Bourdin Direct du 1er juillet - 7h/8h
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 32 %Défensif 38 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 31:39OuverteRéponse directe
Comment sera utilisé cet argent pour l'aide alimentaire ?
- 34:30OuverteRéponse directe
55 millions d'euros supplémentaires pour l'aide alimentaire, c'est l'information que vous révélez ce matin. Comment sera utilisé cet argent ?
- 35:35OuverteRéponse directe
Christelle Dubos, on a vu arriver de nouveaux bénéficiaires. Les associations nous disent être débordées. Elles sont vraiment débordées là.
- 38:25OuverteRéponse partielle
Est-ce que les soignants atteints par le Covid-19 auront droit à la reconnaissance de maladies professionnelles ?
- 38:25OuverteRéponse directe
Est-ce que les soignants atteints par le Covid-19 auront droit à la reconnaissance de maladies professionnelles ?
- 39:06OuverteRéponse partielle
Le Ségur de la santé : les conclusions sont rendues quand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13PrésentateurChiffre
« Airbus va supprimer environ 15 000 postes dans le monde, 5 000 en France. »
- 0:26PrésentateurChiffre
« Plus d'une entreprise sur quatre a abusé du chômage partiel. »
- 2:30InvitéChiffre
« Moins de 16 nouveaux cas de coronavirus pour 100 000 habitants lors des deux dernières semaines. »
- 3:31PrésentateurChiffre
« Les salariés vont être indemnisés à 84%, avec un reste à charge de 15% pour les entreprises, et cela pour une durée maximale de deux ans. »
- 5:27InvitéFait
« Ce que nous avons mis en place au ministère de la Santé depuis le 10 janvier est sans commune mesure, en tous les cas en termes d'anticipation, avec ce que j'ai vu dans les autres pays. »
- 5:42InvitéFait
« J'ai senti un danger bien avant les autres. »
- 6:48InvitéFait
« Après déjà les perquisitions elles-mêmes, alors voilà maintenant qu'on vient nous chercher sur le paiement de la condamnation, alors qu'en fait, c'est parfaitement légal que de payer des dommages à intérêt par une association ou un parti politique. »
- 24:32InvitéChiffre
« Le gouvernement a déjà fait un chèque de 39 millions d'euros et il est prêt à débloquer une nouvelle enveloppe pour aider les associations. »
- 34:32InvitéChiffre
« L'aide alimentaire, c'est une aide fondamentale pour plus de 5 millions de personnes en France. »
- 34:44InvitéChiffre
« Nous avions déjà débloqué 39 millions d'euros pour la période du confinement. »
- 35:13InvitéChiffre
« Nous débloquons une somme de 55 millions d'euros supplémentaires. »
- 35:19InvitéChiffre
« C'est 94 millions d'euros au total. »
- 36:24PrésentateurChiffre
« 8 millions de Françaises et de Français qui vont avoir besoin avant la fin de l'année de cette aide alimentaire. »
- 38:36PrésentateurFait
« C'est en discussion et c'est en cours au niveau de l'Assemblée. »
- 38:50PrésentateurFait
« Parce que je suis soignant, je suis soignant, j'attrape la Covid-19, il me paraît logique que ça soit reconnu comme maladie professionnelle, non ? »
- 39:12PrésentateurFait
« Les conclusions seront rendues dans les prochains jours. »
- 39:20PrésentateurChiffre
« Le ministre de la Santé a fait des propositions. La semaine dernière, 6 milliards. »
- 40:02PrésentateurFait
« 300 euros, oui ou non ? »
- 40:06PrésentateurChiffre
« Il y a une première enveloppe de proposés de 6 milliards. »
- 40:41PrésentateurFait
« Il y aura une enveloppe spéciale pour les médecins ? Elle est en cours et les médecins se sont exprimés là aussi. »
- 40:50PrésentateurFait
« Je crois qu'il faut reconnaître les soignants au titre de ce qu'ils font et de ce qu'ils font. »
- 41:25PrésentateurFait
« Les négociations sont en cours et ce choix politique sera aussi annoncé in fine par le Président. »
- 42:17PrésentateurFait
« Les Ouïghours sont dans le nord-ouest de la Chine. C'est un peuple musulman. Ce sont des Chinois musulmans qui sont opprimés. »
- 43:27PrésentateurChiffre
« Le taux de croissance de la population Ouïghour n'est plus que de 1 pour 1000 en 2019 contre 11 pour 1000 l'année d'avant en 2018. »
- 43:45PrésentateurChiffre
« Dans les deux principales préfectures de la région, ce taux de croissance a baissé de 84%. »
- 46:17PrésentateurFait
« C'est un chercheur allemand qui s'appelle Adrien Zenz et qui est un grand spécialiste des Ouïghours et des minorités chinoises. »
- 46:47PrésentateurFait
« Tous les chiffres qu'on vient de donner sur la réduction de la population sont fournis par les autorités sanitaires locales, par les préfectures, par le ministère de la Santé chinois. »
- 46:58PrésentateurChiffre
« Ce sont des documents incontestables qui évoquent par exemple cet objectif stériliser entre 14 et 24% des femmes en âge de procréer. »
- 47:38PrésentateurFait
« Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé le parti communiste chinois à cesser immédiatement ces pratiques horribles. »
- 47:45PrésentateurFait
« Le Sénat américain a voté à l'unanimité une loi permettant des poursuites pénales contre les dirigeants chinois. »
- 47:52PrésentateurFait
« L'Union européenne de son côté a demandé qu'on envoie sur place des observateurs indépendants. »
- 48:14PrésentateurChiffre
« Amnesty International estime qu'il y a un million de prisonniers dans ces camps. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Présentateur 211 %
- Présentateur 36 %
- Invité3 %
≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Mercredi 1er juillet, l'info sur RMC. Il est 7h01, Céline Calman est là pour les dernières infos. Céline, bonjour. Bonjour à tous, encore un plan. Airbus va supprimer environ 15 000 postes dans le monde, 5 000 en France. Les salariés sont abasourdis. Bercy juge le plan excessif. Le secrétaire d'État au transport, Jean-Baptiste Djebari, sera sur RMC BFM TV à 8h30. A qui profite la crise ? Plus d'une entreprise sur quatre a abusé du chômage partiel. Constat effarant après les 3 000 contrôles déjà effectués. Les prolongations en Coupe de France de football, aux oubliettes, décision historique de la Fédération. Un choix qui divise chez les amateurs. Bienvenue sur RMC.
Ce n'était pas prévu sur le plan de vol, mais l'aéronautique n'a plus le choix. Il faut effectuer un virage forcé, suppression de milliers de postes dans le secteur pour tenter de survivre à la crise du Covid-19. Dernière en date a annoncé une coupe dans ses effectifs. Airbus, moins 11% dans le monde. 15 000 suppressions de postes, dont 5 000 en France. Bercy dénonce un plan excessif. Les salariés, eux, sont stupéfaits. Marie Monnier.
Sur le parking du siège d'Airbus à Toulouse, la colère est palpable chez les syndicats du groupe aéronautique. Quelques minutes plus tôt, en comité européen, la direction leur a annoncé vouloir supprimer 15 000 postes, dont 5 000 rien qu'en France. Françoise Vallin, déléguée centrale CFE-CGC. Ces chiffres ont été un choc, parce qu'on pense beaucoup aux salariés qui vont être touchés dans toutes les fonctions. On sait qu'on va avoir vraiment, devant nous, des semaines compliquées. Les modalités de ce plan social d'envergure sont encore floues, mais les syndicats sont déterminés, assure Jean-François Knepper, délégué Force Ouvrière.
