Propos antisémites : "Jordan Bardella ne peut pas jouer un rôle majeur" pour Manuel Bompard
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Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:09OuverteRéponse directe
Quelle a été votre réaction en découvrant ces écrits attribués à Jordan Bardella ?
- 1:51RelanceRéponse directe
Si ces propos sont avérés, vous dites qu'il doit se démettre de toutes ses fonctions ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Le président du CRIF dénonce l'illustration des limites de la dédiabolisation du RN. Vous êtes d'accord avec lui ?
- 3:47FerméeRéponse partielle
Est-ce que c'est le rôle de responsable politique d'encourager des lycéens à bloquer leurs établissements ?
- 5:00RelanceRéponse directe
Est-ce que vous appelez au calme les lycéens qui vont se mobiliser aujourd'hui ?
- 6:09OuverteRéponse directe
Quand le gouvernement vous accuse de l'instrumentaliser ce mouvement, vous répondez quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:26InvitéFait
« Ces propos sont absolument révoltants. »
- 1:29InvitéFait
« ils démontrent une nouvelle fois que l'antisémitisme est l'ADN de l'extrême droite française »
- 4:20InvitéFait
« moi, je veux saluer la mobilisation des lycéens. Je trouve que c'est assez formidable et assez exemplaire »
- 12:57InvitéChiffre
« Total fait des marges en France, les raffineurs font des marges en France. Ces marges, elles ont été multipliées par 7,5 depuis le début de la crise »
- 15:00InvitéPromesse
« bloquer les prix des carburants à la baisse à 1,70€ »
- 23:22InvitéChiffre
« Jean-Luc Mélenchon à 20% des voix au premier tour, c'est inédit depuis 10 ans en France qu'un candidat de gauche soit au-delà de 20% »
Temps de parole
- Invité65 %
- Invité 218 %
- Présentateur12 %
- ?5 %
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France
Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
Dans le grand entretien, nous recevons donc le coordinateur de la France Insoumise et député des Bouches du Rhône. Bonjour Manuel Bompard.
Bonjour.
Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter et avec les auditeurs qui sont les bienvenus, comme tous les matins, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France. Alors on va évidemment parler de la mobilisation des lycéens que vous soutenez et que le gouvernement vous accuse d'instrumentaliser, de la situation internationale et notamment de l'aide à l'Ukraine et puis de la campagne de votre candidat Jean-Luc Mélenchon.
Mais
d'abord Manuel Bompard,
il
y a ses propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans une enquête de Mediapart. Le président du RN les aurait écrits en 2013 dans des conversations privées. Il avait 17-18 ans, il commençait à militer au Front National. Parmi les extraits révélés, on trouve les phrases suivantes.
Le
juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler. Les banques sont toutes tenues par des juifs. Alors Jordan Bardella dénonce des faux grossiers. Il annonce qu'il a porté plainte pour diffamation contre Mediapart. Mais vous, Manuel Bompard, quelle a été votre réaction en découvrant ces informations, ces écrits ?
Une réaction évidemment de stupéfaction. Ces propos sont absolument révoltants.
Et
s'ils sont exacts, et c'est ce qu'affirme le journal Mediapart, ils démontrent une nouvelle fois que l'antisémitisme est l'ADN
de
l'extrême droite française et que toutes celles et ceux qui en quelque sorte ont voulu ces dernières années exonérer le RN sur ce sujet, ou l'amnistier en quelque sorte, se sont lourdement trompés. Et si ces propos, encore une fois, sont avérés, je crois que Jordan Bardella doit en tirer absolument toutes les conséquences et qu'évidemment, il ne peut pas jouer un rôle majeur dans la vie politique française. Ça veut dire, Manuel Bompard, que si ces propos sont avérés, vous dites comme Marine Tondelier qu'il doit se démettre de toutes ses fonctions ?
Je ne vois pas comment un responsable politique qui prétend exercer des responsabilités nationales très importantes, il y a quelques semaines, on parlait encore de lui comme candidat à
l
'élection présidentielle, ou il y a quelques jours de lui comme candidat à la fonction de Premier ministre. Je pense que le peuple français doit comprendre que, évidemment, ce serait une folie de confier le pouvoir à une famille politique comme est le RN aujourd'hui. Il n'y avait pas besoin de ces propos pour le savoir, mais ces propos, à mon avis, en donnent une nouvelle démonstration.
