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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 11 mai 2022 65 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asile

Législatives : qui a peur de Mélenchon ? #cdanslair 10.05.2022

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 16 %Attaque 60 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 45 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:53OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on peut dire que Jean-Luc Mélenchon a réussi à redonner à la gauche une perspective de victoire ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Il est devenu la deuxième personnalité politique préférée des Français. Ça c'est une surprise.

  • 3:44OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'une victoire de Jean-Luc Mélenchon effraie une partie de l'opinion ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    La Macronie cible le projet de Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne se présente pas aux législatives ?

  • 8:22OuverteRéponse partielle

    S'il n'arrive pas à devenir élu Premier ministre, est-ce qu'il ne va pas manquer à l'Assemblée nationale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45InvitéFait
    « Il faut faire sonner le S parce que si le S de social ne s'entend pas, c'est gênant. »
  • 2:02InvitéFait
    « Non. Il a redonné à la gauche une illusion, un mirage de victoire. »
  • 4:01InvitéFait
    « Néanmoins, un certain nombre d'électeurs continuent d'être un peu inquiets sur sa personnalité. »
  • 4:26InvitéFait
    « une partie de l'électorat de droite, face à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans la dernière ligne droite de la campagne du premier tour, a opté lui aussi, cet électorat de droite, pour un vote utile en faveur d'Emmanuel Macron face au retour d'une gauche dispendieuse, laxiste, etc. »
  • 7:02InvitéChiffre
    « Quand vous faites 22% et que les écolos sont à 4,7%, le PS à 1,7% et les communistes à un peu plus de 2%, ils n'ont pas d'autre option que d'aller à Canossa. »
  • 11:39InvitéFait
    « L'homme qui a dit « La République, c'est moi » »
  • 16:46InvitéChiffre
    « On peut parler, par exemple, je reprends les chiffres de l'Institut Montaigne, où il nous propose un déficit annuel de 219 milliards. »
  • 17:32InvitéFait
    « Je ne comprends pas que la France insoumise puisse présenter quelqu'un sous ses couleurs qui a été condamné en première instance pour injure raciale. »
  • 28:25InvitéFait
    « C'est injure publique en raison de l'origine en effet. »
  • 30:38InvitéFait
    « l'accord à gauche n'est qu'un marché de dupes, a dit José Bové »
  • 33:07InvitéFait
    « parce qu'on parle d'élus enracinés, ils ne sont enracinés que dans leur mandat de député maintenant. »
  • 33:55InvitéFait
    « C'est les vieux éléphants du PS qui se disent « mais on ne peut pas brader la vieille maison » »
  • 37:34InvitéFait
    « Il y a encore un mois, moi, même nous, personnellement, sur le marché à Dijon, on se faisait insulter de gens de droite, de sociotraîtres, de tout ce qui allait avec. »
  • 38:16InvitéFait
    « L'Ukraine, enfin, je suis désolée, la position de NUP par rapport à l'Europe, la position de NUP par rapport à la laïcité, la position de NUP par rapport à la sécurité. »
  • 38:35InvitéFait
    « En pleine guerre sur l'Ukraine, on est en train de faire des accords avec des gens qui, un corps de moine, nous disaient que finalement, c'était l'OTAN l'agresseur. »
  • 38:41InvitéFait
    « Moi, je refuse de suivre l'ordre d'Olivier Fort qui me dit de partir de mon parti. »
  • 38:45InvitéFait
    « Le parti, le Parti Socialiste, pour moi, c'est presque charnel. »
  • 39:14InvitéFait
    « Non, non, on voit bien cette jeune génération qui était restée accrochée au Parti Socialiste malgré les années difficiles et qui a l'impression d'avoir été vendue avec le fonds de commerce. »
  • 39:39InvitéFait
    « Mais il y aura de tout de même un rendez-vous de règlement de compte. »
  • 39:45InvitéFait
    « Qu'avez-vous fait ? Pour quel plat de lentilles avez-vous vendu Jaurès, Blum et Mitterrand dans un même sac ? »
  • 40:01InvitéFait
    « C'est l'idée qu'il faut restaurer un socialisme pur, une sorte de social-démocratie canal historique pour repartir de l'avant en tournant la page sur cette manière de s'arranger un peu à la petite semaine avec elle. »
  • 42:18InvitéChiffre
    « Dans la négociation qui a été passée entre le PS et la France Insoumise, le PS s'est vu attribuer 70 circonscriptions. »
  • 42:26InvitéFait
    « En 2012, François Hollande, il y a 10 ans, était élu président de la République. Ils avaient une majorité absolue à l'Assemblée. »
  • 46:56InvitéFait
    « C'est le monde d'avant, c'est ceux qui ont participé à des expériences de pouvoir qui se sont mal terminés. »
  • 47:21InvitéFait
    « Ce n'est pas un hasard si la France insoumise a mis sur la table des négociations immédiatement « il faudra défaire les lois El Khomri sur le travail ». »
  • 47:48InvitéChiffre
    « Pour être au deuxième tour, il faut être dans les deux premiers ou faire au moins 27-28%. »
  • 49:42InvitéFait
    « Je pense que le symbole de la start-up nation, c'est Emmanuel Macron lui-même. »
  • 49:45InvitéChiffre
    « Le nombre d'entreprises qui se créent, les emplois, près d'un million d'emplois qui ont été créés, pas qu'à Paris, partout en France. »
  • 59:08InvitéChiffre
    « Elle fait 34% en deuxième tour en 2017 et elle sort avec une dizaine de députés aux législatives un mois plus tard. »

Temps de parole

  • Présentateur54 %
  • Invité19 %
  • Invité 216 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter. Notre discussion, il est devenu la deuxième personnalité politique préférée des Français devant Marine Le Pen et derrière Edouard Philippe. Jean-Luc Mélenchon a réussi à transformer une défaite en tremplin et à s'imposer comme patron de la gauche. Mais c'est maintenant que les problèmes commencent. En une semaine, le ton a changé et les tirs de barrages arrivent de toutes parts. Du PS, des Verts, de LR, des ministres, de Marine Le Pen qui se fait voler son statut de première opposante.

Sur le terrain, la belle photo de famille de l'Union Populaire laisse place à des tensions et des rivalités avec déjà des accros sur les investitures de la France insoumise qui crispent parfois ses partenaires. Le président, lui, observe, prend son temps, affirme qu'il a le nom de son Premier ministre et propose de réviser les traités européens. Petit message en direction des eurosceptiques législatives qui a peur de Mélenchon. C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur, dont la une est consacrée au miroir, au girouette. On parle bien sûr de l'Union Populaire.

Citons votre livre « À la recherche du héros perdu » aux éditions Fayard. Swazik Kamener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Astrid De Vilhenne, vous êtes chef du service politique du Huffington Post. Citons votre article. Mélenchon lance la nupe, la nupe-esse. Il faudra qu'on se mette d'accord là-dessus. Et tente de rassurer avant les législatives. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Et je rappelle que vous êtes l'auteur de la France sous nos yeux aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. On se met d'accord sur nupe ou nupe-esse ? Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale.

1:45
Invité

Il faut faire sonner le S parce que si le S de social ne s'entend pas, c'est gênant. Jean-Luc Mélenchon dit nupe. Oui, peut-être parce qu'il n'a pas envie d'entendre le mot social-socialiste.

1:53
Présentateur

En ce 10 mai, Christophe Barbier, est-ce qu'on peut dire que Jean-Luc Mélenchon a réussi à redonner à la gauche une perspective de victoire ?

2:01
Invité

Non. Il a redonné à la gauche une illusion, un mirage de victoire. Mais ça ne tient pas arithmétiquement quand on voit ce qui peut se passer dans les circonscriptions une à une. Il faudrait toute une série d'accidents gouvernementaux pour que cette formule aboutisse à une cohabitation comme en 97. Il n'a pas redonné non plus un espoir de victoire sur la base d'un programme commun longuement délibéré, parfois déchiré puis réécrit, comme ça avait été le cas entre 71 et 81, en menant, il y a 41 ans, jour pour jour aujourd'hui, François Mitterrand à l'Élysée. Non. Ce qu'a réussi à redonner Jean-Luc Mélenchon comme cadeau aux électeurs de gauche qui le souhaitaient, c'est une façade.

C'est une façade où on cesse de s'entretuer, où on ne sera pas 3, 4, 5 candidats par circonscription à se déchirer des bouts de voie et à tuer tout espoir. Oui, il y a une addition qui va se faire par une répartition des circonscriptions. Il n'y a pas une alliance, il n'y a pas une union, il n'y a pas une fusion.

2:55
Présentateur

Et on verra que sur le terrain c'est parfois compliqué. Il est devenu, je le disais, la deuxième personnalité politique préférée des Français. Ça c'est une surprise. On se souvient quand même de l'image de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques mois.

3:06
Invité

Il y a quelques mois et quelques années mais il avait réussi à bien négocier aussi sa sortie de la précédente séquence présidentielle en 2017 où assez rapidement, un peu comme aujourd'hui, il avait volé à Marine Le Pen le statut de premier opposant. Et c'est ce qu'il réussit de nouveau à faire. Alors peut-être en mieux cette année en mettant sur pied cette coalition et dans un temps record en arrivant à ramener à lui ce qui reste de la gauche éparpillée.

3:37
Présentateur

Il ne fait plus peur Jean-Luc Mélenchon ? On se souvient que le dimet certains imaginaient voir arriver les chars russes. Est-ce qu'une victoire de Jean-Luc Mélenchon effraie une partie de l'opinion ? Encore une fois, on se souvient du Jean-Luc Mélenchon qui voulait défendre le bruit et la fureur, qui lui-même a reconnu qu'il y avait eu des outrances dans sa manière d'exercer même ses fonctions, en tout cas dans ses prises de parole.

3:59
Invité

Alors il a donné des gages. Néanmoins, un certain nombre d'électeurs continuent d'être un peu inquiets sur sa personnalité. Mais ce qui en inquiète aussi beaucoup d'autres, c'est son programme et ce qui n'a pas joué pour rien dans le bon résultat d'Emmanuel Macron au premier tour et dans le score très faible de Valérie Pécresse, en ce sens qu'une partie de l'électorat de droite, face à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans la dernière ligne droite de la campagne du premier tour, a opté lui aussi, cet électorat de droite, pour un vote utile en faveur d'Emmanuel Macron face au retour d'une gauche dispendieuse, laxiste, etc.

Donc oui, la peur du rouge, la peur de la gauche est réactivée en partie par cette alliance et je pense qu'Emmanuel Macron et ses troupes vont jouer là-dessus pour essayer de finir de dépecer la droite.

4:46
Présentateur

Ils insistent beaucoup sur l'idée dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, la désobéissance, on va parler dans un instant de l'Europe. On voit bien que depuis quelques jours, la Macronie, comme on dit, se met en mouvement pour cibler le projet de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi un peu sa personnalité. Oui, parce que la difficulté, c'est qu'Emmanuel Macron a été élu depuis maintenant 16 jours, enfin 15 jours aujourd'hui, et donc il y a un moment de vide politique, alors qu'il a été comblé effectivement en partie par le discours d'Emmanuel Macron, on en parlera tout à l'heure, hier, devant le Parlement européen.