Nous allons nous battre pour qu'il n'y ait pas de mesures de suppression d'emplois contraintes dans le groupe. Pour Arnaud Aimé, expert en aéronautique, c'est toute une filière qui est aujourd'hui menacée.
Derrière le champion Airbus, c'est des équipementés de rang 1, comme Safran, comme Thalès, des sous-traitants de rang 2. Donc là, c'est tout un tissu de PME et d'entreprises de taille intermédiaire qui risquent de disparaître.
Le plan de restructuration du géant européen de l'aéronautique doit être détaillé demain lors d'un comité du groupe Airbus France.
Il y aura-t-il des passagers dans les avions ? Les 27 Etats membres ouvrent à partir d'aujourd'hui leurs frontières. A 15 pays triés sur le volet, cette liste n'est pas gravée dans le marbre. Elle pourra évidemment être modifiée en fonction de l'évolution de la situation. Romain Cluzel.
Le critère majeur pour l'Union européenne, c'est le contrôle de l'épidémie. Il doit être aussi bon ou meilleur qu'en Europe avec un chiffre référence. Moins de 16 nouveaux cas de coronavirus pour 100 000 habitants lors des deux dernières semaines. 14 pays remplissent ce critère, dont 3 en Europe. La Serbie, la Géorgie, le Monténégro, les pays du Maghreb, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie sont concernés. Mais aussi le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande, l'Uruguay et le Rwanda. La Chine est le 15e pays de la liste, mais sous condition. En effet, les déplacements de l'Europe à la Chine sont encore limités.
L'UE attend donc une réciprocité avant une ouverture complète de ses frontières. En revanche, pas d'ouverture avec les Etats-Unis, ni le Brésil, la Russie ou encore Israël, où les chiffres de l'épidémie sont encore alarmants. Cette liste doit être révisée tous les 15 jours. De nouveaux pays pourraient donc s'ajouter ou être retirés en fonction de l'évolution de l'épidémie.
Et en pleine crise sanitaire et économique, l'Allemagne prend aujourd'hui la présidence tournante de l'Union Européenne. Pour la deuxième fois de sa carrière, la chancelière Angela Merkel va jouer ce rôle, avec cette fois notamment le défi de convaincre tous les pays d'adopter le plan de relance économique de 750 milliards d'euros. C'est aussi aujourd'hui qu'entre en vigueur en France le nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée. Les salariés vont être indemnisés à 84%, avec un reste à charge de 15% pour les entreprises, et cela pour une durée maximale de deux ans.
Le chômage partiel qui a donné visiblement des idées à certaines sociétés qui n'auraient pas dû en bénéficier plus d'une entreprise sur quatre à abuser du dispositif. C'est ce qui est ressorti des 3000 contrôles déjà effectués. Reportage à Aubervilliers, où une cinquantaine d'agents ont été recrutés pour mener cette mission.
Armé de son téléphone et de son ordinateur, Mohamed El-Kaoudi réalise une trentaine de contrôles par semaine
pour débusquer les fraudeurs, comme cette entreprise de conseil qui a fait une demande de chômage partiel pour deux contrats, signée comme par hasard le jour de l'annonce du confinement.
Ça veut dire qu'elle crée son activité, elle se met en déconfinement, entre guillemets, le jour où nous on se met en confinement. Franchement c'était flagrant et les salaires étaient énormes. C'est l'argent de l'État, l'argent public, l'argent des contribuables qui doit être utilisé à bon escient.
Les entreprises sont ciblées car elles ont été signalées par leurs salariés ou leurs syndicats, explique Benjamin Lepercher, le directeur régional adjoint. On va chercher les déclarations URSAF, on vérifie tout ça avec cohérence. On va chercher des traces d'échanges de mails, ou alors que l'ancienne entreprise est effectivement ouverte avec des salariés sur place. Les fraudeurs on les voit vite parce qu'ils ne répondent pas aux demandes de l'administration.
L'objectif de l'inspection du travail francilienne est d'arriver à 10 000 contrôles d'ici la fin de l'été.
Vous ne pouvez pas dire que je n'ai pas anticipé les explications hier d'Agnès Buzyn, deux jours après sa défaite à la mairie de Paris. L'ancienne ministre de la Santé a répondu pendant plus de 4 heures aux députés de la commission d'enquête de l'Assemblée sur la gestion de la crise du coronavirus. Agnès Buzyn, la voix blanche qui s'est perdue à de nombreuses reprises dans ses notes. Paul Barcelone.
La voix parfois tremblante, le visage souvent fermé. Excusez-moi. Agnès Buzyn tente de lever les doutes sur sa responsabilité dans la gestion de la crise. Vous ne pouvez pas dire que je n'ai pas anticipé. Ce que nous avons mis en place au ministère de la Santé depuis le 10 janvier est sans commune mesure, en tous les cas en termes d'anticipation, avec ce que j'ai vu dans les autres pays. En aucun cas je ne peux laisser dire que le ministère de la Santé a été lent. Après une première alerte, le 25 décembre, elle affirme prévenir le président de la République et le Premier ministre de l'ampleur du virus le 11 janvier. J'ai senti un danger bien avant les autres.
Mais Agnès Buzyn se dédouane sur la pénurie de masques. La ministre n'a pas plus connaissance du niveau nécessaire en masque que du niveau nécessaire en comprimé d'iode, que du niveau en comprimé d'antiviraux. En réalité, ce que je dois m'assurer, c'est qu'il y a une chaîne de commandement et qu'il y a des gens en charge. Ça, je l'ai fait. J'ai tout vu, tout préparé, insiste Agnès Buzyn. Pour l'ancienne ministre, cette audition sonne comme la fin d'un long calvaire.
Jean-Luc Mélenchon dénonce l'instrumentalisation de la justice avec d'autres cadres des insoumis. Il fait l'objet d'une enquête préliminaire, enquête qui vise à vérifier les conditions dans lesquelles les dirigeants ont payé les amendes et dommages auxquels ils ont été condamnés le 9 décembre dernier. Il s'agissait, souvenez-vous, de la perquisition houleuse qui avait été filmée au siège du parti en octobre 2018. De nouveau inquiété, donc, le mouvement compte porter plainte. Mathieu Davy, avocat de Jean-Luc Mélenchon, dénonce un acharnement.
Après déjà les perquisitions elles-mêmes, alors voilà maintenant qu'on vient nous chercher sur le paiement de la condamnation, alors qu'en fait, c'est parfaitement légal que de payer des dommages à intérêt par une association ou un parti politique. Et ça l'a été pour une raison très simple, c'est que l'association a considéré que ces dommages à intérêt avaient été prononcés dans le cadre d'une action dans l'intérêt du parti. On est dans un acharnement et je pense qu'il faut s'en rendre compte parce que ça devient extrêmement pénible, lassant, usant et assez indignant.
Dans l'actualité également, une deuxième nuit en garde à vue pour six policiers d'un service de Seine-Saint-Denis, service qui va être en partie dissous. Les six agences sont visées en tout par une quinzaine d'enquêtes judiciaires, violences, vols, falsifications de procès-verbaux et délits liés au trafic de stupéfiants. Le parquet de Bobimi a commencé à mener ses investigations dans le plus grand secret il y a plus d'un an après un rapport d'un supérieur hiérarchique. Jean-Baptiste Bourgeon.
Le préfet de police de Paris a même demandé une réorganisation générale des CSI, des compagnies de sécurisation et d'intervention situées à Paris et en petite couronne car l'affaire des six policiers sème le trouble. Ils sont soupçonnés de violences, d'extorsions de fonds, de faux et usages de faux, de vols et de détentions de stupéfiants. Ces six hommes pourraient être les premiers concernés par une vaste opération de nettoyage dans les rangs de la police, explique une source. Voiture et vestiaire sonorisées, écoute téléphonique, filature, perquisition. Pendant un an, la police des polices a déployé de gros moyens pour enquêter autour de ses agents avant de finalement les interpeller lundi.