Et
quand le président du CRIF, le Conseil représentatif des institutions Juifs de France, dénonce l'illustration des limites de la dédiabolisation du RN, cette fois, vous êtes d'accord avec lui
? C'est précisément ce que je disais moi-même à cet instant.
C
'est-à-dire que, depuis maintenant plusieurs années, il y
a
eu quand même un certain nombre d'élus et de responsables politiques du RN, qui pourtant ont été pointés du doigt pour des propos, des actes ou des faits antisémites. Je pense à un député qui siège à l'Assemblée nationale, qui est maire maintenant, M. Boccaletti, qui tenait une librairie dans laquelle on vendait des ouvrages antisémites et négationnés. Je pense à la députée Caroline Parmentier, qui a été pointée du doigt pour des écrits antisémites. Et c'est vrai que j'ai trouvé, pendant ces dernières années, qu'il y avait une manière de considérer que le RN d'aujourd'hui n'était plus le RN d'hier.
Et de qui, quand vous
dites ça ? Parce que vous parliez tout à
l
'heure d'exonérite. Qui est-ce que vous faisiez
? Dans
le champ politique de manière générale, et parfois même dans une partie du champ médiatique, où on a considéré que le RN avait changé. Je rappelle que quand même, M. Bardella lui-même, et je crois que c'était face à vous d'ailleurs, M. Duhamel, avait refusé de dire une évidence qui a été prouvée, y compris par la justice, qui était que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
Et il
était revenu
sur ses propos par la suite. C'est vrai qu'il avait... qui avait généré l
'indignation que ses propos auraient dû mériter.
Manuel,
il faut qu
'on
parle du mouvement de blocus des lycées. 180 établissements concernés hier, avec des violences, notamment en Ile-de-France, 164 interpellations, 12 membres des forces de l'ordre blessés, 12 lycéens, 8 personnels enseignants, ce sont les chiffres que donne le ministre de l'Intérieur. Je rappelle que cette mobilisation est soutenue par un syndicat lycéen, l'USL, et par la France Insoumise. Est-ce que c'est le rôle de responsable politique d'encourager des lycéens à bloquer leurs établissements, a fortiori quand ça engendre des violences ?
D'abord,
moi, je veux saluer la mobilisation des lycéens. Je trouve que c'est assez formidable et assez exemplaire de voir des jeunes gens dans notre pays,
dont
d'habitude, quand on en parle, c'est plutôt pour les pointer du doigt ou les stigmatiser, et qui se battent et se mobilisent, tout simplement pour demander des conditions d'éducation qui soient dignes, pour demander qu'il y
ait
des enseignants en phase 2 dans leur collège ou leur lycée, là en l'occurrence, qu'il y ait des personnels d'éducation, qu'il y
ait
des psychologues scolaires. Enfin, je trouve qu'on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne. Pour le reste, la France Insoumise, elle partage les revendications qui sont posées par l'union syndicale lycéenne qui a appelé à la mobilisation. Et donc, oui, on l'appuie, on le soutient.
Et évidemment, c'est notre rôle
d'appuyer, de soutenir des
revendications quand elles sont légitimes. C'est plus que ça,
Manuel.
Bon,
par contre, on écoute les propos de la France Insoumise, quand on écoute Louis Boyard, par exemple, le député, il l'appelle à soutenir et à faire en sorte que ce mouvement s'étende. Est-ce que là encore, c'est la responsabilité d'un parti, la France Insoumise, que de relayer ces appels à une extension du mouvement ? Oui, quand on partage les revendications d'une mobilisation, c'est normal qu'on l'appuie, qu'on la soutienne et qu'on appelle à ce qu'elle s'amplifie. Pourquoi ?
Parce que quand ces lycéens demandent davantage de moyens dans nos collèges, dans nos lycées, dans nos établissements scolaires de manière générale, en face, ils ont un mur, ils ont un gouvernement qui refuse même d'ouvrir le dialogue avec eux. Donc, pourquoi vous voulez vous étonner que les lycéens se disent, dans ce cas-là, il faut qu'on amplifie la mobilisation pour qu
'on
soit enfin
entendus
? Sauf que Manuel Bompard, cette mobilisation, Florence le disait, elle s'accompagne d'un certain nombre de violences. Ce sont les chiffres qui ont été donnés par le ministre de l'Intérieur hier. Je les rappelle encore une fois, 12 membres des forces de l'ordre qui sont blessés, 12 lycéens, 8 personnels enseignants. Est-ce que vous appelez au calme les lycéens qui, là encore, vont se mobiliser aujourd'hui et peut-être encore dans davantage d'établissements ?
