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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 21 mai 2020 21 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumériqueSanté

L'invité de Bourdin Direct : Thierry Breton - 21/05

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'Europe a été à la hauteur de la crise ?

  • 1:56RelanceRéponse partielle

    Est-ce que le reste des pays va suivre sur le plan franco-allemand ?

  • 3:40RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'ils vont accepter ce plan ?

  • 6:35RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce plan à 500 milliards d'euros sera une réalité ?

  • 8:15RelanceRéponse directe

    Qui va payer cette dette ?

  • 10:56OuverteRéponse directe

    Les États frugaux, le GAFA, on va y revenir.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:08Invité politiqueChiffre
    « Savez-vous combien, depuis le début de la création de la zone euro, les états qui ont la charge de défendre les frontières sud de l'Europe, c'est-à-dire ces fameux états dits dépensiers, ont dépensé pour la défense commune européenne ? Ils ont dépensé 2 000 milliards. »
  • 6:14Invité politiqueChiffre
    « Quant au frugaux, les cartes que j'ai citées, ils ont dépensé 1 000 milliards. »
  • 7:50Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle quand même que cette proposition, c'est 500 milliards, non pas 500 milliards de prêts, mais 500 milliards de subventions directes, directes, c'est-à-dire qu'ils vont pouvoir aller directement. »
  • 8:41PrésentateurChiffre
    « Est-ce que ça veut dire qu'on va faire reposer ça sur nos enfants ? »
  • 13:23InvitéFait
    « Parlons de vos impôts. »
  • 13:27InvitéFait
    « J'ai moi-même été chef d'entreprise et j'ai toujours dit à mes équipes, ne jouez pas au plus malin, payez vos impôts là où vous devez les payer, n'allez pas dans les paradis fiscaux. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur19 %
  • Invité3 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Bonjour Thierry Breton. Bonjour. Merci d'être avec nous, vous êtes commissaire européen au marché intérieur. Hier, le Premier ministre Edouard Philippe s'est montré très sceptique sur l'Europe, ou en tout cas sur son rôle. Est-ce que l'Europe a été à la hauteur de la crise ? Je ne le crois pas, voilà ce qu'a dit Edouard Philippe. Sur le fond, vous êtes peut-être d'accord, l'Europe n'a pas vraiment été au rendez-vous quand même.

0:36
Invité politique

Non, il faut s'entendre sur ce qu'on dit quand on dit l'Europe. Je pense, encore une fois, je n'ai pas entendu ce qu'a dit le Premier ministre, mais le connaissant bien, il devait penser, j'imagine, aux 27 Etats membres. C'est ça l'Europe. Ensuite, il y a les institutions européennes, un peu le gouvernement, qui est évidemment la Commission européenne, et puis ensuite il y a le Parlement. Alors, est-ce que les 27 Etats membres, comme laisse penser le Premier ministre, n'ont pas été à la hauteur ? Non, je pense qu'il est un peu dur là, avec ses collègues.

Non, les Etats membres ont été au début, là on peut peut-être lui donner raison, ils ont été beaucoup trop individualistes, et précisément en tant que commissaire au marché intérieur, j'ai dû, vous permettez l'expression, faire un peu la police. Quand la France a commencé à fermer un peu ses frontières, l'Allemagne surtout, j'aurais dit non. J'aurais dit non, je me suis entretenu beaucoup avec le ministre de la Santé français, il a rouvert les frontières, le ministre de la Santé allemand, il a rouvert les frontières. C'est vrai qu'au début, ça a donné le sentiment que les Etats membres, je ne leur jette pas la pierre, vous savez, à plaine de ma l'herbe.

Personne ne s'attendait à l'ampleur, la violence, j'allais dire, d'une telle épidémie, donc chacun a réagi au début un petit peu en se fermant sur lui-même. Bon, j'ai appelé les uns et les autres à la raison, et puis on a rouvert progressivement les frontières, et l'Europe est redevenue solidaire, ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

1:52
Présentateur

On va revenir évidemment aux frontières, on va revenir au plan de la France et de l'Allemagne, mais quand même, vous dites, ça y est, bon, c'est normal, au début, tout le monde a été pris de court, on est revenu vers nos frontières, mais enfin, ça montre bien que l'Europe n'était pas intégrée, en quelque sorte, c'est-à-dire qu'effectivement, première grande difficulté, grande épreuve, une épreuve commune qui touche tout le monde en même temps, et c'est chacun chez soi.