Mais effectivement, Jean-Luc Mélenchon s'est installé dans cet interstice, c'est-à-dire que Marine Le Pen a réapparu là en début de semaine, elle avait disparu pendant 15 jours, et d'ailleurs, elle le dit quelque part, il a dit qu'il a profité de l'espace. Si je résume ce qu'elle a dit lors de sa première intervention, devant des caméras, alors qu'elle était à Hénin-Beaumont, il a profité de l'espace, maintenant la fête est finie, je suis de retour, et je vais être la première opposante.

Sauf que pendant 15 jours, effectivement, il a installé une idée, Jean-Luc Mélenchon, qui n'est pas, effectivement, je suis d'accord avec Christophe Bardet, qui n'est pas une perspective de victoire, mais en revanche, un élan, c'est-à-dire qu'un élan existe encore à gauche, alors que beaucoup de jeunes militants, d'électeurs qui avaient espéré dans la primaire populaire, qui avaient espéré dans la primaire écolo, se trouvaient dépourvus, puisque Jean-Luc Mélenchon était arrivé troisième à la présidentielle. Donc, il a installé en tout cas une interrogation, c'est-à-dire, et si ? Et donc, à partir du moment où on commence à se dire, et si ?

On se met dans la perspective, alors est-ce qu'il peut gagner ? Visiblement, non, mais est-ce qu'il peut rassembler ? Oui, il est en train de rassembler. Est-ce que ça va durer ? Parce que c'est la question de cette semaine. Il y a un basculement, là, depuis le début de la semaine, c'est-à-dire, on voit les socialistes qui, certains, s'organisent, mais en tout cas, on voit que ça ne va pas être si simple que ça, et que finalement, la liste des candidats qui nous a été vendue est une fausse liste.

C'est vrai que ça devient très vite compliqué avec les partenaires, mais si on reste un instant sur cette performance politique, on va voir que ce n'est pas simple, mais qu'a réussi Jean-Luc Mélenchon de se mettre au centre du jeu. D'ailleurs, Clément Beaune, qui est secrétaire d'État, encore pour quelques jours, chargé aux affaires européennes, il dit que c'est un projet égotripe. Jean-Luc Mélenchon est centré sur sa personne et veut détruire le reste de la gauche. C'est sa personnalité qui a permis de rassembler toute cette gauche-là.

7:01
Invité

Son score. Son score. Quand vous faites 22% et que les écolos sont à 4,7%, le PS à 1,7% et les communistes à un peu plus de 2%, ils n'ont pas d'autre option que d'aller à Canossa, et donc c'est particulièrement douloureux pour des socialistes que Jean-Luc Mélenchon a lui-même quitté il y a une quinzaine d'années. Donc là, c'est le match retour. C'est le dissident qui, aujourd'hui, voit arriver les anciens boss pour demander qu'on leur fasse un peu de place.

7:26
Présentateur

Astrid Devilaine. Oui, moi, ce que je trouve intéressant dans ce qu'on vit, qui est quand même assez nouveau, une union de la gauche, ça fait longtemps qu'on n'en a pas vu, même si elle est de façade et en effet très à la dernière minute, c'est qu'en fait, en 2017 déjà, on avait les conditions équivalentes à celles d'aujourd'hui. C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon était déjà leader, le Parti Socialiste et les Verts, tout mouillé, faisait 6%. Et c'est à ce moment-là, à mon avis, que Jean-Luc Mélenchon aurait dû faire ce qu'il est en train de faire aujourd'hui.

C'est-à-dire, là, il a dit samedi sur la scène de la NUPES, c'est un record du monde de faire une alliance aussi large en 13 jours et 13 nuits. C'est vrai quand on prend les coalitions européennes, mais ce qui est vrai aussi, c'est qu'en 2017, ils pouvaient se mettre tous autour d'une table. Et c'est ce que les électeurs leur demandaient, d'ailleurs, de faire l'union à ce moment-là. Et là, on aurait eu moins ces critiques d'un accord à la dernière minute, on a rayé parce qu'on veut se sauver. Et ça, c'est aussi un peu ce qui pêche, en effet, dans ce moment, qui donne de l'espoir aux électeurs de gauche, mais qui, d'un autre côté, a quelques limites. Pourquoi il ne se présente pas ?

Pourquoi il ne se présente pas aux législatives, Jean-Luc Mélenchon ? Il veut mener le combat des législatives pour être élu Premier ministre, mais il ne veut pas être candidat aux législatives. Alors, il a donné des éléments d'explication, justement, en lançant ce mouvement samedi, en disant, et c'est assez malin de sa part, « Je veux avoir les mains libres, pouvoir courir partout », a-t-il dit, et surtout, ne pas subir les fameux temps de parole qu'on connaît bien à la télévision ou à la radio. C'est-à-dire, s'il n'est pas dans une circonscription candidat, il peut se permettre de parler beaucoup, sans qu'on ait à citer, vous savez, toujours tous les autres candidats de la circonscription.

– La vérité, c'est quoi ? – Il est âgé, quand même. – La vérité. Est-ce que ça peut être ça, ou est-ce qu'il n'avait juste plus envie, comme il l'avait dit à Bruce Toussaint, à un moment donné, sur BFM ? Il avait dit, en gros, c'est long de taper le train, il avait parlé de la climatisation. – Oui, il y a peut-être un peu d'usure, il est quand même assez âgé, Jean-Luc Mélenchon. En plus, c'est vrai qu'il n'a pas beaucoup fait de terrain sur sa circonscription marseillaise. D'ailleurs, le terrain, ce n'est pas quelque chose qui le passionne. La France Insoumise, elle a ça en commun avec la Macronie, c'est d'être un parti national.

Mais le terrain, les élections locales, ils ne les investissent pas beaucoup. Et c'est ça aussi qu'il peut pêcher, d'ailleurs, dans ces législatives, qui parfois ont une couleur locale. – C'est vrai qu'on l'a entendu à plusieurs reprises déplorer le temps de trajet jusqu'à sa circonscription, mais il y a quand même un paradoxe. C'est-à-dire qu'il veut mener la campagne des législatives, il espère être Premier ministre. On peut être Premier ministre sans être député, Jean Castex n'est pas député. Mais dans le cadre de ce qu'il envisage, c'est-à-dire une opposition. Parce qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon a posté une note de blog. Alors, il fait toujours des notes de blog très très longues.

C'est intéressant parce que ça commence par dire, « Ah, c'est la semaine où mon prédécesseur va être désigné. » Donc, il se met vraiment dans la position jusqu'au bout. – Il s'en amuse. – Voilà. – Ou est-ce qu'il se prend au sérieux ? – C'est toujours la question à laquelle on a toujours du mal à répondre. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour un Premier ministre, enfin, pour quelqu'un qui s'imagine Premier ministre d'opposition, c'est étrange de ne pas aller haut à la tête du combat. Surtout s'il imagine remporter tant de circonscriptions. S'il imagine un raz-de-marée de gauche, imaginez qu'il ne soit pas à la tête de ce raz-de-marée.

Il y a quand même quelque chose d'assez étrange. D'ailleurs, c'est le reproche que lui a fait Marine Le Pen hier, en disant, « Moi, je vais à Hénard-Beaumont, je vais être candidate proche des gens. » Et on aura, alors évidemment, elle est en terrain conquis, Marine Le Pen à Hénard-Beaumont, mais on n'aura pas ces images de Jean-Luc Mélenchon dans sa circonscription. Alors, je suis d'accord avec vous, en même temps, on n'a pas eu ces images-là pendant 5 ans, et ça ne l'a pas empêché d'être un responsable national présent un peu partout.

10:46
Invité

L'excuse de Marseille a eu mal à tenir, parce qu'il aurait pu changer de département. Il n'est député de Marseille que depuis 5 ans. Avant, il n'y était jamais allé. Il aurait pu retourner dans l'Essonne, où il a fait l'essentiel de sa carrière politique. Il était notamment sénateur. Il y a des circonscriptions favorables. Ou venir encore plus près, en Ile-de-France, de la capitale. Il aurait très bien pu le faire et résoudre cette équation.

11:04
Présentateur

Vous êtes d'accord avec ce que disait Astrid De Villene ? Parce que vous disiez, à l'instant, il n'est pas très à l'aise avec le terrain.

11:09
Invité

Oui, ça n'a pas été un député exemplaire, vu ce qu'on attend d'un député, c'est-à-dire de faire un peu l'assistance sociale locale, à qui on peut demander des services et qui règle ses problèmes. Mais il sait, Jean-Luc Mélenchon, qu'on n'est pas député de sa circonscription. C'est sa conception de la République, et il a raison. On est député de la nation, envoyé par des Français de tel ou tel coin. Et de ce côté-là, on ne peut pas lui donner tort. Après, c'est vrai que son âge peut empêcher les grands trajets, mais là encore, il aurait pu se rapprocher. En revanche, je pense qu'il croit dur comme fer à être Premier ministre.

Vous savez, l'homme qui a dit « La République, c'est moi », il n'a pas d'hésitation à dire « Le prochain Premier ministre, c'est moi ». Il faut qu'il s'auto-persuade pour être un peu convaincant auprès des électeurs. Sur le fait qu'il ne mène pas la bataille des législatives,

11:47
Présentateur

est-ce que s'il n'arrive pas à aboutir à devenir élu, comme il dit, Premier ministre, est-ce qu'il ne va pas manquer à l'Assemblée nationale ? Puisque s'il y a un groupe, il était très utile, parce que très bon orateur, parce que faisant exister la voix de la France insoumise à l'Assemblée nationale, est-ce que ça, ce n'est pas à mettre à son débit dans la stratégie de plus long terme s'il n'arrive pas à arriver à Matignon ? À ceci près, ils auront sans doute quand même plus de députés que les 17 qu'ils avaient aujourd'hui, ce qui est d'ailleurs très peu. C'est un tout petit groupe qui s'est beaucoup fait entendre.

Je crois qu'il y a quand même une dimension chez Jean-Luc Mélenchon, c'est que je crois qu'il a quand même, à mon avis, assez envie de passer la main. Je sais que François Hollande disait hier qu'il veut absolument se représenter dans 5 ans. Moi, je ne suis pas sûre qu'il ait envie, dans 5 ans, de refaire une campagne. Et puis surtout, il a quelque chose quand même chez lui qui vient aussi un peu de sa filiation qu'il entend avoir avec Mitterrand, c'est la transmission. Il a assez envie de transmettre. Et il essaye de former une nouvelle génération. Alors, est-ce que ça va suffire ? Ça va être difficile, l'après, Mélenchon.