Est-ce que vous les appelez au calme
? Monsieur Duhamel, comme d'ailleurs le disent les représentants syndicalistes lycéens qui appellent à cette mobilisation, comme l'ont dit d'ailleurs l'ensemble des élus insoumis qui se sont rendus devant des lycées, on a dit, il faut que cette mobilisation, elle soit pacifique, il faut faire attention, il faut faire preuve de prudence, il ne
faut
pas répondre, y compris aux provocations, parce que parfois il peut y avoir des provocations et c'est ce que nous avons dit depuis
le premier jour. Quand
on tire aux mortiers
sur les torts
de l'ordre,
ce
n
'est
pas exactement des provocations, c'est juste des violences. Je vous dis, parfois il peut y avoir des provocations, monsieur Djam. Pour le reste, vous avez peut-être entendu Balibagayoko qui était hier le maire de Saint-Denis sur un point de blocage et c'est précisément ce qu'il a dit en discutant y compris avec les lycéens eux-mêmes. Mais si les lycéens, vous leur reposez des portes-closes, si les lycéens, vous leur dites «
on
ne parle pas, on ne discute pas », eh bien oui, malheureusement, ça produit un contexte qui est un contexte qui est inflammable. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut ouvrir le dialogue, il faut écouter et entendre leurs revendications. Et je veux dire aussi quand même, parce que vous parlez de situations qui peuvent être des situations de tension, qu'on parle de jeunes gens qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans, qui peuvent être, pour les gens qui nous écoutent, parfois leurs enfants, eh bien on n'envoie pas des policiers avec des lanceurs de grenades lacrymogènes comme ça s'est passé dans le Val d'Oise. On ne plaque pas des lycéens au sol, on les écoute, on les entend, on discute avec eux.
Et donc nous, on a un devoir aussi en tant que responsable politique, c'est de protéger aussi nos jeunes quand ils se mobilisent. Donc moi j'appelle, et comme l'a fait d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon hier, l'ensemble des militants insoumis aussi à venir sur ces points de blocage, y compris pour protéger les lycéens. J'ai vu parfois des personnels éducatifs se mettre en grève et dire et s'interposer,
protéger les lycéens qui se mobilisent. C'est notre devoir de le faire.
Parce qu'effectivement,
vous
relayez une nouvelle fois ce qu'a pu dire Jean-Luc Mélenchon hier sur les réseaux sociaux où il faisait une sorte d'injonction aux élus, aux militants, la France insoumise, interposez-vous partout où vous le pouvez. S'interposer entre les policiers et les lycéens,
ça veut dire
empêcher les forces de l'ordre de faire leur travail
et de faire respecter l
'ordre ? Non, non,
monsieur
Duhamel, tirer une grenade lacrymogène dans le visage d'un lycéen, c'est pas faire son travail quand on est policier. Et plaquer des lycéens au sol, c'est pas faire son travail quand on est policier. Et donc
moi, j'appelle... Quand il y
a des violences de l'autre côté, Manuel Bonpart,
c
'est pas des tirs gratuits
de la part des formuleurs.
Mais monsieur Duhamel, je lisais hier le communiqué du rectorat de Créteil et de Versailles, qui sont en gros les deux académiques qui ont été les plus concernées hier par la mobilisation. Il parlait de dégradation de matériel de manière très occasionnelle. Donc s'il y en a, évidemment, je les désapprouve et je les déplore. Mais honnêtement, on ne peut pas résumer une mobilisation qui est une mobilisation de lycéens qui s'engagent pour des causes qui sont des causes justes à quelques situations. S'il
y
a ces situations, il faut tout faire pour les empêcher, évidemment. Mais maintenant, on ne
peut
pas caricaturer comme ça un mouvement et essayer de le délégitimer alors qu'il porte des motivations qui sont justes et qui devraient faire notre fierté à tous quand même. Que nos jeunes gens demandent à avoir des moyens pour pouvoir être éduqués, travailler dans des bonnes conditions. C'est un objectif qu'on devrait tous partager.
