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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 9 juin 2025 27 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

"La réforme d'Emmanuel Macron ne résout pas le problème de financement."

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Le rapport annuel du COR alerte sur le creusement des déficits. Quelle est votre réaction ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    Ce rapport privilégie un scénario plutôt que d'autres. Est-ce que cela met la pression sur les partenaires sociaux ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Les scénarios macroéconomiques du COR sont-ils justes ?

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Le rapport dit que les recettes baissent. Pourquoi et comment agir ?

  • 4:00FerméeRéponse directe

    L'abrogation de la réforme coûterait 10 à 15 milliards. Qui va payer ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    La CGT propose d'augmenter les cotisations ou de taxer les dividendes. Pourquoi ces solutions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Sophie BinetFait
    « la réforme d'Emmanuel Macron ne résout même pas le problème de financement »
  • 2:30Sophie BinetChiffre
    « d'ici 2070, malgré la forte augmentation démographique du nombre de retraités, les dépenses de retraite vont rester stables dans le pays »
  • 4:30Sophie BinetFait
    « il faut augmenter les recettes pour financer notre système de retraite notamment dans le secteur de la fonction publique »
  • 9:30Sophie BinetFait
    « il faut arrêter de distribuer un pognon de dingue aux entreprises et notamment aux plus grandes entreprises »
  • 12:30Sophie BinetFait
    « la France ne livre pas des armes lourdes déjà montées à Israël. Ça n'est que des composants »
  • 13:30Sophie BinetFait
    « les idées d'extrême droite tuent »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et bonsoir Sophie Binet. Merci d'être là. Le rapport annuel du corps.

Le conseil d'orientation des retraites a fué donc hier dans la presse. Il tire la sonnette d'alarme sur le creusement des déficits. Si rien n'est fait, l'objectif du retour à l'équilibre ne sera pas atteint, dit-il en 2030 comme le prévoyait la réforme d'Emmanuel Macron de 2023.

Il va donc falloir travailler plus longtemps écrit euh le conseil d'orientation des des retraites jusqu'à 66 ans et demi à l'horizon 2000. 70. Quelle est votre réaction ?

Bah, d'abord, ce rapport confirme ce que nous disions euh il y a 2 ans, à savoir que la réforme d'Emmanuel Macron ne résout même pas le problème de financement. Ensuite, il y a par contre un problème dans ce rapport, c'est le premier depuis que Gilbert 7 préside cette instance puisque là clairement le corps sort de son rôle. D'habitude, c'est la première fois que le corps privilégie clairement un scénario plutôt que d'autres.

Euh et ça met la pression sur les partenaires sociaux selon vous ce rapport. Ah oui, tout à fait. Ça montre une reprise en main politique du Conseil d'orientation des retraites puisque pour la première fois sur la base de scénario macroéconomique d'ailleurs très discutable, le corps privilégie une orientation plutôt qu'une autre.

Ça n'est pas son rôle. Et ce que je veux dire, c'est que ce rapport n'est pas définitif. Il doit être validé par le conseil d'orientation des retraites qui se tiendra ce jeudi et que la CGT entend bien le modifier parce que ça sa synthèse le notamment ce tableau n'est pas acceptable.

Ce que vous êtes en train de nous dire c'est que ce conseil d'orientation des retraites qui dépend de Matignon qui est censé être pluraliste et indépendant et quoi manipulé par Gilbert son président. Il a été repris en main par Gilberet qu'il sort de son rôle. Les scénarios macroéconomiques, les principaux éléments du rapport justes et sont intéressants.

Il faut en parler. Ces principaux éléments, ils disent quoi ? Ils disent que globalement d'ici 2070, malgré la forte augmentation démographique du nombre de retraités, les dépenses de retraite vont rester stables dans le pays.

Donc ce premier élément, ça rond tous les scénarios catastrophistes. Il y a pas de dépenses qui sont hors de contrôle. Il a quand même des déficit qui se creusent.

Et oui. Quel est le problème ? 1,7 déjà aujourd'hui 6,6 milliards en 2030 jusqu'à 1,4 points de PIB en 2070.

