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interviewC dans l'air· 6 mars 2026 11 min

Comment le régime des mollahs tient-il ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- A.Casse: D.Trump dit qu'il voudrait choisir le successeur de Khamenei au moment où le fils du Guide suprême est présenté comme son héritier. - En Iran, son nom revient avec insistance.

Mojtaba Khamenei, le fils du Guide suprême défunt, pourrait-il lui succéder? Figure conservatrice, il marche dans les pas de son père depuis plus de 30 ans. Proche des Gardiens de la révolution et des milices chargées des répressions, il a la réputation d'être encore plus sanguinaire qu'A.Khamenei.

En 2022, les Iraniens dans la rue réclamaient sa tête. - Contesté par la population, M.Khamenei apparaît comme favori dans les cercles du pouvoir iranien, au grand dam de D.Trump qui affirme vouloir intervenir personnellement dans la nomination du prochain Guide suprême. ...

A peine nommé, le prochain Guide suprême aura une cible dans le dos, prévient Israël. - Concernant M.Khamenei, que vous avez mentionné, nous trouverons et traiterons quiconque complote contre Israël.

Peu importe son nom ou qui était son père, nous le traiterons. Je pense que les dirigeants en Iran aujourd'hui le savent. - Israël maintient la pression et tente d'asphyxier le régime des mollahs.

Mardi, l'immeuble abritant l'institution chargée d'élire le futur Guide suprême a été entièrement détruit par des frappes israéliennes. Par mesure de sécurité, les 88 experts religieux responsables de l'élection vont voter par correspondance. - Ce conseil s'acquittera de ses fonctions avec efficacité.

Le peuple peut avoir confiance. D'autres officiers compétents remplaceront immédiatement nos chers commandants tombés en martyrs. - En moins d'une semaine de guerre, le régime iranien a perdu 48 leaders et de nombreuses infrastructures stratégiques.

Les Etats-Unis font la promotion de leurs frappes en déclassifiant ces vidéos de bombardement sur des navires porte-drones, des hangars de stockage ou des bases de lancement de missiles iraniens. - Ce matin encore, le centre de commandement américain a observé les résultats de notre opération. Les tirs de missiles balistiques iraniens ont diminué de 86 % depuis le 1er jour des combats. - Affaibli, l'Iran riposte en fabriquant de faux succès militaires grâce à des vidéos générées par l'IA.

Comme celle-ci, vue plus de 5 millions de fois, montrant un bombardement massif sur Tel-Aviv qui n'a jamais eu lieu. Des vidéos parfois grossières, débusquées par les internautes. - Les comptes iraniens font croire qu'ils ont touché un avion B2 au-dessus de Téhéran.

Et voici qu'un camion transporte ce bombardier à travers la ville en remorque... - Bien réelle, en revanche, cette vidéo de propagande datant d'il y a un an et montrant la puissance militaire des mollahs.

Un arsenal caché sous terre, dans les montagnes du pays. Des drones et des missiles balistiques par milliers. Après une semaine de guerre, le régime iranien a-t-il encore des réserves ou est-il proche de l'épuisement?

Ces bunkers secrets sont dans le viseur des Etats-Unis. - A.Casse: Question. - H.Mostafavi: Pourquoi lui demander son avis?

Le régime de la République islamique est opposé aux Etats-Unis depuis 47 ans. Ce n'est pas aujourd'hui qu'ils vont demander l'avis de D.Trump.

Si ça reste comme ça, ils ne vont pas lui demander son avis. Leur idée, c'est de rassurer la population. On le voit avec les images de propagande.

Les sites qui racontent que tout va bien...

Si on lit la presse iranienne, ça va, on est en train de gagner la guerre. C'est les Israéliens qui souffrent le plus de la guerre, mais pour les Iraniens, tout va bien...

C'est le message principal. Après, ils ne mentent pas sur le fait qu'il y a la guerre. Ils blâment beaucoup les Américains et les Israéliens pour les victimes civiles.

Ils parlent des hôpitaux touchés, de l'école dans le sud du pays qui a été touchée. C'est des choses mises en avant. Sont mis en avant les succès militaires iraniens, le fait qu'il n'y a pas de problème, qu'il y a assez de munitions.

Ils cherchent à dire à leurs alliés, aux pays voisins que ce n'est pas eux qu'ils visent, qu'ils essaient de créer une sorte d'atmosphère pour rétablir les relations après une hypothétique fin de guerre pour dire: "On vise les bases américaines, mais on ne veut pas vous agresser." - A.Casse: "Il se trouve qu'elles sont chez vous..." Comment ils parlent de la suite, le fait qu'il faut trouver un successeur au Guide suprême?