Des fonctionnaires soupçonnaient également d'avoir utilisé de fausses procédures pour arrêter deux personnes considérées comme des dealers.
RMC 7h10, la Coupe de France n'aura plus la même saveur. Fini les matchs interminables et les rebondissements de dernière minute, la Fédération Française de Football a décidé de supprimer tout simplement la prolongation de deux fois quinze minutes à l'issue du temps réglementaire. Jean Rességuier. Un partout donc et la prolongation, 30 minutes supplémentaires. C'est fini, vous n'entendrez plus cela à la radio. Ce sera directement la séance de tir au but, les pénaltys pour départager les deux équipes. Un petit plus pour les amateurs, c'est l'avis de Nicolas Pinard, l'entraîneur de Limonnet, club de cinquième niveau du faute français.
Je pense que ça va augmenter le lot des surprises parce qu'effectivement, sur 90 minutes, on est capable parfois de verrouiller les matchs. Ça va être encore plus compliqué pour les gros de passer les tours. Et je pense que ça altère un peu quand même le plaisir de la Coupe de France. Cela fait deux, trois ans que la Fédération y pensait avec l'accumulation de matchs dans un calendrier 2020-2021 qui sera très chargé, les clubs professionnels accueillent cela de façon positive mais avec quelques regrets. Tout de même, Michel Darzacarian, l'entraîneur de Montpellier. Peut-être qu'ils ont passé à ça aussi par rapport au Covid. C'est peut-être un bien aussi pour les joueurs, on verra.
Je pense que jouer 30 minutes de puce, c'est pas sorcier quand même. Moi, j'aurais bien aimé avoir toujours des prolongations quand il y a un peu plus de piquants. Même si ce n'est pas définitif, c'est une page de la compétition la plus populaire qui se tourne.
On prolongera plus ?
Oui, pas de prolongation. Moi, je trouve que c'est dommage. Je trouve que c'est dommage. Il est 7h11. Merci Céline, à tout à l'heure. Le professeur Didier Pité est avec nous. Je suis très heureux de le recevoir en direct. Président de la Mission Indépendante Nationale sur l'évaluation de la gestion du crise du Covid-19 et sur l'anticipation des risques pandémiques. Eh bien, dites-moi. Professeur Pité, qui est à Genève, en direct avec nous. Professeur, vous êtes là ? Je ne vous vois pas. Oui, oui, je suis là. Bonjour. Ah ! Comment allez-vous ce matin ? Bien, merci. Et vous-même ? Ça va très, très bien. Je suis très heureux de vous recevoir.
Je rappelle que vous êtes infectiologue, que vous êtes épidémiologiste, médecin-chef du service de prévention et contrôle de l'infection des hôpitaux universitaires de Genève et inventeur du gel hydroalcoolique. Je me souviens, d'ailleurs, je vous ai eu à plusieurs reprises, notamment à propos du gel hydroalcoolique. Vous surveillez, vous anticipez les risques pandémiques, vous surveillez cette pandémie du coronavirus. Vous avez vu qu'aux États-Unis, l'épidémie est repartie de plus belle. Pourquoi ? Et est-ce que ça vous inquiète ? Écoutez, tout à fait, la pandémie est repartie de plus belle aux États-Unis.
On peut dire qu'aux États-Unis, la première vague n'est évidemment de loin pas terminée. Dans certains États, les choses sont beaucoup plus catastrophiques, même, je dirais, que dans d'autres. Dans certains endroits, les choses sont un peu plus calmes. Mais on peut dire que la vague épidémique, cette vague pandémique qui traverse les États-Unis, est loin, finalement, de se terminer. Parce que, malheureusement, certains États n'ont pas vraiment bien compris, évidemment, quelles étaient les véritables interventions à mettre et à s'assurer que ces interventions soient efficaces. Oui, professeur Pité, vous êtes là pour anticiper les risques pandémiques. Vous avez été nommé, vous, un Suisse.
Vous avez été nommé par le président de la République française pour, je le rappelle, évaluer la gestion de la crise du Covid-19. Mais ce qui m'intéresse beaucoup, c'est l'anticipation des risques pandémiques. Aujourd'hui, en Europe, la situation est plus calme, semble-t-il. Mais attention, nous devons être toujours très attentifs, si je comprends bien. Oui, absolument. Alors, en Europe, on peut être content de la réaction, n'est-ce pas ? La plupart des pays ont une réaction extrêmement vive et saine. Et on voit qu'on est à la... On appelle ça la queue de la vague, si vous voulez, la fin de cette vague.
Et on voit que dans beaucoup de pays, on détecte maintenant des foyers, des petits foyers. Certains sont plus importants que d'autres, comme en Allemagne, liés à ces activités dans cet abattoir, qui est un des plus grands abattoirs d'Europe, si ce n'est le plus grand. Mais en dehors de ça, on a des foyers qui sont détectés par les systèmes de santé publique. Et au fond, ça témoigne bien de la vigilance extrême avec laquelle nous devons suivre cette fin de première vague. Et on voit que c'est efficace lorsqu'on suit ces petits foyers, qu'on contrôle les chaînes de transmission et qu'on arrive à les maîtriser.
Et ça va être au fond l'aspect de vigilance de l'après-première vague ou au fond de la fin ou de la suite de la première vague dans laquelle nous sommes actuellement en Europe. Voilà, professeur Pité. Ce que vous venez de dire est très très intéressant. Il y a comme ça des petits foyers épidémiques ici ou là. Il faut les surveiller de près pour éviter qu'il y ait une extension évidemment de l'épidémie. Professeur Pité, vous êtes Suisse, donc neutre. N'avez-vous pas été surpris d'être choisi par le président de la République française ? Écoutez, surpris, évidemment que c'est toujours difficile de dire est-ce qu'on est véritablement surpris.
Je pense que le président Emmanuel Macron aurait pu évidemment choisir un ressortissant français comme un ressortissant étranger. Il se trouve que d'avoir un ressortissant étranger qui est certainement l'un des spécialistes du domaine et qui parle évidemment votre langue, c'est-à-dire le français et qui comprend aussi ce qui se passe dans le reste du monde était probablement un choix, je suis mal placé pour dire, était un très bon choix bien évidemment, comme vous le comprendrez.
Non mais je veux dire, est-ce que votre neutralité, votre neutralité, le fait que vous soyez Suisse, le fait que, je sais qu'en Suisse on regarde beaucoup le monde, plus qu'en France, le fait que vous soyez Suisse, est-ce que ce regard différent est utile pour nous ?
Je pense qu'il l'est, honnêtement je pense qu'il l'est, d'autant plus que cette mission consiste à revoir évidemment comment France a géré la crise, mais à comparer cette réponse à l'international, ce qui est très important, c'est-à-dire avec d'autres pays que nous sélectionnons, parce qu'on ne peut pas comparer avec tous les pays, et ça c'est très important, d'autant plus que cette mission est indépendante et sera aussi la contribution de la France à la demande de l'Organisation Mondiale de la Santé que chacun des pays revoit finalement comment la gestion de crise a été réalisée.
Donc cette comparaison à l'international est évidemment extrêmement importante et cette contribution sera très importante pour l'Organisation Mondiale de la Santé. Bien, vous allez travailler, vous allez rendre un rapport, comment allez-vous fonctionner, professeur Pité ? Alors nous sommes cinq experts et nous avons déjà commencé à échanger, bien entendu, virtuellement pour l'instant, et nous travaillons chacun dans les domaines.
