L'interview intégrale de Sophie Binet (CGT), après le premier tour des législatives anticipées
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Est-ce que ce raz-de-marée du Rassemblement National, plus de 33% des voix, vous le vivez, vous, comme un échec ?
- 1:07OuverteRéponse directe
Vous, vous y croyez encore ? Tout n'est pas fichu pour la gauche ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites aux plus de 10 millions de Français qui ont voté pour ce parti qui n'est pas comme les autres et qui n'imaginent pas les choses de la même manière que vous ?
- 3:31RelanceRéponse directe
Mais comment vous expliquez alors que ces travailleurs que vous êtes supposés défendre à la CGT, ces travailleurs, ces classes populaires, n'entendent pas le message que vous donnez là sur le plateau et se soient tournés majoritairement vers le Rassemblement national ?
- 4:45OuverteRéponse directe
On sent quand même, Sophie Binet, que ce soit sur le programme qui a été mis en place par le Président ou là, sur les consignes en vue du second tour, on vous sent quand même très en colère à l'égard du Président de la République.
- 7:07RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas un problème de lisibilité de ce que serait l'alternative en l'occurrence au RN ? Les Français, les électeurs ont besoin de savoir ce que ce sera si effectivement ils se déplacent pour participer à ce fameux barrage.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05PrésentateurChiffre
« plus de 33% des voix »
- 1:00PrésentateurChiffre
« Plus de 179 désistements selon le chiffrage du journal Le Monde à 20 heures. »
- 3:12Invité politiquePromesse
« Ils ne veulent pas abroger la réforme des retraites puisqu'ils remettent ça à très très loin. »
- 5:53Invité politiqueFait
« Il y a eu par exemple une grave agression homophobe le 12 juin au soir à Paris, commise par quatre militants du RN qui ont été punis de six mois de prison avec sursis. »
- 15:16IntervenantChiffre
« plus de 1000% d'augmentation d'actes antisémites. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Intervenant13 %
- Intervenant 211 %
- Intervenant 37 %
- Présentateur6 %
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Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On le disait donc, notre invitée ce soir c'est Sophie Binet. Rebonsoir, secrétaire générale de la CGT. Est-ce que ce raz-de-marée du Rassemblement National, plus de 33% des voix, vous le vivez, vous, comme un échec ? On le rappelait tout à l'heure, vous aviez appelé à voter Nouveau Front Populaire, ce qui était assez inédit, dès le premier tour. Comment vous l'avez vécu, vous, ces résultats hier soir ?
Eh bien, je crois que les résultats d'hier soir, ils disent que rien n'est joué et que tout dépend de la campagne qui s'ouvre maintenant. C'est une nouvelle campagne qui s'ouvre et ça dépend notamment de la responsabilité que vont prendre toutes les forces politiques. Je suis donc ici pour leur lancer un appel solennel. Tout nini et toute mise dos à dos de l'extrême droite avec une quelconque autre force politique conduira mécaniquement à amener une majorité absolue au Rassemblement National. Par contre, on sait, on le voit notamment dans votre reportage, à quel point la question des désistements est centrale. Là, le temps tourne, il y a urgence.
Il reste 24 heures pour que l'ensemble des forces républicaines se désistent pour permettre aux candidats le mieux placent.
Plus de 179 désistements selon le chiffrage du journal Le Monde à 20 heures. Oui. Vous, vous y croyez encore ? Tout n'est pas fichu pour la gauche ?
Il reste encore 24 heures pour en faire d'autres des désistements. Et moi, ce que je tiens à dire ici, c'est que ce n'est pas possible que ce soit toujours à géométrie variable et toujours dans le même sens. Tous les candidats du nouveau Front populaire se sont désistés. Tous les candidats de la Macronie devraient faire de même. En 2002, en 2017, en 2022, les organisations syndicales, les électeurs et électrices de gauche ont pris leurs responsabilités pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir. Moi, je peux en témoigner. Ce n'était pas agréable de voter pour Jacques Chirac et pour Emmanuel Macron. C'était mes premiers votes. Mais si c'était à refaire, je le referais.
Parce que jamais il ne faut mettre dos à dos l'extrême droite avec une quelconque autre force politique. Il y a une différence de nature. L'extrême droite, on sait quand elle arrive au pouvoir, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit. Pourquoi ? Parce qu'elle s'attaque aux libertés, elle s'attaque à tous les contre-pouvoirs, aux juges, aux médias, aux organisations syndicales, aux ONG. Elle s'attaque aux principes républicains, à l'état de droit. Elle s'attaque aussi aux libertés d'expression. Et même, elle installe un régime général de fake news avec un relativisme généralisé pour réécrire l'histoire, réécrire la science, par exemple.
