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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 25 octobre 2018 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & internationalSécurité

Ascoval : "L'État peut tout, il peut nationaliser", estime le député insoumis Ugo Bernalicis

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il peut Emmanuel Macron sur ce dossier ? Comment forcer la main à Valorec ?

  • 0:59FerméeRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faut nationaliser le site d'Escoval ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Vous, député de la France Insoumise du Nord, vous soutenez Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France.

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, Ascoval, c'est en train de devenir le florange d'Emmanuel Macron ?

  • 4:10FerméeRéponse directe

    Est-ce que la seule alternative, c'est la nationalisation ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement a raison de hausser les taxes sur les carburants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03Invité politiquePromesse
    « Clairement l'État peut tout, il peut nationaliser. »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « Le patron de Valourec s'est fixé là, en février 2018, une rémunération fixe de son salaire à 800 000 euros. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « C'est depuis 2002 que la sidérurgie est en train de s'enfuir du pays, dans le Valenciennois et dans le département du Nord. »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « La situation internationale, on y est un peu pour quelque chose, mais là, pas directement sur le pétrole. »
  • 5:22Invité politiquePromesse
    « Nous, on aurait augmenté les taxes si on avait été au pouvoir, mais on n'aurait pas fait que ça. »
  • 5:54Invité politiqueFait
    « Par contre, pour la SNCF, on va ouvrir à la concurrence, on va fermer des petites lignes, on va fermer des gares. »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « C'est ce que dit mot pour mot Ségolène Royal, ce que vous êtes en train de dire. »
  • 9:26Invité politiqueFait
    « Quand je lis des articles qui sont mensongers, approximatifs, ou qui disent le contraire de ce qu'on défend, oui, ça m'énerve. »
  • 10:18Invité politiqueFait
    « En tout cas, c'est financé par l'argent public. »
  • 12:20Invité politiqueFait
    « Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place dans sa situation. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si on m'avait perquisitionné à 7h du matin, avec 8 policiers. »
  • 14:01Invité politiqueFait
    « C'est de la sacralité du député que découlent l'inviolabilité et l'immunité parlementaire. »
  • 20:30Invité politiqueFait
    « Vous vous souvenez que ces dispositifs, ces mécanismes-là, ils ne datent pas d'aujourd'hui, ils ont quelques années et notamment le dernier à avoir signé les traités qui permettent ce mécanisme-là, il s'appelle François Hollande. »
  • 22:57Invité politiqueFait
    « Nous on est là pour faire les bons élèves de l'Europe avec Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, c'est au-delà de 3% point de salut. »
  • 23:21Invité politiquePromesse
    « Nous prévoyons nous dans notre programme de transgresser ces règles précisément ces règles-là parce qu'on pense qu'elles enferment les pays dans des logiques d'austérité qui ensuite détruisent tout. »
  • 24:27Invité politiqueChiffre
    « 11 milliards d'euros, voilà c'est sale, 11 milliards de contrats en disant avec l'Arabie saoudite. »

Temps de parole

  • Ugo Bernalicis59 %
  • Présentateur18 %
  • Présentateur 212 %
  • Invité9 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité de France Info jusqu'à 9h et député La France Insoumise du Nord, je le remercie de sa présence ce matin dans le studio de France Info, c'est Renaud Delis qui vous pose la première question. Bonjour Hugo Bernalicis, nous allons commencer avec le dossier Ascoval, cette assierie qui est située dans votre département du Nord. La justicière a accordé un délai supplémentaire de deux semaines pour poursuivre les tractations concernant la reprise de ce site. Il y a 280 emplois en jeu et le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, appelle l'État à prendre ses responsabilités, on l'écoute.

0:31
Invité

L'État est actionnaire de Valorec à hauteur de 17%, c'est le premier actionnaire. Est-ce qu'il y a une stratégie industrielle ? La filière industrielle de l'acier, mais bon sang, elle vaut la peine dans ce pays. Ou alors on va nous dire qu'il n'y a que les start-up, il n'y a que les nouvelles technologies qui sont importantes. Moi je marche bien sur deux jambes dans ma région. Je crois aux nouvelles technologies, je crois à l'industrie. Et je voudrais juste dire au président Macron, parce que ça dépend de lui, si l'État veut, l'État peut.

0:56
Présentateur

Qu'est-ce qu'il peut Emmanuel Macron sur ce dossier ? Comment forcer la main à Valorec ? Qu'est-ce qu'il faut nationaliser le site d'Escoval ?

1:03
Ugo Bernalicis

Clairement l'État peut tout, il peut nationaliser. Donc on peut aller jusqu'à ce cas de figure-là. Alors on l'a déjà vu sur les chantiers navals d'STX, ça s'est fait. Alors bon, en bons libéraux, à la fin ils finissent par retrouver une solution capitalistique traditionnelle et classique. Mais au moins ça permet de se donner du temps et de voir ce qu'on veut faire. Xavier Bertrand a raison. Est-ce que ça vaut la peine ? Parce que j'entends sur certains plateaux qu'on dit, bon, de toute façon la sidérurgie en France c'est en déclin. Il vaut mieux se séparer des 200 salariés, faire un plan d'information, leur retrouver un autre boulot, etc. Et puis passer à autre chose. Non, c'est pas vrai.