Et ce qui est paradoxal, c'est que d'un côté, il donne le sentiment de vouloir lâcher la main, et d'un autre, il n'arrête pas de répéter sur les plateaux de télé « Je ferai ça jusqu'à ma mort ». Donc, quelle posture il aura ? Je crois qu'il veut aussi se lancer dans sa fondation. C'est difficile aussi, une fin de carrière politique. C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon, en quittant le Parti Socialiste en 2008, après 30 ans d'adhésion dans ce parti, il a commencé presque tard, en fait, ses candidatures. Donc, à voir.

13:13
Invité

Alors, peut-être aussi qu'il se dit que, de deux choses l'une, soit son pari réussi et il est Premier ministre, soit il n'y a pas de majorité, et c'est une voie de sortie. Et c'est la transmission. Et voilà, en disant « Je ne suis plus député ». Dernier point, la campagne va être très brève. Il a monté un attelage improbable, inédit, et je pense qu'il considère qu'il va falloir qu'il soit sur tous les fronts, dans beaucoup de circonscriptions, pour mettre de l'huile dans les rouages, aller soutenir tel candidat, éteindre un incendie, on va en parler quand un candidat est contesté.

Il se dit « Moi, si je dois mener de front ma campagne dans ma circonscription, plus être une espèce de VRP en chef de la NUPES partout en France, je n'arriverai pas à faire les deux sur un laps de temps aussi court. Donc, je me concentre là-dessus. Et si ça ne marche pas, ce sera peut-être une voie de sortie. »

14:02
Présentateur

En tout cas, l'opération Mélenchon a fonctionné politiquement. Il a attiré, vous l'avez dit à lui, la gauche réunie, mais les problèmes commencent. Le leader de la France insoumise fait l'unanimité contre lui. Les déçus du PS, les Verts qui sont restés pro-européens, les communistes à mer, mais aussi les snipers de la majorité et du Rassemblement national, tous ciblent le programme. La radicalité, parfois la personnalité, et le nouvel attelage conduit par la France insoumise. La NUPES qui connaît ses premiers coups de chaud et qui a à un mois des législatives. Natacha Rios et Michel Bouzy.

14:31
Invité

Moment solennel face au Parlement européen pour Emmanuel Macron. Dans son discours, une phrase n'est pas passée inaperçue. « Il faudra réformer aussi nos textes, c'est évident. Et aussi, je veux dire clairement aujourd'hui que l'une des voies de cette réforme est la convocation d'une convention de révision des traités. »

15:02
Présentateur

« Réviser les traités, une position qui n'est pas sans rappeler la désobéissance européenne prônée par Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file des Insoumis en profite pour occuper le devant de la scène. »

15:18
Invité

Leur argument principal contre la nouvelle Union populaire s'effondre sous l'effet d'une déclaration de leur propre chef. Trop comique.

15:26
Présentateur

Une occasion rêvée pour le camp Mélenchon à un mois des législatives.

15:30
Invité

« Il y en a un qui, pendant cinq ans, n'a rien fait. Et qui, en pleine période électorale, sous la pression peut-être de ce que nous sommes en train de faire, se dit qu'il faudrait un petit... » « C'est ce que vous pensez vraiment, oui. » « Évidemment. J'espère que tout le monde a compris. Moi, j'ai du respect pour Emmanuel Macron. Je pense que c'est un homme très intelligent. C'est un fin tacticien. Et nous sommes à cinq semaines d'une élection. Et comme par hasard, ce qu'il nous promet, c'est du miel et du bonheur pour tout le monde. »

15:53
Présentateur

En lançant la nouvelle Union des Gauches, Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas fait que des amis. Les éléphants socialistes mènent la fronde. François Hollande craint la mort du parti. Bernard Cazeneuve claque la porte. Et Jean-Christophe Cambadélis parle d'un tout sauf Mélenchon.

16:12
Invité

« Aujourd'hui, le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est trois sorties. La sortie de l'Europe, la sortie de l'OTAN et la sortie de l'OMC, en plus. On se retrouverait dans la situation de la Corée du Nord. »

16:23
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, devenu le nouvel adversaire à abattre. Dans une tribune du Monde, trois grandes figures écologistes qualifient l'accord qu'il a conclu d'escroquerie ou d'infamie sans nom. Des attaques qui pleuvent de toutes parts, jusque dans les rangs de la majorité. Christophe Castaner, lui, s'en prend à son programme budgétaire.

16:44
Invité

« On peut parler de Jean-Luc Mélenchon. On peut parler, par exemple, je reprends les chiffres de l'Institut Montaigne, où il nous propose un déficit annuel de 219 milliards. C'est comme si une famille qui avait 2000 euros de revenus mensuels dépensait 3800 euros par mois. C'est ça la folie du programme de Jean-Luc Mélenchon. Alors je comprends que beaucoup y trouvent chaussures à leurs pieds, mais tout ça n'est qu'un minima fantaisie, et je pense plutôt mensonge. »

17:11
Présentateur

Quand ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui prend les coups, c'est un de ses protégés, Tarabouafs, candidat aux législatives à Vénitieux. Ce jeune journaliste militant, aux propos controversés, s'attire les foudres de toute la classe politique, y compris à gauche.

17:27
Invité

« Je ne comprends pas que la France insoumise puisse présenter quelqu'un sous ses couleurs qui a été condamné en première instance pour injure raciale. Moi-même, j'ai déposé un texte de loi demandant à rendre inéligibles ceux qui avaient de telles condamnations.

17:41
Présentateur

Tarabouafs a finalement jeté l'éponge ce matin, trois jours seulement après avoir été investie. Deux semaines de campagne, pendant lesquelles les projecteurs étaient braqués sur Jean-Luc Mélenchon. Mais Marine Le Pen a fait sa première apparition devant les caméras ce dimanche, dans son fief à Hénin-Beaumont. La candidate Rennes n'entend pas se faire voler la vedette.

18:05
Invité

La fable de Jean-Luc Mélenchon opposant Emmanuel Macron a peut-être arrêté maintenant. Ça a duré 15 jours, ça a fait rire tout le monde. La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon a fait élire Emmanuel Macron.

18:18
Présentateur

Et Marine Le Pen de rappeler qu'elle se présente aux législatives, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, qui ne sera vraisemblablement pas candidat. – Vraisemblablement pas candidat parce qu'il n'a pas tranché. – C'est jusqu'au 20 mai. – Il hésite, hein.

18:33
Invité

– Il a jusqu'au 20 mai. Peut-être que la nomination du Premier ou de la Première Ministre peut lui permettre de faire un coup en disant, « Puisque c'est comme ça, je reviens ». Je pense qu'il a encore un peu de temps, d'autant que, comme il va y avoir des crises à certains endroits en France sur cette alliance, peut-être qu'il peut être le juge de paix aussi dans un fief.

18:47
Présentateur

– Pensez-vous que l'Union des Gauches va tenir jusqu'au mois de juin, vu les premiers conflits locaux qui apparaissent ?

18:52
Invité

– Il y a une crise à mener jusqu'au 20 mai, c'est cette crise des investitures, convaincre ceux qui se sont fait déposséder d'une investiture qu'ils croyaient acquise de ne pas être dissidents, pour sauver au moins la façade de l'Union, de l'absence de Zizani. Après, la campagne va aller très vite, et oui, on va se retrouver le 12 et le 19 juin. Et là, on fait les comptes. Il y a trois possibilités. Une chimérique, c'est l'addition des gauches fait une majorité, et les voilà obligés tous de gouverner et d'appliquer le programme sur lequel ils se sont mis d'accord. Et là, on va voir les divergences de fonds réapparaître, ça ne va pas être simple.

Le plus probable, c'est que chaque camp ait fait une bonne affaire dans cette alliance, c'est-à-dire ait sauvé un groupe pour les socialistes, peut-être acquis un groupe pour les communistes et les verts, et renforcé leur groupe pour la France insoumise. Auquel cas, on va voir s'ils se mettent à fonctionner ensemble à l'Assemblée, ou si chacun reprend sa chapelle, reprend son indépendance, et vote comme il l'entend, sans faire des cadeaux à ses amis de la gauche. C'est le plus probable, à mon avis. Le troisième scénario, c'est l'échec. L'échec total. – Ce serait quoi un échec total ? – Peu de candidats au second tour, malgré cette alliance, parce qu'il y aurait eu des dissidents.

Et puis, s'il y a des candidats au second tour, très peu de députés, parce qu'au second tour, c'est le tout sauf Mélenchon. C'est le tout sauf Nupes. Et ça, ça peut jouer en faveur d'Emmanuel Macron et de ses candidats, et en défaveur de cette gauche. N'oublions pas que dans les simulations de second tour, Emmanuel Macron battait beaucoup plus facilement Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen. Parce qu'il y a toute une France effrayée qui ne veut pas de Jean-Luc Mélenchon et de son programme.

Et ces candidats, s'ils arrivent à se qualifier au second tour, ce qui est probable, grâce à cette alliance, qui leur permettra de finir dans les deux premiers qualificatifs, ils risquent d'être victimes au second tour d'un tout sauf Mélenchon. – Comme le disait Jean-Christophe Camadali. – Exactement.

20:25
Présentateur

– Vous vouliez dire un mot ? – Oui, non, j'allais dire qu'à l'Assemblée, le groupe communiste, qui est un groupe, souvent, ils ont quand même travaillé ensemble, ces trois formations. Donc moi, je trouve qu'il y a aussi eu, ces dernières années, un peu un décalage entre ce qui se passait réellement au Parlement. Je prends par exemple la fameuse pétition contre la privatisation de l'aéroport de Paris, où les trois groupes ont travaillé ensemble. L'émotion de défiance… – Il y avait aussi la droite dans ce groupe-là, sur l'aéroport de Paris. – En fait, sur plusieurs textes, ils ont quand même travaillé ensemble.

D'ailleurs, on a beaucoup d'images d'Olivier Feur et Jean-Luc Mélenchon se parlant, alors que quand on revenait à des sujets plus nationaux et plus politiciens, c'était des insultes quasiment quotidiennes. Donc je trouve que cette alliance, évidemment, il y a des sujets énormes de différences. On prend le nucléaire et l'Europe, mais il y a aussi des choses qui les rassemblent. Et là, c'est vrai qu'ils perdent du temps, mon avis, à parler des investitures, alors qu'ils ont quand même beaucoup de choses en commun. – Il y a une investiture dont on a beaucoup parlé, et qui traduit aussi un clivage sur le fond. C'est ce qui s'est passé à Vénissu, avec Taabouhafs.

Peut-être que vous pouvez nous raconter. En tout cas, on a entendu Fabien Roussel, ex-candidat à la présidentielle communiste, qui a dit « ça n'est pas possible, il faut que ce soit la mère de Vénissu qui soit investie, et non pas le candidat de la France Insoumise qui lui posait un problème, puisqu'il a été condamné à deux reprises pour un jure racial. » – Oui, c'est en train de devenir vraiment le nœud de problème de l'accord. Pourquoi ? Alors effectivement, il y a ce monsieur Taabouhafs, qui est journaliste, qui a déjà été candidat en 2017, et qui est maintenant candidat au législatif, enfin, qui était jusqu'à cette nuit, candidat au législatif à Vénissu.