Mais quand le gouvernement vous accuse de l'instrumentaliser ce mouvement, vous répondez quoi ?
Je réponds que c'est encore une fois faire preuve de mépris. Enfin, pardon, mais quand cette mobilisation elle est née la semaine dernière, elle est partie d'un lycée à Créteil, de mémoire, le lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans lequel vous avez quasiment la moitié de l'équipe éducative qui n'est pas là. Vous avez des enseignants qui ne sont absents, qui ne sont pas remplacés. Vous n'avez pas de psychologue scolaire, vous n'avez pas de proviseur adjointe. Ce n
'est
pas la France Insoumise qui est responsable de cette situation. Si des jeunes se sont mis en mouvement, c'est parce que cette situation est insupportable
pour eux. Il
n
'y a
pas eu besoin que la France Insoumise leur demande de
le faire. Il ne faut pas mépriser les jeunes. Si on
prend là encore un exemple précis sur cette accusation qui vous est opposée d'instrumentalisation.
Vous
parliez, il y a un instant, du maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko. On a vu hier des images de lui se rendre devant un lycée de sa ville, le lycée Paul-Éloire, lycée où par ailleurs des violences ont été commises, notamment des tirs de mortier. Mais dites la vérité, qu
'est
-ce qu'a dit Bali Bagayoko là-bas ?
Il
a dit, soyez, faites attention, soyez prudents,
il a
éteint un feu de
poubelle.
Manuel Bourgard,
vous avez
raison, mais on a aussi vu des vidéos de lui étant acclamé par les lycéens qui étaient en train de manifester. Là encore, Vous lui reprochez d'être populaire, monsieur Duhamel ? Je
ne
suis pas d'être populaire. Je
pose
la question de savoir si c'est le rôle d'un édile que de se rendre devant un établissement où par ailleurs il y a eu ce type de débordement. Mais c'est précisément son rôle, y compris pour empêcher qu'il
y ait
ce type de débordement, monsieur Duhamel.
Ça c'est plutôt le rôle de la police, non ?
Mais évidemment, mais non, mais quand il y
a
des revendications qui sont des revendications politiques, le rôle des représentants, des élus, c'est d'être présent pour justement ouvrir des canaux de discussion, produire un climat qui est un climat de dialogue et de mobilisation pacifique. Donc maintenant, c'est incroyable, on reproche à Balibagayoko d'être acclamé par des lycéens. Moi, je suis content que Balibagayoko soit acclamé par des lycéens. Maintenant, je propose qu'on parle peut-être des revendications et de qu'est-ce qu'on peut faire pour y répondre. Donc, il y a un problème. Vous avez des annonces budgétaires qui sont celles du gouvernement qui vont encore faire des économies sur le budget de l'éducation nationale.
On a déjà eu des postes d'enseignants qui sont supprimés. Il y avait une étude des syndicats en cette rentrée qui disait que dans un établissement public sur deux, il y avait des professeurs qui étaient manquants et quasiment deux tiers des établissements dans lesquels les équipes éducatives ne sont pas au complet et on va encore faire des économies dans le budget de l'éducation nationale. Donc, c'est ça qu'il faut changer. Donc, zéro coupe dans le budget de l'éducation nationale, les renforts enseignants qui sont nécessaires, les renforts en psychologue scolaire, les renforts en AESH pour nos élèves en situation de handicap. Pardon, moi, je suis député de Marseille.
Je ne vais pas devant une école où on ne vient pas me dire qu
'on
a un problème pour nos élèves en situation de handicap. Il n
'y a
pas d'AESH pour les prendre en charge. Et d'ailleurs, j'en profite et j'en termine par là pour vous annoncer qu'à la fin du mois, dans notre niche parlementaire, nous, les députés insoumis, nous soumettrons une proposition de loi pour titulariser les AESH, pour créer un corps d'AESH fonctionnaire pour qu'enfin, nos élèves en situation de handicap soient pris en charge dans des bonnes conditions.
