🔴 DÉBAT - L' anonymat de la TRIBUNE DES MILITAIRES est-il le signe d'un manque de courage ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Trouvez-vous comme Gérald Darmanin que cet anonymat traduit un manque de courage ?
- 0:38OuverteRéponse directe
Quelle réponse à cette vague d'insécurité à l'heure où on rend hommage avec beaucoup d'émotion au brigadier Éric Masson ?
- 13:52OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas là deux erreurs majeures du quinquennat, enfin, deux erreurs majeures du Pouda et d'Emmanuel Macron et qu'il continue aujourd'hui, qu'il continue aujourd'hui de payer ?
- 24:33OuverteRéponse directe
Est-ce que ce qu'on est en train de voir est-ce que le spectacle auquel on vient assister c'est le signe plutôt que tout simplement la police ne fait plus peur et donc d'un recul de l'état même dans les têtes ?
- 30:56OuverteRéponse directe
Je vous propose que d'en redébattre mais une autre fois je crains que hélas il y ait d'autres occasions de le faire en tous les cas si j'en crois la réponse que vous faites que vous avez apporté à la question que vous a posé sur Twitter les réponses du gouvernement face aux violences urbaines sont-elles suffisantes et vous répondez non à 91%
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:43PrésentateurFait
« Si nous ne pouvons pas réglementairement nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire. »
- 3:24PrésentateurFait
« « La guerre civile couvre sur tout le territoire ». »
- 3:30PrésentateurFait
« « Ce n'est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire, parce que nous sommes apolitiques dans nos approchations de situation, c'est un constat professionnel que nous livrons, car cette déchéance, nous l'avons vu, dans bien des pays en crise, elle précède l'effondrement, elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici ou là , ce chaos et cette violence ne viendront pas d'un prononciamento militaire, entre guillemets, mais d'une insurrection civile. » »
- 4:39InvitéFait
« Gérald Darmanin s'indigne aussi, mais il a parlé lui-même, il y a peu de guerre entre les policiers et les trafiquants. »
- 4:47InvitéFait
« Manuel Valls a parlé de guerre contre l'islamisme. Gérard Collomb a dit « nous vivions côte à côte, demain nous vivrons face à face ». Et François Hollande, lui-même, parlait de partition du pays. »
- 5:04InvitéFait
« Je ne vois pas pourquoi c'est choquant. »
- 9:28InvitéFait
« les Français n'ont pas du tout cru à cette rhétorique et ont plutôt, du coup, approuvé les militaires. »
- 10:13InvitéFait
« C'est pour ça que je ne trouve pas ça extraordinairement génial. »
- 10:55InvitéFait
« Je crois que ce serait terrible du point de vue démocratique si le débat en restait là . »
- 13:28InvitéFait
« Il est, lui, convaincu qu'il battra Le Pen au second tour et que son affaire, c'est donc le premier tour. »
- 16:53PrésentateurChiffre
« 48% des Français disent qu'elle pourrait être le plus inquiétant pour qui gardera les gardiens. »
- 18:29InvitéFait
« le mot la dernière sur la lâcheté, je trouve que le mot lâche est extrêmement mal choisi et va arranger les choses parce qu'on ne traite pas de lâche des gens qui vont se faire tuer pour la nation quand on est ministre de l'Intérieur et dont le principal courage consiste à donner des coups de menton. »
- 21:56InvitéFait
« L'insécurité c'est le principal échec de ce quinquennat et que c'est la principale demande la principale exigence légitime des citoyens de notre pays qu'ils habitent dans des villes dans des quartiers où il faut combattre les trafics de drogue les trafics en général »
- 24:50InvitéFait
« so what et on fait quoi à ce moment là »
Temps de parole
- Présentateur38 %
- Invité31 %
- Invité 228 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bienvenue dans le grand studio du Figaro. On est en direct, on est avec vous. C'est Figaro Live et on attend vos points de vue autour de la nouvelle tribune des militaires. C'est la tendance première sur Twitter et les réseaux sociaux ces dernières heures des militaires en fonction et donc tribune cette fois-ci anonyme. Alors, trouvez-vous comme Gérald Darmanin que cet anonymat traduit un manque de courage. Vous allez nous donner vos points de vue. On va en débattre. On va en débattre avec Alexandre Devecchio, journaliste au service Débat et Opinion du Figaro, en charge de Figaro Vox et auteur de Recomposition, le Nouveau Monde Populiste.