Or, c'est une personnalité controversée, très controversée, pour différentes raisons. Effectivement, il a été condamné pour un jure racial, notamment à destination de Linda Kebab, qui est une syndicaliste policière. Il s'est illustré dans beaucoup de manifestations. – Qu'il avait traité d'arabe de service. – Voilà, qu'il avait traité d'arabe de service. Il s'est illustré dans beaucoup de manifestations. Et finalement, il y a deux visions. C'est-à-dire que d'un côté, on a la France Insoumise qui dit « cet homme-là, de toute façon, est représentant des quartiers, de la diversité, et il est attaqué pour ces raisons-là.

» Et puis il y a ceux qui disent « non, il n'est pas du tout attaqué pour ces raisons-là, il est attaqué parce qu'on se pose la question de l'exemplarité de ce que serait cet élu. » Donc ça a frotté très très fort dans les derniers jours, justement sur ce sujet-là. Il y a des indiscrétions qui sont arrivées. Alors, via le canard enchaîné, je n'ai pas pu vérifier cette phrase, mais disons qu'Emmanuel Macron s'était aussi intéressé au sujet. Alors je ne vous cite pas les phrases, parce que moi, c'est des phrases du canard enchaîné que je n'ai pas vérifiées, mais en tout cas, il y a un climat qui s'est installé autour de cette investiture.

Et finalement, c'est Fabien Roussel, d'ailleurs, il vous le dit hier matin, qui dit « non, ce n'est pas possible ». Alors lui, il a aussi une candidate, qui est une candidate communiste, qu'il aurait aimé voir. Alors, il se trouve que cette circonscription a été dévolue à un insoumis, parce que l'histoire n'est pas finie. Donc finalement, Tahaboua dit qu'il renonce à être candidat, ça c'est dans un communiqué. La France insoumise attaque en disant « vous en avez fait une victime, en gros, vous avez livré son honneur aux chiens ». C'est un peu l'idée de reprendre les phrases de Mitterrand sur Pierre Berré-Gauvois.

Et puis de l'autre côté, il y a ceux qui s'interrogent en disant « mais est-ce que c'était vraiment le bon candidat pour cette... » Ce n'est pas qu'une question de personne. Pourquoi est-ce que ça part aussi vite ? Est-ce que ça traduit aussi un clivage sur certains sujets au sein de la France insoumise et de cette nouvelle alliance ? – Pas au sein de cette nouvelle alliance avec la France insoumise.

23:47
Invité

– La France insoumise et la gauche, c'est notamment le Parti communiste. Et en gros, si on parle très clairement, c'est la question du communautarisme. Donc ce monsieur, on a donné son CV. On peut parler aussi de cette circonscription. On est dans la banlieue de Lyon, Vénitieux, c'est un fief communiste. Il y a longtemps, c'était André Gérin, communiste qui était le maire, le patron de cette commune. Et dans cette commune, on a eu précocement des problèmes avec des affaires de voile et de foulard islamique dans cette commune.

Et donc on voit revenir se cristalliser sur cette personnalité-là une ligne de clivage au sein de la gauche entre ceux qui disent qu'il faut être sur une ligne de laïcité intransigeante et d'autres qui disent qu'on peut faire des accommodements raisonnables, etc. avec la pratique de l'islam. Lui ne se revendique pas comme étant musulman, mais tout ça est amalgamé avec la question de l'immigration. Tout le monde marche sur des oeufs. On rappellera aussi l'excellent score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour dans ses quartiers, 60% au Bervilliers, à la Courneuve et parfois plus dans les bureaux de vote qui correspondent précisément à ces cités-là.

Et donc Jean-Luc Mélenchon et son État-major voulaient s'adresser à cet électorat en disant qu'on va envoyer ce candidat, il est plutôt originaire de la région parisienne, on le parachute dans une banlieue lyonnaise, mais parce qu'il va faire le job, il va parler à cet électorat. Et on avait parlé des dissensions entre les communistes et les insoumis sur la question du nucléaire, mais il y avait aussi cette question-là. – C'est une question-là, rappelez-vous quand Fabien Roussel dit « Moi la bonne bouffe c'est un coup de rouge, une bonne viande et du fromage », une partie de la France insoumise et de la gauche des écolos l'avaient taxée de chauvinisme ou de nationalisme.

Donc c'est ces sujets-là qui remontent…

25:36
Présentateur

– Avec la personnalité d'Emeric Caron qui fait partie de cette alliance aussi et qui défend le processus de manger la viande.

25:41
Invité

– Et derrière il y a cette question du PC qui historiquement tenait ses quartiers populaires sur une ligne relativement laïque, et aujourd'hui une France insoumise qui est tentée par un certain nombre d'accommodements pour se conforter cet électorat.

25:55
Présentateur

– Et là on voit bien que le problème pourrait être relancé avec la polémique qui va sans doute reprendre sur la question du Burkini avec le maire de Grenoble qui a un conseil municipal sur le sujet dans les jours qui viennent et on voit bien que sur ce genre de sujet-là il n'y aura pas une position très fluide sur l'ensemble de cette Union populaire.

26:13
Invité

– Ah oui, la laïcité fracture cette gauche, elle fracture les Verts, elle fracture un degré moins le PS et puis évidemment c'est un cœur d'action pour la France insoumise depuis longtemps. Rappelons-nous la manifestation controversée en 2019 aux côtés des fondateurs du collectif contre l'islamophobie, les leaders de la France insoumise avaient défilé. L'affaire de Grenoble sur le Burkini est intéressante parce que derrière cette affaire il y a l'éventuelle infiltration des milieux municipaux par une alliance citoyenne qui se dit citoyenne mais qui est une association communautariste, clairement communautariste.

Et donc ça va faire des dégâts, non seulement là pendant cette campagne législative parce que ça va être le fruit de polémiques, mais aussi après. Après si cette alliance des gauches a un avenir, si elle se dit bon ben c'est pas passé cette fois-ci mais en 2027 on a toutes nos chances, il faudra aller au fond de ces problèmes et arrêter une ligne. Et ça, ça sera très très très difficile.

27:02
Présentateur

– Et sur ce genre de sujet, que dit le parti socialiste ? Sur Taabouas par exemple, on a beaucoup entendu les communistes pour des raisons aussi locales, il y a les convictions mais il y a aussi la configuration politique locale avec cette maire de Vénitio qui est aussi communiste. Mais est-ce que le PS va être gêné aux entournures sur un sujet comme celui-ci ou moins ? – On ne les a pas beaucoup entendus parce qu'ils ont aussi d'autres sujets à régler. Après ce qui est sûr c'est que, moi j'allais dire, ça a aussi gêné aux entournures les leaders insoumis en fait cette candidature parce qu'il fallait trancher à un moment en fait.

C'est-à-dire que là, aujourd'hui il y a eu un tweet de Manuel Bompard qui a dit que c'était toujours pas réglé. – Alors qui est Manuel Bompard ? – Pardon, le directeur stratégique de Jean-Luc Mélenchon qui est au cœur de ces négociations et qui a dit tout à l'heure c'est nous qui déciderons parce que maintenant les communistes en effet poussent une autre candidature qui est celle de la maire de Vénitio mais qui pose elle-même problème à certains et notamment des socialistes parce qu'en 2012 elle était contre le mariage pour tous. Donc vous voyez, c'est un… Après, là on parle beaucoup de la gauche mais dans les autres partis aussi il y a des points difficiles etc.

Il y a toujours des décidances. – Ça, ça fait partie du jeu des législatives, c'est toujours comme ça que ça se passe ou est-ce que c'est plus compliqué justement parce qu'ils ont décidé vraiment de travailler ensemble ? – Je crois que ces législatives-là, elles sont importantes parce qu'elles sont très différentes de la dernière fois où d'habitude on se dit qu'il va y avoir une majorité etc. Là il y a l'union de la gauche et il y a surtout un Jean-Luc Mélenchon leader, ce qui est nouveau. Et donc en effet, c'est ça qui crispe aussi. C'est-à-dire que tout le monde regarde le CV de chacun etc. C'est à Boeufs, il a quand même fait appel de son… – Oui voilà, c'est ce que je voulais ajouter.

– Et ce n'est pas injure assez, c'est injure publique en raison de l'origine en effet. Mais je veux dire, il a aussi écrit des livres, il a aussi… Donc moi ce que je trouve en fait dans cette affaire, c'est que ça dit quelque chose du système politique dans lequel on est, très vertical, et de l'affaiblissement des partis politiques qui n'arrivent plus, ce qui était leur rôle historique, à former des générations de militants. Moi je crois que, par exemple c'est vrai qu'il a eu des dérapages sur les réseaux sociaux, des injures, des mots, vraiment des dérapages. Mais ça dans un parti historique, je pense que…

Alors il y a les réseaux sociaux, c'est nouveau, mais je pense qu'on lui aurait dit aussi « ça il faut éviter parce que ça va embêter le parti, on va te le… » Et ça je trouve que c'est dommage de laisser aussi comme ça des… Et c'est aussi le problème des réseaux sociaux, c'est-à-dire que ça réduit la politique à des petites choses. On va chercher aussi, il faut que tous les gens qui veulent s'engager en politique, il faut qu'ils sachent qu'on va leur retrouver leur vieux post Facebook etc.

Ça m'a presque rappelé, mais ça n'a rien à voir, mais Gaspard Ganser, le conseiller de François Hollande, quand il a été nommé, ça a été un peu la première polémique réseaux sociaux, j'allais dire, où on a retrouvé une photo de lui en soirée où certains disaient « il est en train de fumer un pétard ». Lui il a dit « mais pas du tout » et on a oublié. Mais en fait c'est des petites choses qu'on découvre aussi tous, c'est-à-dire que maintenant il faut faire attention à ce qu'on dit, il faut se former même politiquement au débat. On ne l'a pas entendu d'ailleurs dans cette polémique, c'est dommage. En un sens on aurait envie d'entendre lui « est-ce qu'il s'excuse ? Est-ce qu'il est désolé ?

Est-ce qu'il va changer ? Est-ce que pas du tout ? » Après ça n'était pas de ce que j'ai lu en préparant cette émission, ce n'était pas uniquement ce qui lui était reproché, c'est quelques sorties et effectivement ce que vous avez rappelé, c'était aussi son parcours et ses partis pris.

29:51
Invité

Il y a des dérapages et en effet tout le monde peut s'excuser à l'air émission, mais il y a un engagement continu pour des thèses et là on est dans l'idéologie de ce monsieur. Par ailleurs, c'est vrai que les réseaux sociaux ont changé la donne, mais quand on attrape un candidat à Rassemblement National qui dans sa jeunesse a été un peu trop à droite par rapport aux règles en vigueur, il n'y a pas de pitié et on demande au Rassemblement National de virer complètement ce candidat s'il a eu des propos un peu trop gentils envers des régimes qu'il était beaucoup moins. Donc là on ne peut pas faire de poids de mesure. La candidature de Tahabouhaf, elle est idéologiquement indéfendable.

