Contre Mélenchon, une nouvelle polémique inutile ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 18 %Attaque 60 %Défensif 22 %
Questions et réponses
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- 2:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que Jonathan Boucher-Pétersen a raison ? Est-ce qu'il faut défendre Nathalie Saint-Cricq et Pascal Praud contre les insoumises ?
- 2:34ComplaisanteRéponse partielle
Je comprends dans quel dilemme se retrouve Jonathan Boucher-Pétersen.
- 4:47OuverteRéponse partielle
Ils ont toujours fait ça.
- 23:15OuverteRéponse directe
J'aimerais vous entendre au sujet du baiser de la mort de Valérie Ayet, tête de liste des macronistes.
- 27:26OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est possible qu'une partie des électeurs Macron ou PS retourne finalement voter pour Macron ?
- 31:58OuverteRéponse directe
Est-ce que le RN continue à avoir l'avantage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55InvitéChiffre
« Il y a entre 3 et 5 millions de personnes qui ne sont pas inscrites. »
- 3:01Invité politiqueFait
« Je trouve que la première partie, déjà, m'a gacée. Les golfeurs, les riches, etc. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Ce qui m'a le plus heurté, moi, c'est la famille du Hamel. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Je me souviens d'Hersilia Soudé qui disait, ah là là, qui a ligné les du Hamel. »
- 4:18Invité politiqueFait
« il y a la nouvelle compagne de Benjamin du Hamel. Mais comment est-ce qu'ils le savent ? C'est absolument pas public. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Cette campagne, c'est une erreur. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Je comprends très bien le mal-être ressenti par les Insoumis depuis le 7 octobre. »
- 6:02Invité politiqueFait
« Quel est le problème de Nathalie Saint-Cricq ? À part le fait qu'elle est peut-être une journaliste militante, j'en sais rien. »
- 6:17Invité politiqueFait
« Mais Jean-Marie Le Pen aurait pu très bien faire ça. »
- 6:49InvitéFait
« La première tendance étant le corporatisme un peu crétin de Boucher-Bettersen. »
- 7:21InvitéFait
« Nathalie Saint-Cricq et Christophe Barbier, qui sont en l'occurrence les deux journalistes qui ont été mis en avant sur cette campagne. »
- 8:02InvitéChiffre
« Il y a entre 3 et 5 millions de personnes qui ne sont pas inscrites. »
- 10:50Invité politiqueFait
« Christophe Barbier, il est normalien, il est boursier, il est plus cultivé que toi et moi réunis. »
- 28:11Invité politiqueChiffre
« 60 000 voix. »
- 30:44Invité politiqueFait
« C'est de la lâcheté. »
- 31:24Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon, il est complètement disqualifié pour 2027. »
- 35:13Invité politiqueFait
« Le Rassemblement national n'a aucune sensibilité sociale. »
Temps de parole
- Invité politique52 %
- Invité32 %
- Présentateur10 %
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Chaque jour, des crétins racontent à la télévision à peu près n'importe quoi. Je ne reconnais absolument plus les insoumis. La politique, ça n'est pas des échanges de sourires, la politique c'est un combat. C'est un procédé sale pour moi. Raphaël Gnuxman, il est de gauche comme moi, je ne suis pas. Ça n'amène rien, c'est crade. Mais je suis désolé, ils disent des conneries.
J'en ai rien à foutre, je ne partage pas leurs analyses.
Salut à toutes et à tous, vous êtes sur le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous préparez à regarder sans langue de goie, le débat hebdomadaire qui met Françoise de Goie, journaliste, chroniqueuse pour plusieurs médias, ancienne conseillère politique qui se considère comme rose vif face à un contradicteur. Et aujourd'hui, comme souvent, elle est face à Paul Elec, analyste politique pour le Média. Au sommaire, les insoumis ont-ils mis une cible dans le dos d'un certain nombre d'éditorialistes stars ?
C'est en tout cas l'objet d'une nouvelle polémique déclenchée suite à une campagne d'affichage des amis de Jean-Luc Mélenchon, en vue des prochaines sélections européennes. Panique morale, nouvelle polémique inutile ou vrai problème, on en parlera. Comme on parlera aussi des auditions des cadres dirigeants de CNews devant la commission d'enquête parlementaire sur les fréquences de la TNT. Persécution politique ou nécessaire coup de pression sur une chaîne d'info qui défie les régulateurs ? Le débat est lancé. Salut Françoise, salut Paul. Salut Théo, salut Paul. Salut à vous. Les insoumis sont pénibles. Ils nous obligent à défendre Nathalie Saint-Cricq et au pire Pascal Praud.
C'est le titre du billet de Jonathan Boucher-Pétersen dans Libération. De quoi parle-t-il ? De la récente campagne d'affichage lancée par les amis de Jean-Luc Mélenchon. Une campagne qui a fait le buzz et occasionné un échange assez tendu entre Manuel Bompard et le journaliste Gilles Bernstein sur France Info.
La France Insoumise a publié il y a quelques jours une campagne pour s'inscrire sur les listes électorales et on va la voir pour se faire vous désigner vos ennemis. Alors comme ennemis, il y a eu les racistes, il y a eu les riches. Vos ennemis, ennemis, oh là. Vos adversaires, voilà. Les golfeurs votent. Et vous, les riches votent. Et vous, les racistes votent. Et vous, Vincent Bolloré, votre ennemi de classe si je puis dire, vote. Et vous. Et hier matin, figurez-vous que vous y ajoutez cette affiche Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique de France Télévisions. Elle vote. Et vous. Nathalie Saint-Cricq, elle est votre adversaire comme Vincent Bolloré ou comme les racistes ?
Françoise, est-ce que Jonathan Boucher-Pétersen a raison ? Est-ce qu'il faut défendre Nathalie Saint-Cricq et Pascal Praud contre les insoumises ?
Je comprends dans quel dilemme se retrouve Jonathan Boucher-Pétersen. D'ailleurs, on en reparlera après sur CNews. Moi, je déteste cette campagne. D'abord, je la trouve débile. Je trouve que la première partie, déjà, m'a gacée. Les golfeurs, les riches, etc. J'ai bien compris dans quel sens c'était. Mais quand tu les compiles, c'est moche. Alors maintenant, allez, la famille du Hamel. Non, mais sérieusement. Mon sentiment, je ne sais pas qui a eu cette idée. Parce qu'en plus de ça, je veux dire, si les insoumis, c'était Taylor Swift qui arrive et qui dit « inscrivez-vous sur les listes électorales » et d'un seul coup, il y a 3 millions d'inscriptions sur les listes électorales.
Mais ça ne va pas du tout être le cas. C'est une campagne, à mon avis, qui est complètement stérile. Je veux bien qu'on soit dans l'air du buzz. Je veux bien qu'on soit dans l'air de tout ce que vous voulez, du commentaire, de l'immédiateté, etc. Mais quel intérêt a cette campagne ? En plus, moi, j'ai été heurté sur la famille du Hamel. Voilà. Ce qui m'a le plus heurté, moi, c'est la famille du Hamel. Alors, je comprends très bien, mais il est au D.A. Castera, je comprends très bien. Enfin, les gens ne sont pas responsables d'être membres de leur famille. Bien sûr qu'il y a peut-être une forme de cooptation, mais il y a aussi de la cooptation en politique.
Je me souviens d'Hersilia Soudé qui disait, ah là là, qui a ligné les du Hamel. Je dis, oui, mais bon, elle est la fille de Michel Soudé. Parce que si elle n'était pas la fille de Michel Soudé, le patron de Politis, elle n'aurait peut-être jamais été investie. Donc, quand on veut donner des leçons de morale, il faut soi-même être complètement... Moi, je suis extrêmement choquée. Je trouve que ça... Est-ce que mettre des cibles dans le dos, n'exagérons pas. Enfin, ça, c'est complètement débile aussi comme argument. Mais c'est malsain, en fait. C'est totalement malsain.