Ça en fait le problème pourquoi est-ce que les déficits augmentent ? Parce que les recettes baissent et donc cela démontre que ce sur quoi il faut agir c'est les recettes. Il faut augmenter les recettes pour financer notre système de retraite notamment dans le secteur de la fonction publique.

Il faut augmenter les sales c'est les cotisations. Oui. Les cotisations retraites payées par les salariés.

Le rapport dit très clairement que c'est récessif et donc parce que ça fait baisser le pouvoir d'achat, baisser les salaires, ce que ne veut pas le CGT. Où nous ne sommes pas d'accord avec le conseil d'orientation des retraites. L'effet récessif de l'augmentation des cotisations, elle reste à démontrer, c'est extrêmement discutable.

Pour avoir plus de recettes pour financer nos retraites, il y a une pluralité de solutions. On peut augmenter les salaires, on peut supprimer les inégalités de salaires qui discriminent les femmes, par exemple. Ça ça serait une belle solution de financement.

Ça peut-être que le conclave y parviendra. Euh malheureusement pour l'instant ils ne sont pas sur cette piste là. Il faut aussi augmenter le taux d'emploi notamment des seniors.

Et puis la CGT demande aussi de mettre à contribution les dividendes qui aujourd'hui sont moins taxées que le travail. Il y a une série de solutions pour une alternative au recul de l'âge légal. Tout à fait.

Et on voit que le recul de l'âge légal, tel qu'il a été imposé en 2023 ne répond pas au problème de financement puisque on nous disait ne vous inquiétez pas avec cette réforme les problèmes seront réglés pour les 50 prochaines années. 2 ans à peine après cette réforme alors qu'elle fait déjà des ravages, on nous dit il faudra travailler jusqu'à 66 ans. Faut arrêter de se moquer du monde quand même.

Sauf que quand même la question du de l'équilibre budgétaire du système de retraite, c'est c'est notre question et celle de de nos enfants. Donc si tout le monde veut pouvoir avoir une pension décente, il faut que le système soit soit équilibré. Vous êtes toujours à la CGT sur le retour aux 62 ans bien sûr avec les les budgets en déficit massif que nous avons.

Bien sûr. Et c'est pour ça que l'actualité de cette semaine, ce n'est pas ce rapport du corps. L'actualité de cette semaine, c'est l'Assemblée nationale qui ce jeudi a enfin pu voter sur la réforme des retraites.

Ça fait 2 ans et demi qu' empêchait de voter sur les retraites. Et bien les députés à une écrasante majorité 189 contre 35 ont voté pour l'abrogation de la réforme. Comment vous faites ?

Ça coûte 15 à 20 milliards d'euros par an de revenir au 62 ans. On a 40 milliards de déficit à trouver rien que pour l'année prochaine. Qui va payer ?

Qui va financer ? C'est pas 40 milliards de déficit à trouver pour l'année prochaine. Pas pour les retraites.

Je parle du budget. Pour pour financer l'abrogation, il faut trouver autour de 10 milliards. Et donc la CGT a déjà fait une série de propositions que je rappelle mettre en place l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Soumettre tous les éléments de notre rémunération à cotisation, par exemple l'intéressement, la participation, les primes. les dividendes au même niveau que les salaires, bah ça ça permettrait tout ça de financer non seulement les 62 ans mais plus loin les 60 ans parce que je rappelle qu'une large majorité de françaises et de Français sont toujours favorables à la retraite à 60 ans et on comprend pourquoi il y a des dizaines de milliers de salariés qui sont licenciés d'emplois qui sont trop pénibles pour être exercés jusqu'à 62 ans. Et puis aujourd'hui la vague de licenciement que l'on voit, elle pénalise d'abord les seiors.

Vous l'entendez monter cette petite musique sur la capitalisation. La CPME qui est présente dans le conclave euh la défend. Euh Édouard Philippe euh candidat à la présidentielle euh défend un système qui serait géré par les partenaires sociaux obligatoires de 15 %.

Une sorte d'épargne privée de chaque retraité, enfin futur retraité. Qu'est-ce que vous en pensez ? Bah je suis très inquiète parce que donc clairement c'est les milieux patronaux qui poussent sur cette option là.

