Max Boublil et François Berléand sont les invités de Anne-Sophie Lapix
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité d'RTL Soir Je suis très heureuse d'accueillir François Berléand et Max Boublil, duo explosifs de la pièce L'expérience théâtrale signée Laurent Ruquier. Bonsoir messieurs. Bonsoir. C'est une pièce que vous jouez depuis septembre au théâtre de la Michaudière et que vous jouez tout le mois de juin à la Comédie des Champs-Elysées. Une pièce très originale puisqu'elle vous met à la place des spectateurs. Le spectacle est donc censé être dans la salle et vous êtes assis sur des sièges inconfortables, comme nous d'habitude, vous regardez le public. D'ailleurs, est-ce que vous les voyez vraiment ?
Quand on est sur scène, est-ce qu'on voit le public ou est-ce qu'on a des lumières qui vous éblouissent ?
Alors moi je suis vieux donc je ne les vois pas.
C'est l'avantage.
C'est l'avantage. Sauf qu'à un moment donné on se lève, on parle un petit peu avec le public et là on voit les... Enfin moi en tout cas je ne vois que les cinq, six premiers rangs. Mais sinon, lui il a une bonne vue donc il...
Oui, mais moi non, non, ils sont dans le noir. Ils sont dans le noir quand même. C'est vrai que quand on se lève pour faire des petites impros, on commence à les voir et on fait ouh là là là là. Ah oui, ça impressionne un peu quand même. Toujours de se rapprocher. C'est vrai ? On a des bonnes têtes ceux qui viennent nous voir. Bien sûr, c'est un bon public.
Alors attention, on ne joue que le week-end. On ne joue que le samedi et le dimanche. Que le week-end. Et sauf la dernière semaine de juin où c'est jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Vous faites bien donner les dates.
C'est pas 19h. Vous allez donner les prix des tickets ou... Alors vous disiez que le public est un bon public. Il y a des spectateurs fidèles, des fans j'imagine dans la pièce. C'est Nicole. Elle existe, Nicole, qui vous suit depuis des années, qui était là pour vous aux quasiment 40 pièces.
J'aimerais bien qu'elle me suive.
Ça existe, ça ? Des fans comme ça, comme dans les concerts ? Alors moi, je peux dire que t'en as quelques-unes. J'en ai vu quelques-unes qui attendaient et qui me disaient Ah, j'ai suivi Berléans, je l'ai vu là, je l'ai vu dans telle pièce, j'ai vu dans... Et puis on va le voir dans la prochaine.
Mais peut-être pas depuis 40 ans. Depuis que 5 ans, peut-être.
Mais ça existe. Il a ses groupies. Ses fans. Alors, elle se régale, Nicole, parce que vous n'avez jamais joué dans de mauvaises pièces. Tout simplement parce que vous avez réussi à les rendre bonnes. Est-ce que c'est vrai ça ? Est-ce que c'est possible ? Est-ce qu'il vous arrive de trouver un texte moyen, mais bon, finalement, d'arriver un petit peu à le dynamiser, à vivre un bon moment de théâtre ?
Ah non, moyen, non. Parce que sinon, on ne la fait pas. Si c'est un texte qui n'est pas bon, on ne va pas non plus faire le métier d'auteur. Il faut y croire à fond. Non, il faut vraiment y croire. Il faut qu'elle soit bonne au départ. Après, il peut y avoir des défauts. Et là, effectivement, on a notre mot à dire. Mais ça, je le fais souvent avec des auteurs vivants, bien entendu, parce que mort, c'est difficile. Mais c'est vrai que je fais assez souvent, mais pas sur tout le texte, mais sur, mettons, 10-15% du texte. Là, on l'a fait un peu avec... On a rajouté des choses. Mais avec l'accord, évidemment, de Laurent Wockier.
Oui, bien sûr. Qui n'est pas trop difficile en affaires, ça va ?
Non, il est tout d'accord avec... Non, non, non, formidable.
