Interview "Découverte" : Suicide d'un éboueur qui venait d'être licencié dans le Calvados - 11/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:41OuverteÉludée
Vous ne connaissiez pas ce salarié, je crois.
- 2:05OuverteÉludée
Ce sont des habitants de votre commune qui ont offert les bières.
- 3:36OuverteRéponse directe
Les relations sont compliquées, vous me dites.
- 4:37OuverteRéponse directe
La colère des habitants qui habitent tout près de ces camions.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59PrésentateurChiffre
« Taux d'alcoolémie, 0,19 grammes par litre de sang. »
- 1:16PrésentateurFait
« Ils ont tous deux été renvoyés le lendemain. »
- 1:26PrésentateurFait
« Où sont les héros du quotidien dont on parlait, qu'on applaudissait ? »
- 2:25InvitéFait
« Pendant le confinement, c'est des gars qui ont bossé. »
- 3:27InvitéFait
« les patrons, les harcèles, je trouve ça tout à fait insupportable. »
- 4:11InvitéFait
« les camions doivent être normalement nettoyés tous les jours. »
- 4:30InvitéFait
« avec des odeurs pas existentielles. »
- 5:31InvitéFait
« pour deux bières quand on donne l'économie à 0,19. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur38 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Bourdin Direct. Il est 6h45. Jacques Landomaine, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire du Fresnes-Camille. C'est une commune de 1000 habitants. Oui, quelques unités prêtes. Oui, quelques unités prêtes. Je rappelle les faits. Un homme de 46 ans s'est suicidé dans le garage de ses parents. C'était vendredi dernier. Il avait reçu sa lettre de licenciement la veille. Il lui a été reproché. Il était boueur, cet homme de 46 ans. Il a travaillé pendant le confinement en risquant sa santé. Il lui a été reproché par son entreprise d'avoir consommé deux bières pendant son temps de travail avec un collègue.
C'est un riverain qui avait offert ces deux bières pour les remercier justement d'avoir travaillé pendant le confinement en risquant leur santé. Taux d'alcoolémie, 0,19 grammes par litre de sang. Ce n'est rien. C'est rien du tout. C'est en dessous de tous les seuils. La direction de l'entreprise a eu connaissance des faits à confronter les salariés qui, évidemment, n'ont pas nié. Ils ont dit la vérité parce qu'ils n'ont rien fait de mal. Ils ont tous deux été renvoyés le lendemain. Cet homme de 46 ans qui était dans ce métier depuis 26 ans n'ayant pas supporté son licenciement, s'est suicidé. Où sont les héros du quotidien dont on parlait, qu'on applaudissait ?
Où sont les messages qu'on a mis partout sur nos poubelles ? L'entreprise qui a une partie de son siège sur votre commune. D'abord, vous ne connaissiez pas ce salarié, je crois.
Non, pas du tout. On les croisait, mais sans savoir. Moi, je ne peux pas mettre un nom sur une tête que j'ai vue ici. Ils étaient tous les mardis sur notre commune. Ce n'est pas ça que je fais le mardi. Je les connais pour les voir comme ça, les croiser dans la rue simplement. Le matin tôt, ils sont trois. Il y a un chauffeur et deux rippers. C'est tout, mais je ne le connais pas particulièrement.
Oui, ce sont des habitants de votre commune qui ont offert les bières.
Écoutez, là, je suis vraiment élevé. C'est ce que j'ai appris par les médias. Moi, je ne l'ai pas appris.
Je vous sens consterné, Jacques Lendemain. Je vous sens consterné par cette histoire, comme je le suis d'ailleurs.
Oui, complètement. Parce que, comme vous le rappeliez tout à l'heure, pendant le confinement, c'est des gars qui ont bossé. Ils passaient une semaine sur deux parce que ça avait été un peu réduit. Ils étaient là, ils étaient au travail. Et puis, ce qui ne me consternent plus, c'est le fait de devoir en arriver à ce point pour quelques employés que ce soit. Qu'il y a un tel mal-être au travail que les gens finissent par se suicider. Et ça, ça m'insupporte. Pas très français, tout ça, mais ça m'insupporte complètement parce qu'il y a toujours moyen de trouver des solutions à tout problème.