Pourquoi ? Parce que nos retraites c'est un marché pour eux. Et donc la capitalisation, ce qu'il faut dire c'est que ça ne coûte pas moins cher que la répartition pour la capitalisation.

On cise aussi la différence c'est que notre argent au lieu d'aller financer immédiatement les retraites de nos aînés permet de spéculer euh et de financiariser l'économie. C'est la raison pour laquelle nous sommes fondamentalement opposés à ce système qui est en plus le système le plus risqué pour les retraités. On voit ce qui s'est passé il y a quelques semaines pour les retraités américains euh qui pour beaucoup ont vu euh leur fond de retraite partir en fumée à cause des folie de Donald Trump.

Éric Lombard a fermé he la porte à la capitalisation le ministre de l'économie et et des finances. J'imagine que vous dites tant mieux. Mais avec un peu de recul alors que le conclave est dans la dernière ligne droite, les partenaires sociaux vont devoir trouver ou pas.

D'ailleurs, on verra un accord mais peut-être sur la question de la retraite des femmes, la pénibilité, les carrières longues. Vous ne regrettez pas d'avoir quitté euh ce conclave ? Le problème c'est que le patronat et le gouvernement se sont unis pour empêcher que dans ces discussions on parle du sujet essentiel à savoir les 64 ans.

La CGT, elle est rentrée déterminée dans ces discussions pour en sortir avec l'abrogation des 64 ans que nous portons avec l'ensemble des croyez pas du tout que cette proposition sera et bien malheureusement je pense que c'est mal parti parce que le patronat ne veut pas lâcher et que de fait le gouvernement ne lui donne aucune raison de lâcher puisque le gouvernement lui a d'ors et déjà dit que s'il n'y avait pas d'accord la réforme actuelle s'appliquait donc le patronat n'a aucune motivation à faire un pas en direction des syndicats. C'est ça le problème sur le budget. L'Himalaya de François Bairou 40 milliards, c'est le chiffre du gouvernement à trouvé d'économie pour 2025.

Est-ce que c'est la bonne méthode finalement de laisser un peu fuiter quelques ballons d'essais mais mais garder tous les arbitrages pour la mi-juillet ? Non, je ne pense pas. Je pense que il faudrait travailler sérieusement avec notamment les acteurs sociaux autour de la table.

Ce que nous pensons, c'est que le mot clé, ça doit être la justice fiscale. Il faut arrêter que plus on est riche, moins on paye d'impôt. Il faut mettre fin à ces 200 milliards d'aide publiques aux entreprises sans conditions ni contreparties.

On ne leur a jamais donné autant d'argent. Pour autant elles contre un licencié. C'est la politique de l'offre d'Emmanuel Macron qui a un naufrage aujourd'hui.

Plus d'impôts notamment pour les très riches, les économies, la baisse des dépenses à la CGT, vous en avez ou pas ? Bah, ça dépend sur quoi ? Par exemple, il faut arrêter de distribuer un pognon de dingue aux entreprises et notamment aux plus grandes entreprises.

Là, on pourrait faire 200 milliards d'euros d'économie. Oui, mais ça, je vous parle de baisse de dépenses là, c'est des niches fiscales que vous supprimez. C'est ça.

C'est aussi une forme de dépense. Le problème, c'est que nos services publics aujourd'hui vont très mal. Nos hôpitaux sont à l'os.

C'est maintenant toute l'action sociale qui va très mal. On a entendu parler par exemple de l'aide sociale à l'enfance avec des dizaines de milliers d'enfants qui sont en danger aujourd'hui. Je veux le dire de façon très grave.

C'est peut-être une des choses les plus graves qui se passent dans le pays aujourd'hui, c'est que il y a des enfants qui sont aujourd'hui victimes de violence chez eux qu'on ne peut plus protéger avec une bombe à retardement parce que ce secteur n'est plus votre annonce un projet de loi sur le sujet de la protection de l'enfance. Il faudra mettre des moyens humains pour accompagner, protéger les enfants. On ne peut plus laisser des dizaines de milliers d'enfants en danger dans le pardon de vous ramener aux économie au budget, mais cette piste de l'année blanche.