On en débat également avec Christophe Devecchio, spécialiste de rhétorique politique, historien et professeur à Sciences Po et membre de la prestigieuse fondation pour l'innovation politique La Fondapol. On reviendra aussi sur le week-end de violences urbaines dans le sud, dans l'est, en région parisienne. Alors, quelle réponse à cette vague d'insécurité à l'heure où on rend hommage avec beaucoup d'émotion au brigadier Éric Masson et où on doit avoir de nouvelles précisions sur l'enquête en cours et les interpellations réalisées ces dernières heures ? Pour l'heure, on va revenir sur la polémique du jour, la dernière des dernières heures.
Si nous ne pouvons pas réglementairement nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire. C'est ce qu'on peut lire dans la nouvelle tribune publiée par nos confrères de Valeurs Actuelles. Alors, selon nos confrères, elle émanerait de militaires d'actives, c'est-à -dire militaires actuellement en activité, ce dont doute, d'après BFMTV, l'état-major. Alors, quoi qu'il en soit, quels que soient les auteurs, le nombre d'auteurs, le texte énerve, et en particulier le texte énerve au gouvernement, en particulier, là encore, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
Quelle drôle de société courageuse que celle qui donne la parole à des anonymes. On se croirait sur les réseaux sociaux, M. Bourdin. C'est ça, le courage ? D'être anonyme ? Donc, arrêtons les tergiversations politiques.
Alors, à droite, on tergiverse pas trop, apparemment, et on s'indigne, mais on s'indigne qu'on s'en prenne aux militaires. Écoutez, en particulier sur ce plan-là , l'eurodéputé François-Xavier Bellamy.
Alors, je suis révolté de voir que certains choisissent de s'en prendre aux messagers pour ne pas écouter les messages, et qu'on est prêt à décrire ces militaires qui servent la France comme des factieux, alors même qu'ils expliquent dans leur texte que leur seul et unique objectif, c'est de défendre la loi de la République, et c'est de défendre l'ordre public en France.
Sur le fond, la tribune s'en prend aux politiques qui ont traité de factieux les généraux qui avaient signé la précédente tribune, la première tribune, la tribune dite des généraux, et accuse les politiques de ne pas combattre l'islamisme que ces signataires, ces auteurs, prétendent avoir combattu en opération extérieure, notamment en Afghanistan et au Sahel. Et ce texte persiste sur un point, je cite, « La guerre civile couvre sur tout le territoire ». On peut également lire, vous allez pouvoir le dire avec moi, « Ce n'est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous.
Bien au contraire, parce que nous sommes apolitiques dans nos approchations de situation, c'est un constat professionnel que nous livrons, car cette déchéance, nous l'avons vu, dans bien des pays en crise, elle précède l'effondrement, elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici ou là , ce chaos et cette violence ne viendront pas d'un prononciamento militaire, entre guillemets, mais d'une insurrection civile. Sur le fond, comme sur la forme, que pensez-vous de ce texte, Alexandre ?
– Sur la forme, il est peut-être plus réussi que le précédent, le ton est un peu moins gros sabot. Sur le fond, j'étais d'accord avec le précédent, je suis d'accord avec celui-ci. Effectivement, François-Xavier Bellamy l'a bien résumé. Il n'y a rien de très nouveau en réalité. C'est pour ça que je m'étonne de l'indignation qu'avait suscité le premier texte. Gérald Darmanin s'indigne aussi, mais il a parlé lui-même, il y a peu de guerre entre les policiers et les trafiquants. Il a utilisé le mot « guerre » et il a expliqué que les policiers étaient des soldats. Donc si je suis son raisonnement, on est déjà en quelque sorte en guerre civile.
Et ensuite, ce n'est pas le seul ministre de l'Intérieur à avoir parlé comme ça. Manuel Valls a parlé de guerre contre l'islamisme. Gérard Collomb a dit « nous vivions côte à côte, demain nous vivrons face à face ». Et François Hollande, lui-même, parlait de partition du pays. Donc sur le diagnostic, je ne vois pas pourquoi c'est choquant. Maintenant, il faut agir. C'est peut-être ce qu'on attend des politiques, effectivement, plutôt que de vouloir tuer celui qui sonne le toxin.
– D'accord, on a compris votre point de vue. Le vôtre, Christophe, j'allais dire, avant d'être sur le fond, puisque c'est votre spécialité, sur la forme.
– Qui ne se distingue pas, comme vous savez. En fait, je serais un petit peu moins indulgent qu'Alexandre avec la forme. Je trouve dans les deux tribunes, même si en effet la deuxième est meilleure, je trouve que dans les deux tribunes, il y a quand même, il donne un petit peu quand même des... je dirais des verges pour se faire battre. Parce que vous avez là un... Il y a quelques ambiguïtés, si vous voulez. Par exemple, ce ne sera pas un pronostia mento, mais une insurrection civile. Il n'est jamais dit, par exemple, dans aucun des deux textes, nous agirons sur la demande du gouvernement, par exemple. Donc, je ne veux pas me faire le porte-parole de ceux qui attaquent les militaires.