On a besoin de la sidérurgie en France. Vous savez ce que fait Ascoval avec Valourec ? Ils font des aciers de pointe qui peuvent servir dans l'automobile, qui peuvent servir pour faire des trains, pour faire des tramways, pour faire des investissements d'avenir. Nous, on pense qu'on en aurait besoin dans le cadre de la planification écologique.

1:52
Présentateur

Vous, député de la France Insoumise du Nord, vous soutenez Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France. Dans ce dossier, il y a une forme d'union locale, d'union nationale.

2:00
Ugo Bernalicis

Ou l'inverse, si vous voulez, c'est Xavier Bertrand qui nous soutient. Parce que cette position-là, on ne la tient pas depuis hier. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon était allé sur place pour soutenir les salariés de Valourec à l'époque. Mais entendez-nous, l'État actionnaire, pas majoritaire, mais le plus gros actionnaire, qui regarde les choses passées comme ça, qui ne donne pas son avis. Vous savez que le patron de Valourec s'est fixé là, en février 2018, une rémunération fixe de son salaire à 800 000 euros. Et jusqu'à une des primes, jusqu'à un montant à 95% de son salaire fixe. Tout ça est un peu déraisonnable. On voit bien qu'il n'y a pas de stratégie pour le pays.

Et qu'on préfère, qu'est-ce qui se passe, parce que ça ne date pas d'aujourd'hui, c'est depuis 2002 que la sidérurgie est en train de s'enfuir du pays, dans le Valenciennois et dans le département du Nord. On préfère finalement que l'acier soit fait à l'autre bout du monde, par des gens exploités, mal payés, et qu'on rapatrie ça ici. Ne serait-ce que d'un point de vue écologique, on devrait se poser des questions. On devrait se poser des questions. On a besoin de la sidérurgie en France, donc il faut se dépêcher de relocaliser l'emploi et que l'État soit à la manœuvre, parce que c'est d'intérêt général.

3:06
Présentateur

Est-ce que pour vous, Ascoval, c'est en train de devenir le florange d'Emmanuel Macron, florange qui avait plombé le quinquennat de François Hollande ?

3:13
Ugo Bernalicis

Oui, en quelque sorte, parce qu'en fait, en réalité, il y a un certain Emmanuel Macron qui s'est déplacé à Saint-Solves en 2015, en tant que ministre de l'économie. Il avait promis... Il avait dit qu'il y a de l'avenir. Oui, voilà. Je ne sais pas, il va se déplacer bientôt à Maubeuge. J'imagine que c'est pour ça que la décision a été reportée. Il va se déplacer à Maubeuge, il va dire quoi ? Il y a de l'avenir, etc. Quel est le discours qu'il va tenir ?

Encore une fois, je pense que des gens comme Xavier Bertrand, des gens comme moi-même, comme un certain nombre de personnes qui regardent la situation, se disent que ça vaut la peine de défendre Ascoval et Valorek et de faire en sorte que l'État, vraiment, se donne un avenir industriel dans ce pays.

3:50
Présentateur

Oui, Florens, qui est effectivement un dossier qui avait créé une crise gouvernementale, en même temps, est-ce que ça n'a pas été une reconversion douloureuse, certes, mais pas totalement ratée, en tout cas au vu de ceux qui ont géré ce dossier ? Certes, les hauts fourneaux ne fonctionnent plus, mais il n'y a pas eu de licenciement sec, il y a eu de 170 millions investis dans une filière, je crois, dite froide, en tout cas d'un acier moderne. Est-ce que ce n'est pas une façon de songer à une reconversion ? Est-ce que la seule alternative, c'est la nationalisation ?

4:15
Ugo Bernalicis

Encore une fois, si c'était vrai qu'on n'a pas besoin d'acier, plus besoin d'acier, et qu'il faut fermer l'entreprise, en tout cas réduire la voilure et passer à autre chose, je vous dirais, ok, faisons ça, faisons ça, soyons auprès des salariés actuels, pour qu'ils soient reclassés, pour qu'ils retrouvent un autre emploi, mais ce n'est pas le cas, on importe de l'acier, on importe de l'acier, donc quand est-ce qu'on aura cette vision stratégique pour le pays ? Enfin, bon sang, est-ce qu'on est là juste à regarder les méfaits de la mondialisation, et de se dire que tout ça, tout notre outil industriel, part à l'étranger, et puis que, ma foi, c'est la concurrence libre et non faussée ?

Non, je ne le crois pas, je ne pense pas que c'est ce qu'il faille faire.