Vous avez compris que cette mission est interdisciplinaire, c'est-à-dire qu'elle cumule la santé, l'économie, le social, à quelque part le sociétal, et évidemment nous travaillons chacun dans nos domaines, mais évidemment tous ensemble par rapport à ce qui a été déjà connu, ce qui est déjà disponible. Et il y a beaucoup de données qui sont disponibles. Ce qui fait peur, c'est au fond la quantité d'informations à essayer de mettre ensemble pour bien comprendre, au fur et à mesure de l'évolution de cette crise, évidemment, quelles ont été les réactions. Est-ce que certaines de ces réactions auraient pu être plus vives ? Au contraire, peut-être exagérées ?
Dans certains pays, elles l'ont été, par exemple. Et c'est cet aspect-là de cette analyse qui sera évidemment extrêmement important. Vous offrez le bilan en juin 2021, l'année prochaine. Vous allez travailler tout au long de l'année. Est-ce que, pour conclure, avant de parler du gel et des gels hydroalcooliques, pour conclure, professeur Pité, est-ce que la France est l'un des pays qui a le mieux géré la crise du Covid ou pas ? Alors, la France est un des pays qui a très bien géré la crise. Il y a déjà eu un classement, vous le connaissez certainement, où la Suisse a été élue premier pays, pour différentes raisons d'ailleurs, parce que certains amalgames ont été faits.
La France est partie des au moins 20 à 30 meilleurs pays de gestion de cette crise. Ensuite, je pense que c'est trop précoce pour le dire. Je pense que c'est seulement une analyse détaillée de la situation. qui dira dans quelle mesure certaines choses ont été extrêmement bien gérées, dans quelle mesure d'autres choses auraient pu être faites légèrement différemment. Il faut rester modeste dans la gestion de cette crise. Nul n'est parfait. Et je ne connais aucun pays qui a réagi de manière parfaite à cette situation difficile, il faut bien le dire. Bien, professeur Pité, restez avec nous, parce qu'on va parler du gel hydroalcoolique.
Très vite, rappelez-nous, comment avez-vous imaginé les premiers gels hydroalcooliques ? Comment ça s'est passé, professeur ? Alors, pour être extrêmement direct et extrêmement franc avec vous, vous, je ne suis pas l'inventeur du gel hydroalcoolique, puisque des solutions hydroalcooliques existaient déjà, elles étaient disponibles, mais évidemment, elles n'étaient pas optimales pour leur utilisation sur les mains des soignants.
Et la façon avec laquelle nous avons décidé que ça devait devenir pour les soignants l'outil numéro un, ça a été tout simplement une enquête qu'on appelle épidémiologique, c'est-à-dire une enquête sur le terrain, où nous nous sommes aperçus que les soignants n'avaient matériellement pas le temps de se laver les mains avec de l'eau et du savon dans les temps qui étaient impartis pour eux lorsqu'ils traitaient des malades. Je m'explique, par exemple, en réanimation, une infirmière devait se laver les mains 20 fois chaque heure de soin, et ce temps, en prenant de l'eau et du savon, était beaucoup trop exagéré, puisqu'on passait plus d'une demi-heure de temps à se laver les mains.
Donc, il fallait trouver un autre outil, et l'idée a été de dire, mais pourquoi est-ce qu'on n'utilise pas une solution hydroalcoolique qui existait déjà dans les laboratoires de microbiologie, qu'on utilisait un peu pour finalement se désinfecter les mains, alors qu'on aurait peut-être touché des bactéries multirésistantes. Le moment important a été de décider, finalement, que cette solution hydroalcoolique pouvait devenir l'outil principal d'hygiène des mains dans les soins, et c'est ce que nous avons fait. Alors, évidemment, après, il a fallu améliorer cette solution pour qu'elle soit mieux tolérée pour les mains, tout en étant maximalement efficace sur les bactéries qu'on voulait tuer.
Bien. Marie Dupin est avec nous. Bonjour Marie. Bonjour. Marie, attention aux arnaques, justement, avec les gels hydroalcooliques. Oui, oui, la répression des fraudes en procède régulièrement, depuis le début de la crise du coronavirus, à de nombreux rappels de gels qui ne sont tout simplement pas efficaces. On a tous sur nous notre petite fiole de gels hydroalcooliques en permanence depuis le début de cette crise, mais vraiment, attention, parce qu'il y en a beaucoup qui sont rappelés pour leur inefficacité, des produits qui se présentent parfois sous l'appellation gel lavant ou lotion nettoyante pour les mains, qui ne sont pas réellement des produits virusides ou bactéricides.
En gros, les fabricants jouent sur l'ambiguïté des appellations pour vous vendre un produit qui ressemble à du gel hydroalcoolique, mais qui n'en est pas. Alors, comment, Marie, être sûre de l'efficacité d'un gel hydroalcoolique ? Le mieux, c'est de suivre les recommandations de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament, la NSM, qui préconise d'acheter uniquement des produits ayant été testés selon la norme NFEN 14476. C'est écrit en petit, en général, sur le flacon, mais c'est écrit, et cette norme atteste que le gel tue la majorité des virus. Et puis, s'il n'y a pas la mention de cette norme sur la bouteille, vous pouvez regarder la composition de votre solution hydroalcoolique.
Il faut qu'il y ait de l'alcool éthylique ou de l'alcool propylique ou de l'alcool isopropylique avec une concentration entre 60 et 70%. Et d'ailleurs, c'est obligatoire d'inscrire cette concentration sur le flacon. Oui, professeur Pité, c'était bien. Ce qu'a fait Marie, c'était parfait. Bravo, quelle experte ! Je vous invite à venir travailler dans notre équipe tout de suite. Pourquoi pas ? À Genève ! Bon, merci professeur, dans tous les cas, d'avoir été avec nous. Vraiment, merci. C'était un grand plaisir en direct de Genève. Il est 7h22. Vous êtes sur RMC et RMC Découverte. Découverte, à tout de suite. RMC. RMC. RMC. Hashtag Magnin. Allez, Charles Magnin, avec nous.
L'actu des réseaux sociaux, Charles. Avec le géant des vidéos en ligne YouTube qui fait le ménage en supprimant notamment la chaîne de Dieudonné. Oui, une chaîne qui comptait près d'un demi-million d'abonnés et sur laquelle Dieudonné publiait en moyenne une vidéo par jour. YouTube était devenu son média de prédilection avec des vidéos dans lesquelles il répétait inlassablement les mêmes accusations antisémites. YouTube a donc banni cette chaîne et ses 500 vidéos après, je cite, « des enfreintes répétées à notre règlement de la communauté YouTube ». C'est ce qu'écrit Google, la maison mère de YouTube, dans son communiqué.
Dieudonné a réagi sur sa page Facebook, qui, elle, est toujours en ligne. Selon lui, la suppression de sa chaîne est due, je cite, « à des pressions israéliennes ». Mais en réalité, sa chaîne n'est pas la seule à avoir été bannie par YouTube ces dernières heures. Aux Etats-Unis, celle du néo-nazi Richard Spencer, celle de l'ancien leader du Ku Klux Klan, David Duke, ont également disparu alors qu'elle comptait des millions d'abonnés. En tout, YouTube a supprimé 25 000 chaînes pour violation des règles en matière de discours haineux, en particulier des chaînes de suprémacistes blancs.
Et ces décisions s'inscrivent dans un contexte particulier et les réseaux sociaux sont sous pression ou accusés de laxisme face aux discours haineux et racistes. En particulier, Facebook, qui fait face à une campagne de boycott de la part des grandes marques. Coca-Cola, Levis, Unilever ou encore Adidas et Pluma. En tout, plus de 200 marques ont annoncé qu'elles retiraient toutes leurs pubs sur Facebook pendant au moins un mois. Un coup de com' en réaction au mouvement Black Lives Matter, mais qui pourrait contraindre Facebook à renforcer ses règles de modération. car chaque jour, la liste des marques qui participent à ce boycott s'allonge.
