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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 8 avril 2026 13 minAutoproduit

Lionel Jospin en héritage 🌹

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] [musique] [musique] [musique] Et pour commencer cette première séquence introductive, nous accueillons Olivier Fort, le premier secrétaire du Parti socialiste. Bonsoir Olivier. Bonsoir Florent.

Et deux générations de militantes très proches néanmoins, Julie et Tifen. L'une était jeune adolescente lorsque Lionel Jospin a quitté la scène politique en 2002. L'autre était jeune enfant.

Et donc c'est intéressant de voir ce que euh la trace de Lionel Jospin a laissé. Alors première question Tifen. Lionel Jospin, pour toi, qu'est-ce que c'est ?

Quelle image tu retiens ? Une seule image, un seul mot ? Pour moi, Lionel Jospin, c'est d'abord et avant tout le pax en fait de par mes engagements personnels.

C'est vraiment le la première mesure en fait qu'il a mis en place, qui moi m'a marqué quand j'ai appris son histoire particulièrement. Et puis euh au vu aussi également du contexte euh de de l'emploi aujourd'hui, c'est également bah ouais les emplois jeunes quand même. Euh et je dirais que c'est quand même ces deux grandes mesures qu'il a porté qui qui dans mon esprit raisonnent et qui sont pour moi qui qui fait cet homme.

Alors même question pour toi Julie, Lionel Jospin. En un mot, une réforme, une mesure, une impression ? Alors, difficile de résumer Lionel Jospin a un mot.

Euh évidemment, il y a un bilan, donc moi, c'est j'ai 16 ans en 2002, donc euh ça a été le premier euh choc politique. Euh évidemment cette défaite, euh l'extrême droite qui passe au 2e tour. Euh, j'avais pas pu voter parce que j'étais trop jeune.

Ça a été ma première manifestation, ça a été le moteur de mon engagement politique et du fait que j'ai pris ma carte au Parti socialiste en 2004. Donc il y a plus de 20 ans [rires] désormais et surtout c'était donc un bilan les 35 heur la CMU, le pax, la parité très important aussi parce que c'est il a été vraiment un ouvreur de chemin sur ce ces sujets égalité salariale entre les hommes et les femmes. Et ça a été la nécessité pour la gauche de se rassembler. une gauche qu'il a réussi à faire tenir ensemble, qui a réussi à transformer vraiment et durablement la société avec des mesures qui aujourd'hui nous paraissent évidentes, nous paraiss être des acquis comme les 35 he mais qui étaient presque révolutionnaires au moment où il les a mis en œuvre. et 2002, bah c'est c'est cet éclatement de la gauche qui conduit qui conduit à l'échec et donc pour moi c'est tout ça Josepin.

Alors Olivier, que que que t'inspire ces réformes qui sont évoquées par les jeunes générations qui ne les ont connu finalement que comme non pas acteur politique mais spectateur ? On voit que c'est aussi des parcours d'engagement. Quelle place Lunette Josepin a-t-il dans ton parcours d'engagement et et comment est-ce que tu vois ce regard des jeunes générations sur le sur Lionel Josepin ?

Bon, elles ont tout dit en fait. Lionel Jospin c'était tout à la fois des mesures. C'est un homme vraiment à gauche, [grognement] vraiment sincère, vraiment capable de gouverner, de le faire avec toute la gauche et donc d'être celui qui a été un inspirateur, une référence, un modèle pour nombre d'entre nous.

Moi, j'ai une longue histoire avec lui. Non pas que j'ai été toute ma vie à ses côtés, mais elle commence en fait. Je suis très jeune, j'ai 20 ans et je vais parler pour la première fois dans un congrès du PS à Lièvin.

Et il y a là un ancien premier secrétaire, Lionel Jospin, qui passe par-dessus mon épaule, qui lit mon intervention et qui la corrige. [rires] Et c'était à la fois ce dismission, cette capacité aussi à faire confiance. Euh, il a été un premier ministre qui faisait confiance à ses ministres.