Vous, Max Boublil, vous avez joué assez peu de pièces. Oui. Mais par contre, vous avez fait du stand-up, ce qui crée un rapport assez différent avec le public. C'est vrai. C'est vrai que le stand-up, tu t'adresses aux gens, tu peux leur parler, ils te répondent. Arrête de tutoyer. C'est vrai qu'il me dit ça dans la pièce aussi. Oui, on se croirait nouveau dans la pièce. Vous avez raison. Je ne sais plus où j'en suis, mais oui. J'avais fait une pièce pendant trois ans avec Gérard Darmon, qui était une situation délicate. Je m'étais habitué au théâtre.
Mais c'est vrai que dans cette pièce, je l'amène par moment vers le stand-up, parce que François Berlant fait une petite partie de stand-up pendant la pièce. Et lui, il m'amène vers le théâtre, les grands auteurs et tous nos contemporains. Je cherche des mots que je n'ai pas, évidemment. Le public n'est pas tout à fait le même que pour le stand-up, d'ailleurs. C'est plus âgé, en fait. Il y a un mélange, là. Ils ne sont pas si âgés, ceux qui viennent nous voir.
Hier, c'était une salle très jeune.
Ça, c'est la bonne idée de Laurent Ruquier. C'est de prendre deux générations différentes pour attirer tous les publics, en fait. C'est ça ? Exactement. C'est un calcul mercantile de Laurent Ruquier. En tout cas, vous expliquez quand même, François Berlant, que si vous parlez fort au théâtre, c'est pour les personnes âgées qui sont dans la salle. Non, ça, c'est lui. Ah, c'est vous qui le dites ?
Non, non, non, c'est lui qui le dit. D'accord. Parce que moi, justement, c'est à Nicole que vous parlez ? Non, parce que Nicole en entend très bien. Non, non, non, non, c'est... C'est moi qui me moque un peu de... À un moment donné, lui, en plus, dit... Est-ce que vous savez pourquoi on parle fort au théâtre ? C'est pour qu'on nous entende. Voilà, c'est tout. Mais c'est vrai que, par rapport au cinéma, où on doit parler comme dans la vie, au théâtre, on parle pour se faire entendre. En revanche, c'est vous qui dites...
Voilà, en revanche, c'est vous qui dites, c'est pour ça qu'on joue faux, en fait, systématiquement, quand on est au théâtre. Parce que, voilà, on projette sa voix, et j'imagine que c'est pas...
Les gens viennent pour nous voir en vrai, alors qu'il n'y a pas un endroit où on est aussi faux. Et c'est vrai qu'au théâtre, alors peut-être moins maintenant qu'avant, mais on a une façon de parler, d'accentuer des gestes, et surtout de parler beaucoup plus fort pour qu'on nous entende, qui fait qu'on n'est pas véritablement dans la vraie vie du cinéma.
On parle fort et puis on articule. Alors, vous le voyez venir, vous faites des exercices de diction l'un ou l'autre. Ah oui, on fait une joute. Un concours, voilà, exactement. Vous pouvez me donner un petit... une trait de cette joute ? Ton t'a-t-a-t-il au tétatou ? Demande le tatou à la tortue. Non, je toustens que l'on m'entend de Tahiti à Tombouctou. Si mon tonton tonton tonton tonton tonton... Non, ça y est.
C'est ça, c'est ça, c'est ça. J'ai pu le traillir. Si mon tonton tonton tonton toutou, ton toutou sera tondu comme un tonton tondu. Si mon tonton tonton toutou, ton toutou sera tondu comme ton tonton tondu. Voilà, c'est pas mal.
Allez chez le Zouave, vous jouerez au zigzag et au zanzibar. Je ne peux pas.
Ma tante Armande attend de sa tante, la menthe pour la menthe.
Et est-ce qu'elle prend un minuit six fruits cuits ? Si ces six fruits cuits lui nuisent, donnez-lui six fruits crus. Vous me désoriginaliserez. Eh bien, je me désoriginaliserai quand tous les originaux se seront désoriginalisés. Pourquoi ? Il n'est pas venu le désoriginaliser. Il était porte d'Italie. Attention, c'est ce week-end. J'ai bien compris, c'est vendredi. C'est tous les week-ends. Nous avons encore la semaine pour vous reposer. J'aurais aussi pu vous demander de chanter ou d'imiter et de montrer vos talents d'imitateur dans la pièce. Oui, oui. Qui je peux imiter ? Disons que... Imite Luchini. Luchini, voilà.