2:14
Invité politique

Non, mais vous savez, l'Europe, c'est un continent. Si vous regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis, et je fais sourire cette comparaison, ça a été une cacophonie entre l'état de New York qui s'est fermé, police pour traverser les ponts, avec l'état du New Jersey, le Connecticut qui faisait autre chose, la Floride une troisième, Donald Trump appelant quasiment à la rébellion pour rouvrir les Etats. Non, vous savez, on n'est pas isolé sur la planète. Je dis simplement qu'il y a eu, effectivement, au début, un tel étonnement, j'allais presque dire une période d'effarement par rapport à ce qui se passait, que chacun s'est un peu fermé sur lui-même.

Ça a été vrai aux Etats-Unis, ça a été un peu vrai en Europe, ça a été vrai aussi en Chine. Et puis ensuite, évidemment, les choses, fort heureusement, assez rapidement, sont revenues dans une normalité qu'elles n'auraient jamais dû quitter partout sur la planète. Ce n'est pas encore le cas aux Etats-Unis, du reste, on voit encore beaucoup de divergences.

3:05
Présentateur

On voit revenir, effectivement, une nouvelle forme de solidarité, mais pour l'instant, c'est la France et l'Allemagne qui veulent le porter avec ce plan qui a été annoncé par Emmanuel Macron et Angela Merkel, 500 milliards d'euros sous forme de fonds. C'est la commission, d'ailleurs, qui va lancer de la dette en son nom propre. Est-ce que le reste des pays va suivre ? Je poursuis quand même sur ce que vous disiez à l'instant. Vous dites, ça y est, maintenant, les choses sont rentrées dans l'ordre. Et pourtant, on a quand même le sentiment que ceux qui sont décrits par certains comme étant les plus radins d'Europe, Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède, sont quand même plus sceptiques.

Est-ce qu'ils vont accepter ce plan ?

3:40
Invité politique

Alors, plusieurs éléments dans votre question, si vous permettez. D'abord, la commission a été mandatée par les Etats membres pour faire une évaluation des besoins, de combien il va falloir, il faut bien le dire à nos auditeurs et nos téléspectateurs ce matin, pour réparer, mais aussi pour réinventer le monde. Car ne nous y trompons pas. Le monde dans lequel nous entrons ne sera pas le monde que nous quittons. On a le sentiment aujourd'hui que ça y est, on rentre dans le déconfinement et que finalement tout ceci n'était qu'un mauvais rêve et qu'on va redevenir comme avant.

Non, je vous le dis ce matin, on est en train de rentrer dans un nouveau monde, on va avoir à le réinventer, le choc économique que nous sommes en train de subir et d'une telle violence inédite qu'il aura des conséquences sur le long terme et des conséquences de transformation. Et donc notre rôle à nous et à la Commission Européenne et à moi en tant que commissaire au marché intérieur, c'est de vivre à ce que nous ayons les moyens, les moyens financiers pour rebâtir en solidarité ce monde qui vient. Alors derrière, quel est le message au fond que le président de la République Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont envoyé à l'Europe ?

Ils se sont mis d'accord sur quelque chose sur lequel ils étaient jusqu'à présent foncièrement opposés, c'est-à-dire la capacité désormais que l'Union Européenne et en l'occurrence la Commission puissent émettre des dettes mutualisées pour intervenir là où ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier.

5:05
Présentateur

C'est Angela Merkel qui a le plus évolué sur cette question.

5:07
Invité politique

C'est vrai que c'était une position depuis le début et il avait raison d'Emmanuel Macron, président de la République française. Et c'est vrai qu'Angela Merkel a décidé de le rejoindre. Ce message qu'il nous envoie, c'est que le monde, encore une fois, que l'on va construire ne sera plus celui d'avant. Ce message, on le reçoit comme tel, avec beaucoup de solennité à la Commission, et donc on va l'intégrer dans notre plan qui sera présenté la semaine prochaine. Mais je dois dire aussi qu'en ce qui concerne les fameux états frugaux, alors je les rappelle pour noter les bêtises.