Moi, j'étais au moment de son euh son quinquena. Euh j'étais au cabinet de Martine Aubri et je me souviens de de ces moments où Martin partait à l'arbitrage et où Lonel laissait à la fois beaucoup de liberté et à la fin quand il fallait trancher, il tranchait. J'ai ensuite été pendant la campagne présid présidentielle de 2002 chargé de sa campagne numérique.

Alors je le dis très humblement et très modestement, j'en ai été chargé parce qu'à l'époque la campagne numérique ça n'existait pour aucun de ceux qui étaient les éléphants du Parti socialiste. On était au balbus immentement d'Internet et donc personne ne s'intéressait vraiment à ce que faisait les réseaux sociaux et ce qui se passait sur la toile. Mais donc on a eu beaucoup de liberté et il nous avit là aussi fait une grande confiance en nous laissant mener une campagne totalement décalée et voilà.

Et donc le 21 avril, j'arrive dans l'après-midi après avoir voté, je monte dans les escaliers et là la rumeur enfle et on me dit Lionel ne sera pas présent au second tour, il doit être 18h30. et je monte les escaliers et puis mon souvenir c'est de l'avoir vu sortir de son bureau et cet homme qui pour moi n'avait pas d'âge c'était Asterix. C'était vraiment euh voilà l'éternité pour lui.

Et pour la première fois, je vois un homme. Je vois la foudre qui s'est battue sur cet homme et je le vois adossé à un mur et je me dis que effectivement c'est un homme et qu'il a pris euh le coup de tonner selon sa propre expression de plein fouet. Et lorsqu'il descend, personne ne sait ce qu'il va dire.

Et à ce moment-là, il dit qu'il se retire de la vie politique et là c'est le frisson général. D'ailleurs, la foule présente pousse un cri de stupeur parce que il était celui que nous aimions qui nous avait guidé jusque-là et dont on espérait qu'il nous tirerait encore malgré cet échec vers les législatives. Et je lui ai écrit bien plus tard quand il était au conseil constitutionnel et je lui ai dit "Cher Lionel, le dernier moment où la gauche a été heureuse ensemble, c'était avec toi." Et c'est ça qui m'a beaucoup marqué aussi, c'est que moi j'étais chargé de négocier pour Martine avec les communistes, avec les écologistes sur tous les sujets emploi jeune 35 heur CMU loi contre l'exclusion et ça me permet de de dire aussi que je viens d'apprendre comme nous tous la mort de Louis Besson qui était sur le banc des ministres avec Martin Au sur cette loi contre l'exclusion et c'est ce moment partagé avec toute la gauche qui a été un moment d'immense bonheur aussi.

La gauche s'est fracturée en fin de parcours et on pourrait y revenir mais ces 5 années où on était il y avait vraiment une équipe à tel point que il y avait même parfois des prêtes conseillers. Moi à un moment où il y avait eu des difficultés avec Dominique Voinet, il avait été suggéré que je sois envoyé au cabinet provisoirement Dominique Voinet. Enfin bref, il y avait toute une série de choses qui se passaient avec des gens qui avaient le souci de faire et de de montrer que la gauche n'est pas impuissante, que la politique n'est pas impuissante et il a fait la démonstration que la gauche pouvait changer la vie des gens.

C'est c'est formidable d'entendre ce que peuvent dire Tifen et Julie parce qu'elles étaient très jeunes. Moi, j'étais un peu plus vieux malgré tout que Julie, même un peu beaucoup plus vieux. Mais euh c'est ça, c'était on avait le sentiment d'être utile.

Phrase qu'il a beaucoup utilisé après, mais le sentiment que cette cette aspiration que la gauche peut porter, l'espoir qu'elle peut réveiller et bien il était là. et nous avons vécu 5 années de bonheur vraiment. Euh il y a il y a pas un instant que j'ai regretté et pourtant on travaillait dur, on dormait peu mais ça a été des moments très intenses et voilà j'ai j'ai beaucoup de nostalgie en repensant cette période là parce que c'était une période heureuse.