Une info fait bondir les supporters de foot sur Twitter. À partir de la saison prochaine, plus de prolongation en Coupe de France. Oui, à l'exception de la finale, tous les tours de Coupe de France se joueront en 90 minutes avec séance de tir au but en cas d'égalité à la fin du temps réglementaire. Fini les 2 fois 15 minutes de prolongation qui ont pourtant fait la légende de la Coupe. Et sur Twitter, les fans de foot sont unanimes. On enlève tout le charme, la magie de la Coupe de France. On dénature la compétition, selon un internaute. C'est la décision la plus stupide depuis l'instauration de la vidéo dans le foot, dit un autre.
Il faut croire que le foot français est dirigé par des gens qui n'aiment pas le foot, écrit un internaute. Selon un autre, c'est uniquement pour faire plaisir aux diffuseurs qui n'auront plus à bouleverser leur programme en cas de prolongation. Et puis certains imaginent que pour gagner du temps, bientôt toute équipe qui aura deux buts d'avance à la mi-temps sera déclarée vainqueur. Ou même pour faire plus simple, disons que le premier qui marque a gagné. Comme ça, tout est réglé, dit un internaute. En attendant, la finale de la Coupe de France 2020 aura lieu le 24 juillet prochain et devrait se terminer sans prolongation puisque le PSG va largement l'emporter face au vert de Saint-Etienne.
Oui, c'est ce que vous dites. Bon, il est 7h29. Merci Charles. Expliquez-nous Nicolas Poincaré. Nous allons parler des... Bonjour d'abord Nicolas. Nous allons parler des Ouïghours tout à l'heure. Avec un rapport épouvantable publié par un chercheur allemand qui parle d'une politique de stérilisation des femmes forcées, de pauses de stérilés obligatoires, d'avortements forcés sous peine d'internement. Une politique donc pour réduire la part des Ouïghours dans leur région. Alors les Ouïghours, ce sont des musulmans qui vivent en Chine, qui sont chinois, musulmans, turcophones, qui vivent dans le nord-ouest de la Chine et qui sont opprimés.
Les Chinois voudraient qu'ils soient minoritaires chez eux et pratiquent cette politique donc de antinataliste. Bien, il est 7h29, vous êtes sur AMC. Qu'allons-nous faire après le journal ?
La crise du coronavirus a considérablement augmenté la demande d'aide alimentaire. Le gouvernement a déjà fait un chèque de 39 millions d'euros et il est prêt à débloquer une nouvelle enveloppe pour aider les associations. Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès du ministre des Solidarités, vient faire des annonces. Jean-Jacques, à votre micro à 7h40.
Il est 7h30, merci d'être avec nous. Anne-Sophie Balbire, elle est là pour les dernières informations. Anne-Sophie, bonjour. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Un coup de pouce financier pour les entreprises qui recrutent des apprentis. Une aide de 5 000 à 8 000 euros entre en vigueur dès aujourd'hui. Airbus va massivement tailler dans ses effectifs. 15 000 postes supprimés, dont 5 000 en France. Les licenciements secs ne sont pas exclus. Et puis Algérie, Maroc, Tunisie. L'Union Européenne rouvre ses frontières à 15 pays. Nouvelle étape post-confinement et soulagement pour ceux qui sont coincés sur place depuis des mois. RMC 7h32.
C'est l'un des dispositifs mis en place par l'État pour favoriser l'emploi face à la crise économique actuelle à partir d'aujourd'hui. Toutes les entreprises qui embauchent des apprentis bénéficient d'une aide. 8 000 euros pour les majeurs, 5 000 euros pour les mineurs. Un coup de pouce qui fait déjà des heureux et des heureuses. Illustration à perte en Seine-et-Marne. Romain Poiseau. Laura, 16 ans, a passé plus d'un mois à chercher un salon de coiffure pour réaliser son contrat d'apprentissage. On m'a dit qu'ils ne comprenaient pas d'apprentissage parce qu'ils ont eu une perte d'argent à cause du confinement et qu'ils n'avaient pas forcément les moyens.
Je ne pensais pas que ça allait être compliqué comme ça. Elle a même hésité à changer de filière. Je me suis dit que je vais aller dans l'esthétique. Et au final, il fallait juste que je m'accroche. Mais je suis au courant que quand on prend une apprentie, on a des aides. En effet, Marion Grandsard, la propriétaire du salon, a bénéficié de 5 000 euros d'aide. Sans cela, elle n'aurait jamais pu recruter Laura.
Cette prime-là a vraiment fait en sorte que j'accepte de la prendre pour son CAP. C'est quand même quelque part une charge supplémentaire qui est quand même une prise de risque. Alors que là, c'est vrai que ça m'aide énormément. Je vais devoir payer à peu près 300 euros au lieu de 700 ou 800.
Une aide précieuse pour préserver l'apprentissage et permettre aux entreprises de se projeter pour Alain Baot, directeur du CFA de la Faculté des métiers de l'Essonne. Ce qu'il faut, c'est surtout préserver les flux d'apprentis, préserver l'outil que sont les CFA, parce que de toute façon, il y aura quand même une reprise économique. Autre mesure importante pour les apprentis, le gouvernement a prolongé de 3 à 6 mois la période pour signer un contrat d'apprentissage. Autre changement de ce 1er juillet, l'entrée en vigueur d'un nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée. L'augmentation aussi du prix de certains paquets de cigarettes, 10 centimes de plus environ.
La prochaine hausse est prévue pour novembre. Le plan de restructuration d'Airbus pour la France sera détaillé demain matin à Blagnac, près de Toulouse. L'avionneur européen va tailler dans ses effectifs à cause de la crise sanitaire. 15 000 postes en moins dans le monde d'ici à l'été prochain. Margot Bédé. Ça représente 11% des effectifs. Plusieurs pays sont concernés. En tête, l'Allemagne avec environ 5 100 postes supprimés. Au Royaume-Uni, 1 700. La France paiera également un lourd tribut avec 5 000 suppressions de postes. Le secteur de l'aviation a été particulièrement touché par la crise sanitaire. L'activité commerciale a chuté de près de 40% ces derniers mois.
Si Airbus limitera tant que possible les licenciements secs, ils ne seront pas exclus. Le groupe espère tout de même s'appuyer sur des départs volontaires, des mesures de retraite anticipée ou encore du chômage partiel de longue durée. De son côté, le ministère de l'économie a déploré ses 15 000 suppressions de postes. Un chiffre excessif d'après Bercy qui a rappelé qu'un plan de 15 milliards d'euros a été mis en oeuvre par le gouvernement pour soutenir justement le secteur. L'Union européenne rouvre ses frontières à 15 pays. Aujourd'hui, ceux dont la situation sanitaire est jugée suffisamment sûre. Feu vert, notamment pour l'Algérie, la Tunisie, le Maroc.
Très bonne nouvelle pour les voyageurs qui cherchent à rejoindre la France depuis des mois parfois, Rémi Inc. Mohamed est tunisien. Depuis plusieurs semaines, il tente de rejoindre sa femme et sa fille de 3 ans qui sont en France. Il a pris 5 billets d'avion, ils ont tous été annulés. On ne dit jamais 203, mais maintenant on est passé au 6ème. Alors dès aujourd'hui, il prendra cet avion pour au plus vite rejoindre sa fille, très marqué par cette séparation forcée. Elle est rentrée comme dans, on peut dire, une dépression. Elle n'arrête pas de vouloir m'appeler sur Skype, etc. Quand est-ce que tu viens, papa ? Elle est devenue un peu nerveuse. C'était vraiment une galère pour moi.