5:38
Présentateur

Vous n'avez pas dit radin, vous avez dit frugaux.

5:39
Invité politique

C'est comme ça qu'on appelle ces états, alors ce sont les Pays-Bas, c'est l'Allemagne, c'est la Finlande et c'est l'Autriche. Et on les oppose à ceux qui sont soi-disant les plus dépensiers, c'est-à-dire le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie et la Grèce. Mais vous savez, la solidarité, la plaine de Malherme, on connaît en Europe. Savez-vous combien, depuis le début de la création de la zone euro, les états qui ont la charge de défendre les frontières sud de l'Europe, c'est-à-dire ces fameux états dits dépensiers, ont dépensé pour la défense commune européenne ? Ils ont dépensé 2 000 milliards. Quant au frugaux, les cartes que j'ai citées, ils ont dépensé 1 000 milliards.

On a donc dépensé deux fois plus pour la défense de notre bien commun à l'Europe. Donc vous voyez la solidarité, on va savoir, je crois, trouver un nouveau compromis pour précisément se donner les moyens d'inventer sur le long terme le monde qui vient. Il sera incertain, c'est pour ça que je me bats, pour que nous ayons le plus de moyens possible, parce qu'il va falloir accompagner socialement ces transformations radicales qui sont devant nous.

6:35
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que vous pouvez nous dire ce matin, Thierry Breton, que ce plan à 500 milliards d'euros, ce n'est pas juste un message, pour reprendre votre mot, d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron, que ça sera une réalité ? C'est sûr, c'est évident.

6:50
Invité politique

Ce n'est pas du tout ce que je dis, on est 27. Donc encore une fois, bien entendu que ce n'est pas fait. Ce sera fait encore une fois lorsque les 27 auront approuvé à l'unanimité, non pas le plan, cette proposition franco-allemande, qui est très importante, et c'est pour ça que j'ai voulu insister, c'est un moment historique de ce que cette, je dirais, cette convergence

7:10
Présentateur

de vues entre l'Allemagne et la France, ça ne restera pas une parole, parce que derrière

7:14
Invité politique

évidemment, on l'intègre nous-mêmes dans notre réflexion qui est quasiment achevée évidemment, on a une obligation maintenant de présenter ce plan dans une semaine précisément aux États membres, qui vont ensuite en débattre. Pour noter les spectateurs, le président de l'Union Européenne, le président du Conseil, c'est Charles Michel. Charles Michel va donc en débattre avec tous les chefs d'État et de gouvernement. Bien entendu, comme je viens de vous le dire, cette proposition franco-allemande, à la fois, je dirais, nous libère de certaines contraintes, mais nous oblige en même temps.

7:45
Présentateur

Vous y êtes plutôt favorable ?

7:46
Invité politique

Bien sûr, j'y suis très favorable, et je pense même, encore une fois, qu'il faut être très ambitieux. Je rappelle quand même que cette proposition, c'est 500 milliards, non pas 500 milliards de prêts, mais 500 milliards de subventions directes, directes, c'est-à-dire qu'ils vont pouvoir aller directement, et avec lesquels on va pouvoir peut-être en préserver un petit peu plus, pour pouvoir faire des prêts. Donc on peut monter très facilement à un plan, un projet qui pourrait être au-delà de 1000 milliards, avec cette force de frappe qui est proposée précisément à la fois par la chancelière et le président.

8:15
Présentateur

Ça nous oblige, qui est-ce que ça va obliger précisément ? Si je voudrais reprendre juste les mots d'Emmanuel Macron, il dit, c'est une dette qui aura vocation à être remboursée pour apporter des financements qui seront fléchés en priorité sur les secteurs les plus touchés. Une dette qui a vocation à être remboursée, qui va payer quand ?

8:32
Invité politique

Alors voilà, toutes les dettes, je le rappelle, ont vocation à être remboursées, contrairement à ce que les uns et les autres s'imaginent ou rêvent.

8:39
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire qu'on va faire reposer ça sur nos enfants ?