En plus de ça, je vois que dans la famille du Hamel, sur l'affiche des Insoumis, il y a la nouvelle compagne de Benjamin du Hamel. Mais comment est-ce qu'ils le savent ? C'est absolument pas public. C'est les gens du milieu le savent. Mais pourquoi est-ce qu'ils mettent... Si c'est public, c'est un rouge sapin joué qui biait, je pense que c'est... Sérieusement, d'abord, ça n'amène rien. C'est crade. C'est un procédé sale pour moi. Je ne sais pas ce qui se passe avec les Insoumis. Je ne sais pas ce qui leur arrive. Je pense qu'il y a quelque chose qui a complètement disjoncté. Je ne sais pas quel est le mauvais génie qui leur souffle. Cette façon d'agir, cette façon de porter le fer sur tout.
Je ne reconnais absolument plus les Insoumis.
Ils ont toujours fait ça. C'est la fameuse théorie de Chantal Mouffe, le populisme de gauche.
Mais on s'en fout. Ils n'ont pas toujours fait ça. Ce n'est pas vrai. Mais ce n'est pas vrai qu'ils ont toujours fait ça. Qu'est-ce que c'est le populisme de gauche ? Est-ce que c'est le mouvement 5 étoiles, par exemple, en Italie ? Moi, je n'ai pas toujours vu les Insoumis comme ça. Moi, j'ai vu les Insoumis, à un moment donné, être capables de construire une œuvre politique qui pouvait tout à fait être élargie à autre chose que le front de gauche et à autre chose que le bruit et la fureur. Là, on est retombé. Je sais très bien que le parti se renforce en sépurant. Mais là, on est retombé dans une espèce de frénésie qui ne sert à rien, qui est complètement inutile.
Je comprends très bien l'inquiétude de faire 5, 6 ou 7 % aux européennes. Mais de toute façon, ce scrutin n'a jamais été la panacée, évidemment, pour la France insoumise. Les classes qui votent pour la France insoumise votent pas aux européennes. Je comprends très bien le mal-être ressenti par les Insoumis depuis le 7 octobre. Je comprends très bien tout ça. Enfin, je ne l'accepte pas. Je le comprends. Mais cette campagne-là, elle est sale. Afficher des noms, afficher des vies. En gros, expliquer les gros méchants votent. En gros, c'est ça. C'est comme si vous désignez un adversaire de vous. Qu'est-ce que vous voulez construire comme histoire ?
Qu'est-ce que vous voulez raconter comme histoire ? Quel est le problème de Nathalie Saint-Cricq ? À part le fait qu'elle est peut-être une journaliste militante, j'en sais rien. Quel est le problème des golfeurs ? Quel est le problème ? Ça veut dire qu'il y a toute la France, et la France bourgeoise, et la France médiatique. Tout ça, ça pue. Mais Jean-Marie Le Pen aurait pu très bien faire ça. Donald Trump pourrait très bien faire ça aux États-Unis.
Je pense pas que Jean-Marie Le Pen était contre la France bourgeoise.
Non, non, non, c'est pas ce que je veux dire. Jean-Marie Le Pen aurait très bien pu faire des campagnes. Il faisait des campagnes, il désignait a dominem. C'est le premier homme politique qui désigne dans ses meetings des journalistes à abattre. À abattre, je veux dire, à combattre. Quel est ce sujet ? C'est crade, c'est en plus inefficace, et ça leur apportera rien en plus électoralement. Donc bon, inutile.
Paul, je suppose que tu n'es pas du même avis. Oui, je trouve la polémique profondément inutile, mais assez révélatrice quand même des tendances. La première tendance étant le corporatisme un peu crétin de Boucher-Bettersen, qui nous explique qu'il se sent obligé de défendre Pascal Praud ou je ne sais plus... Nathalie Saint-Cricq. Non, personne n'est obligé de défendre des gens qui, à mon avis, défigurent la profession, en font le fondement d'une position ridicule, d'éditocrate. Et c'est peut-être pour ça que désigner un adversaire n'est pas un problème en politique. La politique, ça n'est pas une conciliation ou des échanges de sourires. La politique, c'est un combat.
Et quand on combat des choses, on peut dire des choses. Je vais revenir sur cette question d'attaque parce qu'effectivement, moi, je pense qu'il y a de quoi critiquer chez Nathalie Saint-Cricq et Christophe Barbier, qui sont en l'occurrence les deux journalistes qui ont été mis en avant sur cette campagne, puisque ce sont des gens qui ont pour point commun d'être les sireurs de pompe du pouvoir. Ils l'ont été, quelle que soit la couleur du pouvoir en général, mais particulièrement de façon prononcée. Depuis que c'est Emmanuel Macron, d'ailleurs, Christophe Barbier a fait un harrap en son hommage lors d'une de ses pitreries habituelles. Mais en fait, qu'est-ce qui se passe ?
Il y a une campagne qui est faite pour inscrire des gens sur les listes électorales. Pourquoi ? D'abord, il faut se poser cette question-là. C'est une chose que font régulièrement les Insoumis. Ils l'ont fait dans les campagnes précédentes avant de lancer leur campagne officielle. Pour quelle raison ? C'est que l'État ne fait pas son travail en France. Il y a entre 3 et 5 millions de personnes qui ne sont pas inscrites. Si on compte en plus les mal inscrits, on peut aller vers un chiffre qui est autour de 6 millions de personnes.
Et donc, du coup, quand un État ne fait pas le travail nécessaire pour pouvoir donner aux gens les outils démocratiques, pour pouvoir choisir des dirigeants, etc., ça en dit quand même quelque chose sur l'ambition démocratique de l'État. Et en ce sens, ils font une campagne. Donc, je trouve ça pas du tout choquant. Et deuxièmement, ils mettent des personnes. Mais encore une fois, quand je disais révélatrice tout à l'heure, c'est que moi, ça me montre que c'est révélateur de quoi ? Du révélateur du fait qu'une grande majorité de la population a une défiance extrêmement forte en faire les personnalités médiatiques, et particulièrement les éditorialistes.
Et que cette défiance-là, elle s'exprime des fois violemment par des... Les individus l'expriment violemment parce qu'effectivement, ils se sentent capturés dans leur bon droit quand, chaque jour, des crétins racontent à la télévision à peu près n'importe quoi, avec le fond, un espèce de ton de la fausse évidence, soi-disant en revendiquant les armes intellectuelles qui leur permettraient d'être savants sur tout. Et que du coup, en attaquant les insoumis, ces gens-là veulent se dédouaner du fait qu'ils veulent rendre responsables les insoumis, du fait que les gens les détestent parce que leur travail est profondément dégueulasse et au service du pouvoir.
Je pense que, voilà, laissons les râler et puis tant pis, les choses passeront.
– Je pense que, d'abord, je suis d'accord sur l'idée que, j'adore la capacité, il est très bien, Paul, il devrait faire de la politique, mais ça le gâcherait, malheureusement. Cette capacité à post-théoriser une connerie, c'est très fort. Moi, j'ai fait ça pendant des années avec Hollande et avec Royal, donc expliquer les conneries, essayer de les expliquer... – Les affaires de François, c'est quoi ? – Non, non, mais c'est la post-théorisation, c'est votre avis. – Mais bien sûr, c'est mon avis. – Moi, je ne pense pas que ce soit une connerie.
– Oui, mais d'abord, j'entends l'argument et je suis d'accord avec vous sur le fait que le gouvernement est indigne sur la capacité à ne pas s'inscrire sur les listes. La deuxième chose, c'est que vous faites une erreur fondamentale. Les journalistes ne sont pas au niveau, désignés des ennemis politiques... – Mais ce ne sont pas des journalistes. – Mais c'est ce que je suis, mais sous tous les temps, mais tous les journalistes... – Non, ce sont les édithocrates... – Si Nathalie Saint-Crick-Coutipole... – Elle a fait des études de marketing. – Si Nathalie Saint-Crick-Canté...
– Si Nathalie Saint-Crick, je connais très bien Nathalie Saint-Crick, elle sort d'une très grande famille de presse, ses parents étaient patrons de presse, mais elle aussi... – C'est une héritière qui a fait des études de marketing. – Ce n'est pas une héritière, elle a bossé avec Chabot, elle ne raconte pas n'importe quoi. – C'est une héritière, elle a le droit d'être héritière. – Tu as combien d'héritière chez les Insoumis ? Le gendre de Mélenchon, il n'est pas élu député, il a eu sa cirque en commun.
