Les oppositions, chacune dans leurs couloirs… - L’édito de Patrick Cohen
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Tout de suite, l'édito de P.Cohen. Un gouvernement démissionnaire à nouveau à la tête de la France. - P.Cohen: Celui de F.Bayrou, qui expédie les affaires courantes dans l'attente de la nomination de son successeur.
C'est la 3e fois que ça arrive depuis l'été 2024, quand G.Attal avait expédié les affaires courantes durant 2 mois pendant les JO. - G.Attal: Depuis 1 an et la dissolution, tout a été fait à l'envers.
Les Premiers ministres ont été nommés en se disant que derrière, ils auraient une majorité dans un contexte où l'Assemblée nationale est divisée et aucune force politique n'a une majorité seule. Ce que je propose, c'est qu'après la chute de ces 2 gouvernements, renverser la méthode et de parler du quoi avant du qui. - P.Cohen: C'est-à-dire du programme avant de savoir qui va le mettre en musique.
G.Attal suggère de nommer un négociateur, une personnalité en dehors de la politique pour trouver ce compromis qui permettrait de gouverner comme cela se fait dans d'autres régimes parlementaires européens. - A.-E.Lemoine: Il a des chances d'être entendu? - P.Cohen: Aucune.
Ca fait un an et demi qu'E.Macron n'écoute plus G.Attal.
Le président s'apprête à faire le contraire, à recommencer comme les 2 autres fois en nommant probablement S.Lecornu, fidèle ministre de la Défense Chargé de réussir ce grand écart aux allures de mission impossible: rallier le PS et obtenir un accord de non-censure suffisamment large pour faire passer un budget et peut-être quelques réformes. - A.-E.Lemoine: On est sûrs que ce sera S.Lecornu? - P.Cohen: On n'est sûrs de rien.
C'est l'acte manqué de décembre dernier, S.Lecornu, celui que le président de la République voulait nommer avant que F.Bayrou ne vienne lui tordre le bras à l'Elysée pour imposer sa propre nomination.
Cette fois, on a des indices solides. X.Bertrand était cité parmi les possibles Premiers ministres et a affirmé lors d'une réunion de direction LR que ce ne serait pas lui et que S.Lecornu était en train de constituer son gouvernement.
Il sera difficile de dissiper l'impression persistante de tourner en rond. Et encore, pour les citoyens les plus bienveillants. J.Fourquet disait ce matin dans "Le Figaro" Qu'on avait l'impression que la vie politique était une pièce de théâtre décalée, se jouant devant une salle vide.
Chacun est encore dans son couloir. Notre invitée pourra en témoigner tout à l'heure, puisqu'elle a réuni les présidents de tous les groupes parlementaires à l'Assemblée ce matin. Voyons ce que disent les principaux dans les médias.
O.Faure ne disait rien de ses intentions, faisant mine d'espérer encore être appelé à gouverner. - O.Faure: Je crois à la lucidité.
Je vois un pays exaspéré. Je pense qu'il est temps de cohabiter. - P.Cohen: "Il est temps de cohabiter", dit-il sans y croire.
Le RN dit ne plus rien espérer non plus. - J.Bardella: Si le prochain Premier ministre, si monsieur Macron fait le choix de nommer un nouveau Premier ministre, il n'aura aucune autre possibilité que de rompre avec la politique menée depuis 8 ans.
Auquel cas, les mêmes causes entraîneront les mêmes effets et entraîneront une censure du gouvernement. - P.Cohen: J.Bardella dit le contraire de ce qu'il voulait dire.
Il n'y aura pas de rupture et il y aura censure de la part du RN. Les insoumis non plus n'attendent rien, sauf la démission du président, mais J.-L.Mélenchon se distingue en conservant l'alerte sur notre endettement. - J.-L.Mélenchon: J'ai très mal vécu les 15 jours ou 10 jours de monsieur Bayrou passant sur tous les plateaux pour dire à la finance internationale que la France, c'est la catastrophe.
Ce n'est pas vrai. A un moment donné, je me suis demandé s'il n'essayait pas d'attirer la crise financière sur la France pour qu'on cède. - Il n'y a pas de problème de dette en France? - J.-L.Mélenchon: Non. - P.Cohen: LFI a déposé cet après-midi à l'Assemblée nationale une proposition de résolution pour engager une nouvelle procédure de destitution contre le président de la République. - A.-E.Lemoine: Un 3e gouvernement démissionnaire en un peu plus d'un an.