Retrouver sa famille, Océana Hatt, elle aussi.
Très contente.
Cette Française a vu sa semaine de vacances en Tunisie se transformer en 4 mois de blocage et autant de retard au travail.
J'ai travaillé en télétravail quand c'était possible sur certains dossiers. Maintenant, au bout de 4 mois, les dossiers, ça commence à devenir urgent.
Et quand on lui demande ce qui lui manque le plus ?
Ma famille et la nourriture française, malgré tout, ça manque. Je pense que je vais faire confiance à ma maman et qu'elle va me cuisiner un petit plat maison familial.
Cette liste de pays doit être actualisée toutes les deux semaines. Pour le moment, les Etats-Unis sont exclus de cette liste. Les autorités reconnaissent que la pandémie n'est pas totalement contrôlée là-bas. Elle redoute une explosion du nombre de cas. Le bilan, d'ailleurs, repart à la hausse. 1200 morts en 24 heures. Le marché automobile français se relève de la crise, en tout cas pour le mois de juin, plus 1,2% sur un an après des mois de chute libre. Les données sont encore provisoires, mais hier, les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique ont annoncé un recul net des ventes de pesticides en France. Moins 44% l'an dernier, après l'envolée de 2018.
Des chiffres interprétés de façon différente, côté agriculteur et défenseur de l'environnement. Pierrick Bonneau. Une vraie prise de conscience du secteur sur les effets nocifs du désherbant, c'est l'explication de cette baisse de vente du glyphosate. Selon Régis Chopin, il est agriculteur dans l'air. Les agriculteurs sont conscients qu'il faut en épandre moins puisque c'est le désir de la société. Ils essaient de mettre en œuvre des moyens ou des leviers pour pouvoir être moins dépendants des phytosanitaires. L'agriculture de précision, par exemple, qui nous permet un gain de 7% dans les épandages de phytosanitaires. Les associations de défense
de l'environnement ne crient pas victoire et se basent sur d'autres indicateurs pour dire que beaucoup d'efforts restent à faire. Claude Joly est responsable des questions de pesticides chez France Nature Environnement.
Il faut croire qu'il y a eu un gros effet de stockage à un moment, mais encore moins loin du compte de l'engagement des 50%. Donc ça reste à confirmer dans les années qui viennent.
En février dernier, la Cour des comptes avait épinglé la politique de réduction des pesticides menés par l'État, peu efficace
et trop coûteuse selon elle. Les courses en Aïs s'éteint en gain les bains. Oui, exactement. Anne-Sophie, 20h15, favori numéro 3, éminent d'Orgeresse, outsider numéro 12, élite de gel. Il est quelle heure ? Il est 7h37. Dans un instant, nous sommes avec Christelle Dubos qui est secrétaire d'État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé. Christelle Dubos, bonjour. Bonjour. Nous allons parler de l'aide que vous allez apporter à toutes les associations qui elles-mêmes aident celles et ceux qui n'arrivent plus à boucler leur fin de mois et qui ont besoin d'une aide alimentaire. Nous en parlons dans 2-3 minutes. Christelle Dubos, vous allez nous donner des informations exclusives.
Mais je voudrais prendre Benjamin parce que depuis ce matin, nous parlons des vacances. Benjamin est à Bordeaux en Gironde et Benjamin qui souhaitait partir en vacances en Crète a de gros problèmes. C'est cela Benjamin ? Bonjour.
Oui, bonjour Jean-Jacques. On a des gros problèmes. Attention, on n'a pas des problèmes de santé. On n'a pas tout ça. Tout va bien quand même.
Vous êtes pâtissier à Bordeaux. Si je dois faire de la pub, je dirais que c'est la pâtisserie. On fait du sans gluten, sans lactose, sans sucre. On ne fait que des choses parfaites. C'est génial Benjamin. Benjamin, vous deviez partir en Crète. Alors on doit partir en Crète à 7 personnes. le problème, c'est qu'il y a EasyJet
qui nous a bloqués totalement parce que le plus jeune d'entre nous qui a 18 mois a fait une pneumonie pendant le Covid. Donc rien à voir avec le Covid, mais il n'a pas le droit de prendre de l'avion certificat médical à l'appui avant fin septembre.
Et on devait partir au mois d'août et EasyJet refuse de nous rembourser. Alors en Crète, tout se passe bien avec les gens sur place. C'est-à-dire qu'on a pu décaler la location de voiture, on a pu décaler la location de la maison à l'année prochaine. Donc on sait déjà où on va l'année prochaine. Il faut attendre de voir si l'avion va décoller ou pas. Alors je ne sais pas si c'est pour la faire coucou depuis le tarmac quand ils s'en vont ou quoi, mais nous, de toute façon, l'avion ne le prendra pas vu que le plus petit ne peut pas le prendre. Oui, j'ai compris. Et vous demandez un avoir ou un remboursement.
Exactement. Et donc les seules réponses qu'on a... Je croyais que toutes
les compagnies aériennes, au-delà des remboursements rares, proposaient des avoirs. C'est ce que fait Air France. C'est ça. Ils ne jettent pas du tout. Donc je ne sais pas quel pouvoir à M. Djébari sur les compagnies aériennes, mais il semble qu'ils fassent un petit peu comme ils ont envie. C'est plus facile d'avoir l'arrêt de l'Angleterre au téléphone qu'ils y jettent aussi en ce moment. Je le dis tout de suite. Bon, je vais en parler à Jean-Baptiste Djébari, effectivement, qui est secrétaire d'État au transport et qui m'a invité tout à l'heure. Mais je ne dois pas être tout seul.
C'est un vrai problème. Non, mais je sais. Je sais. Ils font vraiment les sourds.
Mais je sais que vous n'êtes pas seul. Je sais que ça pose problème à de nombreux Français. Merci beaucoup, Benjamin. Mais à part ça, tout va bien. Je te souhaite des bonnes d'attente. Bon, moi aussi, Benjamin. Il est 7h39. Allez, un peu de pub. Christelle Dubos avec nous dans deux minutes. A tout de suite. RMC. RMC, 6h-9h. Vournain Direct. Bien, Christelle Dubos est donc avec nous. Vous êtes secrétaire d'État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.
Ce matin, vous nous annoncez, c'est une info exclusive, le déblocage de plusieurs dizaines de millions d'euros pour aider les associations qui, elles-mêmes, aident celles et ceux qui ont besoin de manger, ont besoin de boucler leur faim de mois. Racontez-nous. En effet, M. Bourdin, l'aide alimentaire, c'est une aide fondamentale pour plus de 5 millions de personnes en France. Et pendant le confinement, nous avons vu des nouvelles familles et nous avons vu des personnes qui ont sollicité de façon plus importante l'aide alimentaire. Donc, nous avions déjà débloqué 39 millions d'euros pour la période du confinement.
Pour que les associations puissent acheter plus d'enrées alimentaires et pour aussi financer des tickets d'urgence alimentaire, ces chèques alimentaires, pour que dans certains territoires où les associations ne pouvaient pas subvenir aux besoins, puissent distribuer ces tickets et que les gens aillent faire leurs cours. Ça, c'est la première chose. Mais nous anticipons les conséquences de la crise économique avec certainement une augmentation, on estime, à peu près à plus de 8 millions de personnes qui vont avoir besoin d'ici la fin de l'année d'aide alimentaire. Et donc, nous débloquons une somme de 55 millions d'euros supplémentaires. Donc, c'est 94 millions d'euros au total.