L'année blanche c'est le gel de toutes les prestations sociales. Ça veut dire que elles ne sont plus indexées sur sur l'inflation. Est-ce que c'est la bonne idée ?

Ben non, parce que ça veut dire une baisse de pouvoir d'achat h massive pour l'ensemble des travailleurs et et des travailleurs, même si on fait quelques exceptions euh pour euh les plus modeste, non, ce qu'il faut, c'est aller chercher de l'argent là où il est, c'est-à-dire dans les poches des plus riches et des plus grandes entreprises. Je rappelle que depuis le début du Septenaat d'Emmanuel Macron, 73 milliards d'euros ont été consentis de cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises. C'est 73 milliards d'euros chaque année que les plus riches et les plus grandes entreprises payent en moins.

Donc, il suffirait de rétablir le niveau d'imposition tel qu'il était en 2017 pour résoudre l'équation des 40 milliards à trouver. La solution est simple. La TVA sociale, c'est non, hein.

La CGT s'est déjà exprimé dessus. Il y a cette piste également évoquée par Amélie de Montchalin, la ministre du budget, revoir les crédits d'impôts du des services à la personne, les nounous, euh les les aides pour faire le ménage. Crédit de confort, dit-elle.

Il y a des abus. Est-ce que il faut aller les chercher ? Il faut regarder.

Euh peut-être qu'il faut euh plafonner dans certains cas. Euh mais Ah bon, vous n'y êtes pas hostile. Ben, il faut regarder.

Euh mais en tous les cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a besoin d'avoir une politique de prise en charge de la petite enfance. Euh aujourd'hui, c'est plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans qui n'ont pas de solution de prise en charge. Ça coûte très cher pour les ménages de pouvoir faire garder leurs enfants, c'est indispensable pour que les femmes puissent travailler.

Et donc, il faut une politique massive dans le secteur de la petite enfance. Mais après, il y a peut-être des effets d'obè sur lesquels il faut regarder. Oui.

Euh, par exemple, est-ce que les gens ont besoin d'avoir euh euh tr 4 euh personnes euh pour travailler à leur domicile ? Ça, je ne pense pas. C'est dit euh sur la prime rénove le vous avez vous avez émis d'ailleurs une proposition, on va en parler, mais finalement après avoir suspendu le dispositif d'aide aux travaux de rénovation thermique face aux excès de fraude et l'emballement des Français pour ce système qui est assez coûteux pour l'État, Éric Lombard annonce que le guichet rouvrira à la fin du mois de septembre.

Donc il sera fermé en fait entre juillet et le et le 30 septembre, c'est-à-dire l'été. Bonne nouvelle. Bah, bonne nouvelle de le réouvrir.

Après, je suis pas convaincu par ces 3 mois de de fermeture. C'est très important d'avoir un dispositif incitatif fort pour accompagner la rénovation énergétique des logements. Il y a un énorme travail à faire.

Je rappelle que c'est 25 % des émissions de gaz à effet de serre qui viennent du bâti et donc qui pourrait être limité s'il y avait un travail de rénovation massif. Après, il y a besoin effectivement de reconfigurer ma prime rénovation. Vous avez fait une proposition qui m'a surprise.

Vous voulez flécher Mapr vers le made in France, c'est-à-dire Mais en fait le problème c'est que MAPR ren Renove, c'est un peu comme sur le photovoltaïque, c'est-à-dire que on a eu une politique incitative pour le photovoltaïque, mais on n pas du tout travaillé sur la filière industrielle en amont. Le résultat, ça a été quoi pour le photovoltaïque ? a été l'inondation du marché français par des panneaux chinois avec des effets de dumping et les quelques entreprises françaises qu'il y avaient dans le secteur qui ont fermé la porte.

Ma prime Renove, elle finance les Chinois ? Non, mais ma prime Rennove, elle doit aider à structurer un secteur industriel en France sur la rénovation énergétique. Donc les entreprises françaises ou en tout cas les entreprises qui produisent en France ?