4:49
Présentateur

L'autre dossier économique du moment, Hugo Bernalissi, c'est la hausse des prix des carburants. Est-ce que le gouvernement a raison ? Alors, il y a la hausse liée à la hausse du prix du baril du pétrole, ça, on n'y peut rien, c'est la situation internationale. Est-ce que le gouvernement a raison ? En revanche, non, vous dites non ?

5:03
Ugo Bernalicis

Disons que la situation internationale, on y est un peu pour quelque chose, mais là, pas directement sur le pétrole. Même si on a quelques alliés, visiblement, qui, ça nous arrange.

5:11
Présentateur

On va y venir, si vous voulez parler de l'Arabie saoudite, est-ce que sur les taxes, le gouvernement a raison de les augmenter progressivement et continuellement ?

5:17
Ugo Bernalicis

En fait, nous, on aurait augmenté les taxes si on avait été au pouvoir, mais on n'aurait pas fait que ça. Parce que quand vous dites à quelqu'un qui prend sa voiture que c'est l'augmentation des taxes ou l'augmentation des taxes, vous ne faites qu'à taper sur le pouvoir d'achat des gens. Et c'est pour ça que je vois qu'il y a des manifestations spontanées qui sont en train de s'organiser. Je ne sais pas si vous avez vu ça comme moi. Ils prévoient de faire des opérations sur l'A1.

5:39
Présentateur

Vous iriez manifester, vous ?

5:40
Ugo Bernalicis

Écoutez, je ne sais pas. Je vais peut-être aller voir les gens qui manifestent, effectivement, sur place. Je ne sais pas, je n'ai pas encore... J'ai découvert ça hier, donc je vais regarder. Mais les alternatives, elles sont où ? Vous ne pouvez pas expliquer aux gens... Écoutez, on augmente le prix du carburant. Par contre, pour la SNCF, on va ouvrir à la concurrence, on va fermer des petites lignes, on va fermer des gares, ce n'est pas possible. Il faut que vous proposiez une alternative aux gens. Il faut proposer une alternative aux gens.

6:05
Présentateur

Dans un premier temps, quand le gouvernement dit « Nous assumons Céos pour des raisons écologiques, de lutte contre la pollution », c'est le discours qui est repris par le gouvernement, même s'il est partiel, ce discours, vous le comprenez, vous l'approuvez. Céos, elles sont écologiquement utiles, nécessaires, ou inévitables.

6:18
Ugo Bernalicis

Oui, mais elles seraient utiles s'il y avait l'alternative qui est proposée avec. Sinon, vous mettez le couteau sous la gorge aux gens, économiquement parlant, c'est tout. Voilà ce que ça fait. Alors, c'est rigolo de se dire écologique ou écologiste quand là, vous augmentez le carburant, puis quand c'est la SNCF, non, là, il faut le marché, il faut la concurrence. Quand est-ce qu'on renationalise les autoroutes et que tout cet argent, tout ce pognon de dingue qui nous échappe pour être utilisé à la transition écologique et à développer d'autres modes de transport alternatifs, quand est-ce qu'on fait ça ? On ne le fait pas.

Voilà, donc, l'écologie qui consiste à augmenter les taxes, ce n'est pas une vision écologiste, finalement, c'est une vision pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État. C'est ce que dit mot pour mot Ségolène Royal, ce que vous êtes en train de dire. Ben, écoutez, s'il y a beaucoup de gens qui sont d'accord avec la France insoumise, je n'y peux rien, moi, mais en l'occurrence, c'est la vérité. C'est ça qui est en train de se passer. C'est ça qui est en train de se passer.

7:07
Présentateur

Hugo Bernalicis, vous restez avec nous, on se retrouve dans une minute. On jette un oeil à l'actualité de ce jeudi matin. Stéphane Milhomme, 8h40.

7:15
Invité

Renvoyé en correctionnel ou pas, Nicolas Sarkozy dans l'affaire Big Maillon. Réponse dans la journée de la cour d'appel de Paris. L'ancien président de la République et 13 autres personnes sont poursuivies dans cette affaire des dérapages financiers de sa campagne présidentielle de 2012. Des responsables démocrates, la chaîne CNN, un colis suspect adressé également au bureau du gouverneur de l'État de New York. Qu'au moins 6 colis piégés ont donc été envoyés aux États-Unis, à New York et en Floride. Donald Trump réagit. La violence politique, dit-il, n'a pas sa place aux États-Unis. Des propos qui sonnent creux aux yeux des démocrates.

Le chômage en France avait augmenté de 0,1% au deuxième trimestre. Les chiffres du troisième trimestre seront connus à la mi-journée à surveiller l'emploi industriel. Le secteur a perdu 2600 emplois entre janvier et juin. Et puis une boucle autour de Bruxelles pour le Tour de France 2019. Avec aussi un contre-la-montre par équipe de 27 kilomètres pour la capitale belge. Pour le reste, c'est encore secret. Le tracé du Tour cycliste sera révélé à la mi-journée à Paris.