– Mais ce n'est pas le contraire, je dis juste que c'est une héritière qui est dans la presse après avoir fait des études de marketing et qui n'apporte rien aux commentaires.
– Je dis juste... – Dès qu'elle parle, il y a une bibliothèque qui brûle dans le monde, c'est un truc... – Tu ne peux pas dire ça de Christophe Barbier, par exemple, Christophe Barbier, petite chose, monté en graines, fils d'une classe très populaire, normalien, je ne suis pas en train de les défendre des directions, je n'en ai rien à foutre, je ne partage pas leurs analyses, je n'en ai rien à faire, ce n'est pas mon sujet, mais les transformer en ennemis politiques, c'est une faute déjà. Parce que si Nathalie Saint-Crick tricotait tous les quatre matins un papier à la gloire de Jean-Luc Mélenchon, tu ne dirais pas ça, tu dirais « Ah, quel grand éditorialiste ! » C'est ça qui ne va pas.
– Moi, je ne connais pas de grands éditorialistes, en fait.
– Mais moi, ce n'est pas mon sujet, tu ne connais pas, tu n'es pas plus journaliste que je suis archevêque, Paul, tu es sociologue, donc tu ne peux pas...
– Mais c'est pour ça que je dis que les éditorialistes ne sont pas des journalistes, et pour moi, il n'y en a pas de grands éditorialistes.
– Tu as quand même de grands éditorialistes dans ce pays, je ne partage rien.
– Les éditorialistes sont souvent, en général, des journalistes. – Mais là, on parle de gens qui font de la télé, ce sont des gens qui ont...
– Mais même de la radio, qu'est-ce que tu racontes ? – Mais la presse écrite, Christophe Barbier, c'est d'abord un homme de presse écrite.
– Oui, l'Express, c'est la chanson de Renaud, elle l'a lue dans l'Express, c'est vous dire si elle lit, c'est les torchons, j'en traîne pas à mon paillasson.
– Bon, alors, on va... – Non, non, je termine. – Avant de s'aliéner tous nos frères...
– On raconte n'importe quoi, Christophe Barbier, il est normalien, il est boursier, il est plus cultivé que toi et moi réunis, donc arrête, arrête avec ça.
– Je ne crois pas déjà, je pense que si les plus cultivés qu'on avance dans le départ...
– C'est un scandale qui puisse s'exprimer tel qu'il le fait actuellement sur les chaînes de thé, et il y a une bonne expression là-dessus, c'est Lucien Goldman qui disait « Ce sont des intellectuels analphabètes », c'est-à-dire qu'ils sont aveugles aux causes de leur temps, c'est-à-dire qu'ils sont aveugles aux rapports sociaux qui existent dans leur temps, et que comme ce sont des gens qui sont les faire-valoir du pouvoir, qui sont systématiquement en train de justifier ce qui se passe au pouvoir, effectivement, ils sont aveugles à l'intérêt de l'analyse qu'on pourrait avoir d'une société. Or, c'est leur rôle dans le système de dire « Donnez des points de vue d'analyse ».
Et en fait, sous la prétention, mais vraiment odieuse, d'être impartial, parce que journaliste, ou je ne sais quel titre dans lequel il s'affuble, ils viennent donner le « là » du pouvoir. Et moi, je trouve que c'est intellectuellement malhonnête, donc je n'ai pas de problème à dire que ce sont des adversaires de l'émancipation,
de l'information et du journalisme. – Écoute-moi, premièrement, les gens ne sont pas obligés de regarder ces chaînes-là. Je rappelle quand même que les chaînes info dont tu parles, ça ne fait pas la somme, comment dirais-je, des audiences en France. La façon de parler, moi, je trouve que tu m'effraies, si tu veux. Parce que je pense que tu aurais l'ordon tous les jours, à 20h, à la place de... – Mais l'ordon, c'est un économiste et philosophe, ça n'a rien à voir. – Mais je m'en fous, l'ordon ou n'importe qui, ou Serge Halimi, que je suppose que tu vas considérer comme un grand journaliste serait à la place de... – Mais il est journaliste, c'est très différent.
– Mais Christophe Bardier est journaliste depuis des années, qu'est-ce que tu racontes ?
– François, Paul, on ne va pas redéfinir le métier du journalisme sur ce plateau. – Si, si, si, c'est très important, ce n'est pas des ennemis politiques. – On n'a pas le temps. Je voulais insister sur... – Moi, t'es amené. – Revenir sur... – Et nous couper le temps. – Oui, oui, absolument. Manuel Bompard, il est dans son rôle, il essaye de retourner la polémique dans son interview avec... dans son échange avec le journaliste de France Info, mais quelque part, donc il pointe un problème que tu as pointé aussi, Paul, c'est un problème de notre système politique qui est exacerbé à la faveur des européennes. Il y a des formations politiques que l'abstention favorise.
On regarde le petit extrait et puis on en reparle. – C'est une très bonne chose que vous m'interrogez sur ce sujet,
parce que vous avez montré les affiches, et pour la première fois depuis le début de l'année, enfin, vos antennes ont fait une campagne d'inscription sur les listes électorales. Parce que sinon, c'est quand, la dernière fois que vous avez fait une campagne
pour l'inscription sur les listes électorales, sur le service public ?
Non, mais répondez à ma question, quand c'est la dernière fois que vous avez fait une campagne ? C'est très bien de voter, et je suis évidemment... – Eh bien, faites des campagnes et je n'aurai pas besoin d'en faire. – Effectivement, l'abstention profite d'un certain nombre.
– Mais bien sûr, mais il a raison. – À gauche et à droite, par exemple, le PS ou l'ELV vivent de l'abstention, quelque part.
– Je ne sais pas si vivent de l'abstention, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que la France insoubise meurt de l'abstention, et le Rassemblement national vit de l'abstention.
– Le Rassemblement national a quand même une base qui se mobilise à beaucoup d'élections.
– Ça ne sert à rien d'enfoncer les portes ouvertes, Manuel Bonnepard, il ne fait que souligner... D'abord, c'est une faute de dire ça, c'est un an que, comment dirais-je, au moins de subtilité et de finesse, parce que, par exemple, les dernières Européens ont été marqués par une plus forte participation. La plus forte participation. Bien sûr qu'on reste quand même dans... Mais c'est au-dessus de 50%, ce qui n'était pas arrivé depuis des années, et cette année, probablement, qu'il y aura une plus forte participation encore.
Mais j'entends tout à fait l'argument de Manuel Bonnepard, il a tout à fait raison, mais ça ne sert à rien d'aller chercher les causes à l'extérieur de son propre désamour. Vous savez, on se demande pourquoi, à un moment donné, les gens vont voter. Parce qu'à un moment donné, les gens sont emportés par quelque chose. 2007, Sarkozy, Ségolène Royal. Cette campagne-là, dans les quartiers, 90% de participation. Un espèce de truc jamais vu. Pourquoi ?
Parce que ces personnages, entre guillemets, ce ne sont pas des personnages, d'ailleurs, mais ces protagonistes de cette présidentielle, que ce soit Sarkozy, que ce soit Ségol, que ce soit même Bayrou, pour les centristes, ont eu la capacité, à un moment donné, d'entraîner quelque chose et l'enthousiasme. Ça ne sert à rien de toujours considérer que c'est la faute des autres. C'est le drame, en ce moment, des insoumises. C'est tous les autres qui sont méchants et nous, on est très bien. Non, c'est leur responsabilité. C'est leur incapacité, à un moment donné, à entraîner.
Il faut quand même se poser la question, pourquoi Jean-Luc Mélenchon, tous les cinq ans, arrive à entraîner des gens sur une présidentielle ? Et pourquoi, dans le laps de temps, qui sépare deux présidentielles, c'est toujours une catastrophe ? Ça a déjà été le cas. Pourquoi ? Parce que la machine insoumise, elle ne fonctionne que pour la présidentielle. Toutes les strates ne sont construites que pour ça. Les européennes, ce ne sont pas les présidentielles. Les insoumis n'ont pas grand-chose à dire, dans la mesure où ils ont des choses à dire. Mais ils ne sont pas à l'aise. Ils ne sont pas à l'aise. Ils sont plus à l'aise que le Rassemblement national sur la Russie, bien sûr.