Je trouve que quand même, rhétoriquement, il pourrait être un peu plus précis, ce qui éviterait... – Un peu plus habile ? – Un peu plus habile. Ce qui éviterait, vous le comprenez bien, des procès d'intention qui, par définition, seront là . – Ils sont justifiés, les procès d'intention ? – Je ne pense pas. Moi, je suis sur le fond assez d'accord avec ce qu'a dit Alexandre. Mais ne pas prêter le flanc à des exploitations rhétoriques trop faciles qui viendront de grands rhétoriciens, car le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice sont des grands rhétoriciens, et je vous signale qu'ils ont quand même été choisis pour cela. Donc, il faut quand même faire attention à cela.
Maintenant, tout cela traduit la surréaction à la tribune numéro 1, la surréaction à la tribune numéro 2. Ça pose quand même des problèmes, surtout à un moment où il faudrait plutôt surréagir à d'autres événements. Bon. Et cela, c'est ce hiatus. Et en fait, ce qui choque profondément les Français. C'est-à -dire cette qualité française indéniable, repérée par Descartes, qui est le bon sens. C'est-à -dire qu'il vaut mieux peut-être s'en prendre d'abord aux délinquants, ensuite, éventuellement, aux militaires. Militaires que je vois, on place dans un truc rhétorique, je dis bien un truc rhétorique assez gros, qui est la fausse dichotomie.
C'est-à -dire que quand ils s'expriment en signant, on les traite de factieux. Quand ils ne signent pas, on les traite de lâches. Bon, ça ne fait pas beaucoup avancer, pardon pour la référence antique, comme on disait autrefois, le schmilblick. Il faudrait peut-être aller sur le fond. Mais je dirais que le principal problème, et ce n'est pas souvent dit, si j'étais le gouvernement, ce qui m'inquiéterait le plus, c'est la fameuse phrase de Juvenal, vous savez, qui gardera les gardiens ?
Si vous avez les policiers et les militaires, qui sont quand même les derniers remparts, ou le premier et les derniers remparts de l'ordre public, qui commencent à être nerveux, à être indignés, et on est tout à fait sûr, il suffit de faire la moindre enquête, de savoir que ça reflète l'opinion de beaucoup d'entre eux. Combien ? Je ne sais pas, mais beaucoup d'entre eux. Je serai le gouvernement, je m'inquiéterai un petit peu quand même sur le fait d'une désaffection de ceux qui sont chargés de protéger les institutions.
En tout cas, vous avez une... Justement, pardon, je vous coupe Alexandre. Une analyse, justement, sur ce thème-là , apparaître dans le Figaro dans les prochaines heures, je crois, sous les... Oui, oui, oui. Sur justement tous ces corps de l'État régalien qui tanguent en ce moment... C'est ce que j'allais dire,
parce qu'il faut ajouter à cela la police, qui est mécontente, qui a l'impression d'être lâchée, et la préfectorale. Donc on a les ingrédients d'une crise de régime, en quelque sorte, sur fond de crise plus ancienne de l'autorité. Effectivement, le président de la République, ou plutôt le gouvernement en surréagissant, a peut-être... S'est peut-être créé effectivement un problème, parce qu'il n'est jamais très bon en République d'avoir une désaffection, parce que je ne crois effectivement pas du tout à un putsch. C'est effectivement une blague, et c'est ridicule. Mais...
Oui, alors oui, et d'ailleurs, c'est un petit désaccord avec Christophe Devoque, qui dit que c'est des excellents ré-rétoriciens. Je trouve la rhétorique un peu usée. La réduction... Alors, ce n'est pas la réduction à Hitleroum, mais c'est un procès quasiment en fascisme, les facsus, etc. On voit bien que plus personne ne croit en cela. Mais pour ça, ça marche. Et que d'ailleurs, les sondages ont montré
que les Français étaient d'accord avec cette tribune. Elle a marché, cette rhétorique. Jean-Luc Mélenchon a crié au complot, a crié au putsch, a crié au pronunciamento. Et Florence Parly, qui avait prévu dans un premier temps, d'après en tous les cas ce que disent un certain nombre d'informations confidentielles, de ne pas ouvrir le dossier, finalement, a tapé du poing sur la table, demande des sanctions, tord le bras de l'État-major.