Mais après c'est vrai que c'est un rapport de force au sein de l'EFI et avec les autres partenaires.

30:26
Présentateur

Une partie des fondateurs d'Europe Écologie Les Verts se sont aussi braqués face à cette union, cette nouvelle union populaire. L'accord à gauche n'est qu'un marché de dupes, a dit José Bové, ou encore dans une tribune qu'il a signée avec d'autres fondateurs d'Europe Écologie Les Verts, qui vous a donné le droit de disposer de nos consciences au nom d'obscures tractations électorales. N'avez-vous pas honte ? Il y avait de la Nikon Bandit qui signait cette tribune. Est-ce que ça, ça gêne ? Ou est-ce qu'au fond, ce sont des figures un peu dépassées, sans être désobligeantes avec eux, de l'écologie ?

Non, mais derrière, il y a vraiment la question européenne, et ça, ce n'est pas du tout dépassé. Il faut se souvenir qu'Europe Écologie Les Verts a été créée pour ça, pour s'appeler Europe Écologie Les Verts pour des européennes. Et donc, là, on voit bien qu'il y a un peu un jeu de dupe entre partenaires dans cette union. C'est-à-dire que vous interrogez des insoumis, ils vous disent, non, très bien, des obéissances aux traités, on a obtenu exactement ce qu'on voulait.

Vous interrogez des écologistes, vous dites, non, non, mais ce n'est pas si clair que ça, on va en rediscuter avec eux, et puis si jamais on ne va pas aller jusqu'à des obéissances aux traités, on va simplement s'expliquer avec nos partenaires européens, on va trouver des solutions. Puis vous discutez avec un socialiste, il y aura encore un autre son de cloche. Donc on voit que finalement, ce n'est pas encore très bien posé. D'ailleurs, on attend le document, on n'a pas encore le document, c'est-à-dire l'accord.

Pour l'instant, on nous renvoie au programme de l'Avenir en commun, mais on n'a pas le document de la NUPES, qu'est-ce que c'est exactement, enfin à quoi ressemble la plateforme programmatique. Et là, on va vraiment, pour l'instant, on va les communiquer. Donc on va regarder précisément chaque virgule. Mais c'est vrai que, de toute façon, c'est un combat générationnel qui se joue dans cette nouvelle alliance. C'est-à-dire qu'on voit, il y a une aspiration de toute une partie de la jeunesse, sur les questions climatiques, il faut être plus radical. C'était un peu la bataille entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau.

Et donc, l'envie de faire cette alliance et d'obliger, quelque part, la transition écologique, parce que je pense que c'est un socle très profond, c'est un ferment très profond dans ce qui est en train de se passer. Et de l'autre côté, on a des générations, peut-être plus anciennes, mais ce sont eux qui votent. Donc ce serait important de voir ça au mois de juin. Et qui finalement se disent, mais attendez, les valeurs, on ne peut pas transiger sur l'universalisme, dont on parlait tout à l'heure, la laïcité. On ne peut pas transiger sur l'Europe, on ne peut pas transiger sur le nucléaire. Et donc, ils ne regardent pas tous les mêmes objets.

Qu'est-ce qu'ils regarderont, les Français, à votre avis, le jour du vote de ces législatives ? Est-ce qu'on regarde une étiquette politique pour, à un moment donné, être en phase avec des consignes qui viennent d'en haut ? Est-ce qu'on regarde des problématiques locales ? Qu'est-ce qu'on regarde quand on vote aux législatives ?

33:00
Invité

Alors maintenant, pour les législatives, depuis l'inversion du calendrier électoral et le non-cumul des mandats, parce qu'on parle d'élus enracinés, ils ne sont enracinés que dans leur mandat de député maintenant. Donc ils sont assez peu connus. Donc aujourd'hui, l'essentiel, c'est quand même l'étiquette qui va prévaloir. Quand on avait fait les calculs en 2017, vous vous souvenez que François Bayreau avait obtenu l'investiture pour des dizaines de ses candidats modem dans le cadre de la majorité présidentielle. Et le score moyen des candidats du modem était à la décimale près, équivalent au score des candidats de La République en marche.

Donc les électeurs avaient voté Macron, peu importe s'ils étaient modem, LREM, etc. Donc je pense que ce vote sur étiquette, ce vote partisan, aujourd'hui prend une importance beaucoup plus forte que par le passé. Et pour compléter ce qui vient d'être dit, on voit aussi cette bataille générationnelle au sein du PS. C'est les vieux éléphants du PS qui se disent « mais on ne peut pas brader la vieille maison », etc. Alors il y a quelque chose qu'on peut dire un peu trivial et cynique en disant « c'est les jeunes qui ont envie de faire carrière et d'arriver aux responsabilités, ils ont sauvé leur peau ».

Mais il y a aussi, au travers de cette alliance, alors c'est marrant parce que ça se cristallise autour d'un Jean-Luc Mélenchon qui est quand même assez âgé, un passage de relais générationnel avec aussi, dans les bagages, un changement de centre de gravité idéologique de la gauche. Parce que la gauche qui est en train de se dessiner sous nos yeux, elle est sur un référentiel qui est quand même assez différent de ceux de M. Cohn-Bendit, BC, Hollande ou Cazeneuve. Ça, quelque part, c'est la gauche plurielle. C'est la fin des années 2000. Et aujourd'hui, on est passé manifestement à tout autre chose.

34:37
Présentateur

Alors justement, parlons du Parti Socialiste, 10 mai, évidemment, une date symbolique pour la gauche et surtout pour les socialistes. Mais 40 ans après, l'humeur n'y est pas. Si l'accord est dénoncé par les grandes figures du PS, les militants, eux aussi, vous allez le voir, refusent de devenir les portes-serviettes de la France insoumise. Reportage en Charente, Laura Radeau, Maxime Logier et David Demarchand. Sur les bords de Charente, la terre natale de François Mitterrand. Ici, le souvenir du premier président socialiste est particulièrement vivace. Christian Sécénat avait 30 ans au moment de la victoire. Vous avez encore des choses de François Mitterrand ?

35:15
Invité

Ah ben oui, oui, c'est dans ma bibliothèque personnelle.

35:18
Présentateur

L'ancien cheminot a connu les grandes heures de la gauche, le triomphe de 81. Mais à l'époque, sa famille, plus conservatrice, redoute, elle, ce tremblement de terre politique.

35:28
Invité

C'était les Russes qui arrivaient. Ils revivaient ça. On allait les spolier, on allait leur prendre leur terre. Enfin, c'était des agriculteurs. C'était en Charente. C'était terrible, quoi. Et nous, on avait des espoirs de trouver de nouveaux avancés, quand même. Parce que le départ du quinquennat, enfin du septennat de François Mitterrand, ça a été quand même un espoir d'amélioration de la condition ouvrière.

35:57
Présentateur

De l'élection de François Mitterrand à celle de François Hollande, jusqu'aux dernières débâcles présidentielles. 40 ans de militantisme et la chute d'un parti. Malgré les doutes, campagne après campagne, lui n'a jamais lâché ses camarades socialistes.

36:11
Invité

Bonjour. Ça va Jérôme ? Et toi, bienvenue. Bonjour.

36:14
Présentateur

En terriné la veille par les instances du parti, l'accord avec la France Insoumise a rebattu les cartes, selon eux.

36:22
Invité

On ne peut pas faire de la politique en se criant dessus. Il faut avoir un débat. Le respect. On est un peu sous le choc de ce qui s'est passé hier soir, mais on l'accepte parce qu'on est quand même légitimiste à un moment donné. Et puis on va essayer de travailler ensemble, tout simplement.

36:36
Présentateur

Avec un rêve pour cette ancienne génération, revoir la gauche au pouvoir.

36:40
Invité

Mais il y a une chance en étant unis de se faire mieux, plus entendre, plus entendre. Je ne peux pas être contre l'accord parce que je milite depuis très longtemps pour qu'il y ait un accord de la gauche. Parce que la gauche divisée à chaque fois perd, la gauche réunie gagne. C'est un principe auquel je suis fidèle à ça.

37:01
Présentateur

Réunir les forces de gauche pour gagner. Les efforts se sont multipliés, en vain, bien avant le premier tour de la présidentielle. Guillaume Giraud, lui, a choisi Anne Hidalgo. Six mois à tracter pour une candidate, à laquelle il a cru jusqu'au bout.

37:15
Invité

Dans une ambiance où le cirque d'hiver est rempli, et où on a encore l'espoir finalement de se dire pourquoi pas. Oui, on y croit encore un peu, ouais.

37:24
Présentateur

Une campagne laborieuse, marquée par les invectives, souvent de la part de la France Insoumise. Alors pour lui, la nouvelle alliance passe très mal.

37:33
Invité

Je suis un peu choqué, quoi. Il y a encore un mois, moi, même nous, personnellement, sur le marché à Dijon, on se faisait insulter de gens de droite, de sociotraîtres, de tout ce qui allait avec. Et on a même vu des agressions physiques. Donc comment on fait pour balayer ça ? Moi, c'est la question que je me pose.

37:48
Présentateur

Un sentiment de déception, de trahison également. Salut ! Ça va ? Très remontés contre la direction du parti, ces militants de la base regrettent de ne pas avoir été consultés. Maintenant, c'est vraiment de prendre les électeurs pour... Des jambos ? Oui, oui, oui. Mais le problème pour revire d'abord des divergences de fond, avec Jean-Luc Mélenchon, que l'accord n'a pas effacé. Je ne pense pas tracter pour NUP parce que sur beaucoup de points de leur programme, je ne me rejoins pas. L'Ukraine, enfin, je suis désolée, la position de NUP par rapport à l'Europe, la position de NUP par rapport à la laïcité, la position de NUP par rapport à la sécurité.

Et en aucun cas, moi, je me rejoins avec ça.

38:28
Invité

En pleine guerre sur l'Ukraine, on est en train de faire des accords avec des gens qui, un corps de moine, nous disaient que finalement, c'était l'OTAN l'agresseur. Donc c'est assez difficile. Moi, je refuse de suivre l'ordre d'Olivier Fort qui me dit de partir de mon parti. Le parti, le Parti Socialiste, pour moi, c'est presque charnel. Donc moi, j'espère que des initiatives, ça peut être Carole Delga ou d'autres, pourront émerger au sein du Parti Socialiste et qu'on arrivera à refonder, à tout refaire s'il faut tout refaire, mais au sein du Parti Socialiste.

39:00
Présentateur

Alors qu'un membre de la France Insoumise a été investi dans leur circonscription de Côte d'Or, tous les quatre affirment être prêts à voter pour un candidat dissident lors du premier tour des législatives. – Christophe Barbier, on ne les voit pas très enthousiastes, hein ?