8:21
Présentateur

Toujours avec Hugo Bernalicis, député La France Insoumise du Nord. Et Renaud Delis qui vous interroge. Alors nous allons venir évidemment aux affaires, aux procédures qui concernent La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Il y a eu une série de perquisitions la semaine dernière et des réactions qu'on connaît. Il y a eu aussi des propos de Jean-Luc Mélenchon à l'endroit des journalistes, des médias en général et plus particulièrement de ceux de Radio France. D'ailleurs factuellement, on le sait, la présidence de Radio France a engagé une procédure judiciaire à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon à la suite de ses propos.

Il a notamment traité les journalistes de Radio France et de France Info de menteurs, de tricheurs, d'abrutis. Il a appelé ses soutiens, je le cite, à pourrir l'existence de ces journalistes. Ce n'est pas l'objet ici visamment de faire l'audience, le procès. Il ne s'agit absolument pas de le faire. Des procédures, encore une fois, sont en cours et suivront leurs cours. Mais comment est-ce que vous expliquez, vous, en tant que député La France Insoumise, proche de Jean-Luc Mélenchon, fidèle de Jean-Luc Mélenchon, qu'ils tiennent de tels propos qui sont virulents à l'endroit de journalistes ? Est-ce que c'est quoi ? C'est la colère ? C'est une blessure qui motive cette violence ?

9:24
Ugo Bernalicis

La colère, bien sûr qu'il y en a. Moi-même, j'en ai. Quand je lis des articles qui sont mensongers, approximatifs, ou qui disent le contraire de ce qu'on défend, oui, ça m'énerve. Je suis comme tout le monde, ça m'énerve. Alors, quels moyens vous avez ensuite de protester ? En réalité, vous n'en avez aucun, si ce n'est de la protestation orale, de dire, voilà, ces gens-là ont menti, ces gens-là racontent n'importe quoi. Donc, je demande aux militants de propager aussi nos propres éléments de réponses, parce que sinon, vous n'avez aucun moyen de défense. Et c'est un problème.

9:54
Présentateur

Ce n'est pas ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon. Là, vous dites propager notre vérité, appeler à pourrir un média qui sort des informations, ce n'est pas la même chose que ce que vous dites là. Vous savez concrètement la forme que ça prend,

10:06
Ugo Bernalicis

ça veut dire que les militants, ou moi-même, je vais faire un tweet en dénonçant tel parti. Là, vous êtes en train de nous pourrir, par exemple ? Écoutez, on va voir comment se poursuit l'émission, mais pourquoi pas ?

10:14
Présentateur

Vous avez le sentiment d'être dans une radio et une télévision d'État,

10:17
Ugo Bernalicis

quand vous êtes ici ? En tout cas, c'est financé par l'argent public. Je ne sais pas s'il y a des surfacturations, mais en tout cas, c'est financé par l'argent public.

10:23
Présentateur

Vous savez ce que ça veut dire, radio d'État ? Ça veut dire qu'il y a un téléphone qui sonne là, et qu'on nous donne les questions qu'il faut vous poser. Vous pensez vraiment qu'on nous pose les... ?

10:28
Ugo Bernalicis

Malheureusement, il n'y a même plus besoin de ça. Aujourd'hui, je pense que dans les rédactions d'un certain nombre de médias, y compris dans le service public, la ligne éditoriale correspond bien souvent à l'idéologie dominante qui est propagée.

10:39
Présentateur

Donc, en fait, tous les médias sont des médias d'État, si on vous suit bien.

10:43
Ugo Bernalicis

Non, alors non, pas tous, mais en tout cas, la ligne éditoriale, elle est sensiblement la même, et on pourrait être en droit d'attente du service public un peu plus de pluralisme, ou en tout cas, de peser les choses à charge, à décharge, pas comme ça peut se faire dans des médias qui sont plus orientés. Voilà.

10:58
Présentateur

C'est mon analyse, c'est mon avis. Ces mots, en tout cas, ces injures ou ces menaces, à vos yeux, elles ne sont jamais excessives. Vous les justifiez, vous les assumez totalement. Ou est-ce que parfois, il va un peu trop loin, peut-être ?

11:10
Ugo Bernalicis

Non, mais peut-être qu'on peut avoir tendance, sous le coup de la réaction, à globaliser, là où il faudrait peut-être aller un peu plus dans le détail, en disant, ce n'est pas tous les journalistes, mais ceux qui ont travaillé sur l'affaire, etc. Bon, peut-être, je peux vous accorder ça, à la limite. Mais globalement, il y a une ambiance détestable avec le système médiatique, quand il y a des affaires comme celle-là.

11:30
Présentateur

Ces propos contribuent à l'attiser, cette ambiance que vous dénoncez ? Écoutez, encore une fois, qu'est-ce qu'on a d'autre pour réagir ? Vous pouvez, vous aussi, engager des procédures judiciaires.