Oui, tout à fait. J'étais la semaine dernière à l'entreprise de détriches. C'est la plus ancienne entreprise métallurgique française.

Elle a été créée en 1660, figurez-vous. Et cette entreprise, elle est menacée de délocalisation en Slovaquie et en Turquie. Elle fabrique des pompes à chaleur.

Il faut avoir un dispositif. Il faut évidemment empêcher la fermeture de cette entreprise. La CGT se bat et il faut aussi avoir des dispositifs incitatifs pour le M in France.

Alors ma prime Renov, c'est pour évidemment faire de la rénovation thermique. On va parler d'écologie. J'imagine que vous avez lu le le coup de gueule d'Emmanuel Macron dans la presse quotidienne régionale.

Je suis en colère, je ne suis pas content après les différents recul du gouvernement sur les EDFE, le coup de frein sur les annes, la loi du plomb. Est-ce que vous êtes sensible à la défense de son bilan et à l'appel à la à la remobilisation du président sur l'écologie ? Oui, son bilan était déjà quand même très faible en matière environnementale, mais ce qui est sûr, c'est que c'est très inquiétant ce recul en arrière, notamment euh euh les pesticides qui ont été euh réautorisés dans le le domaine agricole, les néonicotinoïdes notamment, c'est très dangereux, c'est un danger pour toutes et tous.

On a un scandale sanitaire qui vient d'être révélé il y a quelques jours sur euh les polluants qu'il peut y avoir dans nos céréales et qui euh sont responsables de cancer chez des enfants de plus en plus jeunes. Donc il n'a pas à recevoir de leçons sur l'écologie comme il le dit lui-même le président de la République. Ah si, il peut recevoir des leçons puisque il a fait beaucoup trop peu.

La France devrait faire beaucoup plus et surtout, j'appelle le président de la République à agir de toutes ses forces au niveau européen pour empêcher le détricotage en cours des normes sociales et environnementales. Aujourd'hui, il y a une alliance qui est très inquiétante au niveau européen entre la droite et l'extrême droite avec le soutien du patronat pour mettre fin aux normes sociales et environnementales et notamment la directive sur le devoir de vigilance qui impose des responsabilités aux multinationales européennes. Et Emmanuel Macron a pris position il y a quelques semaines pour dire qu'il fallait enterrer cette directive.

C'est très grave. Non, l'Allemagne est revenue sur cette position. Oui, tout à fait.

Parce que ça n'était pas dans le contrat de coalition et donc c'est ce qui a été rappelé par les syndicats allemands. Pourquoi fait-il ? Il explique que les normes selon lui sont sont trop lourdes pour les entreprises et que cette directive de voir de vigilance n'est plus applicable.

C'est une usine à gaz. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Et bien c'est faux.

C'est très grave. Euh les normes, c'est aussi nos valeurs européennes. C'est la façon dont on peut tirer vers le haut euh les droits sociaux et environnementaux.

Et c'est aussi d'ailleurs le meilleur moyen de protéger le marché européen du dumping fiscal, social, environnemental qui peut être organisé par la Chine et les États-Unis. Donc ça serait une fuite en avant euh de supprimer ces normes sociales et environnementales. Il faut au contraire qu'il y ait davantage d'harmonisation au plan européen.

Et là Emmanuel Macron fait tout l'inverse, c'est très grave. Donc je l'appelle à mettre fin à ces doubles discours. L'emploi industriel sur lequel la CGT est très fortement mobilisée sur le terrain, on vous a vu au côté des arcorm de Vancorex et également des salariés de la papéterie Chapelle d'Arblet à Grand Couronne.

On est en scène maritime. Elle vient d'être sauvée de la faillite. L'État va entrer aux capitales.

C'est une victoire de la CGT. Ouais, c'est une magnifique victoire après 2096 jours de lutte. Je tiens vraiment à saluer la bataille menée par les 217 Papchap par les trois délégués CGT qui se sont battus depuis 5 ans qui n'ont rien lâché.

