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interviewC dans l'air· 10 mars 2026 9 min

L’Europe et la guerre en Iran

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le chef de l'Etat français s'est rendu sur une base visée par des tirs iraniens. Le président s'est ensuite rendu sur le Charles-de-Gaulle. - A quelques heures de la visite sur l'île d'E.Macron, les sirènes d'alerte ont retenti ce matin à Chypre, sur la base britannique d'Akrotiri, frappée lundi dernier par des drones iraniens.

A son arrivée à Paphos, les gestes du président français sont appuyés, pour bien faire passer son message de solidarité. - E.Macron: Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée.

Notre objectif est de nous tenir de manière strictement défensive aux côtés de tous les pays qui sont attaqués par l'Iran dans sa riposte, d'assurer aussi notre crédibilité et de contribuer à la désescalade régionale. - Chypre a été le 1er pays membre de l'UE à essuyer une frappe de la riposte iranienne lundi dernier, dans cette attaque de la base d'Akrotiri, touchée par 2 drones en pleine nuit. - C'était vraiment terrifiant.

On a ressenti cette peur, cette terreur de ne pas savoir quoi faire. On a rassemblé quelques affaires essentielles et on est partis de chez nous pour aller se mettre en sécurité. - Une attaque iranienne en représailles au feu vert donné par les autorités britanniques à l'utilisation de leurs bases par l'armée américaine dans sa guerre contre l'Iran.

Londres dispose de 2 bases souveraines sur le sol de Chypre, conservées après l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1960. Pour les défendre dans le contexte actuel, K.Starmer annonce envoyer des renforts. - K.Starmer: Nous réapprovisionnons nos systèmes de défense aérienne.

Des hélicoptères dotés de capacités antidrones seront à Chypre cette semaine et le destroyer Dragon sera déployé en Méditerranée. - Et la France n'est pas en reste. Dès le lendemain de la frappe, la frégate Languedoc a été déployée à Chypre.

Le porte-avions Charles-de-Gaulle est en approche dans la zone, tout comme, depuis hier, un porte-hélicoptères amphibie. - J.-N.Barrot: C'est bien la France qui sauve le nord de l'Europe aujourd'hui, à Chypre, aux côtés du Qatar et des Emirats.

Se retrouver à leurs côtés dans cette période difficile de leur histoire, c'est la responsabilité de la France et ça a énormément de valeur. - Paris coordonne même un mouvement qui se veut européen. Espagne, Grèce et Italie envoient également des navires. - G.Meloni: Nous déployons une frégate italienne à Chypre dans un acte de solidarité européenne, mais surtout de prévention.

Notre position est claire: l'Italie ne fait pas partie du conflit et n'a pas l'intention d'en faire partie. - Ces dernières heures, la Turquie est à son tour poussée à réagir. Ankara vient d'envoyer 6 avions de chasse pour sécuriser la République turque de Chypre du Nord, la partie nord de l'île, qu'elle contrôle depuis 1974.

R.T.Erdogan avait condamné l'attaque israélo-américaine en Iran, et son pays se trouve désormais sous le feu de la réplique de Téhéran.

Un nouveau missile iranien a été abattu ce matin dans l'espace aérien turc, le 2e en 1 semaine. - R.T.Erdogan: En ces jours difficiles que traverse notre région, nous ne laissons rien au hasard en ce qui concerne la sécurité de nos frontières et de notre espace aérien.

Nous prenons toutes les mesures nécessaires et intervenons immédiatement s'il le faut. - Tension maximale de la Méditerranée au détroit d'Ormuz. La France va mobiliser à elle seule dans cette large zone 11 navires de guerre, soit près de la moitié de sa flotte de surface. - C.Roux: On va reprendre sur la question turque.

Question. - Gal F.Chauvancy: On ne comprend pas.

La Turquie se défend contre les missiles, mais on dit que c'est l'Otan qui a arrêté les missiles...

Il y a une retenue turque et je ne sais pas auprès de qui elle veut agir. Elle serait presque pro-israélienne. Je m'interpelle sans comprendre pourquoi il y a...