11:39
Ugo Bernalicis

Non, mais attendez. Est-ce que, par exemple... La procédure judiciaire, ça va prendre combien de temps ? Là, on est dans la réaction politique, publique, sinon vous laissez passer des contre-vérités, et comme ça, sans vous défendre, puis vous dites, on verra plus tard, quand la justice tranchera, dans deux ans, dans trois ans, quand tout le monde aura oublié. Non, ce n'est pas sérieux. Et c'est pour ça, par ailleurs, qu'on avait proposé un conseil de déontologie du journalisme. Mais vous le savez, vous souriez, mais vous le savez que c'est vrai, que c'est pour ça qu'on l'avait proposé.

Pour avoir un moyen de règlement des différents qui soit plus apaisé que juste les réactions interposées et bilatérales vont.

12:07
Présentateur

Est-ce que vous diriez que, lors de l'épisode des perquisitions, les mots, les gestes de Jean-Luc Mélenchon, il a surréagi à un moment ?

12:15
Ugo Bernalicis

Moi, je pense qu'il a réagi comme un être humain. Et je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place dans sa situation. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si on m'avait perquisitionné à 7h du matin, avec 8 policiers, s'il y avait 16 autres de mes camarades qui étaient concernés, que ce soit dans les sièges ou à leur domicile, par des perquisitions. Je n'en sais rien. Je suis incapable de vous le dire. Je ne suis pas moins sanguin que d'autres, bon, il se trouve que je n'ai pas été mis dans ces conditions-là. Mais je ne veux pas qu'on se focalise sur un des événements d'une chaîne, de succession d'événements qui ont un point de départ.

C'est que, quand on entend ça, on a l'impression qu'il y a un plan communication qui a été établi par la France insoumise parce qu'on aurait été au courant des perquisitions la veille, etc. Non, vous subissez tout ça quand ça arrive. Qui a dit ça ? Non, mais on a l'impression que c'est ça. Oui, le plan com n'a pas été bon, est-ce qu'il n'aurait pas su réagir, etc. Non, il a réagi, en fait. Jean-Luc Mélenchon et mes camarades ont réagi.

13:04
Présentateur

Il a réagi comme un être humain, vous disiez. Oui, vous pouvez tout à fait entendre. Est-ce que vous pensez qu'il a réagi comme un chef d'État potentiel ?

13:09
Ugo Bernalicis

Mais oui, parce qu'un chef d'État, il faut que ce soit un être humain. Il ne faut pas que ce soit un robot, quelqu'un d'insipide, etc. Moi, je ne crois pas ça. Et il faut prendre les personnes dans leur intégralité. Il n'y a pas dit Hugo Bernal ici, il n'y a pas dit Jean-Luc Mélenchon, c'est le même. Des fois, je peux me mettre en colère.

13:23
Présentateur

Si Emmanuel Macron disait un jour « Ma personne est sacrée, je suis... » Il l'a dit déjà par ailleurs. « Je suis la République. » Non, mais il l'a déjà dit par ailleurs.

13:30
Ugo Bernalicis

Il l'a déjà dit, il dit qu'il vienne me chercher. Oui. Et vous lui avez tapé dessus ? Alors oui, mais pourquoi ? C'est une image, je précise. Non, mais oui, oui. Parce que vous allez exigir, je fais un appel à la haine. Non, mais vous voyez comment... Non, mais plus sérieusement, vous voyez comment les mots peuvent être interpretés.

13:44
Présentateur

Quand Emmanuel Macron dit ça, vous dites que c'est normal, c'est une réaction saine.

13:48
Ugo Bernalicis

Non, je suis sacré, c'est normal, parce que c'est la réalité. Je veux dire, peut-être que le terme peut paraître anachronique, parce que ça vient de loin, ça vient de l'Antiquité romaine. Mais en réalité, c'est vrai, c'est de la sacralité du député que découlent l'inviolabilité et l'immunité parlementaire. Alors bon, à une époque, c'était plus sacré au sens religieux. Mais c'est ça l'idée. Et oui, je pense qu'il y a un certain nombre de professions, il y a un certain nombre de métiers qui doivent être protégés avec une certaine sacralité dans le code de procédure pénale, dans les procédures, parce que c'est ça qui fait qu'on est une démocratie.

Et il y a, par exemple, messieurs, les journalistes qui sont dans cette situation, les avocats qui sont dans cette situation, et tant mieux, et tant mieux. Donc l'idée, ce n'est pas d'être au-dessus des lois. Vraiment, ce n'est pas ça le sujet, c'est juste qu'elle s'applique, la loi.

14:35
Présentateur

Vous dites, Hugo Benalicis, c'est une réaction spontanée, d'un homme en colère, blessé, etc. Il n'y a pas de stratégie, dites-vous. Pourtant, il y a quelques mois, et à plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon expliquait, par exemple, dans son attitude à l'endroit des médias, je le cite, le pouvoir médiatique est d'essence complotiste, la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine. Il y a bien une stratégie politique qui consiste à dénoncer, à taper sur les médias, tout ça et calculer.