Mais ils sont où, exactement ? Où est-ce qu'ils sont ? Ils sont souverainistes. On n'arrive pas à vraiment définir. Alors, ils ont un message social qui est très fort. Mais je comprends bien la panique de la France insoumise de foirer complètement ce rendez-vous européen, comme à chaque fois ils le font. Ça n'a pas empêché Mélenchon d'accéder quasiment au second tour. Mais il ne faut pas raconter des bars. Il ne faut pas raconter des fables aux enfants. Manuel Montpard pense que les Français voient tout, mais les Français voient aussi les prolégomènes et les post-théorisations idiotes des insoumis. Cette campagne, c'est une erreur. Voilà.
Peut-être que les Français n'aiment pas les éditorialistes. Mais parmi les professions, par exemple, préférées des Français et que veulent exercer les jeunes, c'est toujours journaliste. Et qu'ils les aiment ou pas, moi j'ai appris ça à France Inter pendant des années. Il y avait beaucoup de gens qui écoutaient France Inter de droite, qui détestaient cette radio. Mais les gens adorent aussi détester les éditorialistes. Ils adorent aussi mener, comment dirais-je, un dialogue par télé, presse écrite ou radio interposée avec quelqu'un qui est en train de leur parler. Donc, ce n'est pas blanc, ce n'est pas noir. Et voilà, Manuel Montpard aurait mieux fait de se taire.
Et surtout, de ne pas faire cette campagne. Il y avait d'autres moyens de pousser à l'inscription des éditorialistes. C'est une campagne moche, agressive, qui désigne des cibles. C'est du populisme. Mais quelle cible ? Cible de quoi ?
Encore une fois, on désigne des individus. Tu désignes une famille, est-ce que c'est bien ? Mais ce n'est pas une famille, il y a Christophe Parbien. Non, non, les Duhamel, c'est la chuche. Oui, après qu'effectivement, les Duhamel, effectivement, je veux dire, de génération en génération, ils polluent l'information publique. Donc, c'est insupportable. Mais encore une fois, ce n'est pas une question de personne. Il n'y en a jamais. C'est une question de personne. Il n'y en a jamais. Ils volent, on va au fond. On va au fond. Mais je vais répondre à la question.
D'abord, c'est juste, ils ont publié des gens en disant, ces gens-là votent, si vous voulez une autre politique, faites en sorte de voter. Bon, voilà, je veux dire, ça peut ne pas plaire aux gens. Je trouve que c'est vraiment plus qu'innocent. Mais autrement, sur cette question des Européennes, bon, effectivement, la gauche bourgeoise, t'as dit le part socialiste, les Verts, ne vivent que de l'abstention électoralement. C'est simple. C'est un problème. Regardez, pour que les écologistes dans ce pays fassent plus de 10%.
En quoi c'est un problème ? Ils n'ont aucun intérêt à la participation.
Pardon, excuse-moi, pardonne-moi. Non, mais je ne sais pas, sinon j'arrête. Mais aux Européennes, c'est simple. Si vous voulez que les écologistes, dans n'importe quel scrutin, fassent plus de 10%, il faut 50% d'abstention, et de préférence, plus de 70% d'abstention chez les classes populaires. OK ? Le part socialiste réduit à ce qu'il est aujourd'hui, c'est à peu près la même chose. Ils savent très bien qu'ils sont réduits aujourd'hui à leur socle minimum et qu'en fait, ils peuvent surperformer puisqu'ils ne peuvent plus descendre. Ils sont soignés. Alors pourquoi, entre les campagnes présidentielles et les européennes, il y a moins de dynamique au niveau des insoumits ?
Parce que cette capacité à engranger de la dynamique, elle s'engrange quand le pays connaît aussi des fortes moments de populisation. Les gens identifient très bien qu'à la présidentielle, il y a quelque chose qui se joue. Dans la plupart des cas, les gens pensent, en tout cas notamment avec la classe populaire, que l'Union européenne n'est pas un endroit où ça se passe. On pourrait ne pas leur en vouloir, par ailleurs, puisque le Parlement européen n'a pratiquement pas de capacité législative et est une chambre d'enregistrement extrêmement compliquée qui n'a peu d'intérêt. Mais les insoumis savent très bien ce qu'ils y font.
D'ailleurs, ils dirigent le groupe de la GUE avec la présidence de Manon Aubry. Donc la question, c'est plus, effectivement, dans cette période-là, le scrutin va peut-être être l'objet d'une politisation parce que les choses sont tendues au niveau national et que si la participation augmente, tant mieux, et tant mieux pour la participation et pour le geste. Simplement, effectivement, le problème n'est pas qu'ils fassent un score moins grand qu'à la présidentielle.
Le problème, c'est ceux qui vont essayer de faire croire qu'à chaque fois qu'ils ont des scores aux européennes, ça explique qu'ils ont un ancrage réel et fort dans le pays, alors qu'à chaque fois, on fait le test, aux européennes, ils font un bon score, et puis ensuite, ils reviennent et ils font 2% parce que personne ne les soutient, parce que les classes populaires qui tiennent quand même la masse critique dans ce pays, elles votent quand elles disent qu'il y a un enjeu et l'Union européenne ne répond pas à leurs problématiques. Moi, je...
Avec la crise agricole, il y a quand même un enjeu, là.
Oui, bien sûr, puis tu vas pas dissoudre le peuple. Le peuple, il vote comme il a envie, je comprends même pas. Oui, oui, je ne vote pas. Bien sûr, mais je dis juste que des fois, ils ne votent pas parce qu'ils ne savent très bien que ça ne sert à rien en ce qui le concerne.
Et sur les électorats populaires, des quartiers populaires, ça ferait que l'Europe... C'est une incapacité.
Aussi, c'est une incapacité aussi aux dirigeants, aux leaders. Moi, je ne suis pas heurté parce que, supposément, il y aurait des partis qui profiraient de l'abstention. Ce n'est pas comme ça. Mais ce n'est pas comme ça qu'il faut raisonner. Ce n'est pas une question d'outre. Non, non, je parlais, je répondais à Théo. Ça signifie quelque chose, quand même. Mais ça signifie l'incapacité des partis à entraîner quelqu'un vers un bulletin et à entraîner quelqu'un vers une urne.
C'est ça que ça signifie. Mais si la démocratie revient à favoriser les classes qui ont les plus grandes traditions électorales, si la démocratie revient à se subvertir elle-même... Mais pourquoi elle se subvertirait ? Parce que, justement, le cadre n'est pas créé pour qu'il y ait une participation plus forte.
Mais quel cadre n'est pas créé ? Les campagnes vont avoir lieu. Si tu n'as pas la capacité, si tu n'es pas dans Aubry, que tu n'as pas la capacité de faire sortir, à un moment donné, un quartier populaire en lui disant, contrairement à ce que tu penses, eh bien, l'Europe, ça te sert parce qu'il y a un programme de logement. Si tu es, comment dirais-je, François-Xavier Bellamy et que tu n'as pas la capacité de faire sortir des agriculteurs de leur ferme pour voter pour toi plutôt que d'aller voter pour Jordan, c'est la responsabilité de Bellamy et c'est la responsabilité de Manon Aubry. Ce n'est quand même pas la responsabilité...
Dans deux minutes, ça va être la responsabilité de la Commission européenne et la responsabilité d'institutions. Basta cosi ! Arrêtez ! On a les politiques qu'on mérite. Moi, je suis désolé.
Il y a aussi des choses au niveau européen qui font que, je ne sais pas, les gens ont voté dans un référendum en 2005. Mais là, je suis d'accord ! Mais bien sûr ! Il y a quand même une responsabilité de la classe politique et des gens qui ont dirigé ce pays pour avoir détruit les conditions démocratiques. Je viens de dire... Après, sur la responsabilité de mobiliser sur son nom, ça, c'est vrai. On est d'accord.
