ce qu'il faudra négocier avec un tel ou un tel pour savoir à quel niveau est l'incendie le plus développé ? Moi, je pense qu'il faut que la France se dote des capacités d'intervention autonome pour faire face à ces incendies.
Antoine Léomond, on va passer à l'actualité, j'allais dire, économique, avec ces lettres envoyées par François Bayrou aux partenaires sociaux pour réformer l'assurance chômage et pour supprimer deux jours fériés. C'est inacceptable pour vous ?
C'est inacceptable, c'est odieux. Enfin, je ne sais même plus comment dire. Ces gens sont hors sol, en réalité. M. Bayrou, il plane complètement. Déjà, il n'a pas la légitimité démocratique pour être là. Ce monsieur n'a pas gagné les élections. Ils ont perdu les élections la dernière fois, sans doute, en parlera-t-on dans la suite de l'émission. Mais M. Bayrou vient en nous disant, bon, alors, on a fait des cadeaux aux plus riches, et maintenant, c'est tout le monde qui doit payer pour les plus riches. Mais qui peut être d'accord avec ça ?
Qui peut être d'accord avec le fait qu'on aille travailler deux jours de plus non payés, parce que c'est de ça dont il s'agit, deux jours de plus non payés pour payer les cadeaux qui ont été faits aux plus riches.
Vous, vous étiez pour la suppression de tous les jours fériés qui avaient un lien avec le catholicisme. Le lundi de Pâques, ça vous intéresse ou pas ?
Ce n'est pas ça du tout. Une fois, j'ai été interrogé sur la suppression du 1er mai. J'ai dit, moi, je propose d'ajouter un jour férié. Je propose qu'on fasse du 18 mars un jour férié, date de début de la commune de Paris. Et j'ai dit, mais si vous voulez supprimer des jours fériés, il y en a quelques-uns qui sont associés à la religion. Si jamais on veut toucher au 1er mai, c'est ceux-là auxquels il faudrait toucher. En priorité, oui. Mais moi, je ne disais pas qu'il faut supprimer des jours fériés. Vous me permettez d'ailleurs de répondre à une campagne de propagande. Je vous t'acquine, c'est un petit peu héroïque.
Bien sûr, mais vous me permettez de répondre à une campagne de propagande qui a été faite contre moi. Moi, je ne suis pas contre qu'on remplace des jours fériés associés à la religion par des jours fériés qui seraient associés à des dates qui permettent de parler à tout le monde, à tous les Français.
Sauf qu'en attendant, Antoine Léomant, on les trouve, vous, les 40 milliards.
Comment ?
En attendant, on les trouve, vous, les 40 milliards.
Si vous voulez, j'ai une liste. Déjà, on pourrait trouver 62 milliards si on enlevait les cadeaux fiscaux qui ont été faits par Emmanuel Macron depuis 2017. Il faut savoir qu'avec les cadeaux fiscaux qui ont été faits par Emmanuel Macron, si on les enlevait, si on enlevait tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus riches, notamment la suppression de l'ISF, aujourd'hui, on serait sous les 3% de déficit. Si on enlevait tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits depuis 2014, c'est-à-dire depuis François Hollande, tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus riches, il y aurait 450 milliards en plus dans les caisses de l'État. C'est Attaque qui a fait le calcul.
Juste pour vous donner l'élément. Ça voudrait dire qu'à l'heure actuelle, la dette de la France serait à 97,7% du PIB, soit moins quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir.
Ça signifie ces suppressions de jours fériés pour vous ?
Ça signifie censure ? Mais en fait, l'intégralité du budget signifie censure. Et je ne voudrais pas qu'on tombe tous dans le piège qui nous est tendu par François Bérou. Parce qu'évidemment, la suppression des deux jours fériés, tout le monde comprend qu'on doit travailler deux jours de plus pour le capital. Donc là, tout le monde se dit « Ok, ce n'est pas normal. » Mais tout le reste, ce n'est pas normal non plus. On ne peut pas être d'accord avec l'ensemble de ces mesures. Je veux dire, on va aller faire des coupes dans la santé, mais la santé est déjà à bout de soupe. On va aller faire des coupes dans l'école, l'école est déjà à bout de soupe.