39:14
Invité

– Non, non, on voit bien cette jeune génération qui était restée accrochée au Parti Socialiste malgré les années difficiles et qui a l'impression d'avoir été vendue avec le fonds de commerce. Et pour tous ces jeunes qui espéraient peut-être faire leur chemin comme militants, comme élus, les portes se ferment ou bien vont s'ouvrir sur une idéologie qui n'est pas la leur. Donc il y aura des moments difficiles pour le Parti Socialiste après cette aventure. Alors évidemment, ça sera plus ou moins rapide et plus ou moins brutal contre la direction actuelle si ça marche avec pas mal de députés élus ou si c'est un fiasco dans les urnes dès le 12 juin.

Mais il y aura de tout de même un rendez-vous de règlement de compte. Qu'avez-vous fait ? Pour quel plat de lentilles avez-vous vendu Jaurès, Blum et Mitterrand dans un même sac ? Il y aura ce moment de vérité. Ce que prépare d'ailleurs Carole Delga à travers quelques candidatures dissidentes en Occitanie, mais surtout à travers les États généraux de la gauche qu'elle appelle de ses voeux, c'est cela. C'est l'idée qu'il faut restaurer un socialisme pur, une sorte de social-démocratie canal historique pour repartir de l'avant en tournant la page sur cette manière de s'arranger un peu à la petite semaine avec elle.

Ça va se faire derrière Carole Delga ou derrière Stéphane Le Folle ou derrière François Hollande ou derrière Bernard Cazeneuve ? Pour l'instant, les opposants sont partis dans trois directions différentes. Ceux qui restent à l'intérieur du PS et qui attendent leur heure en disant « Bon, on ne bouge pas, on est loyaux, mais ça va mal se passer et après on prendra la parole. » Patrick Menouti s'est exprimé sur ce thème. Ceux qui organisent déjà une forme de sécession, de dissidence, j'allais dire de fronde. Carole Delga est aujourd'hui frondeuse contre ce parti comme d'autres l'ont été sous François Hollande. Et puis la troisième partie, c'est ceux qui sont partis, qui ont claqué la porte.

Bernard Cazeneuve récemment, mais avant cela, Marisol Thoren, François Rebsamen, qui étaient déjà partis chez Macron pendant la campagne présidentielle, prenant acte du désastre qu'allait être la candidature Hidalgo et de fait de la domination que ça allait donner à Jean-Luc Mélenchon. Trois stratégies divergentes, on ne les voit pas beaucoup se parler entre eux.

41:04
Présentateur

Jérôme Fourquet, c'est vrai qu'il y a des gens qui nous regardent et qui se disent « Voilà, on voit revenir François Hollande qui se pose même la question. » On voit souvent revenir. Pardon ?

41:12
Invité

On voit souvent revenir, vous êtes d'accord ?

41:13
Présentateur

Oui, il veut continuer à peser dans le débat politique et avec l'idée même de pourquoi pas se présenter à ses législatives. Il y a toute une partie des gens qu'on écoute là dans ce reportage où on se dit « Est-ce qu'il serait si mal à l'aise que ça chez Emmanuel Macron ? »

41:26
Invité

Alors, comme disait Christophe Barbi, il y a différentes gradations et certains aujourd'hui veulent rester dans le courant qui était le leur, le couloir qui était le leur, sans pour autant aller chez Emmanuel Macron. Ce que les macronistes espèrent, c'est que dans cette vente à la découpe, ils vont pouvoir continuer de faire leur marché et de récupérer ce qui reste d'électorat ou de cadre sociodémocrate au Parti Socialiste. D'autres espèrent pouvoir monter une fronde, mais comme d'habitude, la fronde part en ordre dispersé et donc il va être très difficile dans un laps de temps court d'arriver à monter des équipes de candidats dissidents sous un même label pour ces frondeurs.

Donc les règlements de comptes auront lieu plus tard. Ce qui se passe aussi, c'est qu'il faut qu'on ait en tête le fait que dans la négociation qui a été passée entre le PS et la France Insoumise, le PS s'est vu attribuer 70 circonscriptions. En 2012, François Hollande, il y a 10 ans, était élu président de la République. Ils avaient une majorité absolue à l'Assemblée. Là, ça veut dire que dans 500 circonscriptions, il n'y aura pas de candidat socialiste officiel. Donc c'est quand même un effacement du paysage qui a été acté par cet accord. Et donc en 2017, le parti a vendu la revue de Solferino, son siège historique. Et là, on est encore... C'est la fin du processus.

Là, on est vraiment à la fin du processus. Et comme souvent, en fin de processus, on a une décomposition qui part dans tous les sens.

42:53
Présentateur

Ça, c'est qu'est-à-dire ? Ça part dans tous les sens avec quand même cet accord qui est un accord de dernière minute qui fait qu'il y avait beaucoup de militants qui avaient commencé à labourer le terrain. C'est-à-dire qu'ils s'imaginaient investis par le Parti Socialiste. Donc ils ont commencé, ils ont réuni leurs équipes, ils ont commencé à se déplacer, etc. Et donc finalement, il y a plusieurs sédimentations. Il y a les anciens candidats et puis il y a les nouveaux, parfois parachutés. Et donc c'est à ça qu'on est en train de s'assister en ce moment. Alors pour l'instant, effectivement, c'est géographique.

C'est-à-dire qu'on a Carole Delga, par exemple, qui a investi des candidats en Occitanie avant même qu'on connaisse la liste des circonscriptions réservées, soit à la France Insoumise, soit aux écolos, soit aux partis socialistes, soit aux communistes. Et donc c'est la même chose, par exemple, en Bretagne. C'est-à-dire qu'à Brest, il y a des endroits où des élus sont en train de se préparer en disant, mais pourquoi finalement enteriner ces choix ? De toute façon, ces choses se sont faites loin de nous. C'est un accord parisien. Et nous, on va faire ces sessions. C'est intéressant ce que vous dites. On parlait tout à l'heure de la fin des partis politiques.

Vous nous dites, ils n'ont pas été consultés. On leur a dit, c'est comme ça que ça va se passer. Et ils le racontaient très bien dans le reportage. On a fait campagne. On s'est insultés les uns les autres. On nous a reprochés d'être trop libéraux, etc. Il le racontait très bien et aujourd'hui, on lui dit tous sous la même bannière. On sent bien qu'il y a une forme de brutalité qui n'est pas du tout acceptée sur le terrain. Oui, et puis il y a la thématique... Pas toujours, en tout cas. Et il y a la thématique, parce que François Hollande est en position de faiblesse politique, mais il est toujours très bon dans la sémantique. C'est lui.

Et donc, là, il a expliqué qu'il y avait une forme d'humiliation dans ce qui s'était passé. C'est-à-dire que c'est un candidat à la France insoumise qui a été investi dans sa circonscription. Et il y a énormément de symboles comme ça. C'est-à-dire dans le Tarne, par exemple, patrie de Jaurès, ce sont des candidats à la France insoumise. Donc, il y a énormément comme ça d'irritants locaux. Et c'est pour ça qu'on va en parler énormément. Alors, on est entre le 16 et le 20 juin pour que tout ça se stabilise. On saura effectivement... Parce qu'il y a beaucoup de gens qui prétendent être dissidents. Et puis, au dernier moment, ça arrive à chaque élection législative.

Et finalement, ils ne sont pas si nombreux que ça. Mais là, il va falloir regarder parce qu'il y a un ressentiment. Et puis, perdu pour perdu, pourquoi pas défendre leur couleur ? Et puis, il y a une autre question. Ça, on ne le sait pas encore précisément. Est-ce que dans l'accord, dans les groupes, est-ce que les dissidents pourront siéger ? C'est-à-dire, est-ce qu'il y aura un retour possible ? Ça, ça peut changer pas mal de choses. C'est des petits détails comme ça, mais qui sont quand même intéressants à observer. Je me demande ce que les gens qui nous écoutent retiennent de tout ça. Et si ça leur donne envie d'aller voter mi-juin, je ne sais pas. Je ne sais pas.

Ils sont habitués aux législatives. C'est tout le temps comme ça que ça se passe.

45:20
Invité

Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans ce reportage, vous avez donné la parole à des militants. Oui. Qui, eux, ont fait campagne, etc. Peut-être que le ressenti des électeurs est différent. En disant, enfin, la gauche arrive à se rassembler, à se mettre d'accord, etc. Là, c'est quand même des gens qui parlent de la défense de leur appareil, de leur boutique, et aussi de leur investissement personnel. Ils ont tracté, etc. Ils ont le sentiment d'être un peu les dindons de la farce. Peut-être que dans la même circonscription, un électeur socialiste lambda...

45:45
Présentateur

Il va se dire que c'est l'union à tout prix.

45:47
Invité

C'est l'union qu'on rêvait, dont on souhaite qu'on attendait. Rappelez-vous ce qui s'est passé avec la primaire populaire. Et au moins, ils l'ont fait.

45:53
Présentateur

Oui, j'allais dire, la dernière fois, l'abstention a été record aux dernières législatives, alors qu'on était dans un moment politique plus enthousiaste qu'aujourd'hui. Emmanuel Macron arrivait sur la scène politique, avait été élu, et on a eu 56% d'abstention au second tour, ce qui est quand même assez énorme. J'ajoute juste sur les fameuses dissidences qu'il y a quand même aussi beaucoup sur les réseaux sociaux, on le voit, de candidats qui disent « non mais c'est bon, moi je laisse ma place, etc. » La NUPES et tout. Donc ce que nous dit Olivier Faure, par exemple, c'est qu'il ne va pas y avoir tant de dissidences que ça.

En revanche, ce qui va être intéressant, c'est de voir si dans ces circonscriptions-là, est-ce que justement le Parti Socialiste n'a pas une forme de nouvelle, une forme de renaissance, et en fait, l'électeur de la circonscription va se dire « ah ben j'ai déjà voté utile » alors que je ne suis pas forcément fan de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, mais cette fois, j'ai un candidat socialiste, j'en profite. Parce qu'en fait, c'est très peu 70 circonscriptions sur 577 pour un parti qui est historiquement partout. Cette question qui ressemble plus à un tacle glissé. Pourquoi les ténors qui critiquent l'accord à l'FIPS sont-ils des gens qui ont raté leur sortie ?

Jospin Hollande, Valls, Comadalys.

46:56
Invité

Oui, c'est sûr que c'est un peu le monde d'avant. C'est le monde d'avant, c'est ceux qui ont participé à des expériences de pouvoir qui se sont mal terminés. Autour de Lionel Jospin et de la gauche plurielle, cette candidature de 2002 où il a dit « mon projet n'est pas socialiste » et où les dissidents ont provoqué sa chute, Taubira, Noël Mamère et quelques autres, il n'avait pas réussi à unir la gauche au premier tour, et avec François Hollande, l'effrondeur. Parce que si le parti socialiste aujourd'hui est aussi mal, c'est parce qu'il a vécu en 2016 autour de la loi travail un schisme absolu dont il ne s'est jamais vraiment remis.