On pourrait parler du problème kurde. Peut-être qu'il est au coeur du sujet. pourraient armer les Kurdes pour aller peser sur le régime de Téhéran? - Gal F.Chauvancy: Oui.

La Turquie réussit aujourd'hui à réintégrer la minorité kurde dans son fonctionnement. On a aussi les Kurdes irakiens, les Kurdes iraniens...

Le peuple kurde a une revendication générale pour être un jour un Etat. Tous ces Etats actuels ne veulent pas que ces Kurdes émergent comme une vraie puissance. - C.Roux: La Turquie met en garde l'Iran contre toute action provocatrice à l'instant.

Pourquoi l'Iran cible la Turquie? - A.Levallois: C'est l'Otan.

La Turquie abrite des bases de l'Otan. Pour les Iraniens, c'est une cible. C'est une façon de dire qu'elle est capable de le faire.

Elle veut dire à la Turquie: "Restez en dehors de ce conflit." En l'attaquant, elle va quand même le contraindre. Erdogan n'a aucune envie de rentrer dans ce conflit.

Il veut rester dans cette position d'être une puissance régionale, au même titre qu'Israël et que l'Arabie saoudite. Les 3 puissances régionales importantes aujourd'hui, ce sont ces trois-là. Comment faire en sorte de garder cette position de puissance régionale sans prendre le risque de rentrer en confrontation avec les conséquences que ça pourrait avoir?

La question kurde est dans le calcul. Les Kurdes irakiens sont autonomes. Les Kurdes iraniens rêveraient de le devenir.

Les Kurdes syriens avaient ce rêve d'autonomie et vont maintenant être intégrés dans le gouvernement syrien. Mais il y a toujours cette volonté de la part des Kurdes syriens d'arriver à une certaine autonomie. Il reste les Kurdes turcs.

Pour la Turquie, il s'agit de faire en sorte que tout ce processus ne mette pas en danger, à terme, la stratégie du gouvernement d'Ankara vis-à-vis de cette minorité. Ce sont des hypothèses. Cette lecture de la position turque n'est pas facile à décrypter. - C.Roux: Le président de la République parlait du risque d'escalade.

Il dit que ce risque existe. Je voudrais qu'on parle de ce qui se passe autour de Chypre. On a évoqué l'envoi de forces militaires françaises et italiennes.

La Grèce a aussi envoyé 4 avions de combat à Chypre. Là, ça n'a pas du tout plu à la Turquie. Ankara estime que la Grèce a violé son territoire.

Il y a une petite crispation régionale. - P.Gélie: La Turquie craint que, sous couvert d'aider Chypre face à l'Iran, le dispositif grec permette soudain de reprendre le territoire du nord, qui a été conquis par la Turquie en 74.

C'est presque de bonne guerre. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un vide dans cette partie du monde, en Méditerranée orientale, en grande partie à cause des Britanniques, qui sont absents alors qu'ils ont 2 bases. C'est le territoire britannique.

Ils ont la souveraineté. Les Chypriotes sont furieux. Ils sont apparemment très reconnaissants à la France et au président Macron d'avoir réagi rapidement, d'envoyer 8 frégates.

On verra ce qu'elles doivent faire, si elles restent en Méditerranée ou si elles vont jusqu'à Ormuz. Les Grecs ont aussi des frégates et les ont dépêchées sur place. - C.Roux: Les Italiens, l'Espagne, les Pays-Bas... - P.Gélie: On est à la veille de décisions cruciales.

Ou bien Trump arrête les frais, ou bien ça va monter en puissance de tous les côtés. Je vois mal comment les Européens resteront totalement en dehors de ce conflit qui prend des proportions maritimes, aériennes et peut-être terrestres avec des forces spéciales qui prendraient d'assaut une île...

On est à la veille de décisions cruciales. - C.Roux: On entend systématiquement les leaders européens, comme G.Meloni et E.Macron, dire qu'ils ne sont pas entrés dans ce conflit.

Vous dites qu'avec la présence de forces militaires européennes sur place, ça peut déraper? - P.Gélie: Quand on envoie un porte-avions, une flotte et si on veut s'en servir, à un moment donné, on va être considérés comme actifs dans le jeu militaire global par les Iraniens.