Alors, il faut qu'on parle à une autre colère, enfin, qu'on parle d'une autre colère qui est massive. En ce moment, c'est celle des Français face à la hausse des prix des carburants. Vous continuez à demander le blocage des prix, mais on ne comprend pas très bien ce que vous voulez faire avec l'entreprise Total. Jean-Luc Mélenchon, mercredi dernier, il dit qu'on ne pense pas que la nationalisation punition soit une solution. Or, en avril dernier, vous aviez déposé une proposition de loi pour nationaliser Total Energy. Alors, il faut nationaliser ou pas ?
Mais ce que dit Jean-Luc Mélenchon, et il a absolument raison, c'est qu'aujourd'hui, face à cette explosion des prix des carburants, ce n
'est
pas la nationalisation de Total qui est un processus si on devait l'engager qui prendrait quand même un certain nombre de temps qui permettrait de réduire le problème en urgence. Donc, pour réduire le problème en urgence, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut mettre en place une mesure de blocage des prix puisque vous me posez la question de savoir qu'est-ce qu'on a l'intention de faire vis-à-vis de Total. Je veux quand même faire remarquer ici que contrairement à ce qu'a dit le Président de la République devant tous les Français la semaine dernière à la télévision, Total fait des marges en France, les raffineurs font des marges en France.
Ces marges, elles ont été multipliées par 7,5 depuis le début de la crise et que si vous bloquez ces marges, immédiatement, vous baissez
le prix des carburants à la pompe.
Alors, Manuel Bopar, c'est vrai que vous proposez le blocage des prix et là-dessus, vous faites preuve d'une forme de constance sur la question de la nationalisation de Total. Quand on réécoute bien ce qu'était votre discours et ce qu'était cette proposition de loi en avril, c'était aussi pour répondre à une situation de flamber des prix du carburant et de présomption de profits excessifs. Quelle est la position de la France insoumise aujourd'hui ? Est-ce que si vous accédez au pouvoir, vous nationalisez ou pas Total ? Mais Total, c'est beaucoup d'activités très différentes. Sur les activités de raffinerie, on a dit, moi y compris, il me semble que
c
'était sur cette antenne France Inter, d'ailleurs, j'avais dit que c'était une question qui était légitime et qui pouvait se poser. Aujourd'hui, je réponds clairement à votre question, il n
'y a
pas dans le programme que l'on défend pour l'élection présidentielle la nationalisation de Total.
Ça ne veut pas dire que... Et donc,
qu'est-ce qui a changé ? Parce que, là encore, je vais relire ce qui était dans la proposition de
loi. Je ne sais pas pourquoi vous voulez
à tout prix nationaliser Total,
M.Dial, mais c'est ce que vous
disiez, la nationalisation de
Total et l'énergie constitue,
ouvrez les guillemets, une nécessité. Ça, c'est avril 2026. Et donc, là, ce matin, vous dites, bon, maintenant, en fait, ce n
'est
pas dans notre programme. Non, mais je n
'ai
pas dit qu'on considérait que cette proposition de loi était illégitime. Vous m'avez interrogé sur notre programme pour l'élection présidentielle et sur comment on fait face immédiatement aujourd'hui à cette situation d'augmentation des prix des carburants. Et je considère, je vous le redis si vous voulez, que pour répondre immédiatement à cette urgence, ce n
'est
pas la bonne mesure
et la
bonne proposition.
Donc,
maintenant, au fond, vous êtes moins à gauche que Fabien Roussel qui lui dit il faut nationaliser Total. Eh
bien,
très bien. Si Fabien Roussel veut porter cette proposition dans la campagne présidentielle, il le fera. Il n
'y
a pas de difficulté sur ce sujet. Mais encore une fois, si on cherche plutôt à être utile à notre pays, parce que, excusez-moi, c'est ce que j'essaye de faire en répondant à votre question aujourd'hui, j'ai l'impression que l'urgence, c'est plutôt comment on fait en sorte que les prix du carburant ne dépassent pas demain les 3 euros le litre. Et pour le faire, peut-être que c'est intéressant qu'on discute plutôt de notre proposition. Et
notre proposition, c
'est d'avoir une mesure immédiate de blocage des prix en conséquence directe avec une baisse immédiate des prix des carburants qui est la seule mesure qui permet de régler le problème,
c
'est de bloquer les prix des
carburants
à la baisse à 1,70€. Ce à quoi le président de la République vous répond qu'il faut agir à l'échelle internationale. Il a annoncé en fin de semaine dernière l'envoi de moyens militaires en Arabie Saoudite pour protéger le site pétrolier de Yambou visé par les outils du Yémen, précisément pour tenter d'agir à la baisse sur les prix de l'énergie. Vous avez demandé à la France Insoumise qu'un vote ait lieu à l'Assemblée Nationale sur ce sujet. Si ce vote avait lieu, Manuel Bopard, est-ce que vous voteriez pour l'envoi de ces moyens militaires ? Est-ce que vous êtes favorable à cette...