8:41
Invité politique

Alors, d'abord, il s'agit de pouvoir émettre des dettes, c'est une crise qui est une crise séculaire, comme on n'en voit pas une dans le siècle. Donc, cette dette-là, il faut, en tout cas, jusqu'à présent, vous avez raison, on ne sait pas de quoi demain sera fait, c'est pour ça que j'invite tout le monde à la plus grande prudence, vivre ensemble, mais en étant prudent. Alors, évidemment, une dette de cette nature, compte tenu des taux d'intérêt qui sont extrêmement bas, il faut avoir des maturités très longues, 30-40 ans, c'est, si je puis dire, l'intérêt du fait que nous avons, aujourd'hui, des taux d'intérêt qui sont très bas.

Et donc, il faut utiliser au maximum cette capacité d'endettement sur du très long terme avec des taux d'intérêt nuls. Ensuite, qui va rembourser ? Voyez-vous, il y a un débat depuis la création de l'Europe, tel cas, on la connaît maintenant, et de la Commission européenne. C'est les ressources propres, c'est-à-dire le fait que la Commission puisse commencer à lever de l'impôt. Moi, j'y suis très favorable, parce qu'il faut progressivement nous donner ses moyens. Vous voyez, vous savez, c'est comme ça en politique.

À partir du moment où on a un objet de cette nature qu'on place au milieu, dans 5 ans, dans 6 ans, dans 7 ans, dans 10 ans, quand il faudra rembourser, eh bien, on aura deux possibilités. Soit on se serrera la ceinture. Je ne suis absolument pas favorable, parce que je ne suis pas pour les politiques d'austérité après des crises de cette nature. On a vu ce qui s'est passé, notamment après la crise de 2007-2008, lorsque, notamment en France, on a pratiqué une politique d'austérité, ça a été dramatique. Donc, non. Donc, on ne se serrera pas à la ceinture. Je pense qu'il faut continuer. Quelle est l'autre option ?

Eh bien, c'est évidemment de donner des ressources propres à l'Union européenne pour rembourser.

10:12
Présentateur

Donc, d'augmenter les impôts.

10:13
Invité politique

Non, non, attendez. Oui, mais qui ? Par exemple, les GAFA. Par exemple, la protection aux frontières pour l'économie verte et la taxe CO2. Vous voyez, il y a des tas de choses nouvelles qui vont arriver dans le monde que l'on veut construire ensemble. Construire ensemble. Ou précisément, quand on dit, par exemple, aux GAFA qu'il faut que chacun paye ses impôts, eh bien, eh bien, moi, ma proposition, c'est que ça vienne pour l'Europe. Donc, on va trouver des moyens, progressivement, pour rembourser. Et je voudrais vraiment qu'on soit tous conscients que penser le monde de demain, avec les contraintes et les objections d'hier, c'est faire fausse route. Je le dis aussi aux États frugaux.

10:49
Présentateur

On va y revenir au GAFA. Vous vous mettez, franchement, les choses sur la table. Les États frugaux. Le GAFA, on va revenir sur votre échange avec Mark Zuckerberg en début de semaine. Mais je voudrais quand même que les choses soient très claires. Vous avez prononcé le mot d'impôt. Tous les Français qui nous écoutent, mais les Européens, puisque vous n'êtes pas là que pour les Français. À un moment, ils vont tous se dire, quand même, on va finir par être mangés. Nous aussi. À un moment ou à un autre, on va nous demander de mettre la main à l'âge.

11:14
Invité politique

C'est la raison pour laquelle, je pense que l'un des mots, je le dis souvent, l'un des mots, de toute façon, de cette situation, on l'a vu vraiment émerger assez fortement. C'était du reste positif. C'est la solidarité. La solidarité, d'abord, on l'a vu avec les personnels soignants. Ces applaudissements tous les soirs. Ça commence en Italie, je le rappelle. Et puis, ça s'est répandu comme une traînée de poudre en Europe et partout. Cette solidarité envers les personnels soignants. Cette solidarité, on l'a rappelé tout à l'heure. Au début, après un départ un peu en ordre dispersé. Cette solidarité entre les États membres, je l'ai vécue. Je tiens à en témoigner, à porter témoignage ici.