On va aller faire des coupes partout, sauf sur un endroit, sur les cadeaux qui ont été faits aux plus riches. Ça n'est pas tolérable. François Bérou a dit que tout le monde a pris la contribution. C'est ça, tout le monde a la contribution. Alors donc, le peuple paye le gros de la contribution et les riches payent que dalle. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Je suis d'autant moins d'accord qu'il y a eu une commission d'enquête au Sénat, pardon, pas à l'Assemblée nationale, qui a été dirigée par M.
Fabien Guay, qui est directeur de l'Humanité et sénateur communiste, qui démontre qu'on donne chaque année, on distribue en cadeau, sans contrepartie, 211 milliards d'euros aux entreprises de ce pays. Eh bien, peut-être peut-on se poser la question. Vous savez, j'ai fait le calcul du nombre d'emplois qu'on pourrait créer, bien rémunérés. Ça fait 4,5 millions d'emplois qu'on pourrait créer, bien rémunérés, avec cet argent-là. Je suis désolé. Se pose la question de savoir si c'est bien utile de donner tout cet argent aux entreprises, qui est notamment capté par les plus grandes entreprises, qui, par ailleurs, ne payent pas leur juste part d'impôt. Tenez-vous les 26 milliards ?
Eh bien, on fait payer les grandes sociétés pour les profits qu'elles réalisent en France. On les fait payer en France. Sauf que ces grandes sociétés,
elles menacent de quitter la France si elles sont trop taxées.
Donc, des sociétés qui vont faire leurs bénéfices en France vont quitter la France. C'est elles qui y perdent. En fait, les entreprises ne peuvent pas se passer du marché français. Les grandes entreprises ne peuvent pas se passer de ce marché parce qu'ils leur rapportent de l'argent. Donc, une grande entreprise...
Mais elles font travailler aussi un certain nombre
de Français sur les entreprises. Je ne vous dis pas le contraire, mais on peut donc les imposer. Si elles font travailler des gens en France, elles payent les cotisations sur la partie des salaires. Les travailleurs français qui travaillent en France payent les cotisations sur la part des salaires. Mais alors, par contre, sur la part des bénéfices, on n'aurait rien à dire aux grandes entreprises qui font de l'évasion fiscale. Vous savez, des gens comme M. Stérin, par exemple, son entreprise, il délocalise les profits en Irlande. Mais pourquoi ? Pourquoi on est d'accord avec ça ?
Pourquoi est-ce qu'on tolère le fait que quand des profits sont réalisés en France, eh bien non, ils ne soient pas imposés en France ? Je ne suis pas d'accord avec ça et c'est 26 milliards d'euros de manque à gagner.
Antoine Léomant, la rencontre a lieu dans trois jours, vendredi en Alaska, entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Une rencontre sans Volodymyr Zelensky, sans les Européens, pour tenter de mettre fin à ce conflit en Ukraine. Vous la redoutez, vous la craignez, vous sachant que Donald Trump parle déjà d'échanges possibles de territoires ?
Bon, déjà, il faut dire ce que ça dit de la situation du monde. C'est-à-dire que c'est la loi du plus fort qui semble être la loi qui désormais gouverne le monde. Nous, nous savons, nous avons été un peu critiqués sur la défense que nous faisions de l'ONU. Mais pardon, l'ONU est la seule structure internationale qui permet qu'on puisse avoir des discussions diplomatiques de ce niveau-là. Donc ça, déjà, ce que ça dit de notre monde, c'est quelque chose de très inquiétant. Ce n'est pas nouveau.
Enfin, je veux dire, le rôle de l'ONU, les proclamations de l'ONU, suivi des faits, ce n'est pas nouveau, si vous voulez.
Mais c'est précisément parce qu'on donne un faible rôle à l'ONU et que de temps en temps, on lui marche dessus en acceptant qu'en gros, on puisse faire ça, que l'ONU perd du pouvoir. Nous, ce que nous disions avec la France insoumise depuis le début, c'est qu'il fallait, au contraire, renforcer l'ONU et renforcer le rôle, la place de la France à l'intérieur de l'ONU. Mais en attendant
sur cette rencontre précise.
