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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 juillet 2024 6 minComplaisantFond programmatiqueDéfenseÉconomie & entreprisesNumérique

Irénée Regnauld : avoir une fusée comme Ariane 6, "c'est stratégique, peut-être même plus qu'économique"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Vous dites-vous aussi ce matin que ce vol inaugural est une réussite ?

  • 0:52FerméeRéponse directe

    C'est un sur deux, c'est ça ?

  • 1:05OuverteRéponse directe

    On parle de l'échec de la rentrée atmosphérique de l'étage supérieur en fin de mission, c'est ce que j'ai lu. Malgré ça, on peut quand même parler de succès.

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Le directeur de l'Agence spatiale européenne parle de jours historiques pour l'Europe. Vous partagez ces mots ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est si important pour l'Europe de pouvoir aller dans l'espace sans dépendre des autres ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    C'est vraiment, aujourd'hui, l'espace qui est, finalement, le lieu géostratégique majeur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Un premier lancement, c'est toujours quelque chose de critique avec statistiquement des possibilités de le rater. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « C'est à peu près un sur deux, je crois que c'est 47%. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « Parce que c'est le caractère souverain, finalement, du lancement, de pouvoir lancer ses propres satellites de télécommunication militaire, scientifique, sans avoir forcément besoin de passer par une puissance étrangère. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Pourquoi acheter une Falcon 9 de SpaceX quand vous pouvez lancer votre propre fusée ? »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « Un lanceur, c'est stratégique, peut-être même plus qu'économique. »
  • 3:05Invité politiqueChiffre
    « On a encore remis au pot, en fin 2023, 340 millions pour rentabiliser, en fait, la fusée sur certains vols. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Vous parliez de Galileo, le GPS européen, qui sert autant au guidage de missiles qu'au guidage de voitures, ou autre, ça sert aussi à l'agriculture. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « Mais parce qu'on ne fonctionne pas de la même manière. »
  • 4:33Invité politiqueChiffre
    « Il faut bien comprendre que SpaceX lance, 85% de ses lancements sont dédiés à la mise en orbite des satellites Starlink. »
  • 5:37Invité politiqueChiffre
    « Mais logiquement, ce qui a été promis, effectivement, c'est une baisse des coûts de l'ordre de 40 ou 50 % »

Temps de parole

  • Invité politique60 %
  • Présentateur39 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Simon Lebaron, le 6-9. On parlait tout à l'heure dans le journal de 6 heures de l'élimination de l'équipe de France en demi-finale de l'Euro de foot à Munich. Il y avait au moins autant de suspense hier soir à Kourou en Guyane et cela s'est mieux terminé. Le lancement de la fusée Ariane 6 est un succès. L'Europe, nous dit-on, est de retour dans l'espace et nous sommes avec un spécialiste pour en parler. Bonjour, Iréné Regnaud. Bonjour. Vous êtes chercheur associé à l'université de technologie de Compiègne et co-auteur d'une histoire de la conquête spatiale aux éditions de La Fabrique. D'abord, vous dites-vous aussi ce matin que ce vol inaugural est une réussite ?

0:43
Invité politique

Oui, oui, c'est une réussite indéniablement. Un premier lancement, c'est toujours quelque chose de critique avec statistiquement des possibilités de le rater.

0:52
Présentateur

C'est un sur deux, c'est ça ?

0:53
Invité politique

C'est à peu près un sur deux, je crois que c'est 47%. Donc, ça s'est très globalement bien passé avec juste en fin de parcours une désorbitation de l'étage supérieur qui ne s'est pas faite. Mais bon, globalement, les objectifs sont atteints.

1:05
Présentateur

On parle de l'échec de la rentrée atmosphérique de l'étage supérieur en fin de mission, c'est ce que j'ai lu. Malgré ça, on peut quand même parler de succès.

1:13
Invité politique

Oui, voilà. Ça n'a pas fondamentalement empêché d'atteindre les objectifs de la mission. Donc, c'est un succès, effectivement.

1:18
Présentateur

Le directeur de l'Agence spatiale européenne parle de jours historiques pour l'Europe. Vous partagez ces mots ?

1:25
Invité politique

Oui, on peut dire que c'est un jour historique. C'est toujours le cas pour un nouveau lanceur qui va dans l'espace. Après, c'est aussi un rattrapage, ou en tout cas, même pas un rattrapage en fait. Il fallait le faire parce qu'on n'avait plus de fusée depuis au moins un an, dans un contexte où il y en a vraiment besoin.

1:40
Présentateur

Oui, parce qu'on dépendait pendant, enfin, en tout cas, les Européens, on dépendait pendant plusieurs années de la Russie jusqu'à la guerre en Ukraine, au moment où on a arrêté d'utiliser les lanceurs russes. Pourquoi c'est si important pour l'Europe de pouvoir aller dans l'espace sans dépendre des autres ?