Les funérailles prévues ce mercredi n'ont pas eu lieu en raison du risque pour la sécurité du régime. - H.Mostafavi: Je pense que ça paraît évident qu'ils savent que les Israéliens et les Américains peuvent frapper n'importe où, n'importe quand.

La vision pas mal promue, c'est le fils du Guide suprême, M.Khamenei, mais qui ne fait pas l'unanimité. Ce n'est pas un religieux si reconnu que ça.

C'est un régime qui repose sur une idéologie forte. La figure principale, celle du Guide suprême, il faut une forme de fond idéologique important. C'est ce qu'a fait pendant quasiment 37 ans A.Khamenei, une figure qui englobait l'idéologie du régime et le pouvoir politique, militaire, puisqu'il était proche des Gardiens de la révolution.

Aujourd'hui, il n'y a pas d'autres personnalités en Iran qui a cette assise religieuse, cette légitimité et des liens interpersonnels avec les autres religieux suffisamment développés pour revendiquer ça. L'autre critique, c'est qu'ils ont aboli l'empire, des millénaires de dynastie...

Là, ce serait un retour à une dynastie. Ce n'est pas dans l'ADN de la République islamique. - A.Casse: Vous voulez parler d'un autre personnage qui prend la parole après la mort du Guide suprême.

Qu'est-ce qui vous marque dans son discours? - L.Menget: Le fait qu'il était extrêmement calme.

Dans cette journée sidérante, on voit le président arriver à la télévision, livide, blanc, visiblement secoué, effrayé. Quelques heures plus tard, A.Larijani, l'un des hommes forts du régime, apparaît calme, avec un ton rassurant.

Il dit que les choses vont se dérouler normalement. C'est un homme très connu des Occidentaux. C'est l'un des hommes qui négocient.

Les Américains, les Européens, les Omanais...

Tout le monde le connaît. Sa fille étudie aux Etats-Unis. Il a des intérêts aux Etats-Unis.

Le fils Khamenei...

A.Khamenei est devenu ayatollah alors qu'il n'avait pas de grandes compétences religieuses. A.Larijani vient d'une famille extrêmement religieuse et vénérée en Iran.

C'est un peu des guerres de clans, des guerres familiales qui sont en jeu entre la famille Khamenei et la famille Larijani. A.Larijani peut être un des hommes...

Je ne sais pas du tout quel rôle il a. Je suppute. Il peut être un homme de discussion et de transition. "Vous ne voulez pas du fils Khamenei?

J'ai un frère et je vais parler avec vous." Ca pourrait fonctionner pour des Américains qui le connaissent. Ils ne connaissent pas le fils de Khamenei.

Ils savent que c'est quelqu'un qui a fait de la prédation financière pendant des années, qui est à la tête d'une fortune. A.Larijani, c'est plus malin. - A.Casse: Vous dites qu'il est prêt à prendre le pouvoir? - L.Menget: Je l'ai trouvé très calme, comme s'il avait anticipé ce coup. - H.Mostafavi: C'est lui qui prend les décisions importantes.

Il y a un triumvirat qui dirige le pays, composé du président de la République, d'un religieux assez connu, légitime aussi pour être le prochain Guide suprême, et le chef de la justice. Toutes les décisions effectives importantes sont prises par A.Larijani. - A.Casse: L'Iran est en guerre contre les Etats-Unis et Israël, sans avoir un chef de l'Etat... - B.Tertrais: Ce qui est intéressant aussi, c'est que le régime iranien a communiqué sur le fait que le commandement était décentralisé.

Ca leur permet de dire: "On ne donne plus d'ordres, maintenant." En langage technique, ça s'appelle la dévolution. Ceux qui peuvent prendre les décisions, c'est le commandement.

Ca peut faire peur aux adversaires. Ca veut dire qu'on ne peut même plus négocier avec eux. C'est aussi un déni de responsabilité. "C'est pas nous, c'est le commandement." Un point à propos du fils de Khamenei...

Il faut se méfier des fils de dictateur. Certains ont dit qu'il était pragmatique...

A chaque fois, c'est pareil. On dit qu'il est plus jeune...

C'est pareil en Syrie, en Corée du Nord. L'Iran est en train de se transformer en Corée du Nord, ou en monarchie islamique, si on veut. On se dit qu'il est plus jeune, qu'il doit être plus pragmatique...

Il n'y a aucune raison que ce soit le cas. J'ai une hypothèse. Si c'est lui qui est nommé, c'est un choix par défaut et le vrai pouvoir ne serait pas forcément entre ses mains. - H.Mostafavi: Si c'est lui qui est choisi, ça veut dire que c'est le choix des Gardiens de la révolution.