Vous allez nous dire ce que vous vous doutez.
Exactement. Alors précisément, ça n'est pas un parti comme les autres. Mais qu'est-ce que vous dites aux plus de 10 millions de Français qui ont voté pour ce parti qui n'est pas comme les autres et qui n'imaginent pas les choses de la même manière que vous ?
Ce que je leur dis vraiment, c'est ne nous tirons pas une balle dans le pied dimanche prochain. Le Rassemblement national, c'est un danger pour notre démocratie, pour nos libertés. C'est aussi un danger en tant que travailleuses et travailleurs. Pourquoi ? Parce que le Rassemblement national est toujours du côté des patrons, du côté des puissants. On l'a vu à l'Assemblée nationale par leur vote. À chaque fois qu'il a fallu voter pour l'augmentation des salaires, par exemple, ils ont voté contre. On le voit dans leur programme qui s'inscrit dans la continuité directe du programme économique et social d'Emmanuel Macron.
Ils veulent continuer les cadeaux pour les plus riches et pour les grandes entreprises. Ils ne veulent pas abroger la réforme des retraites puisqu'ils remettent ça à très très loin. Et si les comptes publics vont bien, or on sait qu'ils... Ils disent à l'automne. Oui, sauf qu'ils disent à l'automne après la revue des finances publiques. Or, on sait que la France est endettée et on sait que le Rassemblement national ne va pas améliorer les finances puisqu'il ne veut pas augmenter les impôts pour les plus riches.
Mais comment vous expliquez alors que ces travailleurs que vous êtes supposés défendre à la CGT, ces travailleurs, ces classes populaires, n'entendent pas le message que vous donnez là sur le plateau et se soient tournés majoritairement vers le Rassemblement national ?
D'abord parce que le Rassemblement national, c'est le parti du mensonge, qu'il passe son temps à mentir et à réécrire la vérité. Et ça, ça fait partie des dangers démocratiques du Rassemblement national. Et puis ensuite, la deuxième chose, parce que l'extrême droite, elle prospère sur les cendres laissées derrière elle par les politiques néolibérales. Quand on ferme un service public, quand on ferme une usine, on fait élire un député du Rassemblement national. Le problème, c'est que les politiques d'Emmanuel Macron ont déroulé le tapis rouge à l'extrême droite.
Et c'est pour ça que j'ai envie de dire à ces électeurs et à ces électrices, le bulletin du Rassemblement national, c'est pas le bon bulletin pour sanctionner le gouvernement. La preuve, le gouvernement et Emmanuel Macron ont tout fait pour organiser ce tête-à-tête. Pour eux, le Rassemblement national, c'est l'opposant utile. Pour sanctionner le gouvernement, il faut voter pour le nouveau Front populaire qui présente et qui propose des alternatives sociales et des perspectives de progrès. Le bulletin du Rassemblement national, c'est ni le bon bulletin pour sanctionner le gouvernement, ni le bon bulletin pour avoir des avancées pour les salariés.
Au contraire, ça serait le pire pour les travailleuses et les travailleurs.
On sent quand même, Sophie Binet, que ce soit sur le programme qui a été mis en place par le Président ou là, sur les consignes en vue du second tour, on vous sent quand même très en colère à l'égard du Président de la République.
Oui, je confirme. Je suis très, très, très en colère. Cette décision de dissolution était scandaleuse dans ce contexte-là, avec une campagne en moins de trois semaines alors que l'extrême droite était tellement dynamique. C'était un calcul électoraliste pour enfermer, encore une fois, dans un tête-à-tête avec lui et l'extrême droite. Et ce que je veux dire ici, c'est qu'on ne joue pas avec nos vies comme on joue au poker. Si Emmanuel Macron a une passion du jeu, qu'il aille au casino à Deauville. Il y en a de très bons, mais qu'il arrête de jouer avec l'avenir du pays parce que c'est ça qu'il a fait avec cette dissolution et c'est ça qui est très grave.
Là, ici, ce que je veux dire aussi aux responsables politiques, c'est qu'il y a des vies derrière leur choix. Il y a des vies avec des personnes qui ont peur aujourd'hui de ce qui peut se passer si le RN arrive au pouvoir. Ces personnes, elles n'ont peur pas pour rien parce que déjà depuis trois semaines, la parole raciste se libère, la parole homophobe se libère, la violence de l'extrême droite se libère. Il y a eu par exemple une grave agression homophobe le 12 juin au soir à Paris, commise par quatre militants du RN qui ont été punis de six mois de prison avec sursis.