Donc, on double quasiment le budget annuel pour l'aide alimentaire pour venir accompagner les associations qui accompagnent, comme vous le dites, de nombreux Français. Bien. 55 millions d'euros supplémentaires, c'est l'information que vous révélez ce matin sur RMC. Vous allez aider les associations. Comment sera utilisé cet argent ? Cet argent va servir jusqu'à la fin de l'année. Donc, il sera donné aux associations au fur et à mesure de leurs besoins pour qu'elles puissent acheter des denrées supplémentaires. On anticipe aussi la période d'été puisque nous travaillons avec les associations, je travaille avec les associations au quotidien.
Peut-être rappeler, tous les Français connaissent ces associations, ce sont les Restos du Coeur, c'est les banques alimentaires, c'est la Croix-Rouge française, le Secours populaire qui oeuvre tous les jours avec 300 000 bénévoles. Et en période d'été, on sait qu'on a des associations qui vont fermer, des bénévoles qui vont partir en vacances. Donc, on doit pouvoir, si besoin, pouvoir aussi distribuer des chèques d'urgence alimentaire et peut-être plus particulièrement dans deux territoires que nous regardons avec attention qui sont Mayotte et la Guyane. Oui, 8 millions, c'est énorme. C'est énorme, M. Bourdin.
Et 8 millions de Françaises et de Français qui vont avoir besoin avant la fin de l'année de cette aide alimentaire. Christelle Dubos, on a vu arriver de nouveaux bénéficiaires des familles qu'on ne connaissait pas. Et les associations nous disent être débordées, vous le constatez. Elles sont vraiment débordées là. Moi, je travaille avec les associations, je suis allée les rencontrer, je suis allée rencontrer bon nombre d'associations dans l'ensemble du territoire français en période de déconfinement aussi et pendant le confinement. L'objectif, c'était bien de pouvoir travailler avec elles et répondre à leurs besoins. Elles ont demandé des moyens supplémentaires, nous sommes au rendez-vous.
Nous sommes présentes avec elles parce que pendant le confinement, il y a des personnes qui, de fait, que les cantines soient fermées, avaient des dépenses supplémentaires liées à l'alimentation de leurs enfants. Du fait du confinement, on a des personnes qui ont perdu des revenus parce qu'elles faisaient des petits boulots de l'intérim, du travail saisonnier, notamment avec les restaurateurs qui ne pouvaient plus travailler, donc une baisse de revenus.
Et puis, nous anticipons, comme je le disais, nous anticipons la crise sociale qui risque d'arriver après la crise épidémique avec des personnes qui auront potentiellement perdu leur travail ou avec des revenus moindres et qui, à la fin du mois, pour éviter d'être dans le rouge ou parce qu'elles sont déjà dans le rouge, auront besoin de l'aide alimentaire et ça n'est pas une option. On doit maintenir l'aide alimentaire en France.
Oui, travailleurs pauvres, personnes au budget très serrées, des artisans aussi, des auto-entrepreneurs qui n'ont plus d'activité, des personnes qui travaillent dans l'informel, des familles pauvres et monoparentales, beaucoup de familles monoparentales, également des étudiants. N'oublions pas les étudiants. Les étudiants, ils sont passés du restaurant universitaire au restaurant du cœur, si je peux me permettre cette image, puisque les restaurants universitaires ont fermé du fait du confinement et de la fermeture des universités.
Donc, nous avons travaillé avec les associations pour que pendant le confinement et après le déconfinement, il y ait bien des lieux de distribution d'aide alimentaire au sein des universités pour répondre aux besoins des étudiants qui sont restés dans les universités. J'ai une autre question à vous poser à propos des soignants. Est-ce que les soignants atteints par le Covid-19, la Covid-19, auront droit à la reconnaissance de maladies professionnelles ? C'est en discussion et c'est en cours au niveau de l'Assemblée. C'est une demande et c'est sur laquelle nous sommes en train de l'actualiser. Vous appuyez cette demande C'est une demande que nous sommes en train d'instruire.
Il faut pouvoir, à mon sens, reconnaître, je dis bien à mon sens, reconnaître une maladie qui peut être liée à une activité professionnelle. Parce que je suis soignant, je suis soignant, j'attrape la Covid-19, il me paraît logique que ça soit reconnu comme maladie professionnelle, non ? C'est en cours d'instruction. C'est en cours d'instruction. Oui. Mais vous êtes plutôt favorable à cela. À mon sens, oui. Oui. Bon. Et puis, le fameux Ségur de la santé, vous en êtes où ? Les concluences sont rendues quand ? Les conclusions seront rendues dans les prochains jours. Les négociations continuent. La semaine prochaine ? Le ministre de la Santé... La semaine prochaine ? La semaine prochaine.
Le ministre de la Santé a fait des propositions. La semaine dernière, 6 milliards. Il continue à travailler sur la... C'est insuffisant, j'entends ici ou là, dire 6 milliards, un peu plus de 6 milliards. C'est insuffisant. Hier matin, Bruno Le Maire disait, qui était mon invité, nous disait on fera ce qu'il faut. Ça veut dire que ce qu'il faut, c'est peut-être plus de 6 milliards. C'est les négociations qui sont en cours, c'est bien que l'hôpital et tout notre système de santé repartent sur de bonnes bases. Quand un soignant soigne, il ne soit pas sous le poids de l'administratif et que la revalorisation des salaires soit faite. Ça a été une annonce du président de la République.
Le Premier ministre l'a redit. Le ministre l'a redit et c'est les objectifs du Ségur de la Santé. Il y aura, évidemment, amélioration des salaires. 300 euros, oui ou non ? Les négociations sont en cours. Il y a une première enveloppe de proposés de 6 milliards. Le ministre s'est à plus Oui, mais ça, c'est l'enveloppe globale. Et moi, je parle de la rémunération des soignants, notamment des aides soignants ou soignantes, des infirmiers ou des infirmières. 300 euros, oui ou non ? C'est l'enveloppe qui est en cours. Vous irai jusqu'à 300 euros ? Je ne peux pas vous dire et je ne peux pas vous dire actuellement... Vous, de votre côté, vous faites une proposition, j'imagine ?
C'est l'objectif d'une négociation, M. Bourdin. Vous faites des propositions, vous regardez sur que vous voulez aller. Sur l'enveloppe qui est proposée sur les 6 milliards, il s'agit uniquement des professionnels paramédicaux. où il ne s'agit pas des étudiants, il ne s'agit pas des médecins. Donc, on voit bien que c'est une première proposition. Il y aura une enveloppe spéciale pour les médecins ? Elle est en cours et les médecins se sont exprimés là aussi. Elle est en cours et il y aura aussi une enveloppe spécifique pour les étudiants en médecine. Mais 300 euros, ça vous paraît normal ? Je crois qu'il faut reconnaître les soignants au titre de ce qu'ils font et de ce qu'ils font.
Ça marquerait. 300 euros, ça marquerait les esprits. C'est ce que demandent les aides-soignants et soignantes et c'est ce que nous sommes en train de travailler avec elles et de regarder avec l'ensemble des corps professionnels du travail médical. C'est possible ? L'État a les moyens ? L'État, si c'est une demande et si l'État... C'est une bonne question. Est-ce que l'État a les moyens ? L'État, au vu de ses budgets, devra se donner les moyens d'apporter cette réponse. Donc, l'État a les moyens d'offrir 300 euros par mois de plus ? Il y a une question budgétaire, il y a une question d'équilibre budgétaire. C'est un choix politique.
Les négociations sont en cours et ce choix politique sera aussi annoncé in fine par le Président. L'État donne 8 milliards d'euros, par exemple, à l'aéronautique. Pourquoi pas ? Parce que l'aéronautique en a besoin. L'État peut donner 8 milliards, peut-être, pourquoi pas ? Sur l'aéronautique,
il y a des prêts aussi consentis. Oui, je sais, ce ne sont pas que des enveloppes.