C'est une fois de trop, Y.Braun-Pivet? Est-ce qu'il faut aller plus vite pour éviter le sentiment de flottement? - Y.Braun-Pivet: Ca montre que nous n'arrivons toujours pas à créer cette culture de la coalition.
On voit bien cette Assemblée...
Elle est éclatée comme jamais. Aucune majorité. Pourtant, certains continuent à revendiquer le pouvoir à eux tout seuls.
Ca ne marchera pas comme ça. C'est la raison pour laquelle...
Se réunir pour se dire sur quoi nous pouvons nous mettre d'accord pour assurer de la stabilité à notre pays, c'est tout ce dont nous avons besoin et c'est ce que réclament les Français, les chefs d'entreprise et nos partenaires internationaux. Je reviens d'un G7 au Canada où j'ai rencontré l'ensemble des présidents de Parlements des pays membres du G7. Chaque entretien bilatéral s'est commencé par: "Qu'est-ce qui se passe en France, madame la présidente?
Qu'est-ce qu'on va faire? Est-ce que vous pouvez nous assurer qu'il va y avoir de la stabilité et que la France va pouvoir continuer à assurer sa mission?" Je leur réponds que je suis convaincue qu'on peut y arriver.
On me dit que je suis optimiste ou idéaliste. Moi, je pense que le pragmatisme va l'emporter et surtout, l'intérêt des Français. Dimanche, j'ai passé 3 heures avec mes compatriotes au salon des associations de Sartrouville.
Ils disent un truc: "Entendez-vous. Ce n'est pas si compliqué que ça." Ce n'est pas si compliqué, non.
Il faut se mettre autour d'une table. "On est en 2025. On va jusqu'en 2027.
Sur quoi on peut se mettre d'accord d'ici là?" - A.-E.Lemoine: Donc l'idée de G.Attal n'est pas si mauvaise que ça. - Y.Braun-Pivet: Je pense que c'est important... - A.-E.Lemoine: Le président de la République n'écoute pas G.Attal? - Y.Braun-Pivet: Je pense qu'il faut changer de méthode pour avoir quelque chose de solide.
Ce qui est en jeu, c'est certes le budget...
C'est fondamental, le budget de la France, mais c'est aussi les mois qui suivent. Les Français disent quoi? Ils veulent de la stabilité en janvier, en mars, en octobre prochain.
Ce n'est pas uniquement pour avoir un budget. Il faut réussir à créer quelque chose de plus large, de plus long, plus pérenne. Il faut créer cette fameuse coalition en disant, et ça me paraît fondamental...
Ca ne vaut pas quitus de la gestion et ça ne vaut rien pour 2027, mais nous sommes responsables. Nous sommes des personnalités politiques. Nous prenons nos responsabilités.
Nous devons assurer la stabilité dans notre pays. Je suis sûre que nous en sommes capables parce que nous sommes entre gens, je l'espère, de bonne volonté. - P.Cohen: Quelle était l'ambiance ce matin à la réunion des présidents de groupe?
C'était plus constructif que les réactions qu'on vient d'entendre dans ces vidéos? - Y.Braun-Pivet: On a déjà eu des échanges avec les 11 présidents de groupe en personne autour de moi à l'Assemblée nationale.
L'idée était de parler des affaires courantes. Qu'est-ce qu'on va faire? On a décidé ensemble qu'on allait continuer ou interrompre.
Il y a quand même une commission qui se réunit aujourd'hui, sur un projet de loi sur la résilience des installations face à toutes les attaques cyber. C'était important. En ce moment, l'Assemblée nationale est en train de travailler en commission sur ce texte.
Après, j'ai souhaité qu'il y ait un certain nombre de choses...
J'ai souhaité que les missions d'information et de contrôle puissent continuer. Ca, c'est constructif. Après, on s'est demandé si certains sujets sur lesquels l'Assemblée nationale pourrait travailler de façon concertée.
Depuis 3 ans, les députés de l'opposition et de la majorité déposent des textes ensemble. C'est comme ça qu'on a voté la création d'un CHU en Corse à l'unanimité ou d'un centre national contre le cancer. On a créé aussi l'aide d'urgence pour les femmes victimes
Sébastien Lecornu