En attendant sur cette rencontre précise. Donc, la question qui est posée, ça va être celle de l'annexion, en réalité, de territoire par la Russie. J'ai entendu qu'il y avait une réunion qui était prévue demain entre l'Union européenne, Donald Trump, l'OTAN...
Donald Trump y est convié. On ne sait pas s'il va y aller.
On ne sait pas s'il va y aller. Et Volodymyr Zelensky. Pour discuter, je regarde, la préparation de négociations de paix et des questions relatives aux revendications territoriales et aux garanties de sécurité. J'ai l'impression que si on nous avait écoutés, nous, et notamment si on avait écouté Jean-Luc Mélenchon bien avant, eh bien, sans doute, n'en saurait-on pas dans cette situation-là. Parce que nous n'avons cessé de dire, avec Jean-Luc Mélenchon, qu'il fallait, premièrement, qu'on discute des garanties mutuelles de sécurité entre la Russie et l'Ukraine, mais bien avant la guerre d'Ukraine. C'est-à-dire désarriver en Ukraine ? Non, non.
Ça veut dire discuter de la place, et notamment de la place de l'Ukraine, à l'intérieur d'un dispositif qui est l'OTAN. Si on avait écouté aussi Jean-Luc Mélenchon
avant la guerre, on aurait expliqué que d'autres, ils n'étaient pas dangereux.
Non, c'est parce que nous... Alors, sur ce point-là, ce que nous disions, c'était ce que nous disaient les services français, et on s'appuie sur les services de notre pays. En l'occurrence, sur ce point-là, c'était les services américains qui avaient vu venir davantage que les services français les choses. Mais nous, nous partons des éléments qui sont les éléments qui nous sont donnés.
Vous savez, Jean-Luc Mélenchon, je m'en souviens très bien parce que j'étais avec lui à ce moment-là, c'est le premier à avoir réagi sur la guerre d'Ukraine, à avoir dénoncé l'agression de Vladimir Poutine parce qu'on ne peut pas accepter qu'une personne franchisse ainsi les frontières par la force et essaye d'annexer des territoires voisins. Le premier, je ne suis pas tout à fait sûr, il l'a dénoncé, mais il n'était peut-être pas le premier. Si, il était le premier. En l'occurrence, on était en décalage horaire parce qu'on était en déplacement à la Réunion.
Donc, le fait qu'on soit en décalage horaire, on était en avance sur le réveil du reste, enfin, sur le réveil de l'Hexagone en tout cas. Donc, on était les premiers avec Jean-Luc Mélenchon à réagir. Mais à la limite, ce n'est même pas la question. La question est de savoir si la ligne directrice était la bonne. Donc, oui, il fallait privilégier la voie diplomatique et ne pas faire comme s'il n'y avait pas de problème parce que tout le monde oublie qu'il y avait encore une guerre à l'est de l'Ukraine à ce moment-là au moment où ça a eu lieu. Ce n'était pas parce qu'on n'en parlait pas qu'il n'y avait pas la guerre dans la partie S.
Depuis 2014, dans le Donbass, il y avait la guerre à l'est de l'Ukraine. Mais aujourd'hui, Antoine Léomond,
la priorité, c'est quoi ? C'est d'abord un cessez-le-feu ?
La priorité, c'est le cessez-le-feu parce que c'est une guerre qui est une guerre mortelle où il y a énormément de morts dans cette guerre. C'est plusieurs dizaines de milliers de personnes qui sont mortes. C'est un million de victimes soit qui sont morts soit qui sont blessées et d'une certaine manière, c'est un des plus grands conflits qui ont lieu à l'heure actuelle en plus sur le territoire européen. Et je n'ai pas bien compris
sur l'échange de territoire, quelle est votre position ?