Oui, ça a fonctionné, mais on voit bien qu'il y a un décalage entre le pays, j'allais dire, entre le pays légal et le pays réel, mais entre les élites médiatiques et politiques et les Français, puisque les Français n'ont pas du tout cru à cette rhétorique et ont plutôt, du coup, approuvé les militaires. Je pense que ça peut avoir une efficacité. Je pense que c'est le but, c'est d'installer un duel entre la majorité et le rassemblement national. Je pense que l'idée, c'est de faire disparaître la droite du débat, qui est le principal adversaire d'Emmanuel Macron, et d'installer ce duel.
D'une certaine manière, ça y participe et ça préfigure la probable nullité du débat présidentiel si on en reste là , avec, finalement, En Marche, qui se contentera de dire, votez pour nous puisqu'on n'est pas des fascistes par rapport aux autres. Je crois que ce serait terrible du point de vue démocratique si le débat en restait là . Oui, mais je vois aussi un autre danger. Alors, qui gardera les gardiens ? Ça peut devenir un sujet véritablement de gouvernement. Je dirais de gouvernement au quotidien. Si, par exemple, il y a de nouveaux troubles sociaux, que fera vraiment la police ? Enfin, il peut y avoir, en tout cas, on va dire, un découragement, au minimum.
Et puis, je crois aussi autre chose, une petite musique que je sens monter, qui touche aussi la gestion du Covid, qui touche les libertés publiques, qui touche énormément de sujets. mais, je dirais, une question intersectionnelle, comme on dit aujourd'hui, qui est, étrange gouvernement, je vois la petite musique monter, par exemple, sur les réseaux sociaux qui ont aussi des avantages. étrange gouvernement, quand même, qui tape sur, finalement, des bons citoyens, ou le citoyen ordinaire, avec des lois générales, liberticides, et puis, qui ne se concentrent pas sur ceux qui posent vraiment problème.
C'est la caricature d'Emmanuel Chenu, notamment, où on voit Emmanuel Macron hurler contre des vieux militaires en charentaise, en disant, il va y avoir des sanctions, et pas de bazar derrière. Absolument, j'ai vu cette caricature.
Et les caricatures traduisent, dans l'histoire de France, l'opinion publique. Et je pense, et je pense, d'ailleurs, qu'on était tellement attachés aux caricaturistes. Je pense que cette petite musique-là , notamment, dans le cadre d'Adiol, avec le Front National, avec le Rassemblement National, que, d'ailleurs, Jean-Marc, on requalifie de plus en plus de Front National de façon polémique, je crois que cette petite musique-là pourrait être extrêmement contre-productive.
c'est-à -dire que, je suis tout à fait d'accord avec ce qu'Alexandre Devecchio a dit, mais le risque qu'on voit pointer, c'est que tout ce qui est dit pour faire monter le Front National ne soit utilisé par le Rassemblement National, décidément, moi-même, je tombe dans le panneau, au moment de la bataille suprême. Et, d'autre part, qu'une majorité de Français puisse dire, au nom du bon sens, au nom, justement, de tout ce que je viens de dire, pourquoi voterais-je pour la majorité actuelle ? Donc, on peut introduire un doute, surtout que le thème du Front Républicain, qui serait du coup uniquement La République En Marche, serait quand même un peu usé. On le voit bien dans les sondages.
Oui, mais c'est le piège se retournerait alors contre Emmanuel Macron. C'est pour ça que je ne trouve pas ça extraordinairement génial. Peut-être, peu probable. Je pense que sa crainte, aujourd'hui, n'est pas là . Il est, lui, convaincu qu'il battra Le Pen au second tour et que son affaire, c'est donc le premier tour. Mais, effectivement, il commence à pointer, je ne sais pas si c'est un risque, mais en tout cas, un risque que le piège se retourne contre lui et que, finalement, le Rassemblement National, puisqu'il sera la seule alternance possible, devienne l'alternance réelle.
Une autre question que vous soulevez, finalement, en citant Juvenal et qui gardera les gardiens. Est-ce qu'il n'y a pas là deux erreurs, enfin, deux erreurs majeures du quinquennat, question, qui sont à la fois révélées par l'affaire Villiers au début du quinquennat et un an plus tard l'affaire Benalla, l'affaire Villiers qui est, je dirais plutôt l'applaudissement qui est, qu'on voit l'ovation qu'il y a quand le général de Villiers démissionne, spectacle que l'on n'avait jamais vu dans la communauté militaire, et un an plus tard, l'affaire Benalla qui a été interprétée comme une vengeance de la police qui, elle-même, avait été méprisée par Emmanuel Macron.