La question que je pose, c'est demain, si le ministre de la Justice est au RN et contrôle les parquets et les procureurs, est-ce que ces mêmes militants seront condamnés à six mois de prison avec sursis ? Le RN, c'est un parti raciste, sexiste, homophobe et c'est un parti violent.
Vous voulez dire qu'il n'y aura pas de justice si le RN est au pouvoir ? Il n'y aura pas de peine ? Il n'y aura pas de chansion ?
Ce que je veux dire, c'est que c'est dangereux que notre état de droit est en danger parce que le RN contrôlera l'appareil d'État, contrôlera le ministère de l'Intérieur, ça veut dire qu'il nommera les préfets, qu'il contrôlera les forces de police, il contrôlera également la justice et il aura la main sur les parquets qui ne sont pas indépendants du gouvernement. C'est tous ces dangers qui nous inquiètent avec cette possible arrivée du RN au pouvoir. – Vous voulez écouter l'avocat sur le plateau justement.
– Non mais je rejoins, une fois n'est pas coutume, largement Sophie Binet. Je pense qu'il faut une union sacrée contre l'extrême droite. J'ai déjà eu l'occasion de le dire donc je vais arrêter de me répéter. En revanche, est-ce que vous ne pensez pas deux choses ? Premièrement, est-ce qu'il n'y a pas un problème de lisibilité de ce que serait l'alternative en l'occurrence au RN ? Les Français, les électeurs ont besoin de savoir ce que ce sera si effectivement ils se déplacent pour participer à ce fameux barrage. Or quelqu'un l'a dit tout à l'heure sur le plateau, je ne sais plus qui mais c'était intéressant, il disait le Front Populaire en fait c'est une alliance de circonstances.
Une fois élus, les députés qui en font partie reprendront, c'est Pablo qui disait ça, reprendront leurs droits, enfin rejoindront leurs familles, ce qui veut dire que LFI en fait ne sera pas majoritaire au gouvernement puisqu'en fait ça pourra être une espèce d'alliance entre tous les républicains au sens large de l'Assemblée et non pas un gouvernement du nouveau Front Populaire avec LFI majoritaire. Donc ça je pense que ça peut être plus clairement dit aux Français qui craignent LFI, premier élément. Même si moi je trouve les pudeurs de Gazelle, de Bruno Le Maire, Édouard Philippe, etc. tout à fait dérisoires et inadaptées au moment, on est d'accord.
Elle est très longue votre question.
Non, juste deuxième question, deuxième question et j'en termine par là, pardon. Est-ce que vous ne devez pas faire un effort pour le coup la gauche sur le programme en l'État présenté par le nouveau Front Populaire qui est quand même un programme bien à gauche ? Est-ce que vous ne devriez pas montrer que c'est davantage les sociodémocrates à peu près calmes qui vont guider ? Ça rejoint le premier bout de ma question que j'ai posée il y a 25 minutes maintenant. Est-ce que vous ne devriez pas montrer que c'est une gauche de centre-gauche au fond qui va gouverner et non pas les fous furieux de la France insoumise ?
Si je puis reprendre ce qui est dit sur Twitter, ce n'est pas l'expression qui est de moi, mais voilà. Je me mets à la place des électeurs.
Trois choses. D'abord, il y a un programme du nouveau Front Populaire qui est clair. Et ce que je veux dire ici, c'est que ce qui est très important, c'est de répondre aux aspirations sociales. On ne battra pas l'extrême droite si on ne répond pas aux aspirations sociales des travailleuses et des travailleurs. Et donc dans ce programme, il y a un certain nombre de points qui sont indispensables. Les points indispensables, c'est l'abrogation de la réforme des retraites et l'abandon de la réforme de l'assurance chômage. C'est l'augmentation des salaires et des pensions.
Et c'est le renforcement de nos services publics qui vont très mal, à commencer par le service public de santé et la réponse aux défis environnementaux. La deuxième chose que je veux dire, c'est que je sais que pour beaucoup de personnes, voter pour le nouveau Front Populaire, ce n'est peut-être pas un choix de cœur. Je le sais puisque moi, j'ai fait la même chose deux fois en votant pour Emmanuel Macron et une fois en votant pour Jacques Chirac. Mais ce que j'ai envie de leur dire, c'est que l'enjeu dépasse le clivage entre la gauche et la droite. La question, c'est l'avenir de notre devise républicaine, l'avenir de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Et ça, ça vaut le coup de faire un effort pour un vote. Et puis la troisième chose que je veux dire, c'est que franchement, ce que dit Bruno Le Maire et autres, et notamment les peurs qu'agitent Jordan Bardella, la ficelle est grosse. Tout le monde sait très bien que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas Premier ministre. Donc il faut arrêter de raconter n'importe quoi.