2:00
Invité politique

Parce que c'est le caractère souverain, finalement, du lancement, de pouvoir lancer ses propres satellites de télécommunication militaire, scientifique, sans avoir forcément besoin de passer par une puissance étrangère, qui est plus à la Russie. Bon, alors forcément, maintenant, ce n'est plus le cas. C'est aussi une question économique. Pourquoi acheter une Falcon 9 de SpaceX quand vous pouvez lancer votre propre fusée ? Donc, une puissance spatiale, par définition, nommément, c'est un pays qui est capable d'envoyer, depuis sa propre base, une fusée en orbite soi-même.

2:28
Présentateur

C'est vraiment, aujourd'hui, l'espace qui est, finalement, le lieu géostratégique majeur. C'est là que se joue, véritablement, la concurrence entre les grandes puissances ?

2:41
Invité politique

Il faudrait toujours nuancer ce constat. L'espace a toujours été, de toute façon, un terrain de confrontation militaire ou économique. Après, l'idée d'avoir un lanceur, c'est moins de participer à une forme de concurrence, puisqu'on ne joue pas avec les mêmes cartes, on ne joue pas avec les mêmes objets, on ne joue pas avec les mêmes satellites. C'est d'abord une question de souveraineté. Un lanceur, c'est stratégique, peut-être même plus qu'économique. On l'a vu avec Ariane 6, d'ailleurs, ça a coûté très cher. On a encore remis au pot, en fin 2023, 340 millions pour rentabiliser, en fait, la fusée sur certains vols.

Donc, ce n'est pas tellement une histoire de business, ou en tout cas, pas prioritairement pour l'Europe. Il ne faut peut-être pas exagérer avec ça.

3:21
Présentateur

Pour qu'on se rende bien compte de l'ampleur des enjeux, Ariane 6, pour schématiser très grossièrement, met des satellites en orbite. L'espace est partout dans nos vies quotidiennes, aujourd'hui, à travers ces satellites, c'est le GPS, c'est Internet, c'est l'observation du climat, c'est tout cela ?

3:39
Invité politique

C'est tout cela, c'est des dizaines et des dizaines d'applications qui sont utiles à tout le monde, et des applications d'utilité publique. Vous parliez de Galileo, le GPS européen, qui sert autant au guidage de missiles qu'au guidage de voitures, ou autre, ça sert aussi à l'agriculture. Enfin, on a des usages absolument partout qui sont, dans l'absolu, bénéfiques, en fait. On ne peut pas vraiment se passer de l'espace, aujourd'hui, dans nos sociétés très connectées.

4:07
Présentateur

Je lis que 6 vols sont prévus pour cette nouvelle fusée européenne Ariane 6, l'année prochaine, en 2025. 8 vols en 2026, quand l'américain SpaceX en fait plus de 2 par semaine. Pourquoi une telle différence ?

4:23
Invité politique

Mais parce qu'on ne fonctionne pas de la même manière. Il faut bien comprendre que SpaceX lance, 85% de ses lancements sont dédiés à la mise en orbite des satellites Starlink, c'est-à-dire des constellations de télécommunications en orbite basse. Donc, le marché de SpaceX, il est un peu autogénéré, en fait, il est un peu circulaire. Et donc, nous, on n'a pas de constellations de satellites aussi massives, et peut-être tant mieux, d'ailleurs, puisque ce sont quand même des objets qui sont assez polluants, qui posent tout un tas de questions sur tout un tas de plans stratégiques, environnementaux, etc. Donc, on n'a pas besoin de lancer autant. Ariane 6 n'a pas été pensée pour ça.

Elle a été pensée dès 2009, et le projet a commencé en 2014. Donc, on l'a produite à un moment donné, on n'était pas vraiment dans le même monde. Et la question pour l'Europe est de savoir si elle souhaite y rentrer ou pas. Et donc, ça, c'est une vraie question d'ordre du positionnement stratégique de l'Europe face aux Etats-Unis, notamment.

5:14
Présentateur

Cette nouvelle fusée, en tout cas, est censée être plus polyvalente, surtout moins chère que sa prédécesseur Ariane 5. C'est le cas ?

5:23
Invité politique

C'est le cas, oui. Après, je vous dirais que calculer le coût d'un lanceur, de toute façon, c'est très compliqué. Parce que c'est fait d'énormément de lignes, de subventions, directes ou indirectes. Donc, c'est difficile à savoir. Mais logiquement, ce qui a été promis, effectivement, c'est une baisse des coûts de l'ordre de 40 ou 50 %, selon les modalités, puisqu'en fait, il y a deux Ariane 6, selon le nombre de boosters qu'on lui met pour décoller. Donc, ce devrait être le cas, logiquement. On est encore pour autant à un prix qui est assez élevé dans le marché. Mais le prix, ce n'est pas ce qui compte le plus non plus. Il y a la précision de la trajectoire, etc.

C'est aussi important dans un lancement.

6:00
Présentateur

Merci beaucoup, Iréné Regnaud. Je rappelle le titre du livre que vous avez co-écrit, Une histoire de la conquête spatiale des fusées nazis aux astro-capitalistes du New Space, aux éditions La Fabrique. Merci.

6:13
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Irénée Regnauld : avoir une fusée comme Ariane 6, "c'est stratégique, peut-être même plus qu'économique" · Pourquijevote