Vous avez raison. Bien, et j'en parlerai avec mon invité Jean-Baptiste Djébari qui sera là tout à l'heure avec nous. Merci beaucoup, Précile Dubos. Merci d'être venu nous voir et je recevrai très prochainement le ministre de la Santé qui est venu régulièrement tout au long de cette épidémie, qui est venu nous voir pour nous donner les informations que nous souhaitions. Il est 7h51, tout de suite, les Ouïghours, Ouïghours avec Nicolas Poincaré. Nicolas, expliquez-nous. Alors, les Ouïghours, j'avoue que je connais bien parce que ma femme est allé les voir, les a rencontrés, a travaillé en reportage avec eux. les Ouïghours sont dans le nord-ouest de la Chine. C'est un peuple musulman.
Ce sont des Chinois musulmans qui sont opprimés, mais opprimés. D'ailleurs, quand on va en reportage, c'est très difficile, dans cette région, il vaut mieux faire très attention à ce que l'on fait parce que les autorités chinoises veillent au moindre contact que vous pouvez avoir avec cette minorité Ouïghour. Minorité Ouïghour qui souffre terriblement. Nicolas Poincaré à tel point que la Chine est accusée, écoutez bien, parce que c'est de pratiquer des stérilisations forcées. Voilà. Des stérilisations forcées.
C'est une politique effrayante effectivement pour faire en sorte que ces Ouïghours deviennent minoritaires dans leur propre région et on va bientôt y arriver puisque pour l'instant, ils sont déjà 50-50 entre les Ouïghours et les Han, les Chinois de Chine. Alors, ce rapport sur la politique de natalité, anti-natalité est absolument effrayant puisque pour la première fois, on a des chiffres sur cette politique de réduction des naissances que la Chine mène. Le taux de croissance de la population Ouïghour n'est plus que de 1 pour 1000 en 2019 contre 11 pour 1000 l'année d'avant en 2018, donc 10 fois moins en un an.
Et dans les deux principales préfectures de la région, ce taux de croissance a baissé de 84%. C'était donc l'objectif de Pékin de faire baisser drastiquement le nombre d'enfants dans cette population musulmane. Mais comment procèdent les Chinois pour faire baisser le nombre d'enfants ? Alors, ils procèdent avec une très grande efficacité et avec plusieurs méthodes, au moins trois. D'abord, une politique de stérilisation définitive, le plus souvent, une politique de contraception imposée, c'est-à-dire de pose massive, de stérilée chez les femmes ou bien encore avec... On vous oblige à porter un stérilé.
...sous peine, sous menace d'internement dans des camps, des camps qui sont extrêmement nombreux. On va en reparler. Puis, il y a une troisième méthode qui est encore plus radicale, c'est tout simplement la séparation des époux justement par l'enfermement dans ces camps, soit du mari, soit de la femme, soit des deux. Et dans les camps pour femmes, une majorité d'entre elles sont là pour avoir violé la loi sur la natalité, c'est-à-dire pour avoir eu trop d'enfants. C'est-à-dire qu'on est interné si on a eu trop d'enfants. C'est cela. Interné dans un camp. Voilà. Voilà où en est la Chine aussi. Parce que, bon, enfin bon, que prévoit cette loi sur la natalité ?
Alors, elle prévoit qu'un couple a le droit d'avoir deux enfants s'il est citadin, s'il vit en ville, et trois enfants s'il vit à la campagne. Et jusqu'à ces dernières années, cette loi était assez peu respectée. Même parmi les apparatiques du Parti communiste, les familles nombreuses étaient justement nombreuses. Les parents ne risquaient qu'une amende s'ils faisaient trois enfants. Mais depuis, exactement, juin 2017, les choses ont changé et ça ne rigole plus. La presse officielle dénonce comme un crime le fait de violer la loi sur la natalité. Les autorités appellent à gagner la bataille contre les naissances illégales.
Vous remarquez que cette notion de naissance illégale, elle existe dans un seul pays du monde. C'est bien la Chine. Il y a des directives qui ont été publiées pour indiquer que les maires de familles nombreuses doivent suivre des programmes d'éducation et de formation professionnelle. Alors dit comme ça, ça ne semble pas grave. Sauf que, justement, en Chine, tout le monde comprend les centres d'éducation et de formation professionnelle. C'est le nom officiel des camps d'internement, ces nouveaux goulags. Oui, une directive demande de sanctionner les femmes qui refusent de mettre un terme à une grossesse illégale. C'est-à-dire... Autrement dit, qui refusent d'avorter.
Voilà, encore une fois, il y a des pays dans le monde où l'avortement est interdit ou difficile et puis il y a un pays dans le monde où l'avortement peut être obligatoire. C'est la Chine. Qui sont les auteurs du rapport qui parle de stérilisation ? Alors, vous avez raison de poser la question parce que quand les accusations sont aussi graves, il faut savoir d'où elles viennent, quelles sont exactement les sources. Alors, c'est un chercheur allemand qui s'appelle Adrien Zenz et qui est un grand spécialiste des Ouïghours et des minorités chinoises. Son travail est publié par une fondation américaine qui s'appelle la Jane Stone Foundation qui est connue pour son engagement anticommuniste.
On pourrait donc dire que c'est un travail orienté et d'ailleurs, c'est ce qui permet aux Chinois de rejeter aujourd'hui en bloc toutes ces accusations. Sauf que les sources du chercheur allemand, eh bien, ce sont des sources chinoises. Ce sont les documents administratifs et officiels auxquels il a eu accès. Tous les chiffres qu'on vient de donner sur la réduction de la population sont fournis par les autorités sanitaires locales, par les préfectures, par le ministère de la Santé chinois.
Ce sont des documents incontestables qui évoquent par exemple cet objectif stériliser entre 14 et 24% des femmes en âge de procréer ou bien alors cette directive pour promouvoir, je cite, des mesures de contrôle des naissances avec efficacité à long terme. Une façon de dire en langage bureaucratique, ça veut dire une stérilisation définitive, efficacité à long terme. Le plus effrayant, c'est que donc tout est écrit, le crime chinois est signé dans ces documents. Le crime chinois est signé. Les américains et les européens ont réagi après la publication de ce rapport. Il y a eu une onde de choc dans le monde entier.
Voilà, hier il y a eu effectivement des réactions américaines et européennes avec vigueur. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé le parti communiste chinois à cesser immédiatement ces pratiques horribles. Le Sénat américain a voté à l'unanimité une loi permettant des poursuites pénales contre les dirigeants chinois et puis l'Union européenne de son côté a demandé qu'on envoie sur place des observateurs indépendants. Ça a le mérite de braquer enfin le projecteur sur cette province opprimée, donc sur cette minorité ouïghour, ces chinois, musulmans qui parlent turc.
Pékin, on le sait, on en avait déjà parlé d'ailleurs ensemble ici même, a construit 150 camps qui ressemblent à des goulags du XXIe siècle et Amnesty International estime qu'il y a un million de prisonniers dans ces camps. Pékin de son côté affirme qu'il s'agit plutôt de camps de formation professionnelle, de déradicalisation. Les prisonniers libérés décrivent une toute autre réalité, des privations, des punitions à l'électricité, l'obligation pour ces musulmans de manger du porc, l'interdiction de prier, l'interdiction de parler une autre langue que le chinois.
Et puis récemment, on a vu des images tout à fait effrayantes qui sont sorties qui montrent d'immenses dortoirs avec des centaines, voire des milliers d'enfants qui dorment par terre. Il est 7h58. Merci Nicolas. Qu'allons-nous faire ?
Les dirigeants de la France Insoumise visés par une enquête pour abus de confiance. Parmi eux, Jean-Luc Mélenchon, nous serons avec Hugo Bernalicis, député de la France Insoumise du Nord, juste après le journal 8h10.
RMC.