Cette solidarité aussi avec les entreprises qui se sont mobilisées pour répondre aux défis. Un élément que je voudrais partager avec vous sur cette solidarité avec les entreprises. Lorsque je m'empare du dossier, parce que la Commission n'avait pas ses compétences, elle n'a toujours pas les compétences de santé. Mais en revanche, on nous a confié une commission de coordination. Il n'y avait pas assez de masques en Europe. Comme du reste, il n'y en avait pas assez en Chine. Je rappelle que les Chinois nous ont appelés au secours au début du mois de janvier parce qu'il n'y avait pas assez de Chine et que l'Europe leur en a envoyé.

Donc, il y avait 10 entreprises en Europe qui fabriquaient des masques. Aujourd'hui, après un appel de solidarité des entreprises européennes, il y en a 500 qui fabriquent des masques et on sera autonome. Donc, vous voyez, il y a une solidarité qui s'est créée. Donc, bâtir précisément le monde de demain sur la solidarité, c'est ce que je crois nécessaire. C'est un peu mon combat aussi au sein de la Commission.

Et pour répondre sur l'impôt, il y a d'autres façons, encore une fois, de trouver des impôts qui sont des impôts modernes, qui correspondent à ce que l'on veut, pour le pacte vert, pour la numérisation, que chacun dans ce monde à inventer paye sa juste cote-part de sa contribution à notre bien commun, que ce soit dans l'espace numérique ou dans l'espace écologique vert, on va dire. Et vous voyez, on n'est pas obligé de taxer les individus. On peut aussi inventer des modes de solidarité plus globales. C'est ce que j'essaie de faire moi-même du reste avec tous ceux qui veulent des partenaires de l'Union.

13:05
Présentateur

Et alors, il y en a un qui l'a entendu, c'est Mark Zuckerberg, vous lui avez redressé les bretelles. C'était lundi, un think tank installé à Bruxelles, qui a organisé une discussion entre vous et le fondateur de Facebook. Je voudrais simplement qu'on réécoute les mots que vous avez eus envers lui.

13:18
Invité

Parlons de vos impôts. J'ai moi-même été chef d'entreprise et j'ai toujours dit à mes équipes, ne jouez pas au plus malin, payez vos impôts là où vous devez les payer, n'allez pas dans les paradis fiscaux. C'est une question importante car nous allons vers un monde avec de grandes difficultés économiques. Nous devons trouver ensemble un moyen de coopérer, c'est très important. Faites attention à ne pas devenir un acteur trop important du système qui ne jouerait pas selon les règles. Ce n'est pas parce que quelque chose n'est pas interdit que c'est autorisé.

13:56
Présentateur

Alors, il n'a pas moufté, Mark Zuckerberg. Vous l'avez donc appelé à être plus responsable. Est-ce qu'il le fera ? Est-ce que ça va vraiment changer quelque chose ?

14:03
Invité politique

Alors d'abord, il faut en passer. C'est amusant de remettre ce petit épisode. Vu dans son contexte, c'était une conclusion. On a dialogué précisément pendant une heure sur précisément ce que nous avions appris ensemble. Et j'ai souhaité coopérer précisément avec tous ceux qui apportent quelque chose dans notre société, dans notre bien commun, pendant cette période tellement inédite qu'était le confinement. Donc, je me suis beaucoup entretenu avec les plateformes, et notamment pour veiller à ce que les réseaux, les réseaux de télécommunication soutiennent le fait que nous avions 80% de nos concitoyens européens qui étaient confinés chez eux. Il fallait que les réseaux tiennent.

J'aurais demandé à avoir un peu de réserve, notamment sur les plus grands comme Netflix ou YouTube, qui est une filiale de Facebook, pour qu'on n'encombre pas trop les réseaux, qu'on puisse travailler, apprendre également sur ces réseaux. Et j'ai appelé effectivement à de la solidarité. Je m'adressais ici, non pas complètement à lui, mais je m'adressais en conclusion à l'ensemble des grandes plateformes. On appelle des fois les GAFA, mais moi j'appelle plutôt ça les plateformes, tous les grands acteurs du numérique. Et c'est vrai qu'on a appris à travailler ensemble. Ils nous ont écoutés. Je leur ai dit, vous savez, depuis le début, ce n'est pas à nous à nous adapter à vous.