Oui, quelle est la question ?
Est-ce que là , on ne voit pas, est-ce qu'il n'y a pas deux erreurs majeures du Pouda et d'Emmanuel Macron et qu'il continue aujourd'hui, qu'il continue aujourd'hui de payer ?
Oui, surtout si le quinquennat se referme sur un nouvel épisode militaire, après avoir commencé par un épisode militaire. Mais ça, les historiens adorent, ça permettra de faire des magnifiques dissertations. En vidéo, on appelle ça un point in, un point out. chacun sa référence. Mais je pense que, oui, et les erreurs se multiplient un petit peu actuellement. Je trouve, envoyer le garde des Sceaux au moment où on est en pleine interrogation sur la justice dans les Hauts-de-France, un garde des Sceaux qui prétend se battre contre Marine Le Prenne, alors que si on fait la moindre petite réflexion électorale de base, on s'aperçoit que c'est contre Xavier Bertrand, en fait, qu'il est envoyé.
Donc, je ne sais pas si beaucoup de gens sont dupes. C'est quand même un petit peu énorme. Juste un mot sur le fait que le quinquennat commence avec une brouille avec les militaires et termine par une brouille avec les militaires.
Il n'est pas encore terminé.
Il est bientôt terminé. On rentre dans la phase de la campagne électorale. et une réaction aussi au fait que la tribune a été très largement approuvée. On voit qu'on est en train de changer d'époque. Il fut une période en mai 68 où les policiers, les militaires étaient assez mal vus dans la population. On assiste à un retour en force notamment de l'institution militaire. Je parlais de crise de régime tout à l'heure. Je pense que ça peut traduire un futur basculement des élites. Justement, on a des élites 68 Ard qui ont pris le pouvoir en 1981 d'ailleurs qui sont plutôt des élites issues de la technocratie.
On voit bien qu'on arrive au bout de ces systèmes-là et que les Français cherchent autre chose et qu'ils se disent pourquoi pas une élite qui viendrait du monde militaire.
On va voir l'éclairage de l'historien justement sur cette question. On rappellera peut-être comment la Vème République est arrivée sur les fonds baptismaux. Mais au-delà de ça, l'armée ne veut pas et ne peut pas être un recours et elle ne veut pas l'être, même si 48% des Français disent qu'elle pourrait
être le plus inquiétant pour qui gardera les gardiens.
Qui gardera les gardiens. Alors peut-être que c'est justement le fait que l'armée n'est pas dans la capacité d'assurer le maintien de l'ordre et elle ne le veut pas. Alors comment on sort ? Comment on en sort ? Comment on sort de cette situation et qu'est-ce que doit-il pouvoir prendre ?
Oui, je trouve que... Écoutez, moi je suis historien et pas politique. Je regarde ça... Historiquement ? Historiquement. Historiquement, le général de Gaulle avait quelques problèmes avec l'armée. C'est bien. Mais les circonstances étaient un petit peu différentes. Et dans ce cas-là , il faut déjà s'assurer de la majorité, ce que le général de Gaulle a su faire quand il y a eu le putsch par exemple, de s'assurer de la majorité des militaires. Et pour ça, il n'y a pas 36 façons de faire, c'est-à -dire qu'il faut aussi transmettre un message un peu plus positif et pas seulement à les méchants, etc. Donc, il faut trouver et ne pas se rassurer en disant l'immense majorité des militaires, etc.
Il faut aussi répondre sur le fond. Je crois qu'il était assez facile de dire nous prenons en considération ce qui est dit même si nous désapprouvons le fait que les militaires... J'y repense à la déclaration de Gérald Darmanin mais je trouve que le mot la dernière sur la lâcheté, je trouve que le mot lâche est extrêmement mal choisi et va arranger les choses parce qu'on ne traite pas de lâche des gens qui vont se faire tuer pour la nation quand on est ministre de l'Intérieur et dont le principal courage consiste à donner des coups de menton. Je crois que là aussi, ça apparaît très très mal venu et ça ne risque pas de réconcilier l'institution avec le pouvoir.
Oui, et les Charentais ce n'était pas extraordinaire non plus.
Le Charentais que je suis en plus je trouve mal venu qu'on trouve ça avec les Charentais complètement dépréciatif. La question qu'on vous pose sur Twitter c'est signé anonymement cette tribune est-il entre guillemets un manque de courage ? Vous répondez non à 71%. Vous avez été assez nombreux à répondre à cette question plus que d'habitude. Quelques-unes de vos interventions générales ESCAP dire que les militaires manquent de courage alors qu'ils vont au combat dans des zones dangereuses c'est d'abord un manque de respect ensuite un manque d'intelligence. Louis c'est sur Twitter ça devrait interpeller l'exécutif au lieu d'en faire une polémique.