Et d'aller vers un accord de paix. Ensuite, sur la question de la cession de territoire, évidemment qu'on ne peut pas être d'accord avec la cession des territoires. On ne peut pas être d'accord avec ça. Et dans le même temps, il y a une situation qui est une situation où la Russie, de toute façon, ne lâchera pas les territoires dont elle a pris possession. Donc, moi, je vous dis ma position dans la Russie, l'absolu, c'est qu'il ne faut pas céder de territoire. La position à l'issue d'une situation dans laquelle le rapport de force a été mis en place par Vladimir Poutine et où les discussions vont avoir lieu en plus sur Vladimir Zelensky, je ne sais pas à quoi ça va aboutir.
En tout cas, ce que j'ai entendu de la part de Vladimir Zelensky, c'est qu'il n'accepterait pas une situation dans laquelle on cède des territoires. En même temps, il ne va pas dire avant que la conférence ait lieu qu'il l'accepterait. Mais la priorité, c'est le cessez-le-feu, la voie diplomatique et ce qui permet de venir à la paix.
Le 830 France Info, Renaud Blanc, Solane Cressan. Et nous sommes toujours avec Antoine Léaumant, député de la France insoumise de l'ESOL. Antoine Léaumant, l'actualité internationale, c'est aussi ce conflit entre Israël et Gaza. Israël qui se retrouve de plus en plus isolé. L'Australie a annoncé hier qu'elle allait reconnaître l'État palestinien. Est-ce que, selon vous, c'est une certaine preuve de l'influence de la France qui a annoncé déjà le mois dernier qu'elle allait, elle aussi, reconnaître l'État palestinien ?
Je ne sais pas si c'est ça. Si c'est ça, tant mieux pour notre pays. Je pense que tout le monde, que la Terre entière, est en train de se rendre compte de la situation catastrophique qui a lieu à Gaza et du génocide qui est en cours à Gaza. Je ne sais pas comment vous dire autrement qu'il est grand temps que les gens s'en rendent compte parce qu'on en est à 61 500 personnes qui se sont faites tuer dans la bande de Gaza de manière officielle. C'est-à-dire que, potentiellement, c'est bien plus de monde que ça et ce sont essentiellement des femmes et des enfants. Je crois que ce qui a beaucoup choqué la Terre, c'est de voir les images de gens affamés.
C'est-à-dire que, d'un seul coup, beaucoup de gens qui, peut-être, se disaient, écoutaient la propagande de guerre du gouvernement israélien, se disaient, bon, non, sans doute qu'on exagère la situation. Ah, d'accord, je veux bien croire que... Mais d'un seul coup, voir des images de gens qui sont affamés, il y a une forme d'inhumanité dans ce qui est en train de se produire, d'empathie qui peut exister vis-à-vis des Palestiniens et des Gazaouis, qui fait que, d'un seul coup, là, tout le monde se dit, ah, d'accord, c'est ça dont on parle. Et je pense que ça arrive tard, parce que beaucoup n'ont cessé d'alerter, d'ailleurs, parfois, sous le feu d'une critique assez vigoureuse.
Enfin, moi, pour avoir dit ces maigres choses que je vous dis là, j'ai été traité de complice du Hamas, de quasi-terroriste, d'antisémite...
Le terme de génocide pose débat. Les 61 000 morts sont des chiffres qui sont donnés d'abord par le Hamas, donc il va falloir aussi contrôler un certain nombre de choses.
Bien sûr, mais la question du génocide ne fait pas débat au regard du droit, y compris du droit français, vous savez. Ça fait débat auprès d'historien, auprès d'un certain nombre de gens, quand même. Il y a des gens qui en débattent, mais enfin bon, quand il y a la volonté de tuer une partie de la population, oui, ici, il y a un génocide. Donc, sur ce sujet-là, c'est un sujet où, par ailleurs, on voit ce qui est en train de se passer, affamer volontairement une population, parce que c'est ça dont on parle, quand on empêche de l'aide alimentaire d'entrer, on affame volontairement une population. Et ce sont des civils pour l'essentiel.
Enfin, je veux dire, le discours suivant lequel Israël est en train de combattre des terroristes, il n'y a pas 61 500 terroristes qui se sont fait tuer. C'est essentiellement des femmes et des enfants.
Qu'est-ce qui peut faire changer la situation ? Là encore, il n'y a que les Etats-Unis qui peuvent peser sur, j'allais dire, la politique que mène Netanyahou. Est-ce qu'on a, nous, Européens, un rôle à jouer ?