Si vous voulez venir travailler avec nous, vous êtes le bienvenu, tout le monde est le bienvenu. Mais c'est à vous désormais à vous adapter à nous.

15:09
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas des bons mots ? On a quand même l'impression, d'ailleurs on le voit sur ces images, ils vous écoutent, ils ne mouftent pas. Mais il y a presque quelque chose quand même de l'enfant un peu insolent qui écoute son père. Est-ce qu'on va concrètement changer les choses ? Est-ce que ça va vraiment changer ?

15:24
Invité politique

Est-ce que vous avez les moyens d'obtenir des résultats ? Il y a deux choses. Vous savez, en politique, il y a deux choses. Il faut d'abord être clair. Il faut avoir une expression claire.

15:32
Présentateur

Ça, vous l'avez été.

15:33
Invité politique

Mais c'est très important. Parce qu'on n'a pas été assez clair jusqu'à présent. On était là, on ne savait pas, on ne savait pas quoi. Il faut être clair. Moi, je suis très clair.

15:42
Présentateur

Mais ça ne peut pas rester des mots.

15:43
Invité politique

Je suis très clair, au fond de moi-même, sur ce que je pense de voir qu'il faut faire pour nous-mêmes, pour nos concitoyens, et notamment sur les GAFA. Je le lui dis, la désinformation, c'est le mal du siècle. Je suis très clair sur ce qu'il faut faire. Il le sait. Alors maintenant, il y a deux choses l'une. Ou bien, ils s'adaptent tous. Et il y a des moyens, avec l'intelligence artificielle. Ou bien, ils s'adaptent pour payer les impôts partout. Et il y a des moyens de le faire. Plutôt que d'aller rechercher cette course à l'optimisation fiscale qui a fait tant de dégâts. Je vais dire le monde d'avant.

16:14
Présentateur

Là-dessus, vous avez des outils ? Bien sûr qu'on a des outils. Vous avez tout ce qu'il vous faut.

16:17
Invité politique

On a encore fait une communication, pas plus tard, qu'il y a trois jours, la Commission européenne. Bien sûr qu'on a les outils. Et puis, le pacte vert. Et puis, tout ce qui est important sur nos valeurs. Je parlais de nos valeurs. Nos valeurs, c'est notre socle qui est indestructible. Donc, si jamais on veut travailler chez nous, on est le bienvenu. Mais on doit les respecter. Alors, est-ce qu'on a des moyens ? Mais bien sûr, ils le savent très bien. Je suis en train de finaliser un texte de régulation extrêmement précis qui s'appelle, pardon de cet anglicisme, mais c'est le langage qu'on utilise, le Digital Service Act, le DSA. Il sera finalisé à la fin de l'année.

Toutes les plateformes le savent. Je leur ai dit maintenant, regardons comment on travaille ensemble. Voilà ce dont j'ai besoin. Vous savez vous adapter très bien. Je n'ai pas besoin de réguler. Si vous ne savez pas ou si vous ne vous adaptez pas assez rapidement, nous régulerons. Ils le savent. Et puis, vous savez, Pauline de Malherme, il se trouve que j'ai eu une vie avant d'être commissaire. Tout le monde le sait. Je les connais bien. Ils me connaissent bien. Et donc, lorsque je les appelle à discuter autour de la table, vous voyez, ils viennent. Et je crois que c'est comme ça qu'il faut inventer. Moi, je sais d'où je suis, d'où je parle. Eux, ils savent.

Et j'essaie de faire en sorte de bâtir des ponts en gouvernance pour inventer intelligemment le monde de demain. Et s'il faut réguler, y compris jusqu'à aller à proposer du démantèlement parce qu'on estime que la concurrence n'est pas respectée.

17:31
Présentateur

Vous pourriez aller jusqu'au démantèlement tellement que ces grands rôles...

17:32
Invité politique

Mais tout est possible. Nous avons toute la gamme des instruments. Je ne fais aucune menace. Je ne prononce aucune menace ce matin. Je dis simplement que nous avons toute la gamme. Voilà. Moi, je sais que l'un de mes rôles aussi, en tant que responsable du numérique pour l'Europe, c'est de bâtir le monde de demain aussi dans son volet. Société, espace informationnel. Ça va prendre beaucoup de temps. Il faut être très attentif. Je n'ai pas hésité à dire, lorsqu'on a parlé des applications de traçage pour le Covid, qu'il y avait une ligne rouge sur laquelle je serais toujours opposé.