Un mot aussi sur la personnalité de Lionel Jospin parce qu'on évoque beaucoup ses réformes, le bilan qui est le sien, la personnalité particulière de cet homme, l'éthique, la morale qu'il mettait, parfois une forme de droiture qui allait, certains disaient jusqu'à l'intransigence. Est-ce que c'était un un leader aussi moral pour la pour la gauche à cette époque ? Oui oui, ça était évidemment il y avait cette rigueur au sens où il était droit et il aimait pas beaucoup les échappatoires ou les mouvements d'humeur.

Enfin, il était je là aussi j'ai des premiers souvenirs y compris quand je suis rentré pour la première fois dans les instances nationales du parti. J'étais avec Vincent Payon et et il était parfois capable de trancher. Enfin, c'était une lame aussi mais c'était toujours argumenté, motivé.

J'ai pas eu le sentiment de l'arbitraire chez lui. En fait, il y avait pas le sentiment de quelqu'un qui euh faisait les choses uniquement en fonction de ses propres intérêts. Et d'ailleurs, il l'a montré.

Il a su parfois se retirer, il a su revenir quand en 95 il est candidat, il était plus premier secrétaire, il n'était plus ministre. Mais quand de l'or renonce à se présenter comme candidat après avoir été appelé par Henry Emmanueli, il est aussi de ceux qui prennent leur responsabilité et qui disent "Ben voilà, il y a un moment pour tout et j'y vais." Justement Julie Tifen sur la personnalité de de Lionel Jospin, sur l'empreinte qu'il a laissé sur sur la gauche.

Est-ce que pour vous c'est une empreinte durable ? Est-ce que il a même disparu de la scène politique ? Il a été très discret et pourtant il a continué à exister.

Est-ce que c'est un des personnalités politiques a continué à surplomber ce panthéon des hommes de gauche selon pour vous dans votre panthéon à vous ? Euh oui, enfin c'est c'est évident euh et c'est quelqu'un qui en plus a exercé le pouvoir et qui a été euh qui qui a été euh gagnant dans son exercice du pouvoir tout en euh n'ayant pas une personnalité euh euh tout en ne dévoyant pas sa personnalité à l'ône de l'exercice du pouvoir. C'est-à-dire qu'il a gardé cette intégrité jusqu'au bout.

Euh d'ailleurs, il est resté militant et ça, je pense que c'est important de de le dire dans cette émission, c'est que malgré le fait qu'il ait été premier ministre euh qui euh quitté euh la vie politique en tant qu'élu, il est resté euh euh dans sa section, euh il a mené toutes les batailles, euh fait des tractages, des portes à bordes jusqu'au bout, hein, jusqu'à encore il y a quelques mois et euh et ça c'est la une grandeur d'âme qui ouvre des chemins et qui donne envie de le suivre dans cette grandeur que peut être la politique. Et toi Tifen, je rejoins Julie, il a vraiment laissé une belle trace dans les esprits notamment, on l'a vu à l'annonce de sa mort que ça soit des militants et des militantes ou même des personnes extérieures, tout le monde avait en fait une bonne image de Lionel Jospin, une image d'un homme humaniste qui a vraiment œuvré pour le droit de toutes et tous. Et c'est vrai que on c'est un homme sans controverse en fait. sa mort, elle a elle a suscité que de l'admiration et du et du recueillement et ça c'est vraiment quelque chose de de très beau.

Olivier, en en 10 secondes, l'héritage Jospin, c'est une obligation, c'est un chemin vers l'avenir. Comment est-ce qu'on Comment est-ce qu'on on gère cet héritage Jospin qui est à la fois ancien mais avec une très forte préignance sur le Parti socialiste ? On essaie juste d'en être digne, ce qui n'est pas si simple, mais je crois qu'il a effectivement par sa personnalité, par son œuvre donner enfin creuser un sillon dans lequel il est assez simple désormais de comprendre où ce sillon nous mène.

Donc à nous de le suivre. Merci à vous trois.