Les gens ont détruit 2005. Là où je rejoins absolument pas les jeunes... Moi, personnellement, j'ai voté non. Alors, bon, c'était marrant de voir se faire vote presque de classe. Une grande rédaction dans laquelle je travaillais. Tous les éditorialistes, quasiment tous, étaient pour le oui et tous les gros porteurs...
Là, tu es en train de donner un point. Non, mais c'est pour ça
parce que moi, je suis assez honnête par rapport à... Contrairement à... Non, mais Paul, il est honnête aussi. Contrairement à toi... Des fois. Non, non, toi, tu le vois beaucoup plus. Toi, t'es plus roué, toi. Mais, bien sûr, il y avait quelque chose de cette dimension-là, bien sûr. Donc, évidemment, on a eu une trahison. On ne mesure pas encore, jusqu'au bout, les effets, même sur... Comment dirais-je ? Même sur la politique nationale de cette trahison de 2005. Ça, c'est vrai.
Bonjour à propos des Européennes. J'aimerais vous entendre au sujet du baiser de la mort de Valérie Ayet, tête de liste des macronistes. Raphaël Glucksmann porte étendard de la liste PS. François-Xavier Bellamy, Raphaël Glucksmann... On peut parler des autres candidats, il n'y a pas de problème.
On peut parler de Raphaël Glucksmann, par exemple, qui, pour le coup, vote beaucoup, beaucoup de textes comme nous et qui, à mon sens, aurait sa place chez nous et je pense qu'il serait beaucoup plus influent et beaucoup plus efficace s'il était chez nous, par exemple. Ah, vous considérez, c'est intéressant, vous considérez que Raphaël Glucksmann, le candidat soutenu par le Parti Socialiste, au fond, devrait être sur votre liste ? Quand on regarde ses votes, on vote 90%. La même chose. Alors, lui, il dit, il corrigé ce matin, il dit 80%. 90%, j'ai vérifié.
Ah bon. Alors, Françoise et Macroniste, veulent-ils récupérer une partie de leur base historique de centre-gauche retournée à la maison, c'est-à-dire au PS ?
Oui, je pense que c'est leur crainte. C'est pour ça qu'ils polarisent la mort avec... Vous savez, qu'est-ce qu'on a eu ce week-end ? Le balai des essuie-glaces, l'essuie-glace habituelle, passe-moi le sel, passe-moi le poivre. C'est-à-dire que, ouh, vous avez Gabriel Attal qui est très, très, très méchant avec l'extrême droite, et ouh, vous avez Bardella qui lui répond par salon interposé et nous voilà reparti. C'est contre ça qu'on devrait tous se battre, en fait, collectivement. Nous voilà reparti dans cette espèce de mâchoire infernale qui nous prend tous en tenaille, qui stérilise le débat politique entre Macron, Marine Le Pen et maintenant Attal, Bardella.
On nous rajoute une couche en plus. Voilà. C'est ça. C'est là-dessus que nous devrions nous battre, nous déchaîner comme des chiens, empêcher que cette mâchoire, que ce soit les Républicains, le Parti Socialiste, la France Insoumise, tous les autres candidats, empêcher que cette mâchoire se referme absolument sur nous. C'est cette espèce de truc qui va encore nous stériliser jusqu'au 9 juin et qui participe de l'ennui mortel ressenti aussi par les électeurs. C'est ça le sujet. Nous, baiser de la mort, bien sûr que... Mais bon, tous les votes de place publique, je ne parle pas de la délégation...
Je ne parle pas, je ne parle absolument pas du Parti Socialiste Européen qui est quand même encore très marquée par une social-démocratie très libre-échangiste, etc. La délégation française du Parti Socialiste, elle, elle vote souvent contre même son propre groupe. Elle vote plus souvent avec Manon Aubry et avec Les Verts pour la taxation financière, etc., qu'elle ne vote avec les sociodémocrates européens. Donc, il faut bien comprendre aussi... Mais place publique ? Mais place publique de Raphaël Guzman a voté toutes... Il a voté contre tous les traités de livre-échange, ils ont voté contre... C'est pour ça, Ayé, elle dit, il a souvent voté avec nous oui sur le Pacte Vert.
Et d'ailleurs, c'est comme ça aussi que les écologistes, la France Insoumise, le Parti Socialiste délégation française se sont aussi retrouvés un peu piégés par la Commission parce qu'à un moment donné, tout le monde a voté aussi pour le Pacte Vert parce que le Pacte Vert aussi, comment dire, le Green Deal aussi malhabile et maladroit et mal fini soit-il, c'était déjà un premier pas. Mais moi, j'ai regardé tous les votes et du PS et de Vendant Aubry et de la CHI.
Sur les votes essentiels, il n'y a aucun vote de la délégation du Parti Socialiste dans le sens de Macron sur qui est-ce qui fait échouer la directive des travailleurs détachés, qui est-ce qui fait échouer tout le travail qui avait été mené par les euro-députés de la France Insoumise et une partie des députés socialistes et vert sur le statut des travailleurs ubérisés pour changer statut. Ce n'est pas Raphaël Glucksmann, ce n'est pas Manon Aubry, ce n'est pas les socialistes de la délégation française, c'est bien EIER, le groupe Renew et la droite. Donc, sur les sujets importants, c'est-à-dire les sujets sociaux, les sujets, la PAC, qui c'est qui vote la PAC ?
La PAC, injuste, complètement mal foutue. Vous croyez que c'est place publique, le PS, vous pensez que c'est Manon Aubry, vous pensez que c'est la gauche ? Non. La gauche a entièrement voté contre la PAC, contre la PAC en 2019, le volet de la PAC. Par contre, Valérie Ayet, tout le monde a voté comme un salaud, y compris Jean-Denard Della. Donc, il ne faut pas raconter n'importe quoi. Voilà.
Paul, est-ce que c'est possible qu'une partie des électeurs Macron ou PS retourne finalement voter pour Macron ? Est-ce que le calcul est porteur ?
En tout cas, ce qui est vrai, c'est que dès le premier quinquennat, une perte de la gauche de son électorat a été compensée par Macron par l'acquisition d'un électorat à droite et vous avez fait des électeurs sociolibéraux en fait un électorat captif parce que c'est des gens qui, du fait de leur position immunologique, ont beaucoup de mal à pouvoir voter pour Jean-Luc Mélenchon en gros et donc quand ils ont à côté à regarder, je veux dire, ils avaient quoi ? comme autre solution, Hidalgo, c'était ridicule, personne n'a voté Hidalgo donc dans ce... Oh, quand même ! Non, personne, personne,
60 000 voix,
c'est dérisoire. C'est le stade de France quand même ! Mais du coup, c'était anecdotique, disons que Hidalgo est anecdotique et le créneau du social-libéralisme, on voit bien qu'il y a un enjeu pour certains qui y croient de le maintenir en vie. Pourquoi ? Parce que d'abord, les socialistes libéraux historiques sont partis. C'est le Gabriel Attal qui vous fait des rentrées sur les abayas en chantant à tue-tête avec l'extrême-droite. Donc, il y a des gens qui se disent on peut garder ce créneau-là et il faut essayer de le retrouver dans un giron qui va de la Hollandie compatible et Cazeneuve et compagnie à des gens comme Glucksmann.
Parce qu'encore une fois, Glucksmann, là, c'est le parc socialiste mais c'est quand même purement opportuniste. C'est une prise de guerre entre guillemets d'un PES un peu fatigué mais il aurait pu être pour quelqu'un d'autre. Raphaël Glucksmann, il est de gauche comme moi je suis pape. Il est là parce qu'il avait place publique que le PES n'avait pas envie d'envoyer quelqu'un se prendre une tolle. Tu es le pape des éditorialistes alternatifs. Voilà, Abemus Papam du coup. Mais il... Donc du coup, ce que je veux dire, c'est que c'était rigolo.
Moi, j'ai trouvé ça rigolo quand elle a dit qu'il serait plus influent parce que je pense que c'est de fait vrai que Glucksmann a toute sa place dans la Macronie avec un regard peut-être... Il pourrait être la fameuse fausse haile gauche de la Macronie que des éditorialistes dans Libération retrouvent toutes les deux semaines lorsqu'il y en a un qui ne veut pas voter une lettre de facho. C'est ça que je vois comme créneau pour lui. Et donc, je ne suis pas sûr que ça marche sur le long terme mais à court terme sur un scrutin comme les européennes dans lesquelles il va y avoir un survote de certaines catégories, effectivement, autant tenter ce créneau-là.