C'était le fait d'utiliser la géolocalisation et les données personnelles, que je ne voulais les utiliser que de façon agrégée. Je sais où sont nos lignes rouges. Mon rôle, c'est de le dire clairement à tous ceux qui veulent venir travailler avec nous. Sans ça, ils ne travaillent pas. Voilà.

18:13
Présentateur

Thierry Breton, un mot sur le tourisme. Vous parliez à l'instant des frontières. Alors certes, ça s'est quand même un peu amélioré. Mais enfin, il y a quand même encore chacun de son côté. L'Espagne qui va mettre en place une quarantaine. L'Italie au contraire qui rouvre tout. Mais l'Autriche qui ne rouvre pas avec l'Italie. Donc c'est que dans un sens. Est-ce que vous allez réussir à harmoniser tout ça à la veille des vacances d'été ?

18:32
Invité politique

Alors la réponse, c'est encore une fois, nous sommes un continent. La Floride vient de s'ouvrir. La Californie est complètement claquemurée. A tel point que, mieux de reste, M. Elon Musk, avec Tesla, dit qu'il veut fuir la Californie pour aller se remettre dans l'Elvada qui lui est ouvert. Voilà, nous sommes un continent. Le Covid, il se déplace malheureusement encore, je le dis encore, et avec des cinétiques qui sont différentes au niveau du continent européen. Alors maintenant, la bonne nouvelle, c'est que précisément, ça va beaucoup mieux. On peut se déconfiner, mais il faut respecter. Et plutôt que de parler de frontières, je préfère parler de zones.

On a du reste des zones en France, et je trouve que c'est une très bonne initiative du Premier ministre et du gouvernement que d'avoir précisément commencé à nous organiser avec ces zones qui suivent l'évolution de la pandémie. Vous savez, des deux côtés de la frontière, par exemple, l'Espagne qui a été très touchée, si vous voulez aller en Espagne encore aujourd'hui, il y a une quarantaine obligatoire, enfin une quatorzaine obligatoire. Comme vous l'avez vu, l'Italie, qui était la première qui maintenant, ça va mieux, vient de la lever. La France a réussi à la lever. L'Allemagne a dit qu'il les leverait le 11.

Voilà, on vient de sortir, il y a une semaine seulement que nous sommes sortis du confinement. On doit maintenant travailler ensemble progressivement. Je le dis ce matin, on avait une réunion de l'ensemble des ministres du tourisme pas plus tard qu'hier, les 27, à laquelle évidemment je participais en tant que responsable du tourisme au sein du marché intérieur. Et donc, on a mis en place un certain nombre de protocoles à respecter les uns et les autres, protocoles sanitaires, protocoles pour passer les frontières. Chacun les respecte désormais, mais encore une fois, en respectant l'évolution épidémiologique de chacun des pays.

Il faut se souvenir que ce doit être, ce doit être encore aujourd'hui et pour les longs mois qui vont venir, les autorités de santé qui doivent avoir le dernier mot. Mais nous, nous coordonnons, oui, il y aura une saison touristique cet été, c'est certain. On essaie de donner tous les moyens pour que les acteurs du tourisme qui ont été très touchés dans cette pandémie puissent rouvrir progressivement, respectant les conditions sanitaires. Est-ce qu'elle sera pan-européenne ? On l'espère. Est-ce qu'elle sera nationale ? Certainement, mais en tout cas, on fait en sorte qu'on puisse le plus vite possible retrouver une sorte, je dis bien une sorte de normalité.

20:48
Présentateur

Une sorte de normalité. Merci beaucoup Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur et merci particulièrement d'être venu dans ce studio d'RMC et de BFM TV. Contrairement aux membres du gouvernement, Jean-Jacques Bourdin l'a dit plusieurs fois qui pour l'instant rechigne encore. Merci à vous d'avoir fait cet effort justement d'un retour à une sorte de normalité. Merci à vous. Merci.

21:05
Locuteur

Merci.