Vous tombez bien parce que figurez-vous Sophie Binet qu'on a des questions de téléspectateurs qui nous parviennent et qui font écho à ce que vous venez de dire. Hervé qui dit « J'ai envie de voter pour le nouveau Front populaire au second tour pour faire barrage au RN, mais pour franchir le cap, je dois savoir qui sera le Premier ministre de cette Union de Gauche. » Ce que l'on peut entendre. Et en parallèle, il y a cette déclaration de Sophia Chikirou, et vous répondrez juste après, candidate du nouveau Front populaire dans la sixième circonscription de Paris, qui est une proche de Jean-Luc Mélenchon et qui dit « Ce sera soit Mélenchon à Matignon, soit un autre insoumis. »
Juste, je peux faire une toute petite remarque parce que j'ai vu cette interview, et c'est Paul Larouturou qui l'interroge en l'occurrence.
Notre confrère de LCI.
Exactement, ça dure cinq minutes. Et en fait, il le pousse, elle ne veut pas répondre, elle ne veut pas répondre. Ce n'est pas le sujet, Premier ministre, ce n'est pas le sujet. Et d'ailleurs, elle dit « Ce ne sera pas Mélenchon. » Et elle dit « Ce ne sera pas Mélenchon. »
Oui, mais elle finit quand même par le dire. Non, elle ne dit pas ça, elle dit « Il y a plein d'autres insoumis que Jean-Luc Mélenchon. »
D'accord, mais ce que je veux dire, c'est que tous les trois jours, on a le sentiment qu'on entend quelqu'un qui dit que ce ne sera sûrement pas avec Jean-Luc Mélenchon et que le lendemain, il y a toujours quelqu'un d'autre pour dire le contraire. Vous, est-ce que ce serait un problème pour vous, par exemple, que Jean-Luc Mélenchon soit à Matignon pour incarner et représenter ce nouveau Front populaire ?
Pour la CGT, moi je l'ai dit depuis le début, l'enjeu ce n'est pas le casting, la question c'est le programme, les travailleuses et les travailleurs, ce qu'ils souhaitent savoir c'est « Qu'est-ce qui va se passer pour moi ? » et il y a des choses qui sont indispensables en matière de rupture avec les politiques économiques et sociales d'Emmanuel Macron.
Mais Hervé, qui s'adresse à vous et qui vous dit « Moi, pour voter pour votre programme, pour les mesures que vous vous défendez en tant que patronne de la CGT, j'ai besoin de savoir quel sera le coup d'après qui sera à Matignon ? » Vous lui répondez quoi ?
Ensuite, moi ce que je dis également depuis le début, c'est qu'il faut rassembler et il faut que les figures qui clivent s'effacent pour laisser place à des figures plus rassembleuses et je crois qu'il y en a beaucoup, y compris à France Insoumise. Après, moi...
Donc vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est une figure clivante
et que du coup il ne peut pas être la bonne personne ? Il a dit lui-même qu'il n'était pas candidat et qu'il ne s'imposerait pas. Après, moi je suis secrétaire générale de la CGT, je ne suis secrétaire générale d'un syndicat, pas d'un parti politique, donc ce n'est pas moi qui vais rentrer dans ces détails-là. Mais ce que je peux dire, c'est que d'un point de vue institutionnel, les choses sont factuelles. Pour être Premier ministre, il faut a priori avoir un vote de confiance de l'Assemblée nationale. Donc la question, c'est quelle majorité il y a à l'Assemblée nationale ?
Et donc là, tout le monde roule un peu des muscles, évidemment, en disant « ça sera forcément moi », mais tout dépend du nombre de députés à la fin et de la majorité qui sera construite. Là, ce qui est déjà clair, c'est que Jean-Luc Mélenchon a dit à plusieurs reprises qu'il ne s'imposerait pas, qu'il ne serait pas candidat. Et ensuite, ce qui est clair également, c'est qu'il faudra trouver une figure rassembleuse au service de ce programme pour répondre aux exigences sociales, parce qu'aujourd'hui, c'est bien ça la question clé, c'est répondre à la première attente des Françaises et des Françaises, c'est les salaires.