Je pense qu'il est, par contre, sur le long terme et sur le plan national, complètement terminé parce que les conditions politiques de cet espace-là ne sont plus réunies. Ça dépend. Les libéraux ne font plus de sociaux et ils ne se font plus démocrates. Ils ne se font plus démocrates. On l'a vu avec les macrons et toutes les formes qu'ont pris les mêmes ailleurs.
Ça dépend de la personnalité qui margera. Je ne la vois pas moi non plus mais non, de toute façon, oui, après Glucksmann, c'est trop facile de dire qu'il est macroniste. Pas du tout. Notamment sur les questions écologiques. Non, il était partout. Il était à l'internative libérale. Surtout sur les questions écologiques. Après, moi, je ne vais pas faire tout un déroulé sur Raphaël Glucksmann. Ce n'est pas mon sujet. Je pense que là où tu te... Là, il a un défaut, une qualité, Glucksmann. C'est qu'il refuse, lui, de rentrer dans le bain national. Il refuse de lier systématiquement la politique nationale et la politique européenne.
C'est en ce sens que c'est un peu dangereux comme ligne quand même de campagne. C'est de la lâcheté. Si les gens... Non, non, c'est que ça... C'est de la lâcheté.
Il y a eu un clivage politique très intense dans le pays. Il n'a jamais pris vraiment position. Il était où pour les retraites ? Il était où les taxes ?
Tu ne peux pas être tout le temps comme Vincent Perantois ? Je pense moins bien connaître Raphaël Glucksmann. Je ne crois pas que c'est de la lâcheté. Je pense que c'est sursous. Tout, ça ne l'intéresse pas. Lui, il considère que tout va écraser le drame de la guerre et le drame ukrainien. Il considère qu'il y a quelque chose là qui est d'un domaine historique et qui va effacer et qui risque d'effacer tout le reste. Il a le droit de penser comme ça. Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui, mais il a le droit de penser comme ça. Donc, à mon avis, la social-démocratie, elle bouge encore. Je pense que, pour moi, Jean-Luc Mélenchon, il est complètement disqualifié pour 2027.
Il y a toute une partie de la social-démocratie qu'il adorait, d'ailleurs, pendant la présidentielle parce qu'il était excellent. Il ne votera plus jamais pour lui. Il y a ces orphelins-là d'une gauche, comment dirais-je, très sociale, combative, qui ne peut pas se retrouver dans les verts parce qu'ils sont trop folkloriques, qui ne valent plus de Mélenchon parce qu'il est trop radical et qu'en fait, il fait peur aux gens. Maintenant, il faut les jeter aux autres. Donc, la question est, ces gens-là, où est-ce qu'ils vont ? Est-ce qu'ils vont aller sur Attal ? Je ne pense pas, pas du tout. Donc, il y a tout ce socle-là qui ne demande qu'à renaître.
Et Jordan Bardella, pendant ce temps, lance sa campagne, il a lancé sa campagne samedi dernier à Marseille en agitant les peurs français selon Mediapart et en parlant un peu de lui, beaucoup de la France, de Macron et d'immigration. Est-ce que le RN continue à avoir l'avantage ? Je vous interroge sur la question, vraiment chacun deux minutes, pas plus.
Oui, bien sûr. J'ai regardé, j'ai très bien décortiqué, évidemment, hier ce meeting, j'ai tout écouté, et Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce qui m'a frappé, c'est d'abord la maturité quand même de Jordan Bardella, 28 ans, son ambition qui est évidente. Moi, je veux bien que ce soit un meeting de lancement des européennes, mais il y avait marqué, en gros derrière, écrit à l'encre invisible, bonjour, c'est moi la nouvelle coqueluche. C'est assez effrayant, cette capacité. Quand je dis ça, il n'y a pas d'admiration. C'est effrayant, la capacité de voir ce jeune homme raconter des horreurs sur un temps extrêmement calme en citant à la fois Malraux et Victor Hugo.
C'est la première fois que j'entends, c'est là que c'est diabolique, en fait. C'est la première fois que j'entends dans un discours d'extrême droite ou de la droite nationaliste des références à Malraux et à Victor Hugo. Il faut quand même oser. C'était extrêmement bien tricoté, son discours. C'est démoniaque, pas au sens, comment dirais-je, religieux du terme, mais c'est extraordinairement empoisonnant. Voilà. Et avec, il a changé ses priorités. Je pensais qu'il allait commencer sur l'immigration. Pas du tout. Il a commencé en fonction des sondages sur la vie chère, l'inflation, les agriculteurs, la difficulté de se noger et après l'immigration. Je vois, la force va à la force.
Ça, c'est la règle politique. Il est en force. Je ne sais pas s'il va trébucher, mais pour le moment, c'est lui.
Une chose est sûre, c'est qu'il y a une capacité de fidélisation de l'électorat du RN qui est absolument époustouflante. Si on regarde les études de vote qui se font en amont des élections, c'est-à-dire qu'ils essayent de regarder comment, six mois avant, qui est prêt à voter pour tel ou tel candidat. C'était le cas pour la présidentielle. Il faudrait regarder sur les européennes. Mais le niveau de certitude du vote chez les gens qui votent RN est extrêmement fort, ce qui montre un ancrage réel et un ancrage qu'on observe élection après élection.
Donc, en ce sens, ils ont un avantage que, par exemple, on en parlait tout à l'heure, la France insoumise n'a pas sur ses électorats populaires dans le cadre des européennes. Deuxièmement, je pense que le RN, a une facilité, contrairement à la gauche, qui est qu'elle adhère, le RN adhère au grand consensus politique que proposent les néolibéraux. Ils sont d'accord sur l'assistanat, sur la vision néolibérale du marché, sur...
Donc, peu importe qu'ils agitent, effectivement, des fausses thématiques sociales, qu'ils revendent avec leur propre mot, en vérité, ils n'ont pas le besoin politique de faire la démonstration que, non seulement, ils peuvent être critiques de la société, mais qu'ils veulent la remplacer par autre chose. En vérité, ils proposent des adaptations racistes à l'ère néolibérale du temps et en ce sens, c'est-à-dire une facilité politique qui est terrifiante parce qu'en fait, encore une fois, ils font partie des gens qui sont défendeurs de l'ordre social. Ils veulent simplement le rendre encore plus raciste. C'est ça, la difficulté dans notre confrontation avec la gauche. Je suis absolument d'accord
avec la supercherie. C'est très bien que tu le dises, mais je le rajoute pour qu'on enfonce bien le clou. Le Rassemblement national n'a aucune sensibilité sociale. Le Rassemblement national et d'une dureté sur le plan social, ils ont fait eux aussi échouer le changement de statut des travailleurs des plateformes au niveau européen. Ils ont refusé de voter toutes les lois proposées et toutes les mesures proposées pour lutter contre la vie chère par la NUPES, première session du Parlement en 2022. Donc, je crois que vraiment, il y a quelque chose là du domaine de la supercherie.
Je dirais, pour compléter ce que dit Paul, mais il l'a certainement vu lui aussi, il y a le truc encore plus redoutable. Alors, je ne veux pas faire un tableau trop noir, mais je ne sais pas comment on va sortir de ce piège à loup. Il y a la complémentarité de Marine Le Pen qu'on voit dans toutes les enquêtes qualitatives et pas quantitatives et Jordan Bardella. Marine Le Pen consolide le socle ouvrier. Elle consolide le socle aussi des campagnes. Elle rassure plutôt l'électorat traditionnel des extrêmes-droites. Jordan Bardella, ce qu'on est en train de voir depuis un an, c'est qu'il est en train d'ouvrir sur les classes supérieures.