Ah non,
je... D'abord, on souhaite qu'il y
ait
un vote, oui. J'ai écouté M. Barraud en disant oui, ce n
'est
pas une obligation, etc., mais ce n
'est
pas parce que c'est une obligation qu'on ne peut pas le faire. Et on considère quand même qu'une décision d'une telle
importance... Il a même dit, Jean-Noël
Barraud, il y avait une réunion à l'Elysée et Jean-Luc Mélenchon aurait été bien...
Moi, j'étais
présent
à M.
Duhamel à cette réunion à l'Elysée et dans cette réunion à l'Elysée, le président de la République ne nous a pas demandé notre avis pour savoir si on était favorable ou pas à envoyer des troupes françaises en Arabie Saoudite. Donc maintenant, je réponds à votre question. Pour ma part, je considère que cette décision est une décision extrêmement dangereuse pour une raison simple que tout le monde peut comprendre. C'est que si vous envoyez des troupes en Arabie Saoudite et que ces troupes subissent une attaque ou une offensive de l'Iran ou des Houthis, puisque manifestement, il y
a
eu des bombardements sur cet oléoduc qui traverse l'Arabie Saoudite, qu'est-ce que vous faites ? Vous rentrez en guerre contre l'Iran, vous rentrez en
guerre contre les Houthis. Même si c'est faux pour faire
baisser les prix, ça ne
vaut pas de compte. Non, mais
attendez, il y a d'autres mesures pour faire bloquer les prix que celles-là et puis ça me fait un peu sourire, pardonnez-moi, même si ce n
'est
pas drôle, qu'on vienne me dire ça à moi parce que, pardonnez-moi, mais quand les États-Unis, Donald Trump il
n
'y avait pas grand monde dans le champ politique français pour dire c'est inacceptable,
il
faut condamner cette agression parce que c'est une folie et c'est irresponsable. On était un peu les seuls, y compris le président de la République qui avait des mots très timides à l
'époque. Mais Manuel Bompard, c'est important, c'est intéressant. C'est bien de déplorer à la
fin les conséquences d'interventions militaires qu'on n'a pas été capables de condamner quand elles ont été déclenchées. C'est intéressant l'argument que vous utilisez qui est de dire si les moyens militaires français sont attaqués, on risque d'être dans une situation de co-belligérance et donc
de
répliquer. Il y a en ce moment en mer rouge une mission internationale qui s'appelle la mission Aspides avec des moyens militaires français qui sont déjà positionnés pour sécuriser un certain nombre d'approvisionnements. Je ne vous ai pas entendu protester contre cette mission de sécurisation. Or la question de ce que feraient ces moyens militaires français si d'aventure ils étaient frappés par des forces iraniennes ou pro-iraniennes se pose de la même manière. Très bien, mais là en l'occurrence on parle de troupes au sol M. Djamal qui est peut-être une mission Aspides c
'est une légère différence
au bout si vous voulez 1 on parle de troupes au sol on ne parle pas d'intervention navale Ça n
'a
pas été précisé du moyen militaire on ne
parle
pas de troupes au sol En tout
cas je
ne sais pas si vous avez entendu quelqu'un
parler de troupes au sol Moyen de défense anti-aérien Voilà exactement
Ah mais bon quand vous avez des avions qui volent au-dessus il faut quand même qu'ils soient positionnés
Mais c'est déjà clair parce qu'ils ont protégé les pays du Golfe Attendez les moyens de défense on ne va
pas rentrer peut
-être
dans la technique mais des moyens de défense il y a peut-être des troupes autour pour les protéger Mais il y
en a déjà en fait
Attendons les détails si vous voulez Mais la petite différence entre la mer rouge et l'Arabie saoudite c'est que précisément l'oléoduc dont on est en train de parler a été bombardé il y a quelques jours et c'est précisément d'ailleurs la raison pour laquelle le président de la république veut y envoyer des moyens militaires pour empêcher qu'elle soit bombardée à nouveau de son point de vue Donc entendez évidemment que tout le monde veut faire en sorte que cette situation s'arrête et que les canaux d'approvisionnement soient réouverts mais c'est très dangereux que la France se mette dans la possibilité d'être dans une situation de co-billigérance tout simplement ça paraît être une position raisonnable et à minima qu'on puisse en débattre à l'Assemblée nationale et qu'on puisse voter parce que ça fait depuis maintenant moi 5 ans que je suis député à l'Assemblée nationale il n'y