Beaucoup d'internautes qui disent qu'ils ont signé le texte d'ailleurs sans être militaire. Alors en tous les cas ceux qui le disent donnent leur pseudo et donc nous savons qui ils sont. Le véritable manque de courage dit Napoléon est celui de nos gouvernements alors Napoléon c'est un internaute et de nos gouvernements successifs qui ont laissé la situation s'empurer Arcus Guy qui j'espère retrouver le son nous dit décrire des faits précis concrets réels et vérifiables est-ce illégal ?
signer une tribune sans mettre son nom ce n'est pas signé non valable estime en revanche Bradito et cet autre internaute qui se fait appeler gardons espoir compte tenu des sanctions promises par le gouvernement aux signataires de la première tribune il était tout à fait prévisible que les signataires de la seconde tribune fassent le choix de l'anonymat et à l'inverse Jean-Claude estime qu'il faut avoir le courage de ces actes dans n'importe quel domaine.
Je vous propose de revenir sur un autre événement de l'actualité cette fois-ci de ce week-end d'abord on devrait en savoir un petit peu plus dans les minutes qui viennent sur le profil des suspects arrêtés cette nuit près d'Avignon dans le cadre de l'enquête sur la mort du brigadier Eric Masson en fin de semaine dernière dans la cité des papes derrière l'émotion suscitée par la mort de ce policier il y a la réalité et la réalité elle a connu de nouvelles illustrations alors pas de policiers heureusement tués ce week-end mais en revanche une violence contre les policiers une violence urbaine qui s'est illustrée à plusieurs endroits du territoire vous avez regardé cette carte on va vous la montrer qui a été préparée par la vidéographie du Figaro Kevin et Buterne il y a d'abord vous l'avez vu les images qui ont fait le tour des JT des violences à Fréjus mais il y a aussi Narbonne Villefranche Rieux-la-Pape Vaud-en-Levin Vaud-en-Velin Braune Dessine-Charpieux Romand-sur-Isère c'est pour toute la région Ronalp et en particulier autour de Lyon et puis en région parisienne autour de Paris de Versailles et l'encours Trempe Trappe et puis dans l'Essonne Etampes Corbeil-Essonne Grigny également donc les Ulysse voici donc le signe d'un échec c'est en tout cas ce qu'estime l'ancien commissaire européen et vraisemblablement candidat à la présidence de la République en tous les cas il y pense plus qu'en se rasant Michel Barnier
L'insécurité c'est le principal échec de ce quinquennat et que c'est la principale demande la principale exigence légitime des citoyens de notre pays qu'ils habitent dans des villes dans des quartiers où il faut combattre les trafics de drogue les trafics en général il y a une exigence légitime d'autorité de rétablissement de l'autorité républicaine ça passe par un certain nombre de nouveaux comportements de nouvelles décisions sans doute
Alors on est d'accord pour les constats Christophe Deva nouveau comportement de nouvelles décisions quelles devraient être les réponses du gouvernement par rapport à ça
Le gouvernement a trouvé une parade rhétorique assez parce qu'elle est habile je vous laisse la juger mais en disant en fait c'est parce que nous donnons un coup de pied ce que j'appelle le coup de pied dans la fourmilière écoutez tous les gens de La République En Marche utilisent la même expression sur tous les plateaux il y a sans doute quelques éléments de langage donc parce qu'il donne le gouvernement donne donc à fond contre les trafiquants de drogue cela entraînerait leur réaction c'est comme ça qu'est créé le narratif de ces violences urbaines par le gouvernement ce qui est quand même un petit peu
aussi court C'était un argument d'ailleurs de Nicolas Sarkozy par rapport aux émeutes de 2005 qui disait que c'était les trafiquants de drogue qui avaient été à l'origine
Et regardez la carte que vous avez montrée on va finir je crois qu'à la prochaine édition de ce plateau ce sera dans quelle ville il n'y a pas eu de violences urbaines ça ira plus vite Juste une petite correction il me semble qu'en 2005 on avait même dit plutôt au contraire que dans les villes où il y avait beaucoup de trafic dans les quartiers où il y avait beaucoup de trafic il y avait moins de violences urbaines en réalité parce qu'ils contrôlaient le quartier et qu'ils n'avaient pas forcément envie que ce soit le bordel pardonnez-moi l'expression pardon Non mais bonne correction en tout cas là j'ai entendu cette réponse rhétorique elle est très claire mais elle pose un problème Vous n'y croyez pas ?