Il est en train d'ouvrir sur la jeunesse, notamment la jeunesse qui a fait des études, la jeunesse diplômée, et on voit cette espèce d'éventail qui s'élargit sur la capacité à avoir un filet dragueur qui ramène tant et tant des lecteurs encore une fois sur des mensonges. Mais le problème des mensonges, c'est que c'est trop tard. C'est-à-dire, regardez ce qui arrive aux Argentins. Ils ont élu Millet parce qu'ils n'en pouvaient plus, ils ne savaient plus à quel point se vouer parce qu'évidemment, le péronisme et tous les avatars du péronisme n'ont mené ce pays presque qu'au malheur. Pas le péronisme, mais en tout cas, tout ce qui a suivi.
Et voilà, les Argentins ont voté par désespoir, aussi par adhésion à ce personnage. Maintenant, tout le monde est dans la rue. Moi, une partie de ma famille est argentine. Tout le monde est dans la rue en disant mais qu'est-ce qu'on a fait ? On se réveille avec la gueule de bois. Donc, je dis aux gens, ne vous réveillez pas un matin, le lendemain d'une présidentielle avec la gueule de bois, même si vous avez fait partie de ceux qui ont amené ces gens-là au pouvoir.
Évoquant désormais les auditions des responsables dirigeant les figures de CNews devant les parlementaires de la commission d'enquête sur les fréquences de la TNT, des auditions souvent tendues, comme on va le voir dans ce magnéto.
Ma question s'adresse à M. Nedjar en tant que directeur de la rédaction de CNews. M. Nedjar, est-ce que vous connaissez le nombre d'enfants, de femmes et d'hommes qui ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza depuis le 8 octobre ? Et si oui, est-ce que vous pouvez nous le donner ? Je ne connais pas le nombre exact.
Vous pouvez me le donner ? Non, non, non, moi je vous pose la question est-ce que vous connaissez le nombre exact ?
Oui, ce n'est pas totalement non plus le sujet de la commission d'enquête mais vous avez votre bon, allez-y M. Caron bien sûr. Je suis surpris que vous ne connaissiez pas ce chiffre en tant que directeur de la rédaction de CNews, d'autant qu'il s'affiche en une de libération ce matin. Donc j'apprends que vous qui dirigez une chaîne d'info, vous ne lisez pas la presse. M. Neidjar, brièvement, il y a deux questions de mon collègue Caron à laquelle vous n'avez pas répondu. Condamnez-vous l'assassinat des journalistes palestiniens et condamnez-vous la censure opérée par le gouvernement israélien ?
J'estime avoir répondu aux questions du député Caron.
Vous me permettrez de vous demander à nouveau de répondre soit par oui soit par non. Vous avez prêté serment de dire la vérité, toute la vérité et donc je vous demande de répondre simplement par oui ou par non puisque nous ne sommes pas en mesure de comprendre votre réponse jusqu'à présent.
La vérité, c'est que je n'ai pas de réponse supplémentaire à donner. Je ne vois pas. La question, c'est quoi ? C'est quoi la question ? C'est de prendre partie sur quelque chose, c'est ça ? Sur un sujet dramatique ?
M. Caron a formulé une question simple et explicite. Condamnez-vous l'assassinat de journalistes palestiniens et condamnez-vous la censure opérée par le gouvernement israélien ? Je me tiens à ça.
Je condamne l'assassinat de tous les journalistes et au-delà des journalistes, de tous les êtres humains qui se trouvent d'un côté ou de l'autre de la frontière.
Je me permettrais juste de noter que demander effectivement à un auditionné de fait, à titre personnel, en tant qu'individu, cette condamnation ne répond pas à l'objet de cette commission d'enquête.
Alors bien entendu, à droite, il y a l'extrême droite de l'échiquier politique, mais également certaines personnes dans les sphères médiatiques crient à l'Inquisition face à ce spectacle de députés qui alpagent les responsables de CNews.
Les chaînes de télévision ont accès à un bien public. Les chaînes de télévision qui sont sur la TNT ? Exactement. Ils ont accès à un bien public. En fait, il y a des canaux, on les distribue et il y a des règles du jeu. CNews ne respectent absolument aucune des règles du jeu. D'abord, elle ne fait pas du journalisme. Il faut écouter les propos répétés de ces intervenants, quels qu'ils soient, qui n'ont aucune forme de déontologie, quoi qu'il advienne, puisqu'il s'agit de racontards, souvent de pensées convenues et ça, c'est dans le meilleur des cas.
En général, vous avez des propos racistes, des propos climato-sectiques, des propos qui, en permanence, sous couvert d'opinions, sont en fait soit délictuels, quand il s'agit de propos racistes, soit, comment dire, l'endroit, on va dire, la cocotte minute dans laquelle on construit l'ouverture fasciste de la fenêtre d'Overton dans ce pays. Et je pense qu'il est normal et naturel que des gens qui se saisissent via une commission d'enquête de cette question regardent comment Sénu se travaille. Et le fait qu'encore une fois on parle d'inquisition, ça me fait rire, mais vraiment rire.
On est encore dans un cas où des gens n'assument absolument aucune de leurs responsabilités politiques et viennent jouer à la victime. Nous sommes victimes d'une inquisition. Mais de quoi parle-t-on ? Parle-t-on de Pascal Praud qui nous explique que le réchauffement climatique n'existe pas parce qu'il fait moins 13 dans les Yvelines ? Est-ce qu'on parle des propos islamophobes répétés que l'ensemble de leurs intervenants prononcent ? Est-ce qu'on parle de... Je ne sais pas, il y a des gens sur... Ça m'étonne même qu'on les autorise à parler à la télévision tellement lorsqu'ils disent des choses. C'est soit raciste, soit faux, mais factuellement faux. Je ne vais pas en citer.
Les rire aux folles, Gaule-Nadel. Et puis, si on regarde en plus les personnalités dont on parle, parce qu'il y en a qui ont été interviewés, Laurence Ferrari, Sonia Mabouk, etc., ce sont des gens qui ne font pas leur travail puisqu'ils laissent tous ces intervenants que je viens de citer dire tout et absolument n'importe quoi sans aucun contrôle, sans aucune reprise et le tout, encore une fois, exprimé sur l'espèce de ton, de la fausse évidence, de la fausse naïveté, du fausse sens commun convenu. Et je pense que oui, c'est un problème d'information, c'est un problème de règles et c'est un problème d'avoir accès à des canaux publics pour pouvoir déverser autant d'horreurs.
Donc, moi, ça ne me choque pas et je pense que le terme d'inquisition souligne une seule chose, c'est qu'encore une fois, il y a des gens qui sont irresponsables de leurs actes et ils revendiquent une irresponsabilité totale de leurs paroles et de leurs actes. Moi, je suppose que si je dis une connerie demain, je peux être responsable de mes actes et c'est très bien et je pense que c'est naturel qu'on fasse la même chose sur CNews.
Françoise ?
Non, non, moi, je suis tout à fait contre cette commission parce que la liberté d'expression ne peut pas se découper en morceaux au gré de nos envies, de nos humeurs. Ça s'appelle du sectarisme sinon. Moi, je n'ai pas du tout aimé la façon dont on a interrogé ces gens. Bon, ils ne sont pas de notre avis. qu'est-ce qu'on peut partager avec Pascal Praud ou qu'est-ce qu'on peut partager par grand-chose ? Mais je n'accepte pas cette façon-là. Je n'accepte pas cette méthode-là. Si c'est news...
Il a des belles lunettes.
Non, non, mais si c'est news, je n'accepte pas de passer au grill et de les traiter. Je me suis tapé toute l'audition. Il y a des moments, franchement, Émeric Caron, vous avez l'impression qu'il s'adresse à des délinquants. Vous avez l'impression que Pascal Praud... Il y a des délinquants là-bas quand même. Il y a des gens qui ont été condamnés. Non, non, stop. Non, non, non. Moi, je ne veux pas laisser dire des conneries comme ça. On ne peut pas raconter n'importe quoi. On ne peut pas dire que CNews raconte n'importe quoi et nous, sur le plateau du Média, raconter n'importe quoi. Non, mais je veux dire, il y a des gens qui ont été condamnés, notamment... Zemmour. Ben oui, Zemmour.
Mais Zemmour, il est plus part de la chaîne. Qui a été condamné ?
Mais dans le groupe, on sait très bien les synergies qu'il y a entre les médias du groupe et le nouveau patron du JDD qui fait partie donc de cette nomenclatura qui est souvent sur CNews et aussi a été condamné.