Il y avait eu des soucis il y a trois ans en arrière où cette société a eu des gros problèmes et il y a eu un mouvement social qui a duré pendant plus d'un mois sur notre commune où il y a eu des pneus, des palettes de brûlés. Moi, je les rencontrais régulièrement. Ces gens-là, j'allais les voir. J'aurais payé le café. Ils m'ont expliqué leurs problèmes. Et puis, il n'y a pas une solution de trouver nécessairement. Mais de devoir se suicider parce qu'on est au bout du rouleau, parce que les patrons, pour d'autres mots, les patrons, les harcèles, je trouve ça tout à fait insupportable.
La société s'appelle Covid. Je la donne. Les relations sont compliquées, vous me dites.
Oui, tout à fait. Et puis, ce n'est pas un scoop. Il y a trois ans, 2017, ça a duré le conflit, il y a duré un mois ou peut-être même plus dans la commune. C'est visiblement compliqué. Moi, je connais un peu la société parce qu'ils sont implantés sur la commune. Ils louent un local sur la commune pour entreposer leur matériel. C'est-à-dire qu'ils ont sept camions dans la commune. Et même nous, nous avons des relations un peu compliquées avec eux parce qu'ils ont un dépôt ici, mais il n'y a pas de station de lavage. Donc, les camions doivent être normalement nettoyés tous les jours.
C'est ce qui ne se fait pas parce que l'autre dépôt se trouve à 20 kilomètres et donc, les chauffeurs ne vont pas nettoyer leur piment tous les jours. Donc, les camions restent sur la commune à 200-300 mètres des habitations avec des odeurs pas existentielles. Donc, je ne suis pas possible. Rien que ça, c'est un problème, si vous voulez.
Oui, oui. Donc, oui. Oui, et j'imagine la colère des habitants qui habitent tout près de ces camions. Oui, bon, régulièrement. Du hangar où les camions sont stockés. J'imagine. Oui, voilà, exactement. Mais, Jacques Lendemagne, il y a une forte émotion dans la commune.
Écoutez, moi, j'ai rencontré, j'avais une commission financière soir et effectivement, les gens sont un peu... Les conseillers que j'ai été avec moi me disent que c'est juste insupportable. Ce n'est pas possible. J'ai eu quelques autres échos où là, il y a des gens qui n'ont pas très bien compris ce qui se passait parce qu'ils ont vu ça dans la presse. Ils en ont entendu parler. Et pour eux, il y en a quelques-uns qui ont fait un amalgame entre le maire, entre l'employé qui s'est suicidé parce que les gens pensaient que c'était quelqu'un qui était un employé de la commune et il y a une personne qui a dit mais comment vous pouvez laisser faire ça ?
Il a fallu recadrer un petit peu et là, on va faire une communication en disant que ce n'est pas un employé communal que c'est... Mais effectivement, les gens sont tout à fait concernés en disant que ce n'est juste pas possible pour deux bières quand on donne l'économie à 0,19. Mais bon, c'est assez fait et puis c'est juste déplorable et moi, je vais me rapprocher de mon collègue de Juberville parce que l'autre site c'est Juberville pour voir si effectivement on peut faire quelque chose qu'on rencontrait parce que les dirigeants, malheureusement, on a eu l'occasion déjà de les rencontrer.
Moi, je les ai rencontrés parce que pour les problèmes de circulation dans la commune, pour les problèmes d'odeur, pour les problèmes de ça. Donc, à chaque fois, le problème va être résolu sauf qu'il faut s'y reprendre à dix fois. C'est un peu compliqué quelquefois.
Merci à vous, Jacques Lendemain. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci beaucoup. Merci. Au revoir, Jacques. Il est 6h51.