14:59
Ugo Bernalicis

Mais c'est pour ça que vous avez vu, tout à l'heure, je ne me suis pas défilé, je vous ai expliqué qu'on pensait qu'il y avait une ligne éditoriale qui est défendue dans la plupart des médias, y compris dans le service public, dans les médias du service public, que l'on conteste, et une homogénéité que l'on conteste. En fait, les abrutis, ils sont partout, ils ne sont pas qu'à France Info.

15:14
Présentateur

Ils sont dans l'ensemble de la presse, les menteurs, les tricheurs, si on vous suit bien, ce n'est pas que dans la radio d'État qu'ils habitent ce matin.

15:19
Ugo Bernalicis

Je pense que les abrutis sont également répartis sur le territoire, et dans tous les domaines. Voilà ma position, donc vous n'y échappez pas. On n'y en a plus.

15:28
Présentateur

Donc, dans ce contexte-là, la haine des médias, je le reprends, peut-être saine. La haine peut être saine.

15:33
Ugo Bernalicis

Non, mais c'est... Je reprends ces termes. Oui, oui, je me chante très bien. Je me souviens de la polémique à l'époque. Si vous voulez, on peut refaire une nouvelle en disant, ah, la haine des médias, etc. Je sais que ça... Mais à l'époque,

15:41
Présentateur

il l'avait écrit à l'époque, maintenant, il est passé aux travaux pratiques.

15:44
Ugo Bernalicis

Mais ce n'est pas aux travaux pratiques. Vous pouvez revenir plus en amont. Vous pouvez même revenir sur des conférences qu'il a faites dans les écoles de journalisme où il dit substantiellement la même chose, mais sur un format d'une heure et demie en développant des contre-propositions à la matière sur le système médiatique. du service public, notamment en arrêtant la nomination par le pouvoir exécutif. Voilà. Qui propose ça, à part nous ?

16:10
Présentateur

Il y a eu un sondage publié hier, Renaud Dely, sur l'image de Jean-Luc Mélenchon depuis ses perquisitions. C'est un sondage Ipsos dans lequel la cote de Jean-Luc Mélenchon qui était élevée a dégringolé de 13 points. Il était sur 6e position de tous les leaders politiques. Il est maintenant en 17e position et il est désormais dépassé, Jean-Luc Mélenchon, par Benoît Hamon, mais aussi Marion Maréchal ou Marine Le Pen. Est-ce qu'il est en train de payer son attitude politiquement ?

16:31
Ugo Bernalicis

J'imagine qu'en 17e, il n'y a pas que Marion Maréchal Le Pen ou Marine Le Pen, il y en a quelques autres. Il y en a 16 devant. Oui, mais je vois que vous prenez soin de mettre... Non, parce qu'ils sont juste devant.

16:39
Présentateur

Ils sont juste devant. C'est pour ça qu'on donne... C'est pas... Oui, il y en a 16. C'est juste derrière. Non, mais il y en a 16. Il y en a de plus en plus devant. C'est bien l'objet de ma question. Qu'est-ce qu'il est en train de payer politiquement les conséquences de cette attitude ?

16:51
Ugo Bernalicis

Il paye politiquement une semaine de bashing. Ça fonctionne, le bashing. C'est pas la première fois qu'on voit dans les sondages, d'ailleurs, qu'à partir d'un fait, d'un événement politique, vous diminuez ou vous montez. Après, pour nous, l'objectif, on est sur le long terme. On va pas être que dans la réaction permanente. C'est pas le sujet. On est là pour faire de la politique. Mais oui, mais on le dit tous qu'il faut passer à autre chose. Donc, à ton feu,

17:08
Présentateur

c'est la raison de votre présence ce matin dans le studio de France Info ? On se calme ? Non, c'est pas la raison de ma présence de ce matin.

17:13
Ugo Bernalicis

On vous a invité, d'abord. Ben voilà. Si vous m'invitez pas, je peux pas venir. Enfin, si je rentre par la fraction, après, vous allez pas être content. Je vous pose la question,

17:18
Présentateur

parce que tous les responsables de la France Insoumise acceptent de venir, enfin, je crois, à ma connaissance, ici même, on était... Sur tous les médias, on accepte sur tous les médias. Oui, oui, oui. On était avec M. Quatennens vendredi matin, après les révélations de la cellule d'investigation de France Info. Tous viennent. Les révélations... Tous, sauf un, Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est sa position ou est-ce que c'est la position de votre parti, le fait de ne pas venir ici ?

17:37
Ugo Bernalicis

Non, mais Jean-Luc Mélenchon... Et après, on passe à autre chose. Non, mais Jean-Luc Mélenchon choisit les... Il a ce privilège-là. C'est qu'il peut choisir les émissions dans lesquelles... Alors, vous n'avez pas le choix, on vous envoie de force. Non, on m'envoie pas de force. Si je vous avais dit non, je serais pas venu. Enfin, l'histoire. Mais ce que vous savez, vous êtes du métier, vous savez ce que ça veut dire. C'est qu'il peut faire en sorte de limiter ses passages médias pour avoir des formats médiatiques qui sont plus longs, qui permettent plus d'expliquer et qui sont pas forcément dans la réaction du tac au tac, etc. Et c'est tant mieux.