On va pouvoir recréer à terme près de 200 emplois. Ça montre qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il y ait de fatalisme en matière industrielle et que quand l'État joue son rôle, on peut sauver des emplois. Donc l'État actionnaire, c'est la solution.

Ah bah ça peut être une solution et il ne faut pas se l'interdire a priori. Et donc j'appelle l'État à faire ce qu'il a fait pour Chapelle d'Arblet pour beaucoup d'autres dossiers. Il en a les moyens vraiment.

Mais bien sûr à commencer par Arcelor Mital. L'État a promis 850 millions d'euros d'aide à Arcelor Mital alors que Arcelor est en train de faire un plan de 630 licenciements. La première des choses, ça serait de dire que ces aides ne sont pas un chèque en blanc mais que c'est converti par une entrée au capital de l'État.

Ça change tout. Ça veut dire que l'État se donne les moyens de contrôler la politique économique des entreprises. La CGT qui tient à jour hein le nombre d'emplois industriels menacé ou détruit.

Vous aviez publié des cartes. Qu'est-ce qu'il vous inquiète le plus aujourd'hui sur les usines en danger ? Voir déjà sur le carreau ?

Ben nous sommes à plus de 400 plans de licenciement qui sont recensés dans toute la France. On sait qu'il en manque beaucoup. Nous sommes évidemment très inquiets par la situation de l'industrie.

Je parle d'harcelor Mital parce que l'acier c'est central. Si on laisse Arcelor Mital faire ce qu'il veut à savoir mettre fin à l'acier français et à l'acier européen, il y aura plus d'industrie en France et en Europe. Il faut se rappeler que Mital quand il a racheté Arcelor il y a 20 ans avait promis de ne faire aucun licenciement.

Le bilan 20 ans après, c'est quoi ? Ils ont fermé la moitié des usines en France. C'est pour ça que nous disons que nous ne pouvons plus leur faire confiance et qu'il faut que l'État tape du point sur la table et menace de nationaliser Arcelor pour maintenir la production de l'acier en France et en Europe.

Au-delà, il faudrait même construire un géant européen de l'acier pour avoir une production de d'acier de Donald Trump qui qui va qui va sans doute les mettre en œuf sur l'acier et et l'aluminium. la CGT qui soutient aussi la grève des dockers à fausse surmer qui bloque trois conttainers de composants militaires à destination d'Israël. Est-ce que le syndicat est pleinement dans son rôle ?

Oui, bien sûr. Cette action, elle s'inscrit dans la tradition internationaliste et pacifiste de la CGT et euh des Docker. Euh les Docker avaient fait grève déjà il y a un peu plus d'un an euh pour la paix euh en Ukraine, en Palestine et euh à l'époque euh en Arménie euh parce que les Arméniens étaient aussi agressés à ce moment-là.

Mais la France ne livre pas des armes lourdes déjà montées à Israël. Ça n'est que des composants. Oui, la même chose en fait, c'est une énorme hypocrisie.

Euh et donc euh cette action, elle est magnifique. Nous en sommes extrêmement fiers parce que elle démontre l'hypocrisie du discours de la France qui euh dans le même temps reconnaît dénonce les crimes de guerre qui sont commis par le gouvernement israélien mais continue à livrer des armes. Il faut mettre un stop immédiat et mettre un embargo sur l'envoi d'armes en Israël.

Ça n'est pas normal que ça soit les dockers CGT français qui soient obligés de faire cela. Mais cette action elle est très forte aussi. Vous saluez aussi le positionnement de la France et et d'Emmanuel Macron sur le sujet Gaza Israël avec cette probable reconnaissance de l'État palestinien par la France.

Il faut que la reconnaissance de la Palestine, elle soit immédiate. Il faut arrêter de mettre 36 conditions et de la reporter à Matusalem. Et puis ensuite, il faut Mais il avance à vos yeux sur ce sujet.

Le président, il a le bon point de la CGT ou maintenant il faut qu'il joigne les actes à la parole. Ça n'est pas possible d'avoir ces paroles qui sont effectivement nécessaires et de continuer de laisser des livraisons d'armes partir pour Israël. C'est pas normal que ça soit les dockers de la CGT qui soient obligés de bloquer les armes.