Ce n'est pas un hasard si la France insoumise a mis sur la table des négociations immédiatement « il faudra défaire les lois El Khomri sur le travail ». Obliger les socialistes à renier le hollandisme, c'était l'un des enjeux idéologiques de cet accord.

47:36
Présentateur

Pourquoi est-ce qu'on ne parle pas d'ELR en ce moment ?

47:39
Invité

Ils ont choisi tout de suite d'être indépendants. Donc là, il n'y a pas eu de négociation ni avec Macron. Donc ils sont sur le terrain, ils font campagne ? Oui, mais ils ont aussi à se faire. Parce qu'avec une telle abstention, pour être au deuxième tour, il faut être dans les deux premiers ou faire au moins 27-28%. Un troisième qui fait 28%, ça n'arrivera pas souvent. Si l'ELR est troisième dans de nombreux endroits, ils seront éliminés souvent. Ils ont vu une partie de leur électorat qui a voté Emmanuel Macron dès le premier tour. Donc ils ont vu dans les beaux quartiers, notamment de l'ouest parisien.

48:04
Présentateur

Et qui pourraient être tentés de le refaire ?

48:06
Invité

Bien sûr, notamment ce qu'on disait tout à l'heure, s'il y a une menace Mélenchon, l'électorat de droite va se dire « est-ce que je vote pour un député OLR ou est-ce que je conforte le président avec sa majorité parlementaire ? »

48:15
Présentateur

En tout cas, Emmanuel Macron l'a dit hier en déplacement à Berlin. Il a trouvé le nom, il a son premier ministre. Alors c'est à peu près tout ce que savent les ministres qui sont en train, eux, de faire leur carton. Une drôle de période d'incertitude où il faut quand même conserver son costume de membre du gouvernement. Nos équipes ont suivi le secrétaire d'État au numérique hier toute la journée, Romain Bessneno et Mario Devauchel.

48:38
Invité

Il est ici, chez lui, à la station F de Paris. Ah, ça a vu ? Cédric O, le secrétaire d'État chargé du numérique, visite une dernière fois ce campus de start-up le plus grand du monde. Tout un symbole pour celui qui vit ses dernières heures en tant que ministre.

49:01
Présentateur

« T'as déjà entendu parler de vous, ça c'est très bien. »

49:04
Invité

« Le mandat s'est un peu débuté ici, puisque je me rappelle que l'un des premiers déplacements qu'on avait fait avec Emmanuel Macron, c'était l'innovation de Station F, qui va fêter ses 5 ans. Et donc c'était une manière de boucler la boucle. » Cédric O, le chantre de la French Tech et de l'innovation, spécialiste au gouvernement des questions numériques. On lui doit notamment la rencontre entre le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, et Emmanuel Macron en 2018. Un profil très technique, assumé. « Vous êtes un peu le symbole de la start-up nation d'Emmanuel Macron ? » « Alors je pense que le symbole de la start-up nation, c'est Emmanuel Macron lui-même.

Aujourd'hui, le nombre d'entreprises qui se créent, les emplois, près d'un million d'emplois qui ont été créés, pas qu'à Paris, partout en France, je pense que c'est quelque chose. Et surtout, je pense que le plus important, c'est l'état d'esprit. C'est-à-dire qu'il y a un état d'esprit optimiste, entrepreneurial, qui ne nie rien des difficultés, mais qui se dit qu'on peut trouver des solutions, on peut entreprendre et on peut créer de la valeur en France. La boîte a combien de temps ? » Cédrico a d'ores et déjà annoncé qu'il ne ferait pas partie du prochain gouvernement. Fini la politique, retour dans le privé. Un classique en Macronie.

« Ça a été vraiment une des expériences qui restera peut-être les plus exaltantes et les plus intéressantes de ma vie, mais je considère que ça fera à peu près 7 ans que je me suis engagé auprès d'Emmanuel Macron. Et je considère que c'est un engagement, qu'il y a une mission, et qu'ensuite, il faut faire des allers-retours, parce que c'est bon pour les personnes, on va voir autre chose, on se refrotte à la réalité quotidienne, et c'est bon pour les organisations d'avoir ces allers-retours. » Un nouveau départ, à seulement 39 ans. L'ancien conseiller de l'ombre du président Macron, Kit Bercy, conscient des enjeux colossaux qui attendent le prochain gouvernement.

« Quel conseil vous pourriez donner à Emmanuel Macron avant de partir ? » « Non, je ne donne pas de conseils au président, il n'en a pas besoin. Mais je pense qu'il ne faut surtout pas s'arrêter là. Je pense qu'il en a totalement conscience. On voit souvent que c'est après les crises que les positions se prennent. Si les États-Unis ont une industrie du lumière qui est aussi puissante, ce sont des boîtes qui ont émergé après la crise de 2008, notamment. Et donc, c'est maintenant que les choses se jouent. » Au ministère, tout est prêt. En attendant l'annonce du nouveau gouvernement. « Bonjour, monsieur. Bonjour, madame. » Une question d'heure, deux jours sans doute. « Bonjour.

» Dans les cartons, quelques souvenirs du dernier quinquennat. « C'est le cycle de TousAntiCovid. Alors ça, en fait, c'est un de mes tout premiers déplacements, qui est la fête de la Légion étrangère. Et j'avais eu l'occasion de remettre leur certificat de nationalité française à des militaires. Je crois que ce militaire est ukrainien, d'ailleurs. » Cédrico fait partie des ministres marqués à gauche par son engagement passé aux côtés de Dominique Strauss-Kahn ou Pierre Moscovici. Aujourd'hui, il assume les années Macron, malgré les critiques. « J'ai aucun problème avec ce qui a été fait ces cinq dernières années. J'en suis même extrêmement fier.

Encore une fois, on a fait des choses en termes de libération de l'entrepreneuriat, de création de richesses, de création de croissance sur le sol français que la droite n'avait jamais osé faire. C'est vrai sur les réformes fiscales, c'est vrai sur la réforme du marché du travail pour financer des choses que la gauche n'a jamais pu se permettre de financer. » Et à ce stade, on peut dire sans se tromper Christophe Barbier

52:49
Présentateur

que Cédrico, comme ses petits camarades, ne sont absolument pas fixés sur leur sort. Pour certains, ils sont déjà sur le départ, ils l'ont accepté, ils l'ont intégré. Pour d'autres, ils attendent encore le coup de fil. On va demander de rester.

52:59
Invité

Certains ont décidé de partir et l'ont fait savoir. C'est son cas, c'est le cas de Jean-Baptiste Djébari, c'est le cas aussi de parlementaires qui n'ont pas de démérité comme l'ancien policier Jean-Michel Fauverg. Ils ont dit que pour eux, une autre expérience les attendait. C'est assez typique de la Macronie, ça d'ailleurs. Il y a une vie après, il y a une vie avant. La politique n'est pas tout, on ne s'accroche pas. Ça a des côtés sympathiques, ça a des côtés aussi parfois étranges parce que la responsabilité, c'est quand même d'être à la disposition de la République et de son président. Enfin, c'est leur destin. Il faut rester quand même du côté du gouvernement.

Ceux qui n'ont pas eu de portefeuille régalien en obtenir, ceux qui en ont obtenu un en changer. Et ça, ça va donner du suspense au-delà même de la nomination du Premier ministre ou de la Première ministre jusqu'à la formation du gouvernement. Peut-être en deux temps d'ailleurs. On peut avoir un mini-gouvernement du 15 mai au 20 juin et puis après les législatives en fonction des rapports de force interne à ensemble, la nouvelle majorité présidentielle, une redistribution d'une quinzaine ou d'une vingtaine de portefeuilles supplémentaires.

53:56
Présentateur

Pourquoi n'entend-on plus parler de Yannick Jadot ? Négocie-t-il son portefeuille de ministre ? C'est vrai qu'il est très discret. C'est une très, très bonne question parce qu'il a disparu. Il a disparu depuis l'accord. Il s'était exprimé sur France Inter peu avant qu'on sache que l'accord était noué. Il avait expliqué ses grandes réticences notamment sur la question européenne. Et depuis, on n'a aucune nouvelle de Yannick Jadot. Alors c'est vrai que pendant longtemps, la Macronie regardait Yannick Jadot en se disant que finalement, ce serait un très bon symbole évidemment pour cette nouvelle architecture gouvernementale qui ressemble beaucoup à ce que voulait faire Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy, c'était un vice-premier ministre chargé de l'écologie. Là, ce sera un premier ministre chargé de la planification écologique. Alors en même temps, ce genre de transfuge s'achète, pardonnez-moi du terme, très cher. C'est-à-dire que Yannick Jadot, il ne viendra pas pour un secrétariat d'État à la biodiversité. Donc effectivement, il faut lui... Si jamais les tractations... Pour l'instant, on ne sait pas. Peut-être que demain, on va découvrir que c'est le cas. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, vu l'accord qui a été noué, Yannick Jadot, il serait plus logique.

C'est plus un grunon, c'est plus un verre allemand, Yannick Jadot, donc il serait plus logique de le retrouver en Macronie vu la façon dont les bords du fleuve sont en train de s'écarter.

55:09
Invité

Une partie de son entourage l'incite à le faire parce que dans l'accord NUP, ce n'est pas sa ligne qui a été retenue et dans la répartition des postes, ce ne sont pas ses amis qui ont été servis. Et même, sa garde rappochée a été systématiquement écartée. À partir de ce moment, le rendez-vous du Congrès des Verts et le rendez-vous des Européennes ne sera pas facile pour lui. Donc ses proches l'insistent à envoyer le SMS à Emmanuel Macron. On peut discuter. D'autant qu'Emmanuel Macron... Ce n'est pas dans ce sens que ça se fait d'habitude. Il faudrait que ça se fasse dans l'autre sens, mais il faudrait que Emmanuel Macron aimerait bien qu'on lui envoie un petit désir d'avenir.

Et donc évidemment, si tous les deux attendent le SMS de l'autre, ça va se terminer par un malentendu. Un malentendu dont les deux, d'ailleurs, seront perdants. Parce qu'il n'y a plus de marqueurs écolo chez Emmanuel Macron depuis l'affaire Hulot. Et puis, il n'y a pas d'avenir pour les idées d'Yannick Jadot au sein des Verts tels qu'ils sont en train de faire.

55:54
Présentateur

C'est dur à défendre quand même pour Yannick Jadot après avoir bataillé contre le bilan d'Emmanuel Macron et contre...

55:59
Invité

Quel sacrifice lui est demandé ? Sur le nucléaire, oui. Il faut revoir complètement la politique, son engagement et le calendrier. Mais sur le reste, la biodiversité, le plan pour lutter contre les passoires thermiques, le gouvernement a besoin de lui et le gouvernement veut aller dans ce sens-là. Le président a dessiné une architecture de gouvernement où il y a à côté de la première ministre éventuelle deux super-ministres clés sur des thèmes écolo. Transition écologique territoriale, transition énergétique. Il est parfaitement formaté pour ça.