Il y a quand même une façon très particulière d'imiter Luchini, je veux dire. Vous savez quoi ? Je vais faire Enrico Macias, ce qui sera plus évident. Tout de suite. Alors, ça me fait vraiment plaisir d'être avec vous, Anne-Sophie Lapix. Vraiment, c'est un kiff. Là, c'est vrai. Je vais faire Laurent Ruquier aussi. Allez-y. C'est tout. Ça s'arrête là. D'accord. Marc-Antoine Lebray n'a qu'à se rhabiller. Alors, ce qui est savoureux dans la pièce, c'est qu'on rentre dans vos têtes... On ne revient pas. On rentre dans vos têtes de comédiens qui ont forcément leur petit égo. On a besoin d'applaudissements, de compliments, de récompenses. Après tout, c'est assumé.
On vient chercher un petit peu la lumière au théâtre.
Surtout François. C'est mes derniers feux. C'est le dernier voyage. C'est le dernier voyage. Le chant du cygne.
Oui, ça va aller dans l'ambiance. D'ailleurs, vous avez une sonnerie de téléphone dans la pièce. Ce sont des applaudissements.
Ce sont des applaudissements, absolument. Vous les avez vraiment ? C'est vrai ? Il faut simplement que je l'ouvre.
Déjà, tu as une boîte à paix, ça, que tu sors régulièrement. Non, il ne faut pas le dire. Ah bon, oui. Ça, c'était pas dans la pièce. Pardon, excusez-moi. Évidemment, je ne sais pas. T'as des applaudissements. Mais surtout, on imite les animaux. Il me fait imiter. Et dimanche dernier, il m'avait un truc qui devait durer 14 secondes. Il m'a fait faire tous les animaux du cirque. Ah, parce que... Ah, voilà. Voilà la soderie. C'est magnifique. Donc, vous laissez sonner, en fait, quand on vous appelle.
Longtemps ? Non, ça, c'est mon réveil. Ah, d'accord. Ça me met de l'humeur. Mais l'application est gratuite. C'est Applaus. Les gens qui sont en demande d'applaudissements, c'est gratuit.
Alors, je précise, vous racontez aussi, parce que je me suis totalement identifiée dans les questions que je peux poser, les questions idiotes, vous racontez que souvent, on vous demande, à vous, comédiens, mais comment vous faites pour retenir tout ce texte ? Et ça, c'est insupportable, en fait, comme question. Oui, comme c'est notre métier. Mais oui, c'est ça.
On nous dit, plus souvent, on nous pose cette question-là, alors qu'on nous dit, c'est vrai que c'est comment vous faites pour jouer aussi bien, ça, on n'oublie jamais. C'est dommage, parce que... On n'ose pas. Mais peut-être qu'on n'est pas bons non plus, c'est pour ça qu'on n'oublie pas.
Mais avec les années, on te demande autre chose. Oui, mais c'est... C'est pour votre âge.
Oui, donc à votre âge, comment vous faites pour vous rappeler tout cela ? Et oui, c'est ça.
Et oui, c'est encore plus un exploit, mais bon, j'ai bien compris que ce n'est pas ça qu'il fallait dire. En tout cas, merci beaucoup à tous les deux d'être venus dans RTL Soir. On vous retrouve sur scène et dans le public, donc dans l'expérience théâtrale à la Comédie des Champs-Elysées jusqu'au 28 juin, le week-end à 19h. Oui, c'est ça. Le week-end à 19h, sauf la dernière semaine où on fait jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Voilà. Alors, vous restez avec nous pour la petite bande RTL Soir ?
Et dimanche, 6h.
Dimanche, c'est 16h. Oui, dimanche. Alors, dans un instant, la tentation du soir, ce sera la finale de Top Chef. Enfin, le petit phénomène des magues et sel, ce sont ces pratiques dangereuses pour avoir l'air plus viriles. A tout de suite. Ah ! Merci d'écouter RTL.