La France doit agir. Le message est passé. On verra ce qu'il en est.

Du côté de l'exécutif. Il y a deux manifestations demain dans le Loiret. L'une qui est baptisée la fête de la victoire par Marine Le Pen.

Elle a invité beaucoup de populistes européens. Il y aura Victor Urban, il y aura Gert Wilders le néarlandais et vous serez vous à montargiste avec beaucoup d'ONG, d'association pour dire quoi ? Pour faire quoi avec des figures de la gauche ?

Nous serons avec des syndicalistes européens également pour dire que nous sommes très inquiets de la situation et de la montée de l'extrême droite partout en Europe et partout dans le monde parce que aujourd'hui les idées d'extrême droite tuent. Je veux dire toute ma solidarité et rendre hommage à Hem Mirai, le coiffeur qui a été assassiné dans le Var. Je veux aussi rendre hommage à Abouakar Sissé qui a été assassiné il y a quelques mois également dans une mosquée et dire c'est l'extrême droite qui les qui les a tué.

Ah oui, tout à fait. Ce sont les directement vous faites un lien direct entre évidemme droite. Leurs assassins ont revendiqué des idées d'extrême droite euh au moment où ils ont assassiné ces personnes responsabilité et d'abord individuel.

Et ben non, puisque c'est aussi les idées d'extrême droite, le fait de les reprendre, les véhiculer sur internet qui alimentent ce type d'acte qui avait disparu en France. C'est extrêmement inquiétant de voir la progression des actes racistes, des actes antisémites aussi dont souvent l'extrême droite est aussi responsable. Donc notre rassemblement, il vise d'abord pour être très précise, vous dites que l'extrême droite est responsable de la mort euh de Isem Mirawioui ou euh qu'elle a nourri le passage à l'acte.

C'est pas la même chose. Les idées d'extrême droite, ce sont les idées d'extrême droite qui nourrissent ces passages à l'acte puisque les assassins ont revendiqué des idées d'extrême droite avec des propos racistes islamophobes extrêmement clairs. Et puis le deuxième message que nous allons passer à à Montargis, c'est que l'extrême droite, c'est le pire ennemi des travailleurs et des travailleuses.

En Europe, nous assistons à une alliance inquiétante de l'extrême droite avec la droite et avec une partie des milliardaires pour revenir sur les droits des travailleurs et des travailleuses. Et ben justement par exemple avec ce mouvement de déréglementation qui est en train de se mettre en place au niveau européen, c'est ce que Donald Trump est en train de faire aux États-Unis où dans son projet de budget, il veut considérablement baisser les impôts des milliardaires et donc il baisse dans il supprime des emplois de de fonctionnaires et puis il supprime la maigre protection sociale des Américains. Il n'y a pas pire danger pour les travailleurs et les travailleuses que les idées d'extrême droite.

C'est pour ça que nous serons rassemblés demain. Il y a un an, le 9 juin 2024, Emmanuel Macron annonça la dissolution de l'Assemblée nationale. Les Français ne l'ont pas comprise et même pas digéré en témoigne le sondage élable dans la tribune dimanche publiée ce matin.

Et vous, la décision funeste du chef de l'État, c'est comme ça que vous la voyez ? B c'était une décision scandaleuse parce qu'elle a failli livrer euh les clés du pays à l'extrême droite. C'est grâce à la mobilisation citoyenne et syndicale que Jordan Bardella n'est pas rentré à Matignon.

Nous en sommes très fiers. Maintenant, le problème c'est qu'Emmanuel Macron refuse de respecter le résultat des urnes et d'entendre le vote de millions de travailleurs et de travailleuses qui se sont déplacé en force pour les élections législatives et qui ont voté pour l'abrogation de la réforme des retraites, pour l'augmentation des salaires, pour l'amélioration de nos services publics et dont le vote n'est pas entendu. Pour bien comprendre, s'il dissou, il peut le faire maintenant hein, c'est la constitution, il un an est passé, il peut dissoudre à nouveau.

