Eric Zemmour : « J'ai voté François Mitterrand parce que je cherchais ma voie » | INA adn
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je souhaite, M. Mitterrand, que vous et votre parti ayez la même conception de l'impartialité de l'État que celle que j'ai toujours eue et qui a toujours eu le mouvement auquel j'appartiens. Je vous ai observé pendant deux ans, vous me donnez là un bien mauvais exemple, mais je ne veux pas m'engager davantage. Moi, je vous appelle, je ne fais aucune observation particulière sur votre façon de vous exprimer, vous en avez le droit. Moi, je continue de vous appeler M. le Premier ministre, puisque c'est comme cela que je vous ai appelé pendant deux ans, et que vous l'êtes.
Eh bien, en tant que Premier ministre, j'ai constaté que vous aviez, et c'est bien juste de le dire, de très réelle qualité, vous n'êtes pas celle de l'impartialité ni du sens de la justice dans la conduite de l'État. Permettez-moi juste de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats à égalité et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler M. Mitterrand. Mais vous avez tout à fait raison, M. le Premier ministre.
Pourquoi Mitterrand et pas Chirac ? D'abord parce que je viens, si vous voulez, comme j'avais voté Mitterrand en 1981, socialement, je me sentais dans le camp des petits, d'où je venais. Vous voyez, c'était une sociologie. Et j'avais l'impression du mépris de classe de Giscard à l'époque. Et en 1988, je n'avais pas confiance dans Chirac. D'ailleurs, j'ai écrit plus tard des livres assez... L'homme qui ne s'aimait pas. L'homme qui ne s'aimait pas. C'était en 2002. Exactement. Et je n'avais pas confiance en lui, je n'avais pas confiance en ses revirements incessants. Et vous avez plus confiance en Mitterrand ? Non, non, pas du tout, pas du tout. Non, vous avez raison.
Je n'avais pas plus confiance en Mitterrand, mais il fallait bien choisir. Je cherchais ma voie. Je vais vous dire, honnêtement, en 1988, je n'ai pas encore trouvé ma voie politique. D'ailleurs, tout ça est assez cohérent, puisqu'on a vu au début de notre conversation le basculement qui a été pour moi en 1989. Puis ensuite, il y a eu 1989, le voile de Creil. Puis ensuite, il y a eu 1992, le référendum sur Maastricht. où là, je m'inscris petit à petit, au fur et à mesure de la campagne, dans le camp du non. Vous voyez, ensuite, il y a une logique dans tout ça. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Éric Zemmour