Mais je redis, Théo, on ne peut pas nous-mêmes nous comporter comme CNews. C'est-à-dire qu'on ne peut pas, sur ce plateau, dire qu'il y a des gens qui... Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense que la presse, elle est une presse d'opinion. Ce qui me fait pas marrer et que je trouve un peu désolant, c'est que CNews n'accepte pas d'admettre qu'elle est une chaîne qui a une ligne éditoriale et qui a choisi d'organiser le débat entre toutes les nuances de droite et d'extrême droite. C'est son choix.
Mais si elle l'accepte, elle pourrait avoir des problèmes
pour renouveler son canal sur la TNT. Mais c'est une fausse attaque l'histoire du canal parce que dire que CNews n'est pas une chaîne d'infos, ça n'est pas vrai. CNews produit tous les jours, toutes les heures des journaux. CNews a des reporters sur le terrain. CNews a des reporters Je veux bien qu'on utilise des attaques bidons. Ce n'est pas les tiennes, Paul. Je sais très bien que ce sont des attaques qui sont utilisées politiquement, etc. Ou par d'autres journalistes en disant ce n'est pas une chaîne d'infos. Bien sûr que si, c'est une chaîne d'infos. Évidemment que c'est une chaîne d'infos.
Ce qui est en cause, ce sont les plateaux d'éditorialistes, les plateaux d'experts surtout qui sont éditorialistes comme je suis archevêque justement parce que tout le monde est éditorialiste maintenant. Non, ça ne correspond à un métier éditorialiste. Tu ne deviens pas éditorialiste après avoir été champion de patinage artistique. En gros, j'exagère mais on est quand même sur des emblis. Un peu le parcours de Pascal Praud. Non, non, mais pas du tout. Moins gracieux. Non, non, mais pas du tout. C'est un super journaliste sportif à la base. Il faudrait faire du sport et faire arrêter là. Je voulais juste dire moi, je n'ai pas envie de dégueuler comme ça sur les gens. Ça ne m'intéresse pas.
La question, nous sommes dans un état de droit. Est-ce qu'il y a des propos délictueux et là, Paul a raison à l'antenne de CNews ? S'il y a des propos délictueux, on attaque et on condamne. Pour le reste, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord pour clouer au pilier des gens parce qu'ils ne nous intéressent pas, ils nous dérangent idéologiquement. Pourquoi je dis ça ? Parce que la prochaine fois, ça sera nous. Comprenez ? Nous, on n'est pas le camp du bien et on fasse le camp du mal. Bien sûr que nous, on n'est pas racistes, etc. Mais est-ce qu'il y a un délit ou pas à l'antenne de CNews ? S'il y a des délits, on les condamne.
D'ailleurs, CNews a tremblé, bien sûr, parce que la connerie, l'infamie, parce que ça, ce n'est pas du domaine de la connerie, c'est l'infamie sur l'IVG avec l'infographie sur l'IVG a été quelque chose de terrible pour eux. Ça, ça pourrait être, comment dirais-je, ça, ça pourrait être de nature à faire perdre la fréquence à CNews. Pour le reste, c'est je sens que, je ressens que, il semble que, moi, je résonne en droit, OK ? Geoffroy Lejeune, le patron du VDD, il a fini une lamentable avec Daniel Obono, il a été condamné et moi, j'ai applaudi, OK ? Ça, ça, nous sommes un État de droit. On ne peut pas être un État de droit et le découper quand ça nous arrange.
Mais l'État de droit, c'est justement la capacité à fixer des droits, mais de les contrôler. Et en fait, le droit à l'information, c'est un droit réel pour les habitants de ce pays. Et excuse-moi, ce n'est pas parce que, effectivement, la connerie n'est pas un délit qu'on ne peut pas attaquer CNews. Mais le problème, c'est que des conneries... Non, mais je suis désolé, ils disent des conneries. Encore une fois, je cite, il n'y a pas de réchauffement climatique parce qu'il fait moins 13 dans les Yvelines. Ça, c'est une phrase de Pascal Praud.
Oui, mais sauf qu'en fait, quand on a une chaîne d'information, si CNews est une chaîne d'information, c'est le stade poubelle de la chaîne d'information. Et je pense qu'on peut avoir une certaine exigence intellectuelle. Moi aussi, il y a plein d'éditorialistes que je ne supporte pas et qui sont sur d'autres chaînes. Léa Salamé ne m'en parlait pas ni le matin, ni le soir. Et plein d'autres, je pourrais donner des noms à France Inter, à France 2, on parlait de Nathalie Saint-Cricq que je ne porte pas dans mon cœur, ni son fils sur BFM TV avec qui j'étais à Sciences Po pour mes études. Mais ce n'est pas la question.
La question, c'est que CNews organisent déjà sous couvert d'informations une actualité politique. Et donc, effectivement, cette non-reconnaissance fait qu'il faut poser la question. Soit l'ARCOM crée une catégorie particulière chaîne d'opinion et à ce moment-là, elle doit être enregistrée en tant que telle. Si ce n'est pas le cas, sous couvert d'informations, on ne peut pas dire n'importe quoi. Et je pense que c'est ça aussi le problème fondamental au sein du journalisme aujourd'hui, c'est qu'en gros, il n'y a pas de véritable déontologie. On peut raconter n'importe quoi, ne jamais être sanctionné réellement.
Et quand les journalistes créent leurs propres outils de contrôle, 30 secondes, c'est un problème pour moi.
Oui, je voulais juste dire qu'encore une fois, la liberté d'expression, ce n'est pas ce qui nous convient ne nous convient pas. Il y a des règles. Je pense que tout le monde a le droit de s'exprimer. Je ne fais pas partie des gens qui considèrent, par exemple, que le Rassemblement national n'a pas le droit de s'exprimer. Si on considère qu'il n'a pas le droit de s'exprimer, il fallait l'interdire dès le départ. Donc voilà, pas de procès de cette manière-là sur cette chaîne. Il faut attaquer cette chaîne chaque fois que quelqu'un dérape.
Mais vraiment, garantissons, c'est ça la démocratie, garantissons la capacité et surtout, surtout, c'est la porte ouverte à la pire des bêtises qui va arriver pour la présidentielle. Il était déjà question de ça dans les cartons de l'ARCOM, décompter du temps de parole les éditorialistes en fonction de leurs opinions politiques. C'est-à-dire que si on laisse faire, moi, par exemple, sur les chaînes sur lesquelles je travaille de télé ou de radio, eh bien, tout le monde sait que je suis de gauche, on décontera ou aux candidats. Mais c'est insupportable, c'est inacceptable de décompter le temps de les...
C'est pour ça que tout mélanger, mettre les éditorialistes sur le même plan que les politiques, on arrive avec ce gloubi-boulga à une... On va arriver à une folie générale. Vous allez voir pour la présidentielle si on laisse faire, si on ne met pas le frein, si on ne proteste pas, on va avoir... Voilà. Si, par exemple, tu vas sur n'importe quelle chaîne de télé comme éditorialiste, eh bien, tu défendras la candidature de Mélenchon décomptée dans le ton de parole de Mélenchon. Ce n'est pas possible, ça n'est pas assez simple. C'est une connerie. Mais oui, mais la connerie... Défendre la liberté d'expression ne demande pas de défendre tous ces usages. Nous sommes l'exigence.
La connerie, elle vient du fait, Paul, que tu considères et que tu mets au même niveau les éditorialistes. Tout à l'heure, au début de notre entretien, tu as dit, les éditorialistes, on les désigne comme des anéliques politiques. Eh bien, à force de faire ça, on va arriver à cette... Merci, Paul,
Élec. Merci, Françoise de Goua. Merci à vous d'avoir regardé cette édition de Sans langue de Goua. Restez sur le canal 350 de la Freebox. Et si vous nous regardez sur YouTube, abonnez-vous à notre chaîne, activez la cloche et mettez des petits pouces en l'air. Le média, votre média, ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui, comme vous, le regardent et l'aiment. Si vous le pouvez, donnez-nous de la force en allant sur lemédiatv.fr slash soutien. Quant à moi, je vous dis à plus.