a
pas une intervention militaire sur laquelle on nous a demandé notre avis Manuel Bompard sur la question de l'Ukraine on avait envie ce matin de clarifier les positions de la France insoumise avec 3 points très précis pour tenter de comprendre ce qu'est votre position la première sur l'aide financière à l'Ukraine on a entendu Marine Le Pen dire si je suis élu l'aide financière à l'Ukraine c'est terminé même si on pourra continuer à former des soldats à envoyer des armes la France insoumise Jean-Luc Mélenchon élu président de la République est-ce que l'aide financière à l'Ukraine
continue
? Nous on a toujours dit la même chose c'est qu'évidemment il faut soutenir l'Ukraine jusqu'à qu'on crée les conditions d'un accord de paix et que cette guerre s'arrête la seule exception ou nuance qu'on a pu poser sur ce sujet c'est quand les plans d'aide au niveau européen étaient parfois conditionnés à ce qu'on appelle des réformes par exemple d'ajustement structurel ou des choses comme ça parce
que ça revenait à imposer une politique qu'on ne voulait pas Mais donc l'aide
financière continue si la France insoumise est élue ? Jusqu'à ce qu'on crée les conditions d'un accord de paix Oui mais attendez ce
n
'est pas anecdotique parce que la question qui nous est posée c'est est-ce qu'on soutient l'Ukraine en se disant en les soutenant et en continuant notre soutien l'objectif c'est qu'à la fin il y
ait
une victoire militaire ou est-ce qu'on soutient en se disant il faut qu'ils puissent résister pour arriver à la table d'un accord de paix et donc on ne doit pas agir uniquement en soutien on doit aussi agir en ouvrant des canaux qui sont des canaux diplomatiques et qui permettent de mettre tout le monde à la table des négociations voilà ce qu'il faut faire Deuxième question précise Manuel Bompard sur les missiles scalp qui sont les missiles qui permettent de frapper en profondeur la Russie est-ce que si vous êtes élu si Jean-Luc Mélenchon est élu la France continue de livrer ce
type
de missiles ? Sur ce sujet on avait exprimé notre opposition au monsieur Duhamel vous le savez quand ces missiles avaient été livrés tout simplement parce que même logique d'un certain point de vue que ce que je vous disais tout à l'heure c'est prendre le risque de participer d'une certaine forme d'escalade plus de missiles scalp et pardonnez-moi et pardonnez-moi à monsieur Duhamel mais je voudrais préciser un point parce que j'ai vu que certains cherchaient des noises à Jean-Luc Mélenchon parce qu'il a dit attention au risque d'escalade dire il
a dit
personne ne fait le lien entre la menace russe qui s'aggrave et le fait qu'il y ait des frappes en profondeur sur le territoire russe alors ça me permet quand même de préciser un point c'est pas parce que vous dites attention l'escalade est dangereuse et elle peut nous amener dans une guerre généralisée que vous exonérez l'agresseur qui en l'occurrence est l
'agresseur russe qui a violé le droit international les
missiles scalp c'est terminé on n
'en
livre plus attendez monsieur Duhamel je vous ai donné mon point de vue je vous ai dit qu'on a une cohérence de positionnement qu'on était opposé à cette livraison maintenant si Jean-Luc Mélenchon est élu président de la république ça sera dans 8 mois et moi si vous voulez mon avis sur ce sujet je forme le vœu que d'ici 8 mois cette guerre elle se soit arrêtée et que plutôt on agisse pour faire en sorte de l'arrêter le plus rapidement possible parce que tout le monde parle sur les plateaux de télévision mais je vous rappelle qu'il y
a
déjà un million de pertes côté russe 500 000 pertes côté ukrainien et que chaque jour qui passe c'est des vies qui sont brisées des gens qui meurent et donc l'objectif ça doit quand même être de mettre un terme à
cette guerre le plus rapidement possible allez-y j'essaie d'être le plus
précis possible est-ce que pour vous Volodymyr Zelensky est un président légitime puisque je rappelle qu'en août 2025 Jean-Luc Mélenchon parlait de lui comme d'un président de rien est-ce qu'il est légitime à la tête de l'Ukraine
?