ça pose un problème parce que dans ce cas là on dit que ce serait plutôt un nid de guêpe qu'une fourmilière en l'occurrence et quand vous êtes pompier et que vous affrontez un nid de guêpe vous avez plutôt intérêt à être protégé et à prévoir le coût et d'autre part ça pose alors la question sur la politique de la drogue en général la politique de la France dans ce domaine qui reste un sujet qui est très débattu où nous ne sommes pas d'ailleurs forcément d'accord mais où en tout cas on ne voit pas le début du commencement d'une réflexion c'est très martial encore guerre à la drogue etc Mais pourquoi
Christophe vous ne croyez pas à l'explication du gouvernement c'est parce que on fait la guerre contre le trafic de drogue que cette violence on les dérange donc ils se vengent par une augmentation des violences urbaines
et j'ai envie de vous dire so what et on fait quoi à ce moment là ce qui est étonnant par exemple c'est qu'à Fréjus il n'y a eu aucune interpellation donc visiblement à l'affaire il y a eu des troubles majeurs il y a eu 4 policiers blessés il n'y a eu aucune interpellation donc l'affaire est mal préparée ou on vous voyez ce que je veux dire c'est à dire que ce sont des violences à ce moment là qui sont incontrôlées tout ça tout ça traduit quand même un manque de stratégie opérationnelle élémentaire on ne peut pas se contenter de dire allez hop on y va et puis advienne que pourra et donc je suis un petit peu un petit peu sceptique et je crois qu'il y a il y a aussi bien d'autres cas qui expliquent ces violences urbaines il n'y a pas que cette affaire là on va un peu vite en besogne en imputant tout à cette question il y a aussi le sécessionnisme l'islamisme qui reste toujours en arrière plan tout cela me paraît être au moins autant facteur de violence que la courageuse et héroïque lutte contre la drogue aussi soudaine que martial et pour laquelle j'aimerais encore une fois qu'on ait l'articulation d'une vraie politique qui comprend par exemple comme dirait le chef de l'état une réponse pénale Alexandre je suis d'accord sur le fait que c'est une arnaque rhétorique la question du trafic de drogue le trafic de drogue existe mais il n'est pas nouveau et il peut même je le rappelais tout à l'heure être paradoxalement un facteur d'apaisement dans certains quartiers on voit bien que pour les violences récentes il ne s'agissait pas uniquement du trafic de drogue on n'a pas encore le profil du tueur d'Eric Masson là il se trouve que c'était sur un point de deal mais pour la policière tuée à Rambouillet c'était une question d'islamistes un autre fait récent qui je pense était marquant ce week-end c'est l'assassinat à Mérignac sur un parking de cette femme qu'on a brûlée vivante on voit bien que là on n'est pas dans un problème de trafic de drogue et je pense que ce que les gens ressentent aussi au quotidien dans ces quartiers-là c'est le fait de ne pas pouvoir sortir de chez eux à telle ou telle heure de ne pas pouvoir emprunter telle ligne de bus etc donc on est dans une insécurité dans une violence du quotidien qui n'est pas liée au trafic de drogue je pense que je parlais de chauffeur de bus cet été il y a également chauffeur de bus qui avait été tué ça avait été ce qui avait marqué son nom m'échappait donc voilà tous ces exemples pour vous dire que je pense que ça dépasse largement la question du trafic de drogue justement
la veuve a lancé d'ailleurs un appel au président de la République
oui et à l'époque Emmanuel Macron parlait d'incivisme d'incivilité donc on voit que le gouvernement n'arrive pas à faire le bon diagnostic ou ne veut pas le faire le bon diagnostic est celui d'une il n'arrive pas ou il ne veut pas le faire je pense que il n'arrive pas à résoudre ces problématiques là il ne veut pas mettre le doigt sur un certain nombre de sujets notamment le sujet de l'immigration je vais y venir qui est lié au sujet de l'insécurité et donc il contourne effectivement le sujet je pense qu'on a un problème de désintégration nationale culturelle qui dépasse d'ailleurs la simple question de l'intégration dans une société de plus en plus individualiste où il est très difficile d'imposer des règles communes mais c'est vrai qu'il y a dans ces quartiers là un problème spécifique d'intégration culturelle que n'a pas pu résoudre toutes les politiques de la ville par exemple et qui est lié à une immigration massive qui crée un phénomène de ghetto et qui fait que ce sont des états dans l'état en quelque sorte il n'y a pas que les policiers qui sont attaqués il y a aussi les pompiers il y a aussi les médecins alors est-ce que justement ce que l'on est en train de