Il faudrait que le nouveau Front populaire se reconstitue. toute la gauche, les socialistes avec les communistes et les insoumis. Oui, je pense.

Mais en tout cas, le sujet à ce stade n'est pas celui-là. Je pense que Emmanuel Macron doit respecter la démocratie. Il a plus vraiment les moyens puisque vous le voyez, c'est le Parlement qui décide.

Trois blocs que tout oppose en majorité. Parce que avec les quelques moyens qui lui restent entre les mains, Emmanuel Macron empêche à la démocratie de de parler. C'est lui qui nomme le Premier ministre.

Et donc euh on est quand même attendez encore un premier ministre, on est dans le seul pays dans le seul pays démocratique dans lequel euh le président de la République peut se permettre de ne pas nommer comme premier ministre celui qui est arrivé en tête aux élections. C'est quand même une anomalie démocratique centrale. Le RN, euh toujours selon ce sondage, sort largement renforcé de la dissolution aux yeux des Français.

C'est ce que pense 42 % d'entre eux. C'est un des effets de la dissolution. avoir rapproché l'extrême droite du pouvoir, est-ce que dans ces conditions faire la proportionnelle c'est le bon moment ?

Ça renforcerait sans doute encore plus le RN ? Oui, je pense que c'est très dangereux et surtout je pense que derrière il y a beaucoup de calculs politiciens du Premier ministre qui franchement ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation du pays. Aujourd'hui, la priorité du Premier ministre, ça ne devrait pas être de faire une loi sur la proportionnelle ou de réformer le mode de scrutin pour les municipales à Paris, à Lyon et à Marseille.

Ça devrait être d'empêcher les licenciements qui sont en train de mettre le pays à genoux. Voilà ce que devrait faire le gouvernement. Abroger la réforme des retraites, augmenter les salaires, répondre aux exigences sociales.

Il n'y a pas de gouvernement qui tiendra dans la durée sans répondre aux exigences sociales. Comment vous expliquez que finalement euh il y a pas de colère sociale ? Il y a eu un très gros mouvement hein pendant la la réforme des retraites.

Vous l'avez dit, les Français veulent euh garder les 62 ans, rêvent des 60 ans. Mais pour l'instant rien rien ne bouge, pas de mouvement sociau massif. Bien sûr, il y a Harcelormital, bien sûr, il y a des problèmes terribles de licenciement dans l'emploi industriel, mais on a l'impression qu'ils sont attentistes, ils attendent la présidentielle au fond.

C'est pas ça le grand rendez-vous qui tranchera ces questions. Alors attention, les travailleurs et les travailleuses vont pas attendre 2 ans pour se mobiliser. Il y a une colère sociale qui est très forte dans le pays et une attente de changement qui est très forte et donc il faut y répondre.

Hm hm. Ma dernière question, elle porte sur la gauche. Euh vous avez vu qu'Olivier Fort a dit que il allait rassembler, qu'il tendait la main euh aux socialistes qui n'ont pas voté pour lui et il a expliqué également que euh et bien il y aura sans doute une primaire, en tout cas il le souhaite de toute la gauche sint Jean-Luc Mélenchon de Ruefin Agluxman qui pour l'instant a dit non.

Euh vous vous soutiendrez, la CGT pourrait soutenir une grande primaire unique d'union de la gauche. Euh on en débattra après, c'est pas notre C'est toujours positionné au moment des grands échéances, hein. Oui, bien sûr.

Euh donc on en débattra. Ce qui est sûr, c'est que on a besoin au vu de la gravité de la situation du pays qui est une alternative sociale forte. Pourquoi Donald Trump a gagné ?

Parce qu'en face, il n'y avait pas de réponse aux attentes, aux exigences des travailleurs. Ce candidat gauche pour la CGT, ça peut être Jean-Luc Mélenchon ou c'est exclu ? Mais nous le casting ne nous intéresse pas.

Ce qu'il faut c'est qu'il y ait un rassemblement autour d'une alternative à la politique économique et sociale calamiteuse qui a été menée par Emmanuel Macron. Merci infiniment. Merci Sophie Binet d'avoir répondu euh aux questions de France Info.