56:24
Présentateur

Très rapidement, on n'a pas commenté depuis le début de l'émission la phrase d'Emmanuel Macron sur la révision des traités européens hier à Strasbourg. Est-ce que c'est un message qui est envoyé à tous les eurosceptiques qui se sont largement exprimés pendant cette campagne présidentielle ? Est-ce que c'est pour gêner la campagne de Jean-Luc Mélenchon ou est-ce que ça n'a rien à voir ? Un message à la destination des partenaires européens, du Parlement européen qui veut cette révision des traités. Des partenaires européens, on sait, je crois, c'est 13, si ma mémoire est bonne, 13 pays qui ont indiqué qu'ils étaient contre cette révision des traités.

Mais évidemment, il y a un message de politique nationale aussi en disant l'Europe, on peut la réformer de l'intérieur, je vais m'y atteler. Et c'est vrai qu'on a la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne depuis le début de l'année et on attend des messages forts du président de la République sur ces questions-là. Il y a eu la guerre en Ukraine, évidemment, et puis l'élection présidentielle. Donc, c'est un package, en fait. C'est à la fois présidence de l'Union européenne, à la fois politique nationale et aussi en destination des partenaires européens. Et nous revenons à vos questions. Une question de Philippe en Isère.

Vu la crainte que suscite Mélenchon dans le camp Macron, n'est-ce pas un indice que le leader de la NUPES a des chances de réussir son pari ?

57:38
Invité

Alors, des chances de réussir son pari, on verra. Ce qui est sûr, c'est qu'il a réussi à se mettre au train de trop du jeu. Et le fait qu'il concentre tous les tirs sur lui montre bien qu'il a au moins déjà gagné la première manche. Il a volé la vedette à Marine Le Pen. La petite phrase d'Emmanuel Macron qu'on vient de commenter, c'est aussi sans doute parce que Jean-Luc Mélenchon est en brèche sur ce sujet. Donc, voilà, bien joué pour Baron Noir. Il a réussi à se remettre dans le jeu pour l'instant. Maintenant, ça ne fait pas une victoire. Et puis, la Macronie agite l'épouvantail Mélenchon pour attirer à elle les derniers de droite modérée ou de gauche modérée qu'elle pourrait racoler.

58:16
Présentateur

Ça peut aussi avoir l'effet inverse, je trouve, parce qu'en publicité, par exemple, il y a de la publicité en politique, on dit souvent ne jamais citer le concurrent, ça lui fait de la pub. Donc là, je trouve qu'ils y vont quand même très fort. Est-ce que ça ne peut pas aussi le renforcer ? Je ne sais pas. Il est aujourd'hui le premier opposant, clairement, Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen a laissé ce rôle-là pour l'instant. Moi, je dirais que déjà à l'Assemblée nationale de la précédente législature, il était dans les débats le premier opposant. Et là, j'allais dire Marine Le Pen ne joue pas le jeu. Jordan Bardella, je crois qu'elle a...

Jordan Bardella, il le dit comme ça, il dit, on ne veut pas être les premiers ministres ou le gouvernement d'Emmanuel Macron comme si c'était corrélé alors qu'une cohabitation. Là, Jean-Luc Mélenchon, pour le coup, il y a un duel pour moi. La tripartition de la présidentielle se transforme en duel pour ses législatives. On verra ce que ça donne dans les urnes parce que le Rassemblement national peut faire de très bons scores. Parfois, sans même faire campagne, ils font de bons scores. Vous nous disiez que ce n'est pas un scrutin qui leur est favorable.

59:06
Invité

Non, elle fait 34% en deuxième tour en 2017 et elle sort avec une dizaine de députés aux législatives un mois plus tard. Et donc, peut-être qu'aussi, le RN a intégré cela. Il se dit, on ne va pas dépenser de l'énergie, etc. Nous, on se réserve pour la prochaine bataille, les européennes et puis peut-être la présidentielle d'après. C'est un peu le sens de son discours en disant qu'il faut continuer le combat, etc., mais pas forcément sur les législatives où ils ont anticipé que ce ne serait pas forcément très fructueux.

59:32
Présentateur

Il y a un enjeu financier pour ces élections.

59:35
Invité

Non, non, mais ils vont, bien évidemment, ils vont... Alors, le RN connaît les questions financières. Donc, ils vont présenter des candidats dans le plus d'endroits possible, mais il n'y a pas du tout la même dynamique et le même allant. Elle n'est pas en train de dire à ses troupes qu'on va gagner les législatives et ni à son électorat et lisez-moi, première ministre.

59:52
Présentateur

Ils disent même qu'ils n'auront pas de toute façon la majorité et qu'ils le savent. Bruno, dans le Val-de-Marne, même proche des idées de Mélenchon, je ne peux voter pour lui à cause de sa position qui me semble extrême. Suis-je un cas isolé ? On en parlait tout à l'heure. C'est même le titre de cette émission qui a peur de Mélenchon, visiblement, cette personne qui nous interroge ce soir.

1:00:10
Invité

Alors, il y a quand même toute une partie de l'électorat de gauche qui a franchi cette difficulté lors du premier tour de la présidentielle puisqu'il a fait 22% et il a quasiment aimanté à lui tout l'électorat de gauche encore disponible. Maintenant, peut-être qu'effectivement, aux législatives, une partie de cet électorat disait, voilà, on a fait le job une fois et maintenant, en législative, ce n'est plus possible pour nous.

1:00:32
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, sait-il que le score obtenu au premier tour de la présidentielle était un vote de barrage, pas une adécie à son programme ?

1:00:38
Invité

C'est un vote de barrage et un vote d'espoir aussi parce qu'une partie de ces électeurs se disaient qu'on a une chance d'avoir notre candidat de la gauche au second tour et d'éviter ce Le Pen-Macron dont la plupart des électeurs ne voulaient pas au second tour. Donc, il y avait quand même cette motivation-là. La plupart d'entre eux savaient bien que dans le cas de figure Macron-Mélenchon, la défaite serait totale. Mais quand même, ils voulaient ce second tour gauche-Macroni et pas extrême-droite-Macroni. En effet, au législatif, ce n'est pas du tout la même donne.

Il y a l'implantation locale de tel ou tel candidat qui peut jouer et puis, il n'y a pas de risque de voir le Front National l'emporter dans un second tour et diriger le pays. Ce n'est plus du tout le même cas de figure. Donc, les motivations ne sont pas les mêmes.

1:01:14
Présentateur

Pourquoi les socialistes n'actent-ils pas une scission en deux parties ? Le premier rejoint la NUPES, l'autre rejoint la majorité présidentielle.

1:01:22
Invité

C'est peut-être ce que l'on verra après la législative. Deux parties de pas grand-chose, ça fait presque moins que rien quand même. Donc, avant de se diviser, il faut essayer peut-être de repartir sur des bases unies. D'autant qu'il y a un tissu d'élus locaux, d'élus territoriaux pour le Parti socialiste où tous ces débats qu'on a évoqués parfois semblent un peu irréels.

1:01:39
Présentateur

Après la débâcle à la présidentielle et l'erreur du casting d'Anne Hidalgo, Olivier Faure n'aurait-il pas dû démissionner ? C'est vrai qu'il n'a pas du tout pris cette défaite pour lui ? Non, parce qu'il a participé à la campagne mais quand même d'assez loin. C'est-à-dire qu'il avait un doigt de pied dans la campagne et puis sinon, il était plutôt à distance raisonnable en expliquant d'ailleurs toutes les difficultés qu'il pouvait avoir dans les choix de la candidate. Olivier Faure, il espère laisser la trace de celui qui aura créé cet élan pour la gauche, revigorer la gauche, etc.

C'est quand même quelqu'un qui en 2017 disait en privé que finalement il n'était pas si loin d'Emmanuel Macron mais que ce qui le séparait d'Emmanuel Macron c'est que lui voulait une alternance qui ne soit pas l'extrême droite. Donc il y a eu des choses qui ont changé visiblement en 5 ans. Emmanuel Macron a-t-il toujours en tête le nom d'une femme pour le poste de Premier ministre alors que deux personnes pressenties auraient déjà refusé ? Ça, il ne nous l'a pas dit. Il a dit je connais mon premier ministre première ministre mais il n'a pas dit si c'était une femme.

Moi je crois que ce serait clairement un atout pour lui parce que ça montre dans cette période où justement on le disait c'est la gauche qui est plutôt son adversaire dans ses législatives il a intérêt à envoyer des signaux. Il a donné seulement trois critères sans dire le genre il faut que ce soit quelqu'un de social d'écologique et de productif. Donc qu'est-ce que... Alors maintenant il faut trouver en effet c'est pas simple ça n'a pas l'air...

Il y a d'autres noms qui circulent par rapport à ceux qu'on a entendus si on parle de femmes après celles qui ont effectivement décliné la proposition Christelle Morencel la présidente de la région des Pays de la Loire qui serait pressentie Catherine Vautrin ancienne ministre de Jacques Chirac et Nicole Nota voilà des noms qui circulent mais effectivement pour l'instant ce ne sont que des rumeurs.

1:03:17
Invité

Oui on a même vu dans un journal économique le nom d'Audrey Tcherkov qui est très engagée du côté de l'économie positive alors totalement étrangère à la politique c'est pas normal quand on est président et qu'on a le nom qu'on a décidé de ne pas le dire et de ne pas le nommer. C'est vrai ça vous a choqué ? Il a fait une déclaration d'investiture samedi où dix fois il a prononcé le mot agir c'était l'anaphore de son discours.

On voit un gouvernement qui fait les cartons donc qui n'agit plus du tout et on peut les comprendre on ne fait pas perdre à un pays une semaine dix jours quinze jours alors qu'il n'y a que 1800 jours dans un quinquennat et que les problèmes s'accumulent gravement et ça c'est pas normal la part d'un président.

1:03:50
Présentateur

Il était à l'étranger voilà pourquoi il ne pouvait pas aller si long mais ça veut dire que s'il l'a

1:03:57
Invité

de son quinquennat.

1:03:58
Présentateur

Une dernière question le président Macron pourrait-il reprendre Edouard Philippe comme premier ministre ? Non c'est pas dans les plans et c'est vrai qu'il a besoin d'avoir un symbole de nouveauté. Comme femme à barbe ça ne marcherait pas. Merci pour cette vanne de fin d'émission Christophe Barbier c'est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de C'est à vous au programme ce soir. Anne-Elisabeth.

Bonsoir Caroline Emmanuel Macron les deux mains dans la tambouille électorale le portrait d'un mercenaire repenti du groupe Wagner qui a combattu en Ukraine et la patineuse Sarah Abitbol victime de violences sexuelles et dont le témoignage a provoqué une onde de choc dans le monde du sport. Voilà pour le sommaire de C'est à vous ce soir. Merci bonne émission Anne-Elisabeth on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez je vous le rappelle en replay et en podcast belle soirée.

Législatives : qui a peur de Mélenchon ? #cdanslair 10.05.2022 · Pourquijevote