il a été élu président de la république si on est absolument factuel mais son mandat normalement a expiré et donc je pense assez légitime de se dire qu'il devrait y avoir à terme de nouvelles élections puisque c'est aux Ukrainiens
de décider il y
a une incompatibilité constitutionnelle entre la tenue d'élection et le fait que la guerre est donc vous me posez une question je vous réponds d'un point de vue factuel
donc est-ce que c'est un président
légitime ? mais je vous réponds sur la base des éléments tels qu'ils sont le président Zelensky a été élu président de la république
donc c'est un président légitime ?
évidemment il a la légitimité électorale des urnes maintenant son mandat a expiré aujourd'hui et je pense légitime de dire que c'est les Ukrainiens qui doivent décider demain de par qui ils sont dirigés
très rapidement pour terminer Manuel Bompard plusieurs sondages font état d'une dynamique de votre candidat Jean-Luc Mélenchon le dernier pour l'Institut Harris le positionne comme se qualifiant au second tour face à Marine Le Pen et ce même sondage qui le teste au second tour lui donne 31% à Jean-Luc Mélenchon contre 69% pour la candidate du RN qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que Jean-Luc Mélenchon c'est le meilleur candidat du premier tour mais le pire pour le second
?
alors d'abord juste avant de vous répondre parce que je pensais qu'on en parlerait on n'aurait pas eu le temps je veux quand même soutenir les mobilisations du jour dans la fonction publique des pompiers qui seront dans la rue aujourd'hui et appeler massivement à y participer maintenant pour répondre à votre très rapidement ah bah oui très rapidement très rapidement c'est compliqué je vous rappelle juste
je
vous rappelle juste une chose il y a des sondages qui maintenant même quasiment Jean-Luc Mélenchon à 20% des voix au premier tour c'est inédit depuis 10 ans en France qu'un candidat de gauche soit au-delà de 20% ou à 20% dans les sondages donc c'est évidemment une dynamique qui est une dynamique extraordinaire la question du second tour si on avait eu ce même raisonnement au lendemain de la dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes tous les sondages disaient que l'extrême droite allait gagner qu'elle allait avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale on a fait campagne c'est pas ce qui s'est passé François Mitterrand là l
'écart est très large
quand même François Mitterrand en novembre 1980 était annoncé battu à 40-60 contre Valéry Giscard d'Estaing il a gagné pendant les dernières élections municipales le maire de Lyon Grégory Doucet à 6 mois de l'élection municipale il était annoncé perdant il faisait 30 ou 35% des voix au deuxième tour contre Jean-Michel
Aulas il a gagné sur les
sondages de premier tour là quand ils sont bons vous les
prenez telles qu'ils sont quand ils ne sont pas bons vous
dites que les sondages ça
ne
compare pas du tout monsieur Duhamel je compare des sondages à des sondages tout simplement et maintenant je vais vous dire une dernière chose je ne crois absolument pas ces sondages de
deuxième tour et je vais vous
dire pourquoi et
je vais vous dire pourquoi
madame parce que
si
vous appliquez les reports de voix tels qu'ils ont été au second tour des élections législatives dans un second tour entre un candidat du Rassemblement national et d'un candidat insoumis si vous appliquez les mêmes reports de voix au sondage de premier tour aujourd'hui vous avez 50-50 au deuxième tour faites le calcul vous verrez il n
'y a
pas 70-30 ça n'existe pas donc on va faire campagne on va mobiliser et aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon
est le seul candidat qui est en mesure de l
'emporter au second tour et donc j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent à venir nous aider nous rejoindre vous pouvez
signer sur melanchon2027.fr
et ensemble on va faire une belle campagne et
on
va battre l'extrême droite et ouvrir une nouvelle page de l'histoire de France
Merci d'être venu au micro de l'histoire de France Merci
à vous