Donc c'est sa décision, c'est pas une position politique. Et par ailleurs, s'il était là tout le temps partout, vous diriez, est-ce que Jean-Luc Mélenchon ne fait pas de l'ombre aux 16 autres... Ah, mais nous, il est jamais là. C'est très simple, on peut pas dire ça. Non, mais... Il ne nous fait pas de l'ombre. Il y a aussi une stratégie de la part du mouvement de faire monter des visages et de montrer que c'est un collectif. Il n'y a pas Jean-Luc Mélenchon tout seul, bien sûr. Donc vous faites partie.

18:17
Présentateur

Une gouvernalysis. Invité de France Info pour quelques minutes encore. On s'arrête le temps des titres à 8h51 avec Stéphane Milhomme qui vient de nous rejoindre.

18:25
Invité

Le meurtre de Jamal Rashogi et I2 est totalement injustifiable. Ce sont les mots du prince héritier saoudien. Mohamed Ben Salman sort de son silence après le meurtre de ce reporter dans le consulat de son pays à Istanbul. L'héritier du trône affirme que la justice prévaudra dans cette affaire. Au moins six colis interceptés avant qu'il ne parvienne à des élus démocrates mais également à la chaîne CNN, Donald Trump condamne une nouvelle fois l'envoi de ses colis explosifs à plusieurs de ses détracteurs. Le président américain ajoute que les médias se devaient d'utiliser un ton courtois et cesser les hostilités sans fin.

Un premier concurrent déclaré à Lyon face à Gérard Collant, Étienne Blanc, bras droit de Laurent Vauquiez au conseiller régional. Il confirme qu'il est en route pour les municipales de 2020. L'élu Les Républicains entend conduire une liste de grands rassemblements avec également des modems et des gens issus de la société civile. Et puis plusieurs œuvres de Banksy ont été vendues hier aux enchères. 133 lots mis en vente par la maison Arcurial. Mais pas de coup d'éclat contrairement à ce qui s'est passé il y a quelques semaines à Londres. Les tableaux sont restés intacts après le dernier coup de marteau.

19:33
Présentateur

Troisième et dernière partie de cet entretien avec Hugo Bernalicis, député La France Insoumise du Nord et les questions de Renaud Delis. Alors l'Union Européenne a demandé à l'Italie et au gouvernement italien de revoir sa copie en matière budgétaire et de lui présenter un deuxième budget revu et corrigé. Jean-Luc Mélenchon a donné hier une conférence de presse au Parlement européen de Strasbourg et voici ce qu'il en a dit. On l'écoute.

19:57
Invité

Les Français ont intérêt à défendre tous ceux qui défendent la souveraineté populaire. C'est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne même si on désapprouve le gouvernement italien ce qui est notre cas tout en désapprouvant la Commission européenne.

20:14
Présentateur

En l'occurrence vous soutenez le gouvernement italien avec notamment Matteo Salvini en son sein.

20:19
Ugo Bernalicis

Alors voilà par résumé je soutiens le gouvernement italien mais c'est dans le cas de figure dans le cas d'espèce qui est présenté là et on soutiendrait n'importe quel gouvernement qui serait agressé par la Commission européenne comme c'est le cas. Vous vous souvenez que ces dispositifs ces mécanismes là ils ne datent pas d'aujourd'hui ils ont quelques années et notamment le dernier à avoir signé les traités qui permettent ce mécanisme là il s'appelle François Hollande dont dans son gouvernement il y avait un certain Emmanuel Macron.

Je vous passe la suite mais il faut bien se dire qu'on est dans un système où vous avez la Commission européenne qui n'est pas si démocratique que ça qui se permet de contester les budgets proposés par des parlements européens qui eux sont élus par le peuple entier des pays concernés.

20:59
Présentateur

Vous arrivez à faire la différence entre le Matteo Salvini qui fait la chasse aux migrants sur ses côtes et le Matteo Salvini qui fait la chasse aux migrants sur ses côtes avec Emmanuel Macron vous pouvez le dire. Jean-Luc Mélenchon a dit qu'Emmanuel Macron était le plus grand xénophobe de France s'il fait les mêmes affaires que Salvini vous arrivez vous à couper en deux à ce point là Matteo Salvini entre celui qui défie Bruxelles et celui qui a l'opposé exact de vos positions sur les migrants.

21:20
Ugo Bernalicis

Je vais vous dire pourquoi par ailleurs on y est contraint en réalité je ne vous dis pas parce que nous au gouvernement demain on serait peut-être face au même cas de figure donc je ne vais pas vous dire aujourd'hui ah non l'Italie pourquoi il y a de face à ça ?

21:31
Présentateur

Vous visez un allié si vous étiez au gouvernement aujourd'hui ?