On va juste regarder, je vous donne le micro dans un instant, mais on voulait regarder les unes de l'IB et de l'UMA. Libération contre le RN, désiste, prouve que tu résistes. Ils ne se sont pas consultés, mais visiblement... À France Gall, même chose pour l'humanité, désiste, prouve que tu résistes. C'est la une de l'humanité. Jolie ? Non ? Oui, tout à fait.
Et je pense que ça résume exactement l'enjeu, c'est-à-dire que les non-désistements, c'est une honte. Les forces politiques, les candidates et candidats qui se maintiendraient en troisième position alors que le RN est en situation de garinger, seront responsables de l'accession au pouvoir de l'extrême droite. Et moi, ce que je veux dire là aussi, c'est que dimanche soir, on a vu que les résultats se jouaient à très peu de choses près. Pourquoi ? Parce que c'est 577 élections différentes. Et donc, dans plein de circonscriptions, le député deuxième ou troisième, par exemple, ça s'est fait à 100 voix près. Et ça, ça va être la même chose dimanche soir prochain.
Les choses vont être très serrées. Donc chacune et chacun, il faut qu'on prenne nos responsabilités. Mais évidemment, les forces politiques et les candidats et candidates ont des responsabilités à prendre. On n'oubliera pas. Nous, on a pris les nôtres. Si en face, ils ne sont pas prêts de prendre les leurs, alors que c'est grâce à nous que deux fois, Emmanuel Macron a pu être élu largement, ça, ça sera très grave face à l'histoire. Il faudra s'en expliquer.
Mais Sophie Binet, justement, vous parlez de face à l'histoire. On entend vos craintes. Notamment, vous évoquiez la libération de la parole raciste, de la libération de propos homophobes. Ce sont des craintes légitimes que se posent effectivement beaucoup d'électeurs.
Mais de la même manière, beaucoup d'électeurs ont été extrêmement choqués et face à l'histoire, ne sont pas prêts à voter pour un certain nombre de personnalités, notamment de la France insoumise, qui ont tenu des propos clairement antisémites, les ont réitérés, les ont assumés, qui sont aujourd'hui candidats, et qui ont contribué à déchaîner les violences antisémites qu'on connaît depuis le 7 octobre en France, plus de 1000% d'augmentation d'actes antisémites. Et on ne vous a jamais entendu là-dessus, on ne vous entend pas. On ne vous entend pas le dire là. Vous appelez à voter indistinctement pour tous ces candidats-là.
Est-ce que vous ne pensez pas que finalement, la gauche a commis une erreur en tournant le dos à la social-démocratie et en acceptant de s'allier avec des candidats qui sont minoritaires ? C'est vrai. Mais avec des candidats qui ne sont pas républicains ? Quelques secondes pour répondre, Sophie Binet.
Pardonnez-moi. Une question. Il y a deux choses différentes. D'abord sur la social-démocratie, la montée de l'extrême droite, c'est aussi le résultat de la social-démocratie qui a oublié ses promesses en direction du monde du travail. Donc là, clairement, moi je le dis et le redis, il y a des réponses à apporter sur la question sociale. Si c'est pour avoir la continuité de la politique d'Emmanuel Macron, ce n'est pas possible, ça conduira au désastre en 2027. Ensuite, sur les questions d'antisémitisme, l'antisémitisme, c'est grave, c'est interdit par la loi. S'il y a des candidats qui ont eu des propos antisémites, ils doivent se retirer.
À ma connaissance, ils ont été retirés par le nouveau fond populaire. David Guirault n'a pas été retiré. Tous ceux qui ont eu des propos antisémites affichés, ils ont été retirés par le nouveau fond populaire.
Non, c'est faux. Ils sont toujours candidats. Ce n'est pas vrai. David Guirault est candidat. Mais quel propos antisémite de David Guirault ? Il s'en est expliqué.
Ça, ce n'est pas antisémite. Ça, ce n'est pas antisémite. Il ne faut pas tout mélanger. Attention. Non, mais moi, je voudrais avoir une explication. Un dernier mot pour être... L'antisémitisme, c'est quelque chose de très grave et de précise. L'apologie des actes terroristes. Allez, c'est terminé. C'est quelque chose de différent. Je ne suis pas d'accord avec ça. La Sénaté a dit que c'était terroriste le 7 octobre. Mais ça n'est pas antisémite de ne pas dire que le Hamas... Gloricher les attentats de l'antisémitisme. Merci beaucoup. Allez, on marque une chose. Mais ça n'est pas de l'antisémite.
Vous avez...