Déjà, on aurait pu faire une chose, c'est que quand M. Netanyahou a survolé le ciel français, on aurait pu demander son arrestation. Je veux dire, il y a un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre M. Netanyahou, précisément pour ce qu'il est en train de faire. Que la France ait laissé M. Netanyahou survoler son espace aérien n'est pas normal. Ce n'est pas normal. La France a l'obligation de l'arrêter
s'il s'arrête sur son territoire.
Comment ? Mais survoler le territoire national de la France, ça fait partie du territoire national de la France. Donc on a la possibilité d'arraisonner l'avion, de l'amener sur le sol et puis de l'envoyer à la Cour pénale internationale et ça aurait été très efficace pour arrêter ce qui se passe. Il aurait fallu envoyer deux rafales pour l'intercepter. Par ailleurs, moi je pense que c'est... Ben oui. Mais par ailleurs, je pense que c'est la situation qui est en train de se produire, c'est que tout le monde critique M.
Netanyahou, y compris les Israéliens à l'intérieur de son État et c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles il va toujours plus avant dans la guerre, c'est qu'il est très faible politiquement M. Netanyahou et il est critiqué jusque par les familles des otages qui disent qu'il met en danger lui-même par la guerre qu'il est en train de mener les familles des otages qui sont encore détenues par le Hamas.
Et y compris par Emmanuel Macron qui se monte de plus en plus ferme depuis plusieurs semaines.
M. Macron se monte de plus en plus ferme, j'allais dire il était temps. Nous on a cessé de dire ça, parfois soulevé à l'Assemblée nationale, on a posé une question par semaine sur la situation pour que justement on ne puisse pas détourner les yeux de cette situation. Et je suis satisfait du fait que enfin j'ai l'impression que tout le monde s'en rend compte. Mais quand M. Macron dit qu'il va reconnaître la Palestine en septembre, que restera-t-il de la Palestine en septembre ? Il restera quoi ? La Cisjordanie ? La Cisjordanie où la colonisation a continué pendant que la guerre avait lieu à Gaza ? Parce que c'est ça qui s'est produit.
Il n'y a pas eu que des morts à Gaza, il y a eu des morts en Cisjordanie et une poursuite de la colonisation en Cisjordanie. Donc il faut réagir et réagir de manière ferme et reconnaître la Palestine maintenant, pas en septembre.
Et toi Antoine Léomar, il me reste une petite minute. Je voudrais qu'on parle de la gauche. Il y a un an, vous revendiquez le pouvoir, vous revendiquez Matignon. Quel bilan vous faites de la gauche un an après ? Est-ce que pour vous c'est un échec ?
Je fais surtout un bilan de la Ve République parce qu'on a gagné les élections et donc la Ve République permet quand même de gouverner non seulement pas avec quelqu'un de gauche mais en plus en faisant une politique qui est de droite voire d'extrême droite. Moi je vous parlais
de la gauche en tant que telle parce que vous vous êtes déchiré depuis 12 mois en étant dans l'opposition. Les Français se disent peut-être heureusement qu'ils n'ont pas été au pouvoir.
Je pense que si on avait été au pouvoir, vous inquiétez pas, on aurait su comment s'y prendre. La question qui est posée c'est effectivement qu'il y a des désaccords qui subsistent. Il y en a certains qui pensent qu'il faut accompagner le capitalisme et qu'on pourra répartir inégalement les fruits de la croissance en donner plus aux pauvres et en donner moins aux autres. Ça c'est ce que disent les socialistes. Nous ce qu'on pense c'est qu'il y en a qui se sont bien gavés et qu'il faut aller chercher l'argent dans leur poche.
Il y a une nouvelle noblesse qui s'est mise en place, une nouvelle aristocratie qui s'est mise en place, c'est celle des riches et il est temps d'en finir avec l'aristocratie des riches.
Merci Antoine Léomond d'avoir été l'invité du 830 France Info avec Renaud Blanc. Vous êtes député insoumis de l'Essonne. Je vous souhaite une bonne journée.
Merci beaucoup.
Antoine Léaument