21:33
Ugo Bernalicis

Je n'en sais rien je ne pense pas ça m'étonnerait alors peut-être juste sur quelques points de détail parce que vous savez quand il y a des discussions avec des pays on fait de la géopolitique on n'épouse pas les formes de gouvernement ou les dirigeants qui sont dedans bon mais vraiment je vous disais

21:46
Présentateur

vous soutiendriez en tout cas n'importe quel gouvernement je vous cite contre cette agression de la commission européenne n'importe quel gouvernement quel que soit sa coé un gouvernement allemand avec l'AFD l'extrême droite en son sein vous le soutiendriez sur le même sujet

21:57
Ugo Bernalicis

Oui ou le bloc de gauche au Portugal par exemple si vous ne voulez prendre que des exemples d'extrême droite décidément vous avez un mauvais goût ce matin

22:06
Présentateur

Il s'avère qu'en Italie l'extrême droite participe à la commission de l'AFD

22:09
Ugo Bernalicis

Oui mais il y a aussi des progressistes ailleurs en Europe qui proposent aussi des budgets qui sont à l'opposé de la doctrine ordo-libérale promue par la commission européenne

22:17
Présentateur

Ça prime sur tout le reste cet accord-là sur le budget et le fait qu'il faut assouplir les traités prime sur tout le reste de la politique y compris ce que fait aujourd'hui M. Salvini en Italie

22:27
Ugo Bernalicis

c'est juste que sinon écoutez-moi bien ce qui se passe c'est que ça veut dire qu'il n'y a que l'extrême droite qui est en capacité de protester sur le fait que les peuples sont dépossédés de leur souveraineté à choisir leurs élus et à choisir leur budget voilà ce que ça veut dire et donc quelle que soit la couleur politique ceci n'est pas acceptable je suis pour que les gens dans leur pays décident de l'avenir de leur pays de leur budget etc c'est la même chose vous savez en tant que député français je suis soumis aux mêmes problématiques alors bon nous on est là pour faire les bons élèves de l'Europe avec Emmanuel Macron et Gérald Darmanin c'est au delà de 3% point de salut encore que c'est même pas le sujet des 3% parce que l'Italie prévoit de respecter les 3%

23:05
Présentateur

vous parlez d'une agression antidémocratique de la commission européenne mais on peut contester évidemment le cours politique de la commission européenne mais le gouvernement italien a adhéré aux règles auxquelles il est obligé de se soumettre aujourd'hui

23:15
Ugo Bernalicis

oui oui mais tout ça c'est de la politique j'ai envie de vous dire nous prévoyons nous dans notre programme de transgresser ces règles précisément ces règles là parce qu'on pense qu'elles enferment les pays dans des logiques d'austérité qui ensuite détruisent tout et oui la politique libérale et ordolibérale de l'Union européenne c'est ça qui est la source de la montée de l'extrême droite partout en Europe donc moi je veux bien qu'on regarde ça de manière impuissante encore une fois et qu'on se dise bon ben ma foi l'extrême droite proteste et ils ont raison et puis ça leur fait de la publicité et tant pis pour la commission européenne sauf que je ne souhaite pas que ce soit ça le cas de figure en Europe et oui il existe des oppositions comme en France avec la France insoumise mais aussi Podemos enfin tous les membres de et maintenant le peuple qui proteste contre cette agression de la commission européenne envers un pays qui est censé être souverain

23:59
Présentateur

il nous reste peu de temps pour un sujet qui en mériterait beaucoup est-ce que la France doit cesser ses ventes d'armes aujourd'hui avec l'Arabie saoudite ?

24:05
Ugo Bernalicis

Oui et ça prouve qu'on sait aussi faire de la politique à la France insoumise qu'il n'y a pas que le bashing ambiant puisque c'est mon collègue Bastien Lachaud qui a posé une question au gouvernement hier qui a eu une réponse assez lunaire je pense que vous partagez peut-être avec moi cet aspect-là de la ministre de la Défense d'ailleurs ça devait être Jean-Yves Le Drian qui prenait la parole il faisait des signes pour la demander on lui a dit non non non 11 milliards d'euros voilà c'est sale 11 milliards de contrats en disant avec l'Arabie saoudite c'est ça le coeur de l'affaire c'est qu'aujourd'hui sous couvert de faire du pognon de faire du business et bien on s'en fiche de ce qui se passe en Arabie saoudite et c'est les premiers qui viennent nous parler du Venezuela sur les plateaux enfin bon on vend pas des armes la France insoumise ne vend pas d'armes au Venezuela le Venezuela ne fait pas la guerre ne tue pas des enfants dans le pays d'à côté bon non mais il faut être un peu responsable à un moment donné ça commence à bien faire ce deux poids deux mesures et là en plus il y a quand même des enjeux de civils qui sont en train de mourir avec nos armes qui ne sont pas acceptables oui nous protestons et oui il faut cesser la vente d'armes à l'Arabie saoudite séance tenante

25:04
Présentateur

merci Hugo Berdalicis merci d'avoir accepté ce matin l'invitation de France Info