est-ce que ce qu'on est en train de voir est-ce que le spectacle auquel on vient assister c'est le signe plutôt que tout simplement la police ne fait plus peur et donc d'un recul de l'état même dans les têtes je voudrais justement revenir
à la police strictement journalistique sur ce qui s'est passé à Fréjus où ça a été particulièrement fort c'était pas du tout lié au trafic de drogue ça a été lié à un contrôle même pas un contrôle d'identité d'ailleurs ça a été simplement un rappel à l'ordre pour des jeunes qui étaient dans la rue au-delà du couvre-feu et qui mettaient la pagaille et la police est intervenue pour leur dire vous rentrez chez vous et ça a été ça a déclenché véritablement des émeutes considérables donc vous voyez ce qu'on disait avec Alexandre Devecchio je trouve que là on a une facilité j'irai pas jusqu'à une arnaque mais une facilité rhétorique qui moi me laisse insatisfait quant au diagnostic et encore une fois il n'y aura pas de politique il n'y aura pas de solution tant que le bon diagnostic n'est pas posé ou posé à regret à reculons regardez le président de la République parle maintenant de réponse pénale c'est la première fois jusqu'à présent il n'y avait jamais de problème de réponse pénale c'est d'un seul coup il y a un problème de réponse pénale ce qui est dit par d'autres depuis très longtemps donc on a l'impression que c'est petit à petit que les problèmes sont enfin reconnus qu'on sort du déni mais on est encore très loin alors qu'on est à moins d'un an de là parce qu'en fait comme je disais vous pensez qu'on sort du déni petit à petit oui petit à petit sur la réponse pénale les problèmes de la justice pas tout mettre sur la question de la police et des forces de l'ordre peut-être on a quand même nommé Éric Dupond-Moretti qui était plutôt contre les prisons etc donc il y a quand même un problème de cohérence à un moment et d'incarnation le même Dupond-Moretti qui part en compagne régionale en ce moment c'est peut-être pas le bon timing donc il y a un problème de cohérence et ensuite la question de l'immigration sur laquelle j'ai glissé tout à l'heure qui à mon avis ne peut pas être décorrélée de la question de l'insécurité là pour le coup on continue d'être dans le déni
Je vous propose que d'en redébattre mais une autre fois je crains que hélas il y ait d'autres occasions de le faire en tous les cas si j'en crois la réponse que vous faites que vous avez apporté à la question que vous a posé sur Twitter les réponses du gouvernement face aux violences urbaines sont-elles suffisantes et vous répondez non à 91% là aussi vous avez été très nombreux à répondre Godot nous dit elles sont surtout inadaptées et ce depuis fort longtemps on n'éteint pas un incendie en cherchant à attraper les flammes accède encore une fois une tolérance zéro peut régler le problème c'est une question d'ailleurs c'est une formule qu'on n'entend plus est-ce que ce serait pas une des pistes ?
il faut toujours pouvoir la mettre en oeuvre et encore une fois on peut attraper les gens s'ils sont relâchés dans la nature ou même s'il n'y a pas de place de prison pour appliquer les peines qui sont parfois données par les juges on ne sortira pas c'est pour ça qu'il faut qu'il y ait de la cohérence et il faut un changement de politique globale et pas seulement des mesurettes passées par lÃ
précision pour les millenials la tolérance zéro c'est une politique qui a été mise en oeuvre d'abord par Rudolf Giuliani à New York et ensuite par Tony Blair en Grande-Bretagne en particulier à Londres qui consistait à sanctionner tous les incivilités c'est-à -dire à la fois les crimes bien entendu mais également les délits et encore plus les petits délits qui étaient commis et ça a fait reculer l'insécurité en particulier à New York si les réponses suffisaient elles cesseraient c'est du bon sens nous dit François et avec respect si un délinquant tire de vrais balles le policier doit faire pareil c'est toute la question autour de la légitime défense Xavier nous dit il faut combien de sondages pour comprendre que les français ne se sentent pas en sécurité et bien en tous les cas vous avez répondu à la question qu'on vous a posée sur Twitter qui n'est pas un sondage on vous en remercie on continuera le débat et bien entendu on recommande les notes de la Fondapol et tout le travail de la Fondapol dont Christophe préside le conseil scientifique et le recomposition Le Nouveau Monde Populiste c'est le dernier livre absolument à lire d'Alexandre Devecchio et bien sûr vous pouvez aller tout de suite sur Figaro Vox voir les dernières productions merci beaucoup de nous avoir suivis on se retrouve demain même heure même endroit à très